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Alfred Stevens. 1823-1905. Paris. Le bain.The bath. 1867.

Paris Orsay.

 

Peintre Belge, il fait une carrière essentiellement parisienne mais reste en contact étroit avec son pays natal. Elève d'Ingres, il est l'ami de Manet et de Berthe Morisot. Il reste longtemps en retrait par rapport au style impressionniste, avant d'en subir l'influence à la fin de sa carrière. Il a été très apprécié de son temps pour ses portraits de jeune femme à la mode.

 

A Belgian painter, he made a career mainly in Paris but remained in close contact with his native country. Pupil of Ingres, he is the friend of Manet and Berthe Morisot. He remained a long way behind the impressionist style, before being influenced at the end of his career. He was much appreciated in his time for his portraits of fashionable young woman.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

La comtesse Kessler. Countess Kessler. vers 1886.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Jeune fille tenant un livre. Young girl holding a book. vers 1888. Paris.

Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Gian Giacomo Sementi. 1550-1636. Rome.

La Mort de Cléopâtre. The Death of Cleopatra. 1627. Turin Sabauda.

Elève de Guido RenI. Peintre représentatif du premier Baroque encore très classique.

Pupil of Guido Reni. Representative painter of the first Baroque still very classical.

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris. Naïade. Naiad. vers 1875.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

  

Mythologie grecque et romaine. Les naaïdes sont des nymphes des eaux douces. Les Nymphes sont des divinités féminines mineures de la Nature. Les nymphes se répartissent en divinités des eaux salées, du ciel, des arbres et de la forêt....

 

Mythology Greek and Roman. The naaids are freshwater nymphs. The Nymphs are minor female divinities of Nature. The nymphs are divided into divinities of salt water, sky, trees and forest ....

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Jean Jacques Henner. 1829-1905. La Frileuse. The chilly woman 1904. Mulhouse.

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme. La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec Bouguereau. son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing

   

William Bouguereau. 1825-1905. Paris. Flore et Zéphyr. Flora and Zephyr. 1875. Mulhouse. Musée des Beaux Arts.

 

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1880.

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques, dont William Bouguereau fait partie, vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1880.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters, including William Bouguereau, will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

   

Natalia Gontcharova. 1881-1962. Paysans cueillant des pommes. Peasants picking apples. 1911. Moscou. Galerie Tretiakov. Exposition temporaire Fondation Louis Vuitton. Paris.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

 

Pierre Puvis de Chavannes. 1824-1898. Paris.

La pêcheuse. The fisherwoman. Louvre.

 

Les thèmes de la peinture de Puvis de Chavannes sont le plus souvent très classiques, très académiques. Mais son style est très moderniste par certains aspects et notamment ses réminiscences de l'esthétique de la "peinture plate" caractéristique de l'art roman et gothique. Pierre Puvis de Chavannes découpe ses sujets très distinctement en silhouettes dont les volumes sont estompés sur un paysage dont la perspective est elle aussi réduite.

 

The themes of Puvis de Chavannes' painting are usually very classical, very academic. But his style is very modernist in certain respects and particularly his reminiscences of the aesthetics of the "flat painting" characteristic of Romanesque and Gothic art. Pierre Puvis de Chavannes cut his subjects very distinctly into silhouettes whose volumes are dimned on a landscape whose perspective is also reduced.

  

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Giovanni Battista Tiepolo. 1696-1770. Venise. La Cène. The Lord's Supper. vers 1745.

Louvre.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR 2

 

deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre tendance, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

 

Au 18è siècle en Italie Giambattista Tiepolo (1696-1770) et ses fils sont des représentants notables du courant coloriste maniériste, baroque, appelé à leur époque le rococo. Avec un siècle d'avance ils privilégient l'esquisse, la touche floue, hachée. Ils pratiquent des effets de lumière tout à fait précurseurs de l'impressionnisme. Leurs thèmes sont toujours ceux de l'Europe catholique : un partage à peu près égal entre les représentations religieuses, traitées sans trop y croire, en sceptiques, car ils sont très représentatifs des Lumières, et les thèmes historiques et mythologiques.

 

THE DRAWING AND THE COLOR 2

 

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

 

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

 

In the 18th century in Italy Giambattista Tiepolo (1696-1770) and his sons are notable representatives of the colourist tradition, mannerist, baroque, called in their time the rococo. With a century in advance they prefer the sketch, the fuzzy, chopped touch. They practice the effects of light which are very precursors of Impressionism. Their themes are always those of Catholic Europe: an almost equal division between religious representations, treated without much belief, as skeptics, for they are very representative of the Enlightenment, and the historical and mythological themes.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

La pointe de la Campanella et l'ïle des Sirènes, le matin.

The point of the Campanella and the island of Sirens, in the morning.

1862.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Jean Jacques Henner. 1829-1905. La femme au divan noir. The woman with the black couch. 1865.

Mulhouse.

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme. La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec Bouguereau. son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing

   

Domenichino. (Le Dominiquin. Domenico Zampieri). 1581-1641. Bologne et Rome. Sainte Cécile avec un ange tenant une partition. Sainte Cécile with an angel holding a score. vers 1618. Louvre. (+856)

Le tableau est inspiré d'une oeuvre de Raphaël

The painting is inspired by a work by Raphael

  

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The Classicism takes different names in different periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

Domenichino (Domenico Zampieri) 1581-1641. Bologne Rome. Renaud et Armide. vers 1620. Louvre.

Le sujet est tiré de "la Jérusalem délivrée" du Tasse (1581) The subject is taken from the "Delivered Jerusalem" of Tasso (1581) (+907)

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

  

Pierre Puvis de Chavannes. 1824-1898. Paris.

Jean Cavalier jouant le choral de Luther devant sa mère mourante. Jean Cavalier playing the chorus of Luther in front of his dying mother.

1851. Lyon. Musée des Beaux Arts.

(Jean Cavalier 1671-1740) est un chef protestant français.

(Jean Cavalier 1671-1740) is a French Protestant leader.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Portrait de femme. (Lola). 1893. Mulhouse. Musée des Beaux Arts.

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme. La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec Bouguereau. son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing

   

Claude Monet. 1840-1926. Paris.

Glaçons sur la Seine à Bougival. Ice on the Seine at Bougival..

Louvre.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Octave Tassaert. 1800-1874. Paris.

Une famille malheureuse. An unhappy family.

Salon de Paris de 1850. Paris Orsay

  

Octave Tassaert n'a pas connu le succès. Ce tableau est bien représentatif d'une oeuvre de qualité dont les sujets sont souvent tirés de la société contemporaine et traités de manière mélodramatique.

 

Octave Tassaert did not succeed. This painting is very representative of a quality work whose subjects are often taken from contemporary society and treated in a melodramatic manner.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris. La Source. The Source. après 1881.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Edouard Manet 1832-1883. Paris. Chez la modiste. At the milliner's. 1881. Paris Orsay. Prêt du Fine Arts Museums de San Francisco. Oeuvre non achevée. Loan from the Fine Arts Museums of San Francisco. Work not completed

  

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Francesco Albani dit l'Albane. 1578-1660. Bologne. Apollon et Daphné. vers 1615. Louvre.

Sujet tiré des Metamorphoses d'Ovide L'Amour a tiré deux flèches, l'une faisant naître l'Amour, l'autre le repoussant. Collection de Louis XIV. Apollon Dieu réputé pour sa beauté n'a jamais été très heureux en amour.

Le style de l'Albane est tout à fait classique même s'il appartient à l'époque baroque.

 

Subject drawn from the Metamorphoses of Ovid Love has drawn two arrows, one arousing Love, the other pushing it back. Collection of Louis XIV. Apollo God renowned for his beauty has never been very happy in love.

The style of the Albane is quite classical even though it belongs to the Baroque

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

L'Albane (Francesco Albani) 1578-1660. Actéon transformé en cerf. Actaeon transformed into deer. vers 1617. Louvre.

 

Sujet tiré des Metamorphoses d'Ovide

Le style de l'Albane est tout à fait classique même s'il appartient à l'époque baroque.

 

Subject drawn from the Metamorphoses of Ovid.

The style of the Albane is quite classical even though it belongs to the Baroque

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

  

Eustache Lesueur. 1616-1655. Paris La muse Terpsichore. (Danse). The muse Terpsichore. (Dance) vers 1655. Louvre. (832)

(décor de l'Hôtel Lambert à Paris).(Decor of the Hotel Lambert in Paris).

Les muses sont les filles de Zeus et de Mnemosyne la déesse de la Mémoire.

 

Eustache Lesueur est un des principaux représentant du classicisme français dans sa version la plus "classique" dite atticiste ( dérivé du nom de la région qui entoure Athènes: l'Attique). Le classicisme européen peut en effet prendre des aspects plus baroque, notamment en France sous Louis XIV.

 

The Muses are the daughters of Zeus and Mnemosyne, the goddess of Memory.

Eustache Lesueur is one of the main representatives of French classicism in its most "classic" version known as Atticist (derived from the name of the region that surrounds Athens: Attica). European classicism can indeed take on more baroque aspects, especially in France under Louis XIV....

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Vue de Tivoli. View of Tivoli. 1859

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Frantisek Janoušek 1890-1943. Prague et Paris. Landscape with Nests. Paysage avec des nids. 1936.

Prague Narodni galerie Veletrzni Palac

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Simon Vouet. 1590-1649. Paris. La Sainte Famille. The Holy Family. Vers 1642. Louvre

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

Théodule Ribot. 1823-1891. Paris.

Saint Sébastien martyr. vers 1865. Paris Orsay.

 

Théodule Ribot a été l'élève de Glaize. Il a fait sa carrière à Paris. Il est classé dans le courant réaliste.

 

Theodule Ribot was the pupil of Glaize. He made his career in Paris. It is classified in the realistic current.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Louis Carrier- Belleuse. 1848-1913. Paris. Porteurs de farine. Carriers of flour. 1885. Paris Petit Palais (Musée des Beaux de la Ville de Paris)

Ecole naturaliste réaliste.

Tous ces peintres de l'école naturaliste-réaliste sont dans la tradition fondée par les peintres des Pays Bas au 17è siècle.

 

Realistic naturalistic school.

All these painters of the naturalistic-realistic school are in the tradition founded by painters of the Netherlands in the 17th century.

  

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1870.

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1870.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Olivier à Tivoli. Olivier to Tivoli. 1859

Paris Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Hélène Loeb future Madame Victor Lyon (1883-1936) Louvre.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Giandomenico Tiepolo.1727-1804. Venise. Rebecca au puits. Rebecca at the well. 1751. Louvre. Ancien Testament.

 

La représentation des épisodes de l'ancien testament en costumes de l'époque du peintre n'est pas un anachronisme dû à une méconnaissance des peintres ou de leurs commanditaires, mais permet d'actualiser les scènes et de les faire mieux comprendre par le public. Symboliquement elle est l'affirmation du caractère toujours actuel des enseignements bibliques.

 

The representation of the episodes of the Old Testament in costumes of the painter's time is not an anachronism due to a lack of knowledge of the painters or their sponsors but allows to update the scenes and make them better understood by the public . Symbolically it is the affirmation of the ever-present character of biblical teachings.

  

LE DESSIN ET LA COULEUR 2

 

deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre tendance, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

 

Au 18è siècle en Italie Giambattista Tiepolo (1696-1770) et ses fils sont des représentants notables du courant coloriste maniériste, baroque, appelé à leur époque le rococo. Avec un siècle d'avance ils privilégient l'esquisse, la touche floue, hachée. Ils pratiquent des effets de lumière tout à fait précurseurs de l'impressionnisme. Leurs thèmes sont toujours ceux de l'Europe catholique : un partage à peu près égal entre les représentations religieuses, traitées sans trop y croire, en sceptiques, car ils sont très représentatifs des Lumières, et les thèmes historiques et mythologiques.

 

THE DRAWING AND THE COLOR 2

 

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

 

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

 

In the 18th century in Italy Giambattista Tiepolo (1696-1770) and his sons are notable representatives of the colourist tradition, mannerist, baroque, called in their time the rococo. With a century in advance they prefer the sketch, the fuzzy, chopped touch. They practice the effects of light which are very precursors of Impressionism. Their themes are always those of Catholic Europe: an almost equal division between religious representations, treated without much belief, as skeptics, for they are very representative of the Enlightenment, and the historical and mythological themes.

  

James Tissot. 1836-1902. Evening dit aussi Le Bal. Evening also says Le Bal. 1878.

Paris Orsay.

 

Le peintre a fait sa carrière d'abord à Londres puis à Paris. Il a été à Londres le peintre de la haute société victorienne.

 

The painter made his career first in London then in Paris. He was in London the painter of the high Victorian society.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Alexandre Rodtchenko. 1881-1956. Construction en blanc. Construction in Withe. 1920. Thessalonique. Musée d'art Contemporain. Exposition temporaire Fondation Louis Vuitton. Paris. )

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Eugène Boudin. 1824-1898. Paris. Deauville. Marine. Seascape. 1894. Mulhouse. Musée des Beaux Arts.

 

UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Portrait de femme rousse. Portrait of red-haired woman.

1886. Mulhouse.

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme. La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec Bouguereau. son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Vierge à l'Enfant. Virgin and Child.1860

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

Copie d'après Giovanni Bellini. Copy after Giovanni Bellini.

 

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1880.

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques, dont William Bouguereau fait partie, vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

Jean Jacques Henner entre précisément dans les cadres de cette période. Jean Jacques Henner a fait une carrière sans heurt, parfaitement bien insérée dans la société de son époque. Pourtant son style très personnel mêle intimement des tendances classiques et d'autres très audacieusement modernistes, anti-académiques. D'une part une peinture aux tonalités sombres, des thèmes tirés de la mythologie, un traitement plutôt traditionnel du portrait.

D'autre part une liberté très grande prise avec la rigueur du dessin, un emploi très audacieux du flou, du tachisme, et des techniques de la peinture plate, sans volume ni perspective.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1880.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters, including William Bouguereau, will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

 

Jean Jacques Henner enters precisely within the framework of this period. Jean Jacques Henner has had a smooth career, perfectly well integrated into the society of his time. Yet his very personal style mixes intimately classical tendencies with others very audaciously modernist, anti-academic. On the one hand a painting with dark tones, themes taken from mythology, a rather traditional treatment of portraiture.

On the other hand a very great freedom taken with the rigor of the drawing, a very audacious use of blur, of tachism, and of techniques of the flat painting, without volume and perspective

  

Giandomenico Tiepolo.1727-1804. Venise. Le Charlatan ou l'Arracheur de dents. The Charlatan or the Tooth-Drainer. vers 1755. Louvre.

Les Tiepolo ont aussi proposé quelques scènes de leur temps, mais très peu en comparaison des peintres des Pays Bas du siècle précédent.

The Tiepolo also proposed some scenes of their time, but very little in comparison with the painters of the Netherlands of the previous century.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR 2

 

deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre tendance, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

 

Au 18è siècle en Italie Giambattista Tiepolo (1696-1770) et ses fils sont des représentants notables du courant coloriste maniériste, baroque, appelé à leur époque le rococo. Avec un siècle d'avance ils privilégient l'esquisse, la touche floue, hachée. Ils pratiquent des effets de lumière tout à fait précurseurs de l'impressionnisme. Leurs thèmes sont toujours ceux de l'Europe catholique : un partage à peu près égal entre les représentations religieuses, traitées sans trop y croire, en sceptiques, car ils sont très représentatifs des Lumières, et les thèmes historiques et mythologiques.

 

THE DRAWING AND THE COLOR 2

 

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

 

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

 

In the 18th century in Italy Giambattista Tiepolo (1696-1770) and his sons are notable representatives of the colourist tradition, mannerist, baroque, called in their time the rococo. With a century in advance they prefer the sketch, the fuzzy, chopped touch. They practice the effects of light which are very precursors of Impressionism. Their themes are always those of Catholic Europe: an almost equal division between religious representations, treated without much belief, as skeptics, for they are very representative of the Enlightenment, and the historical and mythological themes.

  

Domenichino (Domenico Zampieri) 1581-1641. Bologne Rome. Renaud et Armide. vers 1620. Louvre.

Le sujet est tiré de "la Jérusalem délivrée" du Tasse (1581) The subject is taken from the "Delivered Jerusalem" of Tasso (1581)

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

  

Eustache Le Sueur. 1616-1655. Paris. Jésus portant sa croix. Jesus carrying his cross. 1651. Louvre.

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

Edward Burra. 1905-1976. The Snack Bar. 1930. Londres. Tate Britain.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Giandomenico Tiepolo.1727-1804. Venise. Scène de Carnaval ou le Menuet. Carnival scene or the Minuet. vers 1755. Louvre.

 

Les Tiepolo ont aussi proposé quelques scènes de leur temps, mais très peu en comparaison des peintres des Pays Bas du siècle précédent. Surtout les scènes se situent dans un milieu qui n'a rien de paysan, les peintres représentent de préférence l'aristocratie ou une bonne bourgeoisie.

 

The Tiepolo also proposed some scenes of their time, but very little in comparison with the painters of the Netherlands of the previous century. Especially the scenes are situated in an environment that has nothing peasant, the painters preferably represent the aristocracy or a good bourgeoisie.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR 2

 

deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre tendance, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

 

Au 18è siècle en Italie Giambattista Tiepolo (1696-1770) et ses fils sont des représentants notables du courant coloriste maniériste, baroque, appelé à leur époque le rococo. Avec un siècle d'avance ils privilégient l'esquisse, la touche floue, hachée. Ils pratiquent des effets de lumière tout à fait précurseurs de l'impressionnisme. Leurs thèmes sont toujours ceux de l'Europe catholique : un partage à peu près égal entre les représentations religieuses, traitées sans trop y croire, en sceptiques, car ils sont très représentatifs des Lumières, et les thèmes historiques et mythologiques.

 

THE DRAWING AND THE COLOR 2

 

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

 

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

 

In the 18th century in Italy Giambattista Tiepolo (1696-1770) and his sons are notable representatives of the colourist tradition, mannerist, baroque, called in their time the rococo. With a century in advance they prefer the sketch, the fuzzy, chopped touch. They practice the effects of light which are very precursors of Impressionism. Their themes are always those of Catholic Europe: an almost equal division between religious representations, treated without much belief, as skeptics, for they are very representative of the Enlightenment, and the historical and mythological themes.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Vallée de Münster, crépuscule après l'orage. Münster valley, dusk after the storm. 1879.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes qui peuvent parfois l'apparenter aux académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot il peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire. Outre l'esquisse qu'il utilise de manière systématique, "la peinture plate" est une de ses techniques habituelles : atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes, mais il fréquente les peintres de cette tendance et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, he can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses systematically, the "flat painting" is one of his usual techniques: attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques, but he frequents the painters of this tendency and is by no means hostile to them.

 

Glyn Warren Philpot.1884-1937. Repose on the Fligth into Egypt. 1922. Londres. Tate Britain..

Interprétation inhabituelle avec thèmes mythologiques. Centaure, satyre, nymphes Bacchantes Sphynx...

Unusual interpretation with mythological themes. Centaur, satyr, nymphs Bacchantes Sphynx ...

Le catholicisme et la mythologie grecque ? Dans quel but ?

Catholicism and Greek mythology? What purpose ?

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

La Chaste Suzanne. The Chaste Suzanne 1864.

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

  

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes et ses coloris qui peuvent l'apparenter aux peintres académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire.

Outre l'esquisse qu'il utilise de manière très systématique, "la peinture plate", notamment pour les paysages, est une de ses techniques habituelles : Atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes. Notamment pas par l'accent que les impressionnistes mettent sur la luminosité et leur choix d'une peinture claire. Les tonalités dominantes de JJ Henner restent dans la tradition classique : plutôt sombres. Mais il fréquente les peintres impressionnistes et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. It is his themes and colors that can relate him to academic painters. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses very systematically, the "flat painting", particularly for landscapes, is one of his usual techniques: Attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques. Especially not by the emphasis that the impressionists put on the luminosity and their choice of a clear painting. The dominant tones of JJ Henner remain in the classical tradition: rather dark. But he frequents the impressionist painters and is not at all hostile to them.

   

William Bouguereau. 1825-1905. Paris. Dante et Virgile. 1850. Paris Orsay. Combat de deux damnés aux Enfers. Combat of two damned in the Underworld.

 

Bouguereau est un des représentants majeurs de l'école Académique.

Ce tableau est un exemple de sujet romantique traité de manière classique. Le dessin est impeccable et le tableau est parfaitement fini, la touche du pinceau très fine.

 

Bouguereau is one of the major representatives of the Academic School.

This painting is an example of a romantic subject treated in a classic way. The design is impeccable and the painting is perfectly finished, the touch of the brush very fine.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR

 

Le tableau de Guido Reni est une allégorie paisible des relations du Dessin et de la Couleur. Mais en réalité les relations ont été souvent tendues entre le Dessin et la Couleur.

Les deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

Il faut cependant attendre le 16è et "la peinture pleine", c'est dire la peinture imitant parfaitement la nature, la peinture capable de restituer les trois dimensions de notre monde visible, pour que cette distinction apparaisse clairement au travers de l'opposition entre l'école florentine (classique) et l'école vénitienne (coloriste).

Pour certains historiens de l'art Giorgione serait un des premiers peintres à peindre directement son tableau, sans passer par le préalable du dessin.

Giorgio Vasari auteur en 1550 des "Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes" avait critiqué sévèrement le Tintorêt pour sa négligence du dessin : " Ses croquis, dit-il, sont si rudes que les traits de son crayon manifestent plus de force que de jugement et semblent tracés au hasard."

et :" Si, au lieu de s'écarter de la bonne voie, il avait continué le noble style de ses prédécesseurs, il serait devenu un des plus grands peintres que Venise ait jamais eus." Ce en quoi il se trompait lourdement, le jugement du Temps ayant donné raison au Tintoret contre Vasari dont l'ouvrage très intéressant n'est pas exempt d'erreurs. Et en tant que peintre Vasari est estimé fort en dessous du Tintoretto.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre courant, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

Au 19è la France verra l'affrontement entre les néo-classiques (Ingres) et l'Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) d'une part, et d'autre part les peintres romantiques (Delacroix) puis réalistes (Millet, Courbet), les pré-impressionnistes (Ecole de Barbizon) et un peu plus tard les impressionnistes.

Delacroix et l'école romantique annonce déjà très clairement l'Art Moderne.

La fin du 19è siècle et surtout le début du 20è siècle vont être le chant du cygne puis la mort de l'esthétique classique dans la peinture européenne. A partir des Impressionnistes on peut dire que c'est le triomphe de l'esthétique coloriste dans la peinture figurative.

 

THE DRAWING AND THE COLOR.

 

The painting by Guido Reni is a peaceful allegory of the relations between the Drawing and the Color. But in reality the relations have often been strained between the Drawing and the Color.

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

However, we must wait until the 16th century and the "full painting" ie the painting perfectly imitating the nature, the painting capable of reproducing the three dimensions of our visible world, so that this distinction can be seen clearly through the opposition between the Florentine school (classique) and the Venetian school (coloriste).

For some art historians Giorgione would be one of the first painters to paint his array directly on the canvas, without going through the preliminary of the drawing.

