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Le Petit Peuple se cache, l'homme n'est plus "fréquentable" de leur point de vue... Trop de haine, de cynisme, de non respect de la vie, de mépris des autres, d'arrogance, jusqu'à la folie suicidaire qui anime encore certaines religions. Nous ne savons que détruire, et certains prêtres vont jusqu'à pousser leurs disciples à massacrer au nom de leur dieu.
Mais c'est cette haine et ce non-respect qui détruit la terre, notre Mère à tous ... tout comme les actes d'amour et les bonnes actions la nourrissent et la régénèrent.
Alors "ils" se cachent, nous ne les voyons plus. Mais "ils" sont toujours là et nous jugent ... sévèrement.
♫♫♪ youtu.be/siXe7bKt1q0 ♫♫♪
-"Beneath a Phrygian Sky"- Loreena McKennitt
texture de JoesSistah avec mes remerciements : www.flickr.com/photos/27805557@N08/6157410305/in/photolist-
"....et moi, au plus profond de moi, où n`arrive jamais ni poiSson ni cynisme.....
Je voyage déguisé vers le lieu ou Hadès est interdit, chassé, transformé en quelque chose d`autre.....un soupçon de paradis caché dans cette immense place universelle de la vie....
Nous ne faison jamais le voyage que nous pensons être en train de faire...."
Ben Okri ~ En Arcadie
J'ai emprunté cette citation à mon ami ifébô pour lui attribuer cette image.
Ces sapins sont de la dernière neige, celle de l'ami Décembre.
Je préviens toutefois, qu'il y a une bonne dose de cynisme dans l'association de cette image et de cette citation.
Donc âmes sensibles ou sujettes à l'empathie s'abstenir, surtout en cette période de l'année.
Des hommes sont morts aujourd'hui. Quelle importance me direz vous, des hommes meurent tous les jours dans ce monde submergé par la violence. Ces hommes qui sont morts aujourd'hui dans un immeuble de Paris ne sont que quelques victimes de plus de la violence quotidienne sur la surface de cette planète. Certes, et loin d'oublier tous ceux qui ont succombé aujourd'hui sous les coups, les bombes ou les balles quelque soit l'endroit du globe où ils sont tombés, j'ai une pensée pour chacun d'entre eux. Cependant, j'ai une pensée particulière pour tous ceux qui sont morts en raison de leur engagement contre la violence et les hommes qui sont morts à Paris ce matin étaient de ceux là. Ils étaient de ces êtres humains qui refusent la violence et qui la combattent de toutes leurs forces, qui la combattent non par une violence réciproque mais par des mots, par la plume, par le crayon, par le langage, par l'art, par tous les moyens qui sont à leur disposition autre que la violence. Ils étaient de ceux qui ont foi en l'être humain et son sens critique, ils étaient de ceux qui ont choisi le rire plutôt que la violence, ils étaient de ceux qui refusent le cynisme ambiant, ils étaient de ceux qui ont refusé de baisser les bras en attendant que le bruit des bottes et des armes ne résonnent à nouveau, ils étaient de ceux qui pensent qu'il est primordial de ne pas céder face aux extrémistes de tout bords, ils étaient de ceux qui pensent que la peur ne doit jamais guider nos actes, ils étaient de ceux qui préfèrent mourir debout que vivre à genoux sous le joug de la violence et de la menace conjuguées, ils étaient de ceux qui respectent la vie sous toutes ses formes, ils étaient de ceux qui portent l'espoir d'un autre monde, ils étaient de ceux qui ont la force et non la faiblesse de ne pas céder à la violence aveugle sous le coup de l'émotion.
Nombreuses sont les réactions d'indignation face à l'horreur de ces assassinats à travers le monde, nombreux sont ceux qui se disent choqués au delà des mots par la barbarie de ces hommes armés abattant de sang froid d'autres hommes n'ayant pour seuls armes que leur imagination et leurs crayons... Mais combien sont ceux qui choisiront de perpétuer leurs idéaux, combien sont ceux qui auront la force de ne pas sombrer dans la répression aveugle, dans les amalgames sans nom, dans la stigmatisation absurde d'une communauté toute entière, dans la propagation d'idées racistes allant à l'encontre du vivre ensemble, combien sont ceux qui ne céderont pas à la violence au nom d'un acte de folie isolé?
Je serai de ceux là et j'ose espérer en ce jour sombre ne pas être seule. Reposez en paix Messieurs, votre volonté n'est pas morte. -CC-
Men have died today. How important will say to me, men are dying every day in this world overwhelmed by violence. These men who died today in a Paris building are just a few more victims of daily violence on the surface of this planet. Certainly, and far from forgetting all those who have died at the hands today, bombs or bullets from any location in the world where they fell, I have a thought for each of them. However, I have a special thought for all those who died because of their commitment against violence and men who died in Paris this morning was one of those. They were human beings who reject violence and who fight with all their might, who fight not by reciprocal violence, but by words, by the pen, a pencil, by language, by art, by all the means at their disposal other than violence. They were of those who have faith in the human being and his critical sense, they were those who chose laughter rather than violence, they were those who refuse cynicism, they were those who refused to lower arms waiting for the sound of boots and weapons will sound once they were of those who think that it is important not to give in to extremists from all sides, they were among those who think that fear should never guide our actions, they were those who prefer to die standing than live on your knees under the yoke of violence and the combined threat, they were among those who respect life in all its forms, they were of those who bear the hope of another world, they were the ones who have the strength and not weakness not to give in to the indiscriminate violence under the influence of emotion.
Many reactions of outrage at the horror of the killings around the world, many people say they are shocked beyond words by the barbarity of the armed men in cold blood shooting down other men having for only weapons their imagination and pencils ... But how many are those who choose to continue their ideals, how many are those who have the strength not to fall into the blind repression in amalgams unnamed in the absurd stigma of an entire community in the spread of racist ideas that run counter to live together, how many are those who do not yield to violence in the name of an isolated act of madness?
I get those out there and I hope in this dark day will not be alone. Rest in peace gentlemen, your will is not dead.
« Tout a été dit et fait, et aucune littérature ne peut dépasser le cynisme de la réalité. On ne soûle pas avec un verre celui qui a déjà bu une barrique. »
Requested for publication by Mark Batty Publisher
for "Everyman’s JOYCE" of "W. Terrence Gordon, Eri Hamaji & Jacob Albert”
“Picasso merely shrugged and declined the invitation to illustrate an edition of Ulysses, dismissing Joyce as an obscure writer that all the world can understand ... Can, not does.”
Through the power of illustration the Everyman’s Series illuminates complex bodies of work by some of the 20th century’s most vital thinkers. Picasso’s assessment of James Joyce as a writer that “all the world can understand” speaks to how a perspective that favors the visual can see through dense texts, allowing meaning to take shape. W. Terrence Gordon’s examination of the James Joyce canon and its impact on the world, both in terms of literature and culture at large, provides accessible and singular evaluations of why Joyce, no matter how impenetrable his books may seem on the surface, continues to attract readers today. In Everyman's Joyce, Gordon’s close readings and biographical insight gel with contemporary visual cues that usher Joyce into the 21st century.
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Outlining a Theory of General Creativity . .
. . on a 'Pataphysical projectory
Entropy ≥ Memory ● Creativity ²
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Etude du jour:
(...) A ce jeu-là, on ne gagne que de jouer. Rien n'est plus transcendant que de rhizomer ensemble cette partie désespérément joyeuse, quoi que nous échangions, quand que ce soit. Seule la fin de la partie est virtuelle et définitivement sans la moindre signification.
Il n'y a pas de différences sans répétitions, pas de créativité sans engagement social. A ce jeu-là, on n'agit que dans les possibles, choisissant de respecter ou non des règles morales et/ou éthiques. A ce jeu-là, être c'est devenir ensemble, c'est conjuguer sans cesse la direction sans connaître la destination, dé-re-choisir, nous dé-re-territorialiser nous-mêmes le long de nos lignes de fuite. Nous ne sommes pas individuellement créatifs lorsque nous désirons une reconnaissance sociale. Nous sommes socialement engagés à être créatifs ou non, en essayant sérendipitueusement de contrôler le processus de transformation de ce qui existe. (...)
(...) While playing the Game, to play is to win. Nothing is more transcendant than rhizoming together this desperately joyful party, whatever we are exchanging, whenever. Only the end of the Game is virtual and definitively without any concrete significance.
There is no differences without repetitions, no creativities without social engagements. While playing the Game, we only act among the possibles, choosing to respect or not moral and/or ethical rules. While playing the Game, to be is to become together, incessantly choosing a direction without knowing our destination, dis-re-choosing, dis-re-territorializing ourselves along our chosen vanishing lines. We are not individually creative when desiring social recognition. We are socially engaged to be creative or not, trying serendipitously to control the process transforming what exists. (...)
(...) Mientras juguemos al Juego, jugar es ganar. Nada es más trascendental que rizomar juntos esta fiesta desesperadamente dichosa, Lo que fuere que estemos intercambiando, cuando fuere, como fuere. Sólo el final del Juego es virtual y definitivamente sin ningún significado concreto.
No hay diferencias sin repetición, no hay creatividad sin compromiso social. Mientras jugamos el Juego, sólo actuamos entre los posibles, eligiendo respetar o nó las reglas morales y/o éticas. Mientras jugamos el Juego, ser es hacerse juntos, eligiendo incesantemente una dirección sin conocer nuestro destino, des-re-eligiendo, des-re- territorializándonos a lo largo de las líneas de fuga que elegimos. No somos individualmente creativos cuando deseamos el reconocimiento social. Estamos socialmente comprometidos a ser creativos o no, intentando serendipiamente controlar el proceso que transforma lo que existe. (...)
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rectO-persO | E ≥ m.C² | co~errAnce | TiLt
Edición de 20x30cm. Tirada de 20 copias.
Edición de 40x60cm. Tirada de 10 copias.
(En français ci-dessous. J'accepte des corrections!)
Como fotógrafa, quisiera aportar mi humilde imagen para manifestar mi total repudio a los atentados sucedidos en París y todo mi apoyo a mis amigos los franceses. Voltaire escribió en su día en una carta: "Señor l'Abbe, detesto lo que usted escribe, pero daría mi vida para que pueda continuar escribiendo". Y quien dice escribir, dice dibujar, fotografiar, esculpir, rodar, etc. Dentro de la libertad de expresión, también está lo que la gente no quiere oír: sin libertad de expresión, cercamos la libertad de pensamiento. Podemos defender como animales heridos nuestra forma de pensar con un lápiz, una cámara o un cincel, pero jamás con un arma.
También rechazo firmemente los daños colaterales de estos últimos atentados terroristas: la islamofobia y el más puro cinismo de quienes nos gobiernan.
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En tant que photographe, je voudrais apporter mon humble image pour exprimer ma condamnation totale aux attaques qui ce sont produits à Paris. Je voudrais aussi transmettre tout mon soutien à mes amis les français. Voltaire a écrit dans une lettre: "Monsieur l'abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire". On peut dire "écrire", "dessiner", "photographier", "sculpter", "mettre en scène", etc. La liberté d'expression c'est aussi ce que les gens ne veulent pas entendre, sans liberté d'expression, la liberté de pensée, n'a pas de sens. Nous pouvons défendre avec un crayon, un appareil photo ou un ciseau nos idées, mais jamais avec une arme à feu.
Je repousse également les dommages collatéraux de ces récents attentats terroristes: l'islamophobie et le pur cynisme de ceux qui nous gouvernent.
#jesuischarlie #paspeur #noalaviolencia
Here is my Twitter, my Instagram and my Facebook fanpage :) where sometimes I post Before and Afters and making-off photos. There you can ask me questions also in my Ask page in english, french, portuguese or spanish.
L'humour est un masque pour cacher le malheur et surtout pour cacher ce cynisme profond que la vie fait naître en tous les hommes. Nous essayons de bluffer Dieu. C'est ce qu'on appelle la politesse.
Mes songes que voici (1932)
André Maurois
Requested for publication by Mark Batty Publisher
for "Everyman’s JOYCE" of "W. Terrence Gordon, Eri Hamaji & Jacob Albert”
“Picasso merely shrugged and declined the invitation to illustrate an edition of Ulysses, dismissing Joyce as an obscure writer that all the world can understand ... Can, not does.”
Through the power of illustration the Everyman’s Series illuminates complex bodies of work by some of the 20th century’s most vital thinkers. Picasso’s assessment of James Joyce as a writer that “all the world can understand” speaks to how a perspective that favors the visual can see through dense texts, allowing meaning to take shape. W. Terrence Gordon’s examination of the James Joyce canon and its impact on the world, both in terms of literature and culture at large, provides accessible and singular evaluations of why Joyce, no matter how impenetrable his books may seem on the surface, continues to attract readers today. In Everyman's Joyce, Gordon’s close readings and biographical insight gel with contemporary visual cues that usher Joyce into the 21st century.
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Outlining a Theory of General Creativity . .
. . on a 'Pataphysical projectory
Entropy ≥ Memory ● Creativity ²
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Etude du jour:
La bêtise et le cynisme sont-ils les derniers noms d'Entropie ?
En Birmanie ? En Chine ? En Tchétchénie ? A Guantanamo ? A Gaza & Ashkelon ? . .
. . ou dans notre vertueuse Europe, donnant des leçons de droits de l'homme
. . tout en méprisant, traquant et rejetant ses propres indésirables ?
Study of the day:
Are silliness and cynicism the last names of Entropy ?
In Burma ? In China ? In Tchétchénie ? In Guantanamo ? In Gaza & Ashkelon ?. .
. . or in our virtuous Europe giving human rights lessons
. . while scorning, tracking and rejecting our own unwelcomes ?
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(...) A ce jeu-là, on ne gagne que de jouer. Rien n'est plus transcendant que de rhizomer ensemble cette partie désespérément joyeuse, quoi que nous échangions, quand que ce soit. Seule la fin de la partie est virtuelle et définitivement sans la moindre signification.
Il n'y a pas de différences sans répétitions, pas de créativité sans engagement social. A ce jeu-là, on n'agit que dans les possibles, choisissant de respecter ou non des règles morales et/ou éthiques. A ce jeu-là, être c'est devenir ensemble, c'est conjuguer sans cesse la direction sans connaître la destination, dé-re-choisir, nous dé-re-territorialiser nous-mêmes le long de nos lignes de fuite. Nous ne sommes pas individuellement créatifs lorsque nous désirons une reconnaissance sociale. Nous sommes socialement engagés à être créatifs ou non, en essayant sérendipitueusement de contrôler le processus de transformation de ce qui existe. (...)
(...) While playing the Game, to play is to win. Nothing is more transcendant than rhizoming together this desperately joyful party, whatever we are exchanging, whenever. Only the end of the Game is virtual and definitively without any concrete significance.
There is no differences without repetitions, no creativities without social engagements. While playing the Game, we only act among the possibles, choosing to respect or not moral and/or ethical rules. While playing the Game, to be is to become together, incessantly choosing a direction without knowing our destination, dis-re-choosing, dis-re-territorializing ourselves along our chosen vanishing lines. We are not individually creative when desiring social recognition. We are socially engaged to be creative or not, trying serendipitously to control the process transforming what exists. (...)
(...) Mientras juguemos al Juego, jugar es ganar. Nada es más trascendental que rizomar juntos esta fiesta desesperadamente dichosa, Lo que fuere que estemos intercambiando, cuando fuere, como fuere. Sólo el final del Juego es virtual y definitivamente sin ningún significado concreto.
No hay diferencias sin repetición, no hay creatividad sin compromiso social. Mientras jugamos el Juego, sólo actuamos entre los posibles, eligiendo respetar o nó las reglas morales y/o éticas. Mientras jugamos el Juego, ser es hacerse juntos, eligiendo incesantemente una dirección sin conocer nuestro destino, des-re-eligiendo, des-re- territorializándonos a lo largo de las líneas de fuga que elegimos. No somos individualmente creativos cuando deseamos el reconocimiento social. Estamos socialmente comprometidos a ser creativos o no, intentando serendipiamente controlar el proceso que transforma lo que existe. (...)
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rectO-persO | E ≥ m.C² | co~errAnce | TiLt
Des p'tits neurones dans les cerveaux
Qui disparaissent de jours en jours
Dans les p'tits bois les p'tits discours
Des petits rois dans les basses cours
Des p'tits qui s'cachent des p'tits qu'on cache
Des p'tits qu'on joue à pile ou face
Des p'tits qui vont grossir les ventres
Des p'tits caissiers dans les carrefours
Des p'tits problèmes de récession
Des p'tits ministres dans les prisons
Des p'tits pour payer ton loyer
Des p'tits pour la communauté
Tapez tapez sur les claviers
Des pompes funèbres aux cours d'écoles
Faut voir comme les p'tits sont frigués
Y'a de la griffe sur les guiboles
Des p'tits insectes sur les fleurs
Des p'tits bugs dans le computer
Des p'tits pour l'eau des p'tits pour l'air
Des p'tits pour pourrir l'atmosphère
Marchez marchez les p'tits pinçons
Les petits rois les petits cons
Des p'tits pour vendre qui on est
A la criée sur les marchés ouais!
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ?
Des p'tits sous, Des p'tits sous, on veut Des p'tits sous, allez
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ? moi moi !
Des p'tits sous, Des p'tits sous, on veut Des p'tits sous
Dans les rizières les p'tits chinois
La planète a la gueule de bois
Dans les usines sur les machines
Tandis que le peuple s'échine
Tapez tapez sur les claviers
Dans la matrix on s'fait violer
Oui le peu qu'il reste d'humain
Contre un Karma dans du satin
Dans les salons les résistants
Des dandys et les biens portant
Portant la sueur de tous ces autres
Combattants de moulins à vent
Les fils de putes les fils de rois
Les fils de rien mon fils à moi
Tous à la chasse à la monnaie
Aux p'tits pourboires aux gros billets
des p'tits qu'on nous a fait dans le dos
des p'tits placés sur les marchés
des p'tits sûr qui feront des p'tits
comme la connerie qui se multiplie
Ton petit chèque en fin de mois
Non lui il se multiplie pas
Comme le cynisme dans les sourires
Des p'tits tartuffes dans les partis
Des p'tits problèmes de récession
Des p'tits ministres dans les prisons
Des p'tits qui s'cachent des p'tits qu'on cache
Des p'tits qu'on joue à pile ou face
Des p'tits qui font grossir les gros
Qui rendent les p'tits toujours plus p'tits
Pour que le p'tit n'ait d'autre choix
Pauvre de lui que d'faire des p'tits
Oui oui
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ?
Des p'tits sous, Des p'tits sous, on veut Des p'tits sous, allez
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ? Moi moi moi !
Des p'tits sous, Des p'tits sous, moi je veux
Des p'tites gamines en planches à pain
Pour aller vendre un p'tit parfum
A des gamines qui rêvent de rien
Que d's'habiller comme des putains
Des p'tits bébés tous nus tous beaux
C'est beau dans les publicités
Pour vendre à des p'tits culs terreux
Oui la jouissance des minéraux
Tapez tapez sur les claviers
Tous à la chasse à la monnaie
Des p'tits pour vendre qui on est
A la criée sur les marchés
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ?
Des p'tits sous, Des p'tits sous, on veut Des p'tits sous, allez
Des p'tits sous, Des p'tits sous, qui veut Des p'tits sous ? Moi moi !
Des p'tits sous, Des p'tits sous, moi je veux
Des p'tits sous !
LE TOUR D'HORIZON (92.7 FM \ 760 AM): L’INDICE D’ENGAGEMENT: UN INCONTOURNABLE en format audio J’explique qu’à une époque où le cynisme à l’égard de la classe politique ne va pas en s’améliorant, je propose que l’indice d’engagement (IE) de chaque député figure sur toutes les affiches électorales du Québec.
ericlanthier.net/lindice-dengagement-un-incontournable-en...
IMAGE: lnkd.in/ghUXuUP #Decentrerlediscours;
#Indicedengagement; #Princearthurherald; #TourdHorizon; #Cynisme; #ericlanthierpointnet; #760AM; #927FM
le grand désespoir
ce cynisme entre nos corps
comme une goute de sang
frais.
- i'm not usually like that,
but Billie Holiday's on television...
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Highest position: 45 on Wednesday, January 2, 2008
"Frohes Neues Jahr 2008"
Geh freundlich und gelassen deinen Weg inmitten von Lärm und Hast und denke daran, welcher Friede in der Stille zu finden ist.
"Happy New Year 2008"
Go placidly amid the noise and the haste, and remember what peace there may be in silence.
"Bonne Année 2008"
Vas paisiblement ton chemin à travers le bruit et la hâte, et souviens toi que le silence est paix.
"Feliz Año Nuevo 2008"
Camina plácido entre el ruido y la prisa y piensa en la paz que se puede encontrar en el silencio.
"Buon Anno 2008"
Va' serenamente in mezzo al rumore e alla fretta e ricorda quanta pace ci puo' essere nel silenzio.
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Gefunden in der Old Saint Paul's Church, Baltimore,
datiert auf das Jahr 1692
Desiderata
Geh freundlich und gelassen deinen Weg inmitten von Lärm und Hast und denke daran, welcher Friede in der Stille zu finden ist.
Soweit wie immer möglich, und ohne dich selbst aufzugeben, versuche mit allen Menschen auszukommen.
Rede von deiner Wahrheit ruhig und deutlich und höre anderen zu, selbst, wenn sie dir langweilig und unwissend erscheinen, auch sie haben ihre Geschichte.
Geh lauten und angriffslustigen Menschen aus dem Weg, denn sie sind eine Plage für den Geist. Wenn du dich mit anderen vergleichst, werde nie eitel oder verbittert, denn es wird immer Menschen geben, die mehr oder weniger können als du.
Freue dich über das, was du erreicht hast, wie auch über deine Pläne. Behalte das Interesse an deiner Arbeit, doch ohne Überheblichkeit, denn dein Tun und Handeln ist ein wahrer Besitz unter all den Dingen, deren Wert mal zu-, mal abnimmt.
Sei vorsichtig bei deinen Geschäften, denn die Welt ist voller List.
Werde aber dadurch nicht blind gegenüber der Tatsache, dass es viele Menschen gibt, die noch Ideale haben und sie zu verwirklichen suchen.
Siehe auch, dass es überall im Leben noch echte Tapferkeit gibt, sei du selbst; vor allem täusche nicht deine Zuneigung vor noch werde zynisch, was die Liebe angeht, denn trotz aller Erstarrung und Entzauberung, die du um dich siehst, lebt sie ewig fort wie das Gras.
Beuge dich freundlich dem Rat der Jahre und gib mit Anmut jene Dinge aus der Hand, die der Jugend vorbehalten sind. Erhalte dir die Schärfe deines Verstandes, denn sie vermag dich vor plötzlichem Unglück zu bewahren. Aber lass dich nicht fallen in ständiges Grübeln.
Viele Ängste sind nur eine Ausgeburt von Müdigkeit und Einsamkeit.
Nichts gegen eine gewisse Disziplin, im Übrigen sei freundlich mit dir selbst.
Du bist ein Kind des Universums, nicht anders als der Baum vor der Türe oder der Stern am Himmel. Du hast ein Recht darauf, hier zu sein. Und ob es dir nun klar ist oder nicht: Das Universum entfaltet sich seiner Bestimmung gemäß. Deshalb lebe in Frieden mit Gott, für was immer du ihn halten und was immer deine Arbeit und dein Streben sein mögen in der lärmerfüllten Verwirrung des Lebens.
Halte Frieden in deiner Seele. Trotz aller Täuschungen, Plackereien und aller zerbrochenen Träume ist es noch immer eine wunderbare Welt.
Bleibe gelassen. - Strebe danach, glücklich zu sein.
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Old Saint Paul's Church, Baltimore. Dated 1692:
Desiderata
Go placidly amid the noise and the haste, and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender be on good terms with all persons. Speak your truth quietly and clearly; and listen to others, even to the dull and the ignorant, they too have their story. Avoid loud and aggressive persons, they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others, you may become vain or bitter; for always there will be greater and lesser persons than yourself. Enjoy your achievements as well as your plans. Keep interested in your own career, however humble; it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs, for the world is full of trickery. But let not this blind you to what virtue there is; many persons strive for high ideals, and everywhere life is full of heroism. Be yourself. Especially do not feign affection. Neither be cynical about love; for in the face of all aridity and disenchantment it is as perennial as the grass. Take kindly the counsel of the years, gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune. But do not distress yourself with dark imaginings. Many fears are born of fatigue and loneliness. Beyond a wholesome discipline, be gentle with yourself. You are a child of the universe, no less than the trees and the stars; you have a right to be here. And whether or not it is clear to you, no doubt the universe is unfolding as it should.
Therefore, be at peace with God, whatever you conceive Him to be. And whatever your labors and aspirations in the noisy confusion of life, keep peace in your soul. With all its sham, drudgery and broken dreams; it is still a beautiful world.
Be cheerful. - Strive to be happy.
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Vielle Eglise Saint Paul, Baltimore, 1692:
Desiderata
Vas paisiblement ton chemin à travers le bruit et la hâte, et souviens toi que le silence est paix.
Autant que faire se peut et sans courber la tête, sois ami avec tes semblables. Exprime ta vérité calmement et clairement. Écoute les autres, même les plus ennuyeux ou les plus ignorants; eux aussi ont quelque chose à dire.
Fuis l'homme à la voix haute et autoritaire; il pèche contre l'esprit. Ne te compare pas aux autres par crainte de devenir vain ou amer, car toujours, tu trouveras meilleur ou pire que toi.
Jouis de tes succès mais aussi de tes plans. Aime ton travail aussi humble soit-il, car c'est un bien réel dans un monde incertain. Sois sage en affaires, car le monde est trompeur. Mais n'ignore pas non plus que vertu il y a, que beaucoup d'hommes poursuivent un idéal et que l'héroïsme n'est pas chose si rare.
Sois toi-même et, surtout, ne feins pas l'amitié. N'aborde pas non plus l'amour avec cynisme, car, malgré les vicissitudes et les désenchantements, il est aussi vivace que l'herbe que tu foules.
Inclines-toi devant l'inévitable passage des ans, laissant sans regret la jeunesse et ses plaisirs. Sache que, pour être fort, tu dois te préparer, mais ne succombe pas aux craintes chimériques qu'engendrent souvent fatigue et solitude.
Par-delà une sage discipline, sois bon avec toi-même. Tu est bien fils de l'univers, tout comme les arbres et les étoiles. Tu y as ta place. Quoique tu en penses, il est clair que l'univers continue sa marche comme il se doit.
Sois donc en paix avec Dieu, quel qu'IL puisse être pour toi. Et, quelles que soient ta tâche et tes aspirations, dans le bruit et la confusion de la vie, garde ton âme en paix.
Malgré les vilenies, les labeurs, les rêves déçus, la vie a encore sa beauté.
Sois prudent. - Essaie d'être heureux(se).
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Viejo Iglesia de Santo Paul, Baltimore. Datado 1692:
Desiderata
Camina plácido entre el ruido y la prisa y piensa en la paz que se puede encontrar en el silencio.
En cuanto te sea posible y sin rendirte, mantén buenas relaciones con todas las personas.
Enuncia tu verdad de una manera serena y clara; y escucha a los demás, incluso al torpe e ignorante; también ellos tienen su propia historia.
Esquiva a las personas agresivas y ruidosas, pues son un fastidio para el espíritu.
Si te comparas con los demás, te volverás vano y amargado,
pues siempre habrá personas mas grandes y mas pequeñas que tú.
Disfruta de tus éxitos lo mismo que de tus planes.
Mantén el interés en tu propia carrera por humilde que sea,
ella es un verdadero tesoro en el fortuito cambiar del tiempo.
Se cauto en los negocios, el mundo esta lleno de engaños;
mas no dejes que esto te deje ciego para la virtud que existe.
Hay muchas personas que se esfuerzan por alcanzar nobles ideales,
y por doquier la vida esta llena de heroísmo.
Se sincero contigo mismo. En especial, no finjas el afecto;
tampoco seas cínico en cuanto al amor; pues en medio de todas las arideces y desengaños,
es perenne como la hierba.
Acata dócilmente el consejo de los años, y abandona con donaire las cosas de la juventud.
Cultiva la firmeza del espíritu para que te proteja en las adversidades repentinas,
pero no te afligas imaginando fantasmas.
Muchos temores nacen de la fatiga y la soledad.
Sobre una sana disciplina se benigno contigo mismo.
Tú eres una criatura del universo,
no menos que las árboles y las estrellas; tienes derecho a existir.
Y sea que te resulte claro o no, indudablemente el universo marcha como debiera.
Por eso debes estar en paz con Dios, cualquiera que sea tu idea de El,
y sean cualesquiera tus trabajos y aspiraciones.
Coserva la paz con tu alma en la bulliciosa confusión de la vida.
Aún con toda su farsa, penalidades y sueños fallidos, el mundo es todavia hermoso.
Se alegre. - Esfuérzate por ser feliz.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Questo testo bellissimo viene quasi sempre presentato come "Manoscritto del 1692 trovato a Baltimora nell'antica chiesa di San Paolo".
Desiderata
Va' serenamente in mezzo al rumore e alla fretta e ricorda quanta pace ci puo' essere nel silenzio.
Finche' e' possibile senza doverti arrendere conserva i buoni rapporti con tutti.
Di' la tua verita' con calma e chiarezza, e ascolta gli altri,
anche il noioso e l'ignorante, anch'essi hanno una loro storia da raccontare.
Evita le persone prepotenti e aggressive, esse sono un tormento per lo spirito.
Se ti paragoni agli altri, puoi diventare vanitoso e aspro,
perche' sempre ci saranno persone superiori ed inferiori a te.
Rallegrati dei tuoi risultati come dei tuoi progetti.
Mantieniti interessato alla tua professione, benche' umile;
e' un vero tesoro rispetto alle vicende mutevoli del tempo.
Sii prudente nei tuoi affari, poiche' il mondo e' pieno di inganno.
Ma questo non ti impedisca di vedere quanto c'e' di buono;
molte persone lottano per alti ideali, e dappertutto la vita e' piena di eroismo.
Sii te stesso. Specialmente non fingere di amare.
E non essere cinico riguardo all'amore,
perche' a dispetto di ogni aridita' e disillusione esso e' perenne come l'erba.
Accetta di buon grado l'insegnamento degli anni,
abbandonando riconoscente le cose della giovinezza.
Coltiva la forza d'animo per difenderti dall'improvvisa sfortuna.
Ma non angosciarti con fantasie.
Molte paure nascono dalla stanchezza e dalla solitudine.
Al di la' di ogni salutare disciplina, sii delicato con te stesso.
Tu sei un figlio dell'universo, non meno degli alberi e delle stelle;
tu hai un preciso diritto ad essere qui.
E che ti sia chiaro o no, senza dubbio l'universo va schiudendosi come dovrebbe.
Percio' sta in pace con Dio, comunque tu Lo concepisca,
e qualunque siano i tuoi travagli e le tue aspirazioni,
nella rumorosa confusione della vita conserva la tua pace con la tua anima.
Nonostante tutta la sua falsita', il duro lavoro e i sogni infranti,
questo e' ancora un mondo meraviglioso.
Sii prudente. - Fa di tutto per essere felice.
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Les Mains Sales de Jean-Paul Sartre par Philippe Sireuil
au Théâtre de la place des Martyrs
Bruxelles
" Les Mains Sales" de Sartre : étonnant, beau, drôle, décapant, actuel. P. Sireuil magicien.
Mort, le théâtre politique ? Ennuyeux, le théâtre engagé, dopé à la philosophie existentialiste ? Philippe Sireuil et une remarquable troupe de comédiens suisses et belges font des "Mains Sales" un coup de poing violent… et drôle, dans une actualité politique sinistre.Dans mon souvenir (vraiment très ancien, Sartre n’est plus à la mode depuis belle lurette), ce règlement de comptes entre deux communistes, le pragmatique et l’idéaliste, dans un contexte de guerre froide, était "daté". Mais la mise en scène de Philippe Sireuil nous rafraîchit la mémoire et fait découvrir les facettes insoupçonnées de ce beau texte, aux registres multiples.
Au centre, le meurtre d’un dirigeant communiste “réaliste”, Hoederer, par un jeune idéaliste, Hugo…manipulé par un dur du parti. Hoederer, à la fois stalinien et pragmatique, un “social- traître”, comme on disait, est prêt à composer, provisoirement, avec de vieux fascistes, pour mieux installer ensuite, le communisme.. La femme d’Hugo, Jessica, séduite par la maturité de Hoederer fait basculer le "destin". Attentat politique ou passionnel ?
Le pays “imaginaire” de l’action fleure bon son Europe centrale, souvent alliée objective du fascisme, pendant la guerre 40/45, avant de basculer dans le communisme : c’est “la” racine de la guerre froide.(1945/1991)
Politique, morale : message brouillé.
Alors, seulement historique, anecdotique, dépassée, cette histoire de “collaboration avec l’ennemi” et de règlement de comptes politique ? En Europe le démembrement récent de la Yougoslavie et l’actuelle guerre d’Ukraine mais aussi le retour d’influence et parfois l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite nationaliste, sans compter le cynisme financier généralisé, redonnent intérêt et vigueur à ce débat entre “morale” et “politique”.
C’est toute l’habilité de la mise en scène de Sireuil : sans faire éclater le cadre initial, il lui donne une intensité et une sensibilité actuelles, “sans forcer”.
Un thriller politique, une comédie, un mélo tendre, une esthétique intelligente.
La scénographie de Didier Payen d’une beauté efficace permet au grand "luministe" Sireuil de glisser d’un climat à l’autre, dramatisant l’action comme un roman policier, l’éclairant ensuite d’une douceur érotique, ménageant des surprises par le déguisement et le parler hilarants des gardes du corps, dont Thierry Hellin, irrésistible, caricature de ces bourreaux masqués qui envahissent nos télés…réalités. Caricature aussi la “négociation” entre fascistes et communistes, dominée par un Itzik Elbaz “construit”, comme les autres, par une géniale artiste costumière, Anna Van Brée. Enfin les changements de décor s’accompagnent de citations cinématographiques, de Truffaut au western, autant de clins d’œil très “justes” pour éclairer le texte de Sartre. Tous ces contrastes ménagent des surprises bienvenues et donnent à la réflexion politique de base un phrasé et un rythme étonnants.
Une interprétation transcendante.
Mais surtout la distribution transcende la pièce en donnant à la discussion politique et morale une belle intériorité. Ils ont des idées mais ce ne sont pas des abstractions, comme on le reproche souvent à Sartre. Le duo Hoederer/Hugo trouve en deux comédiens suisses, Joan Mompart-Hugo et Roland Vouilloz-Hoederer, une incarnation vibrante et une curieuse fascination réciproque. Le tourmenté angoissé, Hugo, n’est pas si éloigné du “réaliste” Hoederer et le final achèvera de les réconcilier. Enfin le rôle de Jessica permet à la jeune Berdine Nusselder de donner toute la mesure de son talent. D’origine hollandaise, formée à l’Insas, elle parle le français avec l’accent charmeur de Jane Birkin avec la blondeur pulpeuse craquante de Marylin Elle passe en douceur de son statut de femme enfant capricieuse à celui de femme libre et responsable. Une grande performance.
Philippe Sireuil redonne donc à Sartre force, beauté et humour. Incontournable.
Christian Jade (RTBF.be)
フクシマ | ふくしま | 福島 | FUKUSHIMA
[taken during Radioactivity 2013, song by Kraftwerk, 3D live in Esplanade Singapore, 25/04/2013 | Nikkor 50mm. f/1.4. iso 600. 1/60]
3 years of cynicism, lies, disinformation about the disaster.
