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Vue du triforium du transept de l'abbatiale St Ouen à Rouen.

Un endroit où la pédophilie à certainement sévi...

Muse - Exogenesis: Symphony Part 3 (Redemption) (8-bit) - YouTube

www.youtube.com/watch?v=LIsv5caE5qU

... que vous pourrez lire si vous le souhaitez en suivant le lien ci-dessous.

 

www.flickr.com/photos/sylviefm1/8507373514/

 

Cette semaine ça a fait un an tout juste que je m'étais décidée à porter plainte contre le Vieux Cochon.

 

C'est également cette semaine que j'ai reçu, enfin, LE coup de fil. Enfin l'appel de l'enquêteur de police pour m'annoncer une bonne nouvelle.

 

L'agresseur de mon enfance a été arrêté et interrogé pendant qu'il était filmé sur vidéo. Il a avoué. TOUT. Et, chose que la petite fille ignorait, il avait même éjaculé pendant qu'il berçait la petite fille. Il a dit à l'enquêteur policier qu'il était certain que j'avais tout oublié quelques années après l'agression.

 

Tout oublié? Bordel! Ça a réveillé ma colère, une immense colère. Si facile de se payer un billet de paix de l'esprit en se disant que la victime a du tout oublier. Comment oublier l'enfance qui vole en éclats? Comment oublier ce sentiment de n'être rien du tout? Comment oublier ce sentiment perpétuel d'insécurité?

  

Mais revenons plutôt à la suite. Vieux Cochon devra comparaître en cour le 26 mars prochain pour entendre les chefs d'accusation et plaiser sa culpabilité ou non-culpabilité. Vu les aveux filmés, j'imagine qu'il plaidera coupable.

 

Je n'ai pas à être présente. Mais je peux y aller si je veux. Je ne sais pas encore si j'ai envie d'être là.

 

Et moi maintenant? Comment je me sens? Soulagée d'éviter un procès qui aurait pu être pénible. Fière d'être allé au bout de mes convictions.

  

Moi? Et Moi? Moi je ne sais pas trop. Depuis que j'ai eu cet appel je suis envahie par toutes sortes d'émotions. Des fantasmes sadiques où je le vois souffrir (pourtant je croyais cette violence disparue de moi depuis très longtemps). Pleine de tristesse et d'empathie pour cette petite fille qui a du attendre d'être une femme de 44 ans pour ressentir, la première fois de sa vie, un sentiment d'être protégée.

 

Beaucoup de gens pensent que le passé ne doit pas être déterré. Moi je n'y crois pas. Moi je crois fermement que je me dois d'aller au bout du cheminement judiciaire pour boucler la boucle.

 

Et pourquoi est-ce que parle de cette histoire? Cette vieille histoire qui date de 30 ans. Pourquoi,? Parce que j'ai gardé le silence trop longtemps. Ce silence a eu un effet de poison à l'intérieur de moi. Me détruisant et me brûlant de l'intérieur. Pourquoi je parle maintenant? Pour, peut-être sensibiliser un peu les gens sur les conséquences d'un acte que le pédophile considère comme tellement insignifiant que la victime pourrait oublier après quelques années.

 

C'est confus comme j'écris tout ça. Mais je l'écris à froid, sans brouillon. Je dépose les lettres. Je verse des larmes

 

Ma soeur m'a offert des fleurs pour souligner l'appel de l'enquêteur. Sur la carte elle me parlait de la Victoire de l'Innocence contre la Perversion.

 

VOILÀ!!!

Une nouvelle série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

  

Lavandières au bord du canal/ Washerwomen

Oeuvre de Paul Gauguin (1848-1903)

1888

Arles

Huile sur toile

Le tableau a été peint durant le séjour de Paul Gauguin à Arles auprès de Vincent Van Gogh d'octobre à décembre 1888 (l'atelier d'Arles). Un séjour qui s'est mal terminé puisque Van Gogh s'est coupé l'oreille à la suite d'une dispute avec Gauguin.

New-York, Museum of Modern Art

The William S. Paley Collection, 1990

www.moma.org/collection/works/83386?locale=fr

 

Oeuvre présentée dans l'exposition "Gauguin l'alchimiste"

au Grand Palais à Paris

www.grandpalais.fr/fr/evenement/gauguin-lalchimiste

 

La présentation de cette exposition au Grand Palais met l'accent sur les pratiques artistiques de Paul Gauguin, qui, au cours de sa vie, a expérimenté et hybridé différentes techniques et matériaux (peinture, sculpture sur bois, céramique, estampe, gravure..), en "alchimiste" selon les commissaires : Claire Bernardi et Ophélie Ferlier-Bouat. Dans cette perspective, on peut voir au Grand Palais de nombreuses oeuvres de l'artiste rarement exposées en France, notamment des sculptures, des meubles, des dessins, des céramiques, des poésies et des écrits, des gravures et estampes.

 

Ce parti pris est contesté par certains critiques d'art (Frédéric Bonnet, Florian Gaité dans l'émission "La Dispute" sur France Culture) qui estiment que l'exposition manque son but, confond art et culture ne traitant pas de ce qui est marquant dans l'oeuvre de Gauguin. D'autres estiment que la production céramique de Gauguin a davantage un intérêt culturel qu'artistique et n'ont peut-être pas tout à fait tort !

 

La scénographie de l'exposition est également critiquée car elle privilégierait trop l'audovisuel pédagogique, pour "combler les vides", ce qui n'est pas justifié tant la médiation des techniques artistiques est réclamée par le public. Au sujet de la médiation de l'exposition elle-même, l'audioguide pour smartphone, réalisé par la société nantaise Mazedia est remarquablement fait avec, pour la première fois, en complément au parcours commenté, l'accès à des images 3D des sculptures de Gauguin avec une excellente définition.

 

Le débat sur cette exposition rétrospective, succèdant à celle de 2004 au Grand Palais sur Gauguin - Tahiti, se superpose à celui qui s'est produit dès la sortie du film : Gauguin - Voyage de Tahiti, réalisé par Édouard Deluc avec Vincent Cassel dans le rôle titre. Le comportement "colonial" de Gauguin à Tahiti n'y est pas traité comme il aurait pu l'être. En effet, l'artiste a pratiqué la pédophilie (au sens juridique et actuel du terme) avec de très jeunes tahitiennes et a répandu la syphilis sur l'île sans s'en préoccuper, étant lui-même dans un état moral et physique déplorable.

 

On constate de fait une certaine complaisance des médias pour un artiste dont l'oeuvre fait actuellement l'objet d'une intense promotion commerciale notamment pour les produits dérivés et à propos duquel on engage le public à admirer et accepter, au nom de la renommée d'un artiste, tout ce qu'il a pu faire de bien ou de mal durant sa vie.

 

Comme le déclarait récemment la ministre de la culture à propos de la polémique sur Roman Polanski, accusé de plusieurs viols de mineures durant les années 70, "il faut distinguer l'oeuvre de l'homme" ! Il semble pourtant que la société n'accepte plus aussi facilement qu'autrefois ce type de diktat des élites.

Une nouvelle série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

For Julie & Melissa ,Aan & Eefje and all victims of victims of sexual violence - Pour Julie et Melissa, Aan et Eefje et toutes les victimes de violences sexuelles.

J'ai encore plusieurs idées pour cette série...Mais je vais y aller à petites doses je crois...En travail qui s'étirera sur une très longue période de temps

 

Une nouvelle série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

Caroussel dans le Parc d'Asnieres sur Seine... Mutiexposure avec 10 images...

COUP DE GUEULE : Après cette expérimentation photographique j'ai eu droit à la visite des gardiens du Parc... qui manu Militari, m'ont invité à replier mon matos, car je n'était pas en droit de photographier dans le parc, et oui le fameux psychotage sur la pédophilie... j'ai beau eu leur expliquer à ses gardiens du temple que mon dispositif photographique me permetait de ne pas enregistrer les enfants (ils sont tout le temps en mouvement hihih) mais rien n'y a fait, il ont téléphoné au commissariat central et il ont approuvé les gardiens donc je suis parti un peu dépité... mais de toute façon j'avais MA PHOTO !...

VIVE LA LIBERTE DE CREATION EN FRANCE...

 

Une série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

en gare de valence, une semaine après la fin des éléctions présidentielles. alors que le numéro date d'avant (14 avril - 20 avril). même si ce journal est (je crois) de gauche, il tire la sonnette d'alarme par rapport à ce petit nicolas...

 

un très bon ami à moi m'a envoyé l'article en .pdf, et je l'ai restitué, car c'est assez surprenant, même déroutant...

le texte est assez long, mais j'aimerais que tout les francophones prennent le temps de le lire!

(for non-french speaking people : i'm sorry, i can't translate all this text, maybe try google translator...)

   

Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler

 

le vrai sarkozy

 

Glaçant ! Il a dit glaçant.Mais s’il ne l’avait pas dit ? Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus – retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime – sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national.

 

Comme si Sarkozy faisait peur.

 

Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante

d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison. Or, cela n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatissent ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent. Tant le personnage fait peur.

 

Ses Mots pour le dire

 

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses réactions ? La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce n’était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag ! Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop.Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

 

Insultes…

 

C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs…qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à FrançoisBayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier :« Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho,tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP. Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre ! Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L’enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !

 

Il n’a plus besoin d’intervenir

 

Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore :parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « Je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. » On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est ce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ? Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère.

Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

 

Les confrères étrangers osent,eux !

 

Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go: « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung de Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite post fasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.

 

La peur de la trappe

 

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ? Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n’ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

 

Catherine Nay entre les lignes

 

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre. Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours :son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »

 

Il n’a pas le droit de le dire

 

Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de «bonapartiste» ? L’hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique deVillepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient,

en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou ! Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en haut! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)

 

Et, pourtant, en privé, ils le disent

 

Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. «Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français

savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. » Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?), renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui. » « La France, c’est du cristal », dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin. Dominique deVillepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. » D’autres brodent : « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier – du moins tout fort –, de «malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique» mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.

 

Comme une bande des «cités»

 

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence « digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar,

alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait “leur en cuire”. » L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine

Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités – énergie, ténacité –, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. » Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a «de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. «Oui, c’est vrai, reconnaît l’un deux, il antagonise, il clive,il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire…

 

Un lourd secret

 

Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite. C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.

 

Il est de droite, et après ?

 

Oui, Sarkozy, en son tréfonds – et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître –, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’«orgueilleuse» prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de

Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business. Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak. Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son «populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines,

le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité. Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Eglise de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.

 

Cette vérité interdite

 

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs. Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au

fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire. Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas ! « Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui même.Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

 

Plus fort que lui…

 

Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment

battre un record. » Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas s’empêcher. » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cettesalve :« L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les

trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut être, un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied – dixit une de ses victimes au sein de l’UMP – à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !

 

Il suffit de l’écouter

 

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors «je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise un jour, comme à la marâtre de Blanche-Neige, qu’il n’est « plus la plus belle ». C’est pourquoi, d’ailleurs – et même ses proches s’en effarent –, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs. Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou lapolémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.

 

Il est « le seul qui… »

 

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en

corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit : « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants. Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et «faire». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier,d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

 

Double discours

 

Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement : « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés – et avec quelle violence ! –, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes, sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’ils’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier, préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.

 

Comme on assassine tous les concurrents…

 

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, eut emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire. C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé en machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire du oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social français, n’était-il pas conscient qu’il favorisait de la sorte le camp du non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi, moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie

cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

 

Faillite morale, dit-il

 

Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle ! Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom – société Arnault Claude-Nicolas Sarkozy –, ce qui s’avère d’autant

plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes –, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est ce la quintessence du moralisme intégral? Est-ce une moralité sans faille qui permit àThierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier)? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires)

avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?

 

Un système clanique

 

Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public. Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop !, on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine «ripouïsation» d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dûre gagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres. Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany. C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4000 à 6000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.

 

Qui sont ses soutiens ?

 

Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide : Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ? Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivainYasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble

de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

 

« L’identité nationale », parlons-en…

 

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale »? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain »? Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il se sentait souvent « un étranger dans son propre pays »? Qui regretta que la France ait brandi son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak? Qui stigmatisa, depuis l’Amérique, « l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU? Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon? Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi ! Citons, presque au hasard : « Ilyena combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j’y resterai le temps nécessaire » (2005). « Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » «Racaille, le vocable était sans doute un peu faible.» « Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004). « Maintenant, dans les réunions publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005). « Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. » « Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée» (1995). « Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter. La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages). « Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. » « La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. » « Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992). « Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. » On nous dira, ensuite : il faut lui faire

confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

 

Le vrai danger

 

On évoque obsessionnellementle danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire – concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu – et il peut l’être –, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays. Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy. Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale. Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger. S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !.

 

I never had the opportunity to meet Jimi Hendrix, but I can tell you that I am this one whom Robert Johnson met at the Crossroads... :)

  

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www.youtube.com/watch?v=C1EUWtr1yVM

  

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LETTRE OUVERTE À GILLES SORGEL

 

Le 20 septembre 2010 j’ai reçu un e-mail de la part du poète ultra-chrétien Gilles Sorgel, bientôt octogénaire, qui disait être arrivé à deux conclusions qu’il étayait de citations extraites de l’Ancien Testament et du "Livre d’Énoch" (un apocryphe de l’Ancien Testament). Ces conclusions auxquelles il est parvenu sont les suivantes : « Ne semble-t-il pas clair, n’est-ce pas, que Yahvé-Jéhovah est un homme ? » et « Pas de doute, les anges aussi sont des hommes. » Je me suis à nouveau permis - ce n’est pas la première fois - de répondre à ce saint-homme en lui envoyant quelques réflexions personnelles que j’ai rédigées à la suite du fichier Word qu’il a répandu Dieu sait où à travers sa mailing-list.

 

J’avoue avoir fait preuve d’un peu de mauvaise foi dans le texte sur la religion que j’ai écrit à Gilles Sorgel et que vous pouvez lire plus bas. Cette mauvaise foi est uniquement basée sur deux points :

 

Premièrement, lorsque que j’écris que certains passages de la Bible devraient être censurés parce qu’ils sont subversifs. Il est vrai qu’ils sont très subversifs et même pervers, et ce en particulier dans l’Ancien Testament : incestes, crimes de sang commis au nom de Dieu, pédophilie, prostitution, Noé qui se bourre la gueule et qui se fait surprendre à poils et entrain de bander par l’un de ses fils qu’il renie aussitôt, etc. La mauvaise foi de ma part provient du fait que je suis contre la censure littéraire quelle qu’elle soit et que je suis moi-même un lecteur assidu d’ouvrages libertins et érotiques ! :)

 

Et deuxièmement, c’est lorsque je fais semblant d’être raciste - mais à ceci près que je mets toutefois le doigt sur un point crucial, à savoir l’origine orientale et non-européenne de Jésus et des Apôtres. En effet, il est de tradition depuis l’Empire romain de représenter un Jésus blanc, tout-à-fait Européen, et même parfois blond aux yeux bleus (en particulier au 19ème siècle). Cette image est évidemment fausse et je tenais à la faire ressortir ici de façon assez catégorique, voire trash. D’ailleurs, j’ai toujours été étonné d’entendre dire qu’il existe des chrétiens antisémites. Ainsi donc ils adorent un dieu juif et ils veulent la mort des juifs ?! Non, vraiment, j’ai du mal à comprendre… L’empereur Julien avait cent mille fois raison lorsqu’il écrivait que les chrétiens sont des gens bizarres et un peu dérangés. Bref, je pense que ce point aura fait mouche chez Sorgel, lui qui a connu l’Occupation et dont je ne connais pas les opinions politiques… Je verrai donc ce qu’il me répondra…

 

Voici le texte, quelque peu revu et corrigé :

  

UNE RÉPONSE DE MA PART EN DEUX PARTIES

La première théologique et la seconde idéologique.

  

1/ Sur l'absurdité théologique du christianisme et des trois "grandes" religions monothéistes en général :

 

Oh ! l’homme fin et le puits de science que vous êtes ! Vous étudiez la Bible – qui est une collection de livres infâmes, imbéciles et immoraux (je vais m’expliquer là-dessus) – pendant une soixantaine d’années pour enfin arriver aux deux conclusions suivantes :

1) Yahvé-Jéhovah est un homme (entre nous, avec un nom pareil on aurait presque envie de lui demander sa carte de séjour…)

2) Les anges aussi sont des hommes.

Et non, Monsieur Sorgel ! Passer autant de temps sur une collection de livres évoquant des dieux étrangers aux noms barbares – fondements de la si violente religion judéo-christiano-islamiste - vous a fermé l’esprit et empêché de découvrir des réalités plus traditionnellement Européennes : les philosophes grecs et romains. Voyez ! Vous tombez dans le piège décrié par Xénophane de Colophon.

 

Vous devriez en effet vous diversifier en lisant les présocratiques, Platon, Aristote, Sénèque, Lucien de Samosate, Sextus Empiricus, Plotin, Porphyre, l’empereur Julien, Saloustios, Proclus, Damascius, Giordano Bruno, et bien d’autres représentants de la Raison européenne qui se sont opposés à la Superstition barbare que vous avez adoptée !

 

Je vous donne un exemple : si vous lisiez les si intéressants théorèmes que Proclos (ou Proclus) a développés dans ses "Éléments de théologie" (traduits en français par Jean Trouillard, Aubier, 1965), vous sauriez que ni Dieu ni les Anges ne peuvent être des hommes. Car s’ils l’étaient, ils partageraient avec eux leurs vices et seraient également soumis à la génération et à la corruption (voir également Aristote et Plotin sur ce point). Sauf que la Divinité est au contraire impassible et ne peut être sujette ni aux passions, ni au changement. En effet, si elle devenait meilleure, cela voudrait dire qu’au départ elle était méchante. Et si elle devenait pire, elle serait de même soumise au changement. Or, une telle idée est inacceptable en ce qui concerne Dieu car, par principe, la Divinité est immuable. Vous trouverez les mêmes raisonnements, rapportés de façon plus concise cette fois-ci, dans l’admirable ouvrage de Saloustios (ou Sallustius le philosophe) intitulé "Des Dieux et du monde" - soit dans la traduction d’A. J. Festugière (La Colombe, 1944 ; aujourd’hui Arfuyen, 1998), soit dans l’édition bilingue de Gabriel Rochefort (C.U.F., Les Belles Lettres, 1960 ; réédition : 1983).

