In the neck of time/Gorgeous!
The idea of taking pictures of necks as expressive portraits came to me as a consequence of four successive events.
A chance low-angle auto portrait, shot as the camera release went off by mistake, a visit to the Erechteion temple in Athens, the electoral campaign in France and my rediscovering Nan Goldin’s picture “The Hug”.

First, the auto portrait I had taken by chance conjured up in me the intimate feel and the sensuality of a woman’s neck, violently challenged by the potent, erect jaw.

Secondly, during my trip to Athens, I was deeply struck by the overt demonstration of power encapsulated in these Acropolis temples, which are supported by immense colonnades. Erechteion (the temple of the goddess Athena, or Minerva in Latin) is significant in that its structure rests on the necks of goddesses known as Caryatids.
The recent electoral campaign, which staged the fight for power between a woman and a man, instilled meaning to my holiday snapshot of the Erechteion temple. The Caryatids seemed all at once both gentle and strong, serenely reversing the Judeo-Christian values of power and responsibility.
Through a fascinating plunge into the depths of the history of representation, I found myself back in ancient times, when artists would represent battle scenes through the unconcealed nudity of the male body, with intensely tauten muscles. Today however, it is the female nudity, devoid of shape or form, which prevails in the war of images.

Lastly, what I like in Nan Goldin’s “The Hug” is the use of the flash which characterizes the ambivalence of feeling all at once violence and tenderness , before it flattens the fusion of the two bodies into one compact block.

These four elements guided me in my endeavour to give concrete expression to the feeling I had that values and lifestyles were going through transformations so great, that the confusion they generated was becoming visible in our bodies.

I started this series shooting the necks of 30 different women using a flash, each woman disclosing her neck to me. I felt as though I were taking stolen pictures, since none of the women was able to strike a pose or make use of her eyes or attitude … with their heads toppled over, not one could have imagined herself like this.
Erect shapes without identity , altogether powerful, animal and feminine… Blatant antagonism is comprised in these masks which seem to be intently looking at their beholder. One can somehow make out the position of the mask’s eyes, but these seem to be but a mirror without reflection. We generally make portraits of people in whom we recognize something of ourselves, as we sense an ineffable feeling overcome us. Here, the very identity of the photographer or photograph beholder, is left thoroughly unsettled. The series is made of hybrid, disembodied identities, notwithstanding their being extremely carnal…
I chose to use only women in the pictures, in order to avoid the presence of beard hair, which would have narrowed the range of possible interpretations. This project is not a feminist one. All that is left for me to do now is find out the alternative to “In the neck of time” in the male body…

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L’idée de prendre des cous en photo en guise de portraits expressifs m’est venue suite à 4 évènements successifs.
Un autoportrait en contre-plongée pris au hasard d’un déclenchement par erreur, la visite du temple Erechteion à Athènes, la période électorale et la redécouverte de la photo « l’étreinte » de Nan Goldin.



Tout d’abord, cet autoportrait réalisé par erreur m'a évoqué la sensualité et l’intimité d'une gorge féminine brutalement remise en question par la puissance d'une mâchoire en érection.

Ensuite, ce voyage à Athènes a été marquant pour la démonstration de pouvoir que représente ces temples de l'Acropole soutenus par d’immenses colonnades. La particularité de l’Erechteion (le temple d’Athéna ou Minerve en Grec) est que ce sont des déesses, nommées Caryatides, qui soutiennent avec leur cou une partie du temple.
En ces temps de période électorale où une femme dispute le pouvoir à un homme, cette image n’est pas restée photo de vacances pour longtemps. Ces Caryatides me sont apparues douces et fortes à la fois, renversant sereinement les valeurs judéo-chrétiennes du pouvoir et de la responsabilité.
Intéressante plongée dans l’histoire de la représentation, j’étais revenue à l’époque antique où les artistes représentaient les scènes guerrières à travers la nudité décomplexée des corps masculins dont les muscles bandaient à outrance. Inversement aujourd'hui, seule la nudité de la femme sans forme prévaut dans cette guerre des images.

Enfin, j'apprécie dans « l’étreinte » de Nan Goldin l'utilisation du Flash qui vient caractériser l'ambivalence du sentiment à la fois violent et tendre, puis il aplatit aussi la fusion des deux corps dans une même masse compacte.

Ces 4 éléments m'ont dicté la marche à suivre pour concrétiser le sentiment d'une mutation des valeurs et modes de vie à un point où la confusion est visible dans les corps.

J’ai commencé cette série de photographies au flash de 30 cous de femmes, une à une me dévoilant leur gorge, comme autant de portraits dérobés. Car aucune n'a pu jouer d'une attitude, d'un regard..., la tête basculée en arrière, aucune n'aurait pu s'imaginer de la sorte.
Des formes en érection sans identité à la fois puissante, animale et féminine… Un antagonisme flagrant compose ces masques d’une présence qui semble vous observer. L’emplacement des yeux est concevable mais ils semblent vous tendre un miroir sans reflet. Nous faisons généralement des portraits de personnes dans lesquelles nous nous retrouvons où nous percevons un moment d’indicible, ici en tant que photographe ou spectateur notre propre identité est de ce fait dérangée. Une série composée d'identités hybrides désincarnées et pourtant très charnelles...
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