Tepco, its contractors, the Japanese administration and the omnipotent nuclear lobby, trying their best to make us forget that the 3 reactors are still burning inside and emitting highly radioactive water, poisoning the environment, that the 3 coriums (estimated to be 4 times bigger and terribly more toxic and hot than the one of Tchernobyl, thanks to reactor's 3 MOX) are still hot and digging their way into the earth, that it will take thousands of years to see the radiation starting to disappear, that thousands of people will die every year from tricky, insidious and invisible poison...
3 ans de cynisme, mensonges, désinformations sur le désastre.
Tepco, ses sous-traitants, l'administration japonaise et l'omnipotent lobby nucléaire, faisant de leur mieux pour nous faire oublier que les 3 réacteurs brûlent toujours de l'intérieur, que des eaux terriblement radioactives s'en échappent, empoisonnant l'environnement, que les 3 coriums (estimés à 4 fois la taille de celui de Tchernobyl et horriblement plus toxiques et chauds, grâce au MOX du réacteur 3) sont toujours chauds, creusant leur chemin à travers la croûte terrestre, que ça prendra des milliers d'années pour commencer à voir disparaître la radiation, que des milliers de gens mourront chaque année d'un poison insidieux, invisible...
Le pavillon Russe donc. Le père de Danaé, Acrisios, l'emprisonne dans une tour d'airain quand un oracle lui prédit qu'il sera tué par son petit-fils. Zeus parvient toutefois à entrer dans la tour sous la forme d'une pluie d'or qui tomba sur la princesse. De cette union naît un fils, Persée.
ENGLISH :
The russian pavilion. Via the myth of Danae, Vadim Zakharov manifest artistically against vulgarity, lust, narcissism, demagoguery, lies, banality, greed, cynicism, theft, speculation, waste, gluttony, envy , stupidity.
Danae's father, Acrisius imprisons her in a brazen tower when an oracle predicted that he will be killed by his grandson . However, Zeus managed to enter the tower as a golden rain that fell on the princess. From this union was born a son, Perseus.
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Outlining a Theory of General Creativity . .
. . on a 'Pataphysical projectory
Entropy ≥ Memory ● Creativity ²
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Study of the day:
"... The production of motive power is due, ... not to an actual consumption of calories, but to its transport from a warm body to a cold body, ie to restore its balance, balance assumed broken for any reason whatsoever ... it takes place not only for steam engines, but for all fire machines, ie for any machine which engine is the caloric. The heat can obviously be a movement source only under the changes in volume or form it causes to the bodies, these changes are not due to a constant temperature, but due to alternatings between heats and colds, yet to heat any substance one must have a warmer body , and to cool it, we need a colder body. ... "
( Sadi Carnot - 1824 - Thoughts about the motive power of fire and about the machineries able to develop this power. )
"... La production de la puissance motrice est donc due, ..., non à une consommation réelle du calorique, mais à son transport d’un corps chaud à un corps froid, c’est-à-dire à son rétablissement d’équilibre, équilibre supposé rompu par quelque cause que ce soit, ... cela a lieu, non seulement pour les machines à vapeur, mais aussi pour toute machine à feu, c'est-à-dire pour toute machine dont le calorique est le moteur. La chaleur ne peut évidemment être une cause de mouvement qu'en vertu des changements de volume ou de forme qu'elle fait subir aux corps ; ces changements ne sont pas dus à une constance de température, mais bien à des alternatives de chaleur et de froid : or, pour échauffer une substance quelconque il faut un corps plus chaud qu'elle; et pour la refroidir, il faut un corps plus froid. ..."
( Sadi Carnot - 1824 - Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance )
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A C T I O N of the day : Sign up the petition & tell your friends to do so . .
G A Z A _ : _ A R R Ê T E Z _ L E _ M A S S A C R E _ !
G A Z A _ : _ S T O P _ T H E _ B L O O D S H E D _ !
Avaaz means “Voice” in many Asian, Middle Eastern and Eastern European languages. Avaaz.org is a new global web movement with a simple democratic mission : to close the gap between the world we have, and the world most people everywhere want.
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and more . .
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La bêtise et le cynisme sont-ils les derniers noms d'Entropie ?
En Birmanie ? En Chine ? En Tchétchénie ? A Guantanamo ? A Gaza & Ashkelon ? . .
. . ou dans notre vertueuse Europe, qui donne des leçons de Droits de l'Homme . .
. . tout en méprisant, traquant et rejetant ses propres . . indésirables ?
Are silliness and cynicism the last names of Entropy ?
In Burma ? In China ? In Tchétchénie ? In Guantanamo ? In Gaza & Ashkelon ?. .
. . or in our virtuous Europe giving human rights lessons
. . while scorning, tracking and rejecting our own . . unwelcomes ?
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| . rectO-persO . | . E ≥ m.C² . | . co~errAnce . | . TiLt . |
La jeunesse n'est pas une période de la vie,
elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l'imagination, une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années :
on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande
comme l'enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements
et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages
de la nature, de l'homme et de l'infini.
Si un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme
et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Général Mac Arthur, Normal Instructor & Primary Plan ,1945.
Traduction de Youth de Samuel Ulman (1840-1924)
Le Dr Protze recommande :
“La collection d’affiches C’était mieux tantôt stimule le cynisme du public tout en éveillant son goût pour la culture populaire du milieu du XXe siècle. La zone du cerveau correspondant au second degré se trouve ainsi fortement sollicitée, ce qui augmente localement l’acidité de l’humeur cervicale. Humeur tempérée par la qualité de l’image qui, par le biais du nerf optique, vient caresser les axones du sujet et l’appaiser. Le patient se retrouve alors parcouru d’un léger sursaut d’amusement et de fascination que l’on peut rapprocher, qui de la sensation d’ingestion d’un carré de chocolat, qui d’un orgasme, qui de la satisfaction ressenti par le placement judicieux d’un bon mot lors d’un déjeuner d’affaire. Je recommande donc une thérapie basée sur la consultation régulière de ces œuvres pour la bonne santé et la joie de tout un chacun.”
> JM Guillaume : directeur du pôle image
> Damien Delhostal : président du syndicat des typographes
> Guillaume Boit : responsable du département du verbe
MEETIC
Elle a fini par quitter son mari.
Depuis, Madame Lapin rêve…
D'une nouvelle vie. D'une nouvelle Chance.
Du grand Amour. Le vrai, celui-çi.
Du Prince Charmant qui va avec et qui tarde à se manifester.
Dans son attente, Madame Lapin se démerde.
Elle jongle avec son découvert, déteste ses collègue de bureau et dévore les magazines qui lui promettent les kilos en moins, le ré-enchantement à petit prix et les bonnes adresses pour danser entre copines divorcées.
Madame rêve… de sens, d'envers de l'endroit.
Dans l'espoir que sa Vie cesse de lui poser des lapins.
Bienvenue dans la Vie Quotidienne de Madame Lapin.
Camilo Castelo Branco (Lisbonne, 1826 – São Miguel de Ceide, 1890) est un écrivain portugais. La vie agitée de Camilo, comme on l'appelle affectueusement, a été aussi riche en événements et aussi tragique que celle de ses personnages : fils naturel d'un père noble et d'une mère paysanne, il est très tôt resté orphelin. Marié à seize ans avec Joaquina Pereira, il connut d'autres passions tumultueuses, dont l'une le mena en prison : celle pour Ana Plácido qui devait devenir sa compagne. Fait vicomte de Correia-Botelho en 1885, pensionné par le gouvernement, il connut cependant une fin de vie des plus pénibles : perclus de douleurs et devenu aveugle, il finit par se suicider. À travers son œuvre très féconde (262 volumes), Castelo Branco s'est intéressé à presque tous les genres : poésie, théâtre, roman historique, histoire, biographie, critique littéraire, traduction. On y retrouve le tempérament et la vie de l'auteur : la passion fatale s'y lie au sarcasme, le lyrisme à l'ironie, la morale au fanatisme et au cynisme, la tendresse au blasphème. Camilo Castelo Branco, cherchant les sources nationales, expliquera qu'il a « déserté les drapeaux des maîtres français1 » pour retourner à la description des usages et coutumes portugais. Il traduit Chateaubriand, et essayera d'écrire une version portugaise de La Comédie humaine.
Cet écrivain à l'imagination vive, au style communicatif, naturel et coloré, au vocabulaire riche et nuancé, est un maître de la langue portugaise. Amour de perdition, publié en 1862, est, d'après Miguel de Unamuno le plus grand roman d'amour de la Péninsule Ibérique. Écrit en 1840, lorsque Camilo était en prison pour ses amours avec une femme mariée, il relate la passion clandestine de deux jeunes gens, Simão et Teresa, passion à laquelle s'ajoute l'amour de Mariana, une fille du peuple qui s'éprend de Simão, tout en continuant à lui servir de messagère auprès de Teresa.
Pierre dans mon objectif et sur @europe1 ce dimanche de 11h à midi #enbaladeavec photo prise dans les coulisses du @theatrehebertot où il reprendra le #Petitélogedelanuit Pierre ne rentre pas dans le cadre, il sert le public avant de se servir, comme la servante des coulisses éclaire son visage dans l’obscurité, avec élégance. J’aime ses silences, ce que sa modestie l’empêche de dire, le public l’exprime dans son amour. Avec plus de 60 ans de métier et à 83 printemps, Pierre reste un éternel gamin. Espiegle et sensible. J’aime l’idée qu’après toutes ces années de carrière, il soit encore en haut de l’affiche dans les derniers films de @sophiemarceau et de @danyboon (Mme Mills, une voisine si parfaite et #unechtitefamille). La classe Pierre, la vraie, celle des hommes libres qui rêvent encore.
un « pessimiste joyeux » au coeur tendre, un acteur qui traverse le temps, presque indifférent au cynisme des hommes, en être libre. @PierreRichardPR #enbaladeavec à réécouter absolument ;) ici : dlvr.it/QHlwcp #podcast @europe1 le dimanche de 11h à 12h
Bravo Meryl Streep ! j'adhère à vos propos ...
