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Philipp Otto Runge. 1777-1810.

Matin Morning. 1808

Hamburg Kunsthalle.

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Salvador Dali 1904-1989

Gitan de Figueres Gypsy from Figueres 1923

Madrid Musée Reina Sofia

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Anton Dorph 1831-1914

Jeune femme de pêcheur attendant le retour de son mari

A fisherman's young wife awaiting her husband's

return from sea 1867

Copenhague Collection Hirschsprung

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Rembrandt Harmenszoon van Rijn 1606 1669. Amsterdam

Man with helmet. Homme avec casque sans date.

Groningen. Groninger museum

 

LE BEAU EST UNE EXPÉRIENCE PARTAGÉE

 

"Le monde discerne la beauté, et, par là le laid se révèle. Le monde reconnaît le bien et, par là le mal se révèle."

Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu

LAO TSEU (Laozi)

 

"The world discerns beauty, and hence the ugly is revealed. The world recognizes good and hence evil is revealed."

Dao De Jing, the Book of the Way and Virtue

LAO TSEU (Laozi)

  

"Tout l’art florentin depuis Giotto et tout au long du Quattrocento, possède cette stupéfiante qualité de vérité absolue, reconnue. L’effet immédiat d’un grand Giotto ou d’un Masaccio est de laisser le spectateur sans voix. Cela s’appelait autrefois la Beauté."

MARIE MAC CARTHY "Les Pierres de Florence" 1956.

 

"Everything Florentine art from Giotto and throughout the Quattrocento has this amazing quality of absolute truth recognized. The immediate effect of a large Giotto or Masaccio is to let the audience speechless. It s' once called Beauty. "

MARY MAC CARTHY "The Stones of Florence" 1956.

  

Contrairement à une idée reçue, toute nouvelle, considérée comme une évidence à notre époque, le Beau n'est pas subjectif. Non, le Beau n'est pas seulement une question de goût personnel, un arbitraire total, absolument égocentrique. Le beau n'est pas autiste, il est un partage, même si certaines de ses formes peuvent être plus accessibles à certaines personnes qu'à d'autres, à certaines cultures et pas à d'autres.

La preuve que le Beau existe est qu'il est reconnu et admis de manière unanime par les opinions publiques, et celle des spécialistes, pour des millions d' oeuvres dont les dates de création vont de - 3000 à nos jours. Le Beau est d'ailleurs reconnu, vécu comme une expérience généralement partagée, non seulement dans l'art mais dans tout le spectacle de la Nature.

Il faut laisser de côté les définitions abstraites. Les Philosophes n'ont jamais réussi à donner une définition satisfaisante et incontestable du Beau. Laissons à Platon son Idée d'un Beau transcendant impossible à atteindre. Restons à un niveau plus trivial, celui de la beauté remarquable, concrète : il n'y a absolument aucune discussion sérieuse quant à l'existence du Beau, d'une sensation commune, une émotion poétique, partagée par des millions d'hommes, depuis L'Art Paléolithique, l'Art Egyptien jusqu'à l'Art Moderne, depuis la Chine jusqu'à l'Europe et l'Amérique.

Le Beau ne se définit pas, il se ressent individuellement et collectivement. Individuellement ressenti le beau est seulement subjectif, il n'a d'importance que pour une personne, collectivement ressenti, partagé par les élites et les populations, ensemble, il s'objective. Il devient une réalité à l'échelle d'une collectivité plus ou moins large, et même jusqu'à la Terre entière. Le Beau est tout simplement un fait vérifié par l'expérience de milliers de générations d'humains sur l'ensemble de la Terre.

On peut même soutenir que des trois idées fondamentales Beau, Bien, Vrai, le Beau est la première dont nous pouvons repérer l'apparition avec certitude dans l'histoire des hommes: Parce qu'il laisse des traces que nous constatons. Quand apparait l'idée de Bien? Quand apparaît l'idée de Vrai ?

Le Beau ne se définit pas, il se ressent et il évolue en fonction du temps. Sans doute l'erreur de l'Académisme a-t-elle été de vouloir définir les règles du Beau, in abstracto, et les impressionnistes ont eu très vite raison contre lui.

Le Beau peut prendre des formes différentes selon les cultures ou les civilisations. Il est reconnu comme Beau à l'intérieur de son domaine culturel, mais aussi souvent à l'extérieur.

La peinture des lettrés chinois est très particulière, il est possible à titre individuel de ne pas l'apprécier, mais il serait faux de parler à son propos d'un Art du laid, et elle n'est pas jugée comme tel par l'épreuve du temps et de sa confrontation avec d'autres cultures comme celle occidentale.

Le Beau est tout simplement un fait vérifié par l'expérience de milliers de générations d'humains sur l'ensemble de la Terre. Le tableau de Léonard de Vinci, la Joconde (Mona Lisa) et le succès qu'il rencontre auprès des populations extrême orientales est une preuve de cette universalité du Beau.

Il existe "un sens du Beau, commun à toute l'humanité" qui est indépendant des modes, des religions et des idéologies et même des cultures. Même s'il ne faut pas négliger certaines spécificités ou variabilités tenant à telle culture ou à telle époque. Le constat global reste celui d'un partage du sentiment du beau à l'échelle universelle.

Le beau s'identifie par une intense satisfaction, un sentiment de bonheur, de joie, d'ordre sensuel ou intellectuel qui envahit la personne, c'est son point de départ subjectif . Ce point de départ subjectif qui s'objective par le partage de ce sentiment avec une foule d'autres personnes, de cultures et d'époques différentes, pour parvenir à l'émergence d'une quasi unanimité et d'une quasi universalité.

Le beau est certes un vécu subjectif en ce qu'il est ressenti individuellement, mais il s'objective par l'opinion convergente, formulée au cours du temps, par les peuples et les élites. C'est ce jugement commun des peuples et des élites, cette expérience partagée, qui objective et prouve le Beau.

Ce qui est subjectif ce sont les préférences des individus. Ce qui est subjectif c'est quand une personne préfère les fresques romanes ou l'art du gothique international à la peinture de la Renaissance Italienne.

Quand une personne préfère l'art du paysage ou la peinture de moeurs à la peinture religieuse.

Si on avait dit à Fra Angelico, à Raphaël ou à Rubens que le Beau n'existe pas et est affaire purement subjective, ils auraient haussé les épaules.

Non seulement le sentiment du Beau est un fait d'expérience, un bien commun à l'humanité, qui traverse les temps et les cultures, mais le Beau peut être ressenti alors que les idéologies qui ont inspiré les oeuvres d'art à une époque donnée, dans une région de la Terre, sont mortes en tant que croyances actives.

Il n'est pas nécessaire de croire dans les Esprits, les Dieux Egyptiens, Grecs, Hindous ou dans les Bouddhas pour apprécier la beauté de l'art des cavernes, de l'Egypte antique, de la Grèce, de l'Inde, ou de l'Asie du Sud Est.

De même, les représentations de Dieu et du monde qui sont celles des églises chrétiennes, qui ont été vivantes et profondément significatives pour les populations européennes pendant plus d'un millénaire, peuvent ne plus avoir de sens pour une très large majorité des populations de l'Europe de l'Ouest et du Nord au 21è siècle. Il reste cependant que ces populations, comme d'autres peuples dans d'autres cultures, peuvent reconnaître le Beau dans des oeuvres d'art dont les symboles ne sont plus idéologiquement significatifs pour elles, voire même leur paraissent absurdes. Les croyances changent mais le sentiment du Beau dure.

Le Beau est donc un fait constaté au travers de toute l'histoire des civilisations.

Le Beau est certes une idée, mais pendant des siècles ce n'était pas une idéologie. Et encore moins son contraire le Laid. Les multiples idéologies, le plus souvent religieuses, qui ont habité durant des millénaires l'esprit des hommes ont utilisé l'idée du beau pour soutenir leurs croyances les plus diverses et même opposées.

A partir de la seconde moitié du 20è siècle les élites idéologiques et politiques de l'Occident, athées, ont décidé d' imposer la croyance que le Beau n'existait pas, et de faire croire que le Laid est une valeur recommandable. L'art contemporain officiel en est la démonstration.

L'affirmation que le Beau n'existe pas, est purement subjectif, est une idée fausse, conçue et répandue au cours de la seconde moitié du 20è siècle pour des motifs idéologiques et économiques.

Les motifs idéologiques sont, notamment, que ce relativisme permet de justifier l'Art Laid officiel et que l'art laid est un critère de distinction entre les Eclairés et ceux qui ne le sont pas. L'homme peut en effet inventer des idéologies, des croyances, qui nient le Beau et le Bien. Cette capacité d'invention de croyances les plus diverses et contraires fait la différence entre l'homme et les animaux.

C'est une évolution mais ce n'est pas nécessairement un progrès. Ce peut être, c'est toujours, inévitablement, sous certains aspects, aussi une régression. La capacité d'inventer le Beau rencontre son contraire, celle d'inventer le Laid. Et même, comme dans l'art contemporain officiel, d'en faire une règle, une doctrine. La capacité au Bien est inséparable de celle de faire le Mal. Et la formulation de vérités ouvre toute grande la porte aux mensonges.

Outre les motifs idéologiques, cette affirmation permet aussi de fabriquer et de vendre du Laid, ce qui est une excellente affaire.

 

THE BEAUTIFUL IS A SHARED EXPERIENCE

 

"Everything Florentine art from Giotto and throughout the Quattrocento has this amazing quality of absolute truth recognized. The immediate effect of a large Giotto or Masaccio is to let the audience speechless. It s' once called Beauty. "

MARY MAC CARTHY "The Stones of Florence" 1956.

 

Contrary to an accepted idea, all new, considered as obvious in our time, the Beautiful is not subjective. No, the beautiful is not only a matter of personal taste, a total arbitrary, absolutely egocentric. The beautiful is not autistic, it is a sharing, although some of its forms may be more accessible to some people than others, to some cultures and not to others.

The proof that the Beau exists is that it is recognized and unanimously accepted by the public opinion, and that of the specialists, for millions of works whose creation dates range from - 3000 to the present day. The Beautiful is recognized, lived as an experience generally shared, not only in art, but in all the spectacle of Nature

The abstract definitions must be left aside. The Philosophers have never succeeded in giving a satisfactory and incontestable definition of the Beautiful. Let us leave Plato his idea of a beautiful transcendent impossible to reach. Let's stay at a more trivial level, that of remarkable, concrete beauty : there is absolutely no serious discussion about the existence of Beau, a common sensation, a poetic emotion, shared by millions of men, from Egyptian Art to Modern Art, since China to Europe and America. The Beautiful does not define itself, it is felt individually and collectively. Individually felt the beautiful is only subjective, it only matters for a person, collectively felt, shared by the elites and the people, together, he is objectively. The Beautiful becomes a reality at the scale of a community more or less wide and even to the whole earth. The Beautiful is simply a fact verified by the experience of thousands of generations of humans on the whole Earth.

One can even argue that of the three fundamental ideas, Beautiful, Well, Truth, the Beautiful is the first of which we can spot the appearance with certainty in the history of men: Because the Beautiful leaves traces that we see. When does the idea of the Well appear? When does the idea of Truth appear?

The beautifful is not defined, it is felt and it evolves with time. No doubt the mistake of Academism has been to want to define the rules of the Beautiful, in abstracto, and the impressionists were very quickly right against him .

But there is absolutely no serious discussion about the existence of Beauty, a common sensation, a poetic émotion, shared by millions of people, since the Paleolithic art, the Egyptian Art to Modern Art, from China to Europe and America.

The Beautiful can take different forms according to cultures or civilizations. It is recognized as beautiful inside its cultural domain, but also often outside.

The painting of the Chinese scholars is very particular, it is possible individually not to appreciate it, but it would be wrong to speak about it an Art of the ugly, and it is not judged as such by the the test of time and its confrontation with other cultures like the Western one. The Beautiful is simply a fact verified by the experience of thousands of generations of humans all over the Earth. The painting of Leonardo da Vinci, the Mona Lisa (Mona Lisa) and the success met among the populations of the Far East testify to this universality of the Beautiful.

There is "a sense of beauty, common to all mankind" which is independent of modes, religions and ideologies and even cultures. Even though certain specificities or variability should not be neglected in relation to such a culture or at that time. The overall observation remains that of a sharing of the feeling of beauty on a universal scale.

The beauty is identified by an intense satisfaction, a feeling of happiness, of joy, of sensual or intellectual order that invades the person, it is his subjective starting point. This subjective starting point becomes objective by sharing this sentiment with a multitude of other people, cultures and different eras, in order to achieve the emergence of almost unanimity and almost universality.

The beauty is certainly a subjective experience in that it is felt individually, but it is objective by the convergent opinion, formulated in the course of time, by the peoples and the elites. It is this common judgement of peoples and elites, this shared experience, which objective and proves the beautiful.

 

What is subjective what are the preferences of individuals. What is subjective is when a person prefers Romanesque frescoes or the art of international Gothic painting of the Italian Renaissance. When a person prefers the art of the landscape or the painting of morals to religious painting.

If someone had told to Fra Angelico, Raphaël or Rubens that beauty does not exist and is purely subjective matter, they would have shrugged.

The Beautiful is certainly a subjective, individually felt, but it is objectified by the synthesis of the multiple opinions of peoples and their elites.

Not only is the feeling of the Beautiful a fact of experience, a common heritage of humanity, which passes through times and cultures, but the Beautiful can be felt while the ideologies that inspired the works of art at a certain time, in a region of the Earth, have died as active beliefs.

There is no need to believe in spirits, in the Gods of the Egyptians, Greeks, Hindus or in the Buddhas for to appreciate the beauty of the cave art, or of the ancient Egypt, the Greece, of the India, or of South East Asia. Similarly, the representations of God and of the world, which are those of the Christian churches, which have been alive and profoundly meaningful to European populations for more than a millennium, may no longer make sense for a very large majority of the Western and Northern of the Europe in the 21st century. However, these populations, like other peoples in other cultures, can recognize the Beautiful in works of art whose the symbols are no longer ideologically significant for them, or even appear absurd to them. The beliefs change but the feeling of the Beautiful lasts.

The beautiful is therefore a fact of experience found throughout the history of civilizations.

The beautiful is certainly an idea, but for centuries it was not an ideology. And even less its opposite the Ugly. The multiple ideologies, most often religious, that have inhabited men's minds for thousands of years have used the idea of the beautiful to support their beliefs the most diverse and even opposite.

The assertion that Beauty does not exist, is purely subjective, is a false idea, conceived and spread in the second half of the 20th century for ideological and economic reasons. Man can indeed invent ideologies, beliefs, who deny the Beautiful and the Good. This capacity for invention of the most diverse and contrary beliefs makes the difference between man and animals.

It is an evolution but it is not necessarily a progress. It may be, it is always, inevitably, in some aspects, also a regression. The ability to invent the beautiful meets its opposite, that of inventing the Ugly. And even, as in official contemporary art, to make it a rule, a doctrine. The capacity for good is inseparable from that of doing evil. And the formulation of truths opens the door wide to lies.

The ideological motives are that this relativism makes it possible to justify the ugly art, the academic art , and that the ugly Art is a criterion of distinction between the Enlightened and those who are not.

In addition to the ideological motives, this statement also makes it possible to manufacture and sell the Laid, which is an excellent deal.

   

Quai des Carmes 92, SERAING (Jemeppe)

 

Pumping station

The coal basin of Liège (BE) have been, and still are, affected by ground subsidence or collapses related to the extraction of coal. This subsidence lowers the ground level under the river. This poses important problems, among others obliging the local authorities to install special pumping station systems to collect the sewage and eject it in the river several meters higher.

The first works are firmly in the modern movement, a reaction against academism and the decorative arts. The facades are made of concrete, without masonry equipment. Details such as pediments, bay frames, pilasters or fences are neat and preserve the architecture of excessive functionalism.

The characteristic tower of these buildings is involved in the priming technique of vacuum pumps.

 

A Seraing, les affaissements miniers sont très importants à certains endroits, par conséquent l'écoulement gravitaire des eaux en Meuse n'est plus possible. Le relevage de ces eaux est donc nécessaire en permanence. En conséquence des stations de pompage sont construites près de la rive du fleuve, aux endroits où l'affaissement est le plus important.

Les premiers ouvrages s'inscrivent résolument dans le mouvement moderne, réaction à l'encontre de l'académisme et des arts décoratifs. Les façades sont en béton, sans appareillage de maçonnerie. Les détails tels que frontons, encadrements de baies, pilastres ou clôtures sont soignés et préservent l'architecture d'un fonctionnalisme excessif.

La tour caractéristique de ces bâtiments participe à la technique d'amorçage des pompes par vide d'air.

 

Station de Pompage - Seraing no. 2

 

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photographie argentique film analog photography

compact Leica Minilux / Fuji Sensia 100

B07-213

Jean Dubuffet. 1901-1985. Paris

Société d'outillage. 1964

Aix en Provence. Musée Granet.

  

*****"L'ASSASSINAT DE LA PEINTURE"

 

Joan Miro avait proclamé son intention "d'assassiner la peinture". A la fin de sa vie quelques tableaux, comme "toile brûlée" ou "Sobreteixim" montrent qu'il y est presque arrivé. Mais pas réellement, car l'oeuvre de toute sa vie témoigne en sens contraire : Miro n'est pas parvenu à s'installer dans l'Absurde et le Laid, systématiques, les deux inventions de la peinture contemporaine.

Globalement l'oeuvre de Miro reste marquée par les objectifs de la période appelée de "l'Art Moderne" : Une recherche obstinée du Nouveau, de l'original, mais sans abandon de l'idée que le Beau, la création d'émotions positives à destination d'un public le plus large possible, reste la finalité de l'art.

L'oeuvre de Miro montre l'intention manifeste de créer un art beau, aimable, souriant, humoristique, partagé sinon par le plus grand nombre, tout à moins par un public encore très large.

C'est seulement avec l'Art Contemporain que le Non Sens, conséquence nécessaire de l'art abstrait, se transforme en Absurde, et que le Laid est devenu le but du peintre, à la place du Beau. A quelques exceptions près, comme Georges Mathieu.

Les artistes ne sont responsables qu'en seconde ligne de cette évolution. L'Art de tous les temps est idéologique, il est commandé par des choix politiques et doctrinaux qui sont le fait des élites d'une société. Les artistes, même les plus grands, font ce que leur demande "l'intelligentsia" de leur époque. Les artistes créent pour être reconnus comme tels, et si la réussite passe par le Laid et l'Absurde, bien sûr, ils agissent en conséquence.

Par contre il est intéressant de se demander pourquoi les élites occidentales imposent cet Art du Laid et de l'Absurde.

Les réponses sont multiples, citons seulement deux d'entre elles :

1° Parce que l'Absurde et le Laid permettent aux élites contemporaines de se distinguer de leurs prédécesseurs et de la masse des peuples. Le laid c'était une idée nouvelle et pour une élite idéologique totalement obsédée par le Progrès et la Nouveauté, c'était une bonne idée. D'autre part à une époque où la doctrine politique officielle, exotérique (mais pas la doctrine ésotérique) enseigne que la légitimité politique est dans le peuple, il est d'autant plus urgent de se distinguer de la masse. Et si le Laid et l'Absurde permettent d'afficher sa différence, ils sont bienvenus : L'élite se distinguera en se conformant au Laid et à l'Absurde: un nouvel Académisme, original, jamais vu, est né. Elle en est fière et regarde les peuples du haut de cette originalité fabriquée. Ces peuples dépassés par la modernité, qui en sont restés à l'art beau, ou pire à l'art figuratif, alors qu'eux mêmes pratiquent "la peinture conceptuelle".

 

Et le "Salon des Refusés" est ailleurs : dans la publicité, l'art privé commercial, les peintures murales et les tags.

2° Parce que les Elites ont réussi à obtenir que l'Absurde et le Laid les enrichissent. Car la distinction n'est rien sans la richesse. L'art de tous les temps a été un marché, et il est manifeste que l'Argent a pris une importance tout à fait considérable dans la société contemporaine. Cette évolution, très déterminante dans la culture européenne, est une conséquence de la Réforme protestante et d'une revalorisation de la morale du Premier Testament ( on ne dit plus l'Ancien Testament !) c'est à dire de la Bible Judaïque. La richesse n'est plus suspecte, comme la doctrine catholique ou orthodoxe l' a enseigné pendant plus de 1500 ans, la richesse est au contraire le signe de la Grâce de Dieu, ou de la Faveur du Ciel et de la Raison. Quel soulagement !

Et c'est ainsi qu'un collectionneur d'art contemporain, l'élite, peut proclamer fièrement : "moins je comprends une peinture, plus je l'achète".

  

"THE ASSASSINATION OF PAINTING"

 

Joan Miro had proclaimed his intention to "assassinate the painting". At the end of his life some paintings, like "burned canvas" or "Sobreteixim" show that it is almost there. But not really, because the work of all his life testifies in the contrary direction: Miro has not succeeded to settle in the systematic Absurd and the Laid, the two inventions of contemporary painting.

Overall Miro's work remains marked by the objectives of the period called the"Modern Art": An obstinate search of the New, of the original, but without abandoning the idea that the Beautiful, the creation of positive emotions for the widest possible audience, remains the purpose of Art.

Miro's work shows the obvious intention of creating a beautiful, kind, smiling, humorous art, shared by, if not by the greatest number, unless by a very wide audience.

It is only with the Contemporary Art that the Non-Sens, a necessary consequence of the abstract art, is transformed into Absurd, and that the Laid has become the painter's goal, in place of the Beautiful. With a few exceptions, like Georges Mathieu.

Artists are responsible only in the second line of this evolution. The art of all times is ideological, it is controlled by political and doctrinal choices that are made by the elites of a society. The artists, even the greatest, do what is demanded by the intelligentsia of their time.. Artists create to be recognized as such, and if the success passes through the Laid and the Absurd, of course, they act accordingly.

The answers are many, only two of them:

1. Because the Absurd and the ugly allow contemporary elites to distinguish themselves from their predecessors and the mass of peoples. The ugly was a new idea and for an ideological elite totally obsessed with Progress and Novelty, it was a good idea. On the other hand, at a time when the official, exoteric (but not esoteric) political doctrine teaches that political legitimacy is in the people, it is all the more urgent to distinguish oneself from the masses. And if the ugly and the absurd allow to display its difference, they are welcome: The elite will be distinguished by conforming to the Laid and the Absurd: a new Academism, original, never seen, was born. She is proud of it and looks at the peoples from the top of this fabricated originality. These peoples overwhelmed by modernity, who have remained in fine art, or worse at figurative art, while they themselves practice "conceptual painting".

And the "Salon des Refusés" is elsewhere: in advertising, private commercial art, murals and tags.

 

2. Because the Elites have succeeded in obtaining that the Absurd and the Laid enrich them. Because the distinction is nothing without the wealth. The art of all times has been a market, and it is clear that the money has assumed a considerable importance in the contemporary society. This evolution, which is very decisive in European culture, is a consequence of the Protestant Reformation and of a revaluation of the morality of the First Testament (no longer called the Old Testament!) That is to say of the Judaic Bible. The Wealth is no longer suspect, as the Catholic or Orthodox doctrine has taught it for more than 1500 years. The Wealth is, on the contrary, a sign of the grace of God, or the favor of the heaven and of the Reason. What a relief ! And this is how a collector of contemporary art, the elite, can proclaim proudly: "The less I understand a painting, the more I buy it."

   

Jean François Millet. 1814-1875. Paris.

La Becquée. The Becquée.

Lille. Musée des Beaux Arts

Naturalisme, Réalisme

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

  

Ernst Ludwig Kirchner 1880-1938 Germany

Canal avec pont

Rotes Elisabethufer Berlin

Canal with bridge 1913

Munich Pinakothek der Moderne

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Lucien Simon. 1861-1945. Paris

Charlotte en Pierrot noir.

Charlotte in black Pierrot. 1913

Quimper. Musée des Beaux Arts.

Le Peintre est un élève de William Bouguereau dont l'enseignement classique s'aperçoit ici. Son style est cependant indépendant des

écoles de son époque. Brillante carrière à Paris et à l'étranger notamment aux USA.

 

The Painter is a pupil of William Bouguereau, whose classical teaching can be seen here. His style is however independent of

schools of his time. Brilliant career in Paris and abroad especially in the USA.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Alfred Stevens. 1823-1905. Paris. Le bain.The bath. 1867.

Paris Orsay.

 

Peintre Belge, il fait une carrière essentiellement parisienne mais reste en contact étroit avec son pays natal. Elève d'Ingres, il est l'ami de Manet et de Berthe Morisot. Il reste longtemps en retrait par rapport au style impressionniste, avant d'en subir l'influence à la fin de sa carrière. Il a été très apprécié de son temps pour ses portraits de jeune femme à la mode.

 

A Belgian painter, he made a career mainly in Paris but remained in close contact with his native country. Pupil of Ingres, he is the friend of Manet and Berthe Morisot. He remained a long way behind the impressionist style, before being influenced at the end of his career. He was much appreciated in his time for his portraits of fashionable young woman.

 

1815-1940 UNE PERIODE PLURIELLE DE LA PEINTURE EUROPENNE

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

   

Harry Carlsson 1891-1968

Un génie est né A genius is born ca 1934

Aalborg. Museum of Modern Art Denmark

Surréalisme

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Lucien Simon. 1861-1945. Paris

La chapelle de la Joie à Penmarc'h 1913

Quimper. Musée des Beaux Arts.

Le Peintre est un élève de William Bouguereau dont l'enseignement classique s'aperçoit ici. Son style est cependant indépendant des

écoles de son époque. Brillante carrière à Paris et à l'étranger notamment aux USA.

 

The Painter is a pupil of William Bouguereau, whose classical teaching can be seen here. His style is however independent of

schools of his time. Brilliant career in Paris and abroad especially in the USA.

  

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

  

Marc Mendelson. 1915-2013. Toccata et fugue. Bruxelles. Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique.

 

Marc Mendelson. 1915-2013. Toccata and Fugue. Brussels. Royal Museums of Fine Arts of Belgium.

 

Selon la notice : "L'oeuvre matiériste de Marc Mendelson se ressent de la discipline formelle que pendant de longues années il s'est imposée. La terre elle même semble s'exprimer par ses alluvions, cette écriture naturelle, ces lits abandonnés par des fleuves anciens, ces cratères inhabités qui nous parlent du feu. Pour laisser à ces œuvres leur allure méditative, ascétique, le peintre a eu recours à une monochromie qui confère à ces graffiti élémentaires, ces empreintes énigmatiques, ces sols lisibles, une grandeur sans artifices." Je ne sais pas comment Google ou Bing vont traduire en anglais ce texte. Que les anglophones se rassurent cela n'a pas de sens non plus en français.

  

According to the instructions: "the tangible work of Marc Mendelson feels formal discipline that for many years it has emerged. The earth she even seems to be expressed by its alluvium, this natural handwriting, these beds left by ancient rivers, these uninhabited craters which speak to us of the fire. To leave their meditation, ascetic look to these works, the painter resorted to a monochrome which confers on these basic graffiti, these enigmatic fingerprints, these legible floors, unadorned grandeur." I do not know how Google or Bing will translate this text into English. That anglophones can rest assured this is not meaning no longer in french.

  

ART MODERNE ET ART CONTEMPORAIN OFFICIEL

 

Certains musées exposent uniquement des oeuvres de l'Art Ancien, d'autres regroupent l'Art ancien et l' Art Moderne, ou encore sont spécialisés dans l'Art Moderne ou dans l'Art Contemporain, séparément. Certains musées proposent, des oeuvres appartenant aux deux dernières périodes : celle de l'Art Moderne (1850-1950) et celle de l'Art Contemporain (Après 1950).

Par Art Contemporain on entend ici l'Art Contemporain officiel qui s'affiche dans les Musées d'Art Contemporain. Il ne s'agit pas de l'art contemporain des rues ou de l'art commercial privé, local ou régional, mais d'un art qui en France particulièrement, mais aussi dans toute l' Europe occidentale, est un art d'état, supranational, à vocation mondialiste. Cet Art Contemporain Officiel, international, s'impose dans les pays anglo-saxons par une autre voie, qui s'ajoute à l'action des états, celle des grandes fondations privées qui bénéficient des subventions publiques et des privilèges fiscaux à eux consentis par les états.

Ce type d'organisation très reliée, à l'échelle internationale, était totalement inexistante pendant la période de l'Art Moderne dont une des caractéristiques les plus évidentes à été l'inorganisation, la multiplicité et la spontanéité de la démarche créative. Il existe un Art Contemporain Officiel alors qu'il n'a jamais existé d'Art Moderne Officiel. Et c'est cette différence qui signe la prise de pouvoir en Occident d'une idéologie monolithique, au plus haut niveau de la société, par rapport à la période de multiplicité idéologique qu'était l'époque de l'Art Moderne. Avec les conséquences sur l'Art.

 

Le regroupement de l'Art Moderne et de l'Art Contemporain dans un même lieu d'exposition présente l'intérêt de faire bien apercevoir les différences très nettes de conception de l'art (en peinture et sculpture) qui caractérisent et opposent ces deux périodes, et l'art qu'elles proposent.

On comprend très bien la particularité de l'art contemporain (après 1950 en date approximative) :

1° L'art non figuratif (abstrait) est une création spontanée majeure de la période dite Moderne. Inévitablement l'art abstrait ouvre la porte au Non-sens, à l'absence de tout discours intelligible, et donc partagé entre l'artiste et le public. Mais avec l'Art Contemporain Officiel, le non sens devient l'Absurde. L'absence de signification se transforme en une apologie systématique de la dérision et de l'aberration.

2° Sauf exceptions très rares, le Beau n'est plus une finalité de l'artiste contemporain, et le Laid le remplace comme but de l'oeuvre d'art. C'est la nouveauté, la plus caractéristique sans doute, de l'Art Contemporain. Une rupture majeure dans l'histoire de l'art universel. Créer du Laid à la place du Beau n'est pas une invention innocente, et encore moins un accident, mais une volonté délibérée, révélatrice d'un état d'esprit. Un total renversement des valeurs reconnues universellement depuis des millénaires par toutes les civilisations. Un renversement révélateur de l'état d'esprit d'une élite idéologique et politique qui élève l'abjection au niveau d'un culte obligatoire, et fonde ainsi une nouvelle religion séparée des peuples, réservées aux Initiés.

3° La recherche d'une communication, d'un dialogue, d'une émotion partagée, avec un public le plus large possible, qui était le but des Arts Anciens et encore celui de l'Art Moderne au cours du 19è siècle, est devenu esprit de coterie, égotisme, refus de communiquer, obsession de la provocation distinctive et exclusive. De l'art dialogue entre les élites et les peuples, l'Occident est passé à l'art rupture entre les élites et les peuples.

4° L'étonnante diversité, l'esprit de recherche de la nouveauté, la spontanéité créatrice qui caractérise l'Art Moderne, s'est stérilisée, et s'est transformée en une systématique de la provocation dans l'absurde et le laid. Les provocations de l'Art Contemporain officiel n'ont absolument rien d'une liberté de création, rien d'une innovation spontanée né dans un milieu d'artistes populaires comme l'a été par exemple l’Impressionnisme. Ces provocations sont tout au contraire imposées d'en haut par une secte de bien-pensants et leurs exécutants. C'est un art totalement conforme à des règles définies a priori et imposées sous peine d'exclusion. Bref, c'est un art académique, comme l'était l'art imposé par l' Académie de Peinture parisienne à l'époque des Impressionnistes. Mais les commandements de l'Académisme Contemporain sont en rupture totale avec les principes qui ont gouverné l'art européen tout au long de son histoire: Plus c'est laid, plus c'est absurde, plus c'est abject, plus c'est conforme.

 

5° L'échec total de la peinture et de la sculpture officielle contemporaine dans leur dialogue avec le public est à comparer et à opposer aux réussites esthétiques, partagées et reconnues, que connaît l'architecture contemporaine. La raison en est simple et se résume en quelques mots : Les architectes sont contraints, par différentes circonstances de fait incontournables, de créer des oeuvres qui durent, qui servent et qui plaisent au public, au grand public, et pas seulement à une coterie de prétendus éclairés. Ces contraintes sont leur sauvegarde. La grande majorité des tableaux de peinture contemporaine peuvent être présentés la tête en bas : personne n'y verra rien. Pas même les initiés et les auteurs de notices explicatives. C'est impossible à faire pour un bâtiment, même pas pour un musée d'art contemporain.

 

Il est possible d'observer une évolution récente dans les appellations des musées et la présentation des œuvres.

L'appellation des musées : De plus en plus souvent les musées tentent de supprimer ou de minorer l'appellation "Art Contemporain" pour adopter et généraliser celle d'Art Moderne pour toute la période qui va de l'impressionnisme aux temps actuels. Exit l'Art Contemporain, mieux vaut parler de l'Art Moderne. Le musée d'art moderne et contemporain de Nice (MAMAC) ne comporte aucune œuvre de la période de l'Art Moderne. Il est en réalité entièrement consacré à l'art d'après la seconde guerre mondiale. Mais il s'est intitulé quand même Musée d'Art Moderne. C'est très révélateur d'une tendance qui vient des USA, une fois de plus.

Les raisons de ces changements d'appellation sont multiples, mais deux peuvent être principalement retenues :

1° Le contemporain, par définition, ne dure pas, c'est juste un moment de l'histoire. Il n'est pas possible de faire durer l'appellation d'art contemporain au delà d'une ou deux générations. Et surtout la contemporanéité n'est pas une valeur.

Par contre la "Modernité" est une valeur. C'est même sans doute une des valeurs principales de notre époque en Occident. La "Déesse Raison", la "Déesse de la Modernité" "la Déesse de l'Evolution" sont parmi les institutions incontournables de la nouvelle sacralité profane. Ce sont les superstitions de notre temps. Mais elles ne sont pas ainsi nommées parce qu'elles sont actuelles. Elles ne sont donc pas des superstitions mais des vérités absolues.

2° L'appellation globale et unique "d'Art Moderne" pour tout l'art occidental depuis l'industrialisation permet de relativiser les différences et les oppositions entre l'art des années 1850-1950 et l'art apparu après 1950. Notamment cette nouveauté caractéristique de l'art d'après la seconde guerre mondiale : le laid et l'absurde.

L'Art Moderne était un changement d'esthétique.

L'Art Contemporain c'est le rejet de l'esthétique.

L'Art Moderne c'est un point blanc sur un fond noir.

L'Art Contemporain c'est une paire de chaussures portant des lunettes.

Rien à voir. Avec l'Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l'art classique tel qu'il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d'inspiration est d'ailleurs dans le passé de la peinture européenne : c'est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C'est aussi l'esquisse pratiquée sans interruption. A partir de l'Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c'est la provocation par le laid et l'absurde, c'est à dire la sortie revendiquée de l'esthétique.

Il faut imposer l'idée que le Non-Art n'est pas une rupture, c'est juste une évolution, tout ce qu'il y a de plus ordinaire et innocente. Une évolution inévitable et normale, à propos de laquelle il est inutile de s'interroger, et surtout dont il est interdit de questionner la légitimité. C'est comme ça. Pas par la grâce de Dieu, non ! Par la grâce de l'évolution.

Dans le même ordre d'idée la présentation des musées change aussi : de plus en plus souvent les responsables mélangent les œuvres d'époques différentes. L'exposition des œuvres n'est plus nécessairement commandée par la succession des siècles. La présentation simultanée de tous les arts permet de distribuer effectivement les visiteurs dans toutes les salles, au lieu qu'ils traversent sans s'arrêter les salles d'art contemporain.

Sur le plan idéologique ce mixage des époques et des esthétiques, ce choc organisé des cultures a l'inestimable avantage d'être tout à fait conforme à la religion mondialiste.

 

Selon un article paru dans le journal "Le Monde" au début des années 2000, l'art contemporain est compris par environ 30% des français, mais l'art contemporain est aussi la victime de "beaucoup d'incompréhension". Une manière éclairée de dire qu'il existe 70% d'imbéciles en France, qu'il faudra aider à mieux comprendre l'art contemporain, par une "bonne" éducation, ou rééducation. C'est typiquement le langage des "Lumières". Il est très probable que ces statistiques soient encore très loin du réel, et que sur les 30% de sondés qui ont déclaré "comprendre l'art contemporain", une bonne moitié n'a certainement rien compris du tout, mais a fait semblant de comprendre, pour avoir l'air intelligent et branché.

Soyons exact : L'art contemporain a bien un public. Les élèves des écoles, collèges et lycées.

En France les Musée des Beaux Arts ne sont pas fréquentés par les classes des écoles, des collèges et des lycées. Sauf par les classes des tous petits : maternelle, préparatoire, élémentaire à la rigueur.

Les Musées d'Art Moderne voient à peine un peu plus de collégiens ou de lycéens.

Ce sont surtout les Musées d'Art Contemporain qui rencontrent un vif succès auprès des enseignants et des enseignés des collèges et des lycées. Pourquoi?

1° La clientèle est captive : elle est obligée d'être là. On ne lui demande pas son avis. Ni à l'enseignant, ni à l'enseigné. C'est au programme, point.

