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Pont Du Gard | by Wolfgang Staudt
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Pont Du Gard

Take here a large view!

 

Le Pont du Gard est une portion d'aqueduc romain aménagée en pont à trois niveaux situé dans le sud de la France commune de Vers-Pont-du-Gard, près de Remoulins, Nîmes et Uzès, dans le département du Gard. Il enjambe le Gardon, ou Gard, et assure la continuité de l'aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes.

 

Construit sur trois étages avec les pierres extraites sur les lieux mêmes dans les carrières romaines environnantes, le pont domine le Gard à près de 49 m de haut sur une longueur de 275 m. C'est le plus haut pont-aqueduc connu du monde romain[1], et devait même être plus long à l'origine, puisque l'extrémité côté rive gauche a été tronquée de plus de 100 m. À cet endroit, le pont enjambe le Gardon (ou Gard). Il est constitué de trois étages :

 

* Étage inférieur : 6 arches, 142,35 m de longueur, 6,36 m d'épaisseur, 21,87 m de hauteur

* Étage moyen : 11 arches, 242,55 m de longueur, 4,56 m d'épaisseur, 19,50 m de hauteur

* Étage supérieur : 35 arches, 275 m de longueur, 3,06 m d'épaisseur, 7,40 m de hauteur

 

L'ouverture des arches des deux premiers niveaux est identique puisque les piles des arches du 2e étage sont posées dans l'axe des piles du premier pour lui donner plus d'assise. Leur ouverture est variable et passe de 24,52 m pour celles qui enjambent la rivière, à 19,50 m pour celles qui les suivent, les plus étroites ne mesureront plus que 15,50 m. En revanche, l'ouverture des arches de l'étage supérieur ont une ouverture constante de 4,80 m.

 

Les deux premiers niveaux sont entièrement composés en grand appareil ainsi que les piles du troisième jusqu'au départ des arceaux. Ces blocs de plus de cinquante centimètres d'épaisseur, dépassent parfois les deux mètres de long, ce qui leur confère un poids d'environ six tonnes. En observant avec soin la face interne des piliers, on découvre aisément le travail des bâtisseurs romains : techniques de taille des blocs (traces de coup d'escoude) et techniques de construction (blocs posés en carreau et boutisse et blocs saillants pour la mise en place des échafaudages). En s'approchant, on ne peut qu’être émerveillé de la précision d'assemblage à sec des blocs : chaque bloc était assemblé aux autres par le ciselage des joints sur place.

 

La pierre de Vers utilisée à la construction du pont venait des carrières avoisinantes dont la carrière de l'Estel située à 500 mètres en aval du pont[1] : il s'agit d'un calcaire coquillier d'une texture assez grossière et se prêtant très bien à la taille. De nombreuses traces et gravures parsèment la surface du pont. Ce sont surtout des chiffres et des lettres représentant les numéros et les emplacements des pierres qui étaient taillées, peut-être aux carrières même (car il n'y a pas beaucoup de place autour du Gardon), avant d'être hissées à leur place. On peut lire notamment sur les piles et sous la voûte, des repères du genre : I, II, III, IV, etc. ou bien FRSIII, FRDIV, signifiant « fronte sinistra, fronte dextra ». On trouve aussi inscrit ces trois mots superposés et à la signification mystérieuse : MENS TOTUM CORIUM. Cela semble signifier que l'ensemble de l'ouvrage a été mesuré. A deux mètres du sommet de la quatrième pile du deuxième étage, à partir de la rive droite, bien visible en s'appuyant contre le parapet de la route, on aperçoit un petit bas relief représentant un phallus. Il s'agit d'une sculpture assez courante sur les monuments romains ; il y en a également plusieurs aux arènes de Nîmes, préservant contre le mauvais œil. Cette sculpture est plus connue ici sous le nom de « lièvre du Pont du Gard » depuis que Frédéric Mistral a bâti autour de lui une légende. Les autres inscriptions et dessins sont dus aux bâtisseurs compagnons du Devoir, ou compagnons du Tour de France, qui ont restauré le Pont du Gard au siècle dernier. Enfin, on trouve, évidemment, des graffiti contemporains.

 

Les piles inférieures sont posées directement sur le rocher qui est à sec en période d'étiage afin d'éviter tout travail d'érosion. Il se peut que le fond de la rivière ait même été creusé afin que l'eau n'atteigne pas la base des piles. Mais les romains avaient entendu parler des crues spectaculaires du Gardon, aussi ont-ils pourvu les piles du bas d'avant-becs triangulaires d'une dizaine de mètres de haut pour fendre le courant. Cette hauteur, bien que remarquable, fut insuffisante lors des crues gigantesques de 1958 qui provoquèrent la mort de 35 personnes. Le niveau des eaux atteignit, ce jour-là, la base des piles du deuxième étage mais le vieux monument resta debout, inébranlable, alors que de nombreux autres ponts, dont celui de Remoulins, furent emportés par cette « gardonnade » historique. Le pont du Gard présente, vers l'amont, une légère convexité afin, peut-être, de mieux résister à la poussée du courant.

 

L'aqueduc proprement dit est construit en petits moellons. La canalisation a 1,20 m de large et 1,85 m de haut avec des pieds-droits de 0,85 m d'épaisseur. Elle est couverte par des dalles débordantes de 0,35 m d'épaisseur pour 1 m de large et 3,65 m de long. Un détail important est à noter ici. La hauteur interne était à l'origine de 1,30 m environ, mais lors de la mise en eau, celle-ci monta trop haut, voire déborda de la canalisation, au moins à certaines périodes de l'année. Cet imprévu les obligea à surélever les pieds-droits en petits moellons d'une épaisseur en gros appareil de 60 cm bien visible à l'intérieur. De l'extérieur, on voit aussi très bien la surélévation car elle a créé un deuxième rebord.

 

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Taken on March 18, 2008