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Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris

Portrait de Mme Claire Pavillon. 1900

Nantes Musée d'Arts

 

Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris. Originaire de Nantes il est actif à Paris. Il a été l’élève de Bouguereau et appartient donc à l’école classique de l’époque :l’Académisme.

 

Paul-Emile Chabas 1869-1937 Paris. Originally from Nantes, he is active in Paris. He was a pupil of Bouguereau and therefore belongs to the classical school of the time: Academism.

  

LA PEINTURE ACADEMIQUE ET L'ART MODERNE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

 

La peinture académique est en totale opposition avec l'Art Moderne représenté par les réalistes (Courbet), les pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, les impressionnistes et les post-impressionnistes non seulement au plan stylistique, mais aussi, et peut-être surtout, sur le plan thématique. En effet si la recherche stylistique s'est beaucoup inspirée d'esthétiques anciennes (la peinture plate) par contre la thématique de la peinture européenne se modifie totalement à la fin du 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle. Elle suit les traces de la peinture néerlandaise du 17ᵉ siècle.

Les peintres académiques, comme leurs ancêtres, vont chercher leur inspiration dans l'Ancien ou le Nouveau Testament, l'Histoire de l'Europe, ancienne ou plus récente, la Mythologie, la Littérature.

Pendant plus de six siècles la peinture européenne s'est inspirée du passé. La Renaissance on l'a vu, c'est un regard nouveau sur l'Antiquité qui s'impose dans les classes supérieures.

L'Art Moderne est à l'opposé : C'est le triomphe de la quotidienneté, la victoire de la peinture du présent sur celle du passé. Les thèmes non seulement religieux de l'art catholique, mais aussi tous ceux inspirés par l'histoire, l'Antiquité Gréco-romaine, la mythologie et la littérature disparaissent peu à peu de la peinture européenne.

 

Tout au long du 19è siècle toute la peinture européenne tend progressivement vers une représentation exclusive des paysages et de la société contemporaine, avant de cesser de figurer le réel avec l'abstraction.

C'est une rupture culturelle majeure qui témoigne d'orientations idéologiques totalement nouvelles : le passé est dépassé, sans intérêt, seuls comptent le présent et l'avenir. C'est bien pourquoi cette période a été appelée celle de "L'Art Moderne". Une appellation qui témoigne de tout un programme idéologique, toute une conception différente du monde, d'un renversement des valeurs culturelles européennes et occidentales.

Une évolution qui va culminer après 1950 avec l'Art Contemporain, celui officiel, institutionnel, mais aussi avec l'art local, régional, national. Beaux ou laids, absurdes ou significatifs, provocateurs ou pas, les arts contemporains sont tous conditionnés par un regard tourné vers l'actualité ou un futur imaginaire de la société occidentale.

  

THE ACADEMIC PAINTING AND MODERN ART

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

 

Academic painting is in total opposition to the Modern Art represented by the Realists (Courbet), the pre-impressionists of the Barbizon school, the impressionists and the post-impressionists not only stylistically but also, and perhaps above all, thematically. In fact, while stylistic research was largely inspired by ancient aesthetics (flat painting), the themes of European painting changed completely at the end of the 19ᵉ century and the beginning of the 20ᵉ century. It follows in the footsteps of Dutch painting of the 17ᵉ century.

Academic painters, like their ancestors, seek their inspiration in the Old or New Testament, the History of Europe, ancient or more recent, Mythology, Literature.

During more than six centuries European painting has been inspired by the past. The Renaissance, as we have seen, is a new look at Antiquity that is imposed in the upper classes.

Modern Art is to the opposite: It's the triumph of everyday life, the victory of the painting of the present over that of the past. Not only the religious themes of Catholic art, but also all those inspired by history, Greco-Roman antiquity, mythology and literature are gradually disappearing from European painting.

Throughout the 19ᵉ century all European painting gradually tends towards an exclusive representation of landscapes and contemporary society, before ceasing to represent reality with abstraction.

This is a major cultural break that testifies to totally new ideological orientations: the past is outdated, without interest, only the present and the future count. This is why this period has been called that of "Modern Art". A appellation that testifies to a whole ideological programme, a whole different conception of the world, a reversal of European and Western cultural values.

An evolution that will culminate after 1950 with Contemporary Art, the official, institutional one, but also with local, regional, national art. Fine or ugly, absurd or significant, provocative or not, contemporary arts are all conditioned by a look at the present or imaginary future of Western society.

 

Jacob Philipp Hackert 1737-1807

Paysage avec le palais de Caserte et le Vésuve

Landscape with the palace at Caserta and Vesuvius 1793

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Caspar David Friedrich 1774-1840 Dresde

Easter morning Matin de Pâques 1835

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fleurs devant la fenêtre flowers in the window 1887

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Forge near Bisamberg 1894

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Restaurant garden in november ( Mofi from Bisamberg)

Jardin du restaurant en novembre (Mofi de Bisamberg) 1903

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

 

Vilhelm Hammershoi 1864-1916

Une vieille femme An old woman 1886

Copenhague Collection Hirschsprung

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

  

Otto Gebler 1838-1917 München

Intérieur de la forêt Waldinneres Interior of the forest sd

München Lenbachhaus

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Gustave Courbet. 1819-1877.

Mer calme à Palavas. Calm sea at Palavas 74x93

Sète Musée Paul Valéry.

  

COURBET : LA CONTESTATION DE LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

Peintre romantique converti au réalisme, Gustave Courbet représente la contestation de la "Grande Peinture" française. La peinture agréée pour être présentée au salon annuel de Paris, par un jury de peintres célèbres et reconnus appartenant à l'Académie de Peinture.

La contestation de Courbet ne se situe pas essentiellement dans la forme. L'art de Courbet, malgré sa touche parfois apparente, reste classique. Il a peint dans un style parfaitement acceptable par l'Académie, qui a d'ailleurs reçu un très grand nombre de ses tableaux. Sur le plan de la forme Edouard Manet poussera la contestation de la peinture classique, 10 ans après, beaucoup plus loin, avec des oeuvres dans lesquelles la perspective et les volumes s'effacent.

C'est au fond, par les thèmes de ses tableaux, que Courbet s'oppose à la Grande Peinture. Dans certaines oeuvres la provocation se limite à adopter, pour des sujets de la vie quotidienne, les très grands formats qui étaient réservés à la peinture noble : les sujets religieux, en perte de vitesse, les sujets mythologiques, littéraires ou historiques.

C'est en cela que des tableaux comme "un Enterrement à Ornans"(1850 Paris Orsay), "les Paysans de Flagey revenant de la foire" (1855 Ornans Musée Courbet)) sont des tableaux contestataires. Les grands tableaux convenaient parfaitement pour représenter un sujet noble comme " Les Romains de la décadence" de Thomas Couture (Paris Orsay 1847) ou "Les femmes Gauloises : épisode de l'invasion romaine" de Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

Mais ce même grand format utilisé pour peindre le banal enterrement d'un bourgeois quelconque dans une petite ville de la province française, ou le retour de paysans aisés d'une foire, au pas des boeufs et tirés par un cochon, c'était de la provocation pure et simple.

Courbet a peint d'autres tableaux qui, tout en restant parfaitement académique en la forme, sont plus contestataires encore par le fond même du sujet. Par exemple "les Baigneuses" (1853 Montpellier) et "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Comme "Le Déjeuner sur l'herbe" de Manet (1863 Paris Orsay), les "Baigneuses sont une critique explicite, pleine de moquerie, des grands tableaux mythologiques ou religieux, comme les nombreuses "Vénus, Diane, Bethsabée, Suzanne.... au bain" de la peinture classique.

"Bonjour Mr Courbet" aurait convenu pour célébrer la rencontre de Napoléon 1er et d'Alexandre 1er sur le Niemen, pas celle de Courbet, à la descente de la diligence de Paris, et de Bruyas et son valet, dans la campagne de Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), peinture parfaitement académique par son style très soigné, est aussi tout à fait rebelle puisqu'il restitue sur un grand format, de manière plus ou moins allégorique, des épisodes de la vie du peintre, et ses réflexions ou opinions personnelles sur des événements ou personnages de son temps. Rien que de très banal, prosaïque, en fait. Les opinions du peintre, sa propre activité en atelier, ses amis et relations, les gens qu'il aime, et ceux qu'il n'aime pas, représentés dans le format des "Romains de la décadence", c'était tout à fait absurde. Le tableau fut refusé d'exposition au salon de 1955.

  

COURBET: THE CONTESTATION OF ACADEMIC PAINTING

 

Romantic painter converted to realism, Gustave Courbet represents a challenge to the French "Great Painting". The paint approved to be presented at the annual Salon of Paris, by a jury of famous and recognized painters belonging to the Academy of Painting.

The contestation of Courbet is not essentially in the form. The art of Courbet, despite its sometimes apparent touch, remains classic. He painted in a style perfectly acceptable by the Academy, which in fact received a very large number of his paintings. In terms of form Edouard Manet push the contestation of the classical painting, 10 years later, much further, with works in which the perspective and the volumes disappear.

It is at bottom, through the themes of his paintings, that Courbet is opposed to the Great Painting. In certain works, the provocation is limited to adopting, for subjects of everyday life, the very large formats that were reserved for the noble painting: religious subjects, in loss of speed, mythological, literary or historical subjects.

It is in this respect that paintings such as "a Burial at Ornans" (1850 Paris Orsay), "the Peasants of Flagey returning from the fair" (1855 Ornans Museum Courbet)) are anti-etablishment paintings. The great paintings were perfectly suited to represent a noble subject like "The Romans of Decadence" of Thomas Couture (Paris Orsay 1847) or "Women Gauloises: Episode of the Roman Invasion" by Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

But the same large format used to paint the banal burial of a bourgeois in a small town in the French province, or the return of wealthy peasants from a fair at the pace of oxen and pulled by a pig, it was a pure and simple provocation

Courbet has painted other pictures which, while remaining perfectly academic in the form, are still more protest by the very substance of the subject. For example "les Baigneuses" (1853 Montpellier) and "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Like the "Lunch on the Grass" by Manet (1863 Paris Orsay), the "Bathers are explicitly critical, full of mockery of the great mythological and religious paintings, like all " Venus, Diana, Bathsheba, Suzanne to the bath ", painted by the classical painting for centuries.

The format and style of "Bonjour Mr Courbet" would have been adapted to celebrate the meeting of Napoleon 1st and Alexander 1st on the Niemen, not the meeting of Courbet, at the descent of the diligence of Paris, with Bruyas and his valet; in the countryside of Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), painting perfectly academic by its very neat style, is also quite rebellious because it represents on a large format, more or less allegorically, episodes of the painter's life, and his personal reflections or opinions on events or personages of his time. Nothing but banal, prosaic, in fact.

The painter's opinions, his own workshop activity, his friends and relations, the people he loves, and those he does not like, represented in the format of the "Romans of decadence", was entirely absurd. The painting was refused exhibitionat the Salon in 1955.

   

Christian Skredsvig 1854-1924 Norwegian

La Saint-Jean en Norvège

Midsummer's Eve in Norway 1886

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Frederik Sodring 1809-1882 Danish

Vue sur la place du marbre avec les ruines de l'église inachevée

de Frederik

View of the Marble Square with the ruins of the uncompleted

Frederik's Church 1835

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fleurs sauvages dans un vase

Wildflowers in a vase 1883

Wien Musée Léopold Collection privée Private collection

  

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore arrivé à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Marie-Paule Carpentier. 1876-1915 Paris

Sur le sable. On the sand. 1923

Nantes Musée d'Arts

 

ART MODERNE : ART PROFANE ET ART DU PRESENT

 

Du point de vue du style il est possible de voir dans l'art moderne trois ruptures successives : la rupture impressionniste, celle post-impressionniste, puis celle de l'abstraction.