« Je n'ai plus de patience pour certaines choses, non pas parce que suis devenue arrogante, mais tout simplement parce que je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne veux pas perdre plus de temps avec ce qui me blesse ou avec ce qui me déplaît. Je n'ai aucune patience pour le cynisme, la critique excessive ni pour les exigences d'une nature quiconque. J'ai perdu la volonté de plaire à celui qui n'aime pas, d'aimer à celui qui ne m'aime pas et à sourire à celui qui ne veut pas me sourire. Je ne dédie plus une seule minute à celui qui ment ou à celui qui veut manipuler. J'ai décidé de ne plus vivre avec la prétention, l'hypocrisie, la malhonnêteté et l'éloge pas cher. Je n'arrive pas a tolérer l'érudition sélective et l'arrogance académique. Je n'ai pas à m'adapter plus avec les affaires du voisinage ou avec le commérage. Je déteste les conflits et les comparaisons. Je crois à un monde de contraires et c'est pour ça que j'évite des gens ayant un caractère rigide et inflexible. En amitié, je n'aime pas le manque de loyauté ni la trahison. Je ne m'entends pas bien avec ceux qui ne savent pas donner un compliment et qui ne savent pas encourager. Les exagérations m'ennuient et j'ai du mal à accepter ceux qui n'aiment pas les animaux. Et pour couronner le tout, je n'ai aucune patience pour ceux qui ne méritent pas ma patience.» Meryl Streep
Damien Saez - Sonnez Tocsin Dans Les Campagnes
Sonnez tocsin dans les campagnes
Allez camarade debout
Des coups dpioche et des perspectives
Entre le ciel et le ciment
Y a des cocktails dans les bagnoles
Des CRS en farandole
Cest sûr niront au paradis
Que ceux qui brûlent de lalcool
Sécuritaires nos avenues
Ont pris le goût des cimetières
Y a des virus aux hémisphères
Et se i-phones dans les sphincters
Satellitaires sont nos alcôves
Entre les vierges qui je suis
Emportez-moi dans la tourmente
Les freins ont lâché dans la pente
Sonnez tocsin dans les campagnes
Allez camarades debout
Entre les tours les illusoires
Et puis le cris des abattoirs
Puisquici on a peur de tout
Des éphémères sur les grands lacs
Pays jadis feu de cultures
Toi dis-moi la bonne aventure
Des somnifères sur la colère
Faut des pansements sur la misère
La jeunesse a tété le sein
Des dictatures de nos besoins
Du cynisme des gouvernements
Puisque le bon peuple est content
Puisquon crie police à tous vents
Surtout pour protéger largent
Aux armes citoyens des pleurs
Quoi te dire dautre quil est lheure
De libérer les horizons
Des contingents de nos armées
Devant nous lavenir enfin
Pour un meilleur au bout du poing
Et des printemps sous les flocons
Y a de lespoir à nos chansons
Allez marchons vers la grand route
Au gré des ombres calcinées
Pour aller faire monter du souffre
Les égouts dans les beaux quartiers
Moi dans mes contes pour mes enfants
Y a des solitudes au calmant
Et du carbone dans les naufrages
Des pétroliers cherchant la plage
Moi dans mes contes pour mes enfants
Y a des solitudes au calmant
Et des polices au paradis
Dun monde qui meurt à crédit
Aux agneaux égorgés au loin
Le chant du coq dans le lointain
A lorée des grands champs de blé
Ma campagne a le poing lié
Scotché à la lisière du bois
Petit poucet cherche pourquoi
Ses parents lont abandonné
Au grands vents des communicants
Cest fini le temps des instruits
Le temps des populaires aussi
Fini le temps des littéraires
Finies les latines les racines
Au bon dos de nos origines
Finie la parole sacrée
Fini les ni bon dieu ni maître
Fini le chant des rossignols
Oublié le temps des muguets
Fini salut à toi mon frère
Bonjour le temps des paradis
Au-dessus des comptes bancaires
Aux armes citoyens des pleurs
Quoi te dire dautre quil est lheure
De libérer les horizons
Des contingents de nos armées
Devant nous lavenir enfin
Pour un meilleur au bout du poing
Et des printemps sous les flocons
Y a de lespoir à nos chansons
Allez marchons vers la grand route
Au gré des ombres calcinées
Pour aller faire monter du soufre
Les égouts dans les beaux quartiers
Moi dans mes contes pour mes enfants
Y a des solitudes au calmant
Et du carbone
Dans les naufrages
Des pétroliers cherchent la plage
"Inversion de la courbe du chômage, retour de la croissance, baisse des dépenses publiques, hausse de l’indice CAC40, … Nous sommes quotidiennement confrontés à ces indicateurs omni-présents dans le discours politique. Ils structurent notre représentation du monde et des objectifs collectifs que notre société se fixe. De passionnants débats ont lieu entre économistes sur la pertinence de ces indicateurs et sur les a priori – voire l’idéologie – que certains chiffres sous-entendent, mais ces réflexions restent souvent confinés à des cercles d’expert.
Les mains courantes qui longent les nombreux escaliers des collines de la Croix-Rousse et de Fourvière à Lyon m’ont donné le prétexte pour interroger photographiquement ces indicateurs. En réalisant ce travail, j’ai été surpris de constater les similitudes entre les questions des statisticiens et celle du photographe : sélection du cadre, du point de vue, composition, choix du moment de la mesure, clarté,…"
"Inversion de la courbe" : Nouvelle série sur mon site internet / "Reversal of the curve" : New serie on my website : www.pierresuchet.com/?page_id=795
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Péripéties de la vie d'Anne-Marie Stretter.
Anne-Marie Stretter est née un vendredi de mai 1950 à Berne, elle vit désormais à Puiseaux :
Il se peut que toutes les histoires d'amour suivent la même trajectoire - parle d'une voix basse et lente - jouissances: le tableau préféré d'Anne-Marie Stretter est “Les barques aux Saintes-Maries” de Van Gogh - acte: à l'automne 1999 Anne-Marie Stretter décida de ne plus parler à Charlotte Pitt - a peur de tout, est impassible et émerveillée. Adore les menhirs… Anne-Marie Stretter et Sally Hawkins sont liés par un dévouement réciproque… un beau visage, une chevelure mégalomane… une peau délicate, des yeux d'un cynisme absolu, lèvres pincées, est d'une réserve qui confine au mystère… tâche :Anne-Marie Stretter gagne sa vie comme peintre - même si ce fait n'est pas remarquable, Anne-Marie Stretter est née 1950 à Berne. "essaie de fuir les histoires compliquées" ou "la consolation de l'incertitude ne vient qu'avec le temps" sont les sentences préférées d'Anne-Marie Stretter, haines: Anne-Marie Stretter redoute les prophéties.
Rencontre avec une icône de saison et voeux soufflés
Dans un grand magasin de jouets, du coté des peluches, Lily-Soleil s’émerveille. Je la prends par la main et je lève la tête pour apercevoir du coin de l'oeil l’antre du Père-Noël. La petite fille en moi se réveille. L’on entre par la petite porte dans un autre royaume de peluches, là, je découvre le vieil homme à la barbe blanche, seul devant son bureau de bois, en train d’écrire dans un épais grimoire. Il est habillé de ses plus belles parures, il nous sourit avec une douceur de neige. La petite ouvre grand les yeux sans rien n’y comprendre.
Il me demande doucement son nom qu’il inscrit de sa plume entre ses pages. Ses yeux brillent de bonté, sa barbe de poils laiteux est on ne peut plus vraie, la petite fille en moi est aux anges. Jamais je n’avais rencontré un aussi beau Père-Noël. Nous sommes seuls, écartés du brouhaha des fêtes, il est magnifique. À le voir ainsi, je m’attends presque à voir débarquer un lutin enchanté. La petite sur ma hanche écarquille ses grands yeux bleus. Il me demande son âge :
- Elle a 13 mois…
- Ah! C’est un âge assez critique…
Sans que l’on ait besoin d’échanger en de longues phrases, je comprends vite son point. Trop grande pour se laisser faire, trop petite pour assimiler le concept! Lily-Soleil regarde le vieux monsieur sans trop savoir sur quel pied danser. Je cherche des yeux Juan égaré. Ne le voyant point venir, je me lance et dépose délicatement la petite sur un genou de cet incroyable Père Noël, elle se tortille en grimaçant. Elle me tend les bras, prête à se rebeller, je la reprends avant qu’elle ne se fâche...
Juan nous retrouve enfin. Il salue le Père Noël. Aux cotés de son père, Lily-Soleil étudie la situation avec circonspection. L'on discute deux minutes. Cependant, ne voulant point briser la magie de l'instant, l'on s'efface poliment. C’est avec un petit regret que je quitte ce vieil homme tranquille qui réveille si vivement mon imaginaire…
D'ailleurs, pour les enfants, n'est-ce pas là que réside toute la magie de Noël? Dans l'imaginaire? Dans l'idée magique d'un monde merveilleux qui existe en parrallèle du nôtre? Dans un monde qui sublime l'instant de quelques lumières féeriques tout en nous incitant à être meilleur? À ressentir la paix et l'amour en son coeur. À souhaiter que disparaisse les soufrances, les solitudes et que le bonheur rayonne partout dans le monde...
Par ma fenêtre des flocons de neige allègent l'atmosphère blafarde. Ils ne font pas légion mais sont bien mignons en cette veille de fête. Ils m'arrachent un sourire matinal. J'attrape au vol un zeste de magie de Noël, je l'inspire et le dépose en mes meilleurs voeux que je vous souffle en ces quelques mots:
Que les pensées des enfants soient douces,
Que la misère s'éclaire de quelques sourires,
Que l'espoir brille dans le coeur des plus démunis,
Que le cynisme des adultes s'étiole quelques secondes.
À vous qui lisez ces quelques mots,
Que cette période des fêtes vous soit belle
et remplie de moments agréables.
JOYEUX NOËL 2006
Le Dr Protze recommande :
“La collection d’affiches C’était mieux tantôt stimule le cynisme du public tout en éveillant son goût pour la culture populaire du milieu du XXe siècle. La zone du cerveau correspondant au second degré se trouve ainsi fortement sollicitée, ce qui augmente localement l’acidité de l’humeur cervicale. Humeur tempérée par la qualité de l’image qui, par le biais du nerf optique, vient caresser les axones du sujet et l’appaiser. Le patient se retrouve alors parcouru d’un léger sursaut d’amusement et de fascination que l’on peut rapprocher, qui de la sensation d’ingestion d’un carré de chocolat, qui d’un orgasme, qui de la satisfaction ressenti par le placement judicieux d’un bon mot lors d’un déjeuner d’affaire. Je recommande donc une thérapie basée sur la consultation régulière de ces œuvres pour la bonne santé et la joie de tout un chacun.”
> JM Guillaume : directeur du pôle image
> Damien Delhostal : président du syndicat des typographes
> Guillaume Boit : responsable du département du verbe
en gare de valence, une semaine après la fin des éléctions présidentielles. alors que le numéro date d'avant (14 avril - 20 avril). même si ce journal est (je crois) de gauche, il tire la sonnette d'alarme par rapport à ce petit nicolas...
un très bon ami à moi m'a envoyé l'article en .pdf, et je l'ai restitué, car c'est assez surprenant, même déroutant...
le texte est assez long, mais j'aimerais que tout les francophones prennent le temps de le lire!
(for non-french speaking people : i'm sorry, i can't translate all this text, maybe try google translator...)
Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler
le vrai sarkozy
Glaçant ! Il a dit glaçant.Mais s’il ne l’avait pas dit ? Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus – retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime – sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national.
Comme si Sarkozy faisait peur.
Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante
d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison. Or, cela n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatissent ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent. Tant le personnage fait peur.
Ses Mots pour le dire
Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses réactions ? La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce n’était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag ! Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop.Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »
Insultes…
C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs…qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à FrançoisBayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier :« Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho,tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP. Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre ! Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L’enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !
Il n’a plus besoin d’intervenir
Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore :parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « Je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. » On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est ce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ? Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère.
Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?
Les confrères étrangers osent,eux !
Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go: « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung de Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite post fasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.
La peur de la trappe
En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ? Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n’ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.
Catherine Nay entre les lignes
Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre. Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours :son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »
Il n’a pas le droit de le dire
Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de «bonapartiste» ? L’hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique deVillepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient,
en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou ! Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en haut! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)
Et, pourtant, en privé, ils le disent
Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. «Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français
savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. » Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?), renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui. » « La France, c’est du cristal », dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin. Dominique deVillepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. » D’autres brodent : « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier – du moins tout fort –, de «malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique» mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.
Comme une bande des «cités»
Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence « digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar,
alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait “leur en cuire”. » L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine
Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités – énergie, ténacité –, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. » Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a «de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. «Oui, c’est vrai, reconnaît l’un deux, il antagonise, il clive,il joue les uns contre les autres avec la plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire…
Un lourd secret
Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite. C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.
Il est de droite, et après ?
Oui, Sarkozy, en son tréfonds – et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître –, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’«orgueilleuse» prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de
Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business. Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak. Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son «populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines,
le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité. Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Eglise de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.
Cette vérité interdite
Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs. Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au
fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire. Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas ! « Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui même.Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »
Plus fort que lui…
Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment
battre un record. » Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas s’empêcher. » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cettesalve :« L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les
trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut être, un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied – dixit une de ses victimes au sein de l’UMP – à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !
Il suffit de l’écouter
Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors «je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise un jour, comme à la marâtre de Blanche-Neige, qu’il n’est « plus la plus belle ». C’est pourquoi, d’ailleurs – et même ses proches s’en effarent –, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs. Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou lapolémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.
Il est « le seul qui… »
Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en
corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit : « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants. Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et «faire». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier,d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !
Double discours
Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement : « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés – et avec quelle violence ! –, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes, sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’ils’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier, préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.
Comme on assassine tous les concurrents…
A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, eut emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire. C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé en machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire du oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social français, n’était-il pas conscient qu’il favorisait de la sorte le camp du non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi, moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie
cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.
Faillite morale, dit-il
Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle ! Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom – société Arnault Claude-Nicolas Sarkozy –, ce qui s’avère d’autant
plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes –, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est ce la quintessence du moralisme intégral? Est-ce une moralité sans faille qui permit àThierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier)? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires)
avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?
Un système clanique
Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public. Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop !, on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine «ripouïsation» d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dûre gagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres. Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany. C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4000 à 6000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.
Qui sont ses soutiens ?
Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide : Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ? Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivainYasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble
de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.
« L’identité nationale », parlons-en…
Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale »? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain »? Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il se sentait souvent « un étranger dans son propre pays »? Qui regretta que la France ait brandi son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak? Qui stigmatisa, depuis l’Amérique, « l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU? Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon? Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi ! Citons, presque au hasard : « Ilyena combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j’y resterai le temps nécessaire » (2005). « Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » «Racaille, le vocable était sans doute un peu faible.» « Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004). « Maintenant, dans les réunions publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005). « Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. » « Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée» (1995). « Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter. La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages). « Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. » « La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. » « Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992). « Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. » On nous dira, ensuite : il faut lui faire
confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?
Le vrai danger
On évoque obsessionnellementle danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire – concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu – et il peut l’être –, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays. Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy. Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale. Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger. S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !.
Place publique, Fonderie Darling, Montréal
Les volutes de fumée sont à l’honneur cet été sur la place publique de la Fonderie Darling. Le trio à l’humour décapant BGL a choisi d’investir l’espace en y présentant Chicha Muffler, une installation participative qui nous invite à adopter le rythme lent du narguilé. Renversant une voiture, les artistes Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière ont délogé des entrailles du bolide le pot d’échappement, métamorphosant du même coup la pièce mécanique en pipe à eau collective. Spontanément, l’opération fait sourire, mais fidèle à la manière de faire du collectif, le geste n’est pas gratuit. Sous des airs festifs, un questionnement sur nos modes de vie et notre rapport à l’environnement nous est lancé.
Avec Chicha Muffler, BGL s’attaque une fois de plus à cette icône de la consommation et d’une certaine manière de vivre nord-américaine qu’est la voiture. Après en avoir notamment sculpté un modèle grandeur nature en bois (Perdu dans la nature, 1998) et s’en être servie pour parader dans les rues de Québec (Montrer ses trophées, 2005), le trio met ici son usage traditionnel en échec, au profit d’un usage collectif qui favorise à la fois le plaisir et l’échange. À l’encontre des comportements individualistes qu’engendre la conduite automobile, Chicha Muffler peut devenir la prémisse de rencontres et de discussions des plus variées et des plus hétéroclites. Cette réciprocité souhaitée est à l’image du calumet de paix qui venait sceller une entente entre les individus et les peuples. Mélange des genres et des cultures, cette œuvre se présente comme une proposition ouverte adressée aux visiteurs de la Fonderie Darling et aux quidams, travailleurs ou résidants du quartier.
Une invitation qui suggère, à qui l’accepte, d’adopter une posture pour le moins ambiguë. En effet, la finalité du moteur n’est plus le silencieux, mais bien la bouche des participants. En créant ce véhicule hybride nouveau genre, BGL ne manque pas de faire un pied-de-nez à la rectitude politique ambiante. Submergés par une rafale de réglementations et de campagnes de sensibilisation anti-tabac que nous sommes, il est plutôt incongru de nos jours de se voir proposer de fumer. D’un côté, l’État suggère fortement aux citoyens de ne pas fumer, mais d’un autre, il juge que ce geste (pour toutes sortes de raisons) relève d’un choix individuel. Se faufilant dans cet interstice, le trio met également au jour notre propension à analyser toute situation en termes de risque. Est-ce que cette installation est sécuritaire? Est-elle hygiénique? Chicha Muffler teste ainsi nos seuils de tolérance individuels et collectifs. Elle se joue des limites, manœuvrant au sein des méandres des règlements municipaux, tout comme elle amalgame passé et présent.
L’œuvre revêt ainsi une symbolique forte. La Place publique est dans les faits une simple rue fermée à la circulation et le point de rencontre de celle-ci, une voiture mise à carreau. Halte au sein de la trame animée de la ville, l’intervention permet de revoir nos rapports aux autres et à la ville et d’en générer de nouveaux. Salutaire temps de réflexion au regard de notre choix collectif de privilégier la voiture (malgré une timide volonté de favoriser les transports alternatifs) et de cette manière trop souvent fonctionnelle de concevoir et appréhender la ville. Un moment de réflexion qui peut également revêtir un caractère intimiste en interrogeant nos croyances, nos valeurs et ce qu’il en reste.
Texte : Annie Hudon Laroche
BGL
BGL se présente comme un trio de sculpteurs hirsutes de la Capitale qui travaillent ensemble depuis leur sortie de lʼUniversité de Laval en 1996. Aux allures de terrain de jeu qui propose aux visiteurs une expérience artistique ludique hors du commun, leurs installations engagent autant notre perception que notre sens critique. Le bricolé, le home-made, se retrouvent dans la majorité de leurs œuvres, faites à partir de matériaux urbains et d’icônes médiatiques recyclées, dont la facture pourrait se rapprocher des patenteux du Québec. Mais le cynisme latent, les paradoxes visuels et conceptuels, l’ambiguïté entre art et non art, contrarient l’aspect fait main pour lui donner toute une dimension philosophique.
7. Après une heure de marche, ayant pris de l'altitude, un peu de ciel nous accueillit dans un climat plus clément. Je vis là comme une sorte de récompense à notre bravoure, à moins que ce ne fut juste un peu plus de cynisme de la part de notre destin.
À lui seul, avec sa fougue, son authenticité, son honnêteté et son humour Jack Layton nous a prouvé qu’on peut faire de la politique de façon personnelle, qu’on peut s’adresser aux cœurs des électeurs. Il a planté une semence qu’on souhaite fertile: le début de la fin du cynisme ambiant. Un merveilleux héritage. (extrait du Blog de Marie Plourde)
Place de Clichy 20/06/2018 18h09
Cynisme dans la rue...
ParisPeople (more candid and non-candid street shots of people made in Paris)
© Stéphane Massa-Bidal | Retrofuturs.com
greeting card generator, générateur de cartes de voeux, Generador de tarjetas de felicitación
This year, I will not send greeting card, you will do it for me !
I provide a site, a greeting card generator anti-crisis. A simple, minimalist, the greeting card that will make you forget all the other cards and the crisis.
Fuck The Crisis is just the dose of art, luxury, laugh to start the new year.
Arating agency has given you a bad grade and you have not lost your smile?
Send your greeting cards from The fuck Crisis
It's right it takes! It's funny and fresh, with a touch of cynicism.
Stéphane Massa-Bidal | Retrofuturs.com
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Cette année, je ne ferai pas de carte de voeu. C'est vous qui la ferez !
Je mets à disposition un site, un générateur de carte de voeux anti-crise. Un outil simple, minimaliste, la carte de voeu qui vous fera oublier toutes les autres cartes de voeux et la crise.
The Fuck Crisis, c'est juste la dose d'art, de luxe, de rire pour commencer la nouvelle année.
Vous avez perdu votre triple A et vous n'avez rien perdu de vôtre pétillant ?
Envoyez vos voeux depuis The Fuck Crisis !
C'est pile ce qu'il faut ! C'est drôle et frais, avec une pointe de cynisme.
Stéphane Massa-Bidal | Retrofuturs.com
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Este año, no se desea la tarjeta. Eres tú quien lo hará!
He seleccionado un sitio, un generador de tarjetas de felicitación anti-crisis. Un simple y minimalista, la tarjeta de felicitación que le hará olvidar todas las otras tarjetas y la crisis.
Fuck The Crisis es la dosis de arte, el lujo, la risa para empezar el nuevo año.
Las agencias de calificación le ha dado una mala nota y no ha perdido su sonrisa?
Enviar sus felicitaciones a la Fuck The Crisis !
Es justo que se necesita! Es divertido y fresco, con un toque de cinismo.
Stéphane Massa-Bidal | Retrofuturs.com
A l'évidence j'emprunte le titre au sieur Simak.
Mais ici la réalité est loin d'être évidence. Ils sont là à même la street, l'asphalte rivée au coussinet... Des trognes hurleuses pour seule harangue.
Ils se pourlèchent ; de babines et de reconnaissance.
Ils sont nés là où ça caille, là où c'est moche et noir, là où ça pue la ville. Ils sont sans pitié, habitués à défendre, en griffes et en crocs, le bout de gras des dépotoirs. Mais, funérailles, ils font honneurs à nos déchets....
La bande est leur seul horizon. Ils ont renoué avec, comme par instinct. La bande est sans foi ni loi. Avec nos ornières, on pourrait dire que la bande est cruelle. Mais la bande offre aussi un peu de sécurité, de la châleur, du réconfort. Et oui les chiens se lèchent aussi... Et puis, ils leur arrivent même de se poser des questions : qu'est-ce qu'une cité ? Qu'est-ce qu'un Sapiens ? Qu'est-ce que la guerre...
La bande, c'est ce qui reste quand toute idée de civilisation a disparu.
J'ai bien compris que les quinze affreux gnomes de ma Rosa nés l'avant-veille ne connaîtraient pas le même destin que les ienches de la ville interlope.
Ceux-là, même en terre africaine, sont nés dans un havre où le maître éprouve parfois plus de tendresse pour les bêtes dites serviles que pour le genre dit humain.
Mais le maître est naïf. En agissant de la sorte, il va produire des cabots bobos... des corniauds heureux sous leur bulle. Des innocents aux pattes pleines de courses épiques. Des privilégiés du genre canin. Ceux-là qui, s'ils veulent un jour se confronter aux plaisirs canailles, devront affronter la rue... Renouer avec la bande... et ce faisant apprendre aussi à combattre.
Equation insolvable... Demain, les chiens n'auraient donc pas plus d'avenir ?
Aujourd'hui déjà, demain sans doute, quelques Hommes se lèvent, se lèveront pour agir dans ces territoire No Man's land, histoire de prêter assistance aux chiens perdus, aux chiens déplacés, aux chiens maltraités. A coup de subventions, de programmes alimentaires, de distribution de médicaments, il sauront comment palier à l'essentiel, sans jamais pouvoir résoudre le fond du problème.
Quant à ceux qui croient encore que je n'évoque ici que le destin des chiens, je ne saurais trop leur conseiller de porter un collier, juste pour voir l'effet que ça fait... ou de relire l'histoire de Diogène, maître ès-cynisme qui du haut de son tonneau aboyait quelques vérités aux hommes.
Parce qu'autrement, demain les chiens, par jeu, viendront s'enquérir de la santé de l'arbre... Les doutes levés, ils soulèveront doucement la patte histoire de pisser tranquille contre son tronc.
Les chiens, les chiennes, le registre est facile à manier. Je l'admet... chiens galeux, chiens serviles, chiens de sa chienne, chiens d'infidèles, chien de faïence, chien des Baskerville, chiendent... demain, les chiens, toutes babines retroussés, sortiront de l'anonymat... Ce jour-là on ne pourra pas faire comme si on ne savait pas...
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Sinon, Youri ou Patrice sont partis et je n'ai même pas su leur dire vraiment combien ils allaient me manquer... C'est égoïste l'amitié. Cela comporte une bonne dose de solitude à combler, une forte charge d'amour platonique et puis quelques idées en partage, des rêves d'îles méditerranéennes ou la tièdeur d'une bière mousseuse en communion.
Il ne me reste deux potes de bringue et de joyeuse nuité : Bruno et Angela...
Et puis un de ces amours possibles, une branche à laquelle se raccrocher... Ah Silvia est-ce que tu te souviens encore du temps de ta jeunesse. Et le « quando, belta splendea » qui suivait ? Et toi Huda Ali, te reverrais-je et pour combien de temps ? Un jour ? Un mois ? Une seconde ?
