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La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
www.calameo.com/read/00157437803534b7ef1c5
Exposition Photo "Vive la Banlieue" Regards photographiques sur la ville de Bagneux
« Vive la banlieue », exposition collective de photos de
Serge Barès, Olivier Dumay, Frédéric Taddeï-Ange, Jean-Marc Moser
et de sérigraphies de vues nocturnes de Bagneux de FIL.H.
Du 19 octobre 2012 au 21 décembre 2012
From October 19, 2012 to December 21, 2012
Regards photographiques sur la ville de Bagneux
Serges Barès, Olivier Dumay, Amadou Gaye, Jean-Marc Moser, Nath Oxygène, Robert Rousseau, Frédéric Taddeï Ange, Magüi Trujillo, Nicolas Wilmouth
Du 19 octobre 2012 au 10 mai 2013
From October 19, 2012 to May 10, 2013
MAISON DES ARTS DE BAGNEUX (Bagneux)
15, avenue Albert Petit - 92220 Bagneux
Tél / Phone : 01 46 56 64 36 - Fax : 01 46 56 20 93
mardi14h-20h, mercredi-vendredi 14h-17h
tuesday 2pm-8pm, wednesday-friday 2pm-5pm
E-mail : maison-arts@mairie-bagneux.fr
Web : www.bagneux92.fr
Source:http://www.associationdesgaleries.org/fiche_galerie.aspx?codeid =107
Maison Cazal.
Pignon Ouest et élévation Sud (façade avant).
Construction: vers 1750 / restauration exemplaire, monument historique classé.
Un des beaux exemples d'habitations rurales d'inspiration normande (plus courant dans la région de Québec qu'à Montréal). La pente du toit, le positionnement des cheminées, l'ordonnance de la façade en sont les principales caractéristiques. Le four à pain a été conservé lors de la restauration.
Source: Montréal, son histoire, son architecture / Guy Pinard.
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La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
Les sujets du 31 octobre 2018 sur les ondes du 1040 AM et du 1410 AM
ericlanthier.net/les-sujets-du-31-octobre-2018-sur-les-on...
Photo: c.pxhere.com/photos/12/f7/black_and_white_girl_model_phot...
#billetderetour, #cjms, #1040am, #cpam, #1410am, #prostitution, #ffq, #peinedemort, #persecution, #ecolecommunautarienne, #decentrer, #ericlanthierpointnet
Album mosaïque: www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018/
Slide show (F11 = full screen): www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018...
CRAZY HOUSE: ONE OF THE WORLD’S TEN MOST "BIZARRE BUILDINGS".
CRAZY HOUSE SOUS LA PLUIE (Reportage intégrale): Sous une Pluie diluvienne, nous nous retrouvons dans un endroit extraordinaire: Crazy House! Peut être connaissez-vous la bande dessinée Philémon du dessinateur Fred? Il a imaginé une Maison végétale qui pousse, s'agrandit d'avantage en taille, en luxe et en beauté tous les jours. Voila l'idée de la Maison du Crépuscule. Des escaliers en forme de liane, un intérieur en forme de bulbe, Tout s'enroule et se déroule en Volutes incertaines, qui conduisent ici et là et un peu partout. Tout se termine dans un jardin où tout se mélange: constructions, architectures, plantes et fleurs dans de grandes toiles d'araignée en fil de fer. Cette construction en devenir (Elle est toujours en chantier) extraordinaire est l'œuvre d'une dame vietnamienne hyper excentrique. Et pourtant, où mène le destin? c'est la fille du second président de la République Communiste Vietnamienne. Elle était là, présente dans une petite pièce a l'entrée de la maison. Et je me suis permit de frapper pour la remercier. J'ai pu ainsi lui dire que j'avais trouvé sa réalisation very beautiful.
Vous pouvez loger dans cet extraordinaire maison: Pensez-y. Une expérience tout à fait unique. Renseignez-vous sur place.
Notre CARNET DE VOYAGE VIETNAM TRAVEL LOGBOOK, JOURNEY DIARY:
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Le beffroi de l'Hôtel de ville de Lille, inauguré en 1932, est le plus haut beffroi civil d'Europe1. Le projet de sa construction résulte de la destruction de l'ancien Hôtel de ville lors de la Première Guerre mondiale.
Il est accolé à l'Hôtel de ville et forme un ensemble architectural à la fois massif pour l'Hôtel de ville, et fin et élancé pour son beffroi; l'ensemble a été conçu par l'architecte Émile Dubuisson. Pour des raisons de disponibilités foncières et de choix politique, le bâtiment a été construit dans l'ancien quartier Saint-Sauveur, légèrement décentré par rapport au centre-ville de l'époque. Le beffroi est en brique rouge et béton « façon pierre sculptée » mélangeant ainsi Art déco et architecture néo-flamande; la brique rouge répondant au vert des platanes qui entourent le bâtiment. Il culmine à plus de 100m de hauteur, affirmant ainsi pour l'époque la puissance politique et commerciale de la capitale régionale.
[Wikipédia]
DSC_1782.jpg
Eglise romane Saint-Pierre-de-la-Tour ; commune d'Aulnay, Charente-Maritime 17, Poitou-Charentes, France
Plan et structure intérieure
Nef de cinq travées carrées, flanquée de collatéraux, transept fortement saillant sur chaque croisillon duquel s'ouvre, à l'Est, une absidiole en hémicycle que précède une courte partie droite et chœur d'une travée, profonde et close par une abside semi-circulaire un peu plus étroite. La nef, couverte d'un berceau brisé sur doubleaux simples, dont un fort cordon horizontal souligne les naissances, ne reçoit selon la tradition poitevine son éclairage que des collatéraux voûtés de même, qui ne lui assurent qu'une contre-butée imparfaite, et marquée par un assez fort dévers. Les supports sont des piles de section quadrilobée, relativement basses, qui reçoivent les grandes arcades doublées et larges ; les arcs-doubleaux de la nef et des bas-côtés retombent, eux, sur des demi-colonnes jumelles qui, sous un unique tailloir, prennent à leur tour appui sur les têtes des chapiteaux couronnant uniformément les piles quadrifoliées, à la hauteur des sommiers des arcades; ce sont des demi-colonnes de même type, mais montant de fond, qui supportent dans les murs goutterots les arcs-doubleaux des bas-côtés. Fenêtres en plein cintre percées dans chaque travée collatérale, au Nord comme au Sud.
Une coupole hémisphérique, nervée de huit branches toriques divergeant d'un oculus sommital, coiffe la croisée du transept; un bandeau ouvragé de deux rangs de demi-disques opposés en ceint la base, rappelant le motif identique qui, dans la nef, décore les bases des piles. Par l'intermédiaire de quatre pendentifs courbes, arrêtés à leurs pointes inférieures sur les petites figures sculptées des quatre symboles évangéliques, elle repose sur quatre arcades en tiers-point, doublées, que supportent des piles complexes, constituées de quatre demi-colonnes principales entre lesquelles sont insérées des colonnettes plus petites : chaque membre reçoit ainsi, logiquement, le rouleau correspondant des arcs, doubleaux et grandes arcades, et l'ensemble engendre un rétrécissement de la perspective de la nef, auquel répondent, dans les bas-côtés, les arcades de communication avec les croisillons; celles-ci sont basses, de sorte qu'un haut mur nu de raccord s'interpose entre elles et la section des voûtes collatérales. Cet artifice, combiné à la hauteur de la coupole, accuse l'autonomie du vaisseau transversal, voûté, sur ses croisillons de berceaux en tiers-point soulignés de bandeaux, et dont le mur de fond méridional, à la différence de celui du Nord, est ajouré d'un oculus circulaire, recoupé d'un remplage cruciforme.
Les absidioles, dont de courts berceaux en tiers-point couvrent les parties droites, sont quant à elles voûtées de culs-de-four un peu plus étroits, des colonnettes d'angle s'insérant dans les redents de leur arc d'entrée; les tailloirs de celles-ci, ornés de damiers, soulignent tout le pourtour inférieur des voûtes et se profilent, latéralement, jusqu'à la butée des piles de la croisée. Le chœur et l'abside principale ont été volontairement construits selon un parti de dépouillement total, d'une nudité sévère. Un berceau brisé couvre le chœur, et l'abside moins large est voûtée d'un cul-de-four de même profil. Unique agrément de la structure, deux colonnes retraitées se logent, de chaque côté, dans les redents de l'arc triomphal à double ressaut. Un léger bandeau court à la base des voûtes, mais les hautes fenêtres en plein cintre, aux appuis très pentus sur lesquels ruisselle la lumière du matin, sont d'une simplicité linéaire absolue.
Chapiteaux
Dans la nef et les bas-côtés, de belles corbeilles de feuillages plantureux, et des répertoires d'oiseaux affrontés, d'animaux fabuleux, de chimères, de disputes, de masques caricaturaux communs à la sculpture ornementale du Poitou et de la Saintonge; quelques-unes seulement, signe peut-être d'une construction hâtive, ne sont qu'épannelées, ou à peine dégrossies, avec, ici ou là, telle figure taillée à coups de serpe, et qui semble inachevée. Mais, sur un chapiteau du bas-côté méridional proche du transept apparaît, voisinant avec des aigles qui, les cols croisés en x, picorent des feuilles frisées, le motif insolite d'éléphants affrontés, au rendu magnifique. Les plus beaux morceaux sont au transept ou à ses approches : en face des éléphants, soit sur la pile Sud-Ouest, le sacrifice d'Abel agenouillé, que Caïn s'apprête à tuer d'un coup de masse; à la croisée, sur la pile Sud-Est, la scène bizarre et morbide d'une file d'hommes à genoux sur l'astragale, et engoulés par des fauves affreux, tigres ou lions; au Nord-Ouest, la Tentation d'Adam et d'Eve, un centaure au lion (Samson ?), et, lui faisant suite sur l'une des grosses colonnes de la même pile (à la retombée occidentale de l'arcade Nord), l'anecdote édifiante pour l'orgueil masculin de Dalila coupant la chevelure de Samson endormi, dont par surcroît de précaution, une suivante au beau visage s'affaire à lier les mains d'une grosse tresse. A la base du tailloir court l'inscription prétendument explicative : samsonem vincit coma, v(i)nc(tu)s crine moratur, dont l'amphigouri peut se traduire ainsi : « La chevelure vainc (la force de) Samson; il gît lié par les crins ».
Extérieur. Chevet et clocher
Le chevet, à commencer par lui, n'est, dans la simplicité de son plan, que rondeurs grasses et fermes. Les absidioles, dont le pourtour, creusé d'une baie étroite sans décor ni ébrasement, est soutenu par de minces contreforts-colonnes venant porter sur leur tête le gracieux feston des corniches à modillons sculptés, s'effacent devant l'ampleur, la dimension, le traitement somptueux de l'abside principale. Celle-ci jaillit littéralement du faisceau de colonnes retraitées qui, à la façon des tuyaux de montre d'un grand orgue, coffrent chaque extrémité. Deux autres massifs - un gros fût entre deux plus petits - épaulent l'hémicycle; les colonnettes latérales en reçoivent la triple arcade de décharge moulurée qui enveloppe les fenêtres, et dont le motif, inlassablement répété, se développera ensuite sur la totalité du périmètre de l'église. Sous l'appui des baies court un bandeau richement sculpté; les voussures d'encadrement, ornées de pointes de diamant, reposent sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sculptés de tout un bestiaire mythologique contre lequel des chasseurs s'acharnent. Les montants de la fenêtre axiale sont en outre décorés, en relief léger et fluide, de rinceaux de lianes dans lesquelles des hommes passent. La hauteur du clocher carré de croisée, accosté au Sud-Est d'une tourelle d'escalier octogonale, adjointe après coup, double cette élévation de ses trois étages composites : soubassement creusé, sur chaque face, de trois arcatures aveugles en cintre légèrement brisé; haut étage moyen, aux fenêtres longues et étroites insérées entre des colonnes; couronnement gothique, un peu étriqué. La perspective latérale, que sa masse rompt à peine, est une merveille d'agencement rationnel. Entre le fronton de façade et le pignon secondaire interposé entre la travée de chœur et l'abside, la ligne faîtière du toit de la nef, puis de cette travée, glisse d'une extrémité à l'autre à la même hauteur, et l'écrasement de pente de la toiture de la nef porte pareillement au même niveau, d'un bout à l'autre, et abside y comprise, la ligne guillochée des corniches, sous-tendue par le rythme insistant des arcs de décharge que séparent des contreforts-colonnes, et à l'intérieur desquels les fenêtres sont curieusement décentrées de l'Est à l'Ouest.
Frontispice méridional
Tandis que le pignon septentrional du transept, ajouré seulement d'une fenêtre en plein cintre, demeure d'une totale nudité, son symétrique du Midi, sous lequel défile la grande route, est conçu comme un front de façade véritable, accrochant et retenant la lumière dans les creux de ses voussures ciselées, modèles de composition organique et diversifiée. Il s'inscrit à l'intérieur d'un vaste arc de décharge en cintre brisé, très légèrement écrasé, reçu à l'une et l'autre extrémité sur des contreforts-colonnes en faisceaux. A mi-hauteur, une corniche horizontale, soutenue par des modillons abondamment sculptés de masques, de sujets humains, d'animaux, délimite deux niveaux bien tranchés. L'étage supérieur est creusé d'une arcature médiane à triple voussure en cintre brisé, encadrant l'oculus, et flanquée de deux arcs plus petits, laissés, eux, en plein cintre. Les chapiteaux sont sculptés en reliefs profonds, forés de trous d'ombre comme les tailloirs et la voussure interne de l'arcade principale; celle-ci s'orne sur sa tranche antérieure d'une guirlande florale très proche de l'art islamique, cependant que, sur la voussure médiane, se superposent dans le sens de la courbe quatre vertus guerrières de style figé, abritées par de grands boucliers oblongs qui leur masquent le corps.
Au rez-de-chaussée, le portail en plein cintre, un des sommets de la sculpture ornementale du Haut-Poitou, déploie à l'aise sa quadruple voussure portée, de chaque côté, sur trois colonnes : l'une lisse, la deuxième striée de zigzags, la troisième, a l'extérieur, torsadée. Un unique bandeau, sculpté, à gauche, de quadrupèdes qui se poursuivent en une course folle, à droite de rinceaux à bonshommes passant, sert à la fois de corbeau à la voussure interne, de tailloir aux chapiteaux, de cordon horizontal profilé sur la largeur du pignon. L'ornement des voussures dissimule sous sa verve « fantastique » une composition iconographique d'une extraordinaire maîtrise et sûreté. Sous un larmier sculpté, par exception, d'animaux disposés le long de la circonférence, tous les sujets s'y pressent en rangs serrés selon les axes rayonnants, à raison d'un par claveau, et ce sont bien les rayons d'une roue mobile que leur concentration suggère, illusion renforcée encore par l'artifice des arêtes laissées volontairement vives, sans aucune recherche d'amortissement.
Un invraisemblable bestiaire, associant les animaux fabuleux aux réels et marqué, parfois, d'une impertinente ironie (tel ce mouton drapé dans une chasuble ecclésiastique, et qui lit, mains jointes, le rouleau qu'un autre lui présente !), occupe la voussure externe. A la médiane, les Vieillards de l'Apocalypse tenant coupes - ou plutôt des sortes de carafes - et cithares sont mêlés à d'autres pareillement couronnés, mais auxquels semble manquer l'attribut musical : en tout, non moins de 31 personnages, auxquels font suite, sur la troisième voussure, 24 saints auréolés, certains tenant les mêmes aiguières, d'autres croisant les jambes en x à la façon languedocienne. Des bonshommes pittoresques, main levée, se cachent dans la tranche horizontale, mal visible, de chacun des arcs. La voussure interne, enfin, est ornée de rinceaux plats, avec animaux fabuleux passant, qui sont presque certainement de la même main que les montants de la baie d'axe de l'abside.
Frontispice de la façade
Le frontispice occidental n'est pas de moindre venue, mais de ton et de facture tout différents, et d'une autre gravité encore. A travers les cyprès du cimetière, brandis devant lui comme des hallebardes, il laisse voir qu'entre les deux lanternons cylindriques d'angle, tout le pignon a dû être refait, et fort appauvri à l'époque gothique, la façade épaulée par de disgracieux contreforts, qui écrasent de leur masse le portail et les arcades sculptés. Le programme iconographique y a même convié, par une exception très significative, l'espace des tympans latéraux sous arcature, que le Poitou laisse le plus généralement nus. Ils ont reçu, à droite le Christ en gloire entouré de deux saints, à gauche la crucifixion de l'apôtre Pierre, patron de l'église. Les décors des trois voussures d'encadrement, qui enserrent d'un épais corset les deux scènes figurées comme pour les isoler de toute souillure, sont presque uniquement ornementaux; profus, ils laissent intacte, sous la virtuosité de leur taille en réserve, la découpe orthogonale de chaque claveau et son arête vive. Et, dans une alternance mystérieuse, ils abandonnent à la voussure du portail principal, vide de tympan, la fonction de parachever leur catéchèse. La figure clé de l'Agneau trône, non pas au faîte de la composition, mais à la clé de la voussure la plus profonde, juste au-dessus de la zone d'ombre de la porte. Cependant, on constate que la Sainte Vierge manque à la série d'Aulnay, et cette absence constitue sans doute l'indice d'une chronologie un peu plus reculée, que confirme la stylistique toute romane encore en ses groupements, ses équilibres de masses, sa fougue ardente, ses graphismes d'enluminure : pour tout dire, sa force.
Le larmier n'est qu'un rang de feuillages. Travaux des mois et signes du Zodiaque, petits sujets disposés transversalement à la circonférence, se partagent la voussure externe. Vers l'Époux montent à la deuxième, dans une irresistible ascension, les cinq vierges sages et leurs pauvres soeurs imprévoyantes, qui, elles, vont trouver porte close. A la troisième, six Vertus armées foulent aux pieds les vices antithétiques dont elles ont triomphé; des inscriptions alternées les accompagnent, plus explicites en leur opposition que tout commentaire : humilitas (Humilité), superbia (Orgueil), castitas (Chasteté), luxuria (Luxure), paciencia (Patience), ira (Colère), largitas (Générosité), avaricia (Avarice), fides (Foi), idolatria (Idolâtrie), Concordia (Concorde), discordia (Discorde).
(extrait de : "Haut-Poitou roman" ; Raymond Oursel ; Coll. Nuit des Temps, Ed. du Zodiaque, pp. 305-351)
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La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
Je ne savais pas quoi vous poster!!!
alors j'ai ressorti une carotte sauvage sans aucune retouche avec ses envahisseurs!!!
me souviens déjà plus leur nom !!!
la fleur est décentré et finalement j'aime bien !!!!
une tite chanson
www.youtube.com/watch?v=WgldGHu0WXA
c'est pour vous !!!! bon week end à tous!!
Crois-tu que la ministre Vallée a raison de protéger la liberté de religion? C'est la question que je pose sur Décentrer le discours: ericlanthier.net/la-question-de-la-semaine-du-23-septembre/
Source photo: beta.plq.org/app/uploads/2016/11/vallee_stephanie.jpg
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La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
Voici une version décentrée du Palais de l'Ile, j adore ces ambiances où il n y a presque personne.
Ça me rappelle les ruelles de Prague en hiver où j avais l impression que le temps s était arreté quand je marchais sur les pavés au milieux des clochers et que je n entendais que la sourde résonance de mes pas, c était magique!
LA REDÉFINITION DES VALEURS UNIVERSELLES en format audio: L'Occident s'est distancé des valeurs judéo-chrétiennes et veut universaliser ces nouvelles valeurs pour qu'elles soient admises par l'ensemble de l'humanité.
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Les sujets du 17 septembre 2018 sur les ondes du 96.9 FM
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Sur les ondes du 96.9 FM, j'ai parlé des sujets suivants:
- LA SUISSE INTERDIT LA BURQA DANS UN 2e CANTON
- DES ÉCOLES MONTRÉALAISES MANQUENT DE SAVON
- LE CHOIX DE L'ÉCOLE À LA MAISON
À réécouter sur: ericlanthier.net/ma-chronique-du-24-septembre-2018-sur-le...
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Eglise romane Saint-Pierre-de-la-Tour ; commune d'Aulnay, Charente-Maritime 17, Poitou-Charentes, France
Plan et structure intérieure
Nef de cinq travées carrées, flanquée de collatéraux, transept fortement saillant sur chaque croisillon duquel s'ouvre, à l'Est, une absidiole en hémicycle que précède une courte partie droite et chœur d'une travée, profonde et close par une abside semi-circulaire un peu plus étroite. La nef, couverte d'un berceau brisé sur doubleaux simples, dont un fort cordon horizontal souligne les naissances, ne reçoit selon la tradition poitevine son éclairage que des collatéraux voûtés de même, qui ne lui assurent qu'une contre-butée imparfaite, et marquée par un assez fort dévers. Les supports sont des piles de section quadrilobée, relativement basses, qui reçoivent les grandes arcades doublées et larges ; les arcs-doubleaux de la nef et des bas-côtés retombent, eux, sur des demi-colonnes jumelles qui, sous un unique tailloir, prennent à leur tour appui sur les têtes des chapiteaux couronnant uniformément les piles quadrifoliées, à la hauteur des sommiers des arcades; ce sont des demi-colonnes de même type, mais montant de fond, qui supportent dans les murs goutterots les arcs-doubleaux des bas-côtés. Fenêtres en plein cintre percées dans chaque travée collatérale, au Nord comme au Sud.
Une coupole hémisphérique, nervée de huit branches toriques divergeant d'un oculus sommital, coiffe la croisée du transept; un bandeau ouvragé de deux rangs de demi-disques opposés en ceint la base, rappelant le motif identique qui, dans la nef, décore les bases des piles. Par l'intermédiaire de quatre pendentifs courbes, arrêtés à leurs pointes inférieures sur les petites figures sculptées des quatre symboles évangéliques, elle repose sur quatre arcades en tiers-point, doublées, que supportent des piles complexes, constituées de quatre demi-colonnes principales entre lesquelles sont insérées des colonnettes plus petites : chaque membre reçoit ainsi, logiquement, le rouleau correspondant des arcs, doubleaux et grandes arcades, et l'ensemble engendre un rétrécissement de la perspective de la nef, auquel répondent, dans les bas-côtés, les arcades de communication avec les croisillons; celles-ci sont basses, de sorte qu'un haut mur nu de raccord s'interpose entre elles et la section des voûtes collatérales. Cet artifice, combiné à la hauteur de la coupole, accuse l'autonomie du vaisseau transversal, voûté, sur ses croisillons de berceaux en tiers-point soulignés de bandeaux, et dont le mur de fond méridional, à la différence de celui du Nord, est ajouré d'un oculus circulaire, recoupé d'un remplage cruciforme.
Les absidioles, dont de courts berceaux en tiers-point couvrent les parties droites, sont quant à elles voûtées de culs-de-four un peu plus étroits, des colonnettes d'angle s'insérant dans les redents de leur arc d'entrée; les tailloirs de celles-ci, ornés de damiers, soulignent tout le pourtour inférieur des voûtes et se profilent, latéralement, jusqu'à la butée des piles de la croisée. Le chœur et l'abside principale ont été volontairement construits selon un parti de dépouillement total, d'une nudité sévère. Un berceau brisé couvre le chœur, et l'abside moins large est voûtée d'un cul-de-four de même profil. Unique agrément de la structure, deux colonnes retraitées se logent, de chaque côté, dans les redents de l'arc triomphal à double ressaut. Un léger bandeau court à la base des voûtes, mais les hautes fenêtres en plein cintre, aux appuis très pentus sur lesquels ruisselle la lumière du matin, sont d'une simplicité linéaire absolue.
Chapiteaux
Dans la nef et les bas-côtés, de belles corbeilles de feuillages plantureux, et des répertoires d'oiseaux affrontés, d'animaux fabuleux, de chimères, de disputes, de masques caricaturaux communs à la sculpture ornementale du Poitou et de la Saintonge; quelques-unes seulement, signe peut-être d'une construction hâtive, ne sont qu'épannelées, ou à peine dégrossies, avec, ici ou là, telle figure taillée à coups de serpe, et qui semble inachevée. Mais, sur un chapiteau du bas-côté méridional proche du transept apparaît, voisinant avec des aigles qui, les cols croisés en x, picorent des feuilles frisées, le motif insolite d'éléphants affrontés, au rendu magnifique. Les plus beaux morceaux sont au transept ou à ses approches : en face des éléphants, soit sur la pile Sud-Ouest, le sacrifice d'Abel agenouillé, que Caïn s'apprête à tuer d'un coup de masse; à la croisée, sur la pile Sud-Est, la scène bizarre et morbide d'une file d'hommes à genoux sur l'astragale, et engoulés par des fauves affreux, tigres ou lions; au Nord-Ouest, la Tentation d'Adam et d'Eve, un centaure au lion (Samson ?), et, lui faisant suite sur l'une des grosses colonnes de la même pile (à la retombée occidentale de l'arcade Nord), l'anecdote édifiante pour l'orgueil masculin de Dalila coupant la chevelure de Samson endormi, dont par surcroît de précaution, une suivante au beau visage s'affaire à lier les mains d'une grosse tresse. A la base du tailloir court l'inscription prétendument explicative : samsonem vincit coma, v(i)nc(tu)s crine moratur, dont l'amphigouri peut se traduire ainsi : « La chevelure vainc (la force de) Samson; il gît lié par les crins ».
Extérieur. Chevet et clocher
Le chevet, à commencer par lui, n'est, dans la simplicité de son plan, que rondeurs grasses et fermes. Les absidioles, dont le pourtour, creusé d'une baie étroite sans décor ni ébrasement, est soutenu par de minces contreforts-colonnes venant porter sur leur tête le gracieux feston des corniches à modillons sculptés, s'effacent devant l'ampleur, la dimension, le traitement somptueux de l'abside principale. Celle-ci jaillit littéralement du faisceau de colonnes retraitées qui, à la façon des tuyaux de montre d'un grand orgue, coffrent chaque extrémité. Deux autres massifs - un gros fût entre deux plus petits - épaulent l'hémicycle; les colonnettes latérales en reçoivent la triple arcade de décharge moulurée qui enveloppe les fenêtres, et dont le motif, inlassablement répété, se développera ensuite sur la totalité du périmètre de l'église. Sous l'appui des baies court un bandeau richement sculpté; les voussures d'encadrement, ornées de pointes de diamant, reposent sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sculptés de tout un bestiaire mythologique contre lequel des chasseurs s'acharnent. Les montants de la fenêtre axiale sont en outre décorés, en relief léger et fluide, de rinceaux de lianes dans lesquelles des hommes passent. La hauteur du clocher carré de croisée, accosté au Sud-Est d'une tourelle d'escalier octogonale, adjointe après coup, double cette élévation de ses trois étages composites : soubassement creusé, sur chaque face, de trois arcatures aveugles en cintre légèrement brisé; haut étage moyen, aux fenêtres longues et étroites insérées entre des colonnes; couronnement gothique, un peu étriqué. La perspective latérale, que sa masse rompt à peine, est une merveille d'agencement rationnel. Entre le fronton de façade et le pignon secondaire interposé entre la travée de chœur et l'abside, la ligne faîtière du toit de la nef, puis de cette travée, glisse d'une extrémité à l'autre à la même hauteur, et l'écrasement de pente de la toiture de la nef porte pareillement au même niveau, d'un bout à l'autre, et abside y comprise, la ligne guillochée des corniches, sous-tendue par le rythme insistant des arcs de décharge que séparent des contreforts-colonnes, et à l'intérieur desquels les fenêtres sont curieusement décentrées de l'Est à l'Ouest.
Frontispice méridional
Tandis que le pignon septentrional du transept, ajouré seulement d'une fenêtre en plein cintre, demeure d'une totale nudité, son symétrique du Midi, sous lequel défile la grande route, est conçu comme un front de façade véritable, accrochant et retenant la lumière dans les creux de ses voussures ciselées, modèles de composition organique et diversifiée. Il s'inscrit à l'intérieur d'un vaste arc de décharge en cintre brisé, très légèrement écrasé, reçu à l'une et l'autre extrémité sur des contreforts-colonnes en faisceaux. A mi-hauteur, une corniche horizontale, soutenue par des modillons abondamment sculptés de masques, de sujets humains, d'animaux, délimite deux niveaux bien tranchés. L'étage supérieur est creusé d'une arcature médiane à triple voussure en cintre brisé, encadrant l'oculus, et flanquée de deux arcs plus petits, laissés, eux, en plein cintre. Les chapiteaux sont sculptés en reliefs profonds, forés de trous d'ombre comme les tailloirs et la voussure interne de l'arcade principale; celle-ci s'orne sur sa tranche antérieure d'une guirlande florale très proche de l'art islamique, cependant que, sur la voussure médiane, se superposent dans le sens de la courbe quatre vertus guerrières de style figé, abritées par de grands boucliers oblongs qui leur masquent le corps.
Au rez-de-chaussée, le portail en plein cintre, un des sommets de la sculpture ornementale du Haut-Poitou, déploie à l'aise sa quadruple voussure portée, de chaque côté, sur trois colonnes : l'une lisse, la deuxième striée de zigzags, la troisième, a l'extérieur, torsadée. Un unique bandeau, sculpté, à gauche, de quadrupèdes qui se poursuivent en une course folle, à droite de rinceaux à bonshommes passant, sert à la fois de corbeau à la voussure interne, de tailloir aux chapiteaux, de cordon horizontal profilé sur la largeur du pignon. L'ornement des voussures dissimule sous sa verve « fantastique » une composition iconographique d'une extraordinaire maîtrise et sûreté. Sous un larmier sculpté, par exception, d'animaux disposés le long de la circonférence, tous les sujets s'y pressent en rangs serrés selon les axes rayonnants, à raison d'un par claveau, et ce sont bien les rayons d'une roue mobile que leur concentration suggère, illusion renforcée encore par l'artifice des arêtes laissées volontairement vives, sans aucune recherche d'amortissement.
Un invraisemblable bestiaire, associant les animaux fabuleux aux réels et marqué, parfois, d'une impertinente ironie (tel ce mouton drapé dans une chasuble ecclésiastique, et qui lit, mains jointes, le rouleau qu'un autre lui présente !), occupe la voussure externe. A la médiane, les Vieillards de l'Apocalypse tenant coupes - ou plutôt des sortes de carafes - et cithares sont mêlés à d'autres pareillement couronnés, mais auxquels semble manquer l'attribut musical : en tout, non moins de 31 personnages, auxquels font suite, sur la troisième voussure, 24 saints auréolés, certains tenant les mêmes aiguières, d'autres croisant les jambes en x à la façon languedocienne. Des bonshommes pittoresques, main levée, se cachent dans la tranche horizontale, mal visible, de chacun des arcs. La voussure interne, enfin, est ornée de rinceaux plats, avec animaux fabuleux passant, qui sont presque certainement de la même main que les montants de la baie d'axe de l'abside.
Frontispice de la façade
Le frontispice occidental n'est pas de moindre venue, mais de ton et de facture tout différents, et d'une autre gravité encore. A travers les cyprès du cimetière, brandis devant lui comme des hallebardes, il laisse voir qu'entre les deux lanternons cylindriques d'angle, tout le pignon a dû être refait, et fort appauvri à l'époque gothique, la façade épaulée par de disgracieux contreforts, qui écrasent de leur masse le portail et les arcades sculptés. Le programme iconographique y a même convié, par une exception très significative, l'espace des tympans latéraux sous arcature, que le Poitou laisse le plus généralement nus. Ils ont reçu, à droite le Christ en gloire entouré de deux saints, à gauche la crucifixion de l'apôtre Pierre, patron de l'église. Les décors des trois voussures d'encadrement, qui enserrent d'un épais corset les deux scènes figurées comme pour les isoler de toute souillure, sont presque uniquement ornementaux; profus, ils laissent intacte, sous la virtuosité de leur taille en réserve, la découpe orthogonale de chaque claveau et son arête vive. Et, dans une alternance mystérieuse, ils abandonnent à la voussure du portail principal, vide de tympan, la fonction de parachever leur catéchèse. La figure clé de l'Agneau trône, non pas au faîte de la composition, mais à la clé de la voussure la plus profonde, juste au-dessus de la zone d'ombre de la porte. Cependant, on constate que la Sainte Vierge manque à la série d'Aulnay, et cette absence constitue sans doute l'indice d'une chronologie un peu plus reculée, que confirme la stylistique toute romane encore en ses groupements, ses équilibres de masses, sa fougue ardente, ses graphismes d'enluminure : pour tout dire, sa force.
Le larmier n'est qu'un rang de feuillages. Travaux des mois et signes du Zodiaque, petits sujets disposés transversalement à la circonférence, se partagent la voussure externe. Vers l'Époux montent à la deuxième, dans une irresistible ascension, les cinq vierges sages et leurs pauvres soeurs imprévoyantes, qui, elles, vont trouver porte close. A la troisième, six Vertus armées foulent aux pieds les vices antithétiques dont elles ont triomphé; des inscriptions alternées les accompagnent, plus explicites en leur opposition que tout commentaire : humilitas (Humilité), superbia (Orgueil), castitas (Chasteté), luxuria (Luxure), paciencia (Patience), ira (Colère), largitas (Générosité), avaricia (Avarice), fides (Foi), idolatria (Idolâtrie), Concordia (Concorde), discordia (Discorde).
(extrait de : "Haut-Poitou roman" ; Raymond Oursel ; Coll. Nuit des Temps, Ed. du Zodiaque, pp. 305-351)
New Objectivity Images.
La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
Eglise romane Santa-Giusta ; commune de Santa-Giusta, province d'Oristano, Sardaigne, Italie
Du haut de l'escalier qui conduit à la butte sur laquelle s'élève l'église, la façade domine l'espace planté d'arbres. Avec un léger redan, partent de la plinthe de larges pilastres d'angle en saillie par rapport aux surfaces lisses, qui s'étendent jusqu'aux lésènes flanquant le portail. Le retrait sensible de ces surfaces est marqué dans le bas par le talus de la plinthe, interrompu par des socles cubiques à la base des colonnes de remploi délimitant la zone médiane de la façade, correspondant plus ou moins à la largeur de la nef, que révèle l'élévation du pignon par rapport aux murs terminaux des nefs latérales.
De ces colonnes, toutes deux de remploi, l'une, celle de droite, est tronquée; l'autre, pourvue d'un astragale, se trouve cependant privée de chapiteau. Du fait qu'elles atteignent en hauteur le niveau des corbeaux adossés aux pilastres d'angle à l'endroit de leur corniche moulurée, on a supposé ... que le système impostes-colonnes avait servi d'appui à une structure en bois, peut-être un petit porche précédant la façade. Si l'hypothèse est juste, il faudrait toutefois songer à un auvent sans support car le bel emmarchement circulaire qui mène à l'entrée, bien que non d'origine, reflète certainement une disposition ancienne. On note en effet un jeu raffiné de ressauts, destiné à établir des correspondances, qui ne peuvent être fortuites, entre les marches concentriques et les redans successifs de la plinthe jusqu'aux socles cubiques des colonnes. En outre, ce type d'escalier d'accès, évidemment imaginé à Santa Giusta pour compenser la différence de niveau entraîné par la haute plinthe, se rencontre non seulement au flanc Nord de cette même église, mais aussi à l'entrée méridionale de Saint-Léonard de Masullas, issu de Santa Giusta, avec dans les deux cas un caractère indiscutablement roman. Du plus haut des demi-cercles concentriques s'élèvent les deux marches précédant le seuil du portail qui a pour piédroits deux pièces de marbre monolithiques de remploi. Bases et chapiteaux (en trachyte sombre pour les premières, en grès doré pour les seconds), paraissent un peu écrasés par rapport aux piédroits larges et lisses ; la hauteur du linteau paraît elle aussi réduite, et il a dû se casser car le voyant claveau du milieu vient d'un remplacement moderne. Aux extrémités opposées du bloc, sont sculptés deux lions qui tiennent des cerfs entre leurs griffes; les félins, par une volonté précise dont le sens nous échappe, ou par un simple hasard, regardent l'un et l'autre vers l'extérieur, de façon inhabituelle. Sur le linteau est posé une corniche rectiligne à cavet, et s'élève, séparé par une seule assise, l'arc de décharge à partir d'impostes moulurées. Le tympan, au renfoncement marqué, dessine donc un cintre surhaussé ; dans un étonnant contraste de couleur s'y trouve incrustée une grande croix de trachyte sombre. Les dépendances de ce portail se révèlent variées et même en un certain sens incohérentes : des bases et des chapiteaux de piédroits analogues se retrouvent en Sardaigne au portail Ouest de Sainte-Marie d'Uta, avec le même mode de taille et le schématisme des feuilles et caulicoles sur les chapiteaux, ici plus richement travaillés; en outre à Uta les bases sont de marbre clair et l'on n'observe pas au portail d'incrustations colorées qui fassent penser, comme en notre église, au goût de la couleur plus spécifiquement toscan. De plus, si le dessin général de l'entrée Ouest de Santa Giusta - par les larges piédroits lisses et par l'arc de décharge rehaussé - peut être considéré comme dépendant de prototypes lucquois, comme aussi par ses proportions élancées de façon caractéristique (San Frediano), la présence des lions semble suggérer des façons de faire typiques du roman de Pistoie (Saint-Jean Fuorcivitas). Assurément ces félins présentent un sens du volume déjà loin du relief en méplat, propre à la sensibilité du haut Moyen Age, se différenciant en ce sens des lions qui tiennent des faons dans leurs griffes, sculptés sur l'un des célèbres chancels de la cathédrale d'Oristano. Toutefois ils apparaissent également distants des procédés stylistiques classicisants que, à Pise, Guillaume empruntait aux sarcophages classiques : il leur manque surtout la schématisation typique des traits du museau, des joues gonflées et les yeux globuleux aux pupilles profondément creusées. Si l'on passe à l'examen détaillé des reliefs, les différences deviennent substantielles, au point de suggérer que le sculpteur des lions de Santa Giusta ait eu une formation, peut-être campanienne, imprégnée de culture islamique. Que l'on considère en premier lieu la fréquence - en Italie méridionale, particulièrement en Campanie et en Sardaigne même - des chancels d'ascendance byzantine qui présentent (aux côtés de l'arbre de vie ou simplement affrontés) des chevaux ailés, des griffons, des lions; dans les œuvres plus tardives, prévalent un robuste sens plastique et la conformité au modèle réel, que l'on peut constater dans les félins de Santa Giusta. A cette synthèse des «manières orientales» (le schéma héraldique) et des «manières occidentales» (le souci naturaliste) se rattachent évidemment des traits de style comme le dimorphisme sexuel (à gauche une lionne, pl. 63, qui porte sur la cuisse une croix en creux, et à droite un lion, aux organes sexuels mis en évidence); la queue passant entre les pattes; la présentation frontale des deux bêtes, à laquelle échappe seulement le mouvement famélique de la lionne qui montre les dents pour les enfoncer dans un cerf. Que l'on observe maintenant la taille des yeux du lion, allongé à la manière arabe (Alhambra de Grenade), qui rappelle la longue série de têtes félines dans le décor sculpté campanien du XIe siècle (cathédrales de Salerne, Aversa, Canosa, Carinola, Santa Agata dei Goti) (cf. Campanie romane, ...). Surtout c'est aux lions du portail de Salerne (cf. Campanie romane) que renvoie le traitement de la crinière en très bas relief, quasi comme une ciselure dans les mèches parcourues de sillons parallèles serrés ; tandis que dans les autres, plates et lisses, on peut retrouver le souvenir des écailles métalliques du dragon Faffner, représenté en même temps que Siegfried sur l'étonnante plaque d'Aversa (cf. Campanie romane). Il ne semble pas improbable que ces modèles campaniens aient transité par le Sud de la Sardaigne, étant donné que, d'une part, les relations entre la Campanie et le royaume de Cagliari sont actives du IXe au XIe siècle, et que, d'autre part, des suggestions venues des Pouilles dans diverses églises du Sud de l'île attestent que les rapports entre l'Italie méridionale et le royaume de Cagliari continuèrent au moins jusqu'à la première moitié du XIIe siècle. C'est par cette voie que pourrait être parvenu jusqu'aux équipes de Santa Giusta le motif oriental de la grande fenêtre triple, éclatante de lumière à l'intérieur, qui - du fait qu'elle s'inscrit dans le grand arc monté sur les lésènes flanquant le portail - garde l'image des fenêtres islamiques (mosquée de Damas) aussi bien que le souvenir des archétypes byzantins, comme Saint-Demetrius de Salonique. On pourrait retrouver de pareilles ascendances, mais de façon plus fugitive, dans la fenêtre triple en façade de Saint-Simplicius à Olbia sans pour autant suggérer nécessairement des rapports entre la construction d'Olbia et Santa Giusta. Dans celle-ci en effet les colonnettes sont des remplois, et non exécutées spécialement pour elle; les bases et les chapiteaux sont romains; les arceaux taillés à angle vif (et non moulurés) sont formés d'un demi-cercle de petits claveaux au nu du parement, les retombées sont marquées de robustes coussinets moulurés tandis que la naissance des écoinçons est sculptée dans des marbres très blancs avec des feuilles d'eau à l'extrémité recourbée. L'arcade qui abrite la fenêtre triple est elle aussi à arête vive; l'éventail des claveaux, au nu du mur, part d'impostes moulurées. Sur ces mêmes impostes prennent appui deux arcs latéraux pris sur l'épaisseur du mur qui s'élève lisse jusqu'à la corniche de base du fronton, terminé par des listels rectilignes et réparti en trois panneaux par de simples lésènes ; dans le panneau médian s'enfonce progressivement un losange en gradins. Aussi bien les lésènes, tout à fait sobres et linéaires, que le losange non bicolore ont été nettement empruntés à l'œuvre de Buschetto à la cathédrale de Pise, respectivement aux demi-pignons et au décor architectural du mur de fond Sud du transept.
Les arcs étroits de part et d'autre de l'arc central prennent appui sur le retour des impostes recevant les arceaux des murs de la nef centrale ; au-dessous, le parement ne comporte pas de pilastres d'angle (qui auraient engendré des panneaux tout petits, excessivement allongés) mais descend, lisse, jusqu'aux murs terminaux des nefs latérales, qui s'achèvent par une corniche rectiligne moulurée derrière laquelle on aperçoit les versants du toit de ces nefs. Le tiers supérieur des pilastres d'angle est en retrait d'un redan jusqu'au retour de la corniche recevant les arceaux le long des flancs. De ces derniers seul est important le côté Nord, car au Sud s'adossent des bâtiments de construction postérieure, mais relativement anciens et pour cette raison épargnés par les restaurations. Tant dans le haut que dans le bas, les arcades se déploient à distance de la corniche terminale moulurée; de robustes lésènes scandent neuf panneaux au rythme de deux arceaux par panneau. Une fois sur deux s'y ouvre une fenêtre simple à double ébrasement; leur jour est réduit à une archère par des plaques engagées dans la maçonnerie. Dans le cinquième panneau se trouve une porte d'accès à la nef latérale; les piédroits sont faits des pierres du parement ; le linteau en bâtière est de trachyte sombre. Ce portail interrompt la ligne du talus qui termine la haute plinthe ; elle est aussi coupée par les socles cubiques qui portent les bases des lésènes, moulurées d'une double scotie. Les robustes chapiteaux semblent par contre tirés de segments de corniche à cavet et quart de cercle; tous les modillons sont à cavet tandis que les arceaux sont moulurés d'une très légère gorge bordée de sillons peu profonds. L'origine toscane d'un tel parti architectural est tout à fait incontestable : des fenêtres de ce genre renvoient à Saint-Pierre-aux-Liens, première fille (1119) de la primatiale pisane; à des bâtiments civils de la même Pise (Torre délia Famé) se réfère le linteau en bâtière qui en a peut-être reçu l'image de Saint-Alexandre de Lucques. Les bases des lésènes rehaussées par des socles, dérivent du prototype de San Piero a Grado (Toscane romane) et se retrouvent en Sardaigne à Saint-Paul de Milis (1140-1150), empruntées au modèle de Santa Giusta. Un détail semblable est présent dans ces archétypes qui vont entraîner la diffusion des formes toscanes dans le Nord de l'île, c'est-à-dire à Saint-Gavinus de Porto Torres (pl. 83 à 86) et à Saint-Simplicius d'Olbia (pl. 143); à l'une et l'autre renvoie le rythme de deux arceaux par panneau, et seulement au premier la moulure particulière de ceux-ci, accompagnée de fines incisions marginales. Une note particulière à Santa Giusta - il ne pourrait en être autrement étant donné la présence exceptionnelle de la crypte - est le rehaussement de la plinthe à partir de la troisième lésène de gauche. De façon analogue à ce qu'on a pu observer en façade, le pilastre d'angle est en saillie par rapport au plan des arcades, sous le retour de l'imposte de celles-ci, qui se continue aussi sur le mur Est du chevet. Ce qu'on y remarque avant tout, c'est la plinthe qui indique la hauteur de la crypte (éclairée par de petites fenêtres simples), obtenue pour une part en creusant dans le sol, et pour l'autre en surélevant le sanctuaire. Cependant l'ensemble du chevet, malgré son élan vers le haut, garde des proportions «classiques», car chacun des éléments respecte les mesures et les règles de composition tirées de l'harmonieuse vision toscane. Le pignon est terminé par un fronton qui, comme en façade, se trouve légèrement surélevé par une assise de pierres intercalée entre les courts pilastres d'angle et la moulure de base continuant celle du haut du mur de la nef centrale. Il est percé d'une ouverture cruciforme, qui constitue le seul point de rattachement possible avec des réalisations sardes élaborées sur le modèle de Sainte-Marie du Royaume à Ardara, substantiellement étrangère pour le reste au style du Maître de Santa Giusta. Sous le fronton, le parement descend dépourvu de tout ornement, privé de pilastres d'angle et marqué seulement sur une très courte longueur par le retour des corniches des arcades supérieures des flancs. Les murs terminaux des nefs latérales s'achèvent par des corniches horizontales; dans les murs sont insérés les claveaux moulurés qui dessinent deux arceaux par panneau. Sur chacun de ces murs on compte deux panneaux séparés par des lésènes surmontés de chapiteaux à tore et scotie. Dans les panneaux intérieurs s'ouvre, décentrée, une fenêtre simple à double ébrasement au cintre mouluré. Les pilastres prennent appui sur des bases et des socles selon une disposition analogue à celle observée au flanc Nord; une solution identique est utilisée pour l'abside où cependant l'adoption de demi-colonnes au lieu de lésènes détermine la présence de bases semi-circulaires également posées sur des socles cubiques. Le demi-cylindre absidal, terminé par une corniche analogue à celles qui marquent le haut de tout l'édifice, reçoit un net élan du jaillissement de l'arcature qui s'élève plus haut que les arceaux latéraux. En outre sa verticalité est accentuée par le rythme très serré des cinq panneaux, chacun de la largeur d'un seul arceau; les trois fenêtres simples (elles aussi dotées d'un cintre mouluré) s'ouvrent très proches les unes des autres et ce dispositif d'élans conjugués se trouve renforcé par l'inhabituelle succession, sur les demi-colonnes, des chapiteaux corinthiens allongés à feuilles d'eau, aux étroits tailloirs en forme de tablette et aux coussinets volumineux en forme de dés. Si nous passons aux antécédents du parti architectural du chevet -eux aussi parfaitement repérables dans un contexte de relations qui fait de Santa Giusta le monument le plus clairement déchiffrable de tous parmi le roman de Sardaigne -, apparaît de nouveau évidente la parenté de formes avec Saint-Gavino de Porto Torres, par le rythme des deux arceaux dans les murs terminaux des nefs latérales que des lésènes divisent en autant de panneaux, et par les panneaux de l'abside, plus élancés mais ne comptant eux aussi qu'un seul arceau; disposition qui dans les deux cas renvoie à des prototypes pisans et qui dans notre église précise le rapport avec la primatiale (mur de fond Sud du transept) : recours à des demi-colonnes à la place des lésènes, adoptées par contre à Saint-Gavino. Surtout ce qui reflète un trait de style exclusivement propre à Buschetto, unique en Sardaigne et rarissime à l'extérieur de l'île, c'est le détail du coussinet cubique surmontant le tailloir en forme de tablette.
A l'intérieur, la lumière - provenant de la fenêtre triple de façade et des trois fenêtres simples de l'abside - se répand largement le long de l'axe des nefs; la partie haute de la nef centrale, couverte d'un plafond en bois aux poutres rapprochées, reçoit un complément de lumière des fenêtres simples, trois de chaque côté en symétrie. Au fait qu'à la nef latérale Sud sont adossées deux chapelles du XVIe-XVIIe siècle et la sacristie du XIXe (la forme des portes résulte de remaniements modernes), seule la nef Nord conserve les valeurs originelles de l'éclairage, diffusé par les fenêtres simples dans un rythme qui enveloppe le renflement des colonnes, évoquant des délicatesses qui, absentes de San Piero a Grado et de Saint-Gavino à Porto Torres, sont au contraire propres à la primatiale pisane. Toutes les petites travées sont couvertes de voûtes d'arêtes dépourvues — comme dans les nefs latérales de la cathédrale de Pise - d'arcs de séparation; les voûtains partent d'impostes dans le mur et viennent se greffer au mur de séparation juste sur les tailloirs en forme de tablette insérés entre le départ des arcs et les chapiteaux des sveltes colonnes de remploi. Celles-ci sont toutes différentes, par le matériau (marbre cipolin, marbre veiné, granit), la couleur et le traitement : la plupart sont lisses, une est cannelée, et une autre parcourue de sillons hélicoïdaux. Toutes reposent sur des bases classiques, rehaussées de socles à tablette, qui font défaut dans le sanctuaire; une base en marbre, très belle, est décorée d'une frise d'oves. Parmi les chapiteaux, presque tous romains, on peut dénombrer des types ioniens, composites (pl. 70), corinthiens à feuille d'acanthe (pl. 71) ou à feuille d'eau.
Cependant dans l'hétérogénéité des matériaux de remploi, on note la constante préoccupation de faire coïncider les proportions des divers éléments, tous soigneusement choisis de façon à ce que le diamètre de la colonne corresponde à celui de la base et à la corbeille du chapiteau. Ce qui signifie non seulement la volonté d'une récupération orientée selon un goût bien précis, tel que goût toscan classicisant de la première moitié du xne siècle, mais aussi la possibilité d'un vaste choix parmi les matériaux romains évidemment très abondants dans les villes côtières voisines de Neapolis (territoire d'Arbus) et Tharros, dans le Sinis; hypothèse de provenance qui semble autorisée par l'emploi fait, pour le parement, du grès chaud et doré des carrières du Sinis. Si les tailloirs en tablette renvoient à des usages toscans (en Sardaigne on les observe à Porto Torres et à Uta), et si l'on peut aussi faire remonter à un remploi typiquement pisan l'ordonnance des matériaux récupérés selon des principes d'harmonie (San Piero a Grado), nous devons cependant relever la présence de chapiteaux exécutés tout exprès, à savoir ceux qui coiffent les deux premières colonnes à gauche de l'entrée, et la seconde à droite de la nef centrale, qui ... «semblent exécutés par un même artisan, sans aucun doute arabe de formation sinon de nationalité » ; opinion qu'il ne paraît pas possible de partager entièrement, car des œuvres semblables, inspirées de l'exubérance ornementale islamique, sont communes en Italie méridionale et à Pise même. Dans la nef centrale, l'arrondi de l'abside - dont l'arc d'entrée, comme à Saint-Gavino de Porto Torres et à San Piero a Grado marque un bref retrait à angle vif - termine l'enfilade des arcs qui prennent tous naissance à la même hauteur (pl. 69). Pour maintenir cette continuité de la perspective, la surélévation du sanctuaire à cause de la crypte a demandé dans les trois dernières travées, des colonnes plus courtes et légèrement plus fines (pl. 68). Comme au revers de la façade, les derniers arcs retombent sur de robustes impostes surmontant les pilastres adossés au mur Est; dans les murs de fond des nefs latérales s'ouvrent des fenêtres simples ébrasées, et à l'intérieur de la sacristie (à laquelle on accède par une porte à droite) on peut voir apparaître une fenêtre simple, originellement à l'extérieur, particulièrement intéressante pour son arc décoré de fleurs de lotus. ... [L]es restaurations récentes (1984) ont éliminé le décor architectural du XIXè siècle, retrouvant une grande plaque de chancel qui porte un motif géométrique de cercles sécants, combinant le "noeud" du haut Moyen Age avec le réseau orthogonal, précieux pour peser la pointe du compas. ... Par contre est fondamentalement étranger à Pise (en dépit des exemples de Saint-Pierre-aux-Liens ou du premier San Michèle in Borgo) l'agencement architectural de la crypte, qui semble ici garder l'image de prototypes lombards, peut-être par l'intermédiaire de Florence. L'espace est divisé en quatre nefs de trois travées chacune, couvertes de voûtes d'arêtes sans arcs de séparation. Les voûtains partent des tailloirs en forme de tablette et des chapiteaux des pilastres adossés aux murs goutteraux. Dans les angles, les arcs d'intersection des voûtes partent d'impostes. Les tailloirs, les chapiteaux et les impostes d'angle sont exécutés en trachyte noir, comme aussi la corniche qui fait le tour de l'arrondi de l'abside couverte d'une voûte à cannelures dont les voûtains partent du tailloir de la colonne alignée avec les trois supports médians, et placée juste à l'aplomb de la clef de l'arc d'entrée de l'abside. Dans une opposition de couleurs, se trouve ainsi marquée, sur tout le périmètre de la crypte, une ligne sombre intermittente, dont la fonction de séparation est confirmée par les impostes en trachyte noir; dans l'espace absidal, la ligne traverse les demi-colonnes qui reçoivent les arcs muraux, déterminant un parti architectural insolite. Malgré la faible hauteur des colonnes, de remploi comme les chapiteaux et les bases (l'une d'elles est faite d'un chapiteau ionique retourné, d'autres sont rehaussées d'un socle), les proportions modulaires des travées et les correspondances très étudiées entre les dimensions des divers éléments confèrent à la crypte ampleur et légèreté sans que paraissent l'alourdir les voûtes d'arêtes en pierre, dans leur agencement régulier.
(extrait de : Sardaigne romane ; Renata Serra, Ed. du Zodiaque, Coll. La Nuit des Temps, 1979, pp. 145-157)
Descriptif de l'édifice en italien (avec coordonnées GPS) : "Carta e Guida alle Chiese Romaniche della Sardegna" ; Sando Mezzolani, Collana NATURA e ARCHEOLOGIA, Alpha Editoriale, 2. éd. 2007
www.calameo.com/read/00157437803534b7ef1c5
Exposition Photo "Vive la Banlieue" Regards photographiques sur la ville de Bagneux
« Vive la banlieue », exposition collective de photos de
Serge Barès, Olivier Dumay, Frédéric Taddeï-Ange, Jean-Marc Moser
et de sérigraphies de vues nocturnes de Bagneux de FIL.H.
Du 19 octobre 2012 au 21 décembre 2012
From October 19, 2012 to December 21, 2012
Regards photographiques sur la ville de Bagneux
Serges Barès, Olivier Dumay, Amadou Gaye, Jean-Marc Moser, Nath Oxygène, Robert Rousseau, Frédéric Taddeï Ange, Magüi Trujillo, Nicolas Wilmouth
Du 19 octobre 2012 au 10 mai 2013
From October 19, 2012 to May 10, 2013
MAISON DES ARTS DE BAGNEUX (Bagneux)
15, avenue Albert Petit - 92220 Bagneux
Tél / Phone : 01 46 56 64 36 - Fax : 01 46 56 20 93
mardi14h-20h, mercredi-vendredi 14h-17h
tuesday 2pm-8pm, wednesday-friday 2pm-5pm
E-mail : maison-arts@mairie-bagneux.fr
Web : www.bagneux92.fr
Source:http://www.associationdesgaleries.org/fiche_galerie.aspx?codeid =107
LNew Objectivity Images.