Quant aux thèmes de la peinture européenne il faut constater une évolution flagrante, une quatrième rupture, de fond et non plus seulement de style :

- De l'art religieux vers l'art profane. Ou autrement dit d'un art spiritualiste vers un art matérialiste.(A)

- De l'art inspiré par le passé de la civilisation européenne, ses racines gréco-romaines, vers un art coupé du passé européen, et totalement orienté vers son présent. (B)

 

A/ C'est une évidence sur laquelle il serait inutile d'insister si on se contentait de constater la disparition progressive mais constante des thèmes religieux au profit de thèmes profanes. Par contre il est sans aucun doute plus intéressant de souligner que cette évolution est synonyme d'un cheminement inséparable : d'une peinture spiritualiste vers une peinture matérialiste.

Sur ce point l'Art Moderne doit beaucoup à l'art néerlandais du 17ᵉ siècle. Le Siècle d'Or Néerlandais est l'acte de naissance en peinture, en Europe, d'un art matérialiste et profane.

Un art profane, non religieux tout le monde a compris. Inutile de faire un dessin. Un art matérialiste ? Sans faire de philosophie, c'est tout simple : Il faut remplacer le Christ, la Vierge, Vishnou ou Shiva ou le Bouddha, ou les invocations graphiques musulmanes, ou un mandala par un plateau de fromages, un bouquet de fleurs des champs, une vache dans un pré, ou un balai-brosse. Si vous faites de la philosophie, vous allez tout compliquer. Et vous ne comprendrez plus rien.

 

B/ La période de l'Art Moderne (1815-1950) voit la disparition progressive de tous les thèmes empruntés à l'Antiquité gréco-romaine mais aussi à l'histoire et à la littérature européenne Les nouveaux thèmes sont inspirés de plus en plus exclusivement par la société contemporaine des peintres. Le passé est dépassé c'est le message très clair de l'Art Moderne. L'opposition entre l'art ancien et l'art moderne est très apparente dans le conflit qui a opposé les peintres de l'école Académique aux peintres réalistes (Courbet) pré-impressionnistes, impressionnistes, post-impressionnistes. La différence entre Alexandre Cabanel un des grands maîtres de l'Art Académique et les peintres impressionnistes n'est pas seulement de style, elle est surtout dans les thèmes des tableaux. La disparition de tous les grands thèmes qui avaient mobilisés la peinture européenne pendant des siècles (Religion, Mythologie, Histoire, Littérature) est le signe d'une très profonde mutation de la société européenne. Un changement idéologique majeur.

 

C'est une révolution dans l'histoire des civilisations: En Occident, au 19è siècle, s'impose l'idée que le savoir, et même la sagesse, ne sont plus à rechercher chez les Anciens, mais chez les Jeunes. La Tradition ? Quelle tradition ? C'est la Nouveauté, la nouveauté superlative qui sera bénéfique, créatrice. Innover est et reste le maître mot de la pensée occidentale.

Là encore les Pays-Bas du Nord, protestants, ont avec deux siècles d'avance, annoncé la peinture européenne du futur.

Du futur, mais seulement jusqu'à l'art contemporain officiel. Les Néerlandais n'avaient pas osé inventer l'art laid et absurde. Une invention conjointe de Paris et de New-York, qui se dessine entre les années 1920 et 1950, et s'impose ensuite dans tout l'Occident.

L'intérêt de l'art du présent pour l'idéologie matérialiste mondialiste, qui est la nouvelle religion à prétention universelle, est qu'il est coupé de toutes racines culturelles. Il peut dès lors s'imposer ou se vendre auprès de toutes les sociétés contemporaines sans heurter aucune conception du monde particulière, surtout si en plus il fait le choix de l'abstraction. Dans cette optique l'Art Contemporain Institutionnel peut même abandonner les doctrines provocatrices et anti-esthétiques qui sont les siennes, pour mieux se vendre sur le marché mondial. Bref retrouver le beau, abandonner l'absurde, mais en restant dans l'immédiateté et dans l'absence de signification trop évidemment orientée culturellement.

C'est l'Art Coca-Cola ou Mac-Donald : il doit pouvoir se vendre dans le monde entier. Dans cette optique il réservera à une élite hyper-intellectualisée (ou qui croit l'être) le laid et l'absurde, mais pour les peuples il fera quelque concessions à la beauté à condition qu'elle ne soit pas trop significative.

L'Anti-Art est une réserve pour les esprits supérieurement éclairés. Mais pour les peuples il faut fabriquer un art plus accessible au commun. Dans l'art comme dans l'alimentation industrielle il faut fabriquer des produits "universels" qui se consomment des USA à la Chine. Un "Art Viral", pandémique, mais pas échappé d'un laboratoire, réellement contrôlé.

  

MODERN ART: PROFANE ART AND PRESENT-DAY ART

 

From the point of view of style it is possible to see in modern art three successive ruptures: the impressionist rupture, the post-impressionist rupture, and then the rupture of abstraction.

As for the themes of European painting, there is a blatant evolution, a fourth break, in substance and no longer only in style:

- From religious art to secular art. Or in other words from spiritualist art to materialist art (A).

- From art inspired by the past of European civilization, its Greco-Roman roots, to an art that is cut off from the European past and totally oriented towards its present. (B)

 

A/ It is an obvious fact that would be pointless to insist on if we were content to note the gradual but constant disappearance of religious themes in favour of secular themes. On the other hand, it is undoubtedly more interesting to point out that this evolution is synonymous with an inseparable path: from a spiritualist to a materialist painting.

On this point Modern Art owes a lot to the Dutch art of the 17ᵉ century. The Dutch Golden Century is the birth certificate in painting in Europe of a materialistic and secular art.

A secular, non-religious art, everyone understood. No need to draw a picture. A materialistic art? Without making a philosophy, it's quite simple: You have to replace Christ, the Virgin, Vishnu or Shiva or Buddha, or Muslim graphic invocations, or a mandala by a cheese plate, a bouquet of wild flowers, a cow in a meadow, or a scrub brush. If you do philosophy, you're going to complicate everything. And you won't understand anything anymore.

 

B/ The period of Modern Art (1815-1950) saw the gradual disappearance of all themes borrowed from Greco-Roman Antiquity but also from European history and literature. The new themes were inspired more and more exclusively by the contemporary society of painters. The past is obsolete - this is the very clear message of Modern Art. The opposition between ancient art and modern art is very apparent in the conflict between the painters of the Academic school and the Realists (Courbet), pre-impressionists, impressionists, post-impressionists. The difference between Alexandre Cabanel, one of the great masters of Academic Art, and the Impressionist painters is not only in style, but above all in the themes of the paintings. The disappearance of all the great themes that had mobilized European painting for centuries (Religion, Mythology, History, Literature) is the sign of a very profound change in European society. A major ideological change.

It is a revolution in the history of civilizations: In the West, in the 19th century, the idea was imposed that knowledge, and even wisdom, was no longer to be sought among the Ancients, but among the Young. The tradition ? What tradition? It is the Novelty, the superlative novelty that will be beneficial, creative. Innovating is and remains the watchword of Western thought.

Here again, the Protestant Northern Netherlands countries, two centuries in advance, announced the European painting of the future.

From the future, but only up to official contemporary art. The Dutch had not dared to invent ugly and absurd art. A joint invention of Paris and New York, which took shape between the 1920s and 1950s, and then imposed itself throughout the West.

The interest of the art of the present for the materialist globalist ideology, which is the new religion with universal pretension, is that he is cut off from all cultural roots. He can therefore impose itself or sell itself to all contemporary societies without offending any particular world view, especially if he also chooses abstraction. From this point of view Institutional Contemporary Art can even abandon the provocative and anti-aesthetic doctrines which are its own, in order to sell itself better on the world market. In short, he can rediscover the beautiful, abandon the absurd, but remain in immediacy and in the absence of meaning too obviously culturally oriented. It's the Coca-Cola or Mac-Donald Art: it must be able to be sold all over the world. From this point of view it will reserve for a hyper-intellectualized elite (or who believe they are) the ugly and the absurd, but for the peoples it will make some concessions to beauty as long as it is not too meaningfull. Anti-Art is a reserve for superior enlightened minds. But for the people it is necessary to manufacture an art more accessible to the common.

In the art as in the industrial food it is necessary to manufacture "universal" products which are consumed from the USA to China. An "Viral Art", pandemic, but not escaped from a laboratory, really controlled.

   

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Greenhouse at Gedersdorf 1910

Wien Musée Léopold Collection privée

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Karl Millner 1825-1895

Vorderer Gosausee mit Dachstein

Front Gosausee with Dachstein vers 1855

München Lenbachhaus

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

  

THE ACADEMIC PAINTING

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

   

Erik Henningsen 1855-1930 Danish

Locataires expulsés Evicted tenants 1892

Copenhagen Statens Museum for Kunst

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

  

Julius Hintz. 1805-1862. Paris.

Vue de la ville et du port de Sète.

View of the city and the port of Sète.1849.

75x112

Sète Musée Paul Valéry. (Dépôt du Musée Fabre Montpellier)

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE ET L'ART MODERNE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

 

La peinture académique est en totale opposition avec l'Art Moderne représenté par les réalistes (Courbet), les pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, les impressionnistes et les post-impressionnistes non seulement au plan stylistique, mais aussi, et peut-être surtout, sur le plan thématique. En effet si la recherche stylistique s'est beaucoup inspirée d'esthétiques anciennes (la peinture plate) par contre la thématique de la peinture européenne se modifie totalement à la fin du 19ᵉ siècle et au début du 20ᵉ siècle. Elle suit les traces de la peinture néerlandaise du 17ᵉ siècle.

Les peintres académiques, comme leurs ancêtres, vont chercher leur inspiration dans l'Ancien ou le Nouveau Testament, l'Histoire de l'Europe, ancienne ou plus récente, la Mythologie, la Littérature.

Pendant plus de six siècles la peinture européenne s'est inspirée du passé. La Renaissance on l'a vu, c'est un regard nouveau sur l'Antiquité qui s'impose dans les classes supérieures.

L'Art Moderne est à l'opposé : C'est le triomphe de la quotidienneté, la victoire de la peinture du présent sur celle du passé. Les thèmes non seulement religieux de l'art catholique, mais aussi tous ceux inspirés par l'histoire, l'Antiquité Gréco-romaine, la mythologie et la littérature disparaissent peu à peu de la peinture européenne.

 

Tout au long du 19è siècle toute la peinture européenne tend progressivement vers une représentation exclusive des paysages et de la société contemporaine, avant de cesser de figurer le réel avec l'abstraction.

C'est une rupture culturelle majeure qui témoigne d'orientations idéologiques totalement nouvelles : le passé est dépassé, sans intérêt, seuls comptent le présent et l'avenir. C'est bien pourquoi cette période a été appelée celle de "L'Art Moderne". Une appellation qui témoigne de tout un programme idéologique, toute une conception différente du monde, d'un renversement des valeurs culturelles européennes et occidentales.

Une évolution qui va culminer après 1950 avec l'Art Contemporain, celui officiel, institutionnel, mais aussi avec l'art local, régional, national. Beaux ou laids, absurdes ou significatifs, provocateurs ou pas, les arts contemporains sont tous conditionnés par un regard tourné vers l'actualité ou un futur imaginaire de la société occidentale.

  

THE ACADEMIC PAINTING AND MODERN ART

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

 

Academic painting is in total opposition to the Modern Art represented by the Realists (Courbet), the pre-impressionists of the Barbizon school, the impressionists and the post-impressionists not only stylistically but also, and perhaps above all, thematically. In fact, while stylistic research was largely inspired by ancient aesthetics (flat painting), the themes of European painting changed completely at the end of the 19ᵉ century and the beginning of the 20ᵉ century. It follows in the footsteps of Dutch painting of the 17ᵉ century.

Academic painters, like their ancestors, seek their inspiration in the Old or New Testament, the History of Europe, ancient or more recent, Mythology, Literature.

During more than six centuries European painting has been inspired by the past. The Renaissance, as we have seen, is a new look at Antiquity that is imposed in the upper classes.

Modern Art is to the opposite: It's the triumph of everyday life, the victory of the painting of the present over that of the past. Not only the religious themes of Catholic art, but also all those inspired by history, Greco-Roman antiquity, mythology and literature are gradually disappearing from European painting.

Throughout the 19ᵉ century all European painting gradually tends towards an exclusive representation of landscapes and contemporary society, before ceasing to represent reality with abstraction.

This is a major cultural break that testifies to totally new ideological orientations: the past is outdated, without interest, only the present and the future count. This is why this period has been called that of "Modern Art". A appellation that testifies to a whole ideological programme, a whole different conception of the world, a reversal of European and Western cultural values.

An evolution that will culminate after 1950 with Contemporary Art, the official, institutional one, but also with local, regional, national art. Fine or ugly, absurd or significant, provocative or not, contemporary arts are all conditioned by a look at the present or imaginary future of Western society.

   

William Bouguereau. 1825-1905. Paris.

La Vierge aux anges.

The Virgin with angels.1900.

Paris Petit Palais (Musée des Beaux de la Ville de Paris)

 

BOUGUEREAU William

 

William Bouguereau (1825-1905) est actif à Paris. Il appartient chronologiquement à la période de l'Art Moderne (1830-1950) mais il représente le courant classique qui à son époque prend le nom d'Académisme. A ce courant appartiennent aussi Alexandre Cabanel, Ernest Meissonier et Jean-Léon Gérôme, Thomas Couture, Carolus Duran, Paul Baudry. De son vivant il rencontre un très grand succès auprès des acheteurs américains, plus qu'en France.

 

William Bouguereau (1825-1905) was active in Paris. It belongs chronologically to the period of Modern Art (1830-1950) but it represents the classical current which in its time takes the name of Academism. Alexandre Cabanel, Ernest Meissonier and Jean-Léon Gérôme, Thomas Couture, Carolus Duran, Paul Baudry also belong to this current. During his lifetime he met with great success with American buyers, more than in France.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Olga Winsinger-Floran 1844-1926 Wien

At the rose garden c 1903

Wien Musée Léopold (Collection privée)

 

OLGA WISINGER FLORIAN: ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore parvenus à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Gustave Courbet 1819-1877 Paris

Chevreuil sous bois. Roe deer under wood.

Nice Musée des Beaux Arts

 

Dans le foisonnement d'écoles de peinture qui caractérise l'art du 19è et de la première moitié du 20è siècle Courbet est considéré comme le chef de l'école réaliste. Il a été un objet de scandale à son époque par ses sujets qui s'écartent de la "grande peinture", celle d'histoire ou religieuse, et privilégie des petits événements sans importance (l'Enterrement à Ornans). Ses tonalités sombres n'étaient pas contraires à la mode académique du temps. Par contre la touche épaisse de sa peinture au couteau et ses tendances à l'esquisse n'ont pas été toujours été appréciées par les officiels du "Salon". Courbet a été par ailleurs un grand peintre de la nature observée dans sa région natale la Franche Comté.

In the abundance of schools of painting that characterizes the art of the 19th and the first half of the 20th century Courbet is considered the leader of the realist school. It was an object of scandal in his time by his subjects who deviate from the "great painting", that of history or religious, and favors small events unimportant (Burial at Ornans). His dark tones were not contrary to academic fashion of the time. As against the thick of his knife painting and sketching tendencies were not always appreciated by the officials of the "Salon". Courbet was also a great painter of nature seen in his native region of Franche Comté.

 

Gustave Courbet. 1819-1877. Paris.

L'Atelier du peintre. The painter's workshop. 1855.

361x598

Paris Orsay.

 

Après un petit échantillon de peintures de l'école classique-académique ( cf Peintres Cabanel et Peintres Bouguereau) il est intéressant de présenter quelques-uns de leurs principaux adversaires : Edouard Manet, deux impressionnistes (Claude Monet, Berthe Morizot) et un réaliste comme Gustave Courbet. L'art des impressionnistes est idéologique mais de manière très indirecte et non évidente quant à leurs sujets. C'est par le style "tachiste", esquissé, qu'ils sont un défi majeur aux Classiques (Thomas Couture, Girodet-Trioson) et à toute la peinture ancienne. Manet et Courbet ont par contre pratiqué une peinture clairement idéologique et politique qui était une remise en cause explicite de l'art ancien, classique dans sa substance (Giorgione, Titien, Velasquez, François Boucher).

 

After a small sample of paintings from the classical-academic school (see Cabanel and Bouguereau Painters) it is interesting to present some of their main opponents: Edouard Manet, two impressionists (Claude Monet, Berthe Morizot) and a realist like Gustave Courbet. The art of the impressionists is ideological but in a very indirect way and not obvious for their subjects. It is through the "tachist" style, sketched, that they are a major challenge to the Classics (Thomas Couture, Girodet-Trioson) and to all ancient painting. Manet and Courbet, on the other hand, practiced a clearly ideological and political painting that was an explicit challenge to ancient art, classical in substance (Giorgione, Titian, Velasquez, François Boucher).

  

COURBET : LA CONTESTATION DE LA PEINTURE ACADEMIQUE (2)

 

Peintre romantique converti au réalisme, Gustave Courbet représente la contestation de la "Grande Peinture" française. La peinture agréée pour être présentée au salon annuel de Paris, par un jury de peintres célèbres et reconnus appartenant à l'Académie de Peinture.

La contestation de Courbet ne se situe pas essentiellement dans la forme. L'art de Courbet, malgré sa touche parfois apparente, reste classique. Il a peint dans un style parfaitement acceptable par l'Académie, qui a d'ailleurs reçu un très grand nombre de ses tableaux. Sur le plan de la forme Edouard Manet poussera la contestation de la peinture classique, 10 ans après, beaucoup plus loin, avec des oeuvres dans lesquelles la perspective et les volumes s'effacent.

C'est au fond, par les thèmes de ses tableaux, que Courbet s'oppose à la Grande Peinture. Dans certaines oeuvres la provocation se limite à adopter, pour des sujets de la vie quotidienne, les très grands formats qui étaient réservés à la peinture noble : les sujets religieux, en perte de vitesse, les sujets mythologiques, littéraires ou historiques.

C'est en cela que des tableaux comme "un Enterrement à Ornans"(1850 Paris Orsay), "les Paysans de Flagey revenant de la foire" (1855 Ornans Musée Courbet)) sont des tableaux contestataires. Les grands tableaux convenaient parfaitement pour représenter un sujet noble comme " Les Romains de la décadence" de Thomas Couture (Paris Orsay 1847) ou "Les femmes Gauloises : épisode de l'invasion romaine" de Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

Mais ce même grand format utilisé pour peindre le banal enterrement d'un bourgeois quelconque dans une petite ville de la province française, ou le retour de paysans aisés d'une foire, au pas des boeufs et tirés par un cochon, c'était de la provocation pure et simple.

Courbet a peint d'autres tableaux qui, tout en restant parfaitement académique en la forme, sont plus contestataires encore par le fond même du sujet. Par exemple "les Baigneuses" (1853 Montpellier) et "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Comme "Le Déjeuner sur l'herbe" de Manet (1863 Paris Orsay), les "Baigneuses sont une critique explicite, pleine de moquerie, des grands tableaux mythologiques ou religieux, comme les nombreuses "Vénus, Diane, Bethsabée, Suzanne.... au bain" de la peinture classique.

"Bonjour Mr Courbet" aurait convenu pour célébrer la rencontre de Napoléon 1er et d'Alexandre 1er sur le Niemen, pas celle de Courbet, à la descente de la diligence de Paris, et de Bruyas et son valet, dans la campagne de Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), peinture parfaitement académique par son style très soigné, est aussi tout à fait rebelle puisqu'il restitue sur un grand format, de manière plus ou moins allégorique, des épisodes de la vie du peintre, et ses réflexions ou opinions personnelles sur des événements ou personnages de son temps. Rien que de très banal, prosaïque, en fait. Les opinions du peintre, sa propre activité en atelier, ses amis et relations, les gens qu'il aime, et ceux qu'il n'aime pas, représentés dans le format des "Romains de la décadence", c'était tout à fait absurde. Le tableau fut refusé d'exposition au salon de 1855.

Wikipédia ( fr.wikipedia.org/wiki/L'Atelier_du_peintre) donne d'intéressantes explications qui permettent de mieux comprendre les figures représentées sur ce tableau.

 

COURBET: THE CONTESTATION OF ACADEMIC PAINTING (2)

 

Romantic painter converted to realism, Gustave Courbet represents a challenge to the French "Great Painting". The paint approved to be presented at the annual Salon of Paris, by a jury of famous and recognized painters belonging to the Academy of Painting.

The contestation of Courbet is not essentially in the form. The art of Courbet, despite its sometimes apparent touch, remains classic. He painted in a style perfectly acceptable by the Academy, which in fact received a very large number of his paintings. In terms of form Edouard Manet push the contestation of the classical painting, 10 years later, much further, with works in which the perspective and the volumes disappear.

It is at bottom, through the themes of his paintings, that Courbet is opposed to the Great Painting. In certain works, the provocation is limited to adopting, for subjects of everyday life, the very large formats that were reserved for the noble painting: religious subjects, in loss of speed, mythological, literary or historical subjects.

It is in this respect that paintings such as "a Burial at Ornans" (1850 Paris Orsay), "the Peasants of Flagey returning from the fair" (1855 Ornans Museum Courbet)) are anti-etablishment paintings. The great paintings were perfectly suited to represent a noble subject like "The Romans of Decadence" of Thomas Couture (Paris Orsay 1847) or "Women Gauloises: Episode of the Roman Invasion" by Barthélémy Glaize (Paris Orsay 1851).

But the same large format used to paint the banal burial of a bourgeois in a small town in the French province, or the return of wealthy peasants from a fair at the pace of oxen and pulled by a pig, it was a pure and simple provocation

Courbet has painted other pictures which, while remaining perfectly academic in the form, are still more protest by the very substance of the subject. For example "les Baigneuses" (1853 Montpellier) and "Bonjour Mr Courbet" (1854 Montpellier).

Like the "Lunch on the Grass" by Manet (1863 Paris Orsay), the "Bathers are explicitly critical, full of mockery of the great mythological and religious paintings, like all " Venus, Diana, Bathsheba, Suzanne to the bath ", painted by the classical painting for centuries.

The format and style of "Bonjour Mr Courbet" would have been adapted to celebrate the meeting of Napoleon 1st and Alexander 1st on the Niemen, not the meeting of Courbet, at the descent of the diligence of Paris, with Bruyas and his valet; in the countryside of Montpellier.

"L'Atelier" (1855 Orsay), painting perfectly academic by its very neat style, is also quite rebellious because it represents on a large format, more or less allegorically, episodes of the painter's life, and his personal reflections or opinions on events or personages of his time. Nothing but banal, prosaic, in fact.

The painter's opinions, his own workshop activity, his friends and relations, the people he loves, and those he does not like, represented in the format of the "Romans of decadence", was entirely absurd. The painting was refused exhibitionat the Salon in 1855.

Wikipedia (en.wikipedia.org/wiki/The Painter's Workshop) gives interesting explanations that make it possible to better understand the figures represented in this table.

   

Jorgen Roed 1808-1888 Danish

La cour du Bargello à Florence

The courtyard of the Palazzo del Bargello Florence 1842

Copenhague Statens Museum for Kunst

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Asger Jorn 1914-1973 Copenhague

Nocturne III 1959

Copenhague Collection Hirschsprung

 

Ces deux tableaux d’Asger Jorn sont à la limite chronologique de l'art moderne et de l'art contemporain officiel. Mais si les critères de distinction les plus immédiatement évidents, qui caractérisent l'art contemporain institutionnel, sont la provocation par la laideur et l'absurdité, ces deux tableaux appartiennent encore par leur esprit à l'Art Moderne. Indépendamment de toute appréciation personnelle du spectateur, ces œuvres ne sont pas révélatrices chez l'artiste d'une volonté affichée de renier toute esthétique. L'artiste se situe toujours dans une recherche obsessive d'une beauté autre, différente, mais pas dans la négation du beau. Ils sont aussi la preuve que les frontières entre l'Art et le Non-Art sont à la fois mouvantes et très évidentes : Quand la laideur et l'absurdité s'imposent comme des évidences revendiquées comme légitimes, l'art a basculé dans l'anti-art. Ce n'est pas le cas ici.

  

These two paintings by Asger Jorn are at the chronological limit of modern art and official contemporary art. But if the most immediately obvious criteria of distinction, which characterize institutional contemporary art, are provocation through ugliness and absurdity, these two paintings still belong by their spirit to Modern Art. Independently of any personal appreciation of the viewer, these works are not indicative in the artist of a willingness to renounce any aesthetic. The artist is always in an obsessive search for another, different beauty, but not in the negation of the beautiful. They are also proof that the boundaries between Art and Non-Art are both moving and very obvious: When ugliness and absurdity impose themselves as evidences claimed to be legitimate, art has tipped in the 'anti-art.That's not the case here.

  

ART MODERNE : ART PROFANE ET ART DU PRESENT

 

Du point de vue du style il est possible de voir dans l'art moderne trois ruptures successives : la rupture impressionniste, celle post-impressionniste, puis celle de l'abstraction.

Quant aux thèmes de la peinture européenne il faut constater une évolution flagrante, une quatrième rupture, de fond et non plus seulement de style :

- De l'art religieux vers l'art profane. Ou autrement dit d'un art spiritualiste vers un art matérialiste.(A)

- De l'art inspiré par le passé de la civilisation européenne, ses racines gréco-romaines, vers un art coupé du passé européen, et totalement orienté vers son présent. (B)

 

A/ C'est une évidence sur laquelle il serait inutile d'insister si on se contentait de constater la disparition progressive mais constante des thèmes religieux au profit de thèmes profanes. Par contre il est sans aucun doute plus intéressant de souligner que cette évolution est synonyme d'un cheminement inséparable : d'une peinture spiritualiste vers une peinture matérialiste.

Sur ce point l'Art Moderne doit beaucoup à l'art néerlandais du 17ᵉ siècle. Le Siècle d'Or Néerlandais est l'acte de naissance en peinture, en Europe, d'un art matérialiste et profane.

Un art profane, non religieux tout le monde a compris. Inutile de faire un dessin. Un art matérialiste ? Sans faire de philosophie, c'est tout simple : Il faut remplacer le Christ, la Vierge, Vishnou ou Shiva ou le Bouddha, ou les invocations graphiques musulmanes, ou un mandala par un plateau de fromages, un bouquet de fleurs des champs, une vache dans un pré, ou un balai-brosse. Si vous faites de la philosophie, vous allez tout compliquer. Et vous ne comprendrez plus rien.

 

B/ La période de l'Art Moderne (1815-1950) voit la disparition progressive de tous les thèmes empruntés à l'Antiquité gréco-romaine mais aussi à l'histoire et à la littérature européenne Les nouveaux thèmes sont inspirés de plus en plus exclusivement par la société contemporaine des peintres. Le passé est dépassé c'est le message très clair de l'Art Moderne. L'opposition entre l'art ancien et l'art moderne est très apparente dans le conflit qui a opposé les peintres de l'école Académique aux peintres réalistes (Courbet) pré-impressionnistes, impressionnistes, post-impressionnistes. La différence entre Alexandre Cabanel un des grands maîtres de l'Art Académique et les peintres impressionnistes n'est pas seulement de style, elle est surtout dans les thèmes des tableaux. La disparition de tous les grands thèmes qui avaient mobilisés la peinture européenne pendant des siècles (Religion, Mythologie, Histoire, Littérature) est le signe d'une très profonde mutation de la société européenne. Un changement idéologique majeur.

 

C'est une révolution dans l'histoire des civilisations: En Occident, au 19è siècle, s'impose l'idée que le savoir, et même la sagesse, ne sont plus à rechercher chez les Anciens, mais chez les Jeunes. C'est la Nouveauté, la nouveauté superlative qui sera bénéfique, créatrice. Innover est et reste le maître mot de la pensée occidentale.

Là encore les Pays-Bas du Nord, protestants, ont avec deux siècles d'avance, annoncé la peinture européenne du futur.

Du futur, mais seulement jusqu'à l'art contemporain officiel. Les Néerlandais n'avaient pas osé inventer l'art laid et absurde. Une invention conjointe de Paris et de New-York, qui se dessine entre les années 1920 et 1950, et s'impose ensuite dans tout l'Occident.

L'intérêt de l'art du présent pour l'idéologie matérialiste mondialiste, qui est la nouvelle religion à prétention universelle, est qu'il est coupé de toutes racines culturelles. Il peut dès lors s'imposer ou se vendre auprès de toutes les sociétés contemporaines sans heurter aucune conception du monde particulière, surtout si en plus il fait le choix de l'abstraction. Dans cette optique l'Art Contemporain Institutionnel peut même abandonner les doctrines provocatrices et anti-esthétiques qui sont les siennes, pour mieux se vendre sur le marché mondial. Bref retrouver le beau, abandonner l'absurde, mais en restant dans l'immédiateté et dans l'absence de signification trop évidemment orientée culturellement.

C'est l'Art Coca-Cola ou Mac-Donald : il doit pouvoir se vendre dans le monde entier. Dans cette optique il réservera à une élite hyper-intellectualisée (ou qui croit l'être) le laid et l'absurde, mais pour les peuples il fera quelque concessions à la beauté à condition qu'elle ne soit pas trop significative.

L'Anti-Art est une réserve pour les esprits supérieurement éclairés. Mais pour les peuples il faut fabriquer un art plus accessible au commun. Dans l'art comme dans l'alimentation industrielle il faut fabriquer des produits "universels" qui se consomment des USA à la Chine. Un "Art Viral", mais pas échappé d'un laboratoire, réellement contrôlé.

  

MODERN ART: PROFANE ART AND PRESENT-DAY ART

 

From the point of view of style it is possible to see in modern art three successive ruptures: the impressionist rupture, the post-impressionist rupture, and then the rupture of abstraction.

As for the themes of European painting, there is a blatant evolution, a fourth break, in substance and no longer only in style:

- From religious art to secular art. Or in other words from spiritualist art to materialist art (A).

- From art inspired by the past of European civilization, its Greco-Roman roots, to an art that is cut off from the European past and totally oriented towards its present. (B)

 

A/ It is an obvious fact that would be pointless to insist on if we were content to note the gradual but constant disappearance of religious themes in favour of secular themes. On the other hand, it is undoubtedly more interesting to point out that this evolution is synonymous with an inseparable path: from a spiritualist to a materialist painting.

On this point Modern Art owes a lot to the Dutch art of the 17ᵉ century. The Dutch Golden Century is the birth certificate in painting in Europe of a materialistic and secular art.

A secular, non-religious art, everyone understood. No need to draw a picture. A materialistic art? Without making a philosophy, it's quite simple: You have to replace Christ, the Virgin, Vishnu or Shiva or Buddha, or Muslim graphic invocations, or a mandala by a cheese plate, a bouquet of wild flowers, a cow in a meadow, or a scrub brush. If you do philosophy, you're going to complicate everything. And you won't understand anything anymore.

 

B/ The period of Modern Art (1815-1950) saw the gradual disappearance of all themes borrowed from Greco-Roman Antiquity but also from European history and literature. The new themes were inspired more and more exclusively by the contemporary society of painters. The past is obsolete - this is the very clear message of Modern Art. The opposition between ancient art and modern art is very apparent in the conflict between the painters of the Academic school and the Realists (Courbet), pre-impressionists, impressionists, post-impressionists. The difference between Alexandre Cabanel, one of the great masters of Academic Art, and the Impressionist painters is not only in style, but above all in the themes of the paintings. The disappearance of all the great themes that had mobilized European painting for centuries (Religion, Mythology, History, Literature) is the sign of a very profound change in European society. A major ideological change.

It is a revolution in the history of civilizations: In the West, in the 19th century, the idea was imposed that knowledge, and even wisdom, was no longer to be sought among the Ancients, but among the Young. It is the Novelty, the superlative novelty that will be beneficial, creative. Innovating is and remains the watchword of Western thought.

Here again, the Protestant Northern Netherlands countries, two centuries in advance, announced the European painting of the future.

From the future, but only up to official contemporary art. The Dutch had not dared to invent ugly and absurd art. A joint invention of Paris and New York, which took shape between the 1920s and 1950s, and then imposed itself throughout the West.

The interest of the art of the present for the materialist globalist ideology, which is the new religion with universal pretension, is that he is cut off from all cultural roots. He can therefore impose itself or sell itself to all contemporary societies without offending any particular world view, especially if he also chooses abstraction. From this point of view Institutional Contemporary Art can even abandon the provocative and anti-aesthetic doctrines which are its own, in order to sell itself better on the world market. In short, he can rediscover the beautiful, abandon the absurd, but remain in immediacy and in the absence of meaning too obviously culturally oriented. It's the Coca-Cola or Mac-Donald Art: it must be able to be sold all over the world. From this point of view it will reserve for a hyper-intellectualized elite (or who believe they are) the ugly and the absurd, but for the peoples it will make some concessions to beauty as long as it is not too meaningfull. Anti-Art is a reserve for superior enlightened minds. But for the people it is necessary to manufacture an art more accessible to the common.

In the art as in the industrial food it is necessary to manufacture "universal" products which are consumed from the USA to China. An "Viral Art", but not escaped from a laboratory, really controlled.

   

Antoine Chintreuil 1814-1873

Le bouleau blanc White birch

Brou Musée du Monastère Royal. Influence de Corot dont il fut le meilleur élève

Corot influence of which he was the best student

 

BARBIZON (Ecole de)

 

L'école de Barbizon, pré-impressionniste, est active entre 1825 et 1875. Ses membres fondateurs furent Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) et Théodore Rousseau (1812-1867).

Les autres artistes les plus connus du grand public sont :

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911)

Ce sont les premiers artistes français à peindre les paysages, sur place, et pas seulement des esquisses, à compléter à l'atelier. Cette technique ne pouvait apparaître qu'avec la naissance des couleurs produites de manière industrielle. Ce n'est pas une école, au sens de lieu d'apprentissage, mais un lieu de rencontre et d'activité, privilégié par certains artistes du fait de sa situation près de Paris.

 

Les Pays Bas protestants avaient depuis le 18è siècle donné l'exemple d'une peinture qui prenait pour thème privilégié, voire unique, le paysage, celui des campagnes, ou de la mer. Mais en France, le choix de ce thème était quelque peu audacieux, et contestataire, alors que régnait toujours la peinture académique, qui favorisait les grands sujets : religion, histoire, mythologie...

Les peintres de l'école de Barbizon se sont beaucoup inspirés, notamment par leurs tonalités sombres, d'artistes comme Salomon Ruysdael (1602-1670) et Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709)...

Les peintres de l'école de Barbizon ont aussi suivi l'exemple technique des romantiques anglais, John Constable (1776-1837) et Richard Parkes Bonnington (1802-1828) et des romantiques français comme Eugène Delacroix (1798-1863), Théodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). Ils seront eux mêmes les inspirateurs des impressionnistes.

 

THE BARBIZON SCHOOL.

 

The Barbizon school, pré impressionnist, was active between 1825 and 1875. Its founding members were Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), Charles-François Daubigny (1817-1878), Jean-François Millet (1814-1875) and Theodore Rousseau ( 1812-1867).