Tant pis si on ne s'en souvient pas d'ailleurs, il reste au moins le nom d'un léopard casanovien pour ranimer notre mémoire. Un léopard filou, un drôle de félin. Au fond une belle manière de conclure sur un sujet dédié aux chiens.
Place publique, Fonderie Darling, Montréal
Les volutes de fumée sont à l’honneur cet été sur la place publique de la Fonderie Darling. Le trio à l’humour décapant BGL a choisi d’investir l’espace en y présentant Chicha Muffler, une installation participative qui nous invite à adopter le rythme lent du narguilé. Renversant une voiture, les artistes Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière ont délogé des entrailles du bolide le pot d’échappement, métamorphosant du même coup la pièce mécanique en pipe à eau collective. Spontanément, l’opération fait sourire, mais fidèle à la manière de faire du collectif, le geste n’est pas gratuit. Sous des airs festifs, un questionnement sur nos modes de vie et notre rapport à l’environnement nous est lancé.
Avec Chicha Muffler, BGL s’attaque une fois de plus à cette icône de la consommation et d’une certaine manière de vivre nord-américaine qu’est la voiture. Après en avoir notamment sculpté un modèle grandeur nature en bois (Perdu dans la nature, 1998) et s’en être servie pour parader dans les rues de Québec (Montrer ses trophées, 2005), le trio met ici son usage traditionnel en échec, au profit d’un usage collectif qui favorise à la fois le plaisir et l’échange. À l’encontre des comportements individualistes qu’engendre la conduite automobile, Chicha Muffler peut devenir la prémisse de rencontres et de discussions des plus variées et des plus hétéroclites. Cette réciprocité souhaitée est à l’image du calumet de paix qui venait sceller une entente entre les individus et les peuples. Mélange des genres et des cultures, cette œuvre se présente comme une proposition ouverte adressée aux visiteurs de la Fonderie Darling et aux quidams, travailleurs ou résidants du quartier.
Une invitation qui suggère, à qui l’accepte, d’adopter une posture pour le moins ambiguë. En effet, la finalité du moteur n’est plus le silencieux, mais bien la bouche des participants. En créant ce véhicule hybride nouveau genre, BGL ne manque pas de faire un pied-de-nez à la rectitude politique ambiante. Submergés par une rafale de réglementations et de campagnes de sensibilisation anti-tabac que nous sommes, il est plutôt incongru de nos jours de se voir proposer de fumer. D’un côté, l’État suggère fortement aux citoyens de ne pas fumer, mais d’un autre, il juge que ce geste (pour toutes sortes de raisons) relève d’un choix individuel. Se faufilant dans cet interstice, le trio met également au jour notre propension à analyser toute situation en termes de risque. Est-ce que cette installation est sécuritaire? Est-elle hygiénique? Chicha Muffler teste ainsi nos seuils de tolérance individuels et collectifs. Elle se joue des limites, manœuvrant au sein des méandres des règlements municipaux, tout comme elle amalgame passé et présent.
L’œuvre revêt ainsi une symbolique forte. La Place publique est dans les faits une simple rue fermée à la circulation et le point de rencontre de celle-ci, une voiture mise à carreau. Halte au sein de la trame animée de la ville, l’intervention permet de revoir nos rapports aux autres et à la ville et d’en générer de nouveaux. Salutaire temps de réflexion au regard de notre choix collectif de privilégier la voiture (malgré une timide volonté de favoriser les transports alternatifs) et de cette manière trop souvent fonctionnelle de concevoir et appréhender la ville. Un moment de réflexion qui peut également revêtir un caractère intimiste en interrogeant nos croyances, nos valeurs et ce qu’il en reste.
Texte : Annie Hudon Laroche
BGL
BGL se présente comme un trio de sculpteurs hirsutes de la Capitale qui travaillent ensemble depuis leur sortie de lʼUniversité de Laval en 1996. Aux allures de terrain de jeu qui propose aux visiteurs une expérience artistique ludique hors du commun, leurs installations engagent autant notre perception que notre sens critique. Le bricolé, le home-made, se retrouvent dans la majorité de leurs œuvres, faites à partir de matériaux urbains et d’icônes médiatiques recyclées, dont la facture pourrait se rapprocher des patenteux du Québec. Mais le cynisme latent, les paradoxes visuels et conceptuels, l’ambiguïté entre art et non art, contrarient l’aspect fait main pour lui donner toute une dimension philosophique.
Place publique, Fonderie Darling, Montréal
Les volutes de fumée sont à l’honneur cet été sur la place publique de la Fonderie Darling. Le trio à l’humour décapant BGL a choisi d’investir l’espace en y présentant Chicha Muffler, une installation participative qui nous invite à adopter le rythme lent du narguilé. Renversant une voiture, les artistes Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière ont délogé des entrailles du bolide le pot d’échappement, métamorphosant du même coup la pièce mécanique en pipe à eau collective. Spontanément, l’opération fait sourire, mais fidèle à la manière de faire du collectif, le geste n’est pas gratuit. Sous des airs festifs, un questionnement sur nos modes de vie et notre rapport à l’environnement nous est lancé.
Avec Chicha Muffler, BGL s’attaque une fois de plus à cette icône de la consommation et d’une certaine manière de vivre nord-américaine qu’est la voiture. Après en avoir notamment sculpté un modèle grandeur nature en bois (Perdu dans la nature, 1998) et s’en être servie pour parader dans les rues de Québec (Montrer ses trophées, 2005), le trio met ici son usage traditionnel en échec, au profit d’un usage collectif qui favorise à la fois le plaisir et l’échange. À l’encontre des comportements individualistes qu’engendre la conduite automobile, Chicha Muffler peut devenir la prémisse de rencontres et de discussions des plus variées et des plus hétéroclites. Cette réciprocité souhaitée est à l’image du calumet de paix qui venait sceller une entente entre les individus et les peuples. Mélange des genres et des cultures, cette œuvre se présente comme une proposition ouverte adressée aux visiteurs de la Fonderie Darling et aux quidams, travailleurs ou résidants du quartier.
Une invitation qui suggère, à qui l’accepte, d’adopter une posture pour le moins ambiguë. En effet, la finalité du moteur n’est plus le silencieux, mais bien la bouche des participants. En créant ce véhicule hybride nouveau genre, BGL ne manque pas de faire un pied-de-nez à la rectitude politique ambiante. Submergés par une rafale de réglementations et de campagnes de sensibilisation anti-tabac que nous sommes, il est plutôt incongru de nos jours de se voir proposer de fumer. D’un côté, l’État suggère fortement aux citoyens de ne pas fumer, mais d’un autre, il juge que ce geste (pour toutes sortes de raisons) relève d’un choix individuel. Se faufilant dans cet interstice, le trio met également au jour notre propension à analyser toute situation en termes de risque. Est-ce que cette installation est sécuritaire? Est-elle hygiénique? Chicha Muffler teste ainsi nos seuils de tolérance individuels et collectifs. Elle se joue des limites, manœuvrant au sein des méandres des règlements municipaux, tout comme elle amalgame passé et présent.
L’œuvre revêt ainsi une symbolique forte. La Place publique est dans les faits une simple rue fermée à la circulation et le point de rencontre de celle-ci, une voiture mise à carreau. Halte au sein de la trame animée de la ville, l’intervention permet de revoir nos rapports aux autres et à la ville et d’en générer de nouveaux. Salutaire temps de réflexion au regard de notre choix collectif de privilégier la voiture (malgré une timide volonté de favoriser les transports alternatifs) et de cette manière trop souvent fonctionnelle de concevoir et appréhender la ville. Un moment de réflexion qui peut également revêtir un caractère intimiste en interrogeant nos croyances, nos valeurs et ce qu’il en reste.
Texte : Annie Hudon Laroche
BGL
BGL se présente comme un trio de sculpteurs hirsutes de la Capitale qui travaillent ensemble depuis leur sortie de lʼUniversité de Laval en 1996. Aux allures de terrain de jeu qui propose aux visiteurs une expérience artistique ludique hors du commun, leurs installations engagent autant notre perception que notre sens critique. Le bricolé, le home-made, se retrouvent dans la majorité de leurs œuvres, faites à partir de matériaux urbains et d’icônes médiatiques recyclées, dont la facture pourrait se rapprocher des patenteux du Québec. Mais le cynisme latent, les paradoxes visuels et conceptuels, l’ambiguïté entre art et non art, contrarient l’aspect fait main pour lui donner toute une dimension philosophique.
Raymond, c'est l'image. Claudine, c'est le son. Ils étaient tous les deux au Comoedia à Lyon vendredi 8 Juin pour présenter, en avant-première, leur film "Journal de France".
Rien que pour le son, le film vaut le déplacement. En commençant par celui, récurrent dans le film, de l'obturateur de la chambre que Depardon promène à travers la France. Et pour celui des rushes, notamment :
- la diction exaspérante de Giscard expliquant à son staff, avec un total cynisme, leur intérêt à ne rien dire, ni rien faire pour gagner sans risque l'élection de 1974
- l'interview des mercenaires européens en Afrique en 1968, préfigurant l'explosion du mercenariat dans les guerres contemporaines
- celles des flics dans leur fourgonnette décrivant une scène de suicidé, sur le ton d'une blague banale
- les cris des gens au passage des chars soviétiques pendant le Printemps de Prague
- le dialogue de deux mondes, deux logiques, au tribunal, entre une juge d'instruction et un jeune inculpé
- la voix de Claudine Nougaret, dans la période de leur rencontre, pendant que la caméra de Raymond la filme, en gros plan, amoureusement.
Côté image, trop de choses à dire sur le film. Après le débat, je n'ai pas pris de photo de Raymond Depardon. Guillaume, à deux mètres devant moi dans la file d'attente, s'en est très bien chargé. Et je garde pour moi la dédicace que Raymond m'a fait dans mon exemplaire de "images politiques".
Une excellente soirée. Allez voir ce film qui sort demain en salle
en gare de valence, une semaine après la fin des éléctions présidentielles. alors que le numéro date d'avant (14 avril - 20 avril). même si ce journal est (je crois) de gauche, il tire la sonnette d'alarme par rapport à ce petit nicolas...
un très bon ami à moi m'a envoyé l'article en .pdf, et je l'ai restitué, car c'est assez surprenant, même déroutant...
le texte est assez long, mais j'aimerais que tout les francophones prennent le temps de le lire!
(for non-french speaking people : i'm sorry, i can't translate all this text, maybe try google translator...)
Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler
le vrai sarkozy
Glaçant ! Il a dit glaçant.Mais s’il ne l’avait pas dit ? Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine génétique, qu’on était en
quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus – retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime – sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien
ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de stigmatiser le leader du Front national.
Comme si Sarkozy faisait peur.
Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne de Jörg Haider avait
tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques,
telles qu’on n’en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante
d’avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute trahison. Or, cela
n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s’aplatissent ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s’écrasent. Tant le personnage fait peur.
Ses Mots pour le dire
Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de
ses réactions ? La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre
délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser
la gueule » parce qu’il aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce
n’était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant
aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag !
Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop.Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a
cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes
demerde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ». Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »
Insultes…
C’est d’« enculés » que se font traiter les confrères d’une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs…qu’il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d’être favorable à FrançoisBayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier :« Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho,tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-
Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ? L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMP. Il reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi
agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre ! Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait
l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. L’enquête en question a
été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n’est pas bon. Ça eût dérangé !
Il n’a plus besoin d’intervenir
Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris
Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore :parce qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « Je connais très bien votre patron. Je sais ce
qui se passe dans votre rédaction. » On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est ce la crainte qu’il suscite, la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou
prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ? Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas
de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consoeur de LCI se dit « terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère.
Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c’est
le gaullisme. Je voulais, j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?
Les confrères étrangers osent,eux !
Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go: « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung de
Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l’homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIXe siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un
George Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite post fasciste de la péninsule (qui s’est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique
identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une
grave menace pour la démocratie.
La peur de la trappe
En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ? Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n’ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d’une nuée
de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat :
out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur. Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.