La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
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CRAZY HOUSE: ONE OF THE WORLD’S TEN MOST "BIZARRE BUILDINGS".
CRAZY HOUSE SOUS LA PLUIE (Reportage intégrale): Sous une Pluie diluvienne, nous nous retrouvons dans un endroit extraordinaire: Crazy House! Peut être connaissez-vous la bande dessinée Philémon du dessinateur Fred? Il a imaginé une Maison végétale qui pousse, s'agrandit d'avantage en taille, en luxe et en beauté tous les jours. Voila l'idée de la Maison du Crépuscule. Des escaliers en forme de liane, un intérieur en forme de bulbe, Tout s'enroule et se déroule en Volutes incertaines, qui conduisent ici et là et un peu partout. Tout se termine dans un jardin où tout se mélange: constructions, architectures, plantes et fleurs dans de grandes toiles d'araignée en fil de fer. Cette construction en devenir (Elle est toujours en chantier) extraordinaire est l'œuvre d'une dame vietnamienne hyper excentrique. Et pourtant, où mène le destin? c'est la fille du second président de la République Communiste Vietnamienne. Elle était là, présente dans une petite pièce a l'entrée de la maison. Et je me suis permit de frapper pour la remercier. J'ai pu ainsi lui dire que j'avais trouvé sa réalisation very beautiful.
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La légalisation de la prostitution améliore-t-elle la qualité de vie des travailleuses du sexe?
quebec.huffingtonpost.ca/eric-lanthier/legalisation-prost...
Photo: cdn.pixabay.com/photo/2018/02/24/20/41/beautiful-3179182_...
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Ensemble d'églises romanes Santo Stefano ; commune de Bologna, province de Bologne, région d'Emilie-Romagne, Italie
Saint-Étienne qui, à l'époque paléochrétienne, se trouvait hors les murs, est maintenant au plein centre de la ville, à moins de 300 m du carrefour des Torri Pendenti (tours penchées). La rue Santo Stefano est l'une des plus grandes artères urbaines, conduisant à l'angle Sud-Ouest des murailles du xvie siècle; peu après son départ, la rue s'élargit en une place triangulaire sur laquelle donne le monastère ainsi que la façade des trois églises qui lui sont adjointes. La plus marquante est celle du Crucifix, par où l'on accède actuellement à l'ensemble de Saint-Étienne et où commence la visite. ... La façade à deux rampants a des proportions proches du carré; elle est divisée en trois par deux paires de contreforts, deux aux angles, et deux médians adossés au mur. La division en trois est purement décorative et ne correspond pas à une division analogue à l'intérieur, fait d'une seule salle. Le portail a un encadrement en brique et est surmonté d'un pignon. A mi-hauteur s'ouvre une rangée de quatre fenêtres simples à l'arc brisé; plus haut, au milieu, un oculus à la bordure de brique. La corniche sous l'égout du toit est soulignée d'une frise d'arceaux. Sur l'arête de gauche enfin se greffe une chaire cylindrique, petit balcon d'angle arrondi qui frappe la vue dès l'abord, note coquette reconnais sable de loin; elle se développe sur trois quarts de cercle de la façade à la face latérale, et elle est supportée par trois consoles que quatre arcs raccordent entre elles et avec les murs. A l'arrière de l'église, à une distance approximativement égale aux deux tiers de sa longueur, domine une masse volumineuse et bien visible presque deux fois plus haute : c'est le sanctuaire surélevé en 1637, début d'un agrandissement plus étendu qui était destiné à se poursuivre encore, comme le révèle la façade inachevée. Derrière la surélévation, le long du flanc droit (méridional) de la nef, s'élève le clocher roman de section carrée, avec des pilastres d'angle en saillie et une étroite lésène au milieu de chaque face, sans ouverture, sauf celle de l'étage campanaire. Partant de l'angle de gauche de la façade, une clôture délimite l'espace herbeux triangulaire (inaccessible, mais visible) sur lequel donne l'église octogonale et la petite basilique des saints Vital et Agricol. Son niveau est encore plus bas que celui du parvis dallé de l'église du Crucifix. ... La rotonde du Calvaire (jadis Saint-Étienne) est bien visible dans sa géométrie rigoureuse : prisme octogonal sur lequel s'élève le corps dodécagonal qui abrite la coupole. Trois côtés de l'octogone donnent sur le parvis herbeux; celui du milieu joue le rôle de façade et contient le portail (la Porte sainte dans la symbolique de Jérusalem) entouré d'une bordure à trois moulures ; au-dessus s'ouvre une fenêtre double. Cette façade est animée par trois arcs aveugles sur consoles de pierre, qui se retrouvent (deux de chaque côté) sur les deux autres faces visibles. Le parement, dans tout le registre inférieur qui comprend les arcs aveugles, est enrichi d'un jeu de couleur par de larges assises en pierre (plus semblables à des bandeaux encastrés qu'à de véritables blocs portants) alternant avec de minces assises de brique. Un grand nombre d'autres pierres encastrées composent un décor géométrique simple et vivant sous les arcs aveugles et dans les écoinçons; on y reconnaît de nombreux fragments de marbres antiques, paléochrétiens ou byzantins, encastrés au hasard mais gardant le même pouvoir évocateur. En particulier, il vaut la peine de remarquer la corniche aux belles volutes de feuillage qui sert de limite d'étage au-dessus des arcs aveugles, et la fausse fenêtre à gauche du portail, composée de cinq paires de plaques de marbre avec de beaux reliefs d'entrelacs. Le décor qui couronne l'octogone sous l'égout du toit se compose d'une frise d'arceaux entrecroisés, surmontée d'une corniche en dents d'engrenage. Plus singulière est la corniche qui couronne la tour à douze pans sous l'égout du toit, dont les arceaux sont en mitre. Le parement de cette tour est fort intéressant car il est fait de briques carrées placées en diagonale comme dans F« opus reticulatum » des Romains. De tout l'ensemble, c'est l'extérieur de la rotonde du Calvaire qui conserve le mieux son aspect d'authentique ancienneté, surtout si on le compare aux deux façades qui la flanquent où l'œuvre des restaurateurs est bien plus apparente. La basilique des saints Vital et Agricol est adjacente à la rotonde du Calvaire, sa façade se greffant à l'une des arêtes de l'octogone, c'est-à-dire dans un plan vertical plus en arrière. La façade apparaît comme une œuvre de totale reconstruction plutôt que de restauration. ... Décrivons brièvement la façade actuelle, pour demeurer un chroniqueur fidèle, tout en ne croyant guère à sa valeur en tant que document d'architecture médiévale. Elle présente une silhouette à rampants interrompus et est divisée en trois par deux paires de contreforts à section triangulaire en forte saillie. Le long des rampants, sous l'égout du toit, court une corniche trop haute, soulignée par des arceaux. Dans le pignon est encastrée une « croix de Malte » en pierre, sans style ; au-dessous s'ouvre une petite fenêtre double. Il existe un unique portail central, tandis que dans chacun des panneaux latéraux se trouve une fenêtre simple. Dans le flanc Nord, scandé du même type de contreforts triangulaires qu'en façade, s'ouvre un second portail. Les sculptures sont incontestablement les éléments les plus intéressants à l'extérieur de notre basilique : celles des deux portails - pièces authentiques en soi, même si les portails paraissent avoir été remontés de façon assez arbitraire - et une plaque encastrée au centre de la façade entre le portail et la fenêtre double. La plaque représente un Christ bénissant qui tient une croix processionnelle, flanquée des deux protomartyrs bolonais, comme le précisent leurs noms gravés : s. vitalis et s. agricola. Sur le portail de façade, notons une archivolte sculptée de rinceaux insérée à l'intérieur d'une baie plus large (dont on a dû rétrécir l'ouverture) et deux chapiteaux figuratifs surmontés d'un tailloir de feuillage. Les figures représentent, de gauche à droite : un génie nu qui chevauche un dragon à deux têtes; la Visitation; un ensemble de douze petites têtes groupées trois par trois les unes au-dessus des autres (les Saints Innocents du massacre d'Hérode ?); un griffon monté en croupe sur un autre animal plus petit. Sur le portail latéral, nous trouvons une autre paire de chapiteaux de type et de formes semblables (prisme plus cylindrique) sculptés pour coiffer des piédroits rectangulaires flanqués d'une colonnette sur le côté interne. Les figures, toujours vues de gauche à droite, sont : un lion dressé sur ses pieds qui pose la patte sur l'épaule d'une femme; on ne sait s'il s'agit d'une agression ou s'il lui parle à l'oreille. La femme s'appuie sur les branches d'un arbre ; à ses pieds est posée une tête humaine. Vient ensuite un personnage, les bras croisés, qui est, dirait-on, un clerc en prière, mais on peut sans doute l'interpréter comme la Vierge de l'Annonciation, étant donné que, sur le chapiteau opposé, on voit un ange, peut-être Gabriel. Puis apparaissent une sirène à double queue et un oiseau aux ailes repliées. Sous la partie cylindrique de l'un et l'autre chapiteaux sont insérés deux petits chapiteaux de feuillage de type byzantin, probablement hors de leur place. Toutes ces sculptures sont de facture grossière et d'un style barbare, les plis raides et les visages inexpressifs. Elles sont cependant intéressantes en raison de l'interprétation que l'on peut donner des thèmes représentés ; ce sont, de toute façon, des œuvres attribuables à la reconstruction romane de la basilique vers la fin du XIe siècle. ...
Eglise du Crucifix
L'église par laquelle on commence est chronologiquement la plus tardive des trois, ... Elle portait à l'origine le nom de Saint-Jean-Baptiste puis celui de la Madeleine, puis celui du Crucifix, selon les exigences changeantes de la nouvelle Jérusalem. L'intérieur se compose de trois parties distinctes -nef, crypte, sanctuaire - comptées comme trois églises à des fins de dévotion pour arriver au nombre sacré de sept.
La nef, que l'on préférerait appeler une salle, est un grand espace rectangulaire couvert d'une charpente apparente; sur les murs blanchis à la chaux se profilent de hauts pilastres en maçonnerie qui reçoivent les arcs aveugles. Le tout est manifestement dû à la restauration, ou mieux à la reconstruction, et nous devons donc considérer comme authentiques les seules maçonneries externes et les dimensions. Cette salle sert comme de parterre à l'ensemble crypte-sanctuaire qui s'ouvre à la façon d'une scène de théâtre au-delà d'une arcature sur le mur du fond. Au bas de ce mur se trouvent cinq arcades, les deux extrêmes aveugles et les trois autres ouvertes sur l'escalier qui descend à la crypte. Au milieu un large escalier monte au sanctuaire. ... Du sanctuaire, construction entièrement baroque, on vante la luminosité et le caractère grandiose. Revenant à notre domaine, examinons la crypte qui est la partie la plus intéressante. Selon Montorsi, elle fut construite en 1019 par l'abbé Martin pour servir de nouveau sanctuaire aux reliques des protomartyrs, transférées de la basilique primitive dédiée maintenant à saint Isidore. Elle a un plan à peu près carré et ses voûtes soutenues par seize supports, quatre rangées de quatre. Les quatre de la première rangée sont des piliers composés qui reçoivent les arcs d'entrée; les douze autres - sauf une - sont de belles colonnes de marbre rouge de Vérone aux chapiteaux intéressants, certains de feuillage, l'un figuré, d'autres cubiques; la dernière rangée vers le fond a des chapiteaux Renaissance de l'ordre dorique. Une singularité difficile à expliquer est la présence en première position à droite de la seconde rangée d'un gros pilier de section quadrilobée, en brique (le « sauf un » signalé plus haut) qui contraste vivement avec les fines colonnes. Une fois revenus dans la nef-salle, une porte dans le mur de gauche nous donne accès à l'église du Calvaire.
Eglise du Calvaire
C'est la rotonde jadis dédiée à saint Etienne, appelée aussi du Saint-Sépulcre, c'est-à-dire l'ех-baptistère byzantin; à la place de la vasque baptismale se trouve - décentré cependant un peu vers l'Ouest - le mausolée de saint Pétrone qui tient lieu du sépulcre du Christ dans le symbolisme de la nouvelle Jérusalem. Lorsque l'on compare l'aspect actuel avec les photographies anciennes, on n'a pas envie, cette fois, de blâmer les restaurateurs qui ont supprimé les fresques maniérées du début du XIXe siècle aux murs et à la coupole. Nous savons que celles-ci, par contre, ont causé la perte d'anciennes fresques byzantines; de toute façon, la remise au jour de la maçonnerie nue en brique et la suppression de la clôture Renaissance placée entre les colonnes a restitué à ce noble monument de plan centré une grande partie de sa dignité. Unique note discordante : l'architecture du mausolée, hypertrophique et alourdie par une stupide balustrade à colonnes très rapprochées. L'architecture de la rotonde de Saint-Étienne dans sa forme actuelle est assignable à la seconde moitié du XIIe siècle, fruit d'une reconstruction radicale après le tremblement de terre de 1117. ... La rotonde de Saint-Étienne est faite d'une structure centrale de douze supports situés à égale distance sur une circonférence, recevant autant d'arcs en plein cintre, structure enfermée dans une maçonnerie extérieure octogonale. L'anneau compris entre l'octogone et le cercle est couvert de voûtes d'arêtes toutes de formes et de dimensions fort irrégulières, soit en raison de la nécessité d'adapter le dodécagone à l'octogone, soit du fait de l'irrégularité de l'octogone lui-même. Celle-ci est particulièrement évidente dans l'angle Nord-Est où se vérifie l'éloignement maximum entre le mur extérieur et la structure centrale, et une colonne isolée y est placée pour servir d'appui intermédiaire. ... Au-dessus de l'anneau périphérique se déploie une tribune annulaire qui donne sur l'espace central. Les douze supports sont constitués de sept paires de colonnes accouplées l'une en marbre et l'autre en brique, et de cinq piles rondes ou, si l'on veut, de colonnes plus grosses, toujours en brique. Cette bizarrerie s'explique facilement en admettant que les colonnes en marbre ont été reprises d'une version précédente de la rotonde où le corps central ... reposait sur huit piliers au lieu de douze. Dans la reconstruction après le tremblement de terre, le plan fut agrandi, la hauteur augmentée et l'on ajouta une tribune. Il fut donc nécessaire d'augmenter aussi bien le nombre des supports que leur section. Sept des huit colonnes originelles furent remployées dans la couronne mais la section portante étant devenue insuffisante, celle-ci fut doublée en flanquant chaque colonne d'une autre en brique de même dimension. La huitième colonne est la colonne isolée dite de la Flagellation. Au-dessus des arcs de la couronne s'élève un prisme dont les douze pans sont percés d'autant de fenêtres doubles communiquant avec la tribune, et séparées entre elles par de fines demi-colonnes en brique adossées aux arêtes. Ces demi-colonnes prennent appui sur le bord supérieur des chapiteaux des supports principaux et se terminent dans le haut par leurs propres chapiteaux qui reçoivent une corniche d'arceaux entrecroisés. Au-dessus de cette corniche démarre la coupole où nous suivons parfaitement sur la brique nue le raccordement progressif du dodécagone à la calotte sphérique. Abordons maintenant le mausolée de saint Pétrone, singulière construction en forme de chaire avec un escalier qui monte en s'enroulant autour d'elle sur les côtés; la chaire se termine par une plate-forme entourée d'une balustrade à colonnettes. Trois hauts-reliefs sont encastrés dans la face antérieure divisée par des colonnettes de marbre et surmontée d'un arc trilobé. Dans le bas, un emmarchement octogonal à trois degrés occupe le centre du pavement et à son niveau s'ouvre dans la chaire une petite fenestella d'accès aux reliques du saint. Sur le flanc gauche de la chaire se greffe, à la façon d'une prolongation et à une hauteur moindre, un ambon avec deux hauts-reliefs sur les faces visibles. Cet encombrant monument trouble - par sa masse excessive et son décor surabondant - l'harmonieuse architecture de la rotonde. Les parties sculptées présentent cependant un grand intérêt. Les deux hauts-reliefs de l'ambon portent les symboles des évangélistes : le taureau et l'aigle sur la face antérieure, l'ange et le lion sur la face latérale. Ce sont d'excellentes œuvres en stuc (mais à première vue on les prendrait pour du marbre) de la première moitié du XIIe siècle; d'après Montorsi, leur premier emplacement aurait été dans la basilique Saint-Vital. Les trois reliefs sur le devant de la chaire sont, par contre, des stucs du XIVe siècle qui représentent les Saintes Femmes au tombeau : à gauche les trois Maries, à droite les gardes endormis, au milieu l'ange assis sur le tombeau vide qui annonce la Résurrection. Les chapiteaux des supports principaux sont sobres et sans sculpture; ceux des fenêtres doubles de la tribune et des demi-colonnes d'angle du dodécagone sont plus élaborés et plus élégants. Dans le côté Nord de la rotonde, s'ouvre - à travers un mur d'une épaisseur exceptionnelle (plus de 2 m) - l'accès à la troisième église, c'est-à-dire à la petite basilique Saint-Vital. Remarquons en passant que la forte épaisseur du mur est la somme des deux murs distincts soudés plus tard en un seul.
Basilique des Saints Vital et Agricol
C'est la plus ancienne des trois églises. Comme on l'a dit, elle fut fondée à la fin du IVe siècle par saint Ambroise, ou au siècle suivant par saint Pétrone; elle fut plusieurs fois reconstruite, et ne trouva sa forme définitive qu'à la fin du XIIe siècle, après le tremblement de terre (Porter l'assigne à 1195). On en a déjà vu l'extérieur, où la main des restaurateurs se révèle particulièrement lourde. Par contre, l'intérieur est le mieux conservé de tout l'ensemble monumental, celui où les lignes romanes du XIIe siècle semblent les moins remaniées. La maçonnerie en brique apparente, les pavés du sol, la pierre des colonnes et des arcs révèlent toute leur ancienneté. Les voûtes sont couvertes d'un enduit neutre et discret. De gros cercles de fer semblables à des cicatrices entourent certaines colonnes, fissurées par les tremblements de terre ou par le poids des siècles; et la présence de pièces sculptées remployées, romanes ou byzantines, témoigne des vicissitudes de la basilique primitive. Le mobilier se limite à l'autel et aux sarcophages des saints titulaires, un dans chacune des absidioles. Le plan de la basilique est à trois nefs et trois absides, avec des travées en système alterné (c'est-à-dire d'amplitude double dans la nef centrale) couvertes de voûtes d'arêtes. Les travées sont au nombre de cinq dans les nefs latérales et de trois dans la nef centrale ; les supports sont des paires de piliers composés en brique alternant avec des paires de colonnes en pierre. Les piliers, de section quadrilobée, ont des chapiteaux cubiques en pierre dont la partie arrondie présente une forme spéciale qu'on retrouvera sur les piliers de la cour; les colonnes sont romaines pour la plupart, et les chapiteaux se révèlent aussi de remploi. Le chapiteau ionique de la dernière colonne de droite avant l'abside est nettement romain. D'autres fragments de marbres romains et byzantins sont utilisés dans les consoles des nefs latérales, dans les impostes de l'entrée de l'abside centrale et parfois ailleurs encore. ...
Cour de Pilate
Après être rentrés dans la rotonde, on sort par le côté Est dans le petit cloître dit cour de Pilate. Celui-ci occupe une position centrale dans l'ensemble monumental, étant adjacent au moins en partie à chacune des quatre églises et au grand cloître. Il a une forme rectangulaire. Les deux grands côtés sont à portique, les deux autres sont occupés à l'Ouest par la rotonde du Calvaire, sur trois des côtés de son octogone, à l'Est par la façade de l'église de la Trinité. Le sol est empierré. Les portiques sur les deux grands côtés se composent de vastes arcs de pierre en plein cintre retombant sur des piliers en brique de section quadrilobée; les chapiteaux en pierre sont cubiques, avec des lobes saillants et un évidement dans la partie chanfreinée, comme ceux de la basilique Saint-Vital. Dans le bas, les piliers se terminent par une doucine renversée et reposent sur de robustes socles carrés. La maçonnerie en brique au-dessus des arcs est scandée de pilastres en forte saillie qui reçoivent la corniche d'arceaux placée sous l'égout du toit. Les travées du portique sont délimitées par des arcs transversaux et couvertes de voûtes d'arêtes. Tout l'ensemble est bien proportionné et solidement construit dans la meilleure tradition romane (on pense à première vue au quadruple portique de Saint-Ambroise à Milan). Sous les portiques sont encastrées diverses inscriptions lapidaires et pierres tombales et s'ouvrent de nombreuses portes. Du côté Sud, on voit la face latérale surélevée de l'église du Crucifix et d'autres chapelles ; et au-delà surgit le clocher. L'octogone du Calvaire présente du côté de la cour une maçonnerie analogue à celle déjà vue à l'extérieur mais beaucoup plus élaborée, dans le style de Ravenne, semblable à celle de l'abbaye de Pomposa. Le décor se caractérise par des figures géométriques simples et par des oppositions de couleur, grâce à l'emploi judicieux du marbre, du grès et de la brique. Ce décor se présente sous la forme de larges bandes superposées qui, dans le haut, cèdent la place à la brique seule. La bande située sous l'égout du toit est celle que l'on a déjà vue de l'autre côté, corniche d'arceaux entrecroisés (tandis que les arceaux dans le haut des portiques sont simples). Le corps à douze pans ne présente pas non plus de différence sur ce côté par rapport à celui qu'on voit de l'extérieur.
Du côté Est apparaît la façade de l'église de la Trinité (qui, selon Porter, fut pendant un temps un bâtiment ouvert où le portique se prolongeait sur deux autres travées). Cette façade tout entière est une reconstitution de la fin du xixe siècle dans le style byzantin, et l'on doit donc la considérer comme étant en soi une œuvre composite. Par contre, le portail mérite qu'on s'y intéresse; encadré de piédroits et d'une archivolte élégamment sculptés de rinceaux, c'est une œuvre de la fin du xne siècle provenant d'une autre partie de l'ensemble monumental et placée ici par les restaurateurs. ...
Eglise de la Trinité
Cette quatrième église de l'ensemble monumental, jadis appelée de la Sainte-Croix, est, par certains côtés, la plus intéressante, mais elle est aussi la plus défigurée par les reconstructions. Sous son aspect actuel, elle se présente comme une œuvre entièrement moderne, sur laquelle il ne vaut pas la peine de s'attarder; les enduits sont tout récents, les maçonneries nouvelles, les marbres rutilants et les cuivres étincelants. ...
Le grand Cloitre
On peut attribuer à deux époques différentes ce délicieux cloître à portiques et à galeries, comme le montre clairement l'architecture des deux étages. Le portique fut probablement construit à l'époque du grand élan de construction à Saint-Étienne, c'est-à-dire entre 1117 et 1140; la galerie de l'étage supérieur fut ajoutée ultérieurement entre le milieu du xne siècle et les premières décennies du xme. Dans le portique apparaît à l'évidence l'utilisation hâtive d'éléments récupérés, colonnes et portions de colonnes recueillis dans les ruines causées par le tremblement de terre; dans la galerie, on se trouve en face d'une exécution plus soignée, très travaillée, répartie dans le temps. Les quatre côtés du portique sont identiques, formés chacun de cinq grandes arcades closes dans le bas par un muret; celui-ci s'ouvre sous l'arcade centrale de chacun des côtés pour donner accès au petit jardin (aujourd'hui pavé) et au puits. Les supports des arcs aux angles et dans les arcades centrales, sont faits de maçonneries massives en brique sans aucune moulure ; mais une fois sur deux, dans les paires d'arcades, de part et d'autre de l'arcade centrale, la maçonnerie s'interrompt pour laisser la place à des supports en marbre. Ceux-ci (huit en tout) sont constitués sur deux côtés de courts troncs de colonne, sur les deux autres de faisceaux de quatre colonnettes, faites manifestement de sections de colonnes plus longues. On s'est complètement passé de bases et de chapiteaux : les colonnettes prennent appui dans le bas sur le muret, et rejoignent dans le haut le sommier des deux arcs contigus. ... A l'étage supérieur s'ouvre la galerie, qui s'étend uniformément sur les quatre côtés, composée de quatorze arcs par côté retombant sur des colonnettes jumelées d'élégante facture. Les chapiteaux sont eux-mêmes ouvragés et élégants. La plupart sont sculptés de feuillage et de volutes, de style quasi gothique; sur l'un des côtés - à l'Ouest - nous avons par contre des chapiteaux à figures grotesques : hommes accroupis qui tiennent dans leurs mains le haut d'une colonne et entre leurs genoux le haut de l'autre, ou autres inventions analogues, pleines de verve et sculptées avec aisance. ...
(extrait de : Emilie romane ; Sergio Stocchi, Ed. Zodiaque, Coll. La nuit des Temps, 1984, pp. 313-365)
Coordonnées GPS : N44.492208 ; E11.348844
Ensemble d'églises romanes Santo Stefano ; commune de Bologna, province de Bologne, région d'Emilie-Romagne, Italie
Saint-Étienne qui, à l'époque paléochrétienne, se trouvait hors les murs, est maintenant au plein centre de la ville, à moins de 300 m du carrefour des Torri Pendenti (tours penchées). La rue Santo Stefano est l'une des plus grandes artères urbaines, conduisant à l'angle Sud-Ouest des murailles du xvie siècle; peu après son départ, la rue s'élargit en une place triangulaire sur laquelle donne le monastère ainsi que la façade des trois églises qui lui sont adjointes. La plus marquante est celle du Crucifix, par où l'on accède actuellement à l'ensemble de Saint-Étienne et où commence la visite. ... La façade à deux rampants a des proportions proches du carré; elle est divisée en trois par deux paires de contreforts, deux aux angles, et deux médians adossés au mur. La division en trois est purement décorative et ne correspond pas à une division analogue à l'intérieur, fait d'une seule salle. Le portail a un encadrement en brique et est surmonté d'un pignon. A mi-hauteur s'ouvre une rangée de quatre fenêtres simples à l'arc brisé; plus haut, au milieu, un oculus à la bordure de brique. La corniche sous l'égout du toit est soulignée d'une frise d'arceaux. Sur l'arête de gauche enfin se greffe une chaire cylindrique, petit balcon d'angle arrondi qui frappe la vue dès l'abord, note coquette reconnais sable de loin; elle se développe sur trois quarts de cercle de la façade à la face latérale, et elle est supportée par trois consoles que quatre arcs raccordent entre elles et avec les murs. A l'arrière de l'église, à une distance approximativement égale aux deux tiers de sa longueur, domine une masse volumineuse et bien visible presque deux fois plus haute : c'est le sanctuaire surélevé en 1637, début d'un agrandissement plus étendu qui était destiné à se poursuivre encore, comme le révèle la façade inachevée. Derrière la surélévation, le long du flanc droit (méridional) de la nef, s'élève le clocher roman de section carrée, avec des pilastres d'angle en saillie et une étroite lésène au milieu de chaque face, sans ouverture, sauf celle de l'étage campanaire. Partant de l'angle de gauche de la façade, une clôture délimite l'espace herbeux triangulaire (inaccessible, mais visible) sur lequel donne l'église octogonale et la petite basilique des saints Vital et Agricol. Son niveau est encore plus bas que celui du parvis dallé de l'église du Crucifix. ... La rotonde du Calvaire (jadis Saint-Étienne) est bien visible dans sa géométrie rigoureuse : prisme octogonal sur lequel s'élève le corps dodécagonal qui abrite la coupole. Trois côtés de l'octogone donnent sur le parvis herbeux; celui du milieu joue le rôle de façade et contient le portail (la Porte sainte dans la symbolique de Jérusalem) entouré d'une bordure à trois moulures ; au-dessus s'ouvre une fenêtre double. Cette façade est animée par trois arcs aveugles sur consoles de pierre, qui se retrouvent (deux de chaque côté) sur les deux autres faces visibles. Le parement, dans tout le registre inférieur qui comprend les arcs aveugles, est enrichi d'un jeu de couleur par de larges assises en pierre (plus semblables à des bandeaux encastrés qu'à de véritables blocs portants) alternant avec de minces assises de brique. Un grand nombre d'autres pierres encastrées composent un décor géométrique simple et vivant sous les arcs aveugles et dans les écoinçons; on y reconnaît de nombreux fragments de marbres antiques, paléochrétiens ou byzantins, encastrés au hasard mais gardant le même pouvoir évocateur. En particulier, il vaut la peine de remarquer la corniche aux belles volutes de feuillage qui sert de limite d'étage au-dessus des arcs aveugles, et la fausse fenêtre à gauche du portail, composée de cinq paires de plaques de marbre avec de beaux reliefs d'entrelacs. Le décor qui couronne l'octogone sous l'égout du toit se compose d'une frise d'arceaux entrecroisés, surmontée d'une corniche en dents d'engrenage. Plus singulière est la corniche qui couronne la tour à douze pans sous l'égout du toit, dont les arceaux sont en mitre. Le parement de cette tour est fort intéressant car il est fait de briques carrées placées en diagonale comme dans F« opus reticulatum » des Romains. De tout l'ensemble, c'est l'extérieur de la rotonde du Calvaire qui conserve le mieux son aspect d'authentique ancienneté, surtout si on le compare aux deux façades qui la flanquent où l'œuvre des restaurateurs est bien plus apparente. La basilique des saints Vital et Agricol est adjacente à la rotonde du Calvaire, sa façade se greffant à l'une des arêtes de l'octogone, c'est-à-dire dans un plan vertical plus en arrière. La façade apparaît comme une œuvre de totale reconstruction plutôt que de restauration. ... Décrivons brièvement la façade actuelle, pour demeurer un chroniqueur fidèle, tout en ne croyant guère à sa valeur en tant que document d'architecture médiévale. Elle présente une silhouette à rampants interrompus et est divisée en trois par deux paires de contreforts à section triangulaire en forte saillie. Le long des rampants, sous l'égout du toit, court une corniche trop haute, soulignée par des arceaux. Dans le pignon est encastrée une « croix de Malte » en pierre, sans style ; au-dessous s'ouvre une petite fenêtre double. Il existe un unique portail central, tandis que dans chacun des panneaux latéraux se trouve une fenêtre simple. Dans le flanc Nord, scandé du même type de contreforts triangulaires qu'en façade, s'ouvre un second portail. Les sculptures sont incontestablement les éléments les plus intéressants à l'extérieur de notre basilique : celles des deux portails - pièces authentiques en soi, même si les portails paraissent avoir été remontés de façon assez arbitraire - et une plaque encastrée au centre de la façade entre le portail et la fenêtre double. La plaque représente un Christ bénissant qui tient une croix processionnelle, flanquée des deux protomartyrs bolonais, comme le précisent leurs noms gravés : s. vitalis et s. agricola. Sur le portail de façade, notons une archivolte sculptée de rinceaux insérée à l'intérieur d'une baie plus large (dont on a dû rétrécir l'ouverture) et deux chapiteaux figuratifs surmontés d'un tailloir de feuillage. Les figures représentent, de gauche à droite : un génie nu qui chevauche un dragon à deux têtes; la Visitation; un ensemble de douze petites têtes groupées trois par trois les unes au-dessus des autres (les Saints Innocents du massacre d'Hérode ?); un griffon monté en croupe sur un autre animal plus petit. Sur le portail latéral, nous trouvons une autre paire de chapiteaux de type et de formes semblables (prisme plus cylindrique) sculptés pour coiffer des piédroits rectangulaires flanqués d'une colonnette sur le côté interne. Les figures, toujours vues de gauche à droite, sont : un lion dressé sur ses pieds qui pose la patte sur l'épaule d'une femme; on ne sait s'il s'agit d'une agression ou s'il lui parle à l'oreille. La femme s'appuie sur les branches d'un arbre ; à ses pieds est posée une tête humaine. Vient ensuite un personnage, les bras croisés, qui est, dirait-on, un clerc en prière, mais on peut sans doute l'interpréter comme la Vierge de l'Annonciation, étant donné que, sur le chapiteau opposé, on voit un ange, peut-être Gabriel. Puis apparaissent une sirène à double queue et un oiseau aux ailes repliées. Sous la partie cylindrique de l'un et l'autre chapiteaux sont insérés deux petits chapiteaux de feuillage de type byzantin, probablement hors de leur place. Toutes ces sculptures sont de facture grossière et d'un style barbare, les plis raides et les visages inexpressifs. Elles sont cependant intéressantes en raison de l'interprétation que l'on peut donner des thèmes représentés ; ce sont, de toute façon, des œuvres attribuables à la reconstruction romane de la basilique vers la fin du XIe siècle. ...
Eglise du Crucifix
L'église par laquelle on commence est chronologiquement la plus tardive des trois, ... Elle portait à l'origine le nom de Saint-Jean-Baptiste puis celui de la Madeleine, puis celui du Crucifix, selon les exigences changeantes de la nouvelle Jérusalem. L'intérieur se compose de trois parties distinctes -nef, crypte, sanctuaire - comptées comme trois églises à des fins de dévotion pour arriver au nombre sacré de sept.
La nef, que l'on préférerait appeler une salle, est un grand espace rectangulaire couvert d'une charpente apparente; sur les murs blanchis à la chaux se profilent de hauts pilastres en maçonnerie qui reçoivent les arcs aveugles. Le tout est manifestement dû à la restauration, ou mieux à la reconstruction, et nous devons donc considérer comme authentiques les seules maçonneries externes et les dimensions. Cette salle sert comme de parterre à l'ensemble crypte-sanctuaire qui s'ouvre à la façon d'une scène de théâtre au-delà d'une arcature sur le mur du fond. Au bas de ce mur se trouvent cinq arcades, les deux extrêmes aveugles et les trois autres ouvertes sur l'escalier qui descend à la crypte. Au milieu un large escalier monte au sanctuaire. ... Du sanctuaire, construction entièrement baroque, on vante la luminosité et le caractère grandiose. Revenant à notre domaine, examinons la crypte qui est la partie la plus intéressante. Selon Montorsi, elle fut construite en 1019 par l'abbé Martin pour servir de nouveau sanctuaire aux reliques des protomartyrs, transférées de la basilique primitive dédiée maintenant à saint Isidore. Elle a un plan à peu près carré et ses voûtes soutenues par seize supports, quatre rangées de quatre. Les quatre de la première rangée sont des piliers composés qui reçoivent les arcs d'entrée; les douze autres - sauf une - sont de belles colonnes de marbre rouge de Vérone aux chapiteaux intéressants, certains de feuillage, l'un figuré, d'autres cubiques; la dernière rangée vers le fond a des chapiteaux Renaissance de l'ordre dorique. Une singularité difficile à expliquer est la présence en première position à droite de la seconde rangée d'un gros pilier de section quadrilobée, en brique (le « sauf un » signalé plus haut) qui contraste vivement avec les fines colonnes. Une fois revenus dans la nef-salle, une porte dans le mur de gauche nous donne accès à l'église du Calvaire.