The other best-known artists of the public are:

Antoine Chintreuil (1816-1873), Honoré Daumier (1808-1879), Narcisse Diaz de la Pena (1806-1876), Jules Dupré (1811-1889), Henri Harpiginies (1819-1916), Théodore Rousseau (1812-1867), Constant Troyon (1810-1865), Félix Ziem (1821-1911).

These are the first French artists to paint landscapes, on site, and not just sketches, to be completed in the workshop. This technique could appear only after the birth of the colors produced industrially. This is not a school, in the sense of place of learning, but a place of meeting and activity, favored by some artists because of its location near Paris.

The Netherlands, Protestants, had since the 18th century gave the example of a painting that took for favorite theme, even unique, the landscape, of the campaigns or of the sea. But in France, the choice of this theme was somewhat daring and dissident, while always reigned the academic painting, which favored the "major subjects": religion, history, mythology ...

The painters of the Barbizon school were much inspired, notably their dark tones, of artists like Solomon Ruysdael (1602-1670) and Jacob Ruisdael (1628-1682), Meindert Hobbema (1638-1709) ...

The painters of the Barbizon school also followed the technical example, of the English Romantics, John Constable (1776-1837) and Richard Parkes Bonnington (1802-1828) and of the French romantics, as Eugène Delacroix (1798-1863), Theodore Géricault (1791-1824), Théodore Chassériau (1819-1856). They will themselves the inspirers of the Impressionists.

   

Pierre Henri Révoil 1776-1842 Paris

Charles Quint à l'abbaye de Saint Just.

Charles V at the Abbey of Saint Just. 1836

Avignon Musée Calvet

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Francesco Hayez. 1791-1882. Il Bacio. The Kiss. 1859. Milan. Pinacoteca Brera.

Pour comparaison du style académique et du style moderne.For comparison of academic style and modern style.

Michael Ancher 1849-1927 Skagen

Fishermen launching a rowing boat

Pêcheurs lançant un bateau à rames 1881

Skagens Museum. Denmark

 

L'ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues.

 

THE GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following. It is the Contemporary Art. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art.

  

Pescado con cazuela de bano - Salvador Dalí – 1923-24 (Nature morte)

Dalí a peut-être peint cette nature morte lors de sa brève suspension de l'Académie des Beaux-Arts lorsqu'il a été accusé d'avoir incité une émeute étudiante. Pendant sa suspension, le jeune Dalí a poursuivi ses études académiques de peinture seul. Cette œuvre à saveur espagnole révèle l'œil de Dalí pour le détail du genre et un souci croissant pour la composition (Dim : 50.2 x 55.3 cm)

  

Fish with red Bowl - Salvador Dalí – 1923-24 (Still Life)

Dalí may have painted this still life during his brief suspension from the Academy of Fine Arts when he was accused of inciting a student riot. During his suspension, the young Dalí continued to pursue his academic study of painting on his own. This Spanish-flavored work reveals Dalí's eye for genre detail and a growing concern for composition (Dim : 19 3/4 in x 21 3/4 in).

   

Edouard Debat-Ponsan 1847-1913 Paris

Coin de vignes, Languedoc.

Corner of vineyards, Languedoc 1886

Nantes Musée d'Arts.

 

LA PEINTURE ACADEMIQUE

 

En France l'Académisme prolonge pendant le Second Empire et la III è République, c'est à dire pendant la seconde moitié du 19 è siècle, le Néo-classicisme qui dominait sous la Révolution et l'Empire. C'est le nom que prend le classicisme à ces époques, et il se retrouve aussi dans d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, éventuellement sous d'autres appellations.

Thomas Couture (1815-1879) fut professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et forma Puvis de Chavannes et Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Paris et membre de l'Académie des Beaux Arts, très célèbre de son vivant est un des représentants majeurs de la peinture académique et un adversaire des "Impressionnistes".

Alexandre Cabanel (1823-1889), autre très grand peintre académique, est dix sept fois membre du Jury du Salon. Sa "Naissance de Vénus" (1863) est pris comme cible par les partisans des impressionnistes comme Emile Zola.

L'Académisme Français est représenté encore par William Bouguereau (1825-1905) qui peint en 1879 une "Naissance de Vénus" et par Ernest Messonnier (1815-1891).

L'Académisme, c'est à dire la peinture classique dans le courant du 19è siècle, est un courant européen, pas seulement français. On peut citer en Allemagne Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, en Belgique Franz Stevens, en Angleterre Lawrence Alma Tadema, en Espagne Maria Fortuny. En Italie Francesco Hayez (1791-1882), célèbre pour son tableau de la Brera de Milan ( le Baiser). Il est aussi possible de ranger dans cette école les peintres américains de l'école luministe (The River Hudson School)

Le point commun essentiel de tous ces peintres est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une oeuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs oeuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

  

THE ACADEMIC PAINTING

 

In France, the Academism extends during the Second Empire and the Third Republic, that is during the second half of the 19 th century, the Neoclassicism which dominated under the Revolution and the Empire. This is the name that the classicism takes at these times, and it is also found in other European countries, notably Germany, possibly under other names.

Thomas Couture (1815-1879) was a professor at the School of Fine Arts in Paris, and formed Puvis de Chavannes and Edouard Manet.

Jean Léon Gérôme (1824-1904) Professor at the School of Fine Arts in Paris and member of the Academy of Fine Arts, very famous during his lifetime is one of the major representatives of academic painting and an opponent of the "Impressionists".

Alexandre Cabanel (1823-1889), another very great academic painter, is seventeen times member of the Jury of the Salon. His "Birth of Venus" (1863) is taken as a target by the supporters of the Impressionists as Emile Zola.

The French academicism is also represented by William Bouguereau (1825-1905) who painted in 1879 a "Birth of Venus" and by Ernest Messonnier (1815-1891) well represented also in the Musée d'Orsay

Academism, ie classical painting in the course of the 19th century, is a European trend, not only French. In Germany Franz von Lenbach, Anselme Feuerbach, Franz Xaver Winterhalter, Karl Von Piloty, in Belgium Franz Stevens, in England Lawrence Alma Tadema, in Spain Maria Fortuny. In Italy Francesco Hayez (1791-1882), famous for his painting of the Brera of Milan (the Kiss). It is also possible to store in this school the American painters of the luminist school (The River Hudson School)

The spirit of Academism is as romantic as it is classical, but the common point of all these painters is an impeccable technique, a precise, perfectly finished drawing. Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. They do not throw the paint on the canvas. They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject the techniques of "tachism", or the "flat painting" without perspective or depth.

They do not use arbitrary colors that do not match those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape of European history. They are in the tradition of all European painting since the 16th century.

  

Ferdinand Georg Waldmüller 1793-1865

Le Schoenberg vu de Haisernradalpe

The Schoenberg seen from Haisernradalpe 1833

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Constantin Hansen 1804-1880 Danish

The Arch of Titus in Rome 1839

Copenhagen Statens Museum for Kunst

 

Un tableau "romantique" des années 1830-1840 dont on voit bien qu'il est une annonce de l'impressionnisme.

 

A "romantic" painting from the years 1830-1840 which we can clearly see is an announcement of Impressionism.

 

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Lucien Levy Dhurmer. 1865-1953. Paris.

Algérien. 61x46

Sète Musée Paul Valéry.

 

Les années 1830-1900 sont la grande période de l'Orientalisme en France notamment. C'est une forme de romantisme quant au fond. Le style peut être classique ou plus moderniste, pré-impressionniste. Et même avec Matisse par exemple post-impressionniste. C'est l'époque des odalisques.

 

The years 1830-1900 were the great period of Orientalism in France in particular. It is a form of romanticism in substance. The style can be classic or more modern, pre-impressionnist. And even with Matisse for example post-impressionist. It is the time of the odalisques.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

  

Lawrence Alma-Tadema. 1836-1912. Paris.

The Vintage Festival. 1871.

Hambourg Kunsthalle.

  

ALMA TADEMA (Lawrence)

 

Lawrence Alma Tadema ( 1836-1912) d'origine néerlandaise est actif à Anvers, à Paris puis à Londres où ll s'installe pour échapper à la guerre franco-allemande de 1870. Il est un représentant notable du courant classique appelé à son époque "Académique". Il connait une belle carrière officielle couronnée à Londres par un anoblissement et son introduction à l'Académie Royale. Durant toute cette période de l'histoire de la peinture européenne coexistent des courant très divers, mais qui peuvent s'ordonner autour de deux principales orientations :

1° Les courants de peinture continuant la grande tradition de l'art classique ( dessin impeccable, thématique inspirée par la religion, l'histoire et la mythologie), Alma Tadéma appartient incontestablement à cette première catégorie.

2° les écoles s'orientant vers des techniques plus modernistes ( peinture plate, tachisme, esquisse, décomposition des volumes et des formes, couleurs arbitraires....) et exploitant une thématique plus orientée vers le paysage naturel ou urbain de l'époque : pré impressionnisme, impressionnisme, post impressionnisme, abstraction.

 

Lawrence Alma Tadema (1836-1912) of Dutch origin is active in Antwerp, Paris and London, where he settles to escape the Franco-German war of 1870. He is a notable representative of the classical current called in his time "Academic". He has a fine official career crowned in London by an ennobling and his introduction to the Royal Academy. Throughout this period of the history of European painting coexist very different currents, but which can be organized around two main orientations:

1 ° The currents of painting continuing the great tradition of classical art (impeccable drawing, thematic inspired by religion, history and mythology), Alma Tadéma undoubtedly belongs to this first category.

2 ° schools moving towards more modern techniques (flat painting, tachism, sketching, decomposition of volumes and shapes, arbitrary colors ...) and expending a thematic more oriented to the natural or urban landscape of the time Pre-Impressionism, Impressionism, Post-Impressionism, Abstraction

   

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Ossian chantant son chant du cygne

Ossian singing his swan song ca 1780

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Heinrich Füssli 1741-1825 Suisse Allemagne, Grande Bretagne Italie

Oberon verse les fleurs sur les paupières de Titatnia

Oberon squeezes the flowers on Titatnia's eyelids

Ecole Néo-classique. Évoluant vers le romantisme, aussi bien dans ses thèmes que par le style

Neoclassical school. evolving towards romanticism, both in its themes and in style

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Egon Schiele 1890-1918 Wien

Landscape with Ravens

Paysage avec corbeaux 1911

Wien Leopold Museum

 

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (3)

 

L'Art Moderne ?

A partir des années 1830-1850 environ, les peintres romantiques, les premiers, puis les préé-impressionnistes, les impressionnistes, les post-impressionnistes, "les peintres modernes", parcourent, en sens inverse, le chemin qu'avaient pris les peintres de l'art Roman, de l'art Gothique et de "la Renaissance".

A partir de la deuxième moitié du 19è siècle beaucoup de peintres européens rejettent la précision et le réalisme du dessin, refusent la vérité des couleurs telles que nos sens les perçoivent. Les peintres rejettent l'exigence d'une représentation naturaliste et réaliste du monde. Une exigence technique, qui a caractérisée toute la peinture européenne, depuis le gothique tardif et la renaissance.

Finie "la tyrannie" de l'illusion des trois dimensions sur la surface plane du tableau. Vive "la liberté" de la peinture plate, qui épouse son support.

Les peintres suppriment la perspective et les volumes, reviennent à des formes stéréotypées et stylisées. Ils pratiquent le "tachisme", usent et abusent de l'esquisse, inventent les couleurs arbitraires, décomposent les volumes, multiplient les points de vue sur le même objet. Les peintres européens s'éloignent ainsi toujours plus d'une représentation fidèle du monde qui les entoure, pour proposer les plus diverses interprétations et reconstructions, voire même inventions, du réel.

Il est très clair que ce chemin est suivi de manière tout à fait volontariste.