Catherine Nay entre les lignes
Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ; mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre perspective que celle dont sa personne
dessine l’horizon, sur un autre monde que celui dont il occupe le centre. Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement qui l’obsède et rythme ses discours :son propre changement, dont il fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay, j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres, dur, brutal… Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui
reprochent ses adversaires pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je n’avais pas mesuré. »
Il n’a pas le droit de le dire
Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de «bonapartiste» ? L’hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert, siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement pour déclarer Dominique deVillepin passible de l’asile d’aliénés. Un talentueux éditorialiste de droite convient,
en coulisse, qu’il y a « un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est tabou !
Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste
Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du général Franco. Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre d’en
haut! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : « Sarkozy : il gardera son calme. »)
Et, pourtant, en privé, ils le disent
Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent (ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer. Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. » Sa principale faiblesse ? Son manque total d’humanisme. «Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarkozy écrase tout sur son passage. Si les Français
savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. » Un des plus importants hiérarques de l’UMP, officiellement soutien fervent du candidat (comment faire autrement ?),
renchérit : « Sarkozy, c’est le contraire de l’apaisement. Chirac, vous verrez, on le
regrettera. Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la révolte aujourd’hui. » « La France, c’est du cristal », dit, inquiet, Jean-Pierre Raffarin. Dominique deVillepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense pas moins… que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent d’atteindre à la hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement), ou Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. » D’autres brodent : « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier – du moins tout fort –, de «malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et, justement, il y
a encore trois semaines, on se communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce « démocrate-chrétien jésuitique» mais, enfin, on ne va pas « laisser la France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier populiste romain dénoncé par Cicéron.
Comme une bande des «cités»
Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher ». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du doigt, menacé de représailles, ostracisé par le clan avec une violence « digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires de Colmar,
alors que Balladur était donné gagnant par tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy. Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait “leur en cuire”. » L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine
Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il avait déjà ses qualités – énergie, ténacité –, et ses défauts, dont j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il comblerait son
inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. » Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a «de la graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui
seul peut les faire gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et soulignent volontiers sa violence. «Oui, c’est vrai, reconnaît l’un deux, il antagonise, il clive,il joue les uns contre les autres avec la
plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain, confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit, il se densifie. » Voire…
Un lourd secret
Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que les médias s’interdisent,
ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur
américain à passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière n’étant
pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de barre à droite. C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a priori cette incarnation.
Il est de droite, et après ?
Oui, Sarkozy, en son tréfonds – et même si on l’a convaincu de ne plus rien en laisser paraître –, est « atlantiste » et entend rompre avec la politique gaulliste d’« orgueilleuse» prise de distance à l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où celui-ci triomphait ;
oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en font plus le disciple de
Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans leurs entreprises ». Tout est business. Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak. Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son «populisme » de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé. Enfin, même si sa proximité avec la droite
néofranquiste espagnole ou berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré », loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il déroule, depuis quelques semaines,
le déporte loin du centre, le qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême gauche, est une stupidité. Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite Jean Jaurès ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de soutenir « l’Eglise de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac une amnistie contre son
soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc, on ne retient pas.
Cette vérité interdite
Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs. Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au
fond des souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous aucun prétexte, le dire. Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas ! « Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni l’intuition, ni
l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au sens, où, peut-être, de considérables
personnages historiques le furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF, officiellement intégré à la meute « de
Sarkozy » : « On dit qu’il est narcissique, égotiste. Les mots sont faibles. Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui même.Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard possible serait tourné vers son monde intérieur. Il se voit, il se voit même constamment, mais il ne voit plus que ça. »
Plus fort que lui…
Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité, est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner, se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer
son tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait constamment
battre un record. » Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne peut pas
s’empêcher. » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cettesalve :« L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est mort, il ne manque plus que les
trois dernières pelletées de terre. » Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un
jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas
de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut être, un leader politique n’avait aussi systématiquement
pris son pied – dixit une de ses victimes au sein de l’UMP – à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches. » Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ». Vis-à-vis
des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse ! Jamais !
Il suffit de l’écouter
Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire parfois, sa propre préférence. Jamais hors «je ». Ce « je » qui, à l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise
un jour, comme à la marâtre de Blanche-Neige, qu’il n’est « plus la plus belle ». C’est pourquoi, d’ailleurs – et même ses proches s’en effarent –, il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à faire l’éloge de la violence sociale… des marins pêcheurs. Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas satisfaire son
contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou lapolémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que celles qui le plébiscitaient.
Il est « le seul qui… »
Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse d’intervenir pour en
corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux, Pascal Bruckner (qui
pourtant le soutient), explique que, loin de s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit : « J’ai pu apprécier votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres intervenants. Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques. Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être » et «faire». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le premier,d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort, « une garde rapprochée »
comme on dit, mais aussi de porte-serviettes et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles et de transfuges. Avec eux, peu de risques !
Double discours
Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement : « Un candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés – et avec quelle violence ! –, la stratégie guerrière de l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes,
sa phase brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’ils’agissait d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était inconcevable
qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois, il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin, son président de la République et son Premier ministre. D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition, mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier,
préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait, évidemment, d’achever Villepin.
Comme on assassine tous les concurrents…
A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une société de revêtement, eut
emmené le dossier à son lieutenant, Brice Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore, prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire de l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui il voyait un adversaire. C’est lui encore qui fit distiller, dans la presse, de quoi faire continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream transformé en machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand, dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire du oui au référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social français,
n’était-il pas conscient qu’il favorisait de la sorte le camp du non et, par voie de conséquence,
plombait le pauvre Jean-Pierre Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi, moi qui ai profité de toutes les occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui, l’unique, le point central, qui porte et justifie
cette cohérence. Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes, d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.
Faillite morale, dit-il
Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle ! Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire, financé l’aménagement, est-ce un exemple
d’attitude hautement morale ? Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après vente à la découpe, de continuer à porter son nom – société Arnault Claude-Nicolas Sarkozy –, ce qui s’avère d’autant
plus intéressant qu’on continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes –, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est ce la quintessence du moralisme intégral? Est-ce une moralité sans faille qui permit àThierry Gaubert d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut, un temps, l’un des principaux rouages? Est-ce sous le drapeau de la moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier Schuller en particulier)? Les rapports d’affaires (ou de tentatives d’affaires)
avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés sous le signe de l’intégrisme moral? Le soutien constant apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en être abstenu ?
Un système clanique
Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est, fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée
gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à présider l’établissement public. Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de député, hop !, on la nomma au Conseil économique et social.
Devenu, à tort ou à raison, le symbole d’une certaine «ripouïsation» d’un demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant socialiste en Algérie française, dûre gagner précipitamment la métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et en blessèrent d’autres. Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand
ami le député-maire de Levallois Patrick Balkany. Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la mairie, accablé
par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick Balkany.
C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4000 à 6000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats
Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les contentieux.
Qui sont ses soutiens ?
Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité candide : Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry
Mariani, Manuel Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui. Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ? Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivainYasmina Reza, de très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés, y compris les plus faisandés des ex-
petits marquis mitterrandolâtres, ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé pour dépeindre l’ensemble
de ses adversaires en défenseurs de la fraude, de la délinquance et de la décadence morale.
« L’identité nationale », parlons-en…
Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de « l’identité nationale »? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain »? Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il se
sentait souvent « un étranger dans son propre pays »? Qui regretta que la France ait brandi
son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak? Qui stigmatisa, depuis l’Amérique,
« l’arrogance » dont aurait fait preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU? Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon? Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la rubrique « Ils
ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans, illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi !
Citons, presque au hasard : « Ilyena combien qui peuvent se permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus difficiles et j’y resterai le temps
nécessaire » (2005). « Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » «Racaille, le vocable était sans doute un peu faible.» « Vous savez pourquoi je suis tellement
populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004). « Maintenant, dans les réunions
publiques, c’est moi qui fais les questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005). « Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. » « Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée» (1995). « Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les tensions. Plus
la société est fragile, moins le discours doit être brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la rassurer, non de l’inquiéter. La réforme doit être comprise comme un ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages). « Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. » « La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. » « Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez d’afficher, de
manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques Chirac » (juin 1992). « Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se faire aimer, poser en tenue décontractée. » On nous dira, ensuite : il faut lui faire
confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?
Le vrai danger
On évoque obsessionnellementle danger Le Pen. Il existe un risque, en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau
coup à notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose, lui, contrairement à son adversaire – concurrent de droite (à l’égard duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu – et il peut l’être –, ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains, lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart
des institutions du pays. Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite dans le métro parce qu’elle
était ironique à l’égard de Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré, parce que ses
propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy. Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance, l’anti-France et la faillite morale. Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard – quitte, ensuite, à nous en demander compte – que nous avons écrit qu’il représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et de la République un formidable danger. S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !.
Rencontre avec une icône de saison et voeux soufflés
Dans un grand magasin de jouets, du coté des peluches, Lily-Soleil s’émerveille. Je la prends par la main et je lève la tête pour apercevoir du coin de l'oeil l’antre du Père-Noël. La petite fille en moi se réveille. L’on entre par la petite porte dans un autre royaume de peluches, là, je découvre le vieil homme à la barbe blanche, seul devant son bureau de bois, en train d’écrire dans un épais grimoire. Il est habillé de ses plus belles parures, il nous sourit avec une douceur de neige. La petite ouvre grand les yeux sans rien n’y comprendre.
Il me demande doucement son nom qu’il inscrit de sa plume entre ses pages. Ses yeux brillent de bonté, sa barbe de poils laiteux est on ne peut plus vraie, la petite fille en moi est aux anges. Jamais je n’avais rencontré un aussi beau Père-Noël. Nous sommes seuls, écartés du brouhaha des fêtes, il est magnifique. À le voir ainsi, je m’attends presque à voir débarquer un lutin enchanté. La petite sur ma hanche écarquille ses grands yeux bleus. Il me demande son âge :
- Elle a 13 mois…
- Ah! C’est un âge assez critique…
Sans que l’on ait besoin d’échanger en de longues phrases, je comprends vite son point. Trop grande pour se laisser faire, trop petite pour assimiler le concept! Lily-Soleil regarde le vieux monsieur sans trop savoir sur quel pied danser. Je cherche des yeux Juan égaré. Ne le voyant point venir, je me lance et dépose délicatement la petite sur un genou de cet incroyable Père Noël, elle se tortille en grimaçant. Elle me tend les bras, prête à se rebeller, je la reprends avant qu’elle ne se fâche...
Juan nous retrouve enfin. Il salue le Père Noël. Aux cotés de son père, Lily-Soleil étudie la situation avec circonspection. L'on discute deux minutes. Cependant, ne voulant point briser la magie de l'instant, l'on s'efface poliment. C’est avec un petit regret que je quitte ce vieil homme tranquille qui réveille si vivement mon imaginaire…
D'ailleurs, pour les enfants, n'est-ce pas là que réside toute la magie de Noël? Dans l'imaginaire? Dans l'idée magique d'un monde merveilleux qui existe en parrallèle du nôtre? Dans un monde qui sublime l'instant de quelques lumières féeriques tout en nous incitant à être meilleur? À ressentir la paix et l'amour en son coeur. À souhaiter que disparaisse les soufrances, les solitudes et que le bonheur rayonne partout dans le monde...
Par ma fenêtre des flocons de neige allègent l'atmosphère blafarde. Ils ne font pas légion mais sont bien mignons en cette veille de fête. Ils m'arrachent un sourire matinal. J'attrape au vol un zeste de magie de Noël, je l'inspire et le dépose en mes meilleurs voeux que je vous souffle en ces quelques mots:
Que les pensées des enfants soient douces,
Que la misère s'éclaire de quelques sourires,
Que l'espoir brille dans le coeur des plus démunis,
Que le cynisme des adultes s'étiole quelques secondes.
À vous qui lisez ces quelques mots,
Que cette période des fêtes vous soit belle
et remplie de moments agréables.
JOYEUX NOËL 2006