Eglise du Calvaire
C'est la rotonde jadis dédiée à saint Etienne, appelée aussi du Saint-Sépulcre, c'est-à-dire l'ех-baptistère byzantin; à la place de la vasque baptismale se trouve - décentré cependant un peu vers l'Ouest - le mausolée de saint Pétrone qui tient lieu du sépulcre du Christ dans le symbolisme de la nouvelle Jérusalem. Lorsque l'on compare l'aspect actuel avec les photographies anciennes, on n'a pas envie, cette fois, de blâmer les restaurateurs qui ont supprimé les fresques maniérées du début du XIXe siècle aux murs et à la coupole. Nous savons que celles-ci, par contre, ont causé la perte d'anciennes fresques byzantines; de toute façon, la remise au jour de la maçonnerie nue en brique et la suppression de la clôture Renaissance placée entre les colonnes a restitué à ce noble monument de plan centré une grande partie de sa dignité. Unique note discordante : l'architecture du mausolée, hypertrophique et alourdie par une stupide balustrade à colonnes très rapprochées. L'architecture de la rotonde de Saint-Étienne dans sa forme actuelle est assignable à la seconde moitié du XIIe siècle, fruit d'une reconstruction radicale après le tremblement de terre de 1117. ... La rotonde de Saint-Étienne est faite d'une structure centrale de douze supports situés à égale distance sur une circonférence, recevant autant d'arcs en plein cintre, structure enfermée dans une maçonnerie extérieure octogonale. L'anneau compris entre l'octogone et le cercle est couvert de voûtes d'arêtes toutes de formes et de dimensions fort irrégulières, soit en raison de la nécessité d'adapter le dodécagone à l'octogone, soit du fait de l'irrégularité de l'octogone lui-même. Celle-ci est particulièrement évidente dans l'angle Nord-Est où se vérifie l'éloignement maximum entre le mur extérieur et la structure centrale, et une colonne isolée y est placée pour servir d'appui intermédiaire. ... Au-dessus de l'anneau périphérique se déploie une tribune annulaire qui donne sur l'espace central. Les douze supports sont constitués de sept paires de colonnes accouplées l'une en marbre et l'autre en brique, et de cinq piles rondes ou, si l'on veut, de colonnes plus grosses, toujours en brique. Cette bizarrerie s'explique facilement en admettant que les colonnes en marbre ont été reprises d'une version précédente de la rotonde où le corps central ... reposait sur huit piliers au lieu de douze. Dans la reconstruction après le tremblement de terre, le plan fut agrandi, la hauteur augmentée et l'on ajouta une tribune. Il fut donc nécessaire d'augmenter aussi bien le nombre des supports que leur section. Sept des huit colonnes originelles furent remployées dans la couronne mais la section portante étant devenue insuffisante, celle-ci fut doublée en flanquant chaque colonne d'une autre en brique de même dimension. La huitième colonne est la colonne isolée dite de la Flagellation. Au-dessus des arcs de la couronne s'élève un prisme dont les douze pans sont percés d'autant de fenêtres doubles communiquant avec la tribune, et séparées entre elles par de fines demi-colonnes en brique adossées aux arêtes. Ces demi-colonnes prennent appui sur le bord supérieur des chapiteaux des supports principaux et se terminent dans le haut par leurs propres chapiteaux qui reçoivent une corniche d'arceaux entrecroisés. Au-dessus de cette corniche démarre la coupole où nous suivons parfaitement sur la brique nue le raccordement progressif du dodécagone à la calotte sphérique. Abordons maintenant le mausolée de saint Pétrone, singulière construction en forme de chaire avec un escalier qui monte en s'enroulant autour d'elle sur les côtés; la chaire se termine par une plate-forme entourée d'une balustrade à colonnettes. Trois hauts-reliefs sont encastrés dans la face antérieure divisée par des colonnettes de marbre et surmontée d'un arc trilobé. Dans le bas, un emmarchement octogonal à trois degrés occupe le centre du pavement et à son niveau s'ouvre dans la chaire une petite fenestella d'accès aux reliques du saint. Sur le flanc gauche de la chaire se greffe, à la façon d'une prolongation et à une hauteur moindre, un ambon avec deux hauts-reliefs sur les faces visibles. Cet encombrant monument trouble - par sa masse excessive et son décor surabondant - l'harmonieuse architecture de la rotonde. Les parties sculptées présentent cependant un grand intérêt. Les deux hauts-reliefs de l'ambon portent les symboles des évangélistes : le taureau et l'aigle sur la face antérieure, l'ange et le lion sur la face latérale. Ce sont d'excellentes œuvres en stuc (mais à première vue on les prendrait pour du marbre) de la première moitié du XIIe siècle; d'après Montorsi, leur premier emplacement aurait été dans la basilique Saint-Vital. Les trois reliefs sur le devant de la chaire sont, par contre, des stucs du XIVe siècle qui représentent les Saintes Femmes au tombeau : à gauche les trois Maries, à droite les gardes endormis, au milieu l'ange assis sur le tombeau vide qui annonce la Résurrection. Les chapiteaux des supports principaux sont sobres et sans sculpture; ceux des fenêtres doubles de la tribune et des demi-colonnes d'angle du dodécagone sont plus élaborés et plus élégants. Dans le côté Nord de la rotonde, s'ouvre - à travers un mur d'une épaisseur exceptionnelle (plus de 2 m) - l'accès à la troisième église, c'est-à-dire à la petite basilique Saint-Vital. Remarquons en passant que la forte épaisseur du mur est la somme des deux murs distincts soudés plus tard en un seul.
Basilique des Saints Vital et Agricol
C'est la plus ancienne des trois églises. Comme on l'a dit, elle fut fondée à la fin du IVe siècle par saint Ambroise, ou au siècle suivant par saint Pétrone; elle fut plusieurs fois reconstruite, et ne trouva sa forme définitive qu'à la fin du XIIe siècle, après le tremblement de terre (Porter l'assigne à 1195). On en a déjà vu l'extérieur, où la main des restaurateurs se révèle particulièrement lourde. Par contre, l'intérieur est le mieux conservé de tout l'ensemble monumental, celui où les lignes romanes du XIIe siècle semblent les moins remaniées. La maçonnerie en brique apparente, les pavés du sol, la pierre des colonnes et des arcs révèlent toute leur ancienneté. Les voûtes sont couvertes d'un enduit neutre et discret. De gros cercles de fer semblables à des cicatrices entourent certaines colonnes, fissurées par les tremblements de terre ou par le poids des siècles; et la présence de pièces sculptées remployées, romanes ou byzantines, témoigne des vicissitudes de la basilique primitive. Le mobilier se limite à l'autel et aux sarcophages des saints titulaires, un dans chacune des absidioles. Le plan de la basilique est à trois nefs et trois absides, avec des travées en système alterné (c'est-à-dire d'amplitude double dans la nef centrale) couvertes de voûtes d'arêtes. Les travées sont au nombre de cinq dans les nefs latérales et de trois dans la nef centrale ; les supports sont des paires de piliers composés en brique alternant avec des paires de colonnes en pierre. Les piliers, de section quadrilobée, ont des chapiteaux cubiques en pierre dont la partie arrondie présente une forme spéciale qu'on retrouvera sur les piliers de la cour; les colonnes sont romaines pour la plupart, et les chapiteaux se révèlent aussi de remploi. Le chapiteau ionique de la dernière colonne de droite avant l'abside est nettement romain. D'autres fragments de marbres romains et byzantins sont utilisés dans les consoles des nefs latérales, dans les impostes de l'entrée de l'abside centrale et parfois ailleurs encore. ...
Cour de Pilate
Après être rentrés dans la rotonde, on sort par le côté Est dans le petit cloître dit cour de Pilate. Celui-ci occupe une position centrale dans l'ensemble monumental, étant adjacent au moins en partie à chacune des quatre églises et au grand cloître. Il a une forme rectangulaire. Les deux grands côtés sont à portique, les deux autres sont occupés à l'Ouest par la rotonde du Calvaire, sur trois des côtés de son octogone, à l'Est par la façade de l'église de la Trinité. Le sol est empierré. Les portiques sur les deux grands côtés se composent de vastes arcs de pierre en plein cintre retombant sur des piliers en brique de section quadrilobée; les chapiteaux en pierre sont cubiques, avec des lobes saillants et un évidement dans la partie chanfreinée, comme ceux de la basilique Saint-Vital. Dans le bas, les piliers se terminent par une doucine renversée et reposent sur de robustes socles carrés. La maçonnerie en brique au-dessus des arcs est scandée de pilastres en forte saillie qui reçoivent la corniche d'arceaux placée sous l'égout du toit. Les travées du portique sont délimitées par des arcs transversaux et couvertes de voûtes d'arêtes. Tout l'ensemble est bien proportionné et solidement construit dans la meilleure tradition romane (on pense à première vue au quadruple portique de Saint-Ambroise à Milan). Sous les portiques sont encastrées diverses inscriptions lapidaires et pierres tombales et s'ouvrent de nombreuses portes. Du côté Sud, on voit la face latérale surélevée de l'église du Crucifix et d'autres chapelles ; et au-delà surgit le clocher. L'octogone du Calvaire présente du côté de la cour une maçonnerie analogue à celle déjà vue à l'extérieur mais beaucoup plus élaborée, dans le style de Ravenne, semblable à celle de l'abbaye de Pomposa. Le décor se caractérise par des figures géométriques simples et par des oppositions de couleur, grâce à l'emploi judicieux du marbre, du grès et de la brique. Ce décor se présente sous la forme de larges bandes superposées qui, dans le haut, cèdent la place à la brique seule. La bande située sous l'égout du toit est celle que l'on a déjà vue de l'autre côté, corniche d'arceaux entrecroisés (tandis que les arceaux dans le haut des portiques sont simples). Le corps à douze pans ne présente pas non plus de différence sur ce côté par rapport à celui qu'on voit de l'extérieur.
Du côté Est apparaît la façade de l'église de la Trinité (qui, selon Porter, fut pendant un temps un bâtiment ouvert où le portique se prolongeait sur deux autres travées). Cette façade tout entière est une reconstitution de la fin du xixe siècle dans le style byzantin, et l'on doit donc la considérer comme étant en soi une œuvre composite. Par contre, le portail mérite qu'on s'y intéresse; encadré de piédroits et d'une archivolte élégamment sculptés de rinceaux, c'est une œuvre de la fin du xne siècle provenant d'une autre partie de l'ensemble monumental et placée ici par les restaurateurs. ...
Eglise de la Trinité
Cette quatrième église de l'ensemble monumental, jadis appelée de la Sainte-Croix, est, par certains côtés, la plus intéressante, mais elle est aussi la plus défigurée par les reconstructions. Sous son aspect actuel, elle se présente comme une œuvre entièrement moderne, sur laquelle il ne vaut pas la peine de s'attarder; les enduits sont tout récents, les maçonneries nouvelles, les marbres rutilants et les cuivres étincelants. ...
Le grand Cloitre
On peut attribuer à deux époques différentes ce délicieux cloître à portiques et à galeries, comme le montre clairement l'architecture des deux étages. Le portique fut probablement construit à l'époque du grand élan de construction à Saint-Étienne, c'est-à-dire entre 1117 et 1140; la galerie de l'étage supérieur fut ajoutée ultérieurement entre le milieu du xne siècle et les premières décennies du xme. Dans le portique apparaît à l'évidence l'utilisation hâtive d'éléments récupérés, colonnes et portions de colonnes recueillis dans les ruines causées par le tremblement de terre; dans la galerie, on se trouve en face d'une exécution plus soignée, très travaillée, répartie dans le temps. Les quatre côtés du portique sont identiques, formés chacun de cinq grandes arcades closes dans le bas par un muret; celui-ci s'ouvre sous l'arcade centrale de chacun des côtés pour donner accès au petit jardin (aujourd'hui pavé) et au puits. Les supports des arcs aux angles et dans les arcades centrales, sont faits de maçonneries massives en brique sans aucune moulure ; mais une fois sur deux, dans les paires d'arcades, de part et d'autre de l'arcade centrale, la maçonnerie s'interrompt pour laisser la place à des supports en marbre. Ceux-ci (huit en tout) sont constitués sur deux côtés de courts troncs de colonne, sur les deux autres de faisceaux de quatre colonnettes, faites manifestement de sections de colonnes plus longues. On s'est complètement passé de bases et de chapiteaux : les colonnettes prennent appui dans le bas sur le muret, et rejoignent dans le haut le sommier des deux arcs contigus. ... A l'étage supérieur s'ouvre la galerie, qui s'étend uniformément sur les quatre côtés, composée de quatorze arcs par côté retombant sur des colonnettes jumelées d'élégante facture. Les chapiteaux sont eux-mêmes ouvragés et élégants. La plupart sont sculptés de feuillage et de volutes, de style quasi gothique; sur l'un des côtés - à l'Ouest - nous avons par contre des chapiteaux à figures grotesques : hommes accroupis qui tiennent dans leurs mains le haut d'une colonne et entre leurs genoux le haut de l'autre, ou autres inventions analogues, pleines de verve et sculptées avec aisance. ...
(extrait de : Emilie romane ; Sergio Stocchi, Ed. Zodiaque, Coll. La nuit des Temps, 1984, pp. 313-365)
Coordonnées GPS : N44.492208 ; E11.348844
Album mosaïque: www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018/
Slide show (F11 = full screen): www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018...
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Exposition Photo "Vive la Banlieue" Regards photographiques sur la ville de Bagneux
« Vive la banlieue », exposition collective de photos de
Serge Barès, Olivier Dumay, Frédéric Taddeï-Ange, Jean-Marc Moser
et de sérigraphies de vues nocturnes de Bagneux de FIL.H.
Du 19 octobre 2012 au 21 décembre 2012
From October 19, 2012 to December 21, 2012
Regards photographiques sur la ville de Bagneux
Serges Barès, Olivier Dumay, Amadou Gaye, Jean-Marc Moser, Nath Oxygène, Robert Rousseau, Frédéric Taddeï Ange, Magüi Trujillo, Nicolas Wilmouth
Du 19 octobre 2012 au 10 mai 2013
From October 19, 2012 to May 10, 2013
MAISON DES ARTS DE BAGNEUX (Bagneux)
15, avenue Albert Petit - 92220 Bagneux
Tél / Phone : 01 46 56 64 36 - Fax : 01 46 56 20 93
mardi14h-20h, mercredi-vendredi 14h-17h
tuesday 2pm-8pm, wednesday-friday 2pm-5pm
E-mail : maison-arts@mairie-bagneux.fr
Web : www.bagneux92.fr
Source:http://www.associationdesgalerie s.org/fiche_galerie.aspx?codeid =107
New Objectivity Images.
La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
Eglise romane Saint-Pierre-et-Saint-Paul ; commune de Rosheim, Bas-Rhin, 67, Alsace, France
... L'EXTÉRIEUR
La façade plate, décorée par des lésènes et des arcatures lombardes, dont le contour traduit la coupe de la nef à la manière italienne, reste entièrement dans la tradition rhénane. Deux lignes horizontales divisent la paroi en trois registres. Celui du milieu repose sur un bandeau ourlé d'une file de modulons à talon, reliant les chaperons des demi-pignons des collatéraux, et s'arrête à la naissance du pignon principal sous une corniche à doucine, qui se retourne sur les murs gouttereaux. L'étage du bas comprend sept champs élancés, celui du centre légèrement en saillie occupé par le portail, ceux sur les côtés en creux, surmontés chacun de trois arcatures, dont les baguettes descendent sur les pilastres d'angle et les lésènes. Le portail ne présente pas encore l'ébrasement à ressaut à angle droit, en faveur à la fin du XIIe siècle, mais le rétrécissement du passage est réalisé par une disposition en biais des jambages constitués de bandes plates, encadrées par une série de torsades ou boudins cannelés, qui contournent sans discontinuer la porte, surmontée d'un tympan semi-circulaire. Au-dessus de la cimaise profilée du portail, dans un cadre rectangulaire, à frettes crénelées et serti d'une double baguette, on distingue les traces d'un bas-relief martelé. A l'étage supérieur, la division par lésènes se poursuit. Le champ central, plus large, présente au fond d'une niche plate en plein cintre une rose fortement ébrasée. Les arcatures qui relient les lésènes sont surmontées d'une moulure arrondie marquant le départ des combles. Les rampants du pignon sont bordés d'une corniche composée d'arcatures, aux branches étagées sous une tablette soulignée par une file de corbeaux. Et comme si ce décor n'était pas suffisamment riche, une bande horizontale d'arcatures subdivise la surface triangulaire en deux champs et contourne d'un arc plus large la niche centrale abritant la statue de saint Pierre, tandis que le champ supérieur est percé d'un oculus. Et maintenant, le décor sculpté : un grand oiseau est placé sur le fleuron qui couronne le faîtage. Mais, au pied des rampants, des lions accroupis posent leurs pattes sur les épaules d'un homme, affaissé sous le poids de la bête, motif qui se répète aussi à la base des demi-pignons des collatéraux. Ces sculptures, qui donnent un accent pittoresque à la silhouette presque classique de la façade, ont provoqué une légende étiologique. En effet, on raconte qu'un certain comte de Salem, habitant la maison romane située au haut de la ville, homme au cœur dur et plein de suffisance, dut un jour subir de lourdes épreuves. Tour à tour, ses quatre enfants furent dévorés par un loup qui hantait les forêts voisines. Le comte, se repentant, consulta un ermite, qui lui conseilla, pour obtenir le pardon divin, de construire une église sur l'emplacement qui lui serait indiqué par un oiseau. C'est cette légende qui aurait été illustrée par le sculpteur. A la façade, au pied des rampants, se dresserait le monstre dévorant les enfants, la statue du comte, fondateur de l'église, posée sur le glacis triangulaire Sud-Ouest de la tour, tandis que l'ermite lui fait pendant au Nord-Est. Enfin, l'oiseau indicateur est perché sur le faîte. Il s'agit là d'une explication légendaire, qui est contredite par le cycle complet de la représentation sculptée. Dans la niche du pignon se détache en effet saint Pierre, patron de l'église. Le lion qu'il foule à ses pieds est ingénieusement mis en parallèle avec les félins gigantesques retenant sous leurs pattes pesantes de pauvres hères, dont on croit percevoir les cris. En effet, si, d'après les paroles mêmes de l'Apôtre, le lion rugissant est une image du diable, les groupes placés aux extrémités des toitures possèdent certainement aussi une signification symbolique. L'art funéraire de l'Antiquité païenne les connaît déjà et les considère comme une sorte de mémento mort monumental, où le lion représente la mort hostile et dévorant toute chose. Pour les chrétiens, le sens de la figuration est à peine changé : ils y voient une illustration de la complainte du psalmiste : Aperuerunt super me os suum, sicut leo rapiens. A l'époque romane, le motif est des plus répandus et le groupe correspondant de la cathédrale de Pise est d'ailleurs accompagné d'une inscription de même sens, c'est celle tirée de l'invocation bien connue de l'office des morts : Libéra me de ore leonis. Quant à l'oiseau du faîtage, il s'agirait de l'aigle triomphal symbolisant la Résurrection. Mais ce n'est pas tout, le décor plastique s'étendait primitivement plus bas. Sur le tympan martelé, on distingue encore les traces d'un Christ trônant dans une mandorle portée par quatre anges, et dans la niche rectangulaire surmontant le portail, les figures également martelées d'une Crucifixion. La croix n'était pas sculptée, ce qui indiquerait que primitivement le fond du relief était polychrome. En comparaison de cette richesse de la façade, le décor des murs latéraux est bien plus sobre. Il se borne à souligner la subdivision intérieure. L'ordonnance des bas-côtés, il est vrai, se répète sur les murs gouttereaux, bien qu'à deux champs corresponde à l'intérieur une seule travée. Dans le détail, les moulures des lésènes et arceaux se différencient par étage. Dans les arcatures du bas, les branches retombent sur des modillons garnis de billettes. A la façade haute, leurs profils se retournent sous les branches et les lésènes sont de plus chargées d'une colonnette sans fonction apparente, mais qui était sans doute primitivement destinée à supporter l'encorbellement d'une corniche plus saillante. L'actuelle est profilée en doucine sous la toiture de la nef, tandis que sur les collatéraux elle est constituée par un cordon de damier. Deux portes s'ouvrent dans les bas-côtés. Celle du Nord est encadrée de boudins continus. Un massif rectangulaire en saillie sur le mur et découpé en demi-cercle autour du tympan constitue une sorte d'auvent, posé sur deux puissantes consoles. Sur la corniche reposent des animaux enchevêtrés, à côté d'un personnage accroupi. Le portail Sud est plus richement décoré. Il s'ouvre sous une arcade formée par deux colonnes, couvertes de chevrons et d'un ornement en spirale, portant sur leur chapiteau cubique et tailloir en damier une archivolte moulurée. Comme au portail occidental, ses jambages sont largement ébrasés. Entre les torsades se succèdent un cordon de palmettes et un maillage d'anneaux. Les façades des croisillons sont divisées en deux étages par un cordon, au Sud avec palmettes. La partie haute se compose de trois champs limités par des lésènes, mais celui du bas est décoré de quatre longues niches plates bordées d'une double baguette. Les arcatures lombardes retombant sur des modillons alternativement garnis de billettes et de têtes sculptées, sont recouvertes d'un cordon de damier, qui remonte aussi le rampant des pignons percés au centre d'un oculus. Parmi les sculptures figuratives, relevons a l'angle Sud-Ouest du croisillon Sud le chevalier qui délivre un compagnon d'armes, englouti à mi-corps dans la gueule d'un dragon ailé. Cette scène, peut-être inspirée par un épisode de l'épopée de Théodoric de Ravenne, possède ici sans doute une signification allégorique de la victoire du Christ sur la mort, qui arrache le chrétien à la gueule de l'enfer, complétant le sens des groupes de la façade occidentale. Encadrant l'oculus, on distingue encore un homme qui enfonce sa main dans la gueule d'un dragon, allusion probable à l'évocation du royaume de paix par le prophète Isaïe : Et in caverna reguli, qui ablactatus fuerit manum suam mittet. Mais passons du côté du chevet. C'est sur l'abside centrale qu'est répandue toute la richesse du décor. Fait curieux, son parement n'est pas parfaitement circulaire et présente un pan coupé à sa face. Six pilastres aux arêtes moulurées et dotées de chapiteaux doriques supportent des petites arcades jumelles retombant sur des corbeaux ornés de damiers disposés en grappes, tandis que la corniche est constituée de quatre rangs de billettes.