Nous ne sommes plus dans la situation des peintres et des mosaïstes de l'Empire romain finissant, dont les techniques étaient dictées par leurs méconnaissances des règles, techniques, du bien faire. Les imperfections, techniques, de la peinture plate et de l'esquisse, s'imposent non pas comme une incapacité à bien représenter, mais comme une ouverture sur une esthétique nouvelle

 

Les artistes veulent faire du "Nouveau". C'est même une obsession. Et pour faire du nouveau, parfois, il n'y a rien de mieux que l'Ancien ! Mais il ne faut pas trop le dire !

Les visages stéréotypés et les grands yeux inexpressifs des peintures et mosaïques Paléo-chrétiennes et Byzantines retrouvent un charme "moderne" avec Modigliani.

Les corps de femme peuvent aussi se passer des modelés subtiles, et se réduire à des lignes, comme aux temps de Byzance, de la peinture Siennoise et du gothique international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch....).

Masaccio, "moderne" en 1410 parce qu'il donne une épaisseur et un volume plus réaliste à ses personnages, devient un peintre académique en 1900 !

C'est ainsi que, contre les peintres académiques, classiques, accusés d'être réactionnaires et dépassés, Edouard Manet et ses successeurs reviennent à une interprétation stylisée, symbolique, suggestive, inventée, du monde qui les entoure. En fait ils empruntent beaucoup à l'esthétique de Ravenne, des fresques romanes, de Giotto, de l'école de Sienne, et du Gothique international. Une esthétique dont ils avaient évidemment une parfaite connaissance par leurs fréquentations assidues des musées et lieux artistiques européens, leurs voyages en Italie...

Evidemment ces techniques s'appliquent à des thèmes tous différents de ceux de l'époque gothique. Mais c'est un autre aspect de l'histoire de la peinture européenne.

Au bout de ce chemin, la peinture européenne aboutit à l'art abstrait, non figuratif.

En effet, de simplifications et stylisations en synthèses, et d'interprétations et suggestions en inventions, les peintres s'éloignent toujours plus d'une représentation naturaliste et réaliste du réel, le réel tel que les hommes le perçoivent par leurs yeux, et finissent par le quitter.

Les maisons, les villages et les églises de Kandinsky ou de Lyonel Feininger ne sont bientôt plus que des lignes qui s'entrecroisent.

Les peintres vont ainsi arriver à l'art abstrait, l'art non figuratif qui progressivement rompt tout lien avec le réel.

  

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (3)

 

Modern Art ?

From the years 1830-1850 approximately, The European Romantic painters, the firsts, then the pre-Impressionists, Impressionists, Post-Impressionists, in short the "moderns painters", browse, in the opposite direction, the path that have followed by the painters of the Roman art, Gothic art, and "Renaissance."

From the second half of the 19th century, many European painters reject the accuracy and the realism of the drawing, are refusing the truth of the colors, such as our senses perceive them. The Painters reject the requirement of a naturalistic and realistic representation of the world. A technical requirement, which has characterized all European painting since the late Gothic and Renaissance.

Finished the "tyranny" of the illusion of the three dimensions on the flat surface of the painting. Long live the "freedom" of the flat paint, who marries his support.

The painters suppress the perspective and the volumes. They return to stereotyped and stylized forms. They practice the "tachisme", use and abuse of the sketch, invent the arbitrary colors, decompose the volumes, multiply the points of view on the same subject. The European painters move away so always more than a true representation of the world around them, for propose the most diverse interpretations and reconstructions and even inventions, of the real.

It is very clear that this path is followed entirely voluntarist.

We are no longer in the situation of the painters and mosaic artists of the late Roman Empire, whose techniques were dictated by their misunderstandings of the rules, technical, of the doing well. The technical imperfections of the flat painting and sketching, are imposed not as an inability to properly represent reality, but as an opening onto a new aesthetic.

The European artists want to make "New", this is even an obsession. And to make the New, sometimes there's nothing better than the Old!

But Just don't say it too much!

The stereotyped faces and the big eyes expressionless of the paintings and mosaics Paleo-Christian and Byzantine found a charm "modern" with Modigliani.

The female body can also dispense with subtle patterns, and be reduced to lines, as in the time of Byzantium and Gothic painting XIVth international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch...)

Masaccio, "modern" in 1410 because it gives a more realistic thickness and volumes to his characters, becomes an academic painter in 1900!

Thus, against the academic painters, classics, accused of being reactionary and surpassed, Edouard Manet and his followers return to a stylized interpretation, symbolic, suggestive, invented, of the world around them. In fact they borrow much from the aesthetics of Ravenna, of the Romanesque frescoes, of Giotto, of the Siena School, and of the International Gothic. An aesthetic which they obviously had a perfect knowledge by their courtship of European museums and artistic venues, their travels in Italy ...

Obviously these techniques apply to themes all differents from those of the Gothic period. But this is another aspect of the history of European painting.

At the end of this road, European painting comes to abstract art, non-figurative art.

Indeed, from simplification and stylisation into syntheses, from interpretations and suggestions into inventions, the painters always away more of a naturalistic and realistic representation of the real, this real, as men perceive with their eyes, and eventually the modern painters leave the real. The houses, villages and churches of Kandinsky or Lyonel Feininger are soon only intertwining lines.

Painters will thus arrive at abstract art, non-figurative art that gradually breaks all links with reality.

  

Johann Heinrich Wilhelm Tischbein 1751-1829

Brutus discovers his son's name on the list of the conspirators

and condemns them to death 1785-1795

Zürich Kunsthaus

Peintre néo-classique allemand. German neo-classical painter.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Ferdinand Georg Waldmüller 1793-1865

Bad Ischl 1833

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

On peut se demander si ce tableau n'est pas une esquisse car le style du peintre est habituellement plus classique.

 

One can wonder if this table is not a sketch because the painter's style is usually more classic.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Maurice Denis 1870-1943 Paris

Malon et les hortensias.

Malon and hydrangeas 1920

Brest Musée des Beaux Arts

 

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (3)

 

L'Art Moderne ?

A partir des années 1830-1850 environ, les peintres romantiques, les premiers, puis les préé-impressionnistes, les impressionnistes, les post-impressionnistes, "les peintres modernes", parcourent, en sens inverse, le chemin qu'avaient pris les peintres de l'art Roman, de l'art Gothique et de "la Renaissance".

A partir de la deuxième moitié du 19è siècle beaucoup de peintres européens rejettent la précision et le réalisme du dessin, refusent la vérité des couleurs telles que nos sens les perçoivent. Les peintres rejettent l'exigence d'une représentation naturaliste et réaliste du monde. Une exigence technique, qui a caractérisée toute la peinture européenne, depuis le gothique tardif et la renaissance.

Finie "la tyrannie" de l'illusion des trois dimensions sur la surface plane du tableau. Vive "la liberté" de la peinture plate, qui épouse son support.

Les peintres suppriment la perspective et les volumes, reviennent à des formes stéréotypées et stylisées. Ils pratiquent le "tachisme", usent et abusent de l'esquisse, inventent les couleurs arbitraires, décomposent les volumes, multiplient les points de vue sur le même objet. Les peintres européens s'éloignent ainsi toujours plus d'une représentation fidèle du monde qui les entoure, pour proposer les plus diverses interprétations et reconstructions, voire même inventions, du réel.

Il est très clair que ce chemin est suivi de manière tout à fait volontariste.

Nous ne sommes plus dans la situation des peintres et des mosaïstes de l'Empire romain finissant, dont les techniques étaient dictées par leurs méconnaissances des règles, techniques, du bien faire. Les imperfections, techniques, de la peinture plate et de l'esquisse, s'imposent non pas comme une incapacité à bien représenter, mais comme une ouverture sur une esthétique nouvelle

 

Les artistes veulent faire du "Nouveau". C'est même une obsession. Et pour faire du nouveau, parfois, il n'y a rien de mieux que l'Ancien ! Mais il ne faut pas trop le dire !

Les visages stéréotypés et les grands yeux inexpressifs des peintures et mosaïques Paléo-chrétiennes et Byzantines retrouvent un charme "moderne" avec Modigliani.

Les corps de femme peuvent aussi se passer des modelés subtiles, et se réduire à des lignes, comme aux temps de Byzance, de la peinture Siennoise et du gothique international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch....).

Masaccio, "moderne" en 1410 parce qu'il donne une épaisseur et un volume plus réaliste à ses personnages, devient un peintre académique en 1900 !

C'est ainsi que, contre les peintres académiques, classiques, accusés d'être réactionnaires et dépassés, Edouard Manet et ses successeurs reviennent à une interprétation stylisée, symbolique, suggestive, inventée, du monde qui les entoure. En fait ils empruntent beaucoup à l'esthétique de Ravenne, des fresques romanes, de Giotto, de l'école de Sienne, et du Gothique international. Une esthétique dont ils avaient évidemment une parfaite connaissance par leurs fréquentations assidues des musées et lieux artistiques européens, leurs voyages en Italie...

Evidemment ces techniques s'appliquent à des thèmes tous différents de ceux de l'époque gothique. Mais c'est un autre aspect de l'histoire de la peinture européenne.

Au bout de ce chemin, la peinture européenne aboutit à l'art abstrait, non figuratif.

En effet, de simplifications et stylisations en synthèses, et d'interprétations et suggestions en inventions, les peintres s'éloignent toujours plus d'une représentation naturaliste et réaliste du réel, le réel tel que les hommes le perçoivent par leurs yeux, et finissent par le quitter.

Les maisons, les villages et les églises de Kandinsky ou de Lyonel Feininger ne sont bientôt plus que des lignes qui s'entrecroisent.

Les peintres vont ainsi arriver à l'art abstrait, l'art non figuratif qui progressivement rompt tout lien avec le réel.

  

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (3)

 

Modern Art ?

From the years 1830-1850 approximately, The European Romantic painters, the firsts, then the pre-Impressionists, Impressionists, Post-Impressionists, in short the "moderns painters", browse, in the opposite direction, the path that have followed by the painters of the Roman art, Gothic art, and "Renaissance."

From the second half of the 19th century, many European painters reject the accuracy and the realism of the drawing, are refusing the truth of the colors, such as our senses perceive them. The Painters reject the requirement of a naturalistic and realistic representation of the world. A technical requirement, which has characterized all European painting since the late Gothic and Renaissance.

Finished the "tyranny" of the illusion of the three dimensions on the flat surface of the painting. Long live the "freedom" of the flat paint, who marries his support.

The painters suppress the perspective and the volumes. They return to stereotyped and stylized forms. They practice the "tachisme", use and abuse of the sketch, invent the arbitrary colors, decompose the volumes, multiply the points of view on the same subject. The European painters move away so always more than a true representation of the world around them, for propose the most diverse interpretations and reconstructions and even inventions, of the real.

It is very clear that this path is followed entirely voluntarist.

We are no longer in the situation of the painters and mosaic artists of the late Roman Empire, whose techniques were dictated by their misunderstandings of the rules, technical, of the doing well. The technical imperfections of the flat painting and sketching, are imposed not as an inability to properly represent reality, but as an opening onto a new aesthetic.

The European artists want to make "New", this is even an obsession. And to make the New, sometimes there's nothing better than the Old!

But Just don't say it too much!

The stereotyped faces and the big eyes expressionless of the paintings and mosaics Paleo-Christian and Byzantine found a charm "modern" with Modigliani.

The female body can also dispense with subtle patterns, and be reduced to lines, as in the time of Byzantium and Gothic painting XIVth international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch...)

Masaccio, "modern" in 1410 because it gives a more realistic thickness and volumes to his characters, becomes an academic painter in 1900!

Thus, against the academic painters, classics, accused of being reactionary and surpassed, Edouard Manet and his followers return to a stylized interpretation, symbolic, suggestive, invented, of the world around them. In fact they borrow much from the aesthetics of Ravenna, of the Romanesque frescoes, of Giotto, of the Siena School, and of the International Gothic. An aesthetic which they obviously had a perfect knowledge by their courtship of European museums and artistic venues, their travels in Italy ...

