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CW Eckersberg 1783-1853 Copenhague

La fregate Galathea après avoir salué un pilote anglais.

The fregate Galathea after hailin an english pilot. 1839

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Ernst Ludwig Kirchner 1880-1938 Germany

Zirkus 1913

Munich Pinakothek der Moderne

 

ART MODERNE : TROIS RUPTURES SUCCESSIVES

  

L'Art Moderne, 1850-1950 en dates approximatives, peut se résumer à trois ruptures successives et progressives par rapport à l'art européen en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance :

1° La rupture impressionniste

2° La rupture post-impressionniste

3° La rupture de l'art abstrait.

 

La Rupture Impressionniste, c'est essentiellement avec "le tachisme", et "l'Esquisse", une remise en question des grands principes classiques : Le dessin exact, parfaitement précis et achevé, et la touche du pinceau invisible, ou le moins visible possible. (Voir sur ce sujet le texte intitulé " La Rupture Impressionniste")

Il ne faut aucunement exagérer cette rupture : L'impressionnisme est en filigrane dans tout l'art européen depuis des siècles. Ne serait ce qu'au travers des esquisses que tous les peintres "classiques" ont réalisé sur le terrain avant de peindre en atelier avec des couleurs qui n'étaient pas transportables à l'extérieur. Et les impressionnistes n'avaient pas loin à aller pour se persuader que cette esthétique, si elle heurtait des habitudes, était en réalité une esthétique existante depuis des siècles : il leur suffisait de se rendre au Louvre. Fragonard ou Watteau c'est déjà de l'impressionnisme et le Tintoret aussi. Denis Diderot,au siècle précédent, s'inquiétait auprès de son ami Hubert Robert : " Mais Robert, vous faites des esquisses depuis si longtemps, ne pourriez vous terminer un tableau ?".

Plus près des peintres impressionnistes certains romantiques comme Delacroix ou Carl Blechen leur avait traçé la voie, comme l'école de Barbizon qui s'inspirait elle même de certains paysagistes néerlandais du 17è siècle.

La Rupture Post-Impressionniste, va plus loin dans le renouvellement des formes de l'esthétique européenne. Elle réunit plusieurs écoles: Nabis, Fauves, Cubistes, Expressionnistes, sans être exhaustif.

Les Post-Impressionnistes ajoutent à l'Impressionnisme, de toutes nouvelles techniques dont les principales sont "la peinture plate" et les couleurs arbitraires. Ces techniques ne sont en réalité pas nouvelles, elles sont empruntées à l'art Paléo-Chrétien, Byzantin et Médiéval. Les post-impressionnistes reviennent à la peinture en deux dimensions, ils renoncent à l'imitation parfaite du réel de la peinture en trois dimensions, qui a caractérisé l'art européen depuis le Gothique tardif et la Renaissance jusqu'à l'art moderne. Là encore, au départ, il suffisait de se rendre au Louvre pour voir des exemples d'une autre esthétique que celle de Raphaël, Vinci et des peintres académiques de l'époque.

 

La reproduction exacte de notre monde environnant, exact c'est à dire tel que notre vue nous le restitue, n'est en effet pas une condition nécessaire de l'Esthétique. C'est ce qu'ont démontré pendant des siècles les peintres Byzantins et ceux de l'époque médiévale. Outre la simplification des lignes, la réduction des volumes et la suppression de la perspective, les couleurs peuvent être inventées, et s'écarter totalement de celles réellement perçues par les hommes : Il en est ainsi pour l'école de Pont Aven, les Cloisonnistes, les Fauves, les Symbolistes, ou les Expressionnistes germaniques.

Les Post-impressionnistes, notamment les Cubistes, vont aller encore plus loin sur le chemin de la nouveauté en décomposant le monde réel en lignes et en volumes de plus en plus simplifiés et en multipliant les points de vue simultanés sur les objets et les êtres. Ils sont une introduction à l'art abstrait.

L'Art Abstrait nait en effet des nouvelles approches esthétiques proposées par les Post-Impressionnistes. Le premier art abstrait ne quitte pas tout à fait le réel, qui reste le point de départ reconnaissable de leur art, mais il développe, à partir du monde environnant, tout un jeu de lignes et de formes schématisées qui sont une évocation, une suggestion, une recomposition, et même une invention du monde.

De simplifications en schématisations, de synthèses en combinaisons, et de symboles en archétypes, la peinture européenne parvient dans les années 1900 et suivantes au second art abstrait qui s'éloigne totalement de l'observation de la nature pour exploiter esthétiquement les seules ressources de la géométrie euclidienne : c'est l'ère des lignes, cercles, carrés, rectangles, triangles etc, de couleur diverses.

Dans l'histoire universelle de la peinture l'Art Abstrait, à son stade achevé, est une nouveauté absolue : l'art européen cesse de vouloir signifier, d'avoir un sens, de tenir un discours compréhensible par le public. La peinture abstraite devient un jeu de formes et de couleurs sans plus aucune référence au monde environnant, tel que l'homme le perçoit par le sens de la vue, et tel qu'il l'expérimente dans son vécu quotidien. Le Non- sens, compris comme l'absence de signification, est inévitable au bout du chemin de l'art non figuratif.

Mais pendant toute cette période de l'Art Moderne, les artistes européens ne sont pas en rupture avec le passé artistique européen sur un point essentiel : Ils ne renient pas le grand principe de l'Esthétique universelle: créer le Beau le mieux partagé possible. D'autre par si le Non-sens, l'absence de signification, l'absence de discours partagé est une caractéristique de l'art abstrait terminal, l'Art n'est pas encore devenu une religion de l'Absurde et de la Provocation. Le Laid et l'Absurde sont les grandes inventions de l'Art Contemporain Officiel (ACO) qui s'impose en Occident, dans un petit milieu qui se prétend élitiste, à partir de la seconde moitié du 20è siècle.

Evidemment cette présentation en trois points de l'art moderne, comme toutes les synthèses, présente un caractère didactique, relativement simplificateur. Le réel est presque toujours plus complexe que le discours que l'on peut tenir à son propos. L'analyse permet de mieux rapprocher ce discours des faits.

Edouard Manet, est certainement, l'inventeur ou le ré-inventeur de "la peinture plate" dont les caractéristiques apparaissent déjà en 1863 dans "le Déjeuner sur l'herbe". Il n'en demeure pas moins que ce sont bien les post-impressionnistes qui vont utiliser et développer cette esthétique de manière systématique. De même dès ses premiers tableaux Claude Monet annonce très clairement le premier art abstrait et Georges Seurat de même dès les années 1880 et suivantes.

 

Il est impératif de souligner que ces trois ruptures de l'Art Moderne pendant la période 1850-1950 n'ont rien de comparable avec la rupture provoquée par l'Art Contemporain Officiel qui s'impose en Occident après 1950 .

L'Art Moderne était un changement d'esthétique, s'inspirant beaucoup des arts du passé.

L'Art Contemporain c'est le rejet de l'esthétique, et c'est la table rase de tout le passé artistique de la civilisation européenne.

L'Art Moderne c'est un point blanc sur un fond noir.

L'Art Contemporain c'est une paire de chaussures portant des lunettes.

Rien à voir.

Avec l'Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l'art classique tel qu'il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d'inspiration est en effet dans le passé de la peinture européenne : c'est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C'est aussi l'esquisse pratiquée sans interruption dans l'histoire de l'art européen.

A partir de l'Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c'est la provocation par le laid et l'absurde, c'est à dire la sortie proclamée de l'esthétique.

  

MODERN ART: THREE SUCCESSIVE RUPTURES

  

Modern Art, 1850-1950 in approximate dates, can be summed up in three successive and progressive ruptures compared to the European art in force since the end of the Gothic and the Renaissance:

1 ° The Impressionist rupture

2 ° The pos-impressionist rupture

3° The rupture of abstract art.

 

The Impressionist Rupture, it is essentially with the "Tachisme", and "the Sketch", a questioning of the great classical principles: The exact, perfectly precise and completed drawing, and the touch of the invisible brush, or the least visible possible. (See on this subject the text entitled "The Impressionist Rupture")

This rupture must not be exaggerated: Impressionism has been in watermark in all European art for centuries. Through the sketches that all "classical" painters have done on the field before painting in the workshop with colors that were not transportable outside. And the Impressionists had not far to go to convince themselves that this aesthetic, if it clashed habits, was actually an aesthetic that had existed for centuries: all they had to do was go to the Louvre. Fragonard or Watteau is already impressionism and Tintoretto too. Denis Diderot, in the previous century, was worried about his friend Hubert Robert: "But Robert, you make sketches since so long, could not you finish a painting?" Closer to the impressionist painters some romanticists like Delacroix or Carl Blechen had traced the way for them, like the school of Barbizon which itself was inspired by some Dutch landscapers of the 17th century.

 

The Post-impressionistic rupture goes further in renewing the forms of European aesthetics. It brings together several schools: Nabis, Fauves, Cubists, Expressionists, without being exhaustive.

Post-Impressionists add to Impressionism, all new techniques, the main ones are "flat paint" and arbitrary colors. These techniques are actually not new, they are borrowed from the Paleo-Christian, Byzantine and Medieval art. Post-Impressionists return to two-dimensional painting, renouncing the perfect imitation of the real of three-dimensional painting, which has characterized European art from late Gothic and Renaissance to modern art. Again, at the beginning, it was enough to go to the Louvre to see examples of another aesthetic than that of Raphael, Vinci and academic painters of the time.

 

The exact reproduction of our surrounding world, that is to say, such as our sight returns it to us, is in fact not a necessary condition of Aesthetics. This has been demonstrated for centuries Byzantine painters and those of the medieval period. In addition to the simplification of the lines, the reduction of the volumes and the suppression of the perspective, the colors can be invented, and deviate completely from those really perceived by the men: this is so for the school of Pont Aven, the Cloisonnists , the Fauves, the Symbolists, or the Germanic Expressionists.

Post-Impressionists, especially Cubists, will go even further on the path of novelty by decomposing the real world in lines and volumes more and more simplified and multiplying the simultaneous views on objects and beings. They are an introduction to abstract art.

Abstract Art is born of new aesthetic approaches proposed by Post-Impressionists. The first abstract art does not leave quite the real, which remains the recognizable starting point of their art, but it develops, from the surrounding world, a whole set of lines and schematized forms which are an evocation, a suggestion , a recomposition, and even an invention of the world.

From simplifications to schematizations, from syntheses to combinations, and from symbols to archetypes, in the 1900s and beyond, European painting came to the second abstract art, which totally deviates from the observation of nature in order to exploit aesthetically the only resources of Euclidean geometry: it is the era of lines, circles, squares, rectangles, triangles etc, of various colors.

In the universal history of painting, Abstract Art, at its completed stage, is an absolute novelty: European art ceases to mean, to make sense, to hold an understandable speech by the public. Abstract painting becomes a play of shapes and colors without any reference to the surrounding world, as man perceives it by the sense of sight, and as he experiences it in his daily life. Nonsense, understood as the absence of meaning, is inevitable at the end of the path of non-figurative art.

But throughout this period of Modern Art, European artists are not at odds with the European artistic past on one essential point: They do not deny the great principle of universal Aesthetics: to create Beautiful, the better shared possible. On the other hand, if nonsense, the absence of meaning, the absence of shared discourse is a characteristic of the terminal abstract art, Art has not yet become a religion of the absurd and the Provocation. The ugly and the Absurd are the great inventions of the Official Contemporary Art (ACO) which imposes itself in the West, in a small environment that claims to be elitist, from the second half of the 20th century.

 

It is imperative to underline that these three ruptures of the Modern Art during the period 1850-1950 have nothing comparable with the rupture caused by the Official Contemporary Art which imposes itself in the West after 1950.

Modern Art was a change in aesthetics, inspired by the arts of the past.

Contemporary Art is the rejection of aesthetics, and it is the clean slate of the entire artistic past of European civilization

Modern Art is a white dot on a black background.

Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.

Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beauty, they explore only the possibilities of Beauty outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption in the history of european art. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugliness and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics

  

Anton Melbye 1818-1875 Copenhague Hamburg. Paris

Bulbjerg and Skarreklit 1868

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Jean Baptiste Camille Corot Paris

Impression, près d'Amiens

Impression from the Area near Amiens, Somme. 1855-1860

Copenhague Collection Hirschsprung

 

COROT (Jean Baptiste Camille)

 

L'histoire de l'art classe Corot parmi les peintres pré-impressionnistes. Il est un des fondateurs de l'Ecole de Barbizon.

Corot a été un peintre très novateur, mais qui a su ne pas entrer en conflit avec l'Académie de Paris.

Pourtant les tableaux de sa première période dans les années 1830-1840 notamment lors de ses voyages en Italie sont très clairement annonciateurs d'une des grandes "nouveautés" de l'Art Moderne : "la peinture plate". Ses tableaux de paysages témoignent de ses recherches en direction d' une perspective très réduite et de volumes aplatis. Il annonce très clairement une esthétique qui renonce à imiter la nature pour privilégier une recomposition imaginative du monde environnant. Le Louvre est plus riche que le musée d'Orsay en peintures de cette période.

Il abandonne ensuite cette voie pour utiliser les techniques tachistes pré-impressionnistes, dans un style vaporeux et doux, un "sfumato" délicat et fin, qui lui est tout à fait propre et qui a fait son succès.

Mais par ses coloris et ses thèmes il ne s'oppose pas à la peinture classique, recommandée par l'Académie de Paris.

Ses coloris restent très discrets, dans la tradition des paysages des Pays Bas, et ses tableaux sont animés par un nombre suffisant de nymphes et de satires dansant, et de bergers adonés à la musique, pour plaire aux académiques.

 

The history of art classifies Corot among the pre-Impressionist painters. He is one of the founders of the Barbizon School.

Corot was a very innovative painter, but who knew how not to be in conflict with the Academy of Paris.

Yet the paintings of his first period in the years 1830-1840 notably during his travels in Italy are very clearly announcing one of the great "innovations" of Modern Art: "the flat painting". His paintings of landscapes testify his research towards a very reduced perspective and flattened volumes. It very clearly announces an aesthetic that renounces to imitate the nature to privilege an imaginative recomposition of the surrounding world. The Louvre is richer than the Musée d'Orsay in paintings of this period.

