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CW Eckersberg 1783-1853 Copenhague

La fregate Galathea après avoir salué un pilote anglais.

The fregate Galathea after hailin an english pilot. 1839

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Arbres en Automne au lever du Soleil. 1823.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

BLECHEN (Carl) : LE

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Défilé en montagne l'hiver. Mountain Gorge in Winter. 1825

Berlin. Alte Nationalgalerie.

  

ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

Theodor Philipsen 1840-1920 Copenhague

Cowshed on the Island of Saltolm

Etable sur l'ïle de Saltholm 1890

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Un bel exemple, qui n'est pas du tout unique, du réalisme scandinave et néerlandais. Ces thèmes réalistes, empruntés à la vie quotidienne des peuples, sont très rares ou inexistants chez les français, les italiens et même chez les germaniques.

 

A good example, which is not at all unique, Scandinavian and Dutch realism. These realistic themes, borrowed from the daily life of the peoples, are very rare or non-existent among the French, the Italians and even the Germanic.

  

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

 

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

La palmeraie. The Palmhouse on the Pfaueninsel. 1830.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

Georges Seurat. 1853-1891. Paris.

Le Cirque. The circus. 1891.

Paris Orsay.

 

GEORGES SEURAT. PAUL SIGNAC. HENRI EDMOND CROSS. LE POINTILLISME.

 

Georges Seurat est l'inventeur du pointillisme et Paul Signac son représentant majeur après la disparition de Signac en 1891. Henri Edmond Cross, ami de Paul Signac, fut aussi un adepte de cette technique. Seurat revendiquait à l'origine de son art l'influence de Delacroix. Effectivement. Le pointillisme ou encore "divisionnisme" doit beaucoup à l'art de Delacroix. Art de Delacroix, qu'un critique de son temps qualifiait de “tartouillade” ( traduire par “tachisme”) . Un jugement négatif tout à fait compréhensible si on compare certains tableaux de Delacroix aux oeuvres d'Ingres, son exact contemporain et rival. Ingres a écrit “le dessin est la probité de l'art”. On comprend bien ce qu'il voulait dire. Cette opinion contient une grande part de vérité. Même si ce n'est pas toute la vérité ! Le Beau n'est pas pure subjectivité individuelle, à un niveau collectif il s'objective, mais le Beau est affaire de convention, d'habitudes du regard et aussi de modes.

Le pointillisme (ou divisionnisme) est très caractéristique de la religion moderne du "Nouveau" à tout prix quand cette religion affecte l' art. Même au prix du beau. Le pointillisme offre quelques réussites, mais quand il s'enferme dans un système cette technique prend vite un aspect très artificiel. La religion moderne du Nouveau, dont le pointillisme n'est qu'une première annonce, a encore pris plus d'importance avec l'art contemporain, à partir de la seconde moitié du 20è siècle, jusqu'à devenir un fanatisme, un art officiel, imposé, totalement académique, au détriment du Sens et du Beau.

  

Georges Seurat is the inventor of pointillism and Paul Signac its major representative after the disappearance of Signac in 1891. Henri Edmond Cross, friend of Paul Signac, was also a follower of this technique. Seurat was claiming the source of his art the influence of Delacroix. Effectively. The Pointillism, or Divisionism, owes much to the art of Delacroix. Art of Delacroix, that a critic of his time described as "tartouillade" (translated as "tachism"). A negative judgment quite understandable if we compare some paintings by Delacroix to the works of Ingres, his exact contemporary and rival. Ingres wrote "the drawing is the probity of art." One understands what he meant. This opinion contains a large element of truth. Although this is not the whole truth!

The Beauty is not pure individual subjectivity, on a collective level it is objectified, but the Beau is a matter of convention, habits of the eye and also fashions.

Pointillism (or divisionism) is very characteristic of the modern religion of the "New" at all costs when this religion affects art. Even at the price of the beautiful. Pointillism offers some successes, but when it locks itself into a system this technique quickly takes on a very artificial appearance. The modern religion of the New, whose pointillism is only a first announcement, took on more importance with contemporary art, from the second half of the 20th century, until becoming a fanaticism, an official art, imposed, totally academic, to the detriment of Meaning and Beauty.

  

Michael Ancher 1849-1927 Skagen

The drowned fisherman Le pêcheur noyé. 1896

Skagens Museum. Denmark

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Matthias Grünewald.(Mathis Gothart Nithart) 1480 1528.

Actif en Bade Wütemberg (Souabe) et Alsace.

Le retable d'Issenheim. The Isenheim altarpiece. Incarnation.

Ouverture des jours de Fêtes. Opening of the holidays. 1512 1516

Colmar. Musée Unterlinden.

 

LE BEAU ET LE BIEN. LE LAID ET LE MAL. BEAUTIFUL AND GOOD. THE UGLY AND EVIL

 

Ce n'est pas par hasard si l'art catholique et orthodoxe peignait Dieu, le Christ, la Vierge et les Anges beaux, et Satan et les démons laids.

Les artistes des temps passés et leurs commanditaires savaient qu'il existe entre le Beau et le Bien d'une part et le Laid et le Mal d'autre part des correspondances évidentes, des accords profonds. Les peuples qui en restent au domaine des faits, des évidences de bon sens, ressentaient aussi, instinctivement, ces consonances.

Il faut donc questionner le renversement total des valeurs que les élites politiques et idéologiques, politiquement correctes, et les artistes à leur service , ont imposé à la peinture occidentale depuis le milieu du 20è siècle en décidant de favoriser une peinture (et une sculpture), non seulement absurde, mais aussi laide. Un art officiel, académique et obligatoire, qui remplit les musées de tout l'Occident et qui s'exporte avec profit. Un art contemporain qu'il ne faut pas confondre avec l'art commercial et celui des rues, mais dont tout l'intérêt est de révéler les réelles tendances, intellectuelles et morales, qui inspirent et motivent, contrairement à tous leurs discours publics, les élites idéologiques et politiques qui gouvernent l'Occident.

Les choix artistiques des élites sont conditionnées par les idéologies, religieuses ou profanes, qu'elles inventent et imposent aux peuples. Ces idéologies ne sont jamais neutres. Elles ont des conséquences bonnes ou mauvaises, plus ou moins bonnes et/ou plus ou moins mauvaises sur les civilisations. Mais en définitive ce sont toujours les peuples qui paient la note.

  

It is not by chance that Catholic and Orthodox art painted God, Christ, the Virgin and the Angels, beautiful, and Satan and the demons, ugly.

The artists of the past and their sponsors knew that there is between the beautiful and the good on the one hand and the Ugly and the Evil on the other hand obvious correspondences, deep agreements. The peoples who remain in the realm of facts and of good sense, also instinctively felt these consonances.

It is therefore necessary to question the total reversal of the values that the political and ideological elites, politically correct, and the artists at their service have imposed on Western painting since the middle of the 20th century by deciding to favor a painting (and a sculpture), not only absurd, but also ugly. An official, academic and obligatory art, which fills the museums of all the Occident and which exports with profit. A contemporary art that should not be confused with commercial art and that of the streets (street art) , but whose whole interest is to reveal the real trends, intellectual and moral, which inspire and motivate, contrary to all their public speeches, the ideological and political elites that govern the West.

The artistic choices of the elites are conditioned by ideologies, religious or secular, which they invent and impose on the peoples. These ideologies are never neutral. They have good or bad consequences, more or less good and / or more or less bad on civilizations. But ultimately it is always the peoples who pay the bill.

   

Anton Melbye 1818-1875 Copenhague Hambourg... Paris

Stormy sea. Mer agitée 1845

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

   

Ernst Ludwig Kirchner 1880-1938

Doris à la collerette

Doris with ruff collar 1906

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques ( Constable, Turner, Delacroix ) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° Le Géométrisme. La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque). On a parlé aussi de Cloisonnisme. Qui va déboucher sur l'art abstrait.

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès la paix revenue en Europe après 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

.

L'Art Contemporain s'impose en Europe après 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec beaucoup de raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation. L'explosion d'originalité, de libertés, et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient avec l'Art Contemporain, un système qui se fige dans l'idéologiquement correct. Et l'ldéologie nouvelle veut que l'esthétique et le partage du beau avec la population, ne soit plus un but de l'art officiel. L'art se doit d'être le contraire de tout ce qui s'est fait dans le passé. L'inversion des valeurs est totale, et totalitairement imposée.

Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, ou dans certaines expositions spécialisées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau, La Modernité. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants" qui méprisent les peuples, qu'ils gouvernent "démocratiquement".

La différence essentielle entre l'Art Moderne et l'Art Contemporain Officiel peut être comprise très simplement :

- L'Art Moderne recherche un changement d'ordre esthétique. Un Beau nouveau. Un Beau qui n'obéit plus aux normes qui sont celles en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes cherchent d'ailleurs cette nouvelle esthétique en remontant plus haut dans le passé : aux époques Paléo-chrétienne, Byzantine, Romane, et au premier Gothique. Les artistes reviennent notamment à la "peinture plate", c'est à dire aux volumes aplatis et à la perspective réduite. Ils reprennent l'esthétique de la peinture en deux dimensions, au détriment de la peinture en trois dimensions qui a prévalu depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes de l'art moderne valorisent aussi l'esquisse, qui a toujours existé, mais ils en font un art terminal. L'Art Moderne invente une esthétique totalement nouvelle : l'art abstrait, non figuratif, dont on peut considérer qu'il n'existe pas de précédent en Europe. Peut être en Chine, mais dans un tout autre esprit. Rien de géométrique dans l'art abstrait chinois. Tout est dans l'expression du Souffle qui anime les Dix Mille Êtres.

- L'Art Contemporain est aux antipodes de l'Art Moderne, bien qu'il tente de se situer dans sa continuité : Il refuse l'Esthétique. Le Beau ne doit plus être une finalité de l'art. Avec l'Art Contemporain, l'Occident ne change pas d'esthétique. L'Occident sort de l'Esthétique. C'est une rupture totale avec l'art européen antérieur. En bref : c'est du Non-Art. C'est une première non seulement dans l'histoire de la peinture et de la sculpture européenne, mais aussi dans l'histoire de l'art mondial.

Et bien sûr comme c'est Nouveau, "Jamais Vu", ses inspirateurs et partisans en sont très fiers: Cet art entre dans le credo de leur religion, celle de la Modernité Lumineuse. Et donc, ils adorent. Amen.

 

Il est vrai qu'à côté de l'art officiel, il existe un espace de liberté pour les artistes, fidèles au Beau et au Sens partagé, dans l'art privé commercial et l'art des rues ( pas tout l'art des rues !!). Mais la question essentielle demeure : Comme l'art Egyptien, Grec, Romain, Catholique, l'art officiel est le reflet de la pensée de l'élite idéologique et politique actuelle, de sa vision du monde, et de son projet pour les peuples. On peut dire qu'il révèle ses intentions profondes. Et elles sont laides et absurdes, c'est que dit leur art.

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

 

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Constable, Turner, Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° The Geometrism. The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque). We also talked about Cloisonnism. Which will lead to abstract art.

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

We can even think that Modern Art began as soon as the peace returned to Europe after 1815, with some romantic painters like the French Eugène Delacroix, or with William Turner, a fantastic innovator, announcer of impressionism and non-figurative art, who died in 1853. These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

Contemporary Art imposes itself in Europe after 1945. Some historians fixed its birth in the 1950s. One can also claim, with a lot of reasons, that its date of birth, in any case ideological and political, is the creation in New York. of the Moma by the Rockefellers (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation.

The explosion of originality, freedom, and non-conformism that characterizes Modern Art becomes with contemporary art, a system that congeals in the ideologically correct. And the new ideology wants that aesthetics and the sharing of beauty with the population, is no longer a goal of the official art. Art must be the opposite of everything that has been done in the past. The inversion of the values is total, and totally imposed.

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, or in some specialized exhibitions, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New, the Modernity. This is the Art of the clean slate of the Past: an art without roots, reserved for an elite of so-called "Comprenants" who despise the people, that they govern "democratically".

The essential difference between Modern Art and Official Contemporary Art can be understood very simply:

- Modern Art seeks a change of aesthetic order. A new Beautiful. A Beautiful who no longer obeys the standards that are in effect since the end of Gothic and rebirth. Artists are also looking for this new aesthetic in going back to the past: in the Paleo Christian era, Byzantine, Romanesque, and the first Gothic. The artists return in particular to the "flat painting", ie to the flattened volumes and to the reduced perspective. They take up to the aesthetics of two-dimensional painting, to the detriment of the three-dimensional painting that has prevailed since the end of Gothic and rebirth. The artists of modern art also value the sketch, which has always existed, but they make it a terminal art. Modern Art invents a totally new aesthetic: abstract, non-figurative art, which can be considered to have no precedent in Europe. May be in China, but in a different spirit. Nothing geometric in Chinese abstract art. Everything is in the expression of the Breath that animates the Ten Thousand Beings.

- Contemporary Art is at the Antipodes of Modern Art, although it tries to situate itself in its continuity: It refuses Aesthetics. The Beautiful must no longer be a finality of art. With Contemporary Art, the West does not change aesthetics. The West get out of Aesthetics. This is a total break with the earlier European art. In short: it's the Non-Art. This is a first not only in the history of painting and European sculpture, but also in the history of world art.

And of course as it is New, "Never Seen", its inspirers and supporters are very proud of it: This art enters into the creed of their religion, that of the Luminous Modernity. And so, they love. Amen.

 

It is true that alongside the official art, there is a space of freedom for the artists, faithful to the Beautiful and the Shared sense, in the private commercial art and the art of the streets (not all the art of the streets !!). But the essential question remains: Like Egyptian, Greek, Roman, Catholic art, the official art is a reflection of the thinking of the current ideological and political elite, of its vision of the world, and of its project for the peoples . It can be said that he reveals his deep intentions. And they are ugly and absurd, that's what their art says.

   

Holger Drachmann. 1846-1908. Copenhague. Skagen

Sunset on a day in january in Skagen.

Skagens Museum Denmark

Poète et peintre. Il eut pour élève Karl Locher

Poet and painter. He had for pupil Karl Locher

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Paul Gauguin 1843-1903 Paris

Lilas Lilacs 1885

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques ( Constable, Turner, Delacroix ) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° Le Géométrisme. La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque). On a parlé aussi de Cloisonnisme. Qui va déboucher sur l'art abstrait.

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès la paix revenue en Europe après 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain s'impose en Europe après 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec beaucoup de raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation. L'explosion d'originalité, de libertés, et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient avec l'Art Contemporain, un système qui se fige dans l'idéologiquement correct. Et l'ldéologie nouvelle veut que l'esthétique et le partage du beau avec la population, ne soit plus un but de l'art officiel. L'art se doit d'être le contraire de tout ce qui s'est fait dans le passé. L'inversion des valeurs est totale, et totalitairement imposée.

Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, ou dans certaines expositions spécialisées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau, La Modernité. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants" qui méprisent les peuples, qu'ils gouvernent "démocratiquement".

La différence essentielle entre l'Art Moderne et l'Art Contemporain Officiel peut être comprise très simplement :

- L'Art Moderne recherche un changement d'ordre esthétique. Un Beau nouveau. Un Beau qui n'obéit plus aux normes qui sont celles en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes cherchent d'ailleurs cette nouvelle esthétique en remontant plus haut dans le passé : aux époques Paléo-chrétienne, Byzantine, Romane, et au premier Gothique. Les artistes reviennent notamment à la "peinture plate", c'est à dire aux volumes aplatis et à la perspective réduite. Ils reprennent l'esthétique de la peinture en deux dimensions, au détriment de la peinture en trois dimensions qui a prévalu depuis la fin du gothique et la renaissance. Les artistes de l'art moderne valorisent aussi l'esquisse, qui a toujours existé, mais ils en font un art terminal. L'Art Moderne invente une esthétique totalement nouvelle : l'art abstrait, non figuratif, dont on peut considérer qu'il n'existe pas de précédent en Europe. Peut être en Chine, mais dans un tout autre esprit. Rien de géométrique dans l'art abstrait chinois. Tout est dans l'expression du Souffle qui anime les Dix Mille Êtres.

- L'Art Contemporain est aux antipodes de l'Art Moderne, bien qu'il tente de se situer dans sa continuité : Il refuse l'Esthétique. Le Beau ne doit plus être une finalité de l'art. Avec l'Art Contemporain, l'Occident ne change pas d'esthétique. L'Occident sort de l'Esthétique. C'est une rupture totale avec l'art européen antérieur. En bref : c'est du Non-Art. C'est une première non seulement dans l'histoire de la peinture et de la sculpture européenne, mais aussi dans l'histoire de l'art mondial.

Et bien sûr comme c'est Nouveau, "Jamais Vu", ses inspirateurs et partisans en sont très fiers: Cet art entre dans le credo de leur religion, celle de la Modernité Lumineuse. Et donc, ils adorent. Amen.

 

Il est vrai qu'à côté de l'art officiel, il existe un espace de liberté pour les artistes, fidèles au Beau et au Sens partagé, dans l'art privé commercial et l'art des rues ( pas tout l'art des rues !!). Mais la question essentielle demeure : Comme l'art Egyptien, Grec, Romain, Catholique, l'art officiel est le reflet de la pensée de l'élite idéologique et politique actuelle, de sa vision du monde, et de son projet pour les peuples. On peut dire qu'il révèle ses intentions profondes. Et elles sont laides et absurdes, c'est que dit leur art.

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

 

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Constable, Turner, Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° The Geometrism. The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque). We also talked about Cloisonnism. Which will lead to abstract art.

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

We can even think that Modern Art began as soon as the peace returned to Europe after 1815, with some romantic painters like the French Eugène Delacroix, or with William Turner, a fantastic innovator, announcer of impressionism and non-figurative art, who died in 1853. These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

Contemporary Art imposes itself in Europe after 1945. Some historians fixed its birth in the 1950s. One can also claim, with a lot of reasons, that its date of birth, in any case ideological and political, is the creation in New York. of the Moma by the Rockefellers (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation.

The explosion of originality, freedom, and non-conformism that characterizes Modern Art becomes with contemporary art, a system that congeals in the ideologically correct. And the new ideology wants that aesthetics and the sharing of beauty with the population, is no longer a goal of the official art. Art must be the opposite of everything that has been done in the past. The inversion of the values is total, and totally imposed.

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, or in some specialized exhibitions, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New, the Modernity. This is the Art of the clean slate of the Past: an art without roots, reserved for an elite of so-called "Comprenants" who despise the people, that they govern "democratically".

The essential difference between Modern Art and Official Contemporary Art can be understood very simply:

- Modern Art seeks a change of aesthetic order. A new Beautiful. A Beautiful who no longer obeys the standards that are in effect since the end of Gothic and rebirth. Artists are also looking for this new aesthetic in going back to the past: in the Paleo Christian era, Byzantine, Romanesque, and the first Gothic. The artists return in particular to the "flat painting", ie to the flattened volumes and to the reduced perspective. They take up to the aesthetics of two-dimensional painting, to the detriment of the three-dimensional painting that has prevailed since the end of Gothic and rebirth. The artists of modern art also value the sketch, which has always existed, but they make it a terminal art. Modern Art invents a totally new aesthetic: abstract, non-figurative art, which can be considered to have no precedent in Europe. May be in China, but in a different spirit. Nothing geometric in Chinese abstract art. Everything is in the expression of the Breath that animates the Ten Thousand Beings.

- Contemporary Art is at the Antipodes of Modern Art, although it tries to situate itself in its continuity: It refuses Aesthetics. The Beautiful must no longer be a finality of art. With Contemporary Art, the West does not change aesthetics. The West get out of Aesthetics. This is a total break with the earlier European art. In short: it's the Non-Art. This is a first not only in the history of painting and European sculpture, but also in the history of world art.

And of course as it is New, "Never Seen", its inspirers and supporters are very proud of it: This art enters into the creed of their religion, that of the Luminous Modernity. And so, they love. Amen.

 

It is true that alongside the official art, there is a space of freedom for the artists, faithful to the Beautiful and the Shared sense, in the private commercial art and the art of the streets (not all the art of the streets !!). But the essential question remains: Like Egyptian, Greek, Roman, Catholic art, the official art is a reflection of the thinking of the current ideological and political elite, of its vision of the world, and of its project for the peoples . It can be said that he reveals his deep intentions. And they are ugly and absurd, that's what their art says.

   

Avec William Merritt Chase (1849.1926), nous sommes au cœur de l’art romantique et académique, l’époque de l’impressionnisme en somme. Aux Etats-Unis, nous baignons en peinture avec Cassatt, Sargent (pour lequel on le compare beaucoup pour ne pas le dénoncer comme honnête « imitateur ») ou ce cher Whistler avec lequel on pourrait lui trouver parfois quelques affinités dans les touches « japonisantes » (ils étaient amis par ailleurs). On le dit également beaucoup influencé par le peintre belge Alfred Stevens. Eclectique, prolifique sont aussi des qualités qu’on lui a largement attribué car cet artiste américain était capable de tout peindre : portraits, nus, scènes du quotidien, paysages, natures mortes, dans des tonalités dépouillées ou luxuriantes, sombres ou colorées selon le thème. Il y en a pour tous les goûts. William M.C. savait aussi travailler sur tout type de supports (huile, pastel, encre).

 

::: On lui reconnait deux formes essentielles de palettes et d’inspirations selon deux périodes de sa vie : la première rayonne de portraits élégants, style étudié à l’Académie de Munich entre 1872-1877. La seconde, suite aux années 1890, à des scènes de Long Island inspirées de l’impressionnisme français qui ont aussi largement contribué à sa réputation et son basculement notoire pour l’impressionnisme.

 

::: Il y aurait encore deux trois petites choses à retenir de son parcours : il fut président de la Society of American Artists (dont il démissionnera en 1902), il deviendra membre du groupe dissident des Dix –The Ten) après la mort de John Henry Twachtman.

 

::: Et enfin à noter que William Merritt Chase fut aussi le professeur de l’illustre Edward Hopper (1882-1967).

 

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With William Merritt Chase (1849.1926), we are at the heart of academic and romantic art, the era of Impressionism in fact. United States, we are immersed in painting with Cassatt, Sargent (for which many compared to not denounce him as honest "imitator") or the dear Whistler with whom he could find some similarities in some cases the keys "japanese" (they were friends elsewhere). It also says much influenced by the Belgian painter Alfred Stevens. Eclectic, prolific are also qualities that he has been widely attributed for this American artist was able to paint everything: portraits, nudes, scenes from everyday life, landscapes, still lifes, in tones skinned or lush, dark or colored depending on the theme . There's something for everyone. William C. knew also work on any type of media (oil, pastel, ink).

 

He recognizes two basic forms of pallets and inspirations into two periods of his life: the first portrait radiates elegant style studied at the Munich Academy between 1872-1877. The second, following 1890's scenes of Long Island, inspired by French Impressionism who also contributed to its reputation and notorious for tipping Impressionism.

 

There would be two or three things to remember from his career: he was president of the Society of American Artists (which he resigned in 1902), he will join the splinter group of the Ten The Ten) after the death of John Henry Twachtman.

 

::: And finally, note that William Merritt Chase was also the teacher of the famous Edward Hopper (1882-1967).

 

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William Merritt Chase

Study of a Girl in a Japanese dress ©

Carl Blechen. 1798-1840. Berlin

Bau der Teufelsbrücke. Building of the Devil's Bridge.

Construction du Pont du Diable. Vers 1831.

Munich Neue Pinakothek.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

   

Jules Breton. 1828-1906. Paris

La fileuse, baie de Douarnenez.

The spinner, bay of Douarnenez. vers 1870

Paris Petit Palais (Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris)

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

 

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, ils continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont un développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

 

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

 

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine. De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society. At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

James Ensor. 1860-1949.

La Musique Russe. Russian Music.

Bruxelles. Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique.

 

ART MODERNE : TROIS RUPTURES SUCCESSIVES

  

L'Art Moderne, 1850-1950 en dates approximatives, peut se résumer à trois ruptures successives et progressives par rapport à l'art européen en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance :

1° La rupture impressionniste

2° La rupture post-impressionniste

3° La rupture de l'art abstrait.

 

La Rupture Impressionniste, c'est essentiellement avec "le tachisme", et "l'Esquisse", une remise en question des grands principes classiques : Le dessin exact, parfaitement précis et achevé, et la touche du pinceau invisible, ou le moins visible possible. (Voir sur ce sujet le texte intitulé " La Rupture Impressionniste")

Il ne faut aucunement exagérer cette rupture : L'impressionnisme est en filigrane dans tout l'art européen depuis des siècles. Ne serait ce qu'au travers des esquisses que tous les peintres "classiques" ont réalisé sur le terrain avant de peindre en atelier avec des couleurs qui n'étaient pas transportables à l'extérieur. Et les impressionnistes n'avaient pas loin à aller pour se persuader que cette esthétique, si elle heurtait des habitudes, était en réalité une esthétique existante depuis des siècles : il leur suffisait de se rendre au Louvre. Fragonard ou Watteau c'est déjà de l'impressionnisme et le Tintoret aussi. Denis Diderot,au siècle précédent, s'inquiétait auprès de son ami Hubert Robert : " Mais Robert, vous faites des esquisses depuis si longtemps, ne pourriez vous terminer un tableau ?".

Plus près des peintres impressionnistes certains romantiques comme Delacroix ou Carl Blechen leur avait traçé la voie, comme l'école de Barbizon qui s'inspirait elle même de certains paysagistes néerlandais du 17è siècle.

La Rupture Post-Impressionniste, va plus loin dans le renouvellement des formes de l'esthétique européenne. Elle réunit plusieurs écoles: Nabis, Fauves, Cubistes, Expressionnistes, sans être exhaustif.

Les Post-Impressionnistes ajoutent à l'Impressionnisme, de toutes nouvelles techniques dont les principales sont "la peinture plate" et les couleurs arbitraires. Ces techniques ne sont en réalité pas nouvelles, elles sont empruntées à l'art Paléo-Chrétien, Byzantin et Médiéval. Les post-impressionnistes reviennent à la peinture en deux dimensions, ils renoncent à l'imitation parfaite du réel de la peinture en trois dimensions, qui a caractérisé l'art européen depuis le Gothique tardif et la Renaissance jusqu'à l'art moderne. Là encore, au départ, il suffisait de se rendre au Louvre pour voir des exemples d'une autre esthétique que celle de Raphaël, Vinci et des peintres académiques de l'époque.

 

La reproduction exacte de notre monde environnant, exact c'est à dire tel que notre vue nous le restitue, n'est en effet pas une condition nécessaire de l'Esthétique. C'est ce qu'ont démontré pendant des siècles les peintres Byzantins et ceux de l'époque médiévale. Outre la simplification des lignes, la réduction des volumes et la suppression de la perspective, les couleurs peuvent être inventées, et s'écarter totalement de celles réellement perçues par les hommes : Il en est ainsi pour l'école de Pont Aven, les Cloisonnistes, les Fauves, les Symbolistes, ou les Expressionnistes germaniques.

Les Post-impressionnistes, notamment les Cubistes, vont aller encore plus loin sur le chemin de la nouveauté en décomposant le monde réel en lignes et en volumes de plus en plus simplifiés et en multipliant les points de vue simultanés sur les objets et les êtres. Ils sont une introduction à l'art abstrait.

L'Art Abstrait nait en effet des nouvelles approches esthétiques proposées par les Post-Impressionnistes. Le premier art abstrait ne quitte pas tout à fait le réel, qui reste le point de départ reconnaissable de leur art, mais il développe, à partir du monde environnant, tout un jeu de lignes et de formes schématisées qui sont une évocation, une suggestion, une recomposition, et même une invention du monde.

De simplifications en schématisations, de synthèses en combinaisons, et de symboles en archétypes, la peinture européenne parvient dans les années 1900 et suivantes au second art abstrait qui s'éloigne totalement de l'observation de la nature pour exploiter esthétiquement les seules ressources de la géométrie euclidienne : c'est l'ère des lignes, cercles, carrés, rectangles, triangles etc, de couleur diverses.

Dans l'histoire universelle de la peinture l'Art Abstrait, à son stade achevé, est une nouveauté absolue : l'art européen cesse de vouloir signifier, d'avoir un sens, de tenir un discours compréhensible par le public. La peinture abstraite devient un jeu de formes et de couleurs sans plus aucune référence au monde environnant, tel que l'homme le perçoit par le sens de la vue, et tel qu'il l'expérimente dans son vécu quotidien. Le Non- sens, compris comme l'absence de signification, est inévitable au bout du chemin de l'art non figuratif.

Mais pendant toute cette période de l'Art Moderne, les artistes européens ne sont pas en rupture avec le passé artistique européen sur un point essentiel : Ils ne renient pas le grand principe de l'Esthétique universelle: créer le Beau le mieux partagé possible. D'autre par si le Non-sens, l'absence de signification, l'absence de discours partagé est une caractéristique de l'art abstrait terminal, l'Art n'est pas encore devenu une religion de l'Absurde et de la Provocation. Le Laid et l'Absurde sont les grandes inventions de l'Art Contemporain Officiel (ACO) qui s'impose en Occident, dans un petit milieu qui se prétend élitiste, à partir de la seconde moitié du 20è siècle.

Evidemment cette présentation en trois points de l'art moderne, comme toutes les synthèses, présente un caractère didactique, relativement simplificateur. Le réel est presque toujours plus complexe que le discours que l'on peut tenir à son propos. L'analyse permet de mieux rapprocher ce discours des faits.

Edouard Manet, est certainement, l'inventeur ou le ré-inventeur de "la peinture plate" dont les caractéristiques apparaissent déjà en 1863 dans "le Déjeuner sur l'herbe". Il n'en demeure pas moins que ce sont bien les post-impressionnistes qui vont utiliser et développer cette esthétique de manière systématique. De même dès ses premiers tableaux Claude Monet annonce très clairement le premier art abstrait et Georges Seurat de même dès les années 1880 et suivantes.

 

Il est impératif de souligner que ces trois ruptures de l'Art Moderne pendant la période 1850-1950 n'ont rien de comparable avec la rupture provoquée par l'Art Contemporain Officiel qui s'impose en Occident après 1950 .

L'Art Moderne était un changement d'esthétique, s'inspirant beaucoup des arts du passé.

L'Art Contemporain c'est le rejet de l'esthétique, et c'est la table rase de tout le passé artistique de la civilisation européenne.

L'Art Moderne c'est un point blanc sur un fond noir.

L'Art Contemporain c'est une paire de chaussures portant des lunettes.

Rien à voir. A

vec l'Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l'art classique tel qu'il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d'inspiration est en effet dans le passé de la peinture européenne : c'est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C'est aussi l'esquisse pratiquée sans interruption.

A partir de l'Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c'est la provocation par le laid et l'absurde, c'est à dire la sortie proclamée de l'esthétique.

  

MODERN ART: THREE SUCCESSIVE RUPTURES

  

Modern Art, 1850-1950 in approximate dates, can be summed up in three successive and progressive ruptures compared to the European art in force since the end of the Gothic and the Renaissance:

1 ° The Impressionist rupture

2 ° The pos-impressionist rupture

3° The rupture of abstract art.

 

The Impressionist Rupture, it is essentially with the "Tachisme", and "the Sketch", a questioning of the great classical principles: The exact, perfectly precise and completed drawing, and the touch of the invisible brush, or the least visible possible. (See on this subject the text entitled "The Impressionist Rupture")

This rupture must not be exaggerated: Impressionism has been in watermark in all European art for centuries. Through the sketches that all "classical" painters have done on the field before painting in the workshop with colors that were not transportable outside. And the Impressionists had not far to go to convince themselves that this aesthetic, if it clashed habits, was actually an aesthetic that had existed for centuries: all they had to do was go to the Louvre. Fragonard or Watteau is already impressionism and Tintoretto too. Denis Diderot, in the previous century, was worried about his friend Hubert Robert: "But Robert, you make sketches since so long, could not you finish a painting?" Closer to the impressionist painters some romanticists like Delacroix or Carl Blechen had traced the way for them, like the school of Barbizon which itself was inspired by some Dutch landscapers of the 17th century.

 

The Post-impressionistic rupture goes further in renewing the forms of European aesthetics. It brings together several schools: Nabis, Fauves, Cubists, Expressionists, without being exhaustive.

Post-Impressionists add to Impressionism, all new techniques, the main ones are "flat paint" and arbitrary colors. These techniques are actually not new, they are borrowed from the Paleo-Christian, Byzantine and Medieval art. Post-Impressionists return to two-dimensional painting, renouncing the perfect imitation of the real of three-dimensional painting, which has characterized European art from late Gothic and Renaissance to modern art. Again, at the beginning, it was enough to go to the Louvre to see examples of another aesthetic than that of Raphael, Vinci and academic painters of the time.

 

The exact reproduction of our surrounding world, that is to say, such as our sight returns it to us, is in fact not a necessary condition of Aesthetics. This has been demonstrated for centuries Byzantine painters and those of the medieval period. In addition to the simplification of the lines, the reduction of the volumes and the suppression of the perspective, the colors can be invented, and deviate completely from those really perceived by the men: this is so for the school of Pont Aven, the Cloisonnists , the Fauves, the Symbolists, or the Germanic Expressionists.

Post-Impressionists, especially Cubists, will go even further on the path of novelty by decomposing the real world in lines and volumes more and more simplified and multiplying the simultaneous views on objects and beings. They are an introduction to abstract art.

Abstract Art is born of new aesthetic approaches proposed by Post-Impressionists. The first abstract art does not leave quite the real, which remains the recognizable starting point of their art, but it develops, from the surrounding world, a whole set of lines and schematized forms which are an evocation, a suggestion , a recomposition, and even an invention of the world.

From simplifications to schematizations, from syntheses to combinations, and from symbols to archetypes, in the 1900s and beyond, European painting came to the second abstract art, which totally deviates from the observation of nature in order to exploit aesthetically the only resources of Euclidean geometry: it is the era of lines, circles, squares, rectangles, triangles etc, of various colors.

In the universal history of painting, Abstract Art, at its completed stage, is an absolute novelty: European art ceases to mean, to make sense, to hold an understandable speech by the public. Abstract painting becomes a play of shapes and colors without any reference to the surrounding world, as man perceives it by the sense of sight, and as he experiences it in his daily life. Nonsense, understood as the absence of meaning, is inevitable at the end of the path of non-figurative art.

But throughout this period of Modern Art, European artists are not at odds with the European artistic past on one essential point: They do not deny the great principle of universal Aesthetics: to create Beautiful, the better shared possible. On the other hand, if nonsense, the absence of meaning, the absence of shared discourse is a characteristic of the terminal abstract art, Art has not yet become a religion of the absurd and the Provocation. The ugly and the Absurd are the great inventions of the Official Contemporary Art (ACO) which imposes itself in the West, in a small environment that claims to be elitist, from the second half of the 20th century.

 

It is imperative to underline that these three ruptures of the Modern Art during the period 1850-1950 have nothing comparable with the rupture caused by the Official Contemporary Art which imposes itself in the West after 1950.

Modern Art was a change in aesthetics, inspired by the arts of the past.

Contemporary Art is the rejection of aesthetics, and it is the clean slate of the entire artistic past of European civilization

Modern Art is a white dot on a black background.

Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.

Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beautiful, they explore only the possibilities of the Beautiful outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugly and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics

  

Carel Willink. 1900-1983. Amsterdam.

Artist with his wife. 1934.

Eindhoven Van Abbemuseum

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

(Moulées dans des matériaux de synthèse et recouvertes d’une peinture utilisée dans l’industrie automobile, les quatre baigneuses de la place de Bretagne, inaugurées en 2000, sont l’œuvre de l’artiste français Gérard Collin-Thiébaut. Représentant deux fois la même baigneuse, dans deux teintes différentes, les sculptures sont des copies de La Vénus sortant du bain et de Diane au bain, œuvres du sculpteur Christophe-Gabriel Allegrain (1710-1795).)

Moulées dans des matériaux de synthèse et recouvertes d’une peinture utilisée dans l’industrie automobile, les quatre baigneuses de la place de Bretagne, inaugurées en 2000, sont l’œuvre de l’artiste français Gérard Collin-Thiébaut. Représentant deux fois la même baigneuse, dans deux teintes différentes, les sculptures sont des copies de La Vénus sortant du bain et de Diane au bain, œuvres du sculpteur Christophe-Gabriel Allegrain (1710-1795).

Carl Vilhelm Meyer 1870-1938

Hot summer day 1905

Aalborg. Museum of Modern Art Denmark

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

CW Eckersberg 1783-1853 Copenhague

San Lorenzo fuori le mura at Roma 1815

Copenhague Collection Hirschsprung

  

Ci après une photographie de la même église prise à peu près au même niveau du choeur.

Here after a photograph of the same church taken at about the same level of the choir.

  

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Frantisek Janoušek 1890-1943. Prague et Paris. Man from the underground. L'Homme des Bas Fonds. 1936. Prague Narodni galerie Veletrzni Palac

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques (Delacroix) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque).

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain est postérieur à 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec quelques raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation et même de la provocation. L'explosion d'originalité et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient un Système qui se fige dans l'idéologiquement et l'esthétiquement correct. Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants".

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° . The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque).

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

One may even think that Modern Art begins in 1815, with some romantic painters such as Eugène Delacroix, or William Turner, innovative fantastic, annunciator of the impressionism and non-figurative art, who died in 1853.

These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

The Contemporary Art is subsequent to 1945. Some historians establish its birth in the 1950s.

One can also argue, with some reason, that his date of birth in any ideological and political cases, is the creation of the Moma in New York, by the Rockefeller (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes Modern Art becomes a system that freezes in the ideologically and the aesthetically correct.

 

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New. This is the Art of the Table Rase of the Past of Europa : an art without roots, for the elite, so-called "comprenants".

  

Jean-Baptiste Corot. 1796-1875. Paris

Vue du château de Pierrefonds. View of Pierrefonds Castle. 1840s

Quimper. Musée des Beaux Arts.

 

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1880 EN FRANCE

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques, dont William Bouguereau fait partie, vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

Jean Jacques Henner entre précisément dans les cadres de cette période. Jean Jacques Henner a fait une carrière sans heurt, parfaitement bien insérée dans la société de son époque. Pourtant son style très personnel mêle intimement des tendances classiques et d'autres très audacieusement modernistes, anti-académiques. D'une part une peinture aux tonalités sombres, des thèmes tirés de la mythologie, un traitement plutôt traditionnel du portrait.

D'autre part une liberté très grande prise avec la rigueur du dessin, un emploi très audacieux du flou, du tachisme, et des techniques de la peinture plate, sans volume ni perspective.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1880 IN FRANCE.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters, including William Bouguereau, will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

 

Jean Jacques Henner enters precisely within the framework of this period. Jean Jacques Henner has had a smooth career, perfectly well integrated into the society of his time. Yet his very personal style mixes intimately classical tendencies with others very audaciously modernist, anti-academic. On the one hand a painting with dark tones, themes taken from mythology, a rather traditional treatment of portraiture.

On the other hand a very great freedom taken with the rigor of the drawing, a very audacious use of blur, of tachism, and of techniques of the flat painting, without volume and perspective

   

Christen Dalsgaard 1824-1907. Copenhague

Chambre d'un pêcheur

A fisherman's bedroom 1853

Copenhague Collection Hirschsprung

Peintre de la vie quotidienne du peuple danois.

Painter of the daily life of the Danish people.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Jørgen Roed 1808-1888 Danmark

A street in Roskilde with the Cathedral. Winter

Une rue de Roskilde avec la cathédrale. Hiver 1836

Aarhus Kunstmuseum Denmark

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Peder Severin Krøyer 1851-1909. Copenhague, Paris, Skagen.

Summer evening on Skagen sonderstrand 1893

Skagens Museum Denmark

  

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Henri Fantin Latour. 1836-1904. Paris. Fleurs. Flowers

Louvre.

Un délicat équlibre entre le classicisme et la modernité

  

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques (Delacroix) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque).

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain est postérieur à 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec quelques raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation et même de la provocation. L'explosion d'originalité et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient un Système qui se fige dans l'idéologiquement et l'esthétiquement correct. Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants".

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° . The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque).

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

One may even think that Modern Art begins in 1815, with some romantic painters such as Eugène Delacroix, or William Turner, innovative fantastic, annunciator of the impressionism and non-figurative art, who died in 1853.

These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

The Contemporary Art is subsequent to 1945. Some historians establish its birth in the 1950s.

One can also argue, with some reason, that his date of birth in any ideological and political cases, is the creation of the Moma in New York, by the Rockefeller (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes Modern Art becomes a system that freezes in the ideologically and the aesthetically correct.

 

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New. This is the Art of the Table Rase of the Past of Europa : an art without roots, for the elite, so-called "comprenants".

  

Johan Dijkstra 1896-1978 Groningen

Faucheurs au repos. Resting scythe reapers 1924

Groningen. Groninger museum

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Holger Drachmann. 1846-1908. Copenhague. Skagen

The sea in uproar. La mer houleuse.

Skagens Museum Denmark

Poète et peintre. Poet and painter

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Christen Dalsgaard 1824-1907. Copenhague

Un atelier de charpentier

A carpenter's workshop 1855

Copenhague Collection Hirschsprung

Peintre de la vie quotidienne du peuple danois.

Painter of the daily life of the Danish people.

  

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

  

Johan Barthold Jongkind. 1819-1891. Paris. Cours d'eau en Hollande avec barque et moulin. Rivers in Holland with boat and mill. 1877. Louvre.

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques (Delacroix) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes évidemment, puisque une des caractéristiques de l'art moderne est la raréfaction des motifs religieux, ou inspirés par l'antiquité grecque et romaine.

2° La décomposition de la lumière et des couleurs, en taches et en points."Le Tachisme". Les Préimpressionnistes (Ecole de Barbizon, Corot) Les Impressionnistes. Les Pointillistes (Seurat, Signac)

3° Les couleurs arbitraires ou symboliques. L'artiste s'écarte des couleurs "réelles", celles perçues par l'oeil et le cerveau humain, et invente des couleurs apparemment arbitraires: Gauguin, les Fauves, le symbolisme, le surréalisme ... C'est une technique que la peinture romane et gothique avaient mis en pratique très régulièrement.

4° La valorisation de l'Esquisse. L'esquisse a été pendant des siècles, seulement, ce que son nom indique : une Etude préparatoire à un tableau définitif. Au 19è l'esquisse devient un procédé définitif, terminal, d'expression artistique.

5° La décomposition de l'espace et des volumes du monde réel, en lignes et surfaces, plus ou moins synthétiques et significatives. (Cézanne, Braque).

6° La "multiplicité des points de vue" sur un objet ou un sujet. Technique qui cherche à rendre le réel comme si on le regardait, en même temps, depuis plusieurs points de l'espace. (Les Cubistes)

7° L'art Abstrait, enfin, une nouveauté à peu près totale dans l'art européen.

 

L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.

Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.

L'artiste "moderne" reproduit le réel, mais aussi le rêve et l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.

Ce renouvellement des formes en peinture est total.

Il a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.

 

Il ne faut pas confondre Art Moderne et Art Contemporain. Ils ne recouvrent pas la même période. Ils n'ont pas les mêmes caractéristiques esthétiques ni les mêmes fondements idéologiques.

L'Art Moderne recouvre une période qui va depuis les pré-impressionnistes, vers 1850-60, jusqu'à la seconde guerre mondiale. C'est du moins la périodisation la plus couramment acceptée par les historiens de l'art.

D'autres historiens le font débuter un peu plus tardivement avec les post-impressionnistes et l'art abstrait, vers 1900. La définition la plus large est certainement la meilleure car les impressionnistes sont des artistes pleinement "modernes". On peut même penser que l'Art Moderne débute dès 1815, avec certains peintres romantiques comme le français Eugène Delacroix, ou avec William Turner, fantastique novateur, annonciateur de l'impressionnisme et de l'art non figuratif, qui meurt en 1853.

Ces deux artistes ont fait de l'esquisse un moyen d'expression artistique privilégié.