 

Je sais que votre Bible vous oblige à croire en un dieu infâme, méchant et jaloux (Abel et Caïn, le Déluge, le sacrifice d’Abraham - commémoré encore de nos jours par les musulmans), et aussi complètement humanisé – donc idolâtré : Jésus. Tout ceci n’est qu’insulte envers Dieu.

 

À propos de l’idolâtrie – ou de la « mythologie », comme il vous plaira -, Saloustios écrit ce qui suit : «Pourquoi donc, […] les anciens se sont-ils servis de mythes ? […] C’est une question qui revient à la philosophie. Puisque tous les êtres prennent plaisir à ce qui leur ressemble et se détournent de ce qui leur est dissemblable, il convenait donc aussi que notre doctrine des Dieux eût ressemblance avec Eux, pour être digne de leur essence et les rendre ainsi plus favorables à ceux qui professent cette doctrine. C’est à quoi l’on ne peut atteindre que par le moyen des mythes. Car, pour ce qui regarde les Dieux eux-mêmes, les mythes les représentent selon ce qui peut s’en dire et ce qui est indicible, ce qui est obscur et ce qui est apparent, manifeste et ce qui est caché ; ils représentent aussi la bonté des Dieux – car, de même que les Dieux ont fait participer tous les hommes également aux biens tirés des sensibles, mais n’ont donné qu’aux sages les biens tirés des intelligibles, ainsi les mythes : que les Dieux existent, ils le proclament devant tous ; ce que sont les Dieux, et de quelle sorte, ils ne le disent qu’aux gens capables de le savoir. Enfin les mythes représentent les opérations des Dieux : car ce monde, lui aussi, on peut l’appeler un mythe, puisqu’en lui les corps et les objets sont visibles, les âmes et les esprits, cachés. »

 

Mais en même temps Saloustios nous met en garde contre toute dérive idéologique absurde : « Si, par des prières et des sacrifices, nous obtenons d’être affranchis de nos péchés, ce n’est pas que nous fléchissions les Dieux ou les faisons changer de sentiment ; mais, par ces actes et par notre conversion vers la Divinité, nous guérissons notre vice et jouissons de nouveau de la bonté des Dieux.»

 

Comme je le précisais tout à l’heure, la Divinité ne peut être qu’immuable ! C’est nous qui nous convertissons à Dieu, ce n’est pas Dieu qui prend pitié de nous !

 

1.1. Mais tentons d’abord de définir Dieu.

 

Plotin écrit ceci dans ses désormais célèbres "Ennéades" : « Comment le multiple vient-il de l’Un ? C’est que l’Un est partout, car Il n’y a pas d’endroit où Il n’est pas ; Il remplie donc toute chose. Par conséquent, Il est multiple, ou plutôt Il est déjà toute chose, car s’Il n’était que partout, Il serait toutes les choses, mais comme Il est également nulle part, toutes choses se produisent par Lui, parce que tout en étant partout les choses sont néanmoins différentes de Lui. Or, pourquoi dit-on qu’Il n’est pas seulement partout, mais ajoute-t-on qu’Il est également nulle part ? C’est parce qu’Il doit être Un avant toutes choses ; et pour cela il faut qu’Il remplisse tout et qu’Il produise toute chose, sans être pour autant toutes les choses qu’Il produit. » ("Ennéades", III, 9, 4. - Voir aussi Lambros Couloubaritsis, "Aux origines de la pensée européenne (de la pensée archaïque au néoplatonisme)", De Boeck, Bruxelles, 1992).

 

Voilà comment, en partant de l’Un absolu (1ère hypostase), Dieu atteint l’Un dominé par la multiplicité (3ème hypostase : l’Âme), en passant par l’Un qui comprend en lui-même du multiple (2ème hypostase : l’Intelligence et l’Être). Tel est l’enseignement de Plotin.

 

« D’autre part - ajoute Saloustios -, comme le pouvoir de Dieu est le plus grand possible, il convenait qu’Il produisît non seulement les hommes et les animaux, mais les Dieux, les Anges et les Démons. Et, plus il y a de distance entre notre nature et le Premier Dieu, plus il doit y avoir de puissances intermédiaires entre nous et Lui, car les objets les plus éloignés l’un de l’autre comportent une multitude d’intermédiaires. » - (Apologie du polythéisme ; voir plus bas).

 

Par ailleurs, d’où vient le mal ? Le Diable existe-t-il ? Cicéron écrivait : « Si Dii sunt, boni sunt » (« Si les Dieux existent, ils sont bons »). À partir de cette sage réflexion communément admise chez les Européens (les « païens »), Saloustios écrit : « Maintenant, si les Dieux sont bons et si tout est produit par Eux, d’où vient le mal dans le monde ? Ne faut-il pas affirmer d’abord que, si les Dieux sont bons et produisent tout, le mal n’a pas d’être naturel, mais n’existe que par absence de bien, de même que l’obscurité n’a pas d’être propre, mais n’existe que par absence de la lumière ? »

 

1.2. Le polythéisme est-il si différent du monothéisme ?

 

Maxime de Madaure, en l’an 390, écrivait ce qui suit : « Qu’il n’existe qu’un Dieu suprême, sans commencement et sans descendance, quel homme est assez grossier, assez stupide pour en douter ? C’est Lui dont nous invoquons, sous des vocables divers, les énergies répandues dans le monde, car nous ignorons son nom véritable, et en adressant nos supplications séparément à ses divers membres, nous entendons l’honorer tout entier. […] Grâce à l’intermédiaire des Dieux subalternes, ce Père commun et d’eux-mêmes et de tous les mortels est honoré de mille manières par les humains, qui restent ainsi d’accord dans leur désaccord. » (Lettre N°16 du corpus augustinien. - Cf. Marcel LeGlay, "La Religion romaine", Armand-Colin, 1971).

 

1.3. Et si Dieu n’existait pas, est-ce que la vie des êtres humains serait différente ?

 

Non ! Le philosophe présocratique Gorgias de Léontion (5ème siècle avant l’ère vulgaire) a clairement démontré que toutes nos idées sont fausses – ou tout au moins biaisées -, car elles sont soumises au discours (logos). Or le Logos est inhérent à nos préjugés, à notre éducation, à nos points de vue, car comme on dit : chacun voit midi à sa porte.

 

Voici un extrait de son ouvrage intitulé "Du Non-Être, ou de la Nature", tel qu’il nous a été présenté et résumé de façon concise par le philosophe sceptique Sextus Empiricus ("Contre les logiciens", I, 65-87), ici d’après la traduction de Jean-Paul Dumont ("Les Écoles présocratiques", Gallimard, 1988 ; Folio/Essais, 1991) :

 