Corot then abandons this path to use the pre-Impressionist tachist techniques, in a vaporous and gentle style, a delicate and fine "sfumato", which is quite personal and which made his success.

But by its colors and its themes it is not opposed to the classical painting, recommended by the Academy of Paris.

His colors remain very discreet, in the tradition of the landscapes of the Netherlands, and his paintings are animated by a sufficient number of nymphs and satires dancing, and shepherds adones to music, to please the academics.

  

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Hamlet et sa mère

Hamlet and his mother 1778

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Arbres en Automne au lever du Soleil. 1823.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

Philipp Otto Runge. 1777-1810.

Matin Morning. 1808

Hamburg Kunsthalle.

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Salvador Dali 1904-1989

Gitan de Figueres Gypsy from Figueres 1923

Madrid Musée Reina Sofia

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Anton Melbye 1818-1875 Copenhague Hambourg... Paris

Vue d'un port

View from a Busy Harbour. 1866

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Anton Dorph 1831-1914

Jeune femme de pêcheur attendant le retour de son mari

A fisherman's young wife awaiting her husband's

return from sea 1867

Copenhague Collection Hirschsprung

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

BLECHEN (Carl) : LE

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Défilé en montagne l'hiver. Mountain Gorge in Winter. 1825

Berlin. Alte Nationalgalerie.

  

ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

 

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

La palmeraie. The Palmhouse on the Pfaueninsel. 1830.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

Richard Riemerschmid 1868-1957 München

Garten Eden Le Jardin d'Eden 1900

München Lenbachhaus

Impressionnisme, symbolisme. Surtout connu comme architecte.

Impressionism, symbolism. Mostly known as an architect

 

ART MODERNE : TROIS RUPTURES SUCCESSIVES

  

L'Art Moderne, 1850-1950 en dates approximatives, peut se résumer à trois ruptures successives et progressives par rapport à l'art européen en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance :

1° La rupture impressionniste

2° La rupture post-impressionniste

3° La rupture de l'art abstrait.

 

La Rupture Impressionniste, c'est essentiellement avec "le tachisme", et "l'Esquisse", une remise en question des grands principes classiques : Le dessin exact, parfaitement précis et achevé, et la touche du pinceau invisible, ou le moins visible possible. (Voir sur ce sujet le texte intitulé " La Rupture Impressionniste")

Il ne faut aucunement exagérer cette rupture : L'impressionnisme est en filigrane dans tout l'art européen depuis des siècles. Ne serait ce qu'au travers des esquisses que tous les peintres "classiques" ont réalisé sur le terrain avant de peindre en atelier avec des couleurs qui n'étaient pas transportables à l'extérieur. Et les impressionnistes n'avaient pas loin à aller pour se persuader que cette esthétique, si elle heurtait des habitudes, était en réalité une esthétique existante depuis des siècles : il leur suffisait de se rendre au Louvre. Fragonard ou Watteau c'est déjà de l'impressionnisme et le Tintoret aussi. Denis Diderot,au siècle précédent, s'inquiétait auprès de son ami Hubert Robert : " Mais Robert, vous faites des esquisses depuis si longtemps, ne pourriez vous terminer un tableau ?".

Plus près des peintres impressionnistes certains romantiques comme Delacroix ou Carl Blechen leur avait traçé la voie, comme l'école de Barbizon qui s'inspirait elle même de certains paysagistes néerlandais du 17è siècle.

La Rupture Post-Impressionniste, va plus loin dans le renouvellement des formes de l'esthétique européenne. Elle réunit plusieurs écoles: Nabis, Fauves, Cubistes, Expressionnistes, sans être exhaustif.

Les Post-Impressionnistes ajoutent à l'Impressionnisme, de toutes nouvelles techniques dont les principales sont "la peinture plate" et les couleurs arbitraires. Ces techniques ne sont en réalité pas nouvelles, elles sont empruntées à l'art Paléo-Chrétien, Byzantin et Médiéval. Les post-impressionnistes reviennent à la peinture en deux dimensions, ils renoncent à l'imitation parfaite du réel de la peinture en trois dimensions, qui a caractérisé l'art européen depuis le Gothique tardif et la Renaissance jusqu'à l'art moderne. Là encore, au départ, il suffisait de se rendre au Louvre pour voir des exemples d'une autre esthétique que celle de Raphaël, Vinci et des peintres académiques de l'époque.

 

La reproduction exacte de notre monde environnant, exact c'est à dire tel que notre vue nous le restitue, n'est en effet pas une condition nécessaire de l'Esthétique. C'est ce qu'ont démontré pendant des siècles les peintres Byzantins et ceux de l'époque médiévale. Outre la simplification des lignes, la réduction des volumes et la suppression de la perspective, les couleurs peuvent être inventées, et s'écarter totalement de celles réellement perçues par les hommes : Il en est ainsi pour l'école de Pont Aven, les Cloisonnistes, les Fauves, les Symbolistes, ou les Expressionnistes germaniques.

Les Post-impressionnistes, notamment les Cubistes, vont aller encore plus loin sur le chemin de la nouveauté en décomposant le monde réel en lignes et en volumes de plus en plus simplifiés et en multipliant les points de vue simultanés sur les objets et les êtres. Ils sont une introduction à l'art abstrait.

L'Art Abstrait nait en effet des nouvelles approches esthétiques proposées par les Post-Impressionnistes. Le premier art abstrait ne quitte pas tout à fait le réel, qui reste le point de départ reconnaissable de leur art, mais il développe, à partir du monde environnant, tout un jeu de lignes et de formes schématisées qui sont une évocation, une suggestion, une recomposition, et même une invention du monde.

De simplifications en schématisations, de synthèses en combinaisons, et de symboles en archétypes, la peinture européenne parvient dans les années 1900 et suivantes au second art abstrait qui s'éloigne totalement de l'observation de la nature pour exploiter esthétiquement les seules ressources de la géométrie euclidienne : c'est l'ère des lignes, cercles, carrés, rectangles, triangles etc, de couleur diverses.

Dans l'histoire universelle de la peinture l'Art Abstrait, à son stade achevé, est une nouveauté absolue : l'art européen cesse de vouloir signifier, d'avoir un sens, de tenir un discours compréhensible par le public. La peinture abstraite devient un jeu de formes et de couleurs sans plus aucune référence au monde environnant, tel que l'homme le perçoit par le sens de la vue, et tel qu'il l'expérimente dans son vécu quotidien. Le Non- sens, compris comme l'absence de signification, est inévitable au bout du chemin de l'art non figuratif.

Mais pendant toute cette période de l'Art Moderne, les artistes européens ne sont pas en rupture avec le passé artistique européen sur un point essentiel : Ils ne renient pas le grand principe de l'Esthétique universelle: créer le Beau le mieux partagé possible. D'autre par si le Non-sens, l'absence de signification, l'absence de discours partagé est une caractéristique de l'art abstrait terminal, l'Art n'est pas encore devenu une religion de l'Absurde et de la Provocation. Le Laid et l'Absurde sont les grandes inventions de l'Art Contemporain Officiel (ACO) qui s'impose en Occident, dans un petit milieu qui se prétend élitiste, à partir de la seconde moitié du 20è siècle.

Evidemment cette présentation en trois points de l'art moderne, comme toutes les synthèses, présente un caractère didactique, relativement simplificateur. Le réel est presque toujours plus complexe que le discours que l'on peut tenir à son propos. L'analyse permet de mieux rapprocher ce discours des faits.

Edouard Manet, est certainement, l'inventeur ou le ré-inventeur de "la peinture plate" dont les caractéristiques apparaissent déjà en 1863 dans "le Déjeuner sur l'herbe". Il n'en demeure pas moins que ce sont bien les post-impressionnistes qui vont utiliser et développer cette esthétique de manière systématique. De même dès ses premiers tableaux Claude Monet annonce très clairement le premier art abstrait et Georges Seurat de même dès les années 1880 et suivantes.

 

Il est impératif de souligner que ces trois ruptures de l'Art Moderne pendant la période 1850-1950 n'ont rien de comparable avec la rupture provoquée par l'Art Contemporain Officiel qui s'impose en Occident après 1950 .

L'Art Moderne était un changement d'esthétique, s'inspirant beaucoup des arts du passé.

L'Art Contemporain c'est le rejet de l'esthétique, et c'est la table rase de tout le passé artistique de la civilisation européenne.

L'Art Moderne c'est un point blanc sur un fond noir.

L'Art Contemporain c'est une paire de chaussures portant des lunettes.

Rien à voir.

Avec l'Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l'art classique tel qu'il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d'inspiration est en effet dans le passé de la peinture européenne : c'est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C'est aussi l'esquisse pratiquée sans interruption dans l'histoire de l'art européen.

A partir de l'Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c'est la provocation par le laid et l'absurde, c'est à dire la sortie proclamée de l'esthétique.

  

MODERN ART: THREE SUCCESSIVE RUPTURES

  

Modern Art, 1850-1950 in approximate dates, can be summed up in three successive and progressive ruptures compared to the European art in force since the end of the Gothic and the Renaissance:

1 ° The Impressionist rupture

2 ° The pos-impressionist rupture

3° The rupture of abstract art.

 

The Impressionist Rupture, it is essentially with the "Tachisme", and "the Sketch", a questioning of the great classical principles: The exact, perfectly precise and completed drawing, and the touch of the invisible brush, or the least visible possible. (See on this subject the text entitled "The Impressionist Rupture")

This rupture must not be exaggerated: Impressionism has been in watermark in all European art for centuries. Through the sketches that all "classical" painters have done on the field before painting in the workshop with colors that were not transportable outside. And the Impressionists had not far to go to convince themselves that this aesthetic, if it clashed habits, was actually an aesthetic that had existed for centuries: all they had to do was go to the Louvre. Fragonard or Watteau is already impressionism and Tintoretto too. Denis Diderot, in the previous century, was worried about his friend Hubert Robert: "But Robert, you make sketches since so long, could not you finish a painting?" Closer to the impressionist painters some romanticists like Delacroix or Carl Blechen had traced the way for them, like the school of Barbizon which itself was inspired by some Dutch landscapers of the 17th century.

 

The Post-impressionistic rupture goes further in renewing the forms of European aesthetics. It brings together several schools: Nabis, Fauves, Cubists, Expressionists, without being exhaustive.

Post-Impressionists add to Impressionism, all new techniques, the main ones are "flat paint" and arbitrary colors. These techniques are actually not new, they are borrowed from the Paleo-Christian, Byzantine and Medieval art. Post-Impressionists return to two-dimensional painting, renouncing the perfect imitation of the real of three-dimensional painting, which has characterized European art from late Gothic and Renaissance to modern art. Again, at the beginning, it was enough to go to the Louvre to see examples of another aesthetic than that of Raphael, Vinci and academic painters of the time.

 

The exact reproduction of our surrounding world, that is to say, such as our sight returns it to us, is in fact not a necessary condition of Aesthetics. This has been demonstrated for centuries Byzantine painters and those of the medieval period. In addition to the simplification of the lines, the reduction of the volumes and the suppression of the perspective, the colors can be invented, and deviate completely from those really perceived by the men: this is so for the school of Pont Aven, the Cloisonnists , the Fauves, the Symbolists, or the Germanic Expressionists.

Post-Impressionists, especially Cubists, will go even further on the path of novelty by decomposing the real world in lines and volumes more and more simplified and multiplying the simultaneous views on objects and beings. They are an introduction to abstract art.

Abstract Art is born of new aesthetic approaches proposed by Post-Impressionists. The first abstract art does not leave quite the real, which remains the recognizable starting point of their art, but it develops, from the surrounding world, a whole set of lines and schematized forms which are an evocation, a suggestion , a recomposition, and even an invention of the world.

From simplifications to schematizations, from syntheses to combinations, and from symbols to archetypes, in the 1900s and beyond, European painting came to the second abstract art, which totally deviates from the observation of nature in order to exploit aesthetically the only resources of Euclidean geometry: it is the era of lines, circles, squares, rectangles, triangles etc, of various colors.

In the universal history of painting, Abstract Art, at its completed stage, is an absolute novelty: European art ceases to mean, to make sense, to hold an understandable speech by the public. Abstract painting becomes a play of shapes and colors without any reference to the surrounding world, as man perceives it by the sense of sight, and as he experiences it in his daily life. Nonsense, understood as the absence of meaning, is inevitable at the end of the path of non-figurative art.

But throughout this period of Modern Art, European artists are not at odds with the European artistic past on one essential point: They do not deny the great principle of universal Aesthetics: to create Beautiful, the better shared possible. On the other hand, if nonsense, the absence of meaning, the absence of shared discourse is a characteristic of the terminal abstract art, Art has not yet become a religion of the absurd and the Provocation. The ugly and the Absurd are the great inventions of the Official Contemporary Art (ACO) which imposes itself in the West, in a small environment that claims to be elitist, from the second half of the 20th century.

 

It is imperative to underline that these three ruptures of the Modern Art during the period 1850-1950 have nothing comparable with the rupture caused by the Official Contemporary Art which imposes itself in the West after 1950.

Modern Art was a change in aesthetics, inspired by the arts of the past.

Contemporary Art is the rejection of aesthetics, and it is the clean slate of the entire artistic past of European civilization

Modern Art is a white dot on a black background.

Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.

Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beauty, they explore only the possibilities of Beauty outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption in the history of european art. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugly and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics

  

Diego Maria Rivera 1886-1957 Mexico Paris

Le sculpteur français Pauls Cornet

The french sculptor Paul Cornet

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques ( Constable, Turner, Delacroix ) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° Le Géométrisme. La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque). On a parlé aussi de Cloisonnisme. Qui va déboucher sur l'art abstrait.

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès la paix revenue en Europe après 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain s'impose en Europe après 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec beaucoup de raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation. L'explosion d'originalité, de libertés, et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient avec l'Art Contemporain, un système qui se fige dans l'idéologiquement correct. Et l'ldéologie nouvelle veut que l'esthétique et le partage du beau avec la population, ne soit plus un but de l'art officiel. L'art se doit d'être le contraire de tout ce qui s'est fait dans le passé. L'inversion des valeurs est totale, et totalitairement imposée.

Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, ou dans certaines expositions spécialisées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau, La Modernité. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants" qui méprisent les peuples, qu'ils gouvernent "démocratiquement". Il est vrai qu'à côté de l'art officiel, il existe un espace de liberté pour les artistes dans l'art privé commercial et l'art des rues. Mais la question essentielle demeure : Comme l'art Egyptien, Grec, Romain, Catholique, l'art officiel est le reflet de la pensée de l'élite idéologique et politique actuelle, de sa vision du monde, et de son projet pour les peuples. On peut dire qu'il révèle ses intentions profondes.

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

 

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Constable, Turner, Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° The Geometrism. The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque). We also talked about Cloisonnism. Which will lead to abstract art.

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

We can even think that Modern Art began as soon as the peace returned to Europe after 1815, with some romantic painters like the French Eugène Delacroix, or with William Turner, a fantastic innovator, announcer of impressionism and non-figurative art, who died in 1853. These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

Contemporary Art imposes itself in Europe after 1945. Some historians fixed its birth in the 1950s. One can also claim, with a lot of reasons, that its date of birth, in any case ideological and political, is the creation in New York. of the Moma by the Rockefellers (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation.

The explosion of originality, freedom, and non-conformism that characterizes Modern Art becomes with contemporary art, a system that congeals in the ideologically correct. And the new ideology wants that aesthetics and the sharing of beauty with the population, is no longer a goal of the official art. Art must be the opposite of everything that has been done in the past. The inversion of the values is total, and totally imposed.

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, or in some specialized exhibitions, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New, the Modernity. This is the Art of the clean slate of the Past: an art without roots, reserved for an elite of so-called "Comprenants" who despise the people, that they govern "democratically". It is true that alongside official art, there is a space of freedom for artists in private commercial art and street art. But the essential question remains: Like Egyptian, Greek, Roman, Catholic art, the official art is a reflection of the thinking of the current ideological and political elite, of its vision of the world, and of its project for the peoples . It can be said that he reveals his deep intentions.

  

Jean François Millet. 1814-1875. Paris.

La Becquée. The Becquée.

Lille. Musée des Beaux Arts

Naturalisme, Réalisme

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

  

Anton Melbye 1818-1875 Copenhague Hambourg... Paris

Stormy sea. Mer agitée 1845

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

   

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish Copenhague

The Greek poet Anacréon and Bathyll.

Le poète grec Anacréon et Bathyll. 1808

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Bartolome Esteban Murillo 1618 1682 Séville

St Joseph et l'enfant Jésus

St Joseph and the baby Jesus

Chantilly Musée Condé

 

LA PEINTURE EUROPÉENNE ET LE DIALOGUE SOCIAL

  

"Il est impossible de rien comprendre à l'art médiéval si l’on ne comprend pas quel espace de liberté y est consenti à l’artiste. L’art médiéval offre l’évidence d’un plaisir des formes qui est commun aux artistes et à leur public et qui ne se confond pas avec l’inspiration religieuse."

ANDRE CHASTEL. L’Art Français Flammarion 1993

  

L'art, la peinture en particulier, mais aussi la sculpture, est commandé par les idéologies qui dominent son époque, et décidé par les élites idéologiques et politiques des sociétés. Il est possible de tenter une analyse de l'histoire de la peinture européenne sous un angle un peu différent du fondement idéologique de l'art, bien que très lié à lui : celui du dialogue inter-social. C'est un autre chapitre de "l'art miroir des valeurs d'une société".

 

1° Dès l'époque romane la peinture européenne, qui commence par la fresque et la mosaïque, se poursuit par les enluminures (les livres de piété...), puis les vitraux et enfin plus tardivement les tableaux de chevalet, présente, pendant environ 1000 ans (500-1500 en dates grosses) des caractéristiques communes intéressantes.

- C'est un art dont le sens est univoque, idéologiquement commandé par la doctrine de l’Église catholique à l'ouest, l'église orthodoxe à l'est dans l'Europe slave.

- C'est un art pleinement partagé, totalement inter-social : il s'adresse à toutes les couches de la population. Les élites, idéologiques et politiques, religieuses et aristocratiques, s'entendent pour promouvoir un art qui est compris par toutes les classes sociales. Depuis elles mêmes jusqu'aux petites gens, la paysannerie, en passant par la bourgeoisie moyenne ou petite et l'artisanat. Pendant toute la période gothique et romane, qu'une historiographie orientée appelle "le Moyen Age", tout l'art des églises, partout en Europe, du moindre village aux plus grandes villes, pendant un millénaire, part du haut de l'échelle sociale et se destine aux peuples, y compris et même surtout aux illettrés.

 

2° A la "Renaissance" l'élite sociale, aussi bien celle profane que celle religieuse, toute l'aristocratie et la très haute bourgeoisie qui a conquis sa place et s'est assimilée à l'aristocratie, sous l'influence des idées Humanistes, font naître, à côté de l'art médiéval sacré, un art nouveau. Cet art, profane, s'inspire des thèmes empruntés à l'histoire de l'antiquité européenne et à la mythologie gréco-romaine. C'est incontestablement un art réservé à l'élite cultivée. Mais la même élite continue de commanditer et de participer à l' art religieux inter-social, pluri-social, qui continue de s'adresser à tout le peuple, du bas en haut de l'échelle sociale, élites comprises. Il n'y a pas affrontement entre ces deux domaines de la peinture européenne qui vont continuer à vivre en parallèle et en bonne intelligence. En effet la Renaissance n'est pas, contrairement à ce que l'on écrit souvent, une rupture idéologique dans la société européenne. Le dialogue inter-social continue comme auparavant sur les mêmes thèmes religieux.

 

3° "La Réforme" va mettre en place, dans les seuls Pays Bas du nord, une évolution remarquable. Contrairement à la Renaissance, sur le plan idéologique la Réforme est très clairement une rupture par rapport à la société antérieure. Une scission qui va provoquer une orientation profane, laïque et matérialiste des thèmes de la peinture.

Au plan social c'est la naissance et le triomphe de la peinture bourgeoise des classes moyennes.

Avant la Réforme, et après la Réforme, dans toute l'Europe hors des Pays Bas, la haute bourgeoisie européenne s'est totalement assimilée à l'aristocratie, et ses goûts artistiques ne s'en distinguent pas : elle préfère "le grand art", outre bien sûr les portraits.

Après la Réforme, mais aux Pays Bas uniquement, c'est le triomphe d'une peinture laïque mais surtout très réaliste, très proche de la vie quotidienne du petit peuple. C'est bien sûr la bourgeoisie néerlandaise dans son ensemble qui est l'élément catalyseur de cet art, qui sponsorise et fait vivre les peintres. Mais les thèmes de cette peinture peuvent être très populaires. Le paysan n'accroche pas de tableaux dans sa chaumière, mais il est souvent, ainsi que les animaux de la ferme, le sujet de la peinture des Pays Bas. Il est possible dès lors de parler d'un "art de la classe moyenne" car le marché de cet art est toute la classe moyenne des Pays Bas. Même si cet art se décide, comme toujours, tout en haut d'une société dirigée par une très haute bourgeoisie et quelques aristocrates.

Cet art caractéristique des Pays Bas du 17è siècle ne se répand pas ailleurs dans l' Europe restée catholique (Allemagne, Autriche, Italie, Espagne) ou de manière tout à fait marginale. Pendant tout le 17è et le 18è siècle l'art de la peinture de ces pays continue sur la lancée de la Renaissance : il reste divisé en deux domaines distincts, mais non affrontés, complémentaires :

- L'art religieux à destination des peuples, toujours dirigé par l’Église catholique, toujours commandé par une volonté de dialogue social, et par le souci constant de s'adresser à toutes les couches de la population européenne y compris les analphabètes. Depuis la haute aristocratie et la haute bourgeoisie jusqu'à la paysannerie, selon la destination du tableau, l'importance des églises ou le particularisme des demeures privées.

- "Le Grand Art" dont les thèmes sont à la fois religieux, historiques et mythologiques, commandité par les Rois, les Princes et la Haute Église. Un art destiné aux Palais des Rois, aux Hôtels de l'Aristocratie et de la Haute Bourgeoisie commerçante et financière, aux églises d'importance, et aux édifices publics.

Une précision s'impose si on veut différencier les périodes de l'art médiéval et de l'art postérieur à la Renaissance, de la situation contemporaine : il n'existe pas d'art d'état. Même en France, nation pourtant très centralisée, sous le règne de Louis XIV. Les décideurs, les sponsors sont multiples. Les rois, en France ou dans toute l'Europe, ne sont pas l’État. Leur influence dans les provinces est faible. Il existe un art de la Cour, mais les aristocraties, la grande et la moyenne bourgeoisie, la haute église, les couvents, les églises régionales et rurales, forment un monde de commanditaires très divers. Les valeurs sociales, morales, spirituelles, esthétiques de cette société sont très unifiées, mais il n'existe pas à ces époques d'art officiel. Il n'existe pas alors d'art d'état, l'art d'un parti unique, officiel et reconnu comme sous les régimes communistes, ou officieux et dissimulé comme actuellement dans l'Occident capitaliste. Les circuits de décision et de création de l'art à l'époque médiévale, comme après la Renaissance dans toute l'Europe, sont très divers et très décentralisés. C'est ce qui explique que malgré l'existence en Europe de l'Ouest d'une idéologie unique, la religion catholique, la société n'est pas totalitaire. Cette société politiquement décentralisée permet à un art authentique de s'épanouir en créant les conditions d'une réelle liberté esthétique et en tenant un discours qui s'adresse à toute la population du haut vers le bas de l'échelle sociale. Il n'y a pas d'art séparé à destination de telle ou telle catégorie sociale. La situation est un peu différente dans l'Europe slave et orthodoxe, pour des raisons politiques et culturelles.

 

4° Une fois mis fin aux guerres imposées par la Révolution et l'Empire, l'Europe va pouvoir retrouver la paix, et se consacrer à nouveau à son développement scientifique, technique et économique interrompu pendant un quart de siècle par les ambitions françaises.

A partir de 1820 et jusqu'en 1950, toujours selon des datations approchantes, c'est la période de l'Art Moderne. Une période extraordinairement plurielle au plan idéologique. On constate un net effacement de la religion catholique, mais les "Lumières" n'ont pas encore triomphé absolument et aucune idéologie sacrée ou profane ne domine totalement la société européenne. C'est ce qui explique la grande diversité des thèmes et la liberté de création dont jouissent les artistes. Sauf les deux exceptions communiste et nazie mais qui restent circonscrites dans le temps et dans l'espace.

Au plan social on peut dire que c'est la victoire progressive de l'art bourgeois compris comme un art des classes moyennes. Bref, c'est l'art des Pays Bas du 17è siècle qui s'installe dans toute l'Europe avec toutefois une résistance un petit peu plus évidente de la peinture religieuse, qui n'est cependant plus commanditée exclusivement par l’Église.

La Grande Peinture, "le Grand Art", c'est l’école Académique en France qui le perpétue. Il va résister très peu de temps. Dès les Impressionnistes, la peinture de style et de thème classique doit s'effacer, non pas disparaître, mais accepter de laisser vivre la peinture bourgeoise des paysages ordinaires, des mœurs de la vie quotidienne, des nature-mortes. Une peinture en outre d'un style très éloigné du grand classicisme.

L'Art de la période Moderne c'est un art de la peinture très divers, représenté par de multiples écoles, qui réduit à peu de chose les grands sujets religieux, historiques ou mythologiques et s'adresse en fait à toutes les classes du bas en haut de la hiérarchie sociale. L'art abstrait, une nouveauté qui apparaît dans les années 1900 s'adresse plus spécifiquement aux intellectuels, mais toujours de toutes les classes de la société. On peut donc bien parler d'un art bourgeois des classes moyennes, mais qui n'est aucunement exclusif, totalitaire, qui laisse vivre le Grand Art notamment dans l'art décoratif monumental, et qui laisse se développer sur ses marges l'aventure de l'art abstrait. Bref la période de l'Art Moderne est un temps de dialogue et d'art partagé entre les différentes couches de la société, mais sans aucun doute avec plus de diversité thématique et stylistique que dans les temps plus anciens, entre 500 et 1800.

Les valeurs morales et esthétiques de la société européenne, ne sont plus aussi unifiées qu'aux siècles précédents, elles se sont diversifiées. Dans les parties de l'Europe où aucune idéologie n'a encore triomphé, malgré la centralisation étatique croissante, une grande liberté de création artistique est possible. En dehors bien sûr des régimes totalitaires de la Russie communiste et de l'Allemagne nationale-socialiste, la période de l'Art Moderne ne connaît pas non plus d'art officiel, d'art d'état.

 

5° A partir des années 1950 et suivantes s'impose en Europe l'Art Contemporain. Il est inspiré par des avant-gardes européennes et souvent parisiennes, mais est en provenance de New York.

La caractéristique de cet "Art" est qu'il se veut radicalement révolutionnaire, absolument novateur, qu'il entend faire table rase de toute l'esthétique du passé européen. A commencer par le rejet du Beau comme but de l'art. Le Nouveau Monde des Amériques du Nord, celui des USA, entend s'opposer à l'Ancien Monde, Européen, et s'imposer à lui. Le Nouveau Monde a donc systématisé cette idée "géniale", esquissée en Europe, à Paris : le Beau n'est plus un critère de l'art. Quant au Sens, il est possible de l'inventer, de lui faire dire ce que l'on veut. Et de vendre ce petit montage nouveau avec beaucoup de profit.

A partir de la Fontaine-Urinoir de Marcel Duchamp le laid est promu à la dignité de concept créateur, d' idée fondatrice, inséparable du nouvel Art Conceptuel, à égalité avec quelques autres obsessions : le Nouveau, l'Absurde, la Provocation et la Rentabilité.

