Basilique d'Orcival
Construite au XIIème siècle par les moines de la Chaise-Dieu, l’église est un pur témoignage de l’art roman auvergnat. Elle a été construite à l’emplacement d’un lieu de pélerinage, peut-être lié à une source qu’elle abrite. L’église accueille une statue Vierge à l’Enfant vénérée comme une relique, tandis que des chaînes suspendues à l’extérieur évoquent la libération de l’être.

Il est dit que l’église aurait un pouvoir miraculeux de guérison. Cette idée me semble imprègner l’architecture, qui invite à l’intériorité.

Logée dans le site en creux, l’église reproduit un ventre arrondi, tout en douceur. L’unicité architecturale présage de son aboutissement intérieur.

Le portail de bois recouvert de cuir, donne l’éveil : les têtes d’hommes d’un vantail font face aux têtes d’animal de l’autre. Mais dans l’entrelac les deux sont liées, indiquant qu’ici la dualité sera absorbée.

L’architecture intérieure est par elle-même un processus d’intégration. Tout est fait pour ramener la pensée à soi après avoir reçu la caresse bienfaisante des voûtes. On est dans l’intégration de l’humanité, à l’opposé de l’exaltation spiritualiste du gothique.

L’inspiration médiévale reproduit d’ailleurs l’esprit gallo-romain qui prévalait dans la région, dont elle utilise le langage pour faire passer son message de bénédiction, bien loin de l’esprit de croisade.

Quel est ce message de guérison? Les décors des chapiteaux en donnent l’écriture.
Dès l’entrée le pélerin est accueilli par une femme dans l’abondance, origine de la statue de la Vierge qu’il faudra aller prier.
Les chapiteaux déclinent tous les signes de bénédiction: arbre de vie, ombre de l'esprit, gémellité, paradis, abondance, annonce d’ange, union.

La basilique d’Orcival engage chacun à l’incorporation de la dualité.
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