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Djibouti | by miguou
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Djibouti

French/English

Dinkenech est toujours restée sur la réserve. Jamais je n'ai réussi à connaître son âge et son histoire. Je suis cependant parvenu, au bout de plusieurs jours, à me faire oublier et à la prendre en photo.

Dinkenech vient d'Ethiopie. Depuis plusieurs années, il y un très fort exode des Ethiopiens qui quittent leur pays face à la misère et à l'explosion démographique. Ils n'ont qu'un seul rêve : traverser la Mer Rouge et atteindre l'Arabie Saoudite ou les Emirats. C'est leur eldorado, qui souvent se termine en cauchemar. Beaucoup meurent noyés en traversant le détroit de Bab el Manded, la porte des larmes, si bien nommée. Si par chance, ils survivent à la traversée, ils se retrouvent souvent maltraités et exploités par des employeurs peu scrupuleux.

Dinkenech, comme beaucoup de femmes éthiopiennes, s'est arrêtée quelque temps à Djibouti. Femme de ménage, elle essaye d'économiser un peu d'argent pour sa traversée jusqu'au Yémen. J'ai tenté de parler avec elle. Elle sait les risques qu'elle court, elle sait qu'elle risque d'être jetée à la mer par des passeurs somaliens peu scrupuleux. Arrivée en Arabie Saoudite, peut-être deviendra-t-elle l'esclave domestique d'une famille riche, peut-être sera-t-elle frappée, peut-être abusera-t-on d'elle ? Elle sait tout cela, mais rien ne la ferait renoncer.

J'ai donc réussi à prendre Dinkenech en photo. Puis, un matin, après avoir demandé son salaire pour ses quelques jours de ménage, elle a disparu sans laisser de traces.

©MiguelJauralde

 

Dinkenech was always reserved. I never got to know her age and her background. But eventually after a few days she forgot about me and I managed to take her picture.

Dinkenech comes from Ethiopia. For several years a high number of Ethiopians have been leaving their country to escape poverty and overpopulation. They have only one dream : cross the read sea and reach Saudi Arabia or the Emirates. It is their dream which very often ends in a nightmare. Many of them drown crossing the Bab el Manded straits, the tears gate, as it is so well named. If by chance they manage to cross, they often end up being exploited and mistreated by unscrupulous employers.

Dinkenech, like many Ethiopian women, settled for some time in Djibouti. Working as a housemaid she tries to save enough money to reach Yemen. I tried to speak with her. She knows the risks involved, she knows she could be thrown out to sea by dishonest smugglers. Once in Saudi Arabia she could become the slave of a rich family, she might be beaten up, raped. She knows all of this but she won’t give up.

I managed to take her picture. Then one morning, she asked for her wages for her few days of work and then she disappeared without a trace.

©MiguelJauralde

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Taken on January 30, 2012