Les fenêtres latérales sont percées à cru, mais l'encadrement de celle qui s'ouvre dans l'axe est d'autant plus riche : bordure de palmettes doublée d'une haute arcade retombant sur deux colonnes à fût hélicoïdal. De part et d'autre, sont sculptés les symboles des évangélistes : l'aigle et le boeuf à gauche, le lion et l'homme à droite, ce dernier d'ailleurs martelé sous la Révolution. Le Christ en majesté ou l'Agneau ne sont pas représentés. Mais le Seigneur est-il vraiment absent ? On remarquera l'emplacement donné aux évangélistes : n'évoque-t-il pas la présence divine sur l'autel placé derrière cette fenêtre, lors de la célébration du sacrifice eucharistique ! Le décor de l'abside latérale est un peu moins riche : lésènes sans chapiteaux et arcatures jumelles soutenues par des animaux. Reste la chapelle rectangulaire, qui s'élève au Sud-Est, dans l'angle du chœur et du transept. D'une facture plus archaïque, elle se distingue par des arceaux à double ressaut, assemblés à claveaux reposant sur des pilastres bordés de tores. Le clocher octogonal, enfin est une œuvre du XIIIe siècle. Quatre grandes baies en tiers-point, dont les meneaux soutiennent deux arcs trèfles et un quatre-feuilles, alternent avec des lancettes trilobées plus étroites, tandis que la doucine de la corniche est chargée de roses, l'emblème héraldique de la cité. Mais, à la naissance de l'octogone, sur les glacis triangulaires de l'ancienne tour romane sont encore posés deux marmousets, dont l'un tient un gobelet dans sa main et l'autre caresse sa barbe. Portées au nombre de quatre, ces statues figurent également à la tour de croisée de Guebwiller. Une explication satisfaisante n'a pu en être donnée à ce jour. L'impression d'équilibre et de clarté dégagée par les façades de l'église de Rosheim n'est pas uniquement due à la grande variété du décor, mais elle provient également de la qualité technique des ouvrages et, pour une large part, de la beauté du matériau mis en œuvre. Tous les parements sont en pierre de taille, le tracé de l'appareil dépasse en régularité celui des façades de Murbach et de Marmoutier et ne sera plus atteint avant Altorf et Strasbourg. La précision du coup de ciseau et la perfection du modelé des profils sont exemplaires et attestent la haute qualité des exécutants. Le matériau choisi est le grès jaune de la région de Westhoffen pour les parties romanes et le grès rouge des carrières de Gresswiller pour la tour gothique. Les teintes vives du grès participent à l'effet harmonieux que dégage l'édifice, qui vibre littéralement, éclairé par le soleil couchant ou sous les faisceaux des projecteurs.
L'INTERIEUR
En pénétrant dans l'église, on est quelque peu surpris : à la tonalité chaude et à la profusion du décor des façades ont succédé la pénombre et les masses pesantes de l'ordonnance intérieure. La nef sombre et lourde est dominée par la puissante ossature des voûtes. Piliers, colonnes et arcades dégagent eux aussi une force impressionnante, au point que l'espace intérieur des vaisseaux semble comprimé entre les larges surfaces nues des parois. Et néanmoins, les proportions ne sont nullement archaïques. A une largeur de 6 m 14 dans œuvre de la nef correspond une hauteur sous clef de 11 m 37. Le rapport de largeur à hauteur est donc de 1 à 1,8. Où qu'il se dirige, le regard ne rencontre que pierre de taille. Piliers et colonnes, arcades et ogives sont sculptés dans le grès, les murs gouttereaux dressés en grand appareil, ceux des bas-côtés en blocage plus petit, mais également destinés à rester apparents. Seuls les champs des voûtes, crépis et couverts d'un badigeon clair, contrebalancent cette extraordinaire massivité de l'ensemble.
Nef
La nef est divisée en deux travées doubles sensiblement plus profondes que larges, précédées d'une travée simple barlongue, tangente au mur de façade. A chaque travée double correspondent deux travées carrées dans les bas-côtés. L'alternance des supports en découle. Elle est traitée selon la tradition rhénane. Entre les larges piliers cruciformes (leur socle a 2 m 60 de côté) séparant les travées, s'élèvent de grosses colonnes à fût monolithe et tronconique, qui portent les arcades en plein cintre. Les énormes bases (posées sur des dalles carrées de 1 m 50 de côté), munies aux angles de fortes griffes, sont de type attique. Les chapiteaux possèdent des formes et un décor chaque fois différents. Le premier est composé de huit chapiteaux cubiques, retenus par une bande ornementale sculptée en méplat, l'astragale constitué par une natte tressée. Sur le suivant, les lobes des huit petits chapiteaux sont devenus un quadruple feston et l'astragale est formé par une couronne de 21 petites têtes humaines. Le troisième chapiteau se compose de quatre cubes dont les lobes sont couverts d'un décor de feuilles à peine esquissé et les parties sphériques ornées de palmettes. Le fût est entouré d'un solide anneau. Le quatrième enfin abandonne la forme cubique; un calice de feuilles d'acanthe, larges et charnues, supporte, par l'intermédiaire d'une dalle ronde munie aux angles de pointes, l'embrase carrée du tailloir. Les profils des tailloirs sont de deux types, l'un à doucine et quart-de-rond, l'autre à tore plat entrer filets. Ces colonnes sont non seulement étonnantes par le renouvellement de la modénature et du décor, mais aussi par leurs volumes et proportions. La hauteur du tambour du fût est égale à la circonférence prise à sa base, tandis que la hauteur totale de la colonne mesure 4 fois 1/2 celle du chapiteau. La longueur du côté du tailloir qui le couronne, par contre, est égale au tiers de la hauteur. Bien entendu, base et chapiteau sont, comme les fûts, débités dans un seul bloc de pierre. Ces dimensions et proportions, rarement adoptées à l'époque romane, prêtent à ces soutiens une force de poussée néanmoins empreinte d'harmonie. D'aucuns seront surpris par la fraîcheur des surfaces et la netteté des sculptures, pour en conclure à une œuvre moderne. Mais les magnifiques relevés à grande échelle, extrêmement précis, déposés aux archives des Monuments historiques et datant de 1845, donc bien avant la première restauration, montrent les mêmes chapiteaux en parfait état, et l'absence d'une mention de réfection dans les décomptes également conservés prouve que nous sommes encore en présence des originaux romans.
Les piles fortes cruciformes ne sont pas renforcées dans les encoignures, à l'exception du pilier de l'extrémité Ouest de la paroi Nord, où les colonnettes des écoinçons munies de chapiteaux cubiques s'arrêtent à hauteur des impostes des arcades. Mais, aux autres piliers du mur Nord, comme le prouvent les bases laissées en attente, ces colonnettes étaient pour le moins prévues, tandis qu'elles manquent complètement aux piliers du mur Sud. Les piédroits des arcades et ceux tournés vers les bas-côtés sont pourvus d'impostes moulurées; sur le pilier Ouest de la paroi Nord, son profil se retourne même sur le ressaut rectangulaire portant le doubleau de la nef. Les arcades, à simple rouleau assemblé de claveaux réguliers, à arêtes vives, sont, à l'exception de deux, parfaitement circulaires. Sous l'étage des fenêtres, à hauteur des impostes des arcs doubleaux, un bandeau profilé règne sur le pourtour de la nef et se poursuit dans les croisillons ainsi que dans le chœur. Les fenêtres hautes relativement grandes et fortement ébrasées, sont jumelées dans les lunettes des travées doubles. Les formerets sont en plein cintre, mais décrivent une courbe en tiers-point dans la travée occidentale. Les arcs-doubleaux, également en plein cintre, qui séparent les voûtes, se composent de deux rouleaux non concentriques. Il en résulte un allongement des claveaux de l'arc inférieur, qui donne à ses faces latérales une forme de faucille ou de croissant. Les branches d'ogives constituées d'un simple tore de forte section ne possèdent pas de support particulier, mais vont se perdre en s'amincissant en fuseau entre le doubleau et le formeret. Au point de raccord avec la pointe conique, la nervure torique est découpée en zigzag. Il n'y a pas de clef sculptée, seule une petite bague est posée à la rencontre des ogives. La retombée commune du rouleau supérieur de l'arc-doubleau et du formeret voisin est soutenue par une figure d'atlante ou un masque sculpté, engagé dans l'angle du pilier et de la paroi.
Bas-côtés
Quant aux bas-côtés, ils sont couverts de simples voûtes d'arêtes, construites en moellons bruts et crépies. Le long des murs, les arcs formerets reposent sur des dosserets rectangulaires, tandis que les doubleaux retombent sur des colonnettes qui y sont engagées. Dans le bas-côté Sud uniquement, une colonnette semblable est adossée aux ressauts des piles fortes et ce n'est pas sans mal que les voûtes ont été réalisées. En raison de la saillie inégale, voire de l'absence de dosseret du côté des grosses colonnes monolithes, les arcs-doubleaux sont d'ouverture variable et comme ces dosserets sont moins larges du côté du mur que du côté de la nef, les voûtes sont irrégulières et les voûtains souvent gauchis. Dosserets et colonnettes reposent du côté du mur sur une banquette, régnant sur toute la longueur. Une seule fenêtre est percée dans chaque travée ; dans l'avant-dernière cependant elle est remplacée par une porte.
Transept
L'effet produit par le transept est celui d'une extrême nudité. Les murs des croisillons, comme d'ailleurs ceux de la travée du chœur précédant l'abside, n'ont d'autre décoration que le cordon mouluré régnant à hauteur des tailloirs des piliers. Deux fenêtres surmontées d'une baie plus petite ajourent les murs de fond. De petites baies semblables sont percées dans les lunettes des autres parois, tandis qu'une seule fenêtre éclaire l'absidiole du Nord. Dans le croisillon Sud, une arcade à double rouleau s'ouvre dans la chapelle de la Vierge. La baie géminée qui la surmonte a été percée en 1860, pour laisser passer le son de l'orgue Silbermann, relégué au premier étage de l'ancienne tour-chœur. La chapelle est couverte d'une simple voûte d'arêtes, dont les formerets reposent sur des ressauts rectangulaires. Son sol primitif, qu'on vient de rétablir, est en contrebas par rapport à celui du transept et de la nef, et prouve l'antériorité de cette partie de l'édifice. On observera d'ailleurs des traces du relèvement du dallage, entraînant une modification des profils du socle, exécutée lors de la construction de la nef actuelle. La croisée est couverte d'une voûte d'oglves dont les branches toriques se terminent, comme dans la nef, en fuseau entre les retombées des grandes arcades en plein cintre. Celles-ci sont à double rouleau, les doubleaux inférieurs portés par les piédroits des piliers; les supérieurs faisant office de formerets, reçus du côté du chœur sur des colonnes engagées dans l'encoignure des piliers, tandis que du côté de la nef, les fûts sont remplacés par un groupe sculpté formant cul-de-lampe. Dans les croisillons par contre, les nervures des ogives possèdent un profil rectangulaire. Elles retombent sans se rétrécir au Nord sur des colonnettes engagées dans l'angle des murs et au Sud sur des colonnettes à fût tronqué et terminé en pointe.
Chœur
Récemment (été 1968), les murs et voûtes du chœur ont été débarrassés des lourdes peintures et dorures d'inspiration byzantine, que l'architecte Ringeisen y avait fait appliquer pour pallier la nudité des parois et l'absence de décor sculpté. Il est vrai que dès le Moyen Age l'abside était peinte. On découvrit dans la voûte, lors du débadigeonnage en 1859, un Christ bénissant la Vierge nimbée et agenouillée à sa droite, scène du Couronnement ou de la Déisis ? On ne sait, pas plus qu'on ne connaît l'âge exact de cette fresque. Trois fenêtres en plein cintre, celle du centre plus large que les autres, éclairent l'abside. La paroi Nord de la travée droite est ajourée de deux fenêtres superposées. Pour donner à l'organiste la vue sur l'autel, on perça lors de la restauration, dans la paroi Sud, deux ouvertures semblables. Le millésime de 1454 est gravé au-dessus de la porte communiquant avec la chapelle de la Vierge. Le socle de l'abside est décentré par rapport aux maçonneries montantes, indice d'un changement en cours de travaux et sans doute la cause du curieux pan coupé du parement, observé à l'extérieur. Plus intéressante est la voûte. Les branches d'ogive de section rectangulaire sont chargées d'un demi-tore. Comme dans les croisillons, elles retombent sur des colonnettes engagées dans les angles des murs. Mais cette fois, en raison de sa largeur, la bande rectangulaire est entaillée à partir de sa rencontre avec les formerets. Seul le profil du boudin reste intact et se poursuit jusqu'au sol par le fût de la colonnette.
Pour l'étude des voûtes romanes, l'église de Rosheim offre un véritable répertoire de toutes, les formes utilisées en Alsace. En effet, on y trouve, dans les bas-côtés, les voûtes d'arêtes traditionnelles, déjà employées dans les cryptes de Neuwiller ou d'Andlau. Dans la haute nef, le transept et le chœur, la voûte sur croisée d'ogives est représentée par trois types différents : d'abord les branches d'ogives de section carrée à arêtes vives, proches de celles du chœur de Murbach, ensuite le demi-tore engagé sur une bande rectangulaire, semblable aux nervures des voûtes de l'église Saint-Jean près de Saverne, enfin, le gros boudin terminé en Cône renversé, jusqu'ici sans précédent. La même variété règne dans les supports particuliers : colonnettes élancées à chapiteaux cubiques, chapiteaux prolongés par un tronçon de fût, consoles en forme de masque ou encore en atlante. ... (extrait de : Alsace romane, Ed. Zodiaque, Coll. Nuit des Temps)
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La Conscience Décentrée ou l'Esprit Quantique.
La réalité observée change avec la fréquence vibratoire émise, plus cette fréquence augmente, plus la réalité observée devient complexe et subtile. C’est exactement ce que nous vivons tous.
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Eglise romane Saint-Pierre-et-Saint-Paul ; commune de Rosheim, Bas-Rhin, 67, Alsace, France
... L'EXTÉRIEUR
La façade plate, décorée par des lésènes et des arcatures lombardes, dont le contour traduit la coupe de la nef à la manière italienne, reste entièrement dans la tradition rhénane. Deux lignes horizontales divisent la paroi en trois registres. Celui du milieu repose sur un bandeau ourlé d'une file de modulons à talon, reliant les chaperons des demi-pignons des collatéraux, et s'arrête à la naissance du pignon principal sous une corniche à doucine, qui se retourne sur les murs gouttereaux. L'étage du bas comprend sept champs élancés, celui du centre légèrement en saillie occupé par le portail, ceux sur les côtés en creux, surmontés chacun de trois arcatures, dont les baguettes descendent sur les pilastres d'angle et les lésènes. Le portail ne présente pas encore l'ébrasement à ressaut à angle droit, en faveur à la fin du XIIe siècle, mais le rétrécissement du passage est réalisé par une disposition en biais des jambages constitués de bandes plates, encadrées par une série de torsades ou boudins cannelés, qui contournent sans discontinuer la porte, surmontée d'un tympan semi-circulaire. Au-dessus de la cimaise profilée du portail, dans un cadre rectangulaire, à frettes crénelées et serti d'une double baguette, on distingue les traces d'un bas-relief martelé. A l'étage supérieur, la division par lésènes se poursuit. Le champ central, plus large, présente au fond d'une niche plate en plein cintre une rose fortement ébrasée. Les arcatures qui relient les lésènes sont surmontées d'une moulure arrondie marquant le départ des combles. Les rampants du pignon sont bordés d'une corniche composée d'arcatures, aux branches étagées sous une tablette soulignée par une file de corbeaux. Et comme si ce décor n'était pas suffisamment riche, une bande horizontale d'arcatures subdivise la surface triangulaire en deux champs et contourne d'un arc plus large la niche centrale abritant la statue de saint Pierre, tandis que le champ supérieur est percé d'un oculus. Et maintenant, le décor sculpté : un grand oiseau est placé sur le fleuron qui couronne le faîtage. Mais, au pied des rampants, des lions accroupis posent leurs pattes sur les épaules d'un homme, affaissé sous le poids de la bête, motif qui se répète aussi à la base des demi-pignons des collatéraux. Ces sculptures, qui donnent un accent pittoresque à la silhouette presque classique de la façade, ont provoqué une légende étiologique. En effet, on raconte qu'un certain comte de Salem, habitant la maison romane située au haut de la ville, homme au cœur dur et plein de suffisance, dut un jour subir de lourdes épreuves. Tour à tour, ses quatre enfants furent dévorés par un loup qui hantait les forêts voisines. Le comte, se repentant, consulta un ermite, qui lui conseilla, pour obtenir le pardon divin, de construire une église sur l'emplacement qui lui serait indiqué par un oiseau. C'est cette légende qui aurait été illustrée par le sculpteur. A la façade, au pied des rampants, se dresserait le monstre dévorant les enfants, la statue du comte, fondateur de l'église, posée sur le glacis triangulaire Sud-Ouest de la tour, tandis que l'ermite lui fait pendant au Nord-Est. Enfin, l'oiseau indicateur est perché sur le faîte. Il s'agit là d'une explication légendaire, qui est contredite par le cycle complet de la représentation sculptée. Dans la niche du pignon se détache en effet saint Pierre, patron de l'église. Le lion qu'il foule à ses pieds est ingénieusement mis en parallèle avec les félins gigantesques retenant sous leurs pattes pesantes de pauvres hères, dont on croit percevoir les cris. En effet, si, d'après les paroles mêmes de l'Apôtre, le lion rugissant est une image du diable, les groupes placés aux extrémités des toitures possèdent certainement aussi une signification symbolique. L'art funéraire de l'Antiquité païenne les connaît déjà et les considère comme une sorte de mémento mort monumental, où le lion représente la mort hostile et dévorant toute chose. Pour les chrétiens, le sens de la figuration est à peine changé : ils y voient une illustration de la complainte du psalmiste : Aperuerunt super me os suum, sicut leo rapiens. A l'époque romane, le motif est des plus répandus et le groupe correspondant de la cathédrale de Pise est d'ailleurs accompagné d'une inscription de même sens, c'est celle tirée de l'invocation bien connue de l'office des morts : Libéra me de ore leonis. Quant à l'oiseau du faîtage, il s'agirait de l'aigle triomphal symbolisant la Résurrection. Mais ce n'est pas tout, le décor plastique s'étendait primitivement plus bas. Sur le tympan martelé, on distingue encore les traces d'un Christ trônant dans une mandorle portée par quatre anges, et dans la niche rectangulaire surmontant le portail, les figures également martelées d'une Crucifixion. La croix n'était pas sculptée, ce qui indiquerait que primitivement le fond du relief était polychrome. En comparaison de cette richesse de la façade, le décor des murs latéraux est bien plus sobre. Il se borne à souligner la subdivision intérieure. L'ordonnance des bas-côtés, il est vrai, se répète sur les murs gouttereaux, bien qu'à deux champs corresponde à l'intérieur une seule travée. Dans le détail, les moulures des lésènes et arceaux se différencient par étage. Dans les arcatures du bas, les branches retombent sur des modillons garnis de billettes. A la façade haute, leurs profils se retournent sous les branches et les lésènes sont de plus chargées d'une colonnette sans fonction apparente, mais qui était sans doute primitivement destinée à supporter l'encorbellement d'une corniche plus saillante. L'actuelle est profilée en doucine sous la toiture de la nef, tandis que sur les collatéraux elle est constituée par un cordon de damier. Deux portes s'ouvrent dans les bas-côtés. Celle du Nord est encadrée de boudins continus. Un massif rectangulaire en saillie sur le mur et découpé en demi-cercle autour du tympan constitue une sorte d'auvent, posé sur deux puissantes consoles. Sur la corniche reposent des animaux enchevêtrés, à côté d'un personnage accroupi. Le portail Sud est plus richement décoré. Il s'ouvre sous une arcade formée par deux colonnes, couvertes de chevrons et d'un ornement en spirale, portant sur leur chapiteau cubique et tailloir en damier une archivolte moulurée. Comme au portail occidental, ses jambages sont largement ébrasés. Entre les torsades se succèdent un cordon de palmettes et un maillage d'anneaux. Les façades des croisillons sont divisées en deux étages par un cordon, au Sud avec palmettes. La partie haute se compose de trois champs limités par des lésènes, mais celui du bas est décoré de quatre longues niches plates bordées d'une double baguette. Les arcatures lombardes retombant sur des modillons alternativement garnis de billettes et de têtes sculptées, sont recouvertes d'un cordon de damier, qui remonte aussi le rampant des pignons percés au centre d'un oculus. Parmi les sculptures figuratives, relevons a l'angle Sud-Ouest du croisillon Sud le chevalier qui délivre un compagnon d'armes, englouti à mi-corps dans la gueule d'un dragon ailé. Cette scène, peut-être inspirée par un épisode de l'épopée de Théodoric de Ravenne, possède ici sans doute une signification allégorique de la victoire du Christ sur la mort, qui arrache le chrétien à la gueule de l'enfer, complétant le sens des groupes de la façade occidentale. Encadrant l'oculus, on distingue encore un homme qui enfonce sa main dans la gueule d'un dragon, allusion probable à l'évocation du royaume de paix par le prophète Isaïe : Et in caverna reguli, qui ablactatus fuerit manum suam mittet. Mais passons du côté du chevet. C'est sur l'abside centrale qu'est répandue toute la richesse du décor. Fait curieux, son parement n'est pas parfaitement circulaire et présente un pan coupé à sa face. Six pilastres aux arêtes moulurées et dotées de chapiteaux doriques supportent des petites arcades jumelles retombant sur des corbeaux ornés de damiers disposés en grappes, tandis que la corniche est constituée de quatre rangs de billettes.
Les fenêtres latérales sont percées à cru, mais l'encadrement de celle qui s'ouvre dans l'axe est d'autant plus riche : bordure de palmettes doublée d'une haute arcade retombant sur deux colonnes à fût hélicoïdal. De part et d'autre, sont sculptés les symboles des évangélistes : l'aigle et le boeuf à gauche, le lion et l'homme à droite, ce dernier d'ailleurs martelé sous la Révolution. Le Christ en majesté ou l'Agneau ne sont pas représentés. Mais le Seigneur est-il vraiment absent ? On remarquera l'emplacement donné aux évangélistes : n'évoque-t-il pas la présence divine sur l'autel placé derrière cette fenêtre, lors de la célébration du sacrifice eucharistique ! Le décor de l'abside latérale est un peu moins riche : lésènes sans chapiteaux et arcatures jumelles soutenues par des animaux. Reste la chapelle rectangulaire, qui s'élève au Sud-Est, dans l'angle du chœur et du transept. D'une facture plus archaïque, elle se distingue par des arceaux à double ressaut, assemblés à claveaux reposant sur des pilastres bordés de tores. Le clocher octogonal, enfin est une œuvre du XIIIe siècle. Quatre grandes baies en tiers-point, dont les meneaux soutiennent deux arcs trèfles et un quatre-feuilles, alternent avec des lancettes trilobées plus étroites, tandis que la doucine de la corniche est chargée de roses, l'emblème héraldique de la cité. Mais, à la naissance de l'octogone, sur les glacis triangulaires de l'ancienne tour romane sont encore posés deux marmousets, dont l'un tient un gobelet dans sa main et l'autre caresse sa barbe. Portées au nombre de quatre, ces statues figurent également à la tour de croisée de Guebwiller. Une explication satisfaisante n'a pu en être donnée à ce jour. L'impression d'équilibre et de clarté dégagée par les façades de l'église de Rosheim n'est pas uniquement due à la grande variété du décor, mais elle provient également de la qualité technique des ouvrages et, pour une large part, de la beauté du matériau mis en œuvre. Tous les parements sont en pierre de taille, le tracé de l'appareil dépasse en régularité celui des façades de Murbach et de Marmoutier et ne sera plus atteint avant Altorf et Strasbourg. La précision du coup de ciseau et la perfection du modelé des profils sont exemplaires et attestent la haute qualité des exécutants. Le matériau choisi est le grès jaune de la région de Westhoffen pour les parties romanes et le grès rouge des carrières de Gresswiller pour la tour gothique. Les teintes vives du grès participent à l'effet harmonieux que dégage l'édifice, qui vibre littéralement, éclairé par le soleil couchant ou sous les faisceaux des projecteurs.
L'INTERIEUR
En pénétrant dans l'église, on est quelque peu surpris : à la tonalité chaude et à la profusion du décor des façades ont succédé la pénombre et les masses pesantes de l'ordonnance intérieure. La nef sombre et lourde est dominée par la puissante ossature des voûtes. Piliers, colonnes et arcades dégagent eux aussi une force impressionnante, au point que l'espace intérieur des vaisseaux semble comprimé entre les larges surfaces nues des parois. Et néanmoins, les proportions ne sont nullement archaïques. A une largeur de 6 m 14 dans œuvre de la nef correspond une hauteur sous clef de 11 m 37. Le rapport de largeur à hauteur est donc de 1 à 1,8. Où qu'il se dirige, le regard ne rencontre que pierre de taille. Piliers et colonnes, arcades et ogives sont sculptés dans le grès, les murs gouttereaux dressés en grand appareil, ceux des bas-côtés en blocage plus petit, mais également destinés à rester apparents. Seuls les champs des voûtes, crépis et couverts d'un badigeon clair, contrebalancent cette extraordinaire massivité de l'ensemble.
Nef
La nef est divisée en deux travées doubles sensiblement plus profondes que larges, précédées d'une travée simple barlongue, tangente au mur de façade. A chaque travée double correspondent deux travées carrées dans les bas-côtés. L'alternance des supports en découle. Elle est traitée selon la tradition rhénane. Entre les larges piliers cruciformes (leur socle a 2 m 60 de côté) séparant les travées, s'élèvent de grosses colonnes à fût monolithe et tronconique, qui portent les arcades en plein cintre. Les énormes bases (posées sur des dalles carrées de 1 m 50 de côté), munies aux angles de fortes griffes, sont de type attique. Les chapiteaux possèdent des formes et un décor chaque fois différents. Le premier est composé de huit chapiteaux cubiques, retenus par une bande ornementale sculptée en méplat, l'astragale constitué par une natte tressée. Sur le suivant, les lobes des huit petits chapiteaux sont devenus un quadruple feston et l'astragale est formé par une couronne de 21 petites têtes humaines. Le troisième chapiteau se compose de quatre cubes dont les lobes sont couverts d'un décor de feuilles à peine esquissé et les parties sphériques ornées de palmettes. Le fût est entouré d'un solide anneau. Le quatrième enfin abandonne la forme cubique; un calice de feuilles d'acanthe, larges et charnues, supporte, par l'intermédiaire d'une dalle ronde munie aux angles de pointes, l'embrase carrée du tailloir. Les profils des tailloirs sont de deux types, l'un à doucine et quart-de-rond, l'autre à tore plat entrer filets. Ces colonnes sont non seulement étonnantes par le renouvellement de la modénature et du décor, mais aussi par leurs volumes et proportions. La hauteur du tambour du fût est égale à la circonférence prise à sa base, tandis que la hauteur totale de la colonne mesure 4 fois 1/2 celle du chapiteau. La longueur du côté du tailloir qui le couronne, par contre, est égale au tiers de la hauteur. Bien entendu, base et chapiteau sont, comme les fûts, débités dans un seul bloc de pierre. Ces dimensions et proportions, rarement adoptées à l'époque romane, prêtent à ces soutiens une force de poussée néanmoins empreinte d'harmonie. D'aucuns seront surpris par la fraîcheur des surfaces et la netteté des sculptures, pour en conclure à une œuvre moderne. Mais les magnifiques relevés à grande échelle, extrêmement précis, déposés aux archives des Monuments historiques et datant de 1845, donc bien avant la première restauration, montrent les mêmes chapiteaux en parfait état, et l'absence d'une mention de réfection dans les décomptes également conservés prouve que nous sommes encore en présence des originaux romans.
Les piles fortes cruciformes ne sont pas renforcées dans les encoignures, à l'exception du pilier de l'extrémité Ouest de la paroi Nord, où les colonnettes des écoinçons munies de chapiteaux cubiques s'arrêtent à hauteur des impostes des arcades. Mais, aux autres piliers du mur Nord, comme le prouvent les bases laissées en attente, ces colonnettes étaient pour le moins prévues, tandis qu'elles manquent complètement aux piliers du mur Sud. Les piédroits des arcades et ceux tournés vers les bas-côtés sont pourvus d'impostes moulurées; sur le pilier Ouest de la paroi Nord, son profil se retourne même sur le ressaut rectangulaire portant le doubleau de la nef. Les arcades, à simple rouleau assemblé de claveaux réguliers, à arêtes vives, sont, à l'exception de deux, parfaitement circulaires. Sous l'étage des fenêtres, à hauteur des impostes des arcs doubleaux, un bandeau profilé règne sur le pourtour de la nef et se poursuit dans les croisillons ainsi que dans le chœur. Les fenêtres hautes relativement grandes et fortement ébrasées, sont jumelées dans les lunettes des travées doubles. Les formerets sont en plein cintre, mais décrivent une courbe en tiers-point dans la travée occidentale. Les arcs-doubleaux, également en plein cintre, qui séparent les voûtes, se composent de deux rouleaux non concentriques. Il en résulte un allongement des claveaux de l'arc inférieur, qui donne à ses faces latérales une forme de faucille ou de croissant. Les branches d'ogives constituées d'un simple tore de forte section ne possèdent pas de support particulier, mais vont se perdre en s'amincissant en fuseau entre le doubleau et le formeret. Au point de raccord avec la pointe conique, la nervure torique est découpée en zigzag. Il n'y a pas de clef sculptée, seule une petite bague est posée à la rencontre des ogives. La retombée commune du rouleau supérieur de l'arc-doubleau et du formeret voisin est soutenue par une figure d'atlante ou un masque sculpté, engagé dans l'angle du pilier et de la paroi.
Bas-côtés
Quant aux bas-côtés, ils sont couverts de simples voûtes d'arêtes, construites en moellons bruts et crépies. Le long des murs, les arcs formerets reposent sur des dosserets rectangulaires, tandis que les doubleaux retombent sur des colonnettes qui y sont engagées. Dans le bas-côté Sud uniquement, une colonnette semblable est adossée aux ressauts des piles fortes et ce n'est pas sans mal que les voûtes ont été réalisées. En raison de la saillie inégale, voire de l'absence de dosseret du côté des grosses colonnes monolithes, les arcs-doubleaux sont d'ouverture variable et comme ces dosserets sont moins larges du côté du mur que du côté de la nef, les voûtes sont irrégulières et les voûtains souvent gauchis. Dosserets et colonnettes reposent du côté du mur sur une banquette, régnant sur toute la longueur. Une seule fenêtre est percée dans chaque travée ; dans l'avant-dernière cependant elle est remplacée par une porte.
Transept
L'effet produit par le transept est celui d'une extrême nudité. Les murs des croisillons, comme d'ailleurs ceux de la travée du chœur précédant l'abside, n'ont d'autre décoration que le cordon mouluré régnant à hauteur des tailloirs des piliers. Deux fenêtres surmontées d'une baie plus petite ajourent les murs de fond. De petites baies semblables sont percées dans les lunettes des autres parois, tandis qu'une seule fenêtre éclaire l'absidiole du Nord. Dans le croisillon Sud, une arcade à double rouleau s'ouvre dans la chapelle de la Vierge. La baie géminée qui la surmonte a été percée en 1860, pour laisser passer le son de l'orgue Silbermann, relégué au premier étage de l'ancienne tour-chœur. La chapelle est couverte d'une simple voûte d'arêtes, dont les formerets reposent sur des ressauts rectangulaires. Son sol primitif, qu'on vient de rétablir, est en contrebas par rapport à celui du transept et de la nef, et prouve l'antériorité de cette partie de l'édifice. On observera d'ailleurs des traces du relèvement du dallage, entraînant une modification des profils du socle, exécutée lors de la construction de la nef actuelle. La croisée est couverte d'une voûte d'oglves dont les branches toriques se terminent, comme dans la nef, en fuseau entre les retombées des grandes arcades en plein cintre. Celles-ci sont à double rouleau, les doubleaux inférieurs portés par les piédroits des piliers; les supérieurs faisant office de formerets, reçus du côté du chœur sur des colonnes engagées dans l'encoignure des piliers, tandis que du côté de la nef, les fûts sont remplacés par un groupe sculpté formant cul-de-lampe. Dans les croisillons par contre, les nervures des ogives possèdent un profil rectangulaire. Elles retombent sans se rétrécir au Nord sur des colonnettes engagées dans l'angle des murs et au Sud sur des colonnettes à fût tronqué et terminé en pointe.
Chœur
Récemment (été 1968), les murs et voûtes du chœur ont été débarrassés des lourdes peintures et dorures d'inspiration byzantine, que l'architecte Ringeisen y avait fait appliquer pour pallier la nudité des parois et l'absence de décor sculpté. Il est vrai que dès le Moyen Age l'abside était peinte. On découvrit dans la voûte, lors du débadigeonnage en 1859, un Christ bénissant la Vierge nimbée et agenouillée à sa droite, scène du Couronnement ou de la Déisis ? On ne sait, pas plus qu'on ne connaît l'âge exact de cette fresque. Trois fenêtres en plein cintre, celle du centre plus large que les autres, éclairent l'abside. La paroi Nord de la travée droite est ajourée de deux fenêtres superposées. Pour donner à l'organiste la vue sur l'autel, on perça lors de la restauration, dans la paroi Sud, deux ouvertures semblables. Le millésime de 1454 est gravé au-dessus de la porte communiquant avec la chapelle de la Vierge. Le socle de l'abside est décentré par rapport aux maçonneries montantes, indice d'un changement en cours de travaux et sans doute la cause du curieux pan coupé du parement, observé à l'extérieur. Plus intéressante est la voûte. Les branches d'ogive de section rectangulaire sont chargées d'un demi-tore. Comme dans les croisillons, elles retombent sur des colonnettes engagées dans les angles des murs. Mais cette fois, en raison de sa largeur, la bande rectangulaire est entaillée à partir de sa rencontre avec les formerets. Seul le profil du boudin reste intact et se poursuit jusqu'au sol par le fût de la colonnette.
Pour l'étude des voûtes romanes, l'église de Rosheim offre un véritable répertoire de toutes, les formes utilisées en Alsace. En effet, on y trouve, dans les bas-côtés, les voûtes d'arêtes traditionnelles, déjà employées dans les cryptes de Neuwiller ou d'Andlau. Dans la haute nef, le transept et le chœur, la voûte sur croisée d'ogives est représentée par trois types différents : d'abord les branches d'ogives de section carrée à arêtes vives, proches de celles du chœur de Murbach, ensuite le demi-tore engagé sur une bande rectangulaire, semblable aux nervures des voûtes de l'église Saint-Jean près de Saverne, enfin, le gros boudin terminé en Cône renversé, jusqu'ici sans précédent. La même variété règne dans les supports particuliers : colonnettes élancées à chapiteaux cubiques, chapiteaux prolongés par un tronçon de fût, consoles en forme de masque ou encore en atlante. ... (extrait de : Alsace romane, Ed. Zodiaque, Coll. Nuit des Temps)
Huile sur toile, 26 x 32 cm, 1872-1873 (R 213), musée d'Orsay, Paris.
Les pommes ont accompagné P Cézanne tout au long de sa vie. Il pensait que la notoriété pouvait s'acquérir même en traitant un sujet aussi banal.
Dans ce morceau enlevé, le pinceau fait tourner la pleine matière. Par l'effet des ombres, la composition semble décentrée et pourtant, lorsque l'on prolonge les traces de coups de crayon en diagonale qui marquent les quatre angles, elles se recoupent exactement au milieu entre les deux plus grosses pommes (cf. A Couffy).
Album mosaïque: www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018/
Slide show (F11 = full screen): www.flickr.com/photos/natureboheme/sets/72157632044755018...
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