2° Contrairement à la peinture et à la sculpture, l'architecture contemporaine n'est pas un échec. Elle peut être belle, et elle n'est pas absurde, elle est parfaitement fonctionnelle. Or les Musées d'Art Contemporain sont toujours hébergés dans des immeubles modernes. Les locaux sont vastes, bien éclairés. Les œuvres sont très espacées, il est possible de courir dans un musée d'art contemporain et même faire du bruit, car les autres visiteurs sont rares et pressés. Les sièges sont nombreux et confortables. Les vestiaires, les toilettes sont très vastes aussi.

3° Et le plus important : Les œuvres exposées dans les musées d'art contemporain n'ont aucune signification apparente. Elles ne sont reliées, du moins avec évidence, à aucune vision du monde religieuse ou même laïque. C'est en définitive leur atout principal. L'Art contemporain ne se veut pas porteur d'un message clair, l'idéologie qui le sous-tend n'est pas explicite car elle cultive la dissimulation. L'inversion des valeurs par rapports à toutes les doctrines du passé des hommes est constante, la destruction des nations et l'acculturation des hommes est le but poursuivi, mais il ne se proclame pas franchement. Les "Lumières" ont choisi de s'imposer au monde en cultivant l'ombre des sociétés d'initiés, sociétés dissimulées sous des apparences ludiques ou philanthropiques, discrètement reliées, et organisées comme les sociétés criminelles et les services secrets. Le non sens, le refus d'un discours clairement compréhensible, présentent cet avantage d'une neutralité apparente des convictions, et l'absurde déroute les esprits, dissimule les buts poursuivis, désarme la critique. Ces "œuvres d'art" contemporain qui parlent de rien, précisément parce qu'elles parlent de rien, ou parce qu'elles sont absurdes ne peuvent pas agresser les diverses convictions religieuses ou profanes de l'agglomérat cosmopolite d' élèves qui constitue les classes actuelles. Un balai c'est un balai. Un tas de vêtements jetés au sol, on peut en dire ce que l'on voudra, y compris que c'est beau et fulgurant d'intelligence, mais leur utilité profonde est que l'action déstabilisatrice de toutes les valeurs anciennes, qui est le but poursuivi, s'exerce profondément mais inconsciemment sur les spectateurs. Le laid et l'absurde sont des agents destructeurs des croyances traditionnelles, et c'est sur la table rase ainsi provoquée que les idéologues pensent pouvoir restructurer les mentalités des peuples pour aboutir à la "République Universelle". Telle est la finalité politique et idéologique de l'Art Contemporain Officiel.

Il est certain que ce n'est pas demain que cesseront d'être exposés dans les musées d'art "contemporain" ou "moderne" selon l'appellation la plus récente, des toiles unies, colorées ou pas, des lignes, des points, des traits et des cercles, des taches, des gravats, des tuyaux, des balais, des échelles, des chaises....Tout ce non-art est nécessaire à déformation et à la formation de la pensée des petites amibes citoyennes de la future République Universelle. Ces amibes doivent comprendre une seule chose : l'art, le seul vrai art, international, universaliste, digne d'un musée d'état, vient d'en haut. Pour les gens d'en bas, il y a le cinéma, la télévision, la publicité et aussi l'art local, commercial et des rues.

  

MODERN ART AND OFFICIAL CONTEMPORARY ART

 

Some museums exhibit only works of Ancient Art, others include Ancient and Modern Art, or are specialized in Modern Art or Contemporary Art, separately. Some museums offer works belonging to the last two periods: Modern Art (1850-1950) and Contemporary Art (after 1950).

By Contemporary Art is meant here the official Contemporary Art which is displayed in the Museums of Contemporary Art. It is not the contemporary art of the streets or the commercial art private, local or regional, but an art that in France particularly, but also throughout Western Europe, is an art of state, supranational, with a globalist vocation. This Official Contemporary Art, international, imposes itself in the Anglo-Saxon countries by another way, which adds to the action of the states, that of the big private foundations which benefit from the public subsidies and the fiscal privileges to them granted by the states.

This type of organization, which was very connected internationally, was totally non-existent during the period of Modern Art, one of the most obvious characteristics of which was the inorganization, the multiplicity and the spontaneity of the creative process. There is an Official Contemporary Art whereas there has never existed any Official Modern Art. And it is this difference that signs the seizure of power in the west of a monolithic ideology, at the highest level of society, in relation to the period of ideological multiplicity that was the era of modern Art. With the consequences on art.

 

The regrouping of Modern and Contemporary Art in the same place of exhibition presents the interest of making clear the very clear differences of conception of art (in painting and sculpture) that characterize and contrast these two Period and the art they propose.

We can then understand very well the peculiarity of contemporary art (after 1950 in approximate dates):

1) Non-figurative art (abstract art) is a major and spontaneous creation of the Modern period. Inevitably, abstract art opens the door to the nonsense, to the absence of any intelligible discourse, and therefore shared between the artist and the public. But with the official Contemporary Art, the non sense becomes the Absurd. The absence of meaning is transformed into a systematic apology of derision and aberration.

2) Except for very rare exceptions, the Beau is no longer an end of the contemporary artist , and the Laid (ugly) replaces it as the goal of the work of art. This is the novelty, undoubtedly the most characteristic of Contemporary Art. A major break in the history of universal art. Creating the Ugly instead of the beautiful is not an innocent invention, let alone an accident, but a deliberate will, revealing a state of mind. A total reversal of values universally recognized for millennia by all civilizations. A revealing reversal of the state of mind of an ideological and political elite that elevates abjection to the level of an obligatory worship, and thus founds a new religion separate from the peoples, reserved for the Initiates.

3. The search for a communication, a dialogue, a shared emotion, with as wide a public as possible, which was the goal of the Ancient Arts and still that of Modern Art during the 19th century, is become coterie, egotism, refusal to communicate, obsession with distinctive and exclusive provocation. From the art of the dialogue between elites and peoples, the West has moved to the art of the breaking between the elites and the peoples.

4. The astonishing diversity, the spirit of research of novelty, the creative spontaneity which characterizes Modern Art, has become sterile, and has evolved into a systematic of provocation in the absurd and the ugly. The provocations of the Official Contemporary Art have absolutely nothing of a freedom of creation, nothing of a spontaneous innovation born in a medium of popular artists as for example Impressionism. These provocations are, on the contrary, imposed from above by a sect of self-righteous ideologues and merchants and by their performers.. It is an art totally in accordance with rules defined a priori and imposed under pain of exclusion. In short, it is an academic art, as was the art imposed by the Parisian Painting Academy at the time of the Impressionists. But the commandments of Contemporary Academism are in complete rupture with the principles that have governed European art throughout its history: The more it is ugly, the more it is absurd, the more it is abject, the more it is is conform.

5. The total failure of contemporary official painting and sculpture in their dialogue with the public is to be compared and contrasted with the aesthetic successes, shared and recognized, of contemporary architecture. The reason for this is simple and can be summarized in a few words: Architects are constrained by various essential facts to create works that last, that serve and that pleases to the public, the general public, and not only to a coterie of supposedly enlighteneds. These constraints are their safeguard. The vast majority of contemporary paintings can be presented upside down: no one will see anything. Not even insiders and authors of explanatory leaflets. It's impossible to do for a building, not even for a museum of contemporary art.

  

It is possible to observe a recent evolution in the names of museums and the presentation of works.

The name of the museums: More and more often the museums try to suppress or reduce the appellation "Contemporary Art" to adopt and generalize that of Modern Art for the whole period which goes from the impressionism to the present times. Exit Contemporary Art, it is better to speak of Modern Art. The Museum of Modern and Contemporary Art in Nice (MAMAC) does not include any work from the period of Modern Art. It is in fact entirely devoted to art after the Second World War. But he still titled Museum of Modern Art. It's very revealing of a trend that comes from the US, once again.

The reasons for these name changes are multiple, but two can be mainly retained:

1. The contemporary, by definition, it does not last, it's just a moment in history. It is not possible to prolong the term of contemporary art beyond one or two generations. And especially contemporaneity is not a value.

On the other hand, Modernity is a value. It is undoubtedly one of the main values of our time in the West. The "Goddess of Reason", the "Goddess of Modernity" "the Goddess of Evolution" are among the indispensable institutions of the new profane sacredness.

These are the superstitions of our time. But they are not so named because they are current. So they are not superstitions but absolute truths.

2 ° The global and unique name of "Modern Art" for all Western art since the industrialization allows to relativize the differences and oppositions between art from the 1850s and 1950s and the art that appeared after 1950. Notably this characteristic novelty of art after the Second World War: the ugly and the absurd.

Modern Art was a change of aesthetic.

Contemporary Art is the rejection of aesthetics.

Modern Art is a white dot on a black background.

Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.

Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beautiful, they explore only the possibilities of the Beautiful outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugly and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics

 

It is necessary to impose the idea that non-art is not a rupture, it is just an evolution, all that is more ordinary and innocent. An inevitable and normal evolution, about which it is useless to question oneself, and especially of which it is forbidden to question the legitimacy. It's like that. Not by the grace of God, no! By the grace of evolution.

In the same vein, the presentation of museums is also changing: more and more often, those responsible are mixing works from different periods. The exhibition of works is no longer necessarily controlled by the succession of centuries. The simultaneous presentation of all the arts makes it possible to effectively distribute the visitors in all the halls, instead that they cross, without stop, the rooms of contemporary art.

On the ideological level this mix of eras and aesthetics, this organized clash of cultures has the inestimable advantage of being quite consistent with the globalist religion.

 

According to an article published in the newspaper "Le Monde", at the beginning of the 2000's, contemporary art by approxima is understood by 30% of the French, but contemporary art is also the victim of " a considerable misunderstanding." An enlightened way of saying that there are 70% of fools in France. Fools need help to better understand contemporary art, with a "good" education, or rehabilitation. This is typically the language of the "Enlightenment". It is very likely that these statistics are still very far from the real, and that out of the 30% of respondents who said ' understand contemporary art ', a good half certainly did not understand anything at all, but pretended to understand, in order to appear intelligent and plugged in.

Let's be exact: Contemporary art has an audience. Students from schools, colleges and high schools.

In France the Museums of Fine Arts are not frequented by classes of schools, colleges and high schools. Except by the classes of the little ones: maternal, preparatory, elementary to the rigor.

The Museums of Modern Art see just a few more college students or high school students.

It is especially the Museums of Contemporary Art that meet a great success with teachers and students of the colleges and high schools. Why?

1 ° The clientele is captive: she is obliged to be there. He is not asked his opinion. Neither to the teacher nor to the student. It's in the program,It's enough.

2 ° Unlike painting and sculpture, contemporary architecture is not a failure. She can be beautiful, and she is not absurd, she is perfectly functional. Contemporary art museums are still housed in modern buildings. The premises are modern, large, well lit. The works are widely spaced, it is possible to run in a museum of contemporary art and even make noise, because other visitors are rare and in a hurry. The seats are numerous and comfortable. Cloakrooms, toilets are very large too.

3 ° And the most important: The works exhibited in contemporary art museums have no apparent meaning. They are not linked, at least obviously, to any vision of the religious or even secular world. This is ultimately their main asset. Contemporary art does not want to carry a clear message, the ideology that underlies it is not explicit because it cultivates dissimulation. The inversion of values in relation to all the doctrines of man's past is constant, the destruction of nations and the acculturation of men is the goal pursued, but it does not proclaim itself frankly. The "Enlightenment" has chosen to impose itself on the world by cultivating the shadow of insider companies, companies hidden under playful or philanthropic appearances, discreetly connected, and organized like as criminal societies and secret services.

Contemporary art does not want to carry a clear message and the ideology that underlies it is not explicit. The nonsense, the refusal of a clearly comprehensible discourse, have the advantage of an apparent neutrality of convictions, and the absurd routs the spirits, disarms criticism. These contemporary "works of art" which speak of nothing, precisely because they speak of nothing, or because they are absurd, can not attack the various religious or profane convictions of the cosmopolitan agglomeration of pupils which constitutes the current classes.

A broom is a broom. A pile of clothes thrown to the ground, we can say what one will want, including that it is beautiful and dazzling of intelligence, but their deep utility is that the destabilizing action of all the old values, which is the goal pursued is exercised deeply but unconsciously on the spectators. The ugly and absurd, are destructive agents of traditional beliefs, and it is on this clean slate thus provoked that the ideologues think they can restructure the mentalities of the peoples to achieve to the "Universal Republic". Such is the political and ideological purpose of the Official Contemporary Art.

 

It is certain that it will not be tomorrow that will cease to be exhibited in "contemporary" or "modern" art museums according to the most recent name, united canvases, colored or not, lines, dots, strokes and circles, spots , rubble, pipes, brooms, ladders, chairs ... All this non-art is necessary to deformation and to the formation of the thought of the little citizens amoebae of the future Universal Republic. These amoebae must understand one thing: art, the only true art, international, universalist, worthy of a state museum, comes from above. For people from below, there is cinema, television, advertising and also local, commercial and street art.

   

Anton Melbye 1818-1875 Copenhague Hambourg... Paris

Tempête sur l'Elbe

Storm flooding on the Elbe. 1866

Copenhague Collection Hirschsprung

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

  

Vilhelm Bjerke-Petersen 1909-1957 Danmark

Objets de désir. Objects of désire 1934

Aarhus Kunstmuseum Denmark

Abstraction et Surréalisme.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

  

Salvador Dali 1904-1989

Deux figures Two figures 1926

Madrid Musée Reina Sofia

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Simon Vouet. 1590-1649. Paris. La Sainte Famille. The Holy Family. Vers 1642. Louvre

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

   

Harry Carlsson 1891-1968 Danemark

Stockholm provenant de Mälaren

Stockholm arising from Mälaren 1931

Aarhus Kunstmuseum Denmark

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

 

Vilhelm Bjerke-Petersen 1909-1957 Danmark

Volcanic conditions

Conditions volcaniques 1935

Aarhus Kunstmuseum Denmark

Abstraction et Surréalisme.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugliness and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

 

Hermenegildo Anglada i Camarasa 1871-1959

Le Paon blanc

The White Peacock 1904

Madrid Musée Thyssen Bornemisza

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

 

Wassily Kandinsky 1866-1944

Skizze für "Sonntag (Altrussisch) 1904

Sketch for "Sunday (Old Russia )

Esquisee pour "Dimanche (Vieille Russie"

München Lenbachhaus

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Antoine Coypel 1661-1722 Paris

les Adieux d'Hector et d'Andromaque

Farewells of Hector and Andromache

Tours Musée des Beaux Arts.

 

Fils et élève de son père Noël Coypel

qu'il accompagne à Rome. Il devient peintre du Roi en 1716.

Son and pupil of his father Noël Coypel

that he accompanies to Rome. He becomes painter of the King in 1716.

 

Noel Coypel (1628-1707) est à l'origine de la dynastie de peintres de cette famille qui comprend trois autres peintres :

Antoine Coypel (1661-1722) fils de Noel.

Charles Antoine Noel Coypel (1690-1734) fils de Noel

Charles Antoine Coypel (1694-1752) fils de Antoine

Toute la famille est dans un courant pictural qui se partage entre le classicisme et le baroque. Les thèmes sont ceux du "Grand Art" : la religion catholique, l'histoire et la mythologie grecque et romaine, ou la grande littérature passée ou contemporaine.

 

Noel Coypel (1628-1707) is the source of the dynasty of painters of this family which includes three other painters:

Antoine Coypel (1661-1722) son of Noel.

Charles Antoine Coypel Christmas (1690-1734) son of Noel

Charles-Antoine Coypel (1694-1752) son of Antoine

The whole family is in a pictorial current that is divided between classicism and baroque. The themes are those of "Great Art": the Catholic religion, history and Greek and Roman mythology, or the great literature past or contemporary.

  

CLASSICISME ET BAROQUE EN EUROPE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

Il faut toutefois insister sur le particularisme des Pays Bas au 17è et au 18è siècle. En dehors des Pays Bas, en Italie, en Espagne, en France, dans les pays germaniques, la peinture est essentiellement commanditée par les Rois, leurs ministres, la grande aristocratie, la haute bourgeoisie financière et bien sûr par l’Église catholique. L'art de ces pays continue dans la tradition des siècles antérieurs et pratique beaucoup "le grand genre" c'est à dire que ses thèmes sont le plus souvent religieux, historiques, mythologiques. La peinture européenne du 17è et du 18è siècle est à l'opposé de la peinture néerlandaise.

Les thèmes de la peinture européenne, sauf aux Pays Bas, ne sont pas les moeurs de la société, encore moins ceux de la petite bourgeoisie ou des artisans et des paysans. En France par exemple, Les frères Le Nain (1593-1607 environ) sont une exception, et leur réalisme est très loin d'être celui des peintres flamands et néerlandais. Leur paysannerie est traitée pour être appréciée dans les cabinets de la grande bourgeoisie. Si le paysan boit du vin, c'est un verre, il ne sombre jamais dans l'ivresse la plus totale, et son épouse encore moins. Les enfants sont très dignes, ils ne se battent pas comme des pouilleux, pas plus que leurs parents. Cette peinture n'a rien de commun avec celle d'Avercamp, d' Adriaen Brouwer, de Teniers II.

Les portraits sont ceux de l'élite aristocratique et non pas comme aux Pays Bas d'une bourgeoisie ordinaire. Les paysages sont traités tout à fait habituellement comme cadres d'une scène historique, mythologique ou religieuse, pratiquement jamais pour eux mêmes. Les marines européennes sont des souvenirs de batailles navales célèbres. Elles ne se limitent pas ou rarement comme aux Pays Bas à la peinture d'un voilier sur une mer démontée. Le Lorrain (Claude Gellée) peint des paysages magnifiques généralement intitulés "Départ de Cléopâtre", "Arrivée d'Ulysse" ou "Enée chassant le cerf". Il est très rare, même si cela se produit quelque fois, que les paysages du Lorrain n'aient aucun thème emprunté à l'histoire, à la mythologie ou à la tradition comme les "pastorales".

Cette particularité des Pays Bas est la conséquence de la rupture idéologique qui est résultée de la Réforme protestante. (cf l'Art et les croyances. Réforme)

  

CLASSICISM AND BAROQUE IN EUROPE

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

 

However, it is necessary to insist on the particularism of the Netherlands in the 17th and the 18th century. Outside the Netherlands, in Italy, in Spain, in France, in the Germanic countries, painting is essentially sponsored by Kings, their ministers, the great aristocracy, the financial upper middle class and of course by the Catholic Church. The art of these countries continues in the tradition of the previous centuries and practices a lot "the big genre" that is to say that its themes are most often religious, historical, mythological. 17th and 18th century European painting is the opposite of Dutch painting.

The themes of European painting, except in the Netherlands, are not the mores of society, still less those of the petty bourgeoisie or artisans and peasants. In France, for example, the Le Nain brothers (around 1593-1607) are an exception, but their realism is very far from that of the Flemish and Dutch painters. Their peasantry is treated to be appreciated in the cabinets of the big bourgeoisie. If the peasant drinks wine, it is a glass, he never sinks into total drunkenness, and his wife even less. The children are very worthy, they do not fight like lousy, any more than their parents. This art of painting has nothing in common with that of Avercamp, Adriaen Brouwer, Teniers II.

The portraits are those of the aristocratic elite and not as in the Netherlands of an ordinary bourgeoisie. Landscapes are usually treated as frames of a historical, mythological or religious scene, almost never for themselves. European navies are memories of famous naval battles. They are not limited or seldom as in the Netherlands to the painting of a sailboat on a dismantled sea. The Lorrain (Claude Gellée) paints beautiful landscapes generally entitled "Departure of Cleopatra", "Arrival of Ulysses" or "Aeneas hunting deer". It is very rare, even if it happens sometimes, that the landscapes of Lorrain have no theme borrowed from history, mythology or tradition like the "pastoral".

This peculiarity of the Netherlands is the consequence of the ideological break that resulted from the Protestant Reformation. (see Art and Beliefs, Reform)

 

Frederic Leighton. 1830-1896. Londres

Blondina.

Hamburg Kunsthalle.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Christen Dalsgaard 1824-1907. Copenhague

Chambre d'un pêcheur

A fisherman's bedroom 1853

Copenhague Collection Hirschsprung

Peintre de la vie quotidienne du peuple danois.

Painter of the daily life of the Danish people.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, often used simultaneously. This period of European painting is multiple, as in balance between its rich past and a future still ill-defined. Throughout this century Europe does not obey a single ideology. On the contrary, partsan elites from very different doctrines claim to dominate the continent, but can not impose themselves and exclude their rivals.

In painting it is a magnificent song of the swan of Europe, which unfolds in a totally chaotic political environment, marked by absurd and self-destructive wars.

When Europe commits suicide politically, its art explodes, once again, (one last time?) In a festival of Beauty and Inventiveness.

A very imaginative Art, whose extraordinary diversity, technical and thematic, is a reflection of the tensions existing between the different components of European culture, the different beliefs then still alive in this end of Europe:

- Traditional beliefs inherited from the values of Europe's past, which are still very active in the people, and also in part of the economic, ideological and political elite. God, Religion, Duties, Order, Tradition, Work, Family, Fatherland ...

- New beliefs, claiming the ideas conceived by the new rising ideology, the new religion for all men, the "Enlightenment": Revolution, Science, Progress, Man, Democracy, Rights, Happiness, Modernity .... New values very influential in another part of the economic, ideological and political elite of Europe.

This diversity of beliefs in different and even totally opposite values is the explanation of this double observation:

In politics of incessant and deadly clashes, until repeated genocides.

In painting, Modern Art, these are remarkable inventions: An aesthetic renewed by the observation of the arts of the past of Europe: Byzantine, Romanesque and Gothic. The flat painting of these "dark times" has in fact inspired all the painting of Modern Art. But other approaches of Beau have been developed: the sketch, the tachisme .... and an absolute novelty appears, at least in Europe: Abstract Art. In Europe, because in the field of abstract art, China had preceded us, from very far away.

Artists benefit from this situation of ideological competition: they gain the freedom to paint according to their own tastes and ideas. They are not forced to obey the injunctions of official or dominant institutions. In France, the Academy's resistance to Impressionist painting lasted only a few years. The 19th century is certainly in the history of European painting the century when artists have enjoyed the greatest freedom.

European artists of this period have the freedom to choose their themes in a very wide range of subjects and to treat them according to practically all the possible techniques, as well classic as modernist or ressurgies of a distant past like "the flat painting".

As Aude de Kerros writes in "The Imposture of Contemporary Art" (Eyrolles 2016): "The creation in Paris is defined himself as autonomous, a fact unique in the world. The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors, the State, the Church and the criteria of the Academy. Paris is the place of the coexistence of academism and modernity.This remarkable exception will last more than a century "

It is true that Paris was at this time the center of European art, but this situation is found throughout Europe at least from the West.

This is a first in European history. It is certain that artists discover a freedom that their ancestors of the medieval or even of the Renaissance and Classical times did not know.

 

This does not mean that artists of the medieval and catholic period have experienced their situation as a constraint. All the European art shows by its spontaneity, its beauty, its sincerity, its permanence for a thousand years, that the elites and peoples shared the same view of the world and adhered, except for non-significant exceptions in terms of global civilization, to the beliefs formulated by the Church. Catholic in the west, orthodox in the east.

 

At the Renaissance there is no real ideological break. Only an evolution that opens to some artists the doors of access to new themes drawn from Greek and Roman antiquity, themes intended for a small aristocratic elite and bourgeois. Nothing changes as far as painting for the peoples. There is no real conflict between the two artistic inspirations that coexist peacefully. The elites of those times do not have a separate art, they continue to share religious art with the peoples. But the elites have developed a particular art whose themes are secular and totally oriented towards the Greco-Roman past of Europe.

 

The Reformation in the countries it concerns imposes themselves without concern any of the beliefs of the peoples exactly as Catholicism had done at the 5th century. The Reformation thus imposes the almost total abandonment of religious themes or those drawn from antiquity, and the artists will have to conform to this new ideology. They will have to turn to a description of the nature and society of their time. But again it is not observed that artists working in this new context have felt these new orientations as a constraint. Elites, artists and populations of these countries of northern Europe, little marked by Roman influences, both that of antiquity and that of the Church, undoubtedly share the same vision of the world whose art is an expression free exactly as Romanesque and Gothic painting had been since a millennium.

 

Official, academic, totally elitist, ideologically monolithic and totalitarian painting appears from the 1950s onward, from New York, where it appeared in the 1920s and later. It is Contemporary Art, an official art, imposed, not only reserved but separate, highly financed, and highly financial. Free artists will then take refuge in private commercial art and street art. This artistic dichotomy is certainly very significant, a reflection of certain major characteristics of contemporary society.

