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Les écoles chiites au Liban. Construction communautaire et mobilisation politique

Catherine Le Thomas

 

Coll. Hommes et sociétés

 

Paris-Beyrouth, Karthala-Ifpo, 2012

 

ISBN : 9782811105921

 

420 p., 240 x 160 mm

 

32 € (commander chez Karthala)

 

Depuis les années 1960, et plus encore depