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Vestiges archéologiques de l'abbatiale cistercienne de Fontenelle, Maing (1212)

Durant près de six cents ans, une abbaye cistercienne de femmes connaît une existence difficile à Fontenelle, sur le territoire de Maing. Plusieurs fois détruite à cause de la proximité du système défensif de Valenciennes, elle est fermée et rasée pendant la Révolution. En avril 1977, lors des travaux d'élargissement de l'Escaut, des vestiges oubliés sont découverts. Grâce à un effort collectif, un site archéologique est aménagé, après des fouilles permettant de situer les divers bâtiments et de dégager des pièces intéressantes, dont certaines trouvent place dans l'église de Maing, tandis que d'autres sont exposées dans la crypte archéologique du musée de Valenciennes.

 

Deux demoiselles, Jeanne et Agnès, fille de Hélin, chevalier seigneur d'Aulnoy, fondèrent un petit oratoire en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, auprès de la fontaine de Notre-Dame-aux-Pierres, entre l'Escaut et le grand chemin qui mène de Valenciennes à Cambrai, là où était jadis l'ermitage de Bertholin, saint homme à qui Notre Dame apparut quand elle voulut chasser la peste (de Valenciennes) l'entourant d'un cordon. Adossé à cet oratoire, qui fut donc appelé Fontenelle, les deux sœurs bâtirent un corps de logis. Transplantées un peu plus bas en 1214, Jeanne, Agnès et leurs compagnes ne furent autorisées à construire l'église dont elles rêvaient qu'en 1216, à cause de l'hostilité de l'abbé de Crespin. C'est donc en 1216 que commence l'histoire de l'abbaye de Fontenelle avec la construction de l'église dédiée à Notre Dame. En juin 1218, la communauté adopte la règle de Cîteaux, moyennant la permission d'Arnaud, abbé de Cîteaux et de Guillaume, abbé de Clairvaux. Havide de Condé, première abbesse, ratifie cette résolution en 1228.

 

L'abbaye se développa rapidement dès sa création; de nombreux dons lui furent faits par des seigneurs parents et amis. Mais c’est au XIVe siècle qu’elle atteint la renommée avec la venue en 1337 de Jeanne de Valois, veuve du comte de Hainaut Guillaume Ier Le Bon, sœur du roi de France Philippe VI, belle-mère de l’empereur Louis de Bavière, du roi Edouard III d’Angleterre et du duc de Juliers. Jeanne de Valois, qui avait été précédée à Fontenelle dès 1300 par sa belle-sœur, Jeanne de Hainaut, y entraîna sous le voile avec elle sa petite-fille Anne de Bavière. Plus tard une autre fille, Isabelle de Namur, devait y être inhumée à leurs côtés. Ainsi c’est une des familles les plus puissantes de l’Europe d’alors qui fera la célébrité de l’abbaye.

 

En juin 1340, durant la Guerre de Cent Ans, les Français, en se retirant sur Cambrai après une expédition dévastatrice dans le Hainaut, brûlent en partie l'abbaye de Fontenelle. Le duc de Normandie, eu égard à sa tante qui s’y était retirée, fait immédiatement châtier les soudards.

En août de la même année, Jeanne de Valois sort de sa retraite, à l’appel de son frère le roi Philippe VI, pour rencontrer sa fille Philippa, reine d’Angleterre, afin d’obtenir l’arrêt des hostilités qu’elle parviendra finalement à imposer elle-même par la Paix de Tournai. Ainsi, le 25 septembre 1340, Une trêve de dix mois est conclue entre la France et l'Angleterre, renouvelée deux fois de suite par la comtesse Jeanne, et qui permettra au Hainaut de sortir du conflit franco-anglais pour les cent ans à venir. En 1352, Jeanne de Valois meurt à l'abbaye. Elle est enterrée au milieu du chœur des Dames dans l'abbatiale. Elle avait fait de Fontenelle une abbaye riche, un centre politique momentané, un lieu de rencontre de la noblesse. Par la suite, l’abbaye coule des jours propices, éloignée de l’agitation mondaine, dans la ferveur des moniales.

 

En septembre 1553, l'armée de Charles Quint, en guerre contre le roi Henri II, campe durant six semaines au Mont Houy. Elle est commandée par Philibert Emmanuel, Prince de Piémont.