L'artiste contemporain officiel doit proposer froidement, avec détermination les objets les plus hétéroclites : sièges et tables bancales, cartons, toutes les brosses, à dent, à ongles, à cils, à cheveux, à vêtements, des lunettes, des chaussures, balais brosse et serpillières, cintres, vêtements, chiffons entassés, boites ouvertes ou fermées, machineries cassées ou concassées, tubulures, poutrelles rouillées, tordues, cassées, poutres de ciment, moellons, parpaings, tuiles, briques entières ou pulvérisées, tubes de néon, tas de gravats ou de charbon, sacs de cailloux, toutes les sortes de tuyaux: fer, ciment, plastiques, tous les tissus en vrac, du caoutchouc, des seaux, brocs, pots, un vieux téléphone, des machines à écrire, à laver, un évier... et bien sûr toujours des carrés ou rectangles blanc, jaune, noir, rouge et des taches ou des lignes à l'infini. ...et proclamer haut et fort, avec une grande assurance, le plus de culot possible même, que c'est de "l'art" et surtout de l'art anti-bourgeois. Car bien sûr cette élite éclairée et argentée qui commandite le non-art contemporain se proclame et s'affiche révolutionnaire. Son art est conçu pour déranger les peuples, mais c'est pour leur bien, donc c'est révolutionnaire.

Le mépris des classes moyennes, le mépris des peuples, est devenue une caractéristique de l'art de l'élite éclairée de l'Occident. C'est l'art des "Lumières" idéologiquement monolithique, mondialiste, qui triomphe au niveau de l'art officiel c'est à dire celui étatique, des grands ensembles et des Organisations Internationales, et même des Grandes Fondations Internationales privées. Ainsi qu'au niveau de la Finance Internationale.

Cet art officiel, d'état ou privé, n'est plus en Occident un outil de dialogue inter-social, il s'enferme dans un discours ésotérique, s'impose dans des musées construits exprès pour lui, et se fabrique un marché particulier. L'art Contemporain, Conceptuel est devenu une Réserve pour Eclairés et Riches. Un art réservé à l'Oeil qui illumine, de tout en haut, et à ses Gardiens du Temple des niveaux supérieurs, la Pyramide sociale. La Pyramide qui figure sur le billet de un dollar et dans la cour du Louvre à Paris. Et dont le programme d'extermination et de contrôle absolu des peuples, anti-humaniste, est inscrit sur le monument appelé les Georgia Guidestones (USA). Bien sûr au nom de la Raison Eclairée, celle des "Lumières".

 

6° A d'autres niveaux de la société occidentale, au niveau tout à fait moyen de la Pyramide, au niveau de la bourgeoisie ordinaire et des classes moyennes, au niveau local et régional des villes, s'est maintenu vivant un art privé, commercial, qui survit en dehors du catéchisme de l'art officiel, mais aussi de ses sources de financement.

D'autre part, parti aussi de New York, mais vraiment originaire du Nouveau Monde, l'art des rues, à l'origine rebelle et sauvage, se développe un peu plus tardivement, puis s'impose en Europe à partir des années 2000-2010, jusqu'à devenir un art toléré, semi-organisé, puis adopté et sponsorisé. Le secteur public et celui privé sont associés dans son succès. Mais cet art est toujours à des niveaux de décision locale, et bien sûr essentiellement citadin, comme toute la société occidentale.

 

L'art privé commercial et l'art des rues sont deux domaines de la peinture occidentale qui pratiquent le dialogue inter-social, à l'intérieur de toutes les classes moyennes, et même en direction des classes les plus défavorisées. On peut penser que le développement de l'art des rues pourrait permettre de limiter les graffitis vandales imposés par quelques asociaux, qui malheureusement ont défiguré beaucoup de nos villes. Après seulement on pourra peut être s'occuper de construire une esthétique pour les exclus de la société. Encore qu'il est très douteux que les exclus aient du temps à consacrer à l'esthétique, et que cette question est surtout un faux problème agité par des intellectuels-idéologues, très semblables à ceux qui nous ont fabriqué l'art contemporain.

 

Mais il existe d'autre domaines où le Beau et le Sens persistent. La photographie contemporaine, par exemple sur Flickr, montre avec évidence que c'est le beau et le sens qui rassemblent et font dialoguer les peuples de la Terre. Il est vrai qu'il n'y a pas que de bons photographes et que des esthètes sur Flickr, mais ce qui émerge, ce qui retient finalement l'attention, en moyenne, c'est à dire dans "la classe bourgeoise moyenne", c'est la qualité d'une production artistique, considérable en nombre, attachée à la beauté et au sens partagé. Tout un monde qui parle un langage commun. Cet art populaire photographique est un rayon d'espoir quant on sort d'un musée d'art contemporain: une fraternité et une liberté réelles, authentiques, une vraie universalité esthétique, dans le respect des différences individuelles et culturelles. Un Partage, pas une Exclusion.

Il reste cependant que ce qui fait gravement question, c'est la naissance en Occident, au niveau des élites, durant la seconde partie du 20è siècle, d'un art (peinture-sculpture) très puissant, très protégé, très financé, qui exclut non seulement les niveaux inférieurs de la société, mais toute la classe moyenne occidentale. C'est une première dans l'histoire de l'art européen.

Mais la nouveauté est-elle toujours un progrès ?

Ou l'Art Contemporain Officiel serait-il une laide grimace et une impasse absurde tout en haut de l'arbre de l'évolution humaine ? Une image prémonitoire de l'avenir des hommes ?

 

EUROPEAN PAINTING AND SOCIAL DIALOGUE

 

"It is impossible to understand anything about medieval art if we do not understand what space of freedom is granted to the artist. Medieval art offers evidence of a pleasure of form that is common to artists and their audiences and not confused with religious inspiration."

ANDRE CHASTEL. French Art Flammarion 1993

 

Art, painting in particular, but also sculpture, is controlled by the ideologies that dominate its time, and decided by the ideological and political elites of societies. It is possible to attempt an analysis of the history of European painting from a slightly different angle from the ideological foundation of art, although closely linked to it: that of inter-social dialogue. This is another chapter of "art, mirror of the values of a society".

1 ° From the Romanesque period European painting, which begins with the fresco and the mosaic, continues with the illuminations (the books of piety ...), then the stained glass windows and finally later the easel paintings, present, during about 1000 years (500-1500 in big dates) interesting common features.

- It is an art whose meaning is univocal, ideologically controlled by the doctrine of the Catholic Church in the West, the Orthodox Church in the East, in Slavic Europe.

- It is a fully shared art, totally inter-social: it is addressed to all layers of the population. The elites, ideological and political, religious and aristocratic, agree to promote an art that is addressed to all social classes. From themselves to the little people, the peasantry, through the middle or small bourgeoisie and crafts. Throughout the Gothic and Romanesque period, which an oriented historiography calls "the Middle Ages", all the art of churches, everywhere in Europe, from the smallest village to the largest cities, for a millennium, goes from the top of the ladder social and is addressed to the peoples, including and even especially to the illiterate.

 

2. At the "Renaissance" the social elite, both secular and religious, all the aristocracy and the very high bourgeoisie who conquered its place and assimilated to the aristocracy, under the influence of ideas Humanists, give birth, next to sacred medieval art, to a new art. This secular art, is inspired by themes borrowed from the history of European antiquity and Greco-Roman mythology. It is undeniably an art reserved for the cultured elite. But the same elite continues to sponsor and participate in inter-social, multi-social religious art, which continues to address to all the peoples, from the bottom up the social ladder, elites included. There is no clash between these two areas of European painting that will continue to live in parallel and in good intelligence. Indeed, the Renaissance is not, contrary to what is often written, an ideological break in European society. The inter-social dialogue continues as before on the same religious themes.

 

3 ° "The Reformation" will put in place, in the only Northern Netherlands, a remarkable evolution. Unlike the Renaissance, ideologically Reformation is very clearly a break from the previous society. A rupture that will provoke a secular and materialistic orientation of the themes of painting.

On the social level, it is the birth and triumph of bourgeois painting of the middle classes.

Before the Reformation, and after the Reformation, throughout Europe outside the Netherlands, the European upper class fully assimilated to the aristocracy, and its artistic tastes are not distinguishable: it prefers "the great art ", and besides of course the portraits.

After the Reformation, but in the Netherlands only, it is the triumph of a secular painting but especially very realistic, very close to the daily life of the small people. It is of course the Dutch bourgeoisie as a whole which is the catalyst element of this art, which sponsors and makes painters live. But the themes of this painting can be very popular. The peasant does not hang pictures in his cottage, but he is often, as well as the animals of the farm, the subject of the painting of the Netherlands. It is therefore possible to speak of an "art of the middle class" because the market for this art is all the middle class of the Netherlands. Even if this art is decided, as always, at the top of a society run by a very high bourgeoisie and some aristocrats.

This characteristic art of the Netherlands of the 17th century does not spread elsewhere in Europe remained Catholic (Germany, Austria, Italy, Spain) or quite marginal way. Throughout the 17th and 18th centuries, the art of painting in these countries continues the Renaissance momentum: it remains divided into two distinct, but not confrontational, complementary domains:

- Religious art for the people, always directed by the Catholic Church, always driven by a desire for social dialogue, and by the constant concern to address all the layers of the European population including illiterates. From the upper aristocracy and the upper middle class to the peasantry, according to the destination of the painting, the importance of churches or the particularism of private homes.

- "The Great Art" whose themes are at once religious, historical and mythological, sponsored by the Kings, the Princes and the High Church. An art destined for the Palaces of kings, the hotels of the aristocracy and the high-class commercial and financial Bourgeoisie, the churches of importance, and the public buildings.

A clarification is needed if we want to differentiate the periods of medieval art and post-Renaissance art from the contemporary situation (since the 1950s-1960s): There are no official art at these times. There is no state art at the time. Even in France, yet very centralized nation, under the reign of Louis XIV. Decision makers, sponsors are multiple. Kings, in France or all over Europe, are not the state. Their influence in the provinces is weak. There is an art of the Court, but the aristocracies, the big and the middle bourgeoisie, the high church, the convents, the regional and rural churches, form a world of very diverse sponsors. The social, moral, spiritual, aesthetic values of this society are very unified, but it does not exist an offical art, at these periods. There is no state art, the art of a single party, official and recognized, as under communist regimes, or unofficial and concealed as now in the capitalist West. Circuits of decision and creation of art in medieval times, as after the Renaissance throughout Europe, are very diverse and very decentralized. This politically decentralized society allows an authentic art to flourish by creating the conditions of a real aesthetic freedom and by holding a speech that addresses all the population from the top to the bottom of the social ladder. There is no separate art for this or that social category. The situation is a little different in Slavic and Orthodox Europe, for political and cultural reasons.

 

4. Once the wars imposed by the Revolution and the Empire have been ended, Europe will be able to find peace again, and devote itself once again to its scientific, technical and economic development interrupted for a quarter of a century by French ambitions.

From 1820 until 1950, according to approximate dates, it is the period of Modern Art. An extraordinarily plural period at the ideological level. There is a clear erasure of the Catholic religion, but the "Enlightenment" has not yet triumphed absolutely and no sacred or profane ideology totally dominates European society. This explains the great diversity of themes and the freedom of creation enjoyed by artists. Except for the two societies, Communist and Nazi, but which remain circumscribed in time and space.

On the social level, it can be said that it is the progressive victory of bourgeois art understood as an art of the middle classes. In short, it is the art of the Netherlands of the 17th century that spread throughout Europe with however a little more obvious resistance of the religious painting, which is no longer exclusively sponsored by the Church.

The Great Painting, "the Great Art", is the Academic School in France which perpetuates it. He will resist very little time. Already in impressionist times the painting of style and classic theme must fade, not disappear, but agree to let live the bourgeois painting of ordinary landscapes, of the mores of everyday life, of still life. A painting in addition to a style far removed from the great classicism.

The Art of the Modern Period is a very diverse art of painting, represented by multiple schools, which reduces to little matter the great religious, historical or mythological subjects and actuallyu addresses alle the classes, from the bottom tot the top of the social hierarchy. Abstract art, a novelty that appears in the 1900s is more specifically for intellectuals, but always of all classes of society. We can therefore speak of a bourgeois art of the middle classes, but which is by no means exclusive, totalitarian, which allows Great Art to live, especially in monumental decorative art, and which allows to developp on its margins the adventure of abstract art. In short, the period of Modern Art is a time of dialogue and art shared between the different layers of society, but without any doubt with more diversity thematic and stylistic, than in the older times, between 500 and 1800.

The moral and aesthetic values of European society are no longer as unified as in previous centuries; they have diversified. In parts of Europe where no ideology has yet triumphed, despite increasing state centralization, a great freedom of artistic creation is possible. Apart, of course, from the totalitarian regimes of Communist Russia and National Socialist Germany, the period of Modern Art does not know either official art or the state art.

 

5 ° From the 1950s onwards, Contemporary Art impose oneself in Europe. He is inspired by European avant-gardes and often Parisian, but is coming from New York.

The characteristic of this "Art" is that it wants to be radically revolutionary, absolutely innovative, that it intends to make a "clean slate" of all the aesthetics of the European past. To begin with the rejection of Beauty as a goal of art.

The New World of North America, that of the US, intends to oppose the Old World, European, and impose on him. The New World has thus systematized this "brilliant" idea, sketched in Europe, in Paris: Beauty is no longer a criterion of art. As for the Meaning, it is possible to invent it, to make it say what you want. And sell this little new montage with a lot of profit.

From the Fontaine-Urinoir of Marcel Duchamp the ugliness is promoted to the dignity of creative concept, of founding idea, inseparable from the new Conceptual Art, on par with some other obsessions: the New, the Absurd, the Provocation and the Profitability.

The official contemporary artist must propose coldly, with determination the most heterogeneous objects: wobbly seats and tables, cartons, all brushes, for tooth, nail, eyelashes, hair, clothes, glasses, shoes, brooms brushes and mops, hangers, clothes, packed rags, open or closed boxes, broken or crushed machinery, tubing, rusted beams, bent, broken, cement beams, rubble, blocks, tiles, whole or pulverized bricks, neon tubes, heaps of rubble or coal, pebble bags, all kinds of pipes: iron, cement, plastics, all loose fabrics, rubber, buckets, jugs, pots, an old phone, typewriters, washing, a sink ... and of course always squares or rectangles white, yellow, black, red and spots or lines to infinity. ... and proclaim loud and clear, with great assurance, even with insolently, that it is "art" and especially anti-bourgeois art. Because of course this enlightened and silvery elite who sponsors the contemporary non-art proclaims itself anti-bourgeois and revolutionary. His art is designed to disturb people, but it's for their own good, so it's revolutionary.

The contempt of the middle classes, the scorn of peoples, has become a feature of the art of the enlightened elite of the West. It is the art of the "Enlightenment" ideologically monolithic, globalist, which triumphs at the level of the official art, that is to say of the State, of the large groups and International Organizations, and even of the large Private International Foundations. As well as at the level of International Finance.

This official art, state or private, is no longer in the West a tool of inter-social dialogue, it is enclosed in an esoteric discourse, imposes itself in museums built especially for it, and manufactures a particular market. The Contemporary Art, the Conceptual Art has become a Reserve for Enlighteneds and Richs. An art reserved for the Eye which illuminates, from above, and at its Guardians of the Temple of higher levels, the Social Pyramid. The Pyramid that appears on the dollar bill and in the courtyard of the Louvre in Paris. And whose program of extermination and of absolute control of peoples, anti-humanist, is inscribed on the monument called the Georgia Guidestones (USA). Of course in the name of Reason. Of course in the name of the Enlightened Reason, that of the "Enlightenment".

 

6. At other levels of Western society, at the very average level of the Pyramid, at the level of the ordinary bourgeoisie and the middle classes, at the local and regional level of the cities, a private commercial art has been kept alive, which survives outside the catechism of the official art, but also from its sources of funding.

On the other hand, also starting from New York, but really native of New World, street art, originally rebellious and wild, develops a little later, then imposes itself in Europe from the 2000s -2010, until becoming a tolerated art, semi-organized, then adopted and sponsored. The public and private sectors are associated in its success. But this art is always at local decision-making levels, and of course essentially urban, like all Western society.

Private commercial, non-international art, and street art are two areas of Western painting that practice inter-social dialogue, within all the middle classes, and even towards the most disadvantaged classes. One can think that the development of the art of the streets could make it possible to limit the vandal graffiti imposed by some asocials, which unfortunately have disfigured many of our cities. After only it may be possible to build an aesthetic for the socially excluded. Although it is very doubtful that the excluded have time to devote to aesthetics, and that this question is mainly a false problem agitated by intellectual-ideologues, very similar to those who made invented contemporary art.

But there are other areas where beauty and meaning persist. Contemporary photography, for example on Flickr, shows with obviousness that it is the beautiful and the sense which gather and make dialogue the peoples of the Earth. It is true that there are not only good photographers and aesthetes on Flickr, but what emerges, which finally holds the attention, on average, ie in "the middle class middle class" is the quality of an artistic production, considerable in number, attached to beauty and shared meaning. A whole world that speaks a common language. This popular photographic art is a ray of hope when one comes out of a museum of contemporary art: a real and authentic fraternity and freedom, a true aesthetic universality, with respect for individual and cultural differences. A Sharing, not a Exclusion.

It remains, however, that what poses a serious question is the birth in the west, at the elite level, during the second part of the 20th century, of a very powerful, highly protected, highly funded art (painting-sculpture) which excludes not only the lower levels of society, but the entire western middle class. It is a first in the history of European art. But is novelty always a progress ?

Or would the official contemporary Art be an ugly grimace and an absurd impasse at the top of the tree of human evolution? A premonitory image of the future of man?

   

Aert van der Neer. 1603-1673. Amsterdam.

Vue d'un village au clair de lune. View of a village in the moonlight.

Avignon. Musée Calvet.

 

ART ANCIEN, ART MODERNE, ART ABSTRAIT, ART CONTEMPORAIN

 

Quelques définitions s'imposent (A)

Il faut constater une évolution récente dans les appellations des musées européens.

Cette évolution a une signification. (B)

 

A/ ART MODERNE. ART ABSTRAIT. ART CONTEMPORAIN

 

1° L'Art Abstrait est une branche et un aboutissement de l'Art Moderne dont les prémisses apparaissent en Europe au cours de la seconde moitié du 19è siècle avec Edouard Manet et les Impressionnistes. Et même dès l'époque romantique, avec des peintres comme Turner ou Delacroix.

L'Art Moderne est caractérisé par sa recherche d'une esthétique nouvelle, dont le but n'est pas la reproduction la plus exacte possible du réel tel que l'homme le perçoit par sa vue. Pour réussir ce renouvellement esthétique l'art moderne s'est d'ailleurs beaucoup inspiré, sans trop le dire, de la peinture du passé européen : paléochrétiennes, byzantines et romanes, voire encore du gothique primitif. Une esthétique qui était partout dans les musées occidentaux comme le Louvre et que fréquentaient assidûment les jeunes artistes de l'époque. En réalité l'art moderne a fait le chemin inverse de celui que tous les peintres européens avaient suivi de l'an 1300 jusqu'à l'an 1850 : De "la peinture plate" en deux dimensions des époques byzantines, romanes et du premier gothique vers "la peinture pleine" capable de restituer les trois dimensions qui atteint son apogée à la Renaissance.

Déjà du temps des impressionnistes, Édouard Manet, mais surtout les post-impressionnistes, ont mis en œuvre et développé des techniques anciennes, caractérisées notamment par la réduction de la perspective, l'aplatissement des volumes, l'arbitraire parfois symbolique des couleurs, pour proposer au public de nouvelles formes d'expression du Beau.

Parmi ces nouvelles formes que prend le Beau à l'époque de l'art moderne : l'art Abstrait qui apparait pleinement dans les années 1900.

L'Art Abstrait commence par une recherche d'épuration du réel, une réduction de ce que nous voyons à des formes simples, primaires ou symboliques. L'artiste part d'un objet plus ou moins complexe, d'une figure humaine ou animale, d'une plante, d'un objet quelconque, comme une guitare, et cherche à en exprimer les lignes essentielles. Il réduit cet objet au minimum de lignes et de courbes représentatives. Il le décompose en parties distinctes. Il le recompose différemment. Bref, il s'amuse avec le réel, en fait un jeu de destruction-construction. L'artiste joue un rôle de démiurge qui recompose l'univers à sa façon. L'homme aime bien cette idée qu'il maîtrise les choses, les êtres et les formes.

Au départ l'objet est reconnaissable, tout le monde dit : "C'est une guitare" ou "Ah oui, c'est une vache dans un pré ! "

Mais d'épuration en épuration, au bout du chemin de l'abstraction, il ne reste plus rien de la vache. Et même plus rien du pré dans lequel la vache paissait avec bonheur. Comme l'a dit un humoriste : c'est bien normal ! Pourquoi représenter un pré alors que la vache a tout brouté, et finalement pourquoi dessiner une vache, alors que celle-ci est partie brouter ailleurs !

Donc il ne reste plus à peindre qu'un carré blanc. C'est "vachement" logique. Mais le Sens et le Beau y perdent "vachement". Le grand public, tout "bête" comme il est, " n'a plus rien à traire" de cet art là !

 

Avec l' art non figuratif, nécessairement, il ne reste, en fin de parcours, rien de notre réalité sensible, c'est à dire le monde tel que nous le percevons par nos yeux. Certes notre sens de la vue est limité. Il filtre une réalité qui serait toute autre si elle était perçue par des organes autrement agencés. Notre système sensoriel crée une Illusion. Les philosophies orientales nous le disent depuis des millénaires, bien avant que les scientifiques l'enseignent à leur tour. Mais c'est un fait que ces yeux sont les nôtres, ils font apparaître un monde qui pour nous est réel jusqu'à notre mort. Les peuples européens, dans leur grande majorité, sauf quelques sublimes intelligences illuminées par l'Esprit des Lumières, ou faisant semblant, préfèrent voir une vache noire et blanche dans un pré vert, qu'un carré blanc. Les peuples ont pu accepter une vache orange dans un pré bleu (l'art moderne), mais pas un carré blanc ou noir (l'art contemporain) même intitulé "vache dans un pré". D'ailleurs nos artistes académiques contemporains ont vite compris que le titre étai inutile: "Sans titre" est une des appellations les plus fréquentes.

C'est ainsi qu'au bout de ce chemin de l'art abstrait, non figuratif, qui s'éloigne du réel il ne reste plus rien de significatif pour le grand public. L'art ne tient plus aucun discours compréhensible par tous. C'est l'art du Non-Sens, du Non-Discours.

Mais cet art abstrait du non sens peut encore être, globalement, Beau. C'est ce que toute l'histoire de la peinture européenne et occidentale de 1900 à 1950 démontre. Globalement beau ? C'est à dire beau pour une majorité de la population, représentée à la fois par les peuples et les élites idéologiques et politiques. Le Beau est certes un sentiment subjectif, individuellement ressenti, mais il s'objective par la synthèse des multiples avis des peuples et de leurs élites. Non seulement à une époque donnée, mais tout au long de l'histoire des civilisations. Le Temps est important dans ce jugement global. Et on peut attendre avec intérêt le verdict de l'histoire sur "l'Art Contemporain". L'histoire ne s'est pas encore prononcée à ce sujet, il est bien trop tôt, mais on commence à lire, en français, des avis de spécialistes de l'art qui s'écartent de la louange idéologiquement et économiquement obligée, comme le livre de Christine Sourgins "Les Mirages de l'Art Contemporain. Brève histoire de l'art financier" aux éditions de la Table Ronde 2005 et 2018. Ou encore comme les livres de Aude de Kerros "L'Art caché, les dissidents de l'art contemporain" Eyrolles 2007 et 2013 et "L'imposture de l'Art contemporain, une utopie financière" Eyrolles 2016. En anglais l'article "How Modern Art Serves the Rich" by Rachel Wetzler, in the Republic de February 26, 2018 est aussi très intéressant.

En réalité il existe une violente opposition entre les partisans d'un art conçu comme une recherche du Beau, de l'Harmonie et du Sens et les idéologues de "l'Art Contemporain" conçu comme le contraire, l'inverse de l'art. Mais le caractère idéologiquement et économiquement sacré de l'Art Contemporain fait que le débat public est prohibé, interdit aux professionnels de l'art qui ont une carrière à faire. Seuls des amateurs ou des retraités peuvent tenter de porter la controverse sur la place publique. "Cause toujours" telle est la réponse des professionnels à ces perturbateurs.

 

2° Après la seconde guerre mondiale apparaît en effet en pleine lumière et s'installe durablement un phénomène totalement nouveau dans l'histoire de l'art européen, et même mondial : l'Art Laid. L'art de la peinture cesse de poursuivre le but admis par toutes les sociétés de la terre pendant des millénaires : la recherche de l'expression du Beau, et le partage de l'émotion et du plaisir ainsi créé par l'artiste avec tous, ou presque tous, les membres de la société. L'Art Ancien était beau parce qu'il avait pour objectif de rassembler toute une société autour de lui. L'Art Moderne Contemporain est laid parce qu'il ne cherche à rassembler autour de lui qu' une petite "élite" de prétendus comprenants, qui s'instaurent ainsi les Sages et les Gardiens de la République Universelle, au dessus de la masse des peuples.

Cette politique de retournement complet des valeurs reconnues par les civilisations du passé, spécifiquement occidentale à cette échelle, tout à fait explicite, volontaire, orchestrée et organisée, a aussi ses manifestations en sculpture, en musique et en danse. Pas en architecture, j'ai dis pourquoi dans un texte consacré à ce sujet : l'exception de l'architecture est intéressante et s'explique très simplement par les contraintes du réel que cet art rencontre et qui sont absolument incontournables, contrairement à ce qui se passe en peinture, en sculpture, en danse et en musique.

Par ailleurs, le non sens, le refus du discours clair et l'absence de signification évidente qui caractérise l'art abstrait arrivé à maturité, c'est à dire totalement non figuratif, deviennent apologie de l' absurde, et systématisation de la provocation : C'est l'art qui fait vomir, non seulement ses tripes, mais aussi toute intelligence et toute moralité, toute "bien bienpensance". C'est le mythe révolutionnaire mis en pratique dans l'art. Cette politique est bien évidemment une récupération par les élites gouvernantes d'une réalité qui pourrait s'avérer dangereuses pour elles. Si vous risquez de ne pas contrôler les peuples, mettez vous à leur tête.

L'art contemporain, c'est " la peinture massacrée" que Miro avait annoncée, et commencé à réaliser dans quelques oeuvres tardives. Après le massacre en masse des peuples, le temps était venu de massacrer la peinture.

C'est ainsi qu'à partir des années 1950 les élites politiques et idéologiques ont imposé et fait succéder en Occident l'Art Contemporain à l'Art Moderne. Un art contemporain préparé à New York dès les années 1920.

Dans un grand nombre de pays européens depuis les années 1950s, les appellations des musées de peinture se répartissaient ainsi, même s'il existaient des différences selon les langues :

Musée des Beaux Arts pour l'art ancien. Généralement dans des bâtiments anciens, plus ou moins bien et surtout tardivement réhabilités.

Musée d'Art Moderne pour l'art européen à partir en gros des années 1900 jusqu'en 1950. Souvent dans des salles terminales des Musées des Beaux Arts.

Musée d'Art Contemporain pour la peinture et la sculpture occidentale, à partir, en Europe, en gros des années 1950.

Cet Art Contemporain est toujours installé dans des immeubles ultra modernes, construits par des architectes de réputation internationale. L'architecture, remarquable, de ces bâtiments est d'ailleurs le plus souvent le seul intérêt de leur visite. Avec quel financement ? Il faut constater seulement que les gouvernants occidentaux ont toujours trouvé aisément l'argent, privé ou public, pour construire ces temples ou ces mosquées en hommage à l'art contemporain, académique officiel. Ce n'était pas un miracle, non! les miracles datent des temps obscurs, mais la preuve que cet art contemporain laid et absurde était une oeuvre hautement commandée par l'idéologie au pouvoir en Occident. Ces musées sont, avec d'autres monuments emblématiques comme les pyramides de verre, les arches... des lieux de culte, mais d'un culte que l'on veut discret et réservé à l'élite. C'est la ressemblance et la différence avec les églises et cathédrales des temps obscurs.

  

B/ LE CHANGEMENT D'APPELLATION EN COURS : TOUT L'ART DE L'OCCIDENT EST "MODERNE"

 

En ce début du 21è siècle il faut cependant constater que les appellations des musées d'Europe sont lentement en train de changer au profit de nouvelles dénominations :

Musées d'Art(s) Ancien(s)

Musées d'Art(s) Moderne(s).

La tendance, encore discrète mais très claire est d'abandonner peu à peu l'appellation d'Art Contemporain pour ne retenir pour toute la période qui va de 1850 à nos jours que la seule appellation d'Art Moderne.

Il existe trois raisons principales à ce changement des appellations. Une raison d'ordre pratique, et deux d'ordre idéologique.

 

1° La raison pratique est simple et de bon sens : l'art contemporain cesse de l'être au fur et à mesure que le temps passe. Cette appellation était vicieuse au départ, car nécessairement transitoire. Il fallait en changer. Je ne suis pas certain qu'il suffise de l'appeler AC, comme le fait Christine Sourgins, une critique magnifiquement érudite et pertinente de l'Art Contemporain (les Mirages de l'Art Contemporain. La Table Ronde). C'est une appellation qu'il va falloir abandonner, et que ses propres partisans sont en train d'abandonner, comme le démontrent les nouvelles appellations des musées. Car l'art Contemporain c'est l'art des musées. Un abribus devant le musée n'est pas une oeuvre d'art, mais, le même abribus, dans le musée, oui, c'est une oeuvre d'art.

Il est possible d'adopter l'appellation "d'Art Moderne Européen" pour toute la peinture et la sculpture qui domine la scène depuis les années 1830/50 jusqu'aux années 1940s. Mais l'appellation "d'Art Moderne Occidental" pourrait utilement remplacer celle d'Art Contemporain pour toute la peinture et la sculpture qui nait à New York dans les années 1920 et suivantes et s'impose dans tout l'Occident à partir de la seconde guerre mondiale.

 

2° Le second motif de changement des appellations des musées est idéologique.

La Modernité est toujours une des valeurs absolument primordiale de la pensée européenne, devenue la pensée occidentale avec les Amériques. En ce début du 21è siècle, malgré l'esquisse de quelques inquiétudes quant au futur de l'humanité et de la Terre, l'Occident et notamment l'Amérique, pense toujours conformément au catéchisme conçu et développé en Europe, à l'époque des "Lumières", à la fin du 18è siècle. L'Homme, la Raison, la Science, la Technique, le Progrès, le Bonheur, le Développement, les Droits, la Démocratie, la Liberté, l’Égalité, la Fraternité, la Laïcité, l’Évolution. Telles sont les valeurs essentielles, imposées, correctes, de la Modernité. Les "Nouveaux Commandements" d'une société qui se veut absolument moderne, et en totale opposition aux valeurs du passé, européen et mondial. Un passé qui est toujours représenté, obstinément enseigné comme obsolète, car gouverné par des principes et selon des méthodes absolument contraires à ceux caractéristiques de la société moderne : Dieu, royauté, aristocratie, église catholique, papisme, nations, méthodes et principes générateurs de fanatismes, misères, contraintes, inquisitions, arbitraires, inégalités, racismes et guerres absurdes.

Pour résumer le dogme occidental actuel : il n'y a plus de Paradis dans le Ciel, mais l'homme peut se construire, grâce à l'esprit Moderne, s'il le veut, et s'organise efficacement en une République Universelle, un quasi paradis sur terre. Il n'y a jamais eu d'enfer dans le Ciel, mais il a existé pendant des millénaires un enfer sur terre : toutes les sociétés du passé. C'est ainsi qu'est construite la nouvelle religion mondialiste née des "Lumières".

Donc "l'Art Moderne" était une appellation très positive, très significative, beaucoup plus pérenne que celle d'art contemporain, tout à fait adéquate pour désigner et mettre en valeur l'art apparu depuis que "les Lumières" ont enfin réussi à triompher en Occident des ombres du passé. C'est à dire depuis l'époque des révolutions industrielles et du grand développement occidental, en gros à partir des années 1850-1900.

 

3° La troisième raison, inspirée par la même idéologie, est que cette appellation positive et pérenne d'Art Moderne, permet d'unifier toute cette période, née en Occident avec le triomphe des Lumières et le développement économique et technique. Cette période, qui se veut un nouvel âge de l'humanité, est parfaitement symbolisée par New York et la Statue de La Liberté qui date précisément de l'année 1886. New-York et la Statue de la Liberté, c'est la Nouvelle Rome et le Nouveau Vatican, et l'ONU c'est le Nouveau Latran qui administre le Monde au lieu de Rome. Mais seulement une observation : La Statue de la Liberté est certainement une prouesse technique pour son époque, et peut être même pour la nôtre. Mais sur le plan artistique, esthétique, la statue de la Liberté est à des années lumières en dessous de la Chapelle Sixtine ou du David de Michel Ange. Idéologiquement il faut admettre que la Statue de la Liberté a une importance majeure. Mais, esthétiquement, dans l'histoire de l'humanité, cette statue est nulle. Elle est au niveau de l'art de Lourdes, avec ses Vierges et ses Saints à destination du public populaire, un art de Lourdes qui est d'ailleurs de la même époque que l'art maçonnique de la Statue de la Liberté.

En bref, l'idée sous-jacente au changement d'appellation des musées est la suivante : l'Art Contemporain, né à New York, est tout à fait dans la même ligne de pensée que l'Art Moderne, né à Paris. Il n'y a pas eu de rupture mais développement de la modernité. L'appellation d'Art Moderne, pour tout l'art occidental tel qu'il a évolué à partir de la fin du 19è siècle permet d'effacer, de banaliser, de nier même, la rupture esthétique qui s'est totalement imposée en Occident après la seconde guerre mondiale avec l'Art du Laid et de l'Absurde.

L'unification des dénominations permet de nier cette différence essentielle : l'Art Moderne des années 1850 était une évolution spontanée, tout à fait populaire de l'art européen, inspirée par des artistes qui n'étaient pas du tout en lien avec les élites politiques et idéologiques en place à leur époque. Des artistes qui ont été, un temps très bref pour la plupart, des artistes "maudits" en marge de la peinture officielle, académique, qui a tenté de leur barrer le chemin. C'était un art né dans les milieux artistiques.

Alors que l'Art Contemporain, l'art Moderne d'après 1950, inventé des les années 1920 à New York, est un art construit, ordonné, commandé par une toute petite élite idéologique et politique au service de laquelle certains artistes se sont mis pour réussir. Un art totalement officiel et académique, dont les finalités ne sont plus le Beau, et le Sens, et qui n'est plus pour les élites un moyen de communiquer avec les peuples, mais un moyen de se distinguer et de s'imposer en tant qu'élite différente des peuples, car éclairée. C'est un art né dans les cercles idéologiques et politiques.

Autrement dit aucune comparaison pertinente n'est possible entre le premier art moderne, l'impressionnisme et le post-impressionnisme ou l'art abstrait à ses débuts, et l'art contemporain, ce second art moderne. Mais c'est précisément ce que l'on veut dissimuler en ne parlant plus que de l'Art Moderne, en opposition à l'Art Ancien.

 

La Laideur et l'Absurdité du second Art Moderne sont très bien annoncées et très bien représentées par l'urinoir (la fontaine) de Marcel Duchamp. Une "œuvre d'art" dont la première édition date de 1917 à New York, refusée d'exposition, mais qui a connu la consécration tout à fait officielle par son édition de 1964 à Paris. Il est vrai que cette "oeuvre d'art" était prémonitoire et emblématique, et il est intéressant que ce soit un français qui l'ai proposée, en vain, en 1917. Pour triompher finalement, grâce à l'Amérique. L'esprit dans lequel Marcel Duchamp a produit son "œuvre d'art" est à l'évidence pas le même que l'esprit qui animait Joseph Mallory William Turner quand il a peint en 1844 "Rain, Stream and Speed. The Great Western Railway". Une oeuvre prémonitoire et emblématique du premier art moderne.

Cette rupture dans l'Art européen et mondial, qui s'est dessinée dès les années 1920 à New York, mais qui ne s'est imposée totalement en Europe et dans le monde qu' après la deuxième guerre mondiale est flagrante et renversante au sens propre et figuré du terme : Aucune civilisation du passé n' a jamais revendiqué comme art officiel un Non Art aussi évidemment contraire aux valeurs admises et aux sentiments des populations.

Absurdité et Laideur: C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que s'est imposée un tel renversement des valeurs dans le domaine de l'art. Une inversion qui n'est d'ailleurs pas une exclusivité de l'esthétique, mais qui concerne d'autres domaines comme l'éthique.

Au nom du Progrès et de la Modernité, bien sûr. Du singe à l'homme et du moyen âge aux temps modernes cela donne aussi nécessairement : De l'Art Ancien à l'Art Moderne.

L'appellation unifiée d'Art Moderne pour toute la période qui commence à partir de la fin du 19è siècle jusqu'à nos jours permet donc de maintenir la fiction d'une progression de la civilisation occidentale vers toujours plus de progrès, de modernité, de largesse d'esprit, de tolérance et d'intelligence universelle Cette Intelligence Universelle que les mondialistes prétendent représenter et veulent imposer à l'échelle de toute la Terre.

Mais il sera peut être difficile de supprimer le réel seulement en changeant le vocabulaire:

L'histoire de l'art, et les réactions des peuples, témoignent d'un fait constant et bien établi, en tout cas dans les musées d'Occident: l'existence successive de deux Arts Modernes:

1° L'Art Moderne des années 1870-1950. Libre, Novateur et Beau. Né principalement à Paris, même si ses auteurs sont européens et absolument pas uniquement français.

2° L'Art Moderne d'après 1950. Prétendument révolutionnaire, en fait totalement Officiel et Académique. Laid et Absurde. Né à New York, dès les années 1920... qui durera, personne ne sait combien de temps. Mais qui est clairement la traduction de valeurs absolument hérétiques dans le domaine esthétique. Des valeurs qui sont à l'opposé de celles exprimées publiquement dans le domaine politique. Démocratique l'Art Contemporain ? Démocratique l'Art Moderne d'après 1950 ?

Certainement pas. L'art d'une prétendue "avant garde éclairée des peuples" (le prolétariat cela n'a pas fonctionné), tout à fait antidémocratique, mais se réclamant de la Démocratie bien sûr !

 

Les élites idéologiques et politiques occidentales savent très bien que l'art contemporain officiel des musées, le second art moderne, n'est pas du tout adopté par les populations. C'est ce qu'a démontré un sondage réalisé au début des années 2000 et publié dans le journal "Le Monde" : 70% de la population française rejette l'art contemporain. Les éclairés haussent les épaules et écrivent non pas "rejette", mais "ne comprends pas". Ces résistances de "populations attardées", qui "ne comprennent pas" parce qu'elles ne sont pas "éclairées", qui se traduisent par des salles d'art contemporain vides, sauf le public contraint des scolaires et de leurs enseignants, ces "votes avec les pieds" des peuples, sont tout de même un peu dérangeants pour l'art officiel. Il était donc de bonne politique de masquer les différences entre l'art moderne et l'art contemporain: le premier art moderne qui fait salles combles, et le second art moderne qui fait salles vides.

C'est ainsi que l'on a vu certains musées, et pas des moindres, obliger leur public à passer dans les salles d'art contemporain, avant de pouvoir accéder aux salles d'Art Moderne et d'Art Ancien (Rotterdam-Boijsmans, Cologne-Ludwig, Dôle, entre bien d'autres exemples). D'autres, plus récemment, ont décidé de mélanger toutes les époques (Utrecht Centraal Museum par exemple). Cette politique ne change rien aux goûts du public, mais les gardiens s'ennuient moins, ils voient passer du monde quelque soit la salle qui leur est attribuée. Et personne ne peut plus tenir de statistiques, même officieuses. Nier les réalités fait partie d'un certain art de gouverner conformément à certains catéchismes.

Les autorités responsables ont aussi réuni les appellations Art Moderne et Contemporain, alors que certains de ces musées ainsi nommés ne présentent en réalité que de l'art Contemporain, tout à fait postérieur à 1950 (Nice).

Malgré tous les discours obligés contraires, et malgré tous les encouragements économiques et financiers, L'Art Laid et Absurde n'est finalement pas très valorisant pour notre "civilisation". Même si c'est encore une bonne affaire.

En outre cela pourrait changer ! Les commerçants qui gouvernent notre Occident savent cela : il faut ménager l'avenir et ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Le Laid et l'Absurde peuvent ne plus être idéologiquement et politiquement à la mode dans quelques dizaines d'années. Il faut tout prévoir, à commencer par la faillite du Laid et de l'Absurde, voire l'organiser préventivement.

Il existe à notre époque un art figuratif et un art abstrait qui est beau, des arts dont témoignent certains musées comme le MEAM de Barcelone, de nombreuses salles d'exposition temporaires, de nombreux musées privés, des foires comme la FIAC, beaucoup parmi les galeries d'art commercial, de très nombreux sites internet de peintres contemporains, et aussi l'art des rues (en partie, parce qu'il n'y a pas que de l'art dans nos rues!)

Donc la fin de l'Art Contemporain est programmée. Il est seulement l'Art Moderne II, ce qui permet de chauffer la place de l'Art Moderne III. Car il faut comprendre que depuis "les Lumières" l'Homme est Moderne pour l'éternité! La Modernité est un fait acquis pour toujours. Il n'y aura donc pas de fin à l'Art Moderne.

Ainsi soit il.

