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Sophie von Hellerman | by Marc Wathieu
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Sophie von Hellerman

Sophie von Hellerman & Josh Smith at Museum Dhondt-Dhaenens, Deurle, Belgium.

 

This duo exhibition functions as an intense dialogue between the works of two very different artists. While Sophie von Hellermann (1975, Germany) makes large-scale compositions in which she develops a visual language that is both fairy tale-like and imaginative, Josh Smith (1978, USA) creates paintings in which his personal approach is always the underlying base of the work. The exhibition is an investigation into both identity and uniqueness, and fundamental approaches in painting. This project is curated by Anne Pontégnie and realised in collaboration with Le Consortium from Dijon.

 

www.smithjosh.com/

www.vilmagold.com/newpages/artists/sophie1a.htm

 

www.museumdd.be/

www.leconsortium.com/?Expositions:Expositions_pass&ea...

 

"L'exposition associe et confronte les œuvres de deux peintres de la même génération : Sophie von Hellermann (Munich, 1975, vit et travaille à Londres) et Josh Smith (1976, Tennessee, vit et travaille à NY).

Tous deux partagent une approche de la peinture comme processus de création continue, un flux dont la quantité remet en cause la notion même de chef d'œuvre et ouvre des pistes pour ouvrir un espace pictural renouvelé. Pourtant, leur énergie et liberté communes s'expriment dans des projets radicalement différents.

 

Comme d'autres artistes de sa génération, von Hellerman s'autorise à puiser dans l'histoire de la peinture et des libertés progressivement acquises pour creuser sa voie singulière. A partir cet espace, l'artiste utilise la peinture comme un instrument qui lui permet tout à la fois de s'approprier et de s'absenter de la réalité. Les tableaux de Sophie von Hellermann condensent chacun une histoire, parfaitement contenue dans les limites du cadre, mais trouée de l'intérieur. Ces espaces vides donnent leur pouvoir d'évocation à ses œuvres, une capacité à absorber d'abord le regard avant d'ouvrir l'imaginaire et la mémoire de la sensation. Les sujets de sa peinture, essentiellement narrative, sont à l'intersection d'une histoire personnelle et d'une histoire collective qui nourrit son imaginaire, sans qu'une frontière bien définie existe entre les deux. Une exécution rapide et une production abondante, un style désinvolte, des narrations qui confondent son expérience quotidienne et des situations rencontrées dans la fiction ou dans l'histoire, un amalgame permanent entre le trivial et le grandiose sont autant d'instruments qu'elle utilise pour transgresser toutes les règles de la bienséance picturale.

 

Smith se réfère plus explicitement à une histoire de la peinture qui, dans son épuisement, pesait comme une menace castratrice sur ses aînés et qu'il transforme en un répertoire de formes, libre de droits. Avec ses références explicites à l'histoire de la peinture, son style « expressif », ses effets de signature et son absence de sujet, l'œuvre de Josh Smith pourrait paraître inactuelle. C'est que Smith refuse d'utiliser signes et sujets pour affirmer sa contemporanéité. Comme tous ceux auxquels il se réfère - Kirchner, Picasso, Haring ou Wool - Smith n'utilise pas la peinture pour illustrer un projet, mais choisit de penser « en peinture ». La quantité d'œuvres qu'il produit - un phénomène qu'il choisit de mettre en scène dans ses installations - témoigne de cette pensée en marche. Le tableau n'est pas envisagé comme le lieu clos d'un achèvement, mais comme une étape dans un processus continu de création. L'étanchéité de la frontière qui sépare l'original et de sa reproduction - déjà compromise depuis les années 60 par l'utilisation de la sérigraphie - est minée de l'intérieur par la prolifération des originaux. Cette stratégie permet à Smith de s'émanciper d'un système hiérarchique qui fait le tri entre œuvres majeures et œuvres mineures pour mettre en évidence le mouvement même de la création. Dans un monde de flux incessants, de marchandises et d'images, Smith parvient à proposer un flux alternatif, qui vient rompre la répétition du même. L'authenticité n'est pas à chercher du côté d'une subjectivité triomphante dont la signature et l'expressivité marqueraient le retour, mais d'une recherche frénétique où sujet et œuvre se coproduisent et se modifient sans cesse." (extrait)

 

Anne Pontégnie.

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Taken on April 25, 2010