Celui-ci loge à l'abbaye en compagnie des principaux chefs de son armée. En août 1556, à Valenciennes, une foule de réformés déferle sur les lieux de culte catholique. L'abbaye de Fontenelle n'est pas épargnée. Cette explosion de colère se reproduira en janvier, avant que la rébellion ne soit matée et durement réprimée. Le 23 avril 1557, l'abbesse et ses religieuses reviennent à Fontenelle. Elles restaurent la chapelle de Saint-Bernard. En 1571, des voleurs surprennent de nuit l'abbaye. L'abbesse décide d'envoyer ses religieuses en partie à l'abbaye de Spirlieu (près de Mons), en partie à l'abbaye d'Ath, quant à elle, avec quelques religieuses, elle se retire au Quesnoy dans l'abbaye de Sainte-Elisabeth, puis toutes se retrouvent au refuge de Valenciennes. En mai 1572, ce refuge est pillé et dévasté par des Valenciennois en révolte contre le Duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas, représentant le Roi d'Espagne. En 1575, les religieuses effectuent leur retour à l'abbaye, mais en 1578, la région de Valenciennes connaissant de nouveaux troubles, elles doivent à nouveau retourner dans leur refuge de Valenciennes. L'abbesse estima nécessaire d'améliorer celui-ci et de le rendre apte à y célébrer la messe. Toutes ces destructions et reconstructions se passèrent sous l'abbatiat de Marie Le Poyvre.

 

En 1612, dame Catherine Le Moisne, voyant que la paix semble assurée en Hainaut, fait revenir ses religieuses à Fontenelle. A sa mort, la même année, dame Louise de Barbaize qui lui succède, entreprend de restaurer l'abbaye. En 1632, les hostilités commencent entre Français et Espagnols et Valenciennes est le centre de batailles qui ravagent le pays. En 1635, les religieuses décident donc, une fois de plus, de se réfugier dans leur refuge de Valenciennes. En 1649, des coureurs français (soldats chargés de parcourir la région pour piller ou trouver du ravitaillement) entrent dans l'abbaye après la prise de Condé. En 1656, Valenciennes est encerclée par les Français, le couvent est pillé, le quartier abbatial, les clôtures, l'infirmerie, les basses-cours, les granges démolis. Quant au reste de la propriété, il est inondé. Le 16 juillet 1656, durant la nuit, l'armée espagnole, commandée par Don Juan d'Autriche et le Prince de Condé, rompt les lignes des assiégeants et force les Français à se retirer. Ce secours ne sauva pas Fontenelle, les vainqueurs, cantonnés à Trith et à Maing, continuent le pillage, emportant les portes de l'église, les stalles du chœur ainsi que les chaînes du pont-levis.

 

La période qui suivit, plus calme jusqu'à la Révolution, fut consacrée en partie à la restauration de l'abbaye. Après une période assez longue, qui aboutit en outre à la prise de Valenciennes (1677), Louis XIV, par le traité de Nimègue (1678), annexe la région à son royaume. A partir de 1678, Louis XIV nomme en personne les abbesses de Fontenelle, dont la première en titre fut Dame Anne Dufrêne qui fit reconstruire les fermes de Monchaux et dans l’abbaye, la deuxième cour du cloître. Quant au cloître lui-même, il n'était pas terminé à la Révolution. L'abbaye connaîtra durant cette période un moment de paix, ce qui lui permettra de retrouver l'éclat qu'elle avait eu dans le passé.

 

C'est sous l'abbatiat de Dame Farez, trente-sixième abbesse de Fontenelle qu'eut lieu la Révolution. Devant la tournure des évènements, celle-ci céda le pouvoir à sa prieure, Henriette Castillon. Le 24 septembre 1791, la communauté se sépare et les dames se cachent où elles peuvent. L'abbaye est mise sous scellés et vendue comme bien national à un négociant, le sieur Rémi Pillion, le bois et la ferme attenante de Fontenelle sont adjugés à monsieur Perdry Cadet. En 1793, durant le siège de Valenciennes, toute l'abbaye est saccagée et brûlée.

 

En 1834, de nouveaux acquéreurs entreprennent des fouilles pour extraire les pierres nécessaires à la confection des routes. En 1835, l’emprise monastique est ensuite nivelée. Ne persisteront jusqu’à la fin du XIXe siècle que la ferme et les fossés dont quelques-uns sont encore actuellement visibles .

        

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Taken on January 3, 2006