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Lignac (Indre) | by sybarite48
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Lignac (Indre)

Lignac (Indre)

 

Château-Guillaume.

 

Le château tire son nom de son constructeur.

 

Cerné de douves, bordé par une rivière, l'Allemette, dont le barrage permettait de créer un étang défensif, le châteua est situé aux confins du Berry, du Poitou et du Limousin.

 

Le château a été fondé, fin XIe et début XIIe siècle, par Guillaume IX*, comte du Poitou et duc d’Aquitaine, grand-père d’Aliénor d'Aquitaine* qui serait née en ces lieux.

 

Après agrandissement du donjon par le comte Guillaume X, fils du précédent, la demeure passa, par mariage, à la famille de la Trémoille, jusqu'à la Renaissance.

Jacqueline de La Trémoille l'apporta par mariage, vers 1526, à Claude Gouffier, duc de Roannais.

 

Le château passa ensuite dans la famille de La Faire, puis, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à la comtesse Robert de Beauchamp.

 

Le donjon rectangulaire remonte au XIe siècle et a été agrandi au XIIIe siècle. L'enceinte et les tours d'angle ont été ajoutées au XIIIe siècle.

 

Le château, démantelé sous Richelieu, a été restauré au XIXe par la comtesse de Beauchamp, ancêtre des propriétaires actuels.

 

Restauré (1879 -1883) par Charles-Henri Cazaux, disciple de Viollet-le-Duc, le château a été complété de créneaux et de mâchicoulis.

 

Les toitures et jointements de pierres ont été restaurés en 1990.

 

 

Duguesclin aurait bataillé contre les anglais dans les environs du château.

 

 

* Guillaume IX duc d'Aquitaine (ou Guillaume VII comte de Poitiers, où il nait le 22 octobre 1071) est surnommé depuis le XIXe siècle le" Troubadour". Poète de langue d'OC, ses sujets principaux sont les femmes, l'amour, et même l'amour entre hommes. Les Italiens l’ont appelé "trovatore bifronte", car il maniait plusieurs registres : courtois, obscène, tragique, burlesque,et narratif.

 

Guillaume IX est à la fois riche et rustre. Il se vautre dans les plaisirs, et s’empare des terres de son voisin parti en croisade.

 

Il se croisera aussi, en 1101, avec 30 000 hommes dont tous meurent. Après un peu plus d'une année passée en Orient, la plupart du temps à se battre sans succès contre les Turcs, il rentre de croisade en 1102 et recommence sa vie de plaisirs et de vols, jusqu'à être excommunié par l'évêque de Poitiers. Sa femme, Ermangarde d’Anjou, obtiendra le divorce, et après un remariage raté, se retirera à Fontevrault. Fontevrault verra bientôt Philippa de Toulouse, la seconde femme de Guillaume, arriver (Au nom de sa femme, Guillaume revendiquera le comté de Toulouse qu'il occupera de 1113 à 1119. Il pillera les biens d'église pour financer sa campagne.). Puis, il épousera la femme de son vassal, le vicomte de Châtellerault, qu'il nomme la Maubergeonne (la Dangereuse).

 

En 1110, au cours d'une guerre entre le nouveau Comte d'Anjou Foulques V le Jeune et Guillaume IX de Poitiers. Guillaume est blessé devant Taillebourg et une treve est établie entre les belligérants. (Il y eu plusieurs bataille à Taillebourg: Taillebourg est un lieu de passage stratégique entre le nord de la France et le sud, par le pont construit sur la Charente.)

 

A la fin de sa vie, allié au roi de Castille et León, Alphonse le Batailleur, qui a épousé sa sœur Béatrice, il participe avec 600 lances, à la reconquête du royaume de Valence sur les Almovarides, remportant la bataille de Cutanda le 17 juin 1120. À la bataille de Cutanda, il aurait combattu avec le corps de sa maîtresse peint sur son bouclier.

 

Mais Guillaume IX de Poitiers marque surtout l'histoire comme un homme de lettres. Considéré comme un des précurseurs de l'amour courtois (fin amor). Guillaume IX est troubadour et définit les règles du trobar (poème chanté). Seulement onze pièces et des chansons nous sont parvenues.

 

Guillaume en fin de vie se consacre à la religion et meurt en février 1127.

 

 

Extrait en langue d'Oc:

 

Amig' ai ieu, no sai qui s'es,

Qu'anc non la vi, si m'ajut fes;

Ni'm fes que'm plassa ni que.m pes,

Ni no m'en cau,

Qu'anc non ac Norman ni Frances

Dins mon ostau.

 

Anc non la vi et am la fort,

Anc no n'aic dreyt ni no'm fes tort;

Quan non la vey, be m'en deport,

No'm pretz un jau,

Qu'ie'n gensor e bellazor,

E que mais vau.

 

 

Traduction en français (Mémoire de master -Université de Strasbourg - Alexander KIRIYATSKIY).

 

J'ai une amie, sais-je qui c'est?

Je ne la vis pas, la foi liée;,

N'a rien qui plaît à me peser

À faire une chose_chaude,

Ni en normand ni en français

Dans ma maison_hôte.

 

Je ne la vis jamais, j’aime fort,

Je n’ai ni droit, je n’ai ni tort,

Je ne vois, m'en réjouis encore

Que soit un coq_du

Mon grand amour beauté trésor,

Je fais ton vaut_plus.

 

 

* Aliénor d'Aquitaine (1120 - 1204), fille aînée de Guillaume X d'aquitaine, sera couronnée reine des Francs à Noël 1137 à Bourges. Elle hérite vers 15 ans, en 1137, du comté de Poitiers et des duchés d'Aquitaine et de Gascogne. La même année, elle épouse l'héritier de la couronne de France, Louis le Jeune (17 ans). Quelques jours après le mariage, son beau-père Louis VI le Gros décède. Elle est reine.

En 1147, Aliénor prend part avec son mari, à la deuxième croisade. Croisade au cours de laquelle on soupçonne la belle Aliénor d'infidélité et de ne pas avoir été indifférente à quelques seigneurs moins tristes que mari («J'ai cru épouser un homme, non un moine», aurait-elle confié). De retour en France, Aliénor obtient le divorce sous le prétexte d'une parenté trop proche avec Louis VII. Louis VII se remariera, et sa seconde femme lui donnera le futur Philippe Auguste.

De son côté, Aliénor épousera Henri Plantagenêt, qui deviendra Henri II, et deviendra ainsi reine d'Angleterre. Elle sera donc successivement reine de France et reine d'Angleterre. Deux de ses fils, Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre, deviendront eux même rois d'Angleterre.

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Taken on May 19, 2016