Obviously these techniques apply to themes all differents from those of the Gothic period. But this is another aspect of the history of European painting.

At the end of this road, European painting comes to abstract art, non-figurative art.

Indeed, from simplification and stylisation into syntheses, from interpretations and suggestions into inventions, the painters always away more of a naturalistic and realistic representation of the real, this real, as men perceive with their eyes, and eventually the modern painters leave the real. The houses, villages and churches of Kandinsky or Lyonel Feininger are soon only intertwining lines.

Painters will thus arrive at abstract art, non-figurative art that gradually breaks all links with reality.

   

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

Fish markt in Venice 1892

  

OLGA WISINGER FLORIAN:

ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienne) appartient à une branche de l'impressionnisme européen. Les tableaux de l'exposition sont ici présentés chronologiquement dans le désordre afin de varier les thèmes et les styles. Toutefois on observe une évolution au long de la carrière de l'artiste. Olga Wisinger-Florian part d'un pré-impressionnisme encore très attaché au dessin exact, discrètement esquissé pour terminer par un impressionnisme beaucoup plus flou, au dessin parfois très élémentaire, privilégiant les taches de couleurs. Il demeure que ce peintre est emblématique de l'Art Moderne (1815-1950) : son but reste très clairement un art beau, significatif et partagé par le plus large public possible selon la tradition des "Beaux Arts". Malgré les formes modernes, provocantes par rapport à l'art classique et académique attaché au dessin bien défini, nous ne sommes absolument pas encore arrivé à l'Art Contemporain Institutionnel, systématiquement provocateur du grand public, qui vénère le laid et l'absurde comme un culte obligatoire.

  

OLGA WISINGER FLORIAN: MODERN AND CONTEMPORARY ART

 

Olga Wisinger-Florian (1844-1926 Vienna) belongs to a branch of European Impressionism. The paintings in the exhibition (some sixty in all) are presented here no chronologically in order to vary the themes and styles. However, an evolution can be observed throughout the artist's career. Olga Wisinger-Florian starts from a pre-impressionism still very attached to exact drawing, discreetly sketched out, and ends with a much more blurred impressionism, with sometimes very elementary drawing, favouring patches of colour. The fact remains that this painter is emblematic of Modern Art (1815-1950): his goal remains very clearly a beautiful, significant art shared by the widest possible public according to the tradition of "Fine Arts". In spite of the modern forms, provocative compared to classical and academic art attached to well-defined drawing, we have absolutely not yet arrived at Institutional Contemporary Art, systematically provocative to the general public, which venerates the ugly and absurd as an obligatory cult.

   

Eugène Le Poittevin 1806-1870 Paris

Le rêve de Cendrillon Cinderella's dream 1863

Avignon Musée Calvet

 

Second prix de Rome. Paysagiste. Il a été influencé par Eugène Isabey et par la peinture hollandaise mais, comme ici, avec une touche de romantisme.

 

Second price of Rome. Landscaper. He was influenced by Eugène Isabey and by Dutch painting but, as here, with a touch of romanticism.

  

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

Jorgen Roed 1808-1888 Danish

The Temple of Hercules at Cori 1838

Copenhagen Statens Museum for Kunst

 

Un tableau "romantique" des années 1830-1840 dont on voit bien qu'il est une annonce de l'impressionnisme.

 

A "romantic" painting from the years 1830-1840 which we can clearly see is an announcement of Impressionism.

  

UN ÂGE D'OR DE LA PEINTURE DANOISE ET EUROPÉENNE

 

L'âge d'or de la peinture danoise se situe au 19è siècle. Deux périodes sont à distinguer.

La première partie du siècle voit coexister les deux mêmes tendances que partout ailleurs en Europe une fois achevées les guerres de la révolution et de l'Empire français : Romantisme et Classicisme. Les thèmes sont ceux de l'époque, très divers, mais avec une tendance très nette à l'observation de la société danoise, les paysages du Danemark, et bien sûr de l'Italie. Ces deux tendances vont en fait perdurer tout le 19è siècle.

La second partie du siècle est illustrée par l'Ecole de Skagen, une peinture souvent plus influencée par l'impressionnisme français et donc plus orientée vers la peinture de paysage. Une peinture qui développe plus les techniques de l'Art Moderne, esquisse, tachisme, peinture plate. La peinture de style romantique, classique ou réaliste continue cependant à exister pleinement. La grande attention portée à la vie quotidienne des populations est une caractéristique de cette peinture, qui la rapproche de l'art des Pays Bas protestants du siècle d'or, mais nous donne à apercevoir les moeurs et les modes de vie deux siècles après. Et bien sûr les marines.

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté. La peinture officielle, académique, idéologiquement monolithique et totalitaire ne renaîtra qu'à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art qui se veut à vocation internationale, mondialiste. Cet art officiel a deux aspects, indissociables et complémentaires, celui étatique, il est omniprésent dans les musées d'art contemporain, et celui privé, pour lequel s'est mis en place un marché international. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues, des manifestations artistiques à caractère beaucoup plus régional et local.

  

A GOLDEN AGE OF DANISH AND EUROPEAN PAINTING

 

The golden age of Danish painting is in the 19th century. Two periods are to be distinguished.

The first half of the century saw the two same trends coexist as everywhere else in Europe when the wars of the French Revolution and Empire were completed: Romanticism and Classicism. The themes are those of the time, very diverse, but with a clear tendency to the observation of Danish society, the landscapes of Denmark, and of course of Italy. These two trends will in fact continue throughout the 19th century.

The second part of the century is illustrated by the Skagen School, a painting often influenced by French Impressionism and therefore more oriented towards landscape painting. A painting that develops more the techniques of Modern Art, sketch, tachism, flat paint. The romantic, classical or realistic style painting, however, continues to exist fully. The great attention paid to the daily life of the population is a characteristic of this painting, which brings it closer to the art of Protestant Netherlands of the golden age, but gives us to see the customs and ways of life two centuries later. And of course the seascapes

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom. The official, academic, ideologically monolithic and totalitarian painting will only be reborn from the 1950s onwards, coming from New York, where it appeared in the 1920s and following.

This is Contemporary Art, an art that is intented to be international, globalist. This official art has two aspects, inseparable and complementary, under state control, it is omnipresent in museums of contemporary art, and totally private, for which has established an international market. Free artists take refuge in private commercial art and in street art, artistic events of a much more regional and local character.

   

Carl Blechen. 1798-1840.

Ruines d'église gothique

Gotische Kirchenruine.

Gothic Church ruins. 1826

Dresde. Gemälde Galerie Neue Meister. Albertinum.

 

Ici un romantisme plus classique dans le style de Friedrich.

Here a more classical romanticism in the style of Friedrich.

  

ART MODERNE et ROMANTISME

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

 

Jean-Léon Gérôme. 1824-1904. Paris. La prière. The Prayer. 1865. Hambourg Kunsthalle.

  

Gérôme est le représentant, le plus notable en France de la peinture classique, dite, à cette époque, Académique. Jean Léon Gérôme fut très célèbre en son temps. Mais son hostilité au modernisme, représenté par les impressionnistes notamment, lui valu par la suite une déconsidération tout à fait excessive. Les modes idéologiques changent, comme les modes vestimentaires. Un jour il faut mourir pour la patrie, et quelques décennies plus tard il ne faut surtout pas être patriote, car c'est du racisme. En art c'est la même histoire, qui déroule ses chansons, fabriquées selon les humeurs des élites.

 

Gérôme is the representative, the most notable in France of classical painting, called at that time, Academic. Jean Leon Gerome was very famous in his time. But his hostility to modernism, represented by the Impressionists in particular, earned him a subsequent disrepute quite excessive. The ideological fashions change, such as clothing fashions. One day we must die for the homeland, and a few decades later it is important not to be patriotic, because it's racism. In art it is the same story, which unfolds his songs, manufactured by the moods of the elites.

 

Nicolai Abildgaard 1743-1809 Danish

Hamlet et sa mère

Hamlet and his mother 1778

Copenhague Statens Museum for Kunst

 

Le classicisme de style et le romantisme quant aux thèmes.

The classicism of style and the romanticism of the themes.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques, est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics", is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

 

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Petite Bergère. Little Shepherdess. vers 1890. Colmar. Unterlinden.

 

Jean Jacques Henner est une peintre d'origine alsacienne, qui fut actif à Paris. Son style est très personnel, il ne fut aucunement tenté par les tendances modernistes de son époque, mais il n'appartient pas non plus à l'école académique.

Il est un témoignage, parmi beaucoup d'autres, de cette époque privilégiée, 1815-1950, pendant laquelle la peinture européenne a vu, coexister tous les styles et toutes les écoles, dans la plus grande liberté et la plus grande diversité. Nous le retrouverons au musée de Mulhouse.

  

Jean-Jacques Henner is a painter of Alsacian origin, who was active in Paris. His style is very personal, he was in no way attempted by modernist trends of his time, but he does not belong to the academic school.

It is a testimony, among many others, of this privileged period, 1815-1950, during which European painting saw coexist all styles and all schools in the greater freedom and greater diversity.

 

Olga Wisinger-Florian 1844-1926 Vienne

November 1890/92

Wien Musée Léopold Collection privée

 

ART MODERNE et ROMANTISME

 

Les historiens de l'art fixent habituellement les débuts de l'art moderne aux impressionnistes. Mais bien évidemment cette périodisation est relative. Il est possible de remonter aux pré-impressionnistes de l'école de Barbizon, ou encore plus au début du siècle, dans les années 1810-1840 aux romantiques. Et ce pour toute l'Europe..

Les écoles romantiques européennes ont en effet un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

 

Art historians usually fix the beginnings of modern art to the impressionists. But of course this periodization is relative. It is possible go back higher in time to the pre-impressionists of the Barbizon school or even more at the beginning of the century, in the years 1810-1840 to the romantics. And this for all of Europe. We can mention Turner, Constable, Delacroix and the German Karl Blechen.

European romantic schools have indeed a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

  

Lawrence Alma-Tadema. 1836-1912. Paris.

Une ancienne coutume An Ancient Custom. 1876.

Hamburg Kunsthalle.

 

ALMA TADEMA (Lawrence)

 

Lawrence Alma Tadema ( 1836-1912) d'origine néerlandaise est actif à Anvers, à Paris puis à Londres où ll s'installe pour échapper à la guerre franco-allemande de 1870. Il est un représentant notable du courant classique appelé à son époque "Académique". Il connait une belle carrière officielle couronnée à Londres par un anoblissement et son introduction à l'Académie Royale. Durant toute cette période de l'histoire de la peinture européenne coexistent des courant très divers, mais qui peuvent s'ordonner autour de deux principales orientations :

1° Les courants de peinture continuant la grande tradition de l'art classique ( dessin impeccable, thématique inspirée par la religion, l'histoire et la mythologie), Alma Tadéma appartient incontestablement à cette première catégorie.

2° les écoles s'orientant vers des techniques plus modernistes ( peinture plate, tachisme, esquisse, décomposition des volumes et des formes, couleurs arbitraires....) et exploitant une thématique plus orientée vers le paysage naturel ou urbain de l'époque : pré impressionnisme, impressionnisme, post impressionnisme, abstraction.

 

Lawrence Alma Tadema (1836-1912) of Dutch origin is active in Antwerp, Paris and London, where he settles to escape the Franco-German war of 1870. He is a notable representative of the classical current called in his time "Academic". He has a fine official career crowned in London by an ennobling and his introduction to the Royal Academy. Throughout this period of the history of European painting coexist very different currents, but which can be organized around two main orientations:

1 ° The currents of painting continuing the great tradition of classical art (impeccable drawing, thematic inspired by religion, history and mythology), Alma Tadéma undoubtedly belongs to this first category.

2 ° schools moving towards more modern techniques (flat painting, tachism, sketching, decomposition of volumes and shapes, arbitrary colors ...) and expending a thematic more oriented to the natural or urban landscape of the time Pre-Impressionism, Impressionism, Post-Impressionism, Abstraction

   

Milton Avery 1885-1965 New York

Crique canadienne Canadian cove 1940

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (3)

 

L'Art Moderne ?

A partir des années 1830-1850 environ, les peintres romantiques, les premiers, puis les préé-impressionnistes, les impressionnistes, les post-impressionnistes, "les peintres modernes", parcourent, en sens inverse, le chemin qu'avaient pris les peintres de l'art Roman, de l'art Gothique et de "la Renaissance".

A partir de la deuxième moitié du 19è siècle beaucoup de peintres européens rejettent la précision et le réalisme du dessin, refusent la vérité des couleurs telles que nos sens les perçoivent. Les peintres rejettent l'exigence d'une représentation naturaliste et réaliste du monde. Une exigence technique, qui a caractérisée toute la peinture européenne, depuis le gothique tardif et la renaissance.

Finie "la tyrannie" de l'illusion des trois dimensions sur la surface plane du tableau. Vive "la liberté" de la peinture plate, qui épouse son support.

Les peintres suppriment la perspective et les volumes, reviennent à des formes stéréotypées et stylisées. Ils pratiquent le "tachisme", usent et abusent de l'esquisse, inventent les couleurs arbitraires, décomposent les volumes, multiplient les points de vue sur le même objet. Les peintres européens s'éloignent ainsi toujours plus d'une représentation fidèle du monde qui les entoure, pour proposer les plus diverses interprétations et reconstructions, voire même inventions, du réel.

Il est très clair que ce chemin est suivi de manière tout à fait volontariste.

Nous ne sommes plus dans la situation des peintres et des mosaïstes de l'Empire romain finissant, dont les techniques étaient dictées par leurs méconnaissances des règles, techniques, du bien faire. Les imperfections, techniques, de la peinture plate et de l'esquisse, s'imposent non pas comme une incapacité à bien représenter, mais comme une ouverture sur une esthétique nouvelle

 

Les artistes veulent faire du "Nouveau". C'est même une obsession. Et pour faire du nouveau, parfois, il n'y a rien de mieux que l'Ancien ! Mais il ne faut pas trop le dire !

Les visages stéréotypés et les grands yeux inexpressifs des peintures et mosaïques Paléo-chrétiennes et Byzantines retrouvent un charme "moderne" avec Modigliani.

Les corps de femme peuvent aussi se passer des modelés subtiles, et se réduire à des lignes, comme aux temps de Byzance, de la peinture Siennoise et du gothique international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch....).

Masaccio, "moderne" en 1410 parce qu'il donne une épaisseur et un volume plus réaliste à ses personnages, devient un peintre académique en 1900 !

C'est ainsi que, contre les peintres académiques, classiques, accusés d'être réactionnaires et dépassés, Edouard Manet et ses successeurs reviennent à une interprétation stylisée, symbolique, suggestive, inventée, du monde qui les entoure. En fait ils empruntent beaucoup à l'esthétique de Ravenne, des fresques romanes, de Giotto, de l'école de Sienne, et du Gothique international. Une esthétique dont ils avaient évidemment une parfaite connaissance par leurs fréquentations assidues des musées et lieux artistiques européens, leurs voyages en Italie...

Evidemment ces techniques s'appliquent à des thèmes tous différents de ceux de l'époque gothique. Mais c'est un autre aspect de l'histoire de la peinture européenne.

Au bout de ce chemin, la peinture européenne aboutit à l'art abstrait, non figuratif.

En effet, de simplifications et stylisations en synthèses, et d'interprétations et suggestions en inventions, les peintres s'éloignent toujours plus d'une représentation naturaliste et réaliste du réel, le réel tel que les hommes le perçoivent par leurs yeux, et finissent par le quitter.

Les maisons, les villages et les églises de Kandinsky ou de Lyonel Feininger ne sont bientôt plus que des lignes qui s'entrecroisent.

Les peintres vont ainsi arriver à l'art abstrait, l'art non figuratif qui progressivement rompt tout lien avec le réel.

  

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (3)

 

Modern Art ?

From the years 1830-1850 approximately, The European Romantic painters, the firsts, then the pre-Impressionists, Impressionists, Post-Impressionists, in short the "moderns painters", browse, in the opposite direction, the path that have followed by the painters of the Roman art, Gothic art, and "Renaissance."

From the second half of the 19th century, many European painters reject the accuracy and the realism of the drawing, are refusing the truth of the colors, such as our senses perceive them. The Painters reject the requirement of a naturalistic and realistic representation of the world. A technical requirement, which has characterized all European painting since the late Gothic and Renaissance.

Finished the "tyranny" of the illusion of the three dimensions on the flat surface of the painting. Long live the "freedom" of the flat paint, who marries his support.

The painters suppress the perspective and the volumes. They return to stereotyped and stylized forms. They practice the "tachisme", use and abuse of the sketch, invent the arbitrary colors, decompose the volumes, multiply the points of view on the same subject. The European painters move away so always more than a true representation of the world around them, for propose the most diverse interpretations and reconstructions and even inventions, of the real.

It is very clear that this path is followed entirely voluntarist.

We are no longer in the situation of the painters and mosaic artists of the late Roman Empire, whose techniques were dictated by their misunderstandings of the rules, technical, of the doing well. The technical imperfections of the flat painting and sketching, are imposed not as an inability to properly represent reality, but as an opening onto a new aesthetic.

The European artists want to make "New", this is even an obsession. And to make the New, sometimes there's nothing better than the Old!

But Just don't say it too much!

The stereotyped faces and the big eyes expressionless of the paintings and mosaics Paleo-Christian and Byzantine found a charm "modern" with Modigliani.

The female body can also dispense with subtle patterns, and be reduced to lines, as in the time of Byzantium and Gothic painting XIVth international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch...)

Masaccio, "modern" in 1410 because it gives a more realistic thickness and volumes to his characters, becomes an academic painter in 1900!

Thus, against the academic painters, classics, accused of being reactionary and surpassed, Edouard Manet and his followers return to a stylized interpretation, symbolic, suggestive, invented, of the world around them. In fact they borrow much from the aesthetics of Ravenna, of the Romanesque frescoes, of Giotto, of the Siena School, and of the International Gothic. An aesthetic which they obviously had a perfect knowledge by their courtship of European museums and artistic venues, their travels in Italy ...

Obviously these techniques apply to themes all differents from those of the Gothic period. But this is another aspect of the history of European painting.

At the end of this road, European painting comes to abstract art, non-figurative art.

Indeed, from simplification and stylisation into syntheses, from interpretations and suggestions into inventions, the painters always away more of a naturalistic and realistic representation of the real, this real, as men perceive with their eyes, and eventually the modern painters leave the real. The houses, villages and churches of Kandinsky or Lyonel Feininger are soon only intertwining lines.

Painters will thus arrive at abstract art, non-figurative art that gradually breaks all links with reality.

   

Gustave Moreau 1826-1898 Paris

Les Athéniens livrés au Minotaure dans le labyrinthe de Crète

The Athenians delivered to the Minotaur in the labyrinth of Crete

1855

Brou Musée du Monastère Royal.

 

Cette œuvre est peu représentative du style symboliste en définitive caractéristique de l'art de Gustave Moreau.

 

This work is not very representative of the symbolist style ultimately characteristic of the art of Gustave Moreau.

 

CLASSICISME ET ROMANTISME

 

Le point commun essentiel de tous les peintres classiques, néo-classiques, dit aussi académiques (au 19è siècle) , est une technique impeccable, un dessin précis, parfaitement fini. Des peintres pour lesquels il ne peut y avoir de confusion entre une esquisse et une œuvre achevée. Ils ne jettent pas la peinture sur la toile. Ils dessinent parfaitement et la touche de leur pinceau est invisible ou peu visible. Ces peintres rejettent les techniques "tachistes" ou la "peinture plate" sans perspective ni profondeur. Il n'emploient pas les couleurs arbitraires ne correspondant pas à celles perçues dans la nature. Pour eux les chevaux ne sont pas rouges et les arbres ne sont pas bleus. Enfin les sujets de leurs tableaux sont "nobles", ils empruntent leurs thèmes à la Religion, l'Histoire, la Mythologie, la Littérature, ou à un paysagisme significatif. Ils sont dans la tradition de toute la peinture européenne, sauf les Pays Bas à compter de la Réforme, depuis le 16è siècle. Le propos de Nicolas Poussin inspire toutes leurs œuvres "La peinture c’est l’imitation de tout ce qui se voit sous le soleil, sa fin est la délectation" Autrement dit l'art est fait pour plaire, pas pour déranger.

Les peintres classiques privilégient quant au fond la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments : La raison doit tempérer les passions.

La peinture peut être classique de style mais romantique quant au fond, quand elle traite les mêmes sujets que les peintres classiques, mais avec une emphase sentimentale, une accentuation dramatique, une exagération des situations et des comportements, que le peintre classique tend à éviter.

 

Les écoles romantiques européennes ont un double visage. Les peintres peuvent être romantiques par les thèmes de leur tableau et leur sensibilité, leur vision du monde, mais ces thèmes peuvent êtres peints et cette sensibilité s'exprimer dans un style très classique, académique, avec un dessin très fini et une touche du pinceau imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classé à la fois dans le néo-classicisme et le romantisme illustre bien ce courant. Cette école est très précoce et très importante dans les pays germaniques et aussi scandinaves.

Toutefois certains peintres romantiques ont exploré certains des premiers procédés techniques de l'art moderne, notamment l'impressionnisme le flou, l'esquisse. Ils ont souvent esquissé "la peinture plate" c'est à dire une réduction des volumes et de la perspective par rapport à notre vision exacte du monde, en trois dimensions. Ils ont pu même approcher l'art abstrait. Il est possible de citer Turner, Constable, Delacroix et chez les Germaniques Carl Blechen. Ces peintres annoncent très clairement certaines audaces esthétiques de l'Art Moderne.

  

CLASSICISM AND ROMANTISM

 

The essential common point of all classical, neo-classical painters, also known as "academics" (in the 19 century), is a flawless technique, a precise design, perfectly finished. It is Painters for whom there can be no confusion between a sketch and a finished work. "They do not throw the paint on the canvas". They draw perfectly and the touch of their brush is invisible or not very visible. These painters reject "tachist" techniques or the "flat painting" without perspective or depth. They do not use arbitrary colors that do not correspond to those perceived in nature. For them the horses are not red and the trees are not blue. Finally the subjects of their paintings are "noble", they borrow their themes from Religion, History, Mythology, Literature, or a significant landscape. They are in the tradition of all European painting, except the Netherlands from the Reformation, since the 16th century. The words of Nicolas Poussin inspires all their works "The painting is the imitation of everything that is seen under the sun, its end is the delectation" In other words the art is made to please, not made to disturb.

Classical painters favor the reasonable and reasoned moderation and subtlety in expressing feelings: reason must temper passions.

The painting can be classic in style but romantic in substance, when it treats the same subjects as the classical painters, but with sentimental emphasis, a dramatic accent an, exaggeration of situations and behaviors, that the classical painter tends to avoid.

European romantic schools have a double face. Painters can be romantic by the themes of their painting and their sensibility, their vision of the world, but these themes can be painted and this sensitivity express themselves in a very classic style, academic, with a very finished drawing and a touch of the brush imperceptible. Jean Auguste Dominique Ingres, classed both in neo-classicism and romanticism illustrates this current. This school is very early and very important in the Germanic and also Scandinavian countries.

However some romantic painters have explored some of the early technical processes of modern art, including impressionism, fuzziness, sketching. They often sketched "flat painting", ie a reduction of volumes and perspective compared to our exact vision of the world, in three dimensions. They could even approach abstract art. It is possible to mention Turner, Constable, Delacroix and the German Carl Blechen. These painters announce very clearly some aesthetic audacities of Modern Art.

   

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