Chloé Sharrock
Présentée par Didier de Faÿs - Photographie.com

Biographie

Née en 1992 à Chamonix, Chloé est très jeune baignée dans un environnement artistique, où l'image se place comme medium privilégié pour exprimer ses émotions et ses ressentis. C'est donc naturellement qu’elle se tourne, dans un premier temps, vers des études d'Histoire de l'art à l'Université Lumière à Lyon dans lesquelles elle se spécialise sur les courants picturaux du XIVe au XIXe siècle. Grandement influencée dans son travail par cette esthétique elle apporte une attention toute particulière à la lumière et la composition. Par la suite elle entreprend des études de Cinéma à l'Université Paris VIII à Paris spécialisée en réalisation de documentaire et de cinéma expérimental. Prenant sa source dans l'aspect documentaire de ses études, très vite une envie de témoigner du réel s'impose à elle. En 2016, elle décide que son média sera la photographie et ce dans une dimension résolument journalistique. Un premier voyage au Liban en Décembre 2016 lui ouvre les yeux sur le Moyen-Orient. Quelques mois plus tard elle crée l’association « Alhawiat, » qui promeut le rôle des femmes dans la reconstruction des sociétés éclatées par les conflits, et entame un large projet photographique au pays du Cèdre auprès des femmes Libanaises, Syriennes et Palestiniennes - projet encore en cours aujourd'hui. Chloé rejoint l’agence Le Pictorium en avril 2018 afin de donner plus de visibilité à son travail.

Eloge

Écrire avec la lumière, c’est littéralement le choix de Chloé Sharrock pour témoigner du réel. À la suite de ses études de réalisation de documentaire et de cinéma expérimental, elle devient ainsi photographe. Avec passion et conscience. Ce n’est pas pour rester à la surface des événements, pour reproduire les clichés de la manipulation de l’information. Elle pousse son engagement à traiter des conflits hors des champs de batailles et de la guerre des images. Lorsque la nuit tombe à Gaza, Chloé Sharrock raconte la vie sans lumière dans des photographies subtiles où l’on ressent progressivement la pénurie d’électricité comme le début d’une liste sans fin de conséquences… Écoutons cette jeune photographe lorsque la nuit tombe sur Gaza. « Il est juste six heures de l’après midi, mais l’hiver raccourcit les jours et bientôt le quartier sera plongé dans l’obscurité totale. » Car les gazaouis ne disposent quotidiennement, de manière aléatoire, que de quelques heures d’électricité *. Cette pénurie d’électricité provoque de sérieuses conséquences sur la vie quotidienne de milliers de vies qui dépendent des équipements électriques : problèmes économiques évidemment mais aussi sanitaires et environnementaux. Dans elle décrypte la pièce de théâtre et l’enjeu de Gaza qui « autrefois la clé de voûte de la politique palestinienne, fière et pleine de défi, n’est plus aujourd’hui que le point névralgique de querelles qui agitent la Palestine moderne divisée en deux clans, le Fatah de Mohamoud Abbas et le Hamas d’Ismaël Haniyeh qui contrôle Gaza depuis sa violente prise de pouvoir en 2007. Un blocus renforcé sur le territoire de la part d’Israël et de l’Égypte ajoute à l’exaspération constante des divisions et conduit à une impasse qui atteint son point de rupture : la situation à la fois économique et sociale est alarmante. Au cœur de ces jeux de pouvoir constants, l’électricité est devenue un moyen de pression qui détériore profondément la situation humanitaire déjà au bord de l’effondrement. » Les dix photos présentées pour les Zooms du Salon de la Photo couvrent cette vie –malgré tout– dans les ruelles obscures. C’est un fragment, car Chloé Sharrock complète son décryptage dans les intérieurs des familles et réalise des reportages dans les hôpitaux et les infrastructures, les portraits des responsables économiques et politiques. Elle documente le drame humain. Quel rôle important pour un jeune photographe que faire toute la lumière sur ce que l’on ne peut plus voir.
10 photos · 8,270 views