« Gorgias de Léontium appartient à cette catégorie de philosophes qui ont supprimé le critère de vérité. Mais ce n’est pas de la même manière que les tenants de Protagoras. Dans son livre intitulé "Du non-être, ou de la nature" il met en place, dans l’ordre, trois propositions fondamentales : premièrement, et pour commencer, que rien n’existe ; deuxièmement que, même s’il existe quelque chose, l’homme ne peut l’appréhender ; troisièmement, que même si on peut l’appréhender, on ne peut ni le formuler ni l’expliquer aux autres. […] Les objets de nos pensées ne sont pas des êtres. En outre, si les objets de nos pensées sont des êtres, les non-êtres ne pourront pas être pensés : les contradictoires ont des attributs contradictoires et l’être et le non-être sont contradictoires. Par suite, et sans restriction, si l’être a l’attribut de pouvoir être pensé, le non-être aura celui de ne pouvoir être pensé. Or cela est absurde : Scylla, la Chimère et beaucoup de non-êtres sont pensés. Donc ce n’est pas l’être qui est l’objet de nos pensées. De même que les objets de la vue sont dits visibles parce qu’ils sont vus, que les objets de l’ouïe sont dits audibles parce qu’ils sont entendus, et que nous ne rejetons pas les objets visibles parce que nous ne les entendons pas, que nous ne repoussons pas les objets audibles parce que nous ne les voyons pas (chaque objet a pour critère un sens spécifique, et non un autre), de la même manière les objets de la pensée, même si nous ne les voyons pas de nos yeux, même si nous ne les entendons pas de nos oreilles, ne laisseront pas d’être puisqu’ils seront saisis selon leur critère propre. Donc, si l’on pense qu’un char court sur la mer, même si on ne le voit pas, il faudra, avec ce raisonnement, croire qu’il y a un char qui court sur la mer, ce qui est absurde. Donc l’être n’est pas objet de pensée et est insaisissable. Et pourrait-on le saisir qu’on ne le pourrait formuler à aucun autre. Car si existent des êtres visibles, audibles et universellement sensibles, et d’une existence qui nous est extérieure, de ces êtres, les visibles sont saisis par la vue, les audibles par l’ouïe, et ne peuvent échanger leurs rôles. Dès lors, comment pourra-t-on révéler à autrui ces êtres ? Car le moyen que nous avons de révéler, c’est le discours ; et le discours, il n’est ni les substances ni les êtres : ce ne sont donc pas les êtres que nous révélons à ceux qui nous entourent ; nous ne leur révélons qu’un discours qui est autre que les substances. De même que le visible ne peut devenir audible, ou l’inverse, de même, l’être, qui subsiste extérieurement à nous, ne saurait devenir notre discours : n’étant pas discours, il ne saurait être manifesté à autrui. Quant au discours, dit-il, sa constitution résulte des impressions venues des objets extérieurs, c’est-à-dire les objets de la sensation : de la rencontre avec leur saveur naît en nous le discours qui sera proféré concernant cette qualité, et, de l’impression de la couleur, le discours concernant la couleur. S’il en va ainsi, le discours ne manifeste pas l’objet extérieur, au contraire, c’est l’objet extérieur qui se révèle dans le discours. Aussi n’est-il pas possible de dire que le mode de réalité de discours est le même que celui des objets visibles ou audibles, de manière à lui permettre, en prenant appui sur la réalité et l’être, de signifier la réalité et l’être. Car, dit-il, même si le discours est un être substantiel, il diffère néanmoins des autres substances, et la plus grande différence sépare les corps visibles et les paroles. C’est par un sens qu’est saisi le visible, et par un autre que se perçoit le discours. Aussi le discours ne nous montre-t-il rien de tout ce qui existe substantiellement, pas plus que les objets existants eux-mêmes ne nous instruisent sur l’essence des autres réalités. Telles sont, donc, les apories que l’on trouve chez Gorgias : pour autant qu’on s’y arrête, le critère de la vérité s’évanouit. Aucun critère ne saurait exister ni de ce qui n’existe pas, ni de ce qui peut être connu, ni de ce qui ne peut être communiqué à autrui. » (pp. 701-705).

 

En conséquence, Dieu peut également n’être qu’une chimère. Les personnes qui y croient sont touchées par la foi. Et, comme chacun le sait, la foi s’oppose à la raison. Or, comment l’existence de Dieu peut-elle être probante si elle n’est pas scientifique ? La science, en effet, fonctionne par équations et les routes, ou chemins, par lesquels l'homme peut parvenir à Dieu, ne relèvent que de l’émotion, du sentiment, et donc de la foi ou, au pire des cas, de la superstition. Les arguments convergeants et convaincants qui permettent d’atteindre à de vraies certitudes ne sont que des discours produits par la pensée humaine. Et comme tout discours diverge de l’être, qu’il est incompréhensible de même qu’il est incommunicable à autrui (cf. Gorgias), cette voie pour connaître la Divinité est improductive. En outre, parler de « cause première » qui permettrait de pouvoir approcher Dieu comme origine, fin et cause exemplaire de l’univers n’est valable que dans une conception causale du monde. Mais qui a prouvé l’existence d’une cause première ? En effet, cette conception causale de l’univers n’est qu’une théorie parmi d’autres. Le monde et les êtres qu’il contient existent, c’est un fait. Mais pourquoi supposer l’existence d’une quelconque idée appelée «Dieu» et qui en serait la cause ? En effet, avant de tirer une conclusion indémontrable, laissons les scientifiques (j’ai bien dit les scientifiques et non les théologiens !) observer la nature et examiner rationnellement, petit à petit, la conséquence de leurs découvertes. Il paraît évident, en effet, qu’il faut d’abord s’attaquer à la conséquence avant d’en concevoir une cause ! De cette façon, l’observation de la terre, de la mer, du souffle du vent, etc., si chère à Augustin d’Hippone, ne prouve en rien par elle-même ni l’existence d’un système causal, ni l’existence de Dieu. De même, qu’est le Beau (Pulcher), ou le Bien (Bonum), si ce n’est une sensation, une émotion, un sentiment humains ? En fin de compte, on ne fait jamais que parler de l’homme et jamais de Dieu… La religion n’est qu’une vanité, un égoïsme purement humain.

  

2 / Ce que je condamne personnellement - et humblement - dans les trois religions monothéistes :

 

En tout premier lieu, le dieu judéo-christiano-islamiste est un étranger ! Né en Galilée, Jésus n’avait rien d’Européen, il parlait une langue sémitique et il n’a jamais mis les pieds en Occident. À en croire les Évangiles, il devait être en tous points semblable à ces populaces qui ne cessent de se battre encore aujourd’hui au Proche-Orient, et ce d’un côté comme de l’autre (je ne me soucie pas de politique étrangère). Physiquement parlant, étant issu d’une telle région du monde, Jésus devait ressembler comme deux gouttes d’eau à ces infâmes délinquants qui gangrènent nos cités françaises. Et les "Épîtres de Paul" démontrent clairement que leurs valeurs étaient communes (femmes voilées, misogynie effective, violences, razzias). Les apôtres de Jésus étaient également ses compatriotes, ce qui n’arrange rien à l’affaire. Comme vous l’aurez compris, je ne ressens aucune affinité avec ces gens-là. Et comme Jésus était l’un des leurs et non pas l’un des nôtres, vous comprendrez pourquoi je me sens plus proche des philosophes européens, Grecs et Latins !

 

En deuxième lieu, je trouve la mythologie chrétienne absurde. En effet, qui peut croire aujourd’hui, en 2010, en un homme né d’une femme vierge, qui marchait sur l’eau, qui changeait l’eau en vin, qui rendait la vie aux défunts et qui a lui-même ressuscité d’entre les morts ? Tout ceci est du paganisme ! Mais, contrairement aux « païens » - que j’ai défendu plus haut dans la partie théologique -, qui eux étaient assez intelligents pour faire la différence entre mythologie et raison, les chrétiens prennent leurs mythes au pied de la lettre !

 

En troisième lieu, je regrette qu’en Occident les chrétiens se soient imposés par la force en assassinant, entre autres, la philosophe Hypatie d’Alexandrie, et que les curés aient forcé les Européens à la conversion en détruisant les temples de leurs Dieux (voir Grégoire de Tours qui, dans son "Histoire des Francs" – en fait "Decem libri historiarum" –, raconte avec une précision effroyable la conversion forcée des paysans de l’Auvergne, etc.) En l’an 529, l’empereur d’Orient, Justinien, fait fermer l’École philosophique d’Athènes, dernier bastion de la Raison. À partir de là, seule la Pensée Unique sera autorisée et personne ne pourra la contredire sous peine de mort.

 

Au Moyen âge il y a bien eu des esprits intelligents qui, dans leurs œuvres populaires ont su moquer cette pensée unique qu’était le christianisme. J’évoque ici les fabliaux anonymes, anticléricaux et parfois aussi érotiques. Outre les célèbres "Carmina Burana" (traduction française par Étienne Wolff, collection « La Salamandre », Imprimerie Nationale, 1995), je pense aux nombreuses œuvres écrites aux 12ème et 13ème siècles en ancien français et qui sont aujourd’hui publiées dans diverses éditions bilingues en format de poche. Comme vous pouvez le voir, l’Esprit français, toujours vif et prompt, a su traverser cette longue période de souffrance morale imposée par l’Église. De nombreuses autres œuvres, comme le "Roman de Fauvel" (14ème siècle), ou encore les poèmes de Rutebeuf (13ème siècle), se sont surtout attaqué aux institutions ecclésiastiques sans pour autant renier le dieu chrétien lui-même.

 

Mais le tout s’est corsé lors de la création de l’Inquisition par Bernard Guy au 14ème siècle, ainsi qu’à partir de la publication du terrifiant "Malleus Maleficarum" un siècle plus tard (téléchargeable en latin ou en anglais à partir d’internet), et qui était un ouvrage composé par un esprit pervers détestant les femmes, parce que lui-même avait peur de sa sexualité paraphilique qu’il n’osait pas mettre en pratique (en gros une sorte de Marquis de Sade qui, au lieu d’écrire ses fantasmes, a préféré faire le malheur de femmes innocentes, et cela à cause de sa sexualité refoulée). Selon l’auteur du "Malleus" (dont je n’ai pas le nom en tête – et qu’importe !), les femmes sont sans cesse avides de sexe. Et comme – selon lui – aucun homme n’est capable de les satisfaire, elles se tournent vers une force plus puissante, à savoir le Diable en personne. Et voici comment, en suivant une telle idéologie vicieuse, des milliers de pauvres femmes innocentes ont été brûlées vives sur des bûchers sous la pitoyable accusation de sorcellerie et de commerce avec le Malin. En 1600 encore, le philosophe copernicien et anti-aristotélicien Giordano Bruno a également fini sur le bûcher à cause de ses opinions personnelles. Suite à cela, Galilée n’aura d’autre choix que de se rétracter. Bref. Le christianisme avait créé l’Enfer sur terre. Et après on s’étonne que le siècle suivant ait été celui de Voltaire, de Diderot, du libertinage et de la Révolution française ! Désolé, mais – entre nous - je perçois plus de franchise dans les écrits du Marquis de Sade que dans ceux de Tertullien ou dans le "Malleus Maleficarum" pour la simple raison que Sade, lui au moins, a osé appeler un chat un chat, et ceci sans détours ! À partir de là, en effet, où se situe la perversion ? Chez les chrétiens ayant refoulé leur sexualité ou chez les « libertins de qualité » ? Ceci est à méditer…

 

En quatrième et dernier lieu, enfin, j’ai été extrêmement choqué par les paroles et les actions de Benoît XVI, et ce concernant en particulier la petite fille brésilienne qui, après avoir été fréquemment violée par son beau-père, a fini par tomber enceinte de ce monstre. Quelle n’a pas été la répugnante réaction de Ratzinger lorsqu’il a excommunié les médecins qui ont procédé à l’avortement de cette pauvre gamine, tout en se gardant d’en faire autant avec le violeur ! Visiblement, l’Église préfère les agresseurs sexuels aux médecins qui veulent aider une petite fille à jamais traumatisée. Il est vrai que de nombreuses anecdotes de l’Ancien Testament sont dignes des écrits les plus subversifs ! Sur ce point, certains passages odieux de la Bible devraient être censurés, à l’instar de certains propos ignobles du pape ! En tous cas, il est clair pour moi que je ne lirai pas la Bible à mon fils de six ans ! De même, moi qui ai été baptisé catholique, je regrette aujourd’hui que cette institution reste toujours aussi sordide. Et non, je ne me ferais pas débaptiser, et ce pour la seule raison que la meilleure façon de lutter contre un système ou une idéologie et d’en faire partie.

 

Et que dire sur le Concordat passé entre Pie XII et Adolf Hitler ? Que dire encore sur la collaboration de l’Église luthérienne avec le système communiste de la République Démocratique Allemande ? (Je le sais pour avoir de la famille proche dans l’Est de l’Allemagne…) On a beau jeu de parler de Résistance de part et d’autre une fois les actes commis ! Le fait est que les Églises n’ont jamais agi que dans leurs propres intérêts, et ce quel que soit le régime politique en place. Que celui qui sache me prouver le contraire me jette la première pierre…

 

Et puis, que dire enfin sur les Attentats de New York, de Madrid et de Londres, fomentés par l’Islam (toujours cette maudite religion judéo-christiano-islamiste) ? En France, les musulmanes veulent absolument porter leur fichu voile au détriment de la laïcité de notre patrie et des valeurs révolutionnaires fondées sur la séparation des Églises et de l’État, et qui font notre plus grande fierté de patriotes ! – Je suis un jacobin : la France doit être Une et laïque ! -. Or, je ne m’étonne plus lorsque j’entends à la télévision ("C’est dans l’air") les journalistes de "La Croix" prendre la défense des femmes portant le voile contre - disent-ils - une laïcité à outrance ! En fin de compte, les cathos se servent des musulmanes voilées pour faire leur beurre et revenir en force afin de détruire les valeurs qui sont celles de notre Nation depuis la Révolution. Honte à l’Église et à ses éternelles machinations ! Si elle le pouvait, elle mettrait à bas notre beau pays tout comme elle le fit autrefois avec l’Empire romain !

 

Sur ce sujet, il est étonnant de lire une critique qu’adressait aux chrétiens un païen du 2ème siècle nommé Celse et qui s’était proposé de rédiger un ouvrage intitulé "Discours vrai [contre le christianisme]". Il y écrivait : « Il n’est pas tolérable de vous entendre dire : ‘‘Si les empereurs qui règnent aujourd’hui, après s’être laissés persuadés par nous, couraient à leurs pertes, nous séduirions encore leurs vainqueurs. Si ceux-ci tombaient de la même manière, nous nous ferions encore écouter de leurs successeurs, jusqu’à ce que tous ceux qui nous auraient crus fussent exterminés de pareille façon par les ennemis.’’ - Sans doute, c’est ce qui ne manquerait pas d’arriver, à moins qu’un pouvoir plus éclairé et plus prévoyant ne vous détruise tous de fond en comble avant que de périr lui-même par vous. » (Louis Rougier, "Celse contre les Chrétiens", Copernic, 1977). Celse avait vu juste ! Et si son ouvrage nous est parvenu c’est uniquement parce qu’Origène (un chrétien déclaré plus tard hérétique pour avoir soutenu la croyance en la réincarnation) l’avait repris en le faisant accompagner de sa propre critique.

 

Louis CAMPOS,

Le samedi 2 octobre 2010 à Montpellier.

  

Compléments bibliographiques utiles (en plus des ouvrages cités dans mon texte) :

* Pierre Chuvin, "Chronique des derniers païens", Collection "Histoire", Les Belles Lettres/Fayard, 1991 (1ère édition : 1990).

* Lucien Jerphagnon, "Histoire de la Rome antique, les armes et les mots", Tallandier, 1987.

* "Penseurs grecs avant Socrate, de Thalès de Milet à Prodicos". Traduction, introduction et notes par Jean Voilquin, GF Flammarion, 2004 (Garnier Frères, Paris, 1964, pour la première édition).

* "Les Sophistes, I & II". Présentations et traductions sous la direction de Jean-François Pradeau. Traduit avec le concours du Centre national du Livre. GF Flammarion, 2009 [2 volumes].

* Platon, "Parménide". Texte établi et traduit par Auguste Diès. C.U.F., Les Belles Lettres, Paris, 1950 (édition bilingue) ; Platon, "Théétète" et "Parménide". Traduction, notice et notes par Émile Chambry. GF Flammarion, 2002 (Garnier Frères, Paris, 1967, pour la première édition) ; Platon, "Parménide". Traduction inédite, introduction et notes par Luc Brisson. Traduit avec le concours du Centre national du Livre. GF Flammarion, 1999 (1994 pour la 1ère édition) ; Platon, "Parménide". Traduction de Victor Cousin, Ray & Gravier Librairies, Paris, 1839 : remacle.org/.

* Platon, "Oeuvres complètes". Sous la direction de Luc Brisson. Éditions Flammarion, Paris, 2011 (1ère édition : 2008).

* Lucien de Samosate, "Alexandre ou le faux prophète". Texte établi par Marcel Caster. Introduction et notes de Pierre-Emmanuel Dauzat. Collection "Classiques en poche", Les Belles Lettres, 2002 (édition bilingue) ; Lucien de Samosate, "Alexandre ou le faux devin". Traduction nouvelle par Joseph Longton (1998) : bcs.fltr.ucl.ac.be/Alex/1-20.html ; Lucien de Samosate, "Oeuvres complètes". Traduction nouvelle avec une introduction et des notes par Eugène Talbot. Hachette, Paris, 1912 :

remacle.org/.

* Plotin, "Traités". Présentés, traduits et annotés sous la direction de Luc Brisson et Jean-François Pradeau. Traduit avec le concours du Centre national du Livre. GF Flammarion, 2002-2010 [en 9 volumes] ; "Les Ennéades de Plotin", traduction par M.-N. Bouillet, Hachette & Cie, Paris, 1857-1859 [3 volumes] : remacle.org/.

* L'Empereur Julien, "Lettres et fragments". Texte revu et traduit par Joseph Bidez. C.U.F., Les Belles Lettres, Paris, 1972 (édition bilingue) ; Julien, "Lettres". Texte établi et traduit par Joseph Bidez. Introduction et notes par Pierre-Emmanuel Dauzat. Collection "Classiques en poche", Les Belles Lettres, 2008 (édition bilingue).

* L'Empereur Julien, "Contre les Galiléens. Une imprécation contre le christianisme". Introduction, traduction et commentaire par Christopher Gérard. Postface par Lambros Couloubaritsis. Éditions Ousia, 1995.

* L'Empereur Julien, "Oeuvres complètes". Traduites par Eugène Talbot. Henri Plon, Paris, 1863 :

books.google.com.

* Macrobe, "Les Saturnales, Livres I-III". Introduction, traduction et notes par Charles Guittard. Collection "La Roue à livres", Les belles Lettres, Paris, 1997 ; "Oeuvres de Macrobe". Traduites par Ch. de Rosoy. Firmin Didot, Paris, 1827 [2 tomes] : books.google.com.

* Proclus, "Commentaire sur le 'Parménide' de Platon". Traduction par A.-ED. Chaignet, Ernest Leroux Éditeur, Paris, 1900 : remacle.org/.

* Damascius, "Des premiers principes, apories et résolutions". Introduction, notes et traduction du grec par Marie-Claire Galpérine. Verdier, 1987.

* Voltaire, "Traité de métaphysique" (1734) : fr.wikisource.org/.

* Voltaire, "Femmes, soyez soumises à vos maris !" (1768) : fr.wikisource.org/.

* Heirich D. Holbach, "Le Christianisme dévoilé". Traduit en français par M. Boulanger. Londres, 1756 : books.google.com.

* Le Comte de Boulainvilliers, "Doutes sur la religion", suivis de "L'Analyse du 'Traité théologico-politique' de Spinoza". Londres, 1767 : gallica.bnf.fr.

* Diderot, "Entretien d'un philosophe avec la maréchale de ***" (1771) : fr.wikisource.org/.

* Le Marquis de Sade, "Dialogue entre un prêtre et un moribond" (1782). Éditions Mille et une nuits, N°3, 1993 ; fr.wikisource.org/.

* Film : "Agora", de Alejandro Amenábar. Un film sur Hypatie d'Alexandrie, avec Rachel Weisz, 2008.

 

© 2010 & 2011 by Louis Campos.

Lac Tchad : bientôt à sec !

Jadis l'un des plus grands lacs du monde, le lac Tchad s'est réduit considérablement pendant les quatre dernières décennies tel que le confirme les dernières observations satellitaires de la NASA.

C'est ce qu'on appelle un lac endoréique, c'est à dire qu'il ne rejoint pas l'océan,et qu'il fournit de l'eau et des ressources aquacoles à plus de 20 millions de personnes dans quatre pays limitrophes :le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.

Les clichés pris entre 1972 et 2007 indiquent qu’au cours des trente-cinq dernières années, la superficie du lac Tchad a été divisée par dix, asséché par le déficit de pluviométrie chronique et les différents barrages construits en amont pour l'irrigation.

Dans les années 70,le recul du lac Tchad a été vécu comme une opportunité pour développer sur ses limons des cultures maraichères. Mais cette agriculture de décrue a eu son temps.

Les spécialistes sont très pessimistes et l'assèchement du lac Tchad pourrait constituer un désastre humanitaire sans précédent dans cette région de l'Afrique qui n'est déjà pas épargnée par les conflits militaires.

La Commission du Bassin du lac Tchad, créée en 1964 et qui regroupe les Etats riverains (Tchad, Niger, Nigéria, Cameroun et désormais RCA), étudie actuellement un projet de transfert des eaux du bassin du Congo (Oubangui-Chari) vers le bassin du lac Tchad. Soit un transfert sur 1 350 km de long !

 

Pendant ce temps là...

Rachida dati achète un stylo à 1000€

Céline Dion voit sa version de "you shook me" d'AC/DC élue pire reprise de tous les temps!

La pédophilie progresse

On va tous payer 4.3 millions d'€ pour rien

Lavandières au bord du canal/ Washerwomen

Oeuvre de Paul Gauguin (1848-1903)

1888

Arles

Huile sur toile

Le tableau a été peint durant le séjour de Paul Gauguin à Arles auprès de Vincent Van Gogh d'octobre à décembre 1888 (l'atelier d'Arles). Un séjour qui s'est mal terminé puisque Van Gogh s'est coupé l'oreille à la suite d'une dispute avec Gauguin.

New-York, Museum of Modern Art

The William S. Paley Collection, 1990

www.moma.org/collection/works/83386?locale=fr

 

Oeuvre présentée dans l'exposition "Gauguin l'alchimiste"

au Grand Palais à Paris

www.grandpalais.fr/fr/evenement/gauguin-lalchimiste

 

La présentation de cette exposition au Grand Palais met l'accent sur les pratiques artistiques de Paul Gauguin, qui, au cours de sa vie, a expérimenté et hybridé différentes techniques et matériaux (peinture, sculpture sur bois, céramique, estampe, gravure..), en "alchimiste" selon les commissaires : Claire Bernardi et Ophélie Ferlier-Bouat. Dans cette perspective, on peut voir au Grand Palais de nombreuses oeuvres de l'artiste rarement exposées en France, notamment des sculptures, des meubles, des dessins, des céramiques, des poésies et des écrits, des gravures et estampes.

 

Ce parti pris est contesté par certains critiques d'art (Frédéric Bonnet, Florian Gaité dans l'émission "La Dispute" sur France Culture) qui estiment que l'exposition manque son but, confond art et culture ne traitant pas de ce qui est marquant dans l'oeuvre de Gauguin. D'autres estiment que la production céramique de Gauguin a davantage un intérêt culturel qu'artistique et n'ont peut-être pas tout à fait tort !

 

La scénographie de l'exposition est également critiquée car elle privilégierait trop l'audovisuel pédagogique, pour "combler les vides", ce qui n'est pas justifié tant la médiation des techniques artistiques est réclamée par le public. Au sujet de la médiation de l'exposition elle-même, l'audioguide pour smartphone, réalisé par la société nantaise Mazedia est remarquablement fait avec, pour la première fois, en complément au parcours commenté, l'accès à des images 3D des sculptures de Gauguin avec une excellente définition.

 

Le débat sur cette exposition rétrospective, succèdant à celle de 2004 au Grand Palais sur Gauguin - Tahiti, se superpose à celui qui s'est produit dès la sortie du film : Gauguin - Voyage de Tahiti, réalisé par Édouard Deluc avec Vincent Cassel dans le rôle titre. Le comportement "colonial" de Gauguin à Tahiti n'y est pas traité comme il aurait pu l'être. En effet, l'artiste a pratiqué la pédophilie (au sens juridique et actuel du terme) avec de très jeunes tahitiennes et a répandu la syphilis sur l'île sans s'en préoccuper, étant lui-même dans un état moral et physique déplorable.

 

On constate de fait une certaine complaisance des médias pour un artiste dont l'oeuvre fait actuellement l'objet d'une intense promotion commerciale notamment pour les produits dérivés et à propos duquel on engage le public à admirer et accepter, au nom de la renommée d'un artiste, tout ce qu'il a pu faire de bien ou de mal durant sa vie.

 

Comme le déclarait récemment la ministre de la culture à propos de la polémique sur Roman Polanski, accusé de plusieurs viols de mineures durant les années 70, "il faut distinguer l'oeuvre de l'homme" ! Il semble pourtant que la société n'accepte plus aussi facilement qu'autrefois ce type de diktat des élites.

en gare de valence, une semaine après la fin des éléctions présidentielles. alors que le numéro date d'avant (14 avril - 20 avril). même si ce journal est (je crois) de gauche, il tire la sonnette d'alarme par rapport à ce petit nicolas...

 

un très bon ami à moi m'a envoyé l'article en .pdf, et je l'ai restitué, car c'est assez surprenant, même déroutant...

le texte est assez long, mais j'aimerais que tout les francophones prennent le temps de le lire!

(for non-french speaking people : i'm sorry, i can't translate all this text, maybe try google translator...)

   

Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler

 

le vrai sarkozy

 

Glaçant ! Il a dit glaçant.Mais s’il ne l’avait pas dit ? Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en

quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus – retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime – sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien

ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national.

 

Comme si Sarkozy faisait peur.

 

Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait

tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques,

telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante

d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison. Or, cela

n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatissent ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent. Tant le personnage fait peur.

 

Ses Mots pour le dire

 

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de

ses réactions ? La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre

délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser

la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce

n’était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant

aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag !

 

Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop.Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a

cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes

demerde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

 

Insultes…

 

C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs…qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à FrançoisBayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier :« Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho,tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-

Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP. Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi

agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre ! Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait

l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L’enquête en question a

été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !

 

Il n’a plus besoin d’intervenir

 

Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris

Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore :parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « Je connais très bien votre patron. Je sais ce

qui se passe dans votre rédaction. » On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est ce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou

prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ? Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas

de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère.

Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est

le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

 

Les confrères étrangers osent,eux !

 

Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go: « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung de

Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un

George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite post fasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique

identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une

grave menace pour la démocratie.

 

La peur de la trappe

 

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ? Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n’ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée

de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat :

out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

 

Catherine Nay entre les lignes

 

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne

dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre. Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours :son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui

reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »

 

Il n’a pas le droit de le dire

 

Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de «bonapartiste» ? L’hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique deVillepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient,

en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou !

Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste

Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en

haut! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)

 

Et, pourtant, en privé, ils le disent

 

Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. «Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français

savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. » Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?),

renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le

regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui. » « La France, c’est du cristal », dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin. Dominique deVillepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. » D’autres brodent : « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier – du moins tout fort –, de «malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y

a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique» mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.

 

Comme une bande des «cités»

 

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence « digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar,

alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait “leur en cuire”. » L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine

Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités – énergie, ténacité –, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son

inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. » Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a «de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui

seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. «Oui, c’est vrai, reconnaît l’un deux, il antagonise, il clive,il joue les uns contre les autres avec la

plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire…

 

Un lourd secret

 

Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent,

ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur

américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant

pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite. C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.

 

Il est de droite, et après ?

 

Oui, Sarkozy, en son tréfonds – et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître –, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’« orgueilleuse» prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ;

oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de

Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business. Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak. Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son «populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite

néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines,

le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité. Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Eglise de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son

soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.