Les peintres de cette époque sont déjà profondément inspirés par la volonté d'innovation qui caractérise l'Art Moderne. La période de l'Art Moderne, extrêmement dynamique, est d'autre part, autre caractéristique majeure, riche de diversité. Elle s'inscrit tout à fait dans l'histoire de l'art européen. Elle ne renie pas le passé, l'art académique est tout à fait pratiqué, mais elle est aussi remarquablement créatrice d'oeuvres multiples, inventive de formes tout à fait nouvelles d'expression esthétique.

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L'Art Contemporain est postérieur à 1945. Certains fixent sa naissance dans les années 1950. On peut aussi prétendre, avec quelques raisons, que sa date de naissance, en tout cas idéologique et politique, est la création à New York du Moma par les Rockefeller (1929). Les dates sont bien sûr approximatives et certains peintres comme Picasso ou Miro appartiennent à l'esprit de l'Art Moderne, alors qu'ils restent très créatifs après 1945.

En peinture et en sculpture, la diversité fait alors place à une profonde uniformité dissimulée derrière les apparences de l'innovation et même de la provocation. L'explosion d'originalité et de non conformisme qui caractérise l'Art Moderne devient un Système qui se fige dans l'idéologiquement et l'esthétiquement correct. Contrairement à ce qu'il prétend être l'Art Contemporain, officiel, celui qui est installé dans les collections permanentes des musées, est un art figé, académique, épuisé par un système et une obsession : le Nouveau. C'est l'Art de la Table Rase du Passé : un art sans racines, réservé à une élite de prétendus "Comprenants".

  

MODERN ART: THE RENEWAL OF FORMS

Modern Art, announced from the beginning of the 20th century by the romantic painters (Delacroix) and pre-impressionists has been a factor quite remarkable renewal of aesthetic forms in European painting. Its essential characteristic is certainly his invention will, his desire for change, expressed in painting, in the use of colors, in the search for a new design, in the diversity of topics. It can be said that European civilization differs from other great civilizations through the constant research, on the scale of centuries, of innovation. This was not the case for example of Islamic and Chinese civilizations whose values have infinitely more given priority to the sustainability and the maintenance of traditions. Once again we see that art is a developer of the values that drive the societies.

 

The techniques used by European painters during the 19th century to create a new art, are many. Except omission, and we can enumerate:

1° "The Flat Painting", for example with Manet, Gauguin, Maurice Denis, the Nabis ... This technique reduces or removes volumes and perspective and focuses on lines. The painter no longer tries to represent the world in three dimensions, as he has done for centuries. The painter proposes a vision of the world that accepts the flatness of the table. The artist paints in two dimensions. She returned to an aesthetic that was practiced by the Byzantine painting, Roman and Gothic. With other themes obviously, since one of the features of modern art is the increasing scarcity of religious motives or inspired by Greek and Roman antiquity.

2° The decomposition of light and colors with spots and dots. "The Tachism". The Pre-Impressionists, the Barbizon School, Corot, The Impressionists. the Pointillist (Seurat, Signac)

3° The arbitrary and symbolic colors. The artist moves away of the colors "real", those perceived by the eye and the human brain, and invents arbitrary colors: Gauguin, the Fauves, symbolism, surrealism ... It is a technique that painting Romanesque and Gothic had practiced regularly.

4° The valorization of the Sketch. The sketch was, for centuries, only what its name indicates: a preparatory study for a final painting. In the 19th the sketch becomes a permanent process, terminal, completed, of artistic expression.

5° . The decomposition of space and volumes of the real world into lines and surfaces, more or less synthetic and significant. (Cézanne, Braque).

6° The "multiplicity of perspectives" on an object. Technique that seeks to make the real, as if you looked at him, at the same time, from several points of space. (The Cubist)

7° Abstract art, finally, a novelty almost complete in European art.

 

Art has always been a way to dream the real world. But news techniques of Modern Art, are moving away from, a manner very intentional, voluntarist, of the exact representation of reality.

The painters tend to create an art in which the interpretation of reality prevails over its reproduction.

The "modern" artist reproduces reality, but also the dream and invents it. These tendencies have led to non-figurative art, otherwise known as abstract art.

This renewal forms in painting is total.

It has brought new opportunities, exciting, and beautiful, artistic expression.

 

It must not confuse Modern and Contemporary Art. They do not cover the same period. They do not have the same aesthetic characteristics or the same ideological foundations.

The Modern Art covers a period that goes from pre-Impressionists, to 1850 to 1860, until the Second World War. This is at least the periodization most commonly accepted by art historians.

Other historians begin Modern Art a little later with the post-impressionist and abstract art, circa 1900. The broadest definition is certainly the best because Impressionist artists are fully "modern".

 

One may even think that Modern Art begins in 1815, with some romantic painters such as Eugène Delacroix, or William Turner, innovative fantastic, annunciator of the impressionism and non-figurative art, who died in 1853.

These two artists have made with the sketch a privileged means of artistic expression.

The painters of this period are already deeply inspired by the desire for innovation that characterizes modern art. The period of Modern Art, extremely dynamic, is the other, another major feature rich diversity. It fits perfectly in the history of European art. She does not repudiate the past, academic art is quite practiced, but it is also remarkably creative multiple works, inventive forms entirely new of aesthetic expression.

 

The Contemporary Art is subsequent to 1945. Some historians establish its birth in the 1950s.

One can also argue, with some reason, that his date of birth in any ideological and political cases, is the creation of the Moma in New York, by the Rockefeller (1929). The dates are of course approximate and certain painters like Picasso or Miro belong to the spirit of the Modern Art, while they remain very creative after 1945.

In painting and sculpture, diversity gives way to a profound uniformity dissimulated behind the appearances of innovation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes Modern Art becomes a system that freezes in the ideologically and the aesthetically correct.

 

In painting and sculpture, diversity gives way to a deep uniformity, hidden behind the appearances of innovation and even of the provocation. The explosion of originality and non-conformism that characterizes modern art becomes a system that freezes in the ideologically and aesthetically correct. Contrary to what he claims to be, contemporary art, official, one installed in the permanent collections of museums, is a static, academic, exhausted by a system and an obsession: the New. This is the Art of the Table Rase of the Past of Europa : an art without roots, for the elite, so-called "comprenants".

  

Gabriele Münter 1877-1962 Munich

On the beach 1919

Musée d'Art Moderne de Louisiana

Exposition temporaire

Copenhague

 

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (3)

 

L'Art Moderne ?

A partir des années 1830-1850 environ, les peintres romantiques, les premiers, puis les préé-impressionnistes, les impressionnistes, les post-impressionnistes, "les peintres modernes", parcourent, en sens inverse, le chemin qu'avaient pris les peintres de l'art Roman, de l'art Gothique et de "la Renaissance".

A partir de la deuxième moitié du 19è siècle beaucoup de peintres européens rejettent la précision et le réalisme du dessin, refusent la vérité des couleurs telles que nos sens les perçoivent. Les peintres rejettent l'exigence d'une représentation naturaliste et réaliste du monde. Une exigence technique, qui a caractérisée toute la peinture européenne, depuis le gothique tardif et la renaissance.

Finie "la tyrannie" de l'illusion des trois dimensions sur la surface plane du tableau. Vive "la liberté" de la peinture plate, qui épouse son support.

Les peintres suppriment la perspective et les volumes, reviennent à des formes stéréotypées et stylisées. Ils pratiquent le "tachisme", usent et abusent de l'esquisse, inventent les couleurs arbitraires, décomposent les volumes, multiplient les points de vue sur le même objet. Les peintres européens s'éloignent ainsi toujours plus d'une représentation fidèle du monde qui les entoure, pour proposer les plus diverses interprétations et reconstructions, voire même inventions, du réel.

Il est très clair que ce chemin est suivi de manière tout à fait volontariste.

Nous ne sommes plus dans la situation des peintres et des mosaïstes de l'Empire romain finissant, dont les techniques étaient dictées par leurs méconnaissances des règles, techniques, du bien faire. Les imperfections, techniques, de la peinture plate et de l'esquisse, s'imposent non pas comme une incapacité à bien représenter, mais comme une ouverture sur une esthétique nouvelle

 

Les artistes veulent faire du "Nouveau". C'est même une obsession. Et pour faire du nouveau, parfois, il n'y a rien de mieux que l'Ancien ! Mais il ne faut pas trop le dire !

Les visages stéréotypés et les grands yeux inexpressifs des peintures et mosaïques Paléo-chrétiennes et Byzantines retrouvent un charme "moderne" avec Modigliani.

Les corps de femme peuvent aussi se passer des modelés subtiles, et se réduire à des lignes, comme aux temps de Byzance, de la peinture Siennoise et du gothique international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch....).

Masaccio, "moderne" en 1410 parce qu'il donne une épaisseur et un volume plus réaliste à ses personnages, devient un peintre académique en 1900 !

C'est ainsi que, contre les peintres académiques, classiques, accusés d'être réactionnaires et dépassés, Edouard Manet et ses successeurs reviennent à une interprétation stylisée, symbolique, suggestive, inventée, du monde qui les entoure. En fait ils empruntent beaucoup à l'esthétique de Ravenne, des fresques romanes, de Giotto, de l'école de Sienne, et du Gothique international. Une esthétique dont ils avaient évidemment une parfaite connaissance par leurs fréquentations assidues des musées et lieux artistiques européens, leurs voyages en Italie...

Evidemment ces techniques s'appliquent à des thèmes tous différents de ceux de l'époque gothique. Mais c'est un autre aspect de l'histoire de la peinture européenne.

Au bout de ce chemin, la peinture européenne aboutit à l'art abstrait, non figuratif.

En effet, de simplifications et stylisations en synthèses, et d'interprétations et suggestions en inventions, les peintres s'éloignent toujours plus d'une représentation naturaliste et réaliste du réel, le réel tel que les hommes le perçoivent par leurs yeux, et finissent par le quitter.

Les villages et les églises de Lyonel Feininger ne sont bientôt plus que des lignes qui s'entrecroisent.

Les peintres vont ainsi arriver à l'art abstrait, l'art non figuratif qui progressivement rompt tout lien avec le réel.

  

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (3)

 

Modern Art ?

From the years 1830-1850 approximately, The European Romantic painters, the firsts, then the pre-Impressionists, Impressionists, Post-Impressionists, in short the "moderns painters", browse, in the opposite direction, the path that have followed the painters of the Roman art, Gothic art, and "Renaissance."

From the second half of the 19th century, many European painters reject the accuracy and the realism of the drawing, are refusing the truth of the colors, such as our senses perceive them. The Painters reject the requirement of a naturalistic and realistic representation of the world. A technical requirement, which has characterized all European painting since the late Gothic and Renaissance.

Finished the "tyranny" of the illusion of the three dimensions on the flat surface of the painting. Long live the "freedom" of the flat paint, who marries his support.

The painters suppress the perspective and the volumes. They return to stereotyped and stylized forms. They practice the "tachisme", use and abuse of the sketch, invent the arbitrary colors, decompose the volumes, multiply the points of view on the same subject. The European painters move away so always more than a true representation of the world around them, for propose the most diverse interpretations and reconstructions and even inventions, of the real.

It is very clear that this path is followed entirely voluntarist.