The most obvious observation is that at the top of the social ladder there has emerged a separate art, reserved for the elite, which no longer has the intersocial function that has constantly been that of the ancient arts in the history of Europe. and even the universal history. This is the finding of a break in dialogue between classes, at least at this level of art. This does not necessarily exclude that intersocial dialogue can be established by other means. But not through official art, except perhaps the exception of architecture.

Radio, cinema, the press, advertising do not function as vectors of real communication between elites and peoples, but more essentially as instruments of propaganda. They are the decisive circuits by which the ideological and political elites exercise their control over the thinking of peoples at all levels of the social and cultural ladder.

Private art and street art, an important sector of true art, function more as well-demarcated, "cultural reserves" whose function is very close to that of natural or animal reserves. The same is also the non-art of the streets, vandal graffitis.

At all times art allows a reading of the ideological, political, social, and technical conditions in which it has expressed itself.

   

Julius Exner 1825-1910 Copenhague

Une petite fille laisse un vieil homme renifler une fleur

A little girl lets an old man sniff a flower vers 1856

Copenhague Collection Hirschsprung

Peintre de la vie quotidienne du peuple danois.

Painter of the daily life of the Danish people.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 1

 

De 1792 à 1815 l'Europe n'a pas le temps d'être artistique : Elle est totalement occupée par les grandes ambitions françaises de la Révolution et du Premier Empire. Une fois liquidées les aventures révolutionnaires et impériales, l'Europe entre dans une période d'expansion économique et politique qui se traduit dans la peinture par une des phases les plus créatives, les plus inventives et les plus diversement inspirées de l'histoire de la peinture européenne.

L'Europe continentale a pu enfin connaitre, après l'Angleterre, sa seconde renaissance, technique, scientifique et économique. La seconde naissance de l'Europe, après celle des 11è-12è siècles. Les révolutions industrielles peuvent se succéder.

Dans l'Europe en expansion économique du 19è siècle et du début du 20è siècle, l'art de la peinture voit apparaitre une explosion d'écoles et de mouvements totalement différents, qui coexistent sans problèmes majeurs, pendant plus d'un siècle. La peinture européenne n'est pas plus belle que celle antérieure, ou que la peinture d'autres civilisations, mais elle est certainement plus diverse. Plus diverse par ses techniques et par ses thèmes.

Comment expliquer cette diversité de l'art et cette liberté d'expression des artistes européens à cette époque ?

La diversité et la créativité des écoles de la peinture européenne est la conséquence d'une situation de pluralité culturelle et idéologique.

Dans la période qui va de 1815 à 1914, puis encore jusqu'en 1940, l'Europe n'est pas soumise à une idéologie, profane ou sacrée, unique et exclusive.

Dans cette Europe du 19è et du début du 20è coexistent, malgré de très graves tensions, plusieurs représentations du monde différentes, et même opposées, conflictuelles :

Catholicisme, orthodoxie, protestantismes, judaïsme, "Lumières" de toutes tendances, jacobines ou pragmatiques, socialismes modérés ou extrémistes, nationalismes raisonnables ou ultra, aucune de ces idéologies, sacrées ou profanes, ne domine absolument la pensée et la politique européenne, et ne monopolise son territoire de l'Atlantique à l'Oural.

Certes, cette Europe est loin d'être idéale. L'Europe connait des affrontements très graves, des guerres absurdes. Précisément parce qu'aucune idéologie, sacrée ou profane, n'est absolument dominante. Parce que aucune idéologie ne peut régenter totalement les sociétés européennes. La diversité idéologique, source de tensions et même de guerres, est aussi source de liberté, de diversité.

On n'en finirait pas de citer les écoles de peintures, du romantisme à l'art abstrait. Cette multiplication d'écoles à la recherche de nouveaux moyens d'expression est éminemment créatrice. Juste pour mémoire, sans aucune exhaustivité et même dans le désordre:

Romantisme, néo-classicisme, préraphaélites, académisme, réalisme, idéalisme, symbolisme, préimpressionnisme, impressionnisme, nabis, fauvisme, cubisme, orientalisme, expressionnisme, sécessionnisme, surréalisme, art abstrait, dada, néo-plasticisme......

Ce n'est pas seulement une floraison de noms nouveaux, des appellations inventés pour cacher le vide de l'art. C'est une explosion de formes, réellement nouvelles, de thèmes nouveaux, de sensibilités et de significations nouvelles, de beautés neuves.

L'Art Abstrait est une de ces recherches très positives qui renouvellent le paysage de la peinture européenne.

Pas de monolithisme de la pensée européenne, à cette époque qui va de 1815 à 1940 en dates grosses.

Conséquence : Pas de monolithisme de l'Art européen pendant la même période, et notamment de la peinture.

C'est bien ce que constate Aude de Kerros dans son livre " L'imposture de l'art contemporain" : "la création à Paris se définit comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État et l’Église, et des critères de l'Académie".

Il faut seulement préciser que la cause de cette situation est la diversité des idéologies en présence, et que cette liberté n'est pas seulement parisienne, même si Paris est effectivement le grand centre inspirateur de l'Art Moderne, cette liberté et cette diversité sont européennes.

A l'exception de la Russie, qui rentre dès 1917 dans le monde de la pensée unique et du Non Art.

A l'exception aussi de l'Allemagne hitlérienne où l'art meurt à partir des années 1930 et suivantes.

Avant et ailleurs en Europe, toutes les écoles coexistent, depuis le figuratif académique jusqu'à l'art l'abstrait.

L'Art de la peinture de cette époque, appelé "Art Moderne", est ainsi un témoin du dynamisme européen. Sa diversité de styles et de sujets, sa créativité, son esprit de recherche, sans reniement du passé, sont comme un splendide chant du cygne de la diversité. Et effectivement cela ne durera pas.

C'est ainsi que s'est imposé dans nos musées d'Occident, à partir des années 1950, sans que personne dans le peuple ait donné son avis, l'Art Contemporain : un nouvel Académisme, un Art Officiel, qui cumule le Laid et le Non-Sens, et qui fait se ressembler presque toutes les oeuvres d'art, de tous les musées d'Art Contemporain, du nord au sud, et de l'est à l'ouest de l'Europe et de l'Occident. Le Massacre de la Peinture et l'Art de la pensée unique.

  

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 1

 

From 1792 to 1815 Europe has no time to be artistic: It is fully occupied by the great French ambitions of the Revolution and the First Empire. Upon completion of the revolutionary and imperial adventures, Europe enters a period of economic and political expansion, which reflected in the painting by one of the most creative, the most inventive and the most diversely inspired phases, from the history of European painting.

Continental Europe could finally know, after England, his second renaissance, technical, scientific and economic. The second birth of Europe, after that of the 11th-12th centuries. The industrial revolutions can succeed.

In Europe in economic expansion of the 19th century and early 20th century, the art of painting sees appear an explosion of schools, and totally different movements that coexist without major problems, during more than a century. European painting is not more beautiful than the previous one, or the painting of other civilizations, but it is certainly more diverse. More diverse in its technical and its themes.

How to explain this diversity of art and this freedom of expression of European artists at that time?

The diversity and creativity of the schools of European painting is the result of a situation of cultural and ideological plurality. In the period from 1815 to 1914 and then again until 1940, Europe is not subject to an ideology, secular or sacred, unique and exclusive.

In this Europe of the 19th and early 20th, coexist, despite very severe tensions, several different representations of the world, and even contrary, conflictual:

Catholicism, Orthodoxy, Protestantism, Judaism, "Enlightenment" of all tendencies, Jacobinical or pragmatic, moderate socialism or extremist, reasonable or ultra nationalism, none of these ideologies, sacred or profane, absolutely dominates the thinking and the European policy, and monopolizes its territory, from the Atlantic to the Urals.

Certainly, this Europe is far from ideal. Europe knows very serious confrontations, absurd wars. Precisely because none ideology, sacred or profane, is absolutely dominant. Because none ideology can completely govern European societies. Ideological diversity, a source of tension and even from wars, is also a source of freedom, of diversity.

There is no end to mention the schools of paintings, from romanticism to abstract art. This multiplication of schools looking for new means of expression is eminently creative. Just for memory, without completeness, and even in the disorder: Romanticism, neoclassicism, Pre-Raphaelites, academicism, realism, idealism, symbolism, pre impressionism, impressionism, Nabis, fauvism, cubism, orientalism, expressionism, secessionism, surrealism, abstract art, dada, neo-Plasticism ......

This is not only a flowering of new names, names invented to hide the emptiness of art. It is an explosion of formes, really news, new themes, sensitivities and new meanings, of new beauties.

Abstract Art is one of those very positive research which renew the landscape of European painting.

No monolithic quality of European thinking at that time that goes from 1815 to 1940 in large dates.

Consequence: No monolithic quality European Art, particularly in painting.

This is what Aude de Kerros notes in his book "The imposture of contemporary art": "the creation in Paris is defined as autonomous.The artists can be recognized and legitimized outside the recognition of its main sponsors , the State and the Church, and the criteria of the Academy ".

We must only specify that the cause of this situation is the diversity of ideologies present, and that this freedom is not only Parisian, even if Paris is indeed the great center of inspiration for Modern Art, this freedom and diversity are European.

With the exception of Russia, which arrived in 1917 in the world of the unique thought and of Non Art.

With the exception also of Hitler's Germany, where art dies, from the 1930s and followings years.

Before and elsewhere in Europe, all schools coexist, from the academic figurative art to abstract art.

The art of painting of that time, called "Modern Art", is thus a witness of European dynamism. Its diversity of styles and subjects, his creativity, his spirit of research, without denial of the past, are like a beautiful swan song of diversity. And indeed it will not last.

It thus has established itself in our museums of the West, from the 1950s, without that person in the people has given his opinion, the Contemporary Art: a new Academism, an Officila Art, which combines the Ugly and the Non-Sense, and that make be similar almost all the works of art, of all museums of Contemporary Art, from North to South and East to Western Europe and the West. The Massacre of Painting and the Art of Single Thought.

  

Hippolyte Flandrin. 1809-1864. Napoléon-Joseph-Charles-Paul Bonaparte. Prince Napoléon. 1860. Paris Orsay. Elève de Ingres. Ecole Néo-classique. Pupil of Ingres. Neo-classical school.

 

LE DESSIN ET LA COULEUR. CLASSICISME, ROMANTISME...

 

La peinture dans la France de la première moitié du 19è siècle voit s'affronter deux courants principaux :

 

1° Le Néoclassicisme, hérité de Vien et Jacques-Louis David, qui triomphe à la fin du 18è siècle, sous la révolution française et le Premier Empire. Classicisme qui est ensuite continué, avec des nuances, par Dominique Ingres. Cette école classique, appelée néo-classique pour la période qui couvre la Révolution, le Premier Empire, et la Restauration va recevoir l'appellation d'Académisme sous le Second Empire et la IIIè République.

2° Le Romantisme, qui nait après la révolution et le Premier Empire, avec des peintres comme Delacroix, Géricault, Chassériau, Ary Scheffer

Des peintres comme Gros, Gérard, Girodet Trioson ont développé un art intermédiaire entre ces deux tendances.

Ces deux courants traversent d'ailleurs toute l'histoire de la peinture européenne, pas seulement française, sous les mêmes noms ou sous d'autres un peu différents noms.

Pour illustrer cette histoire il est possible de partir d'un tableau que Guido Reni a peint vers 1625, un tableau allégorique de cette dialectique : "l'Union du Dessin et de la Couleur" qui est au Louvre. Ce tableau est d'ailleurs un pur manifeste de Classicisme tant par la précision du dessin que par la retenue des couleurs et des sentiments.

En réalité l'opposition entre le Dessin et la Couleur est tout aussi constante que l'union que privilégie le tableau de Guido Reni. Ingres et Delacroix illustrent bien cet antagonisme des tendances.

Le 19è siècle en France mais aussi en Europe va voir s'affronter les deux écoles, celle du dessin et celle de la couleur. La couleur va clairement triompher à la fin du siècle.

 

Le courant classique est surtout caractérisé par la précision du dessin, la finesse de la touche, l'achèvement du tableau. Ensuite vient une relative sobriété des couleurs. Le courant classique préfère aussi, en principe, la modération dans l'expression des sentiments et une certaine retenue dans le mouvement. Mais le lien n'est pas direct entre le fond et la forme. Des thèmes baroques ou romantiques peuvent être traités de manière classique. De même, des sujets classiques peuvent être peints dans un style coloriste et expressif.

En Italie le courant classique a eu Florence et Bologne pour champions. Selon les époques il prend le nom de Classicisme, à partir des Carrraci, d'Atticisme, de Néo-classicisme, d'Académisme...