Giorgio Vasari, autor in 1550 of the "Lives of the Best Painters, Sculptors and Architects", had severely criticized Tintoretto for his negligence of the drawing: "His sketches," he says, "are so rude that the features of his pencil show more strength than of judgment and seem to be drawn at random. "

And: "If, instead of departing from the right path, he had continued the noble style of his predecessors, he would have become one of the greatest painters Venice ever had." In this he was mistaken, for the judgment of Time having given reason to Tintoretto against Vasari, whose very interesting work is not free of errors. And as a painter Vasari is esteemed far below the Tintoretto.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

In the 19th century, France experienced a confrontation between the neo-classics (Ingres) and the Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) on the one hand, and, secondly, the romantics (Delacroix) then realistics painters (Millet, Courbet ), the pre-impressionists (Barbizon School) and a little later the Impressionists.

Delacroix and the Romantic school already clearly announces the Modern Art.

The end of the 19th century and especially the beginning of the 20th century were to be the song of the swan and then the death of the classical aesthetics in European painting. From the Impressionists one can say that it is the triumph of colorist aesthetics in figurative painting.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Crucifixion. 1860

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

Copie d'après Fra Angelico

 

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1880.

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques, dont William Bouguereau fait partie, vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

Jean Jacques Henner entre précisément dans les cadres de cette période. Jean Jacques Henner a fait une carrière sans heurt, parfaitement bien insérée dans la société de son époque. Pourtant son style très personnel mêle intimement des tendances classiques et d'autres très audacieusement modernistes, anti-académiques. D'une part une peinture aux tonalités sombres, des thèmes tirés de la mythologie, un traitement plutôt traditionnel du portrait.

D'autre part une liberté très grande prise avec la rigueur du dessin, un emploi très audacieux du flou, du tachisme, et des techniques de la peinture plate, sans volume ni perspective.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1880.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters, including William Bouguereau, will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

 

Jean Jacques Henner enters precisely within the framework of this period. Jean Jacques Henner has had a smooth career, perfectly well integrated into the society of his time. Yet his very personal style mixes intimately classical tendencies with others very audaciously modernist, anti-academic. On the one hand a painting with dark tones, themes taken from mythology, a rather traditional treatment of portraiture.

On the other hand a very great freedom taken with the rigor of the drawing, a very audacious use of blur, of tachism, and of techniques of the flat painting, without volume and perspective

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Femme assise au bord d'une fontaine. Woman sitting at the edge of a fountain. vers 1864

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

Le tableau s'inspire de "l'Amour sacré et l'Amour profane" du Titien

(Rome Galerie Borghèse)

The painting is inspired by Titian's "Sacred Love and Secular Love"

(Rome Borghese Gallery)

 

JEAN JACQUES HENNER

 

Jean Jacques Henner est un peintre d'origine alsacienne qui a été actif à Paris. Son style est très personnel, il ne peut être classé dans les grandes écoles de son époque comme l'Académisme, le Naturalisme , le Réalisme ou l'Impressionnisme. Il est très représentatif de son époque justement par le fait qu'il peut difficilement être rattaché à une école. Toute la peinture européenne entre 1815 et 1940 se caractérise par sa grande diversité de styles et de thèmes. La diversité des idéologies qui s'affrontent est un des facteurs de l'instabilité politique et la cause des guerres qui se succèdent, mais en art la période est riche par son pluralisme.

La manière de peindre de Henner est cependant très moderniste. On ne peut pas le confondre avec William Bouguereau. Son style privilégie l'esquisse et le coloris par rapport à la rigueur du dessin. Jean Jacques Henner n'est en aucun cas proche, par le style, des peintres académiques appelés à une certaine époque "peintres pompiers". Ce sont ses thèmes et ses coloris qui peuvent l'apparenter aux peintres académiques. Un peu comme Eugène Delacroix , Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner peut peindre de manière "moderne" de "grands sujets" empruntés à la Mythologie ou à l'Histoire.

Outre l'esquisse qu'il utilise de manière très systématique, "la peinture plate", notamment pour les paysages, est une de ses techniques habituelles : Atténuation des volumes et écrasement de la perspective.

Ces techniques modernistes n'ont nullement fait obstacle à sa désignation pour un Prix de Rome, et plus tard à son élection à l'Académie des Beaux Arts en 1889 au fauteuil de Alexandre Cabanel. Un peintre bien plus académique que lui. Jean Jacques Henner, travaille en atelier et non pas en extérieur, et il n'est pas tenté par les techniques impressionnistes. Notamment pas par l'accent que les impressionnistes mettent sur la luminosité et leur choix d'une peinture claire. Les tonalités dominantes de JJ Henner restent dans la tradition classique : plutôt sombres. Mais il fréquente les peintres impressionnistes et ne leur est nullement hostile.

  

Jean Jacques Henner is a painter of Alsatian origin who was active in Paris. His style is very personal, he can not be classified in the great schools of his time as Academism, Naturalism, Realism or Impressionism. It is very representative of its time precisely because it can hardly be attached to a school. All European painting between 1815 and 1940 is characterized by its great diversity of styles and themes. The diversity of opposing ideologies is one of the factors of political instability and the cause of successive wars, but in art the period is rich in its pluralism. Henner's manner of painting, however, is very modern. It can not be confused with Bouguereau. His style favors sketching and coloring compared to the rigor of the drawing.

Jean Jacques Henner is by no means close, by the style, of the academic painters called at one time "firefighters painters". It is his themes that can sometimes be related to the painters of the academic school. It is his themes and colors that can relate him to academic painters. A bit like Eugene Delacroix, Jean Baptiste Corot, Jean Jacques Henner can paint in a "modern way" "great subjects" borrowed from Mythology or History. In addition to the sketch, that he uses very systematically, the "flat painting", particularly for landscapes, is one of his usual techniques: Attenuation of volumes and crushing of perspective.

These modernist techniques made no obstacle to his designation for a Prix de Rome, and later to his election the Académie des Beaux Arts in 1889 in Alexandre Cabanel's armchair. A painter much more academic than himself. Jean Jacques Henner, works in a workshop and not outdoors, and he is not tempted by Impressionist techniques. Especially not by the emphasis that the impressionists put on the luminosity and their choice of a clear painting. The dominant tones of JJ Henner remain in the classical tradition: rather dark. But he frequents the impressionist painters and is not at all hostile to them.

  

Gustave Dore. 1832-1883. Paris. L'Ascension. The Ascension. 1879. Paris Petit Palais (Musée des Beaux de la Ville de Paris)

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Giovanni Battista Tiepolo. 1696-1770. Le triomphe de David. The triumph of David. vers 1716. Louvre.

Une esquisse. A sketch.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR 2

 

deux courants, le courant du dessin, que l'on peut dire classique, et celui coloriste, traversent une partie de l'histoire de la peinture européenne sous des appellations différentes selon les époques.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre tendance, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Le courant coloriste a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Impressionnisme, Fauvisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Colorisme Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

 

Au 18è siècle en Italie Giambattista Tiepolo (1696-1770) et ses fils sont des représentants notables du courant coloriste maniériste, baroque, appelé à leur époque le rococo. Avec un siècle d'avance ils privilégient l'esquisse, la touche floue, hachée. Ils pratiquent des effets de lumière tout à fait précurseurs de l'impressionnisme. Leurs thèmes sont toujours ceux de l'Europe catholique : un partage à peu près égal entre les représentations religieuses, traitées sans trop y croire, en sceptiques, car ils sont très représentatifs des Lumières, et les thèmes historiques et mythologiques.

 

THE DRAWING AND THE COLOR 2

 

The two currents, the current of the drawing, which can be called classical, and the colorist, traverse part of the history of European painting under different names according to the epochs.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

 

The colorist current has taken various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Impressionism, Fauvism, Expressionism ...

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens ((Colourism Baroque)), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

 

In the 18th century in Italy Giambattista Tiepolo (1696-1770) and his sons are notable representatives of the colourist tradition, mannerist, baroque, called in their time the rococo. With a century in advance they prefer the sketch, the fuzzy, chopped touch. They practice the effects of light which are very precursors of Impressionism. Their themes are always those of Catholic Europe: an almost equal division between religious representations, treated without much belief, as skeptics, for they are very representative of the Enlightenment, and the historical and mythological themes.

  

Wyndham Lewis. 1882-1957. Edith Sitwell. 1923-35. Londres Tate Britain.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

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