We are no longer in the situation of the painters and mosaic artists of the late Roman Empire, whose techniques were dictated by their misunderstandings of the rules, technical, of the doing well. The imperfections, technical, of the flat painting and of the sketching, are needed not as an inability to well represent, but as a an opening on a new aesthetic.

The European artists want to make the "New", this is even an obsession. And to make the New, sometimes there's nothing better than the Old!

But Just don't say it too much!

The stereotyped faces and the big eyes expressionless of the paintings and mosaics Paleo-Christian and Byzantine found a charm "modern" with Modigliani.

The female body can also dispense with subtle patterns, and be reduced to lines, as in the time of Byzantium and Gothic painting XIVth international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch...)

Masaccio, "modern" in 1410 because it gives a more realistic thickness and volumes to his characters, becomes an academic painter in 1900!

Thus, against the academic painters, classics, accused of being reactionary and surpassed, Edouard Manet and his followers return to a stylized interpretation, symbolic, suggestive, invented, of the world around them. In fact they borrow much from the aesthetics of Ravenna, of the Romanesque frescoes, of Giotto, of the Siena School, and of the International Gothic. An aesthetic which they obviously had a perfect knowledge of their courtship of European museums and artistic venues, their travels in Italy ...

Obviously these techniques apply to themes all differents from those of the Gothic period. But this is another aspect of the history of European painting.

At the end of this road, European painting comes to abstract art, non-figurative art.

Indeed, from simplification and stylisation into syntheses, from interpretations and suggestions into inventions, the painters always away more than a naturalistic and realistic representation of the real, this real, as men perceive with their eyes, and eventually leave him.

The villages and churches of Lyonel Feininger. Painters will thus arrive at abstract art, non-figurative art that gradually breaks all links with reality.

  

Carl Blechen. 1798-1840.Berlin

Chemin près de Castel Gandolfo.

Path near Castel Gandolfo. 1830.

Berlin Alte Nationalgalerie.

 

BLECHEN (Carl) : LE ROMANTISME

 

Carl BLECHEN (1798-1840) est actif à Berlin où il fut élève puis professeur à l'Académie des Beaux Arts. Il est classé dans l'école romantique allemande. En peinture le romantisme s'exprime au travers de thèmes particuliers, inspirés par la religion, l'histoire plus particulièrement du Moyen Age , les légendes nordiques ou régionales, les grandes épopées du passé ou contemporaines, le spectacle de la nature grandiose et encore sauvage, une société agraire idéalisée, les civilisations exotiques. Ces thèmes sont traités, quant au fond, avec émotion et sentimentalisme, une tendance à l'exagération emphatique et à l'hyperbole, à la mise en valeur de l'irrationnel, du passionnel, à la dramatisation.

Ces thèmes romantiques peuvent cependant être exprimés artistiquement dans un style classique empreint d'une grande rigueur formelle, privilégiant un dessin exact, parfaitement achevé, et une touche du pinceau lisse, tout à fait imperceptible. Ce qui est souvent le cas en Europe à l'époque romantique entre 1770-1870, au plus large, époque dont l'apogée se situe entre 1820 et 1850.

Autrement dit le romantisme est une manière de vivre et de ressentir le monde environnant qui peut se traduire en art dans un style formellement néoclassique. Cette manière d'être et de peindre se rencontre fréquemment dans la peinture germanique et anglaise : les sujets sont romantiques mais la forme est classique. Aux Etats Unis, à la même époque, l'école luministe de "l'Hudson river school" est un bon exemple de peinture romantique par ses thèmes mais classique par le style (Musée Madrid Thyssen Bornemisza 1) .

Mais l'école romantique se particularise aussi, pour certains de ses artistes, par un style de peinture qui annonce l'art moderne de la période 1850-1950. C'est le cas en Angleterre de Turner, en France de Delacroix et en Allemagne de Carl Blechen.

Ces peintres romantiques utilisent certaines techniques comme la touche du pinceau apparente, vibrante, l'esquisse, le tachisme, la simplification et l'altération des formes, la réduction de la perspective et des volumes, les couleurs arbitraires ou accentuées, l'exagération des mouvements, toute une série d'expérimentations formelles qui éloignent la peinture de la représentation soigneusement exacte du réel.

Les Romantiques inventent, ou retrouvent, une esthétique qui privilégie l'évocation, la suggestion du monde environnant et sollicite plus l'imagination du spectateur. A ce titre les romantiques annoncent et préfigurent l'impressionnisme, le post-impressionnisme et l'art abstrait.

Les Romantiques ont comme les Impressionnistes rencontrés une certaine résistance de la part des "académiques" qui déploraient cette peinture jetée sans soin sur la toile. Une critique qui était d'ailleurs tout à fait exacte et parfaitement légitime. Le Romantisme et l'Art Moderne, les libertés que ces arts prennent avec la figuration du réel en trois dimensions tel que l'homme le perçoit par ses yeux ne constituent aucunement un progrès, mais seulement une manière autre de rendre le monde environnant, une esthétique différente qui ne rend en rien obsolète ou rétrograde l'art classique. L'appellation "d'art pompier" qui a été donnée en France à la peinture de style néo-classique du 19è siècle est une manifestation d'exclusivisme.

Les arts "d'avant garde" peuvent se scléroser de manière tout à fait identique en s'installant en un système totalitaire fermé et pétrifié. L'affirmation d'Arthur Rimbaud "Il faut être absolument moderne" peut absolument déboucher sur une régression, aussi bien esthétique que éthique ou politique.

Carl Blechen réunit en lui les deux écoles romantiques : celle par le thème, et celle par le thème et le style. Cet album, d'une cinquantaine de tableaux, permet de constater qu'alternent des œuvres d'un style classique achevé, fini, soigné, et les œuvres plus "modernes" où l'esquisse est poussée jusqu’aux limites de l'art abstrait.

  

Carl BLECHEN (1798-1840) was active in Berlin where he was student then professor at the Academy of Fine Arts. He is classified in the German Romantic School. In painting romanticism is expressed through particular themes, inspired by religion, the history especially of the Middle Ages, the Nordic or regional legends, the great epics of the past or contemporary, the spectacle of nature still Wild, an idealized agrarian society, the exotic civilizations. These themes are treated, in substance, with emotion and sentimentality, a tendency to emphatic exaggeration and hyperbole, to the development of the irrational, of passion, to dramatization.

These romantic themes, however, can be expressed artistically in a classical style marked by a great formal rigor, favoring an exact drawing, perfectly completed, and a touch of the brush smooth, quite imperceptible. This is often the case in Europe in the romantic period between 1770-1870, the largest period, the peak of which is between 1820 and 1850.

In other words, romanticism is a way of living and feeling the surrounding world that can be translated into art in a formally neoclassical style. This way of being and painting is frequently found in Germanic and English painting : : the subjects are romantic but the form is classic. In the United States, at the same time, the luminary school of the "Hudson river school" is a good example of romantic painting by its themes, but classic by his style (Museum Madrid Thyssen Bornemisza 1).

But for some of his artists, the romantic school is also characterized by a style of painting that announces modern art from the 1850-1950 period. This is the case in England of Turner, in France of Delacroix and in Germany of Carl Blechen.

These romantic painters use certain techniques like the touch of the apparent vibrating brush, the sketching, the tachisme, the simplification and the alteration of the forms, the reduction of the perspective and the volumes, the arbitrary or accentuated colors, the exaggeration of the movements, a whole series of formal experiments that move the painting away from the carefully accurate representation of the real.

The Romantics invent, or rediscover, an aesthetic that privileges the evocation, the suggestion of the surrounding world and solicits more the imagination of the spectator. As such, the romantics announce and prefigure impressionism, post-impressionism and abstract art.

The Romantics, like the Impressionists, encountered a certain resistance on the part of the "academics" who deplored the painting thrown carelessly onto the canvas. A criticism that was accurate and perfectly legitimate. Romanticism and Modern Art, the freedoms that these arts take with the representation of the real in three dimensions as man perceives it by his eyes do not constitute any progress, but only another way to make the world around, a different aesthetic that makes nothing obsolete or retrograde the classical art. The appellation of "firefighter Art" which was given in France to neo-classical painting of the 19th century is a manifestation of exclusivism.

The "vanguard" arts can be sclerotic in exactly the same way by settling into a closed and petrified totalitarian system. The assertion of Arthur Rimbaud "it must be absolutely modern" can absolutely lead to a regression, both aesthetically, ethically or politically

Carl Blechen brings together in him the two romantic schools: the first by the theme, and the second by the theme and the style. This album, about fifty paintings, shows the alternating works of a classical style finished, completed, neat, and works more "modern" where the sketch is pushed to the limits of abstract art.

  

James Ensor. 1860-1949. Bruxelles Ostende.

L'Intrigue. Ostende Musée Ensor. 1890

Original à Anvers. Royal Museum.

 

ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN OFFICIEL

 

Certains musées exposent uniquement des oeuvres de l'Art Ancien, d'autres regroupent l'Art ancien et l' Art Moderne, ou encore sont spécialisés dans l'Art Moderne ou dans l'Art Contemporain, séparément. Certains musées proposent, des oeuvres appartenant aux deux dernières périodes : celle de l'Art Moderne (1850-1950) et celle de l'Art Contemporain (Après 1950).

Par Art Contemporain on entend ici l'Art Contemporain officiel qui s'affiche dans les Musées d'Art Contemporain. Il ne s'agit pas de l'art contemporain des rues ou de l'art commercial privé, local ou régional, mais d'un art qui en France particulièrement, mais aussi dans toute l' Europe occidentale, est un art d'état, supranational, à vocation mondialiste. Cet Art Contemporain Officiel, international, s'impose dans les pays anglo-saxons par une autre voie, qui s'ajoute à l'action des états, celle des grandes fondations privées qui bénéficient des subventions publiques et des privilèges fiscaux à eux consentis par les états.

Ce type d'organisation très reliée, à l'échelle internationale, était totalement inexistante pendant la période de l'Art Moderne dont une des caractéristiques les plus évidentes à été l'inorganisation, la multiplicité et la spontanéité de la démarche créative. Il existe un Art Contemporain Officiel alors qu'il n'a jamais existé d'Art Moderne Officiel. Et c'est cette différence qui signe la prise de pouvoir en Occident d'une idéologie monolithique, au plus haut niveau de la société, par rapport à la période de multiplicité idéologique qu'était l'époque de l'Art Moderne. Avec les conséquences sur l'Art.

 

Le regroupement de l'Art Moderne et de l'Art Contemporain dans un même lieu d'exposition présente l'intérêt de faire bien apercevoir les différences très nettes de conception de l'art (en peinture et sculpture) qui caractérisent et opposent ces deux périodes, et l'art qu'elles proposent.

On comprend très bien la particularité de l'art contemporain (après 1950 en date approximative) :

1° L'art non figuratif (abstrait) est une création spontanée majeure de la période dite Moderne. Inévitablement l'art abstrait ouvre la porte au Non-sens, à l'absence de tout discours intelligible, et donc partagé entre l'artiste et le public. Mais avec l'Art Contemporain Officiel, le non sens devient l'Absurde. L'absence de signification se transforme en une apologie systématique de la dérision et de l'aberration.