 

L' autre courant, que l'on peut appeller coloriste, privilégie nettement la couleur sur le dessin. Cette école de peinture ne dessine pas nécessairement le tableau avant de le peindre. Elle peint directement sur la toile sans passer par le dessin, ou tout au moins un dessin précis. On peut dire que cette école dessine avec les couleurs. Le courant coloriste s'autorise aussi un fini de la touche moindre, et accepte de considérer comme achevé des tableaux plus proches de l'esquisse. Par ailleurs, mais ce n'est pas une règle absolue, il préfère l'expression des sentiments à leur sobriété et le mouvement à la stabilité..

Ce courant s'est particulièrement bien exprimé à Venise avec notamment Giorgione qui est souvent considéré comme son fondateur. Il a pris des noms divers selon les époques : Maniérisme, Baroque, Rococo, Romantisme, Expressionnisme...

Durant toute l'histoire de la peinture européenne nombreux ont été les peintres qui ont empruntés à chacun de ces deux courants. Toute l'école de la peinture française, sous Louis XIII et Louis XIV, est un mélange subtile de classicisme et de baroque, avec des accents plus classiques ou plus baroques, selon les époques et les peintres.

La France a entretenu la querelle des partisans de Rubens (Baroque), opposés aux partisans de Poussin (Classique).

Au 19è la France verra l'affrontement entre les néo-classiques (Ingres) et l'Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) d'une part, et d'autre part les peintres romantiques (Delacroix) puis réalistes (Millet, Courbet), les pré-impressionnistes (Ecole de Barbizon) et un peu plus tard les impressionnistes.

Delacroix et l'école romantique annonce déjà très clairement l'Art Moderne.

La fin du 19è siècle et surtout le début du 20è siècle vont être le chant du cygne puis la mort de l'esthétique classique dans la peinture européenne. A partir des Impressionnistes on peut dire que c'est le triomphe de l'esthétique coloriste dans la peinture figurative.

La réhabilitation relativement récente dans l'histoire de l'art des peintres néo-classiques et académiques (dits en France, pendant plusieurs décennies, " pompiers") est un exemple du fait que le Beau demande pour être reconnu comme un fait incontestable l'intervention d'un certain recul dans le temps, recul qui permet d'écarter les effets de mode. La durée est donc bien un élément de la définition pragmatique, expérimentale, du Beau.

  

THE DRAWING AND THE COLOR. CLASSICISM, ROMANTISM ...

 

The painting in France of the first half of the 19th century saw two main currents confront each other:

 

1. The Neoclassicism, inherited from Vien and Jacques-Louis David, which triumphed at the end of the 18th century under the French Revolution and the First Empire. Classicism which is then continued, with nuances, by Dominique Ingres. This classical school, called neo-classical for the period that covers the Revolution, the First Empire, and the Restoration was to receive the appellation of Academism under the Second Empire and the Third Republic.

2. The Romanticism, which was born after the Revolution and the First Empire, with painters like Delacroix, Géricault, Chassériau, Ary Scheffer

Painters such as Gros, Gérard and Girodet Trioson have developed an art that is intermediate between these two trends.

These two currents go through the whole history of European painting, not only French painting, under the same names, or under somewhat different names.

To illustrate this story it is possible to start from a painting that Guido Reni painted around 1625, an allegorical painting of this dialectic: "Union of Design and Color" which is in the Louvre. This painting is, moreover, a pure manifesto of Classicism as much by the precision of the drawing as by the restraint of the colors and the feelings.

In reality the opposition between Drawing and Color is just as constant as the union favored by Guido Reni's painting. Ingres and Delacroix illustrate this antagonism of trends.

The 19th century in France but also in Europe will see the two schools confront each other, that of drawing and that of color. Color will clearly triumph at the end of the century.

 

The classical current is mainly characterized by the precision of the drawing, the fineness of the paint touch, the completion of the painting. Then comes a relative sobriety of colors. The classical current also prefers, in principle, the moderation in the expression of feelings and a certain restraint in the movement. But the link is not direct between the substance and the form. Baroque or romantic themes can be treated in a classic way. Similarly, classical subjects can be painted in a colorist and expressive style.

In Italy the classical current had Florence and Bologna for champions. According to the times it takes the name of Classicism, starting from Carrraci, Atticism, Neoclassicism, Academism.

The other current, which may be called colourist, clearly favors color on the drawing. This school of painting does not necessarily draw the picture before painting it. She paints directly on the canvas without going through the drawing, or at least a precise drawing. It can be said that this school draws with colors. The Colorist current also allows a touch less finite, less perfect, less detailed, and accepts completed tables closest the sketch. Also, but it is not an absolute rule, he prefers the expression of feelings to their sobriety and movement to stability.

This trend has been particularly well expressed in Venice, notably with Giorgione, who is often regarded as its founder. It took various names according to the epochs: Mannerism, Baroque, Rococo, Romanticism, Expressionism.

Throughout the history of European painting many have been the painters who borrowed from each of these two currents. The whole school of French painting, under Louis XIII and Louis XIV, is a subtle blend of classicism and baroque, with more classic or more baroque accents, according to the epochs and the painters.

France has maintained the quarrel between the partisans of Rubens (Baroque), opposed to the partisans of Poussin (Classic).

In the 19th century, France experienced a confrontation between the neo-classics (Ingres) and the Académisme (Couture, Bouguereau, Cabanel) on the one hand, and, secondly, the romantics (Delacroix) then realistics painters (Millet, Courbet ), the pre-impressionists (Barbizon School) and a little later the Impressionists.

Delacroix and the Romantic school already clearly announces the Modern Art.

The end of the 19th century and especially the beginning of the 20th century were to be the song of the swan and then the death of the classical aesthetics in European painting. From the Impressionists one can say that it is the triumph of colorist aesthetics in figurative painting.

The relatively recent rehabilitation in the history of the art of neo-classical and academic painters (called in France, for several decades, "firemen") is an example of the fact that the Beau demands to be recognized as an incontestable fact the Intervention of a certain distance in time, a retreat which makes it possible to eliminate the effects of fashion. The duration is therefore an element of the pragmatic, experimental definition of the Beautiful.

  

Jean Jacques Henner. 1829-1905. Paris.

Vierge à l'Enfant. Virgin and Child.1860

Paris. Musée Jean Jacques Henner.

Copie d'après Giovanni Bellini. Copy after Giovanni Bellini.

 

LA PEINTURE ENTRE 1815 ET 1880.

 

Il faut attendre la fin des guerres imposées à l'Europe par la Révolution et l'Empire français pour que la peinture reprenne vie et vigueur. Tout la première partie du 19è siècle voit coexister les deux grands courants classiques et romantiques. L'Académisme et les premières tendances modernistes.

Les thèmes de l'art se diversifient, la religion, l'histoire, la mythologie perdent du terrain, la peinture de moeurs, la nature morte et le paysage se répandent. Une école réaliste fait son apparition qui prend de l'importance et représente la première contestation de la "Grande Peinture" Académique.

La diversification et la sécularisation des thèmes de la peinture française et européenne, le recul de la peinture d'histoire et mythologique se fait en définitive à l'imitation de la peinture des Pays Bas, qui pratiquent l'art profane et séculier depuis le 17è siècle.

D'autre part certaines techniques nouvelles apparaissent qui annoncent l'Art Moderne.

Dès les années 1830 le romantique Delacroix a multiplié les esquisses et les tableaux peints à grandes ou petites touches de couleur juxtaposées, au détriment de la précision du dessin. C'est une révolution qui est qualifiée par la critique de "tartouillade". Et la critique, quoi qu'on en dise , n'avait pas absolument tort.

Dans les années 1840 Corot peint, notamment en Italie, des tableaux qui annoncent clairement "la peinture plate", le retour à une vision du monde en deux dimensions. Une esthétique qui atténue ou même supprime la perspective et les volumes. Corot abandonnera ensuite ce style pour inventer un "tachisme" très souple, très dilué, flou, tout à fait personnel, qui annonce aussi le recul du dessin par rapport à la couleur.

Dans les années 1840-50 les peintres de l'Ecole pré-impressionniste de Barbizon s'inspirent beaucoup du paysage néerlandais quant aux coloris, relarivement sombres et neutres, mais avec des techniques de peinture moins lisses, un accent mis sur la touche, et une imprécision du dessin, qui préfigurent l'impressionnisme.

Mais l'époque voit aussi se perpétuer "la Grande Peinture", attentive au dessin exact et précis, enseigné par Dominique Ingres, et attachée aux grands thèmes tirés de la religion, de la littérature ou de l'histoire européenne. Ces peintres Académiques, dont William Bouguereau fait partie, vont entrer en conflit avec les Réalistes, les Préimpressionnistes et les Impressionnistes et finiront par perdre le combat. Ils seront qualifiés de "Pompiers" par le siècle suivant. Dès les années 1860 le réaliste Courbet, et Manet, difficilement classable, représentent, de manière un peu différente, la peinture de contestation de l'Académisme.

 

Jean Jacques Henner entre précisément dans les cadres de cette période. Jean Jacques Henner a fait une carrière sans heurt, parfaitement bien insérée dans la société de son époque. Pourtant son style très personnel mêle intimement des tendances classiques et d'autres très audacieusement modernistes, anti-académiques. D'une part une peinture aux tonalités sombres, des thèmes tirés de la mythologie, un traitement plutôt traditionnel du portrait.

D'autre part une liberté très grande prise avec la rigueur du dessin, un emploi très audacieux du flou, du tachisme, et des techniques de la peinture plate, sans volume ni perspective.

 

PAINTING BETWEEN 1815 AND 1880.

Not until the end of the wars imposed on Europe by the French Revolution and the Empire for that the painting back to life and vigor. All the first part of the 19th century saw the two great classical and romantic currents coexist. The Academism and the first modernist tendencies.

The themes of art diversify, the religion, the history, the mythology lose ground, the paintings of manners, still life and landscape are spread. A realistic school is emerging which becomes important and represents the first challenge against the Academic Great Painting.

The diversification and the secularization of the themes of the French and European painting, the decline of historical and mythological painting is ultimately done in imitation of the painting of the Netherlands, which practiced profane and secular art since the 17th century.

As early as the 1830s, the romantic Delacroix multiplied the sketches and paintings with large or small touches of color juxtaposed, to the detriment of the precision of the drawing. It is a revolution which is described by critics as "tartouillade" (daub). And criticism, whatever may be said of it, was not absolutely wrong.

In the 1840s Corot painted, especially in Italy, paintings that clearly announce "the flat painting", the return to a two-dimensional worldview. An aesthetic that attenuates or even suppresses the perspective and the volumes. Corot then abandoned this style to invent a very flexible, diluted, fuzzy, completely personal "tachism", which also announces the recession of drawing in relation to color.

In the years 1840-50 the painters of the Pre-Impressionist School of Barbizon were inspired by the Dutch landscape as regards the colors, relatively dark and neutral, but with less smooth painting techniques, an accent on the touch, and an inaccuracy of the drawing, which prefigure the Impressionism.

But the era also saw the "Great Painting" perpetuate, attentive to the exact and precise drawing, taught by Dominique Ingres, and attached to the great themes drawn from religion, literature or European history. These Academic painters, including William Bouguereau, will enter into conflict with the Realists, the Pre-Impressionists and the Impressionists and will eventually lose the fight. They will be called "Firemen" by the next century. As early as the 1860s, the realistic Courbet, and Manet, hardly classifiable, represent, in a different way, the painting of contestation of Academism.

 

Jean Jacques Henner enters precisely within the framework of this period. Jean Jacques Henner has had a smooth career, perfectly well integrated into the society of his time. Yet his very personal style mixes intimately classical tendencies with others very audaciously modernist, anti-academic. On the one hand a painting with dark tones, themes taken from mythology, a rather traditional treatment of portraiture.

On the other hand a very great freedom taken with the rigor of the drawing, a very audacious use of blur, of tachism, and of techniques of the flat painting, without volume and perspective

  

Antonio López García is a Spanish painter and sculptor, known for his realistic style. He is criticized by some art critics for neo-academism, but praised by others, like Robert Hughes, who consider him a master realist. His style sometimes is deemed hyper-realistic. His painting was the subject of the film El Sol del Membrillo, by Victor Erice, in 1992.

 

en.wikipedia.org/wiki/Antonio_L%C3%B3pez_Garc%C3%ADa

Bartolomeo Schedone (Schedoni). 1578-1615. Modène et Parme. La Sainte Famille. vers 1610. Louvre.

Tendances Baroques teintées d'un souvenir du maniérisme du Corrège.

Baroque trends tinged with a memory of the mannerism of Correggio.

 

CLASSICISME ET BAROQUE

 

Toute l'histoire de l'art européen alterne les périodes où triomphe une esthétique à tendances classiques, et les périodes où s'imposent des tendances plus expressives.

Le Classicisme: C'est une esthétique de l'harmonie dans la mesure et l'équilibre. Il est caractérisé par la rigueur du dessin et des formes, la consonance et la retenue des couleurs, la modération raisonnable et raisonnée et la subtilité dans l'expression des sentiments.

L'esthétique Expressive prend diverses formes qui tendent à éloigner la peinture du naturalisme et du réalisme mesuré du Classicisme pour favoriser l'emphase et l'émotion. Le dessin peut être plus souple, l'art du flou est privilégié, la touche est plus visible (empâtements, hachures...). les formes des figures sont accentuées, les silhouettes des personnages allongées, les musculatures amplifiées. Le mouvement et l'expression des sentiments sont amplifiés et même exagérés, quelque fois jusqu'à la limite de l'outrance. Les couleurs et les oppositions lumières/ombres sont souvent plus accentuées et contrastées.

Le classicisme, dont on considère que les Carracci sont les fondateurs, en réaction au maniérisme, prend différents noms selon les périodes de l'histoire, Atticisme, Poussinisme, Néo-classicisme, Académisme.

La manière expressive prend les noms de Maniérisme, Baroque, Caravagisme, Rubénisme, Rococo, Romantisme, Expressionnisme.

Evidemment toutes les gradations entre ces deux tendances existent.Le maniérisme italien était discrètement annoncé par des peintres de la Renaissance comme Perugino et son élève Raphaël, figure du classicisme par excellence.

Pendant tout le 17è et le 18è siècle la peinture européenne balance entre diverses formes de classicisme et de baroque, plus ou moins accentuées. Les Pays Bas du nord ne font pas exception sauf par les thèmes plus profanes, plus séculiers, de leur peinture.

L'Art français sous Louis XIII est plutôt classique. La peinture française sous Louis XIV hésite entre les deux tendances, et la peinture sous Louis XV est rococo.

 

The whole history of European art, alternates the periods in which triumph the aesthetic to classic trends, and the periods in which the more expressive tendencies to impose.

The Classicism: It is an aesthetic of the harmony in the measure and the balance. It is characterized by the rigor of the drawing and shapes, the consonance and the restraint of colors, the reasonable and reasoned moderation, and the subtlety in the expression of feelings.

The Aesthetic Expressive takes various forms that tend to move the painting out of naturalism and the measured realism of the Classicism, to favor the emphasis and emotion. The drawing can be more flexible, the art of the blur is privileged, the touch of the brush is more visible (impastos, hatching ...). the shapes of the figures are emphasized, the silhouettes of the characters, lengthened, the musculature, increased. The movement and the expression of feelings are exaggerated, sometimes to the limit of the excess. The colors and oppositions of lights / shadows are often more accentuated and contrasted.

The classicism, of which the Carracci are considered to be the founders, in reaction to Mannerism, takes different names according to the periods of history, Atticism, Poussinisme, Neo-Classicism, Academism.

The expressive style takes the names of Mannerism, Baroque, Caravagism, Rubénisme, Rococo, Romanticism, Expressionism ...

Obviously all the gradations between these two tendencies exist. Italian Mannerism was quietly announced by painters listed in the classical school, as Perugino and his pupil Raphael figure of classicism par excellence.

Throughout the 17th and 18th centuries, the European painting balanced between various forms of classicism and baroque, more or less accentuated. The northern Low Countries are no exception except for the more secular and secular themes of their painting.

The French Art of Louis XIII is pretty classic. All French painting under Louis XIV hesitates between the two tendencies, and the painting under Louis XV is Rococo.

  

From the book "Academics, honoring Caravaggio (2010-2011)".

 

© Aurelio Monge 2009-2011

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Philipp Otto Runge. 1777-1810.

Matin Morning. 1808

Hamburg Kunsthalle.

 

1815/30-1940 UNE PERIODE PLURIELLE

DE LA PEINTURE EUROPENNE 2

 

De 1830/1850 à 1940 environ, c'est en Europe la période de l'Art Moderne.

Le 19è siècle et les toutes premières années du 20è, en Europe, se caractérisent en peinture par la très grande diversité des thèmes abordés par les peintres, dans un registre aussi bien profane que religieux. De même que par la grande diversité des techniques picturales, tantôt classiques, tantôt modernes, utilisées souvent simultanément. Cette période de la peinture européenne est multiple, comme en équilibre entre son riche passé et un avenir encore mal défini. Pendant tout ce siècle l'Europe n'obéit pas à une idéologie unique. Au contraire, des élites partisanes de doctrines très différentes, prétendent à la domination du continent, mais sans pouvoir s'imposer seules et exclure leurs rivaux. En peinture c'est un magnifique chant du cygne de l'Europe, qui se déploie dans un environnement politique totalement chaotique, marqué par des guerres absurdes et autodestructrices.

Quand l'Europe se suicide politiquement, son art explose, une fois de plus, (une dernière fois ?) dans un festival de Beauté et d'Inventivité.

Un Art très imaginatif, dont l'extraordinaire diversité, technique et thématique, est le reflet des tensions existantes entre les différentes composantes de la culture européenne, les différentes croyances alors encore vivantes dans cette fin de l'Europe :

- Les croyances traditionnelles héritées des valeurs du passé de l'Europe, qui sont encore très actives dans le peuple, et aussi dans une partie de l'élite économique, idéologique et politique. Dieu, la Religion, les Devoirs, Ordre, Tradition, Travail, Famille, Patrie ...

- Les croyances nouvelles, revendiquant les idées conçues par la nouvelle idéologie montante, la nouvelle religion pour tous les Hommes, celle des Lumières : Révolution, Science, Progrès, Homme, Démocratie, les Droits, Bonheur, Modernité....De nouvelles valeurs très influentes dans une autre partie de l'élite économique, idéologique et politique de l'Europe.

Cette diversité des croyances en des valeurs différentes et même totalement opposées est l'explication de ce double constat :

En politique des affrontements incessants et meurtriers, jusqu'aux génocides à répétition.

En peinture, l'Art Moderne, ce sont des inventions remarquables : Une esthétique renouvelée par l'observation des arts du passé de l'Europe : byzantins, romans et gothiques. La peinture plate de ces "temps obscurs" a en réalité inspiré toute la peinture de l'Art Moderne. Mais d'autres approches du Beau ont été développées : l'esquisse, le tachisme.... et une nouveauté absolue apparaît, du moins en Europe: l'Art Abstrait. En Europe, parce que dans le domaine de l'art abstrait, la Chine nous avait précédé, de très loin.

Les artistes bénéficient de cette situation de concurrence idéologique : ils y gagnent la liberté de peindre selon leurs goûts et leurs idées propres. Ils ne sont pas contraints d'obéir aux injonctions d'institutions officielles ou dominantes. En France la résistance de l'Académie à la peinture impressionniste n'a duré que quelques années. Le 19è siècle est très certainement dans toute l'histoire de la peinture européenne le siècle où les artistes ont jouit de la plus grande liberté.

Les artistes européens de cette époque ont la liberté de choisir leurs thèmes dans une très large gamme de sujets et de les traiter selon pratiquement toutes les techniques possibles, aussi bien classiques que modernistes ou ressurgies d'un passé lointain comme "la peinture plate".

Comme l'écrit Aude Kerros dans "L'Imposture de l'art contemporain" (Eyrolles 2016) : " La création à Paris se définit, fait unique au monde, comme autonome. Les artistes peuvent être reconnus et légitimés en dehors de la reconnaissance de ses principaux commanditaires, l’État, l’Église et les critères de l'Académie. Paris est le lieu de la coexistence de l'académisme et de la modernité. Cette exception remarquable durera plus d'un siècle".

Il est certain que Paris est à cette époque le centre de l'art européen, mais cette situation se retrouve dans toute l'Europe au moins de l'Ouest.

C'est une première dans l'histoire européenne. Il est certain que les artistes découvrent une liberté que ne connaissaient pas leurs ancêtres de l'époque médiévale ou même de la Renaissance et des Temps Classiques.

 

Cela ne signifie nullement d'ailleurs que les artistes de l'époque médiévale, catholique et orthodoxe, aient vécu leur situation comme une contrainte. Tout l'art européen démontre par sa spontanéité, sa beauté, sa sincérité, sa permanence pendant mille ans, que les élites et les peuples partageaient la même vision du monde et adhéraient, sauf des exception non significatives en terme de civilisation globale, aux croyances formulées par l'Eglise catholique à l'ouest, orthodoxe à l'est.

A la Renaissance il n'apparaît aucune rupture idéologique réelle. Seulement une évolution qui ouvre à certains artistes les portes d'accès à des thèmes nouveaux tirés de l'antiquité grecque et romaine, thèmes destinés à une petite élite aristocratique et grand bourgeoise. Rien ne change en ce qui concerne la peinture destinée aux populations. On ne constate pas de réel conflit entre les deux inspirations artistiques qui se côtoient paisiblement. Les élites de ces temps n'ont pas un art séparé, elles continuent de partager avec les populations l'art religieux. Mais elles ont développé un art particulier dont les thèmes sont profanes et totalement orientés vers le passé gréco-romain de l'Europe.

La Réforme dans les pays qu'elle concerne s'impose sans souci aucun des croyances des peuples exactement comme l'avait fait le catholicisme à partir du 5è siècle. La Réforme impose ainsi l'abandon presque total des thèmes religieux ou de ceux tirés de l'antiquité, et les artistes devront se conformer à cette nouvelle idéologie. Il faudra qu'ils se tournent vers une description de la nature et de la société de leur temps. Mais là encore on n'observe pas que les artistes oeuvrant dans ce nouveau contexte aient ressenti ces nouvelles orientations comme une contrainte. Elites, artistes et populations de ces pays du nord de l'Europe, peu marqués par les influences romaines, tant celle de l'Antiquité que celle de l'Eglise, partagent sans aucun doute une même vision du monde dont leur art est une expression libre exactement comme l'avait été la peinture romane et gothique pendant un millénaire.

La peinture officielle, académique, totalement élitiste, idéologiquement monolithique et totalitaire apparaît à partir des années 1950 et suivantes, en provenance de New York, où elle était apparue dans les années 1920 et suivantes. C'est l'Art Contemporain, un art officiel, imposé, pas seulement réservé mais séparé, hautement financé, et fortement financier. Les artistes libres se réfugieront alors dans l'art commercial privé et l'art des rues. Cette dichotomie artistique est certainement très significative, un reflet de certaines caractéristiques majeures de la société contemporaine.

Le constat le plus évident est que s'est imposé en haut de l'échelle sociale un art séparé, réservé aux élites et qui n'a plus la fonction inter-sociale qui a été constamment celle des arts anciens dans l'histoire de l'Europe et même celle universelle. C'est le constat d'une rupture du dialogue entre les classes, tout au moins à ce niveau de l'art. Cela n'exclut pas nécessairement que le dialogue inter-social puisse s'établir par d'autres voies. Mais plus par le biais de l'art officiel, sauf peut être l'exception de l' architecture.

La radio, le cinéma, la grande presse, la publicité ne fonctionnent pas comme des vecteurs d'une réelle communication entre les élites et les peuples mais bien plus essentiellement comme des instruments de propagande. Ils sont les circuits déterminants par lesquels les élites idéologiques et politiques exercent leur contrôle sur la pensée des peuples, à tous les étages de l'échelle sociale et culturelle..

L'art privé et l'art des rues, un secteur important de l'art vrai, fonctionnent plus comme des "réserves culturelles", bien délimitées, dont la fonction est fort proche de celles des réserves naturelles ou animales.

Il en est de même d'ailleurs du non art des rues, des graffitis vandales.

De tous temps, à toutes les époques, l'art autorise une lecture des conditions idéologiques, politiques, sociales, techniques, dans lequel il s'est exprimé.

 

1815/30 - 1940 A PLURAL PERIOD OF THE EUROPEAN PAINTING 2

 

From 1830/1850 to around 1940, it was in Europe the period of Modern Art.

The 19th century and the first years of the 20th, in Europe, are characterized in painting by the very great diversity of the themes addressed by the painters, in a register as well profane as religious. As well as by the great diversity of pictorial techniques, sometimes classical, sometimes modern, ofte