 

Cette vérité interdite

 

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs. Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au

fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire. Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas ! « Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni

l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables

personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de

Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui même.Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

 

Plus fort que lui…

 

Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer

son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment

battre un record. » Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas

s’empêcher. » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cettesalve :« L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les

trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un

jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas

de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut être, un leader politique n’avait aussi systématiquement

pris son pied – dixit une de ses victimes au sein de l’UMP – à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis

des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !

 

Il suffit de l’écouter

 

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors «je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise

un jour, comme à la marâtre de Blanche-Neige, qu’il n’est « plus la plus belle ». C’est pourquoi, d’ailleurs – et même ses proches s’en effarent –, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs. Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son

contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou lapolémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.

 

Il est « le seul qui… »

 

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en

corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui

pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit : « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants. Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et «faire». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier,d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée »

comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

 

Double discours

 

Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement : « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés – et avec quelle violence ! –, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes,

sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’ils’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable

qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier,

préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.

 

Comme on assassine tous les concurrents…

 

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, eut

emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire. C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé en machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire du oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social français,

n’était-il pas conscient qu’il favorisait de la sorte le camp du non et, par voie de conséquence,

plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi, moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie

cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

 

Faillite morale, dit-il

 

Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle ! Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple

d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom – société Arnault Claude-Nicolas Sarkozy –, ce qui s’avère d’autant

plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes –, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est ce la quintessence du moralisme intégral? Est-ce une moralité sans faille qui permit àThierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier)? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires)

avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?

 

Un système clanique

 

Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée

gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public. Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop !, on la nomma au Conseil économique et social.

Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine «ripouïsation» d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dûre gagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres. Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand

ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé

par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany.

C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4000 à 6000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats

Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.

 

Qui sont ses soutiens ?

 

Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide : Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry

Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ? Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivainYasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-

petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble

de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

 

« L’identité nationale », parlons-en…

 

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale »? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain »? Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il se

sentait souvent « un étranger dans son propre pays »? Qui regretta que la France ait brandi

son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak? Qui stigmatisa, depuis l’Amérique,

« l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU? Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon? Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils

ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi !

Citons, presque au hasard : « Ilyena combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j’y resterai le temps

nécessaire » (2005). « Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » «Racaille, le vocable était sans doute un peu faible.» « Vous savez pourquoi je suis tellement

populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004). « Maintenant, dans les réunions

publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005). « Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. » « Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée» (1995). « Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus

la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter. La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages). « Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. » « La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. » « Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de

manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992). « Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. » On nous dira, ensuite : il faut lui faire

confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

 

Le vrai danger

 

On évoque obsessionnellementle danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau

coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire – concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu – et il peut l’être –, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart

des institutions du pays. Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle

était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses

propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy. Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale. Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger. S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !.

 

ah putain les filles on dirait que vous prônez la pédophilie et la goudou-attitude aha.

Une nouvelle série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

  

I do not want to be afraid

I do not want to die inside

just to breathe in

I'm tired of feeling so numb

Relief exists I find it when I am cut

 

Cut by Plumb

Illustration : la pédophilie sur internet - 2010

 

©-ID-EasyDoor

 

Mon blog : easydoor.over-blog.com/

Mon book : easydoor.ultra-book.com/

23RD JUNE LOVE BOY DAY

 

I can't believe this can happen in our CIVILIZED society.

 

One day for Pedophilies pride!!!!!

Because these people are proud of what they do to little children...

 

Many people around the world partecipate to the fight against censorship of Flickr

Please partecipate with the same anger against this virtual manifestation because no one has the right to touch a little child for his/her sexual pleasure!!!

 

This is their slogan:

 

"our pride of being different from you and in order to remember the pedofili emprisoned because victims of the discriminations, the unjustly restrictive laws and in order to show our love for the children ".

 

Please on the 23rd june upload this shot

 

 

BECAUSE WE ARE PROUD NOT TO BE ORCHS

Une nouvelle série sombre...

 

Des problématiques qui me touchent particulièrement chez les enfants:

Pédophilie, abus sexuel, abus de pouvoir, violence psychologique et physique, négligence

 

J'ai envie d'illustrer en photos ce que ces violences font monter en moi...Une façon de dénoncer je crois...

 

Je me rends bien compte que cette série dérange certains d'entre vous. Mais je pense que faire semblant que ça n'existe pas n'est aidant d'aucune façon

MAGNIFIQUE ! À VOIR ABSOLUMENT !

La cathédrale orthodoxe russe Saint-Nicolas située boulevard Tzarévitch à Nice. Elle est classée monument historique par arrêté du 11 août 1987.

 

En raison de l'importance de la communauté russe installée à Nice au cours de la deuxième partie du XIXe siècle, il fut décidée la construction d'une église russe dans la ville. La tsarine Alexandra Fedorovna lança une souscription dès 1856 et l'église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra, fut inaugurée rue Longchamp, en 1859[1]. Elle est alors la première église russe d'Europe de l'Ouest[2]. Mais rapidement, elle devint trop petite pour la colonie russe qui ne cessait de grandir.

 

Le besoin d'un nouveau lieu de culte se faisait sentir. En 1903, dans le parc Bermond, débuta la construction d'une cathédrale[1]. C'est à cet endroit qu'en 1865, le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch, fils d'Alexandre II, s'était éteint à l'âge de vingt ans des suites d'une méningite, alors qu'il séjournait à la villa Bermond que son père avait louée[3]. Peu de temps après, celui-ci acheta le parc, rasa la villa et fit édifier une chapelle en hommage à son fils, à l'endroit exact où ce dernier était mort[3]. C'est à proximité de cet oratoire que la cathédrale fut bâtie. Elle est inaugurée en 1912[4].

  

Depuis 1923, c'est une association cultuelle qui gère la paroisse orthodoxe Saint-Nicolas de Nice et donc la cathédrale[2]. Cependant, depuis novembre 2006, la Fédération de Russie revendique la propriété de la cathédrale en s'appuyant sur le fait que le terrain sur lequel elle fut construite, appartenait à la famille impériale de Russie avant la Révolution russe de 1917[5]. L'affaire a été portée devant la justice.

 

Le conflit avec l'Etat Russe [modifier]

Cette revendication pose plusieurs problèmes. En effet, cette église fait partie de l'Eglise Orthodoxe de Constantinople, historiquement détachée de celle de Moscou, ce qui explique le refus des paroissiens de se voir rattacher d'office à une Eglise, celle de Moscou, qui n'est pas la leur. Pour comparaison, c'est comme si le Royaume Uni revendiquait, sur des bases immobilières anciennes et historiquement discutables, une église qui ne serait pas de culte anglican. Plus d'infos sur cette hiérarchie peuvent être trouvée sur la page Église orthodoxe.

 

De plus, il y a le problème des tensions entre les descendants des Russes blancs (de souche aristocratique, ayant fui la Révolution d'Octobre), communauté discrète et intégrée, et les nouveaux Russes, souvent fortunés, issus du milieu des affaires - voire de la mafia - et proches de la nomenklatura actuellement au pouvoir en Russie. Les Russes blancs refusent de voir « leur » église, seul vestige du tsarisme et point d'union de leur communauté, confisquée par un État qu’ils disent corrompu, et qui avait depuis la Révolution d'Octobre coupé les liens avec eux. Ils y voient là un simple opportunisme pour des raisons de prestige, et sans aucun fondement religieux. Ils invoquent notamment pour appuyer cette opinion le comportement des nouveaux arrivants, qui serait à la frontière de la légalité, ainsi que leur attitude lors des offices : souvent loin de faire preuve de la discrétion requise dans une église orthodoxe, comme le remarquent les habitués de cette église, ceux qui la fréquentent depuis des années.

 

Des affaires douteuses de ces dernières années sembleraient corroborer cette thèse. On peut penser par exemple à ces accusations de pédophilie envers Mgr Paul, l'archevèque de la cathédrale, il y a quelques années. Pour les paroissiens, il s'agirait d'une tentative de jeter le discrédit sur les représentants de l'Eglise Orthode de Constantinople, afin que l'archevèque soit remplacé par un homme plus proche de la communauté des Nouveaux Russes. Au moment où les autorités françaises ont voulu ouvrir une enquête, l'enfant ayant porté les accusations, issu du milieu des Nouveaux Russes, a disparu, vraisemblablement rapatrié en Russie. Ce rebondissement a empêché la police française de faire la lumières sur ces événements. Si, bien sûr, aucune conclusion ne peut être tirée sans une enquête de police en règle (qui n'a pas pu avoir lieu), il n'empêche que cette coïncidence fait que beaucoup de paroissiens se posent des questions sur la véracité des accusations alors portées.

Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Lettre de Najat Vallaud-Belkacem au Préfet de la Manche qui vient d'être limogé par notre cher Président. Extrait

 

Avant tout, merci merci Najat!! Voilà un très bon résumé de la situation actuelle et de 18 mois en Sarkosie... Pour le pire et le pire!!!

 

« Votre devoir de réserve vous oblige depuis bien longtemps à ne pas commenter.