2° Sauf exceptions très rares, le Beau n'est plus une finalité de l'artiste contemporain, et le Laid le remplace comme but de l'oeuvre d'art. C'est la nouveauté, la plus caractéristique sans doute, de l'Art Contemporain. Une rupture majeure dans l'histoire de l'art universel. Créer du Laid à la place du Beau n'est pas une invention innocente, et encore moins un accident, mais une volonté délibérée, révélatrice d'un état d'esprit. Un total renversement des valeurs reconnues universellement depuis des millénaires par toutes les civilisations. Un renversement révélateur de l'état d'esprit d'une élite idéologique et politique qui élève l'abjection au niveau d'un culte obligatoire, et fonde ainsi une nouvelle religion séparée des peuples, réservées aux Initiés.

3° La recherche d'une communication, d'un dialogue, d'une émotion partagée, avec un public le plus large possible, qui était le but des Arts Anciens et encore celui de l'Art Moderne au cours du 19è siècle, est devenu esprit de coterie, égotisme, refus de communiquer, obsession de la provocation distinctive et exclusive. De l'art dialogue entre les élites et les peuples, l'Occident est passé à l'art rupture entre les élites et les peuples.

4° L'étonnante diversité, l'esprit de recherche de la nouveauté, la spontanéité créatrice qui caractérise l'Art Moderne, s'est stérilisée, et s'est transformée en une systématique de la provocation dans l'absurde et le laid. Les provocations de l'Art Contemporain officiel n'ont absolument rien d'une liberté de création, rien d'une innovation spontanée né dans un milieu d'artistes populaires comme l'a été par exemple l’Impressionnisme. Ces provocations sont tout au contraire imposées d'en haut par une secte de bien-pensants et leurs exécutants. C'est un art totalement conforme à des règles définies a priori et imposées sous peine d'exclusion. Bref, c'est un art académique, comme l'était l'art imposé par l' Académie de Peinture parisienne à l'époque des Impressionnistes. Mais les commandements de l'Académisme Contemporain sont en rupture totale avec les principes qui ont gouverné l'art européen tout au long de son histoire: Plus c'est laid, plus c'est absurde, plus c'est abject, plus c'est conforme.

 

5° L'échec total de la peinture et de la sculpture officielle contemporaine dans leur dialogue avec le public est à comparer et à opposer aux réussites esthétiques, partagées et reconnues, que connaît l'architecture contemporaine. La raison en est simple et se résume en quelques mots : Les architectes sont contraints, par différentes circonstances de fait incontournables, de créer des oeuvres qui durent, qui servent et qui plaisent au public, au grand public, et pas seulement à une coterie de prétendus éclairés. Ces contraintes sont leur sauvegarde. La grande majorité des tableaux de peinture contemporaine peuvent être présentés la tête en bas : personne n'y verra rien. Pas même les initiés et les auteurs de notices explicatives. C'est impossible à faire pour un bâtiment, même pas pour un musée d'art contemporain.

 

Il est possible d'observer une évolution récente dans les appellations des musées et la présentation des œuvres.

L'appellation des musées : De plus en plus souvent les musées tentent de supprimer ou de minorer l'appellation "Art Contemporain" pour adopter et généraliser celle d'Art Moderne pour toute la période qui va de l'impressionnisme aux temps actuels. Exit l'Art Contemporain, mieux vaut parler de l'Art Moderne. Le musée d'art moderne et contemporain de Nice (MAMAC) ne comporte aucune œuvre de la période de l'Art Moderne. Il est en réalité entièrement consacré à l'art d'après la seconde guerre mondiale. Mais il s'est intitulé quand même Musée d'Art Moderne. C'est très révélateur d'une tendance qui vient des USA, une fois de plus.

Les raisons de ces changements d'appellation sont multiples, mais deux peuvent être principalement retenues :

1° Le contemporain, par définition, ne dure pas, c'est juste un moment de l'histoire. Il n'est pas possible de faire durer l'appellation d'art contemporain au delà d'une ou deux générations. Et surtout la contemporanéité n'est pas une valeur.

Par contre la "Modernité" est une valeur. C'est même sans doute une des valeurs principales de notre époque en Occident. La "Déesse Raison", la "Déesse de la Modernité" "la Déesse de l'Evolution" sont parmi les institutions incontournables de la nouvelle sacralité profane. Ce sont les superstitions de notre temps. Mais elles ne sont pas ainsi nommées parce qu'elles sont actuelles. Elles ne sont donc pas des superstitions mais des vérités absolues.

2° L'appellation globale et unique "d'Art Moderne" pour tout l'art occidental depuis l'industrialisation permet de relativiser les différences et les oppositions entre l'art des années 1850-1950 et l'art apparu après 1950. Notamment cette nouveauté caractéristique de l'art d'après la seconde guerre mondiale : le laid et l'absurde.

L'Art Moderne était un changement d'esthétique.

L'Art Contemporain c'est le rejet de l'esthétique.

L'Art Moderne c'est un point blanc sur un fond noir.

L'Art Contemporain c'est une paire de chaussures portant des lunettes.

Rien à voir.

Avec l'Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l'art classique tel qu'il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d'inspiration est d'ailleurs dans le passé de la peinture européenne : c'est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C'est aussi l'esquisse pratiquée sans interruption.

A partir de l'Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c'est la la provocation par le laid et l'absurde, c'est à dire la sortie revendiquée de l'esthétique.

Il faut imposer l'idée que le Non-Art n'est pas une rupture, c'est juste une évolution, tout ce qu'il y a de plus ordinaire et innocente. Une évolution inévitable et normale, à propos de laquelle il est inutile de s'interroger, et surtout dont il est interdit de questionner la légitimité. C'est comme ça. Pas par la grâce de Dieu, non ! Par la grâce de l'évolution.

Dans le même ordre d'idée la présentation des musées change aussi : de plus en plus souvent les responsables mélangent les oeuvres d'époques différentes. L'exposition des oeuvres n'est plus nécessairement commandée par la succession des siècles. La présentation simultanée de tous les arts permet de distribuer effectivement les visiteurs dans toutes les salles, au lieu qu'ils traversent sans s'arrêter les salles d'art contemporain.

Sur le plan idéologique ce mixage des époques et des esthétiques, ce choc organisé des cultures a l'inestimable avantage d'être tout à fait conforme à la religion mondialiste.

 

Selon un article paru dans le journal "Le Monde" au début des années 2000, l'art contemporain est compris par environ 30% des français, mais l'art contemporain est aussi la victime de "beaucoup d'incompréhension". Une manière éclairée de dire qu'il existe 70% d'imbéciles en France, qu'il faudra aider à mieux comprendre l'art contemporain, par une "bonne" éducation, ou rééducation. C'est typiquement le langage des "Lumières". Il est très probable que ces statistiques soient encore très loin du réel, et que sur les 30% de sondés qui ont déclaré "comprendre l'art contemporain", une bonne moitié n'a certainement rien compris du tout, mais a fait semblant de comprendre, pour avoir l'air intelligent et branché.

Soyons exact : L'art contemporain a bien un public. Les élèves des écoles, collèges et lycées.

En France les Musée des Beaux Arts ne sont pas fréquentés par les classes des écoles, des collèges et des lycées. Sauf par les classes des tous petits : maternelle, préparatoire, élémentaire à la rigueur.

Les Musées d'Art Moderne voient à peine un peu plus de collégiens ou de lycéens.

Ce sont surtout les Musées d'Art Contemporain qui rencontrent un vif succès auprès des enseignants et des enseignés des collèges et des lycées. Pourquoi?

1° La clientèle est captive : elle est obligée d'être là. On ne lui demande pas son avis. Ni à l'enseignant, ni à l'enseigné. C'est au programme, point.

2° Contrairement à la peinture et à la sculpture, l'architecture contemporaine n'est pas un échec. Elle peut être belle, et elle n'est pas absurde, elle est parfaitement fonctionnelle. Or les Musées d'Art Contemporain sont toujours hébergés dans des immeubles modernes. Les locaux sont vastes, bien éclairés. Les œuvres sont très espacées, il est possible de courir dans un musée d'art contemporain et même faire du bruit, car les autres visiteurs sont rares et pressés. Les sièges sont nombreux et confortables. Les vestiaires, les toilettes sont très vastes aussi.

3° Et le plus important : Les œuvres exposées dans les musées d'art contemporain n'ont aucune signification apparente. Elles ne sont reliées, du moins avec évidence, à aucune vision du monde religieuse ou même laïque. C'est en définitive leur atout principal. L'Art contemporain ne se veut pas porteur d'un message clair, l'idéologie qui le sous-tend n'est pas explicite car elle cultive la dissimulation. L'inversion des valeurs par rapports à toutes les doctrines du passé des hommes est constante, la destruction des nations et l'acculturation des hommes est le but poursuivi, mais il ne se proclame pas franchement. Les "Lumières" ont choisi de s'imposer au monde en cultivant l'ombre des sociétés d'initiés, sociétés dissimulées sous des apparences ludiques ou philanthropiques, discrètement reliées, et organisées comme les sociétés criminelles et les services secrets. Le non sens, le refus d'un discours clairement compréhensible, présentent cet avantage d'une neutralité apparente des convictions, et l'absurde déroute les esprits, dissimule les buts poursuivis, désarme la critique. Ces "œuvres d'art" contemporain qui parlent de rien, précisément parce qu'elles parlent de rien, ou parce qu'elles sont absurdes ne peuvent pas agresser les diverses convictions religieuses ou profanes de l'agglomérat cosmopolite d' élèves qui constitue les classes actuelles. Un balai c'est un balai. Un tas de vêtements jetés au sol, on peut en dire ce que l'on voudra, y compris que c'est beau et fulgurant d'intelligence, mais leur utilité profonde est que l'action déstabilisatrice de toutes les valeurs anciennes, qui est le but poursuivi, s'exerce profondément mais inconsciemment sur les spectateurs. Le laid et l'absurde sont des agents destructeurs des croyances traditionnelles, et c'est sur la table rase ainsi provoquée que les idéologues pensent pouvoir restructurer les mentalités des peuples pour aboutir à la "République Universelle". Telle est la finalité politique et idéologique de l'Art Contemporain Officiel.

Et c'est pourquoi l'Art Contemporain Officiel est un art sans racines.

Il est certain que ce n'est pas demain que cesseront d'être exposés dans les musées d'art "contemporain" ou "moderne" selon l'appellation la plus récente, des toiles unies, colorées ou pas, des lignes, des points, des traits et des cercles, des taches, des gravats, des tuyaux, des balais, des échelles, des chaises....Tout ce non-art est nécessaire à déformation et à la formation de la pensée des petites amibes citoyennes de la future République Universelle. Ces amibes doivent comprendre une seule chose : l'art, le seul vrai art, international, universaliste, digne d'un musée d'état, vient d'en haut. Pour les gens d'en bas, il y a le cinéma, la télévision, la publicité et aussi l'art local, commercial et des rues.

  

MODERN ART AND OFFICIAL CONTEMPORARY ART

 

Some museums exhibit only works of Ancient Art, others include Ancient and Modern Art, or are specialized in Modern Art or Contemporary Art, separately. Some museums offer works belonging to the last two periods: Modern Art (1850-1950) and Contemporary Art (after 1950).