 

ANCIENT ART, MODERN ART, ABSTRACT ART, CONTEMPORARY ART

 

A/ Some definitions are needed

B/ We must note a recent evolution in the appellations of European museums. This evolution has a meaning.

 

A / MODERN ART. ABSTRACT ART. CONTEMPORARY ART

 

1° Abstract Art is a branch and culmination of Modern Art whose premises appear in Europe during the second half of the 19th century with Edouard Manet and the Impressionists . And even from the romantic period, with painters like Turner or Delacroix.

Modern Art is characterized by its search for a new aesthetic, the purpose of which is not the most exact reproduction of the real as man perceives it by its sight. In order to succeed in this aesthetic renewal, modern art has, moreover, inspired itself, without saying it too much, of the painting of the European past: paleo-Christian, Byzantine and Romanesque, and even primitive Gothic. An aesthetic that was everywhere in the Western museums like the Louvre and that assiduously frequented the young artists of the time. In reality, modern art has made the opposite path from the one that all European painters had followed from the year 1300 to the year 1850: From the "flat paint" in two dimensions of the Byzantine, Romanesque and early Gothic towards "full painting" capable of restoring the three dimensions that reached its peak in the Renaissance.

Already in the time of the Impressionists Édouard Manet, but especially the post-impressionists have implemented and developed ancient techniques, characterized in particular by the reduction of the perspective, the flattening of the volumes, the sometimes symbolic arbitrariness of the colors, in order to propose the new forms of expression of the Beautiful.

Among these new forms that take the Beautiful at the time of modern art: Abstract Art that appears in the 1900s.

Abstract Art begins with a search for purification of the real, a reduction of what we see to simple forms, primary or symbolic. The artist starts from a more or less complex object, a human or animal figure, a plant, an object of any kind, like a guitar, and tries to express its essential lines. It reduces this object to the minimum of representative lines and curves. He breaks it down into separate parts. He recomposes it differently. In short, he has fun with the real, in fact a game of destruction-construction. The artist plays a demiurge role that recomposes the universe in its own way. The man likes this idea that he masters things, beings and forms.

At first the object is recognizable, everyone says: "It's a guitar" or "Oh yes, it's a cow in a meadow!"

But from purification to purification, at the end of the path of abstraction, there is nothing left of the cow. And even nothing of the meadow in which the cow she grazed happily. As a humourist said: it's normal! Why represent a meadow while the cow has grazed everything, and finally why draw a cow, while this one is gone to graze elsewhere!

So all that's left to do is paint a white square. It's infinitely logical. But the meaning and the beauty lose a lot. For the general public, all stupid as it is, "it has nothing more to milk" of this art!

With the non - figurative art, necessarily, there remains, at the end of the course, nothing of our sensitive reality, ie the world as we perceive it by our eyes. Certainly our sense of sight is limited. It filters a reality that would be different if it was perceived by organs otherwise arranged. Our sensory system creates an Illusion. Eastern philosophies have been telling us for millennia, long before scientists teach it. But it is a fact that these eyes are ours, they make appear a world which for us is real until our death. The great majority of European peoples, except for some sublime intelligences illuminated by the Spirit of Enlightenment, or pretending to be, prefer to see a black and white cow in a green meadow, than a white square. The peoples were able to accept an orange cow in a blue meadow (modern Art), but not a white or black square (contemporary art) even titled "Cow in a meadow". Moreover, our contemporary academic artists quickly understood that the title was useless: "Untitled" is one of the most frequent naming.

Thus, at the end of this path of abstract, non-figurative art, which is moving away from reality, there remains nothing meaningfull for the general public. Art no longer holds any speech understandable by all. It is the art of Non-Meaning, of Non-Speech.

But this abstract art of nonsense can still be, overall, beautiful. This is what the whole history of European and Western painting from 1900 to 1950 demonstrates. Overall beautiful? That is to say beautiful for a majority of the population, represented by both peoples and ideological and political elites. The Beautiful is certainly a subjective, individually felt, but it is objectified by the synthesis of the multiple opinions of peoples and their elites. Not only at a given time, but throughout the history of civilizations. Time is important in this global judgment. And we can look forward to the verdict of history on "contemporary art". History has not yet pronounced on this subject, it is too early, but we begin to read in French the opinions of art specialists who deviate from the praise ideologically and economically obliged, such as the book by Chrstine Sourgins "The Mirages of Contemporary Art: A Short History of Financial Art" at the 2005 and 2018 Round Table editions, or like Kerros' Aude's books "L'Art caché, les dissidents de contemporary art "Eyrolles 2007 and 2013 and" The imposture of Contemporary Art, a financial utopia "Eyrolles 2016. In English the article" How Modern Art Serves the Rich "by Rachel Wetzler, in the newspaper "Republic" of February 26 , 2018 is also very interesting.

In reality there is a violent opposition between the partisans of an art conceived as a search for beauty, harmony and meaning and the ideologues of "contemporary art" conceived as the opposite, the opposite of art. . But the ideologically and economically sacred nature of Contemporary Art means that public debate is prohibited, forbidden to art professionals who have a career to do. Only amateurs or pensioners can try to bring controversy to the public square. "Keep on talking" such is the response of professionals to these disrupters.

 

2 ° After the Second World War appears indeed in full light and is permanently settling a completely new phenomenon in the history of European art, and even global: ugly art. The art of painting ceases to pursue the goal accepted by all societies of the earth for millennia: the search for the expression of beauty, and the sharing of emotion and pleasure thus created by the artist with all , or almost all, members of society. The Ancient Art was beautiful because its purpose was to gather a whole society around him. Contemporary Modern Art is ugly because it seeks to gather around him only a small "elite" of so-called "knowledgeable", who thus establish themselves the Sages and Guardians of the Universal Republic, above the mass of peoples.

This policy of completely reversing the values recognized by the civilizations of the past, specifically Western on this scale, explicit, voluntary, orchestrated and organized, also has its manifestations in sculpture, music and dance. Not in architecture, I said why in a text devoted to this subject: the exception of architecture is interesting and can be explained very simply by the constraints of the real that this art meets and which are absolutely unavoidable, unlike this which happens in painting, sculpture, dance and music.

Moreover, the nonsense, the refusal of the clear discourse and the absence of obvious meaning which characterizes the abstract art arrived at maturity, ie totally non-figurative, become apology of the absurd, and systematization of the provocation : It is the art that makes vomit, not only his guts, but also all intelligence and morality, all "good thinking". This is the revolutionary myth put into practice in art. This policy is obviously a recovery by the ruling elites of a reality that could prove dangerous for them. If you risk not controlling the peoples, put yourself at their heads.

Contemporary art is "the massacred painting" that Miro had announced, and began to realize in some late works. After the mass slaughter of the people, the time had come to massacred the painting.

Thus from the 1950s political and ideological elites have imposed in the West the Contemporary Art, which replaced Modern Art. A contemporary art prepared in New York already from the 1920s.

In a large number of European countries since the 1950s, the names of the painting museums were thus distributed, even though there were differences according to the language:

Museum of Fine Arts for ancient art. Generally in old buildings, more or less well and especially late rehabilitated.

Museum of Modern Art for European art from roughly 1900 until 1950. Often in the terminal rooms of the Museums of Fine Arts.

Museum of Contemporary Art for painting and Western sculpture, in Europe, from roughly 1950s.

This Contemporary Art is still installed in ultra modern buildings, built by architects of international reputation. The remarkable architecture of these buildings is moreover often the only interest of their visit. With which financing? It must be noted only that the Western rulers have always found the money, private or public, to build these temples or mosques as a tribute to contemporary, official academic art. It was not a miracle, no! miracles date from obscure times, but the proof that this ugly and absurd contemporary art was a work highly commanded by the ruling ideology in the West. These museums are, with other emblematic monuments such as the glass pyramids, the arches ... places of worship, but a cult that a cult that is wanted discreet and reserved for the elite. It is the resemblance and the difference with the churches and cathedrals of the dark times..

  

B / CHANGE OF APPELLATION UNDERWAY: ALL ART OF THE WEST IS "MODERN"

 

At the beginning of the 21st century, however, the names of museums in Europe are slowly changing in favor of new names:

Ancient Art Museums

Modern Art Museum

The trend, still discreet but very clear is to abandon gradually the name of Contemporary, to retain for the entire period from 1850 to the present day only the name of Modern Art

There are three main reasons for this change of appellations. A practical reason, and two of ideological order.

 

1. The practical reason is simple and common sense: contemporary art ceases to be so as time passes. This name was initially vicious, because necessarily transitory. It had to change. This is an appellation that will have to be abandoned, and that its own supporters are giving up, as the new names of museums show. Because contemporary art is the art of museums. A bus shelter in front of the museum is not a work of art, but, the same bus shelter, in the museum, yes, it is a work of art. It is possible to adopt the term "European Modern Art" for all painting and sculpture that dominates the scene from the 1830s / 50s until the 1940s. But the name "Occidental Modern Art" could usefully replace that of Contemporary Art for all the painting and sculpture that was born in New York in the 1920s and following and is required throughout the West from the second World War.

  

2. The second reason for changing the names of museums is ideological.

Modernity is always one of the absolutely essential values of European thought, which has become Western thought with the Americas. At the beginning of the 21st century, despite the sketch of some concerns about the future of mankind and the Earth, the West and especially America, still thinks according to the Catechism conceived and developed in Europe, at the time of the "Lights", at the end of the 18th Century. Man, Reason, Science, Technique, Progress, Happiness, Development, Rights, Democracy, Liberty, Equality, Fraternity, Secularism, Evolution. Such are the essential, imposed, correct values of Modernity. The "New Commandments" of a society that is absolutely modern, and in total opposition to the values of the past, European and worldwide. A past that is always represented, obstinately taught as obsolete, because governed by principles and methods absolutely contrary to those characteristic of modern society: God, royalty, aristocracy, Catholic Church, popery, nations, principles and methods generators of fanaticism, miseries, constraints , inquisitions, arbitrariness, inequality, racism and absurd wars.

To summarize the present Western dogma: there is no more Paradise in Heaven, but man can be built, thanks to the Modern spirit, if he wants it, and is organized himself effectively in a Universal Republic, a paradise on earth. There has never been a hell in Heaven,but it has existed for millennia a hell on earth: all the societies of the past. Thus is constructed the new globalist religion born of the "Enlightenment".

So "Modern Art" was a very positive name, very significant, much more durable than that of contemporary art, quite adequate to designate and highlighting the art appeared since "the Enlightenment" finally succeeded in to triumph in the West of the shadows of the past. That is to say since the era of industrial revolutions and the great Western development, roughly from the years 1850-1900.

 

3. The third reason, inspired by the same ideology, is that this positive and lasting appellation of "Modern Art" unifies this entire period, born in the West with the triumph of the Enlightenment and the economic and technic development. This period, which wants himself a new age of humanity is perfectly symbolized by New York and the Statue of Liberty that accurately date of 1886. New York and the Statue of Liberty, is the New Rome and the New Vatican, and the UN is the New Lateran, who administers the World instead of Rome. But only one observation: The Statue of Liberty is certainly a technical feat for its time, and maybe even for ours. But on the artistic, aesthetic, the Statue of Liberty is light years below the Sistine Chapel or the David of Michelangelo. Ideologically it must be admitted that the Satue of Liberty has a major importance. But, aesthetically, in the history of humanity, this statue is null. It is at the level of the art of Lourdes, with its Virgins and Saints for the popular public, an art of Lourdes which is also of the same era as the Masonic art of the Statue of Liberty.

In short, the idea behind the change of naming of museums is as follows: Contemporary Art, born in New York, is very much in the same line of thought as Modern Art, born in Paris. There was no break but development of modernity. The name of Modern Art, for all Western art as it evolved from the end of the 19th century makes it possible to erase, to trivialize, to even deny, the aesthetic break that has totally imposed itself in West after the Second World War, with the Art of the ugly and the absurd.

The unification of denominations denies this essential difference: Modern Art of the 1850s was a spontaneous evolution, quite popular of European art, inspired by artists who were not connected with the elites at all political and ideological in place in their time. Artists who have been, a very brief time for the most part, artists "Cursed" in the margins of official painting, academic, who tried to bar their way. It was an art born in artistic circles.

While contemporary art, the modern Art after 1950, invented from the 1920s in New York, is an art built, ordained, commanded by a very small ideological and political elite in the service of which some artists have set themselves to succeed.

A totally official and academic art, whose purposes are no longer the beautiful, and the meaning, and which is no longer for the elites a way to communicate with the people, but a means of distinguishing themselves and imposing themselves as that elite different of the peoples, because enlightened. It is an art born in ideological and political circles.

In other words no relevant comparison is possible between the first modern art, Impressionism and Post-Impressionism or early abstract art, and contemporary art, this second modern art. But this is precisely what one wants to conceal by speaking only of Modern Art, in opposition to the Ancien Art.

The Ugliness and Absurdity of the second Modern Art are very well announced and very well represented by the urinal (the fountain) of Marcel Duchamp. A "work of art" whose first edition dates from 1917 in New York, refused of exhibition, but which has been officialy consecrated by its 1964 edition in Paris. It is true that this "work of art" was premonitory and emblematic, and it is interesting that it was a French who proposed it, in vain, in 1917. To finally triumph, thanks to America.

The spirit in which Marcel Duchamp produced his "work of art" is obviously not the same as the spirit that animated Joseph Mallory William Turner when he painted in 1844 "Rain, Stream and Speed. Great Western Railway ". A premonitory and emblematic work of the first modern art.

This break in European and world art, which took shape as early as the 1920s in New York, but did not become fully established in Europe and the world until after the Second World War, is blatant and reversing in the sense proper and figurative of the term: No civilization of the past has ever claimed as an official art a No Art also obviously contrary to the accepted values and feelings of the peoples

Absurdity and Ugliness: This is the first time in the history of humanity that such a reversal of values in the field of art has been imposed. An inversion that is not an exclusivity of aesthetics, but concerns other areas such as ethics.

In the name of Progress and Modernity, of course. From monkey to Man and from the Middle Ages to modern times this also necessarily gives: From Ancient Art to Modern Art.

The unified name of Modern Art for the whole period starting from the end of the 19th century to the present day thus allows us to maintain the fiction of a progression of Western civilization towards ever more progress, modernity, broadmindedness, tolerance and universal intelligence. This Universal Intelligence that the globalists claim to represent and want to impose on the scale of the whole Earth.

But it may be difficult to erase the real only by changing the vocabulary:

The history of art, and the reactions of peoples, testify to a constant and well-established fact, at least in the museums of the West: the successive existence of two Modern Arts:

1 ° Modern Art from the years 1870-1950. Free, Innovative and Beautiful. Born mainly in Paris, even if its authors are European and absolutely not only French.

2 ° Modern Art after 1950. Allegedly revolutionary, in fact totally official and academic. Ugly and absurd. Born in New York, from the 1920s ... Who will last, no one knows how long. But that is clearly the translation of absolutely heretical values in the aesthetic field. Values that are the opposite of those expressed publicly in the political field. Democratic Contemporary Art? Democratic Modern Art after 1950?

Certainly not. The art of an alleged "enlightened avant-garde of the peoples" (the proletariat did not work), undemocratic, but claiming Democracy of course!

 

Western ideological and political elites know very well that the official contemporary art of museums, the second modern art, is not adopted at all by the peoples. This was demonstrated in a poll conducted in the early 2000s and published in the newspaper "Le Monde": 70% of the French population rejects contemporary art. The enlightened shrug their shoulders and write not "rejects", but "do not understand". These resistances of "delayed populations", who "do not understand" because they are not "enlightened", which result in empty contemporary art rooms, except the public forced, schoolchildren and their teachers, these votes of peoples with their feet, it is still a little disturbing for the official art. So it was good policy to mask the differences between modern art and contemporary art: the first modern art that makes full rooms, and the second modern art that makes rooms empty.

Thus we have seen some museums, and not least, to force their public to pass throuh the rooms of contemporary art, before being able to access the rooms of Modern Art and Ancient Art (Rotterdam-Boijsmans , Cologne-Ludwig, Dole, among many other examples). Others, more recently, have decided to mix all the times (Utrecht Centraal Museum for example). This policy does not change the tastes of the public, but the guardians are less bored, they see the world pass whatever the room assigned to them. And no one can keep statistics, even unofficial ones. Denying realities is part of a certain art of governing according to certain catechisms.

The responsible authorities also brought together the appellations Modern and Contemporary Art, while some of these museums so named present only contemporary art, quite posterior to 1950 (Nice).

In spite of all the contrary obligatory speeches, and in spite of all the economic and financial incentives, the ugly and absurd art is finally not very rewarding for our "civilization". Even if it's still a good deal.

In addition it could change! The traders who govern our West know this: we must spare the future and not put all his eggs in one basket. The Ugly and the Absurd may no longer be ideologically and politically fashionable in a few decades. You have to anticipate everything, starting with the bankruptcy of the Ugly and the Absurd, or even organizing it preventively

In our time there is a figurative art and an abstract art that is beautiful, the arts of which some museums like the MEAM of Barcelona testify, many temporary exhibition halls, many private museums, fairs like the FIAC, many among the commercial art galleries, numerous websites of contemporary painters, and also the street art (in part, because there is not only art in our streets!)

So the end of Contemporary Art is programmed. It is only Modern Art II, which heats the place of Modern Art III. Because one must understand that since "the Enlightenment" the Man is Modern for eternity! Modernity is a fact acquired forever. There will be no end to Modern Art.

So be it.

  

Oswald Achenbach. 1827-1905.Düsseldorf. Une fête à Genazzano. A party in Genazzano. vers 1865. Paris Orsay.

Ecole de Düsseldorf. Paysagiste Académique au départ son parcours va du dessin vers la couleur.

Academic landscape designer at the start his career goes from drawing to color.

Franz Marc 1880-1916

Combattre les formes. Kämpfende Formen

Fighting forms 1914

Munich Pinakothek der Moderne

  

Un magnifique exemple de renouvellement des formes de l'esthétique. Nous sommes en plein art abstrait, non figuratif. Donc le sens, la signification se perd. C'est une innovation importante de la peinture européenne, cette perte de sens. Cette perte de sens n'est absolument pas l'absurde. L'absurdité en art est une invention de l'art contemporain officiel, après les années 1950. Et surtout la beauté est toujours présente. Important la beauté n'est ce pas ? Elle remet en question sévèrement l'art laid.

 

A magnificent example of the renewal of aesthetic forms. We are in the midst of abstract, non-figurative art. So the meaning, the sense is lost. This is an important innovation in European painting, this loss of meaning. This loss of meaning is by no means absurd. The absurdity in art is an invention of official contemporary art, after the 1950s. And above all, beauty is always present. Important the beauty, isn't it? She severely questions ugly art.

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques ( Constable, Turner, Delacroix ) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° Le Géométrisme. La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque). On a parlé aussi de Cloisonnisme. Qui va déboucher sur l'art abstrait.

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès la paix revenue en Europe après 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain s'impose en Europe après 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec beaucoup de raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation. L'explosion d'originalité, de libertés, et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient avec l'Art Contemporain, un système qui se fige dans l'idéologiquement correct. Et l'ldéologie nouvelle veut que l'esthétique et le partage du beau avec la population, ne soit plus un but de l'art officiel. L'art se doit d'être le contraire de tout ce qui s'est fait dans le passé. L'inversion des valeurs est totale, et totalitairement imposée.

Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, ou dans certaines expositions spécialisées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau, La Modernité. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants" qui méprisent les peuples, qu'ils gouvernent "démocratiquement".

La différence essentielle entre l'Art Moderne et l'Art Contemporain Officiel peut être comprise très simplement :

- L'Art Moderne recherche un changement d'ordre esthétique. Un Beau nouveau. Un Beau qui n'obéit plus aux normes qui sont celles en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes cherchent d'ailleurs cette nouvelle esthétique en remontant plus haut dans le passé : aux époques Paléo-chrétienne, Byzantine, Romane, et au premier Gothique. Les artistes reviennent notamment à la "peinture plate", c'est à dire aux volumes aplatis et à la perspective réduite. Ils reprennent l'esthétique de la peinture en deux dimensions, au détriment de la peinture en trois dimensions qui a prévalu depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes de l'art moderne valorisent aussi l'esquisse, qui a toujours existé, mais ils en font un art terminal. L'Art Moderne invente une esthétique totalement nouvelle : l'art abstrait, non figuratif, dont on peut considérer qu'il n'existe pas de précédent en Europe. Peut être en Chine, mais dans un tout autre esprit. Rien de géométrique dans l'art abstrait chinois. Tout est dans l'expression du Souffle qui anime les Dix Mille Êtres.

- L'Art Contemporain est aux antipodes de l'Art Moderne, bien qu'il tente de se situer dans sa continuité : Il refuse l'Esthétique. Le Beau ne doit plus être une finalité de l'art. Avec l'Art Contemporain, l'Occident ne change pas d'esthétique. L'Occident sort de l'Esthétique. C'est une rupture totale avec l'art européen antérieur. En bref : c'est du Non-Art. C'est une première non seulement dans l'histoire de la peinture et de la sculpture européenne, mais aussi dans l'histoire de l'art mondial.

Et bien sûr comme c'est Nouveau, "Jamais Vu", ses inspirateurs et partisans en sont très fiers: Cet art entre dans le credo de leur religion, celle de la Modernité Lumineuse. Et donc, ils adorent. Amen.

 

Il est vrai qu'à côté de l'art officiel, il existe un espace de liberté pour les artistes, fidèles au Beau et au Sens partagé, dans l'art privé commercial et l'art des rues ( pas tout l'art des rues !!). Mais la question essentielle demeure : Comme l'art Egyptien, Grec, Romain, Catholique, l'Art Contemporain officiel est le reflet de la pensée de l'élite idéologique et politique actuelle, de sa vision du monde, et de son projet pour les peuples. On peut dire qu'il révèle ses intentions profondes. Et elles sont laides et absurdes, c'est ce que dit leur art. Leur art réservé trahit leurs discours publics démocratiques.

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

 

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Constable, Turner, Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° The Geometrism. The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque). We also talked about Cloisonnism. Which will lead to abstract art.

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

We can even think that Modern Art began as soon as the peace returned to Europe after 1815, with some romantic painters like the French Eugène Delacroix, or with William Turner, a fantastic innovator, announcer of impressionism and non-figurative art, who died in 1853. These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

Contemporary Art imposes itself in Europe after 1945. Some historians fixed its birth in the 1950s. One can also claim, with a lot of reasons, that its date of birth, in any case ideological and political, is the creation in New York. of the Moma by the Rockefellers (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation.

The explosion of originality, freedom, and non-conformism that characterizes Modern Art becomes with contemporary art, a system that congeals in the ideologically correct. And the new ideology wants that aesthetics and the sharing of beauty with the population, is no longer a goal of the official art. Art must be the opposite of everything that has been done in the past. The inversion of the values is total, and totally imposed.

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, or in some specialized exhibitions, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New, the Modernity. This is the Art of the clean slate of the Past: an art without roots, reserved for an elite of so-called "Comprenants" who despise the people, that they govern "democratically".

The essential difference between Modern Art and Official Contemporary Art can be understood very simply:

- Modern Art seeks a change of aesthetic order. A new Beautiful. A Beautiful who no longer obeys the standards that are in effect since the end of Gothic and rebirth. Artists are also looking for this new aesthetic in going back to the past: in the Paleo Christian era, Byzantine, Romanesque, and the first Gothic. The artists return in particular to the "flat painting", ie to the flattened volumes and to the reduced perspective. They take up to the aesthetics of two-dimensional painting, to the detriment of the three-dimensional painting that has prevailed since the end of Gothic and rebirth. The artists of modern art also value the sketch, which has always existed, but they make it a terminal art. Modern Art invents a totally new aesthetic: abstract, non-figurative art, which can be considered to have no precedent in Europe. May be in China, but in a different spirit. Nothing geometric in Chinese abstract art. Everything is in the expression of the Breath that animates the Ten Thousand Beings.

- Contemporary Art is at the Antipodes of Modern Art, although it tries to situate itself in its continuity: It refuses Aesthetics. The Beautiful must no longer be a finality of art. With Contemporary Art, the West does not change aesthetics. The West get out of Aesthetics. This is a total break with the earlier European art. In short: it's the Non-Art. This is a first not only in the history of painting and European sculpture, but also in the history of world art.

And of course as it is New, "Never Seen", its inspirers and supporters are very proud of it: This art enters into the creed of their religion, that of the Luminous Modernity. And so, they love. Amen.

 

It is true that alongside the official art, there is a space of freedom for the artists, faithful to the Beautiful and the Shared sense, in the private commercial art and the art of the streets (not all the art of the streets !!). But the essential question remains: Like Egyptian, Greek, Roman, Catholic art, the Contemporary Official Art is a reflection of the thinking of the current ideological and political elite, of its vision of the world, and of its project for the peoples . It can be said that he reveals his deep intentions. And they are ugly and absurd, that's what their art says. Their reserved art betrays their democratic public speeches.

  

Michael Ancher 1849-1927 Skagen

The drowned fisherman Le pêcheur noyé. 1896

Skagens Museum. Denmark

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Jules Breton. 1828-1906. Paris

La fileuse, baie de Douarnenez.

The spinner, bay of Douarnenez. vers 1870

Paris Petit Palais (Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris)

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

 

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, ils continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont un développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

 

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

 

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine. De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society. At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Frantisek Janoušek 1890-1943. Prague et Paris. Man from the underground. L'Homme des Bas Fonds. 1936. Prague Narodni galerie Veletrzni Palac

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques (Delacroix) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque).

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain est postérieur à 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec quelques raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation et même de la provocation. L'explosion d'originalité et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient un Système qui se fige dans l'idéologiquement et l'esthétiquement correct. Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants".

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° . The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque).

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

One may even think that Modern Art begins in 1815, with some romantic painters such as Eugène Delacroix, or William Turner, innovative fantastic, annunciator of the impressionism and non-figurative art, who died in 1853.

These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

The Contemporary Art is subsequent to 1945. Some historians establish its birth in the 1950s.

One can also argue, with some reason, that his date of birth in any ideological and political cases, is the creation of the Moma in New York, by the Rockefeller (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes Modern Art becomes a system that freezes in the ideologically and the aesthetically correct.

 

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New. This is the Art of the Table Rase of the Past of Europa : an art without roots, for the elite, so-called "comprenants".

  

Ernst Ludwig Kirchner 1880-1938 Germany

Canal avec pont

Rotes Elisabethufer Berlin

Canal with bridge 1913

Munich Pinakothek der Moderne

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Holger Drachmann. 1846-1908. Copenhague. Skagen

Sunset on a day in january in Skagen.

Skagens Museum Denmark

Poète et peintre. Il eut pour élève Karl Locher

Poet and painter. He had for pupil Karl Locher

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Ossian chantant son chant du cygne

Ossian singing his swan song ca 1780

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Bau der Teufelsbrücke. Building of the Devil's Bridge.

Construction du Pont du Diable. Vers 1831.

Munich Neue Pinakothek.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

   

Carl Blechen. 1798-1840.

Ruines d'église gothique

Gotische Kirchenruine.

Gothic Church ruins. 1826

Dresde. Gemälde Galerie Neue Meister. Albertinum.

 

Ici un romantisme plus classique dans le style de Friedrich.

Here a more classical romanticism in the style of Friedrich.

  

ART MODERNE et ROMANTISME

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

 

Lucien Simon. 1861-1945. Paris

Charlotte en Pierrot noir.

Charlotte in black Pierrot. 1913

Quimper. Musée des Beaux Arts.

Le Peintre est un élève de William Bouguereau dont l'enseignement classique s'aperçoit ici. Son style est cependant indépendant des

écoles de son époque. Brillante carrière à Paris et à l'étranger notamment aux USA.

 

The Painter is a pupil of William Bouguereau, whose classical teaching can be seen here. His style is however independent of

schools of his time. Brilliant career in Paris and abroad especially in the USA.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nat