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Fotografando. Contest "Ecco dove vivo" -  "Voilà où je vis" | by Il linguaggio degli alberi di Ciampi e Cannizzaro
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Fotografando. Contest "Ecco dove vivo" - "Voilà où je vis"

Fotografia di Lino Cannizzaro.

Il quartiere di Genova dove abito si chiama Sturla.

Sturla non ha niente di particolare; se ne parla solo quando arrivano le alluvioni a causa di un torrentello che straripa a intervalli regolari e provoca molti guai. Il quartiere è abitato per lo più da gente semplice che quando può passeggia in riva al mare e a sera sparisce nelle case a gran velocità. Niente di che fantasticare perché a Sturla non si trova la ricchezza delle case di Corso Italia, di Albaro o della passeggiata di Nervi. Ma è questa umanità in attesa di qualcosa che amo fotografare.

Di ogni persona incontrata potrei raccontare la storia e non perché la conosca realmente ma ho il vizio d’inventarla.

Tra queste persone, c'è la signora vestita coi colori della sera, che va a spasso col cane sempre alla stessa ora. Scommetto che la sa lunga sull’amore, sul disamore, sul fluire della vita. Ha lo sguardo di chi porta il peso dei propri sogni inappagati.

Di tanto in tanto incontro un vecchio che parla da solo a voce alta: vive nel suo mondo; un mondo dove potrebbe viaggiare anche ad occhi chiusi, dove la testa funziona come può mentre il corpo va in giro per conto suo. Mi dico che forse è in dialogo perenne con una donna amata molti anni fa e che lo ha fatto soffrire o è scomparsa di morte misteriosa.

A mezzogiorno, a Sturla, talvolta mi si offre questa scena: al tavolino di un bar, un tizio poco rassicurante con i baffi, occhiali con lenti una rotonda e una quadrata, prende l'aperitivo. Potrebbe avere dei crimini sulle spalle. Anzi, sicuramente li ha. Tuttavia gli si è scolorita la rabbia dagli occhi e gli si legge dentro solo stanchezza.

C’è poi l’uomo dell’Arci che guarda le donne con gli occhi di fuoco e a cui nessuno dà retta perché perde sempre a carte. Che sia un pescatore in pensione? Un prete spretato? No. Non gli si addice. Mi sono messa in testa idee sbagliate.

Sui ragazzi del mio quartiere, invece, non ho nulla da inventare. Stanno in disparte, s’infilano cappucci sulla testa forse per isolarsi dalle altre generazioni. Durante le alluvioni sanno anche trasformarsi in eroi. Ma in tempi normali, per loro, la vera vita è un cellulare sempre a portata di voce, sempre a portata di mano. Ieri ho incrociato una ragazzina appoggiata al muretto della spiaggia. Al cellulare gridava: “Perché, se no che mi fai?”. La osservavo di profilo senza distinguerne il volto. Da come scuoteva le spalle ho immaginato stesse piangendo. Aveva il mare davanti. Ma neppure lo vedeva.

 

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Le quartier de Gênes où j’habite s’appelle Sturla.

Sturla n’a rien de particulier ; on n’en parle que pendant les d’inondations causées par un petit torrent qui s’enrage à des intervalles réguliers et provoque pas mal de dégâts. Le quartier est habité tout au plus par des gens simples, qui lorsqu’ils ont le temps se promènent au bord de la mer et le soir s’engloutissent dans leurs maison à toute vitesse. Non, il n’y a pas de quoi vraiment fantasmer car dans ce coin on ne trouve pas la richesse des maisons de Corso Italia, du quartier d’Albaro ou de la promenade de Nervi. Mais c’est justement cette humanité en attente de quelque chose que j’aime photographier.De chaque personne que je rencontre je pourrais raconter l’histoire, non pas parce que je la connais réellement, cette histoire, disons plutôt que je l’invente.

Parmi ces gens il y a la dame habillée avec les couleurs du soir qui promène son chien toujours à la même heure. Je parie qu’elle en sait long sur l’amour, sur le désamour, sur les secousses de l’existence. Elle a le regard de quelqu’un portant le poids des rêves inassouvis.

Il m’arrive de rencontrer un vieil homme qui parle tout seul à voix haute : il vit dans un monde à lui ; un monde qui se déglingue, où il voyage même avec les yeux clos, où la tête fonctionne comme elle peut tandis que le corps s’échappe par la tangente. Je me dis qu’il est sans doute en dialogue permanent avec une femme aimée autrefois et qui l’aurait fait souffrir ou qui aurait disparu d’une mort mystérieuse.

Vers midi le quartier de Sturla m’offre parfois cette scène : à la table d’un café, un type bizarre avec des moustaches, et des lunettes avec des verres de deux formes, l'un carré et l'autre rond, prend l’apéritif. Il pourrait avoir quelque crime à cacher. Oui, il en a sûrement. Cependant toute la rage semble s’être décolorée de ses yeux et on n’y lit que la fatigue.

Puis il y a l’homme de l’association ARCI, qui transperce des yeux les filles qui passent mais que personne n’écoute et qui perd toujours aux cartes. Que ce soit un pêcheur à la retraite ? Un prêtre défroqué ? Non. Il n’en a pas l’air. J’ai donc mijoté des idées saugrenues.

Sur les jeunes de Sturla, par contre, je n’ai rien à inventer. Ils vivent à part, se couvrent la tête avec des capuchons, peut-être pour s’isoler des autres générations. Pendant les inondations, ils savent se transformer en héros. Mais en temps normal, pour eux, la vraie vie est un téléphone portable, toujours, justement, à portée de voix, à portée de main. Hier j’ai croisé une gamine appuyé à une murette près de la plage. Au téléphone elle criait : « ta gueule… et tu me fais quoi, sinon ? ». je l’observais de profil sans distinguer son visage. D’après sa façon de secouer ses épaules, j’ai pensé qu’elle pleurait. La mer devant elle, pourtant. Et dire qu’elle ne la voyait pas.

 

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Taken on December 16, 2011