 

Ne pas commenter les abus de langages et les amalgames assimilant jeunes de banlieue et racailles, immigration et égorgement de mouton, promotion de l'égalité et prévention de la délinquance.

 

Ne pas commenter l'usage de statistiques éthniques à usage policier ou encore le très vichyste fichier Edvige.

 

Ne pas commenter enfin les propos nauséaubonds tenus à Michel Onfray sur les explications génétiques de la pédophilie ou du suicide des jeunes.

 

La France tu l'aimes ou tu la quittes. Voici qu'on vous oblige Monsieur le Préfet à quitter celle de Nicolas Sarkozy.

 

N'en soyez pas désolé, il est préférable parfois, sans mauvais jeu de mots, à ne pas être du côté du manche ! (...)

 

Non, Monsieur le Préfet, ne regrettez décidément rien.

 

Voyez le tour que prend notre Justice. Aux attaques directes et habituelles de Nicolas Sarkozy contre l'institution accusée de ne pas faire son travail ou de trahir son peuple, a succédé un travail de sape, la promotion d'une justice du faits-divers, de l'émotion, une justice rendue au nom des victimes et non plus au nom du peuple français.

 

Bref une Justice qui venge, avec ses peines planchers, avec sa prévention de la récidive par l'arbitraire, avec la suppression du juge d'instruction dont l'indépendance chagrine tant notre Président, avec la remise en cause de l'irresponsabilité pénales des malades mentaux ou de la majorité pénale à 16 ans.

 

Mais aussi avec, pour les amis, la dépénalisation du droit des affaires. (...)

 

Vous Monsieur le Préfet qui avez inscrit vos pas dans ceux de Jean Moulin ou d'Erignac, ne regrettez rien.

 

Profitez en pour vous démarquer de cette conception de la laïcité positive, une laïcité qui prend parti pour ceux qui croient contre ceux qui ne croient pas, qui prend parti pour les curés contre les hussards noirs de la République en prétendant qu'il n'est d'autre espérance que spirituelle (...).

 

Et que dire de notre diplomatie ? Celle d'un vieux pays d'un vieux continent. Voyez comme la diplomatie de la cécité a pris le pas sur la diplomatie des Droits de l'Homme.

 

On visite nos vieux complices comme Omar Bongo au pouvoir depuis 1967. On accueille de nouveaux amis comme Kadhafi.

 

On baisse les yeux devant les puissants russes ou chinois. On s'aligne sur W. Bush au point de rejoindre le commandement militaire intégré de l'OTAN ou de renforcer notre engagement militaire en Afghanistan sans même consulter la représentation nationale.

 

Enfin on plaide pour un partenariat en Afrique et en même temps, on joue à Tintin au Congo en déclarant à Dakar:

 

"l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire, jamais il ne s'est lancé vers l'avenir, décidément il n'y a pas de place pour le progrès."

 

Consternant.

 

(...)

 

Que dire pour finir de cette mise au pas des médias, du limogeage d'Alain Genestar à la nomination du Président de France Télévision.

 

Que dire de ce grand bon en arrière, du retour de Primprenelle et Nicolas Sarkozy tous les soirs à l'ORTF pour nous endormir.

 

Que dire de la remise en cause du Comité National d'Ethique, du droit de grève, du droit d'amendement du Parlement.

 

Et tout cela invariablement au nom du pragmatisme. Mais, Monsieur le Préfet, le pragmatisme érigé en idéologie, c'est rien d'autre que le renoncement à nos valeurs.

 

Soyez tranquille donc. Quelques sifflets à l'adresse d'un nouveau Bonaparte vous aurons coûté votre poste.

 

Goethe préférait une petite injustice à un grand désordre. Nicolas Sarkozy aura préféré une grande injustice à un petit désordre.

 

Mais au fond, je vous le dit, il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits cris. »

Présentation de Michael Howe. Avertissement: c'est la vie, la mort fait son évidence.

Se dit du cancer, Michael Howe est né à Pékin un matin de février de 1951.

Charlotte Pitt fut, dans leur enfance, la meilleure amie de Michael Howe… José Morelos et Michael Howe ne voulaient jamais partir de leur école.

Physique: une peau laiteuse; un front bas aux bosses modelées par une main rusée; des yeux vifs luisant de félicité, le sourire serein; cheveux bouffants rebelles.

Sentiments: aimerait savoir si Theresa Halastik l'a aimé, son héros est Claudio Monteverdi.

Amours: vécut avec Amanda Grayson une grande passion réprimée qui fut à plusieurs points de vue destructrice. Un matin d'été Michael Howe rencontra Juan Rulfo, il le regarda… il le regarda. Et c’est tout…

Goûts: Michael Howe pourrait se damner pour les arbustes, Michael Howe se reconnaît dans “Le jardin d'Eden”, en musique, Michael Howe se fie tout entier à ses oreilles; a un amour délirant pour la peinture et tout particulièrement pour “Les raboteurs de parquet”.

Rêves: à l'automne 1982, ayant souri à un enfant dans un parc de Lyon, Michael Howe a été accusé de pédophilie.

Haines: appréhende les romans d'amour.

Métier: le métier de Michael Howe est patron, mais de quoi ?…

Généralités: ne comprend pas que la réalité extérieure puisse l'atteindre… Michael Howe entretient quelques relations amoureuses avec quelques uns de ses patients - Michael Howe aime nombre d'êtres mais il peut aussi sentir de l'animosité, Michael Howe rentre toujours très tard de ses promenades dans les champs.

Pensée: Michael Howe dit souvent : "la vie ne tient pas compte de nos impulsions".

Un culot sans borne, des pratiques abjectes, des aveux qui n'excusent rien: mais il reste ministre!

 

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Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

- Godfried Van Beuren, directeur van het instelling Sint-Alexiusziekenhuis van de Broeders van Liefde in Grimbergen heeft zich burgerlijke partij gesteld in de zaak rond hun werknemer Mark Vanden Bossche sinds eind januari in de cel voor misbruiking van tientallen jongens

- Godfried Van Beuren, directeur du centre psychiatrique Sint-Alexius des "Broeders van Liefde" de Grimbergen se porte partie civile contre l'infirmier Mark Vanden Bossche soupçonné d'abus sexuels sur des dizaines d'enfants

4/4/2012

pict. by Pieter Jan Vanstockstraeten - :copyright: Photo News

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Le Hors Humain pratique une Odyssée flamboyante à

Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

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Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

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Bruxelles, pour donner une énergie particulière aux enfants disparus. avec le soutien de La Locale dans ses interdits qu'il affectionne particulièrement. La preuve en image.

Michael Jackson: behind the MK Ultra

www.youtube.com/watch?v=b57bQJoKiLM

 

Pour ceux qui sont familiers des multiples sujets qui taraudent les esprits torturés des « enquêteurs » conspirationnistes, le Projet "MK Monarch" (MK pour Mind Kontrol, parait-il) est sans doute une sorte de pierre philosophale, de holly graal capable de changer le plomb en or et d'ouvrir les portes des plus sombres mystères de cette foutue planète. En effet, tout homme ou femme qui trouverait les preuves indiscutables de l'existence officielle de ce projet, de ces tenants et aboutissants serait certainement l'individu le mieux informé et le plus puissant de cette bonne vieille terre et peut-être aussi la cible plus convoitée de tous les assassins sous influence.

 

L'histoire est un mensonge que personne ne conteste.

Napoléon Bonaparte

 

Délire paranoïaque ?

 

Pour les novices matière de « conspirationnisme » qui constituent peut-être 99,99% des lecteurs, Monarch est ce que l'on appelle une horrible étrangeté qui n'est pas supposée exister, une série d'occultes expériences de manipulation du comportement menées par une ou plusieurs des nombreuses agences de renseignements, laboratoires militaires ou section Delta qui forment la nébuleuse sécuritaire américaine. Pour parler en termes encore plus précis, Monarch désignerait l'ensemble des techniques de conditionnements psychologiques - de l'usage de drogue en passant par la torture, les électrochocs, le viol ou les armes psychotroniques - destinés à créer de toutes pièces à partir d'un individu lambda, de préférence un enfant, un futur petit soldat qui répondra à tous les ordres, même les plus pervers. Les gens qui auraient « inventé » Monarch auraient réussi à contourner l'obstacle de la volonté, de la conscience d'un individu pour envahir puis prendre possession de ce qu'une âme a de plus intime : son inconscient !

 

Délire paranoïaque et conspirationniste que ces élucubrations me direz-vous ! Peut-être pas. Certainement pas à en croire des gens comme le journaliste John Rappoport ou encore John De Camp, ancien sénateur du Nebraska, avocat spécialisé dans les affaires de pédophilies et de culte satanique. Un personnage certes controversé mais assez crédible et qui a rassemblé plus que tous les autres auteurs (comme les improbables Mark Philips, David Icke etc..) un faisceau de présomptions qui les ont amenés à penser que MK Monarch est fondé sur une réalité tangible.

 

www.karmapolis.be/pipeline/monarch.htm

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