By Contemporary Art is meant here the official Contemporary Art which is displayed in the Museums of Contemporary Art. It is not the contemporary art of the streets or the commercial art private, local or regional, but an art that in France particularly, but also throughout Western Europe, is an art of state, supranational, with a globalist vocation. This Official Contemporary Art, international, imposes itself in the Anglo-Saxon countries by another way, which adds to the action of the states, that of the big private foundations which benefit from the public subsidies and the fiscal privileges to them granted by the states.

This type of organization, which was very connected internationally, was totally non-existent during the period of Modern Art, one of the most obvious characteristics of which was the inorganization, the multiplicity and the spontaneity of the creative process. There is an Official Contemporary Art whereas there has never existed any Official Modern Art. And it is this difference that signs the seizure of power in the west of a monolithic ideology, at the highest level of society, in relation to the period of ideological multiplicity that was the era of modern Art. With the consequences on art.

 

The regrouping of Modern and Contemporary Art in the same place of exhibition presents the interest of making clear the very clear differences of conception of art (in painting and sculpture) that characterize and contrast these two Period and the art they propose.

We can then understand very well the peculiarity of contemporary art (after 1950 in approximate dates):

1) Non-figurative art (abstract art) is a major and spontaneous creation of the Modern period. Inevitably, abstract art opens the door to the nonsense, to the absence of any intelligible discourse, and therefore shared between the artist and the public. But with the official Contemporary Art, the non sense becomes the Absurd. The absence of meaning is transformed into a systematic apology of derision and aberration.

2) Except for very rare exceptions, the Beau is no longer an end of the contemporary artist , and the Laid (ugly) replaces it as the goal of the work of art. This is the novelty, undoubtedly the most characteristic of Contemporary Art. A major break in the history of universal art. Creating the Ugly instead of the beautiful is not an innocent invention, let alone an accident, but a deliberate will, revealing a state of mind. A total reversal of values universally recognized for millennia by all civilizations. A revealing reversal of the state of mind of an ideological and political elite that elevates abjection to the level of an obligatory worship, and thus founds a new religion separate from the peoples, reserved for the Initiates.

3. The search for a communication, a dialogue, a shared emotion, with as wide a public as possible, which was the goal of the Ancient Arts and still that of Modern Art during the 19th century, is become coterie, egotism, refusal to communicate, obsession with distinctive and exclusive provocation. From the art of the dialogue between elites and peoples, the West has moved to the art of the breaking between the elites and the peoples.

4. The astonishing diversity, the spirit of research of novelty, the creative spontaneity which characterizes Modern Art, has become sterile, and has evolved into a systematic of provocation in the absurd and the ugly. The provocations of the Official Contemporary Art have absolutely nothing of a freedom of creation, nothing of a spontaneous innovation born in a medium of popular artists as for example Impressionism. These provocations are, on the contrary, imposed from above by a sect of self-righteous ideologues and merchants and by their performers.. It is an art totally in accordance with rules defined a priori and imposed under pain of exclusion. In short, it is an academic art, as was the art imposed by the Parisian Painting Academy at the time of the Impressionists. But the commandments of Contemporary Academism are in complete rupture with the principles that have governed European art throughout its history: The more it is ugly, the more it is absurd, the more it is abject, the more it is is conform.

5. The total failure of contemporary official painting and sculpture in their dialogue with the public is to be compared and contrasted with the aesthetic successes, shared and recognized, of contemporary architecture. The reason for this is simple and can be summarized in a few words: Architects are constrained by various essential facts to create works that last, that serve and that pleases to the public, the general public, and not only to a coterie of supposedly enlighteneds. These constraints are their safeguard. The vast majority of contemporary paintings can be presented upside down: no one will see anything. Not even insiders and authors of explanatory leaflets. It's impossible to do for a building, not even for a museum of contemporary art.

  

It is possible to observe a recent evolution in the names of museums and the presentation of works.

The name of the museums: More and more often the museums try to suppress or reduce the appellation "Contemporary Art" to adopt and generalize that of Modern Art for the whole period which goes from the impressionism to the present times. Exit Contemporary Art, it is better to speak of Modern Art. The Museum of Modern and Contemporary Art in Nice (MAMAC) does not include any work from the period of Modern Art. It is in fact entirely devoted to art after the Second World War. But he still titled Museum of Modern Art. It's very revealing of a trend that comes from the US, once again.

The reasons for these name changes are multiple, but two can be mainly retained:

1. The contemporary, by definition, it does not last, it's just a moment in history. It is not possible to prolong the term of contemporary art beyond one or two generations. And especially contemporaneity is not a value.

On the other hand, Modernity is a value. It is undoubtedly one of the main values of our time in the West. The "Goddess of Reason", the "Goddess of Modernity" "the Goddess of Evolution" are among the indispensable institutions of the new profane sacredness.

These are the superstitions of our time. But they are not so named because they are current. So they are not superstitions but absolute truths.

2 ° The global and unique name of "Modern Art" for all Western art since the industrialization allows to relativize the differences and oppositions between art from the 1850s and 1950s and the art that appeared after 1950. Notably this characteristic novelty of art after the Second World War: the ugly and the absurd.

Modern Art was a change of aesthetic.

Contemporary Art is the rejection of aesthetics.

Modern Art is a white dot on a black background.

Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.

Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beautiful, they explore only the possibilities of the Beautiful outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugly and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics

 

It is necessary to impose the idea that non-art is not a rupture, it is just an evolution, all that is more ordinary and innocent. An inevitable and normal evolution, about which it is useless to question oneself, and especially of which it is forbidden to question the legitimacy. It's like that. Not by the grace of God, no! By the grace of evolution.

In the same vein, the presentation of museums is also changing: more and more often, those responsible are mixing works from different periods. The exhibition of works is no longer necessarily controlled by the succession of centuries. The simultaneous presentation of all the arts makes it possible to effectively distribute the visitors in all the halls, instead that they cross, without stop, the rooms of contemporary art.

On the ideological level this mix of eras and aesthetics, this organized clash of cultures has the inestimable advantage of being quite consistent with the globalist religion.

 

According to an article published in the newspaper "Le Monde", at the beginning of the 2000's, contemporary art by approxima is understood by 30% of the French, but contemporary art is also the victim of " a considerable misunderstanding." An enlightened way of saying that there are 70% of fools in France. Fools need help to better understand contemporary art, with a "good" education, or rehabilitation. This is typically the language of the "Enlightenment". It is very likely that these statistics are still very far from the real, and that out of the 30% of respondents who said ' understand contemporary art ', a good half certainly did not understand anything at all, but pretended to understand, in order to appear intelligent and plugged in.

Let's be exact: Contemporary art has an audience. Students from schools, colleges and high schools.

In France the Museums of Fine Arts are not frequented by classes of schools, colleges and high schools. Except by the classes of the little ones: maternal, preparatory, elementary to the rigor.

The Museums of Modern Art see just a few more college students or high school students.

It is especially the Museums of Contemporary Art that meet a great success with teachers and students of the colleges and high schools. Why?

1 ° The clientele is captive: she is obliged to be there. He is not asked his opinion. Neither to the teacher nor to the student. It's in the program,It's enough.

2 ° Unlike painting and sculpture, contemporary architecture is not a failure. She can be beautiful, and she is not absurd, she is perfectly functional. Contemporary art museums are still housed in modern buildings. The premises are modern, large, well lit. The works are widely spaced, it is possible to run in a museum of contemporary art and even make noise, because other visitors are rare and in a hurry. The seats are numerous and comfortable. Cloakrooms, toilets are very large too.

3 ° And the most important: The works exhibited in contemporary art museums have no apparent meaning. They are not linked, at least obviously, to any vision of the religious or even secular world. This is ultimately their main asset. Contemporary art does not want to carry a clear message, the ideology that underlies it is not explicit because it cultivates dissimulation. The inversion of values in relation to all the doctrines of man's past is constant, the destruction of nations and the acculturation of men is the goal pursued, but it does not proclaim itself frankly. The "Enlightenment" has chosen to impose itself on the world by cultivating the shadow of insider companies, companies hidden under playful or philanthropic appearances, discreetly connected, and organized like as criminal societies and secret services.

Contemporary art does not want to carry a clear message and the ideology that underlies it is not explicit. The nonsense, the refusal of a clearly comprehensible discourse, have the advantage of an apparent neutrality of convictions, and the absurd routs the spirits, disarms criticism. These contemporary "works of art" which speak of nothing, precisely because they speak of nothing, or because they are absurd, can not attack the various religious or profane convictions of the cosmopolitan agglomeration of pupils which constitutes the current classes.

A broom is a broom. A pile of clothes thrown to the ground, we can say what one will want, including that it is beautiful and dazzling of intelligence, but their deep utility is that the destabilizing action of all the old values, which is the goal pursued is exercised deeply but unconsciously on the spectators. The ugly and absurd, are destructive agents of traditional beliefs, and it is on this clean slate thus provoked that the ideologues think they can restructure the mentalities of the peoples to achieve to the "Universal Republic". Such is the political and ideological purpose of the Official Contemporary Art.

And that's why Official Contemporary Art is an art without roots.

 

It is certain that it will not be tomorrow that will cease to be exhibited in "contemporary" or "modern" art museums according to the most recent name, united canvases, colored or not, lines, dots, strokes and circles, spots , rubble, pipes, brooms, ladders, chairs ... All this non-art is necessary to deformation and to the formation of the thought of the little citizens amoebae of the future Universal Republic. These amoebae must understand one thing: art, the only true art, international, universalist, worthy of a state museum, comes from above. For people from below, there is cinema, television, advertising and also local, commercial and street art.

   

Jannes de Vries 1901-1986 Groningen

Winter landscape in Oostum

Groningen. Groninger museum

 

ART MODERNE : LE RENOUVELLEMENT DES FORMES

 

L'Art Moderne, annoncé dès le début du 20è siècle par les peintres romantiques ( Constable, Turner, Delacroix ) et les pré-impressionnistes a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes esthétiques dans la peinture européenne.

Sa caractéristique essentielle est certainement sa volonté d'invention, de changement qui s'exprime en peinture, dans l'emploi des couleurs, dans la recherche d'un nouveau dessin, dans la diversité des thèmes abordés. On peut dire que la civilisation européenne se distingue d'autres grandes civilisations par cette recherche constante, à l'échelle des siècles, de l'innovation. Cela n'a pas été le cas par exemple des civilisations islamiques ou chinoises dont les valeurs ont infiniment plus accordé la priorité à la pérennité et au maintien des traditions. Une fois encore on constate que l'art est un révélateur des valeurs qui animent les sociétés.

 

Les techniques utilisées par les peintres européens, au cours du 19è siècle, pour créer un art nouveau sont multiples, sauf omission, on peut les recenser ainsi :

1°"La Peinture Plate": par exemple avec Manet, plus tard Gauguin, Maurice Denis, Raoul Dufy, les Nabis... Cette technique réduit ou supprime les volumes et la perspective et privilégie les lignes. Le peintre ne s'efforce plus de rendre le monde en trois dimensions, comme il l'a fait pendant des siècles. Le peintre propose une vision du monde qui accepte la planéité du tableau. L'artiste peint en deux dimensions. C'est un retour à une esthétique qui était celle de la peinture Byzantine, Romane et Gothique. Avec d'autres thèmes