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Aimez moi encore / Love me again | by Orpinbleu
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Aimez moi encore / Love me again

 

Il fut un temps où les hommes m’aimaient. Ils me désiraient, me regardaient pendant des heures, s’enthousiasmaient du moindre de mes mouvements, Je leur ai tout donné, tout ce que j’avais. Ils m’ont tout pris sans honte ni remords, me vidant peu à peu de ma substance pour ne laisser de moi que quelques traces humides sur des rives asséchées.

Pour eux, je me suis faite petite et délicate courant au coeur des montagnes, fertile et nourricière aux creux des vallons, changeante selon les saisons, mouvante selon les pays. Pour moi, ils ont inventé des dieux pour expliquer mes colères et en ont créé d’autres pour m’apaiser. Ils me priaient pour que je vienne, ils me suppliaient pour que je parte, mais ils savaient mes colères rapides et que de ma fureur renaîtrait la Terre.

Certains ont voulu me dompter, me soumettre à leurs désirs. Ceux-là me faisaient rire et je les ai laissés se perdre et disparaître dans mes bras. Certains étaient plus tendres et savaient me murmurer des poèmes dans le creux de mon onde claire. Ceux-là me faisaient soupirer et ont obtenu de moi toutes mes faveurs et toutes mes richesses.

 

Parce qu’ils me croyaient immortelle, ils ont puisé tout ce que j’ai pu leur donner. Ils ont vidé mes océans. Ils ont détournés mes rivières. Ils ont souillé mes rivages et massacré tous les êtres étonnants qui peuplaient mon royaume. Peu à peu, les Hommes ne m’ont plus vue comme la vie, l’origine de toute chose, mais comme une bouteille en plastique que l’on vide et remplit au gré des besoins.

Aujourd’hui, je me recroqueville doucement, me retirant peu à peu de la surface de la Terre. Je n’ai plus la force de combattre les déserts, le Soleil ou les vents qui brûlent les Hommes. Je ne sais plus les apaiser par une pluie fine ou le murmure plaisant d’une de mes sources. Ils ne me voient plus. Ils m’oublient. Jusqu’à ce qu’un jour, ils doivent se battre pour m’avoir. Mais, ils ne le font plus par amour. Ils le font pour l’orgueil de me posséder et me vendre. Alors, je me meurs. Je meurs doucement de ne plus être aimée.

 

Il y a quelque part, j’en suis certaine, un doux rêveur prêt à m’aimer. Un seul me suffira pour tout leur pardonner

Extrait :Texte de DaisyLewis - Source : www.oniris.be/

  

There was a time when men like me. They wanted me, watching me for hours, raved of my every move, I gave them everything, everything I had. They took everything without shame or remorse, I gradually emptying of my stuff to leave me a few traces on the banks drained wetlands.

For them, I made small and delicate power in the mountains, fertile and nourishing the hollows of the valleys, changing with the seasons, moving from country to country. To me, they invented gods to explain my anger and created others to soothe me. They begged me for me to come, they begged me for me to leave, but they knew my anger and quick as my fury reborn Earth.

Some people wanted me to tame, to submit to their desires. Those made me laugh and I let them get lost and disappear in my arms. Some were more tender and knew me whisper poems in the palm of my clear wave. Those made me sigh and got me all my favors and all my wealth.

 

Because they thought I was immortal, they drew everything I could give them. They emptied my oceans. They have hijacked my rivers. They have defiled my shores and slaughtered all the amazing creatures that lived in my kingdom. Gradually, the men did more to me like life, the origin of all things, but as a plastic bottle that is emptied and filled as needed.

Today, I curl gently, gradually removing me from the face of the Earth. I no longer have the strength to fight the deserts, the sun or the winds that burn men. I no longer appease them with a drizzle or a pleasant murmur of my sources. They see me more. They have forgotten me. Until one day, they must fight for me. But they do out of love. They do it for the pride of my own and sell me. So I am dying. I'm dying slowly not to be loved.

 

Somewhere out there, I am sure, a dreamer ready to love me. One will suffice for me to forgive them all

Text DaisyLewis - Source: www.oniris.be/

 

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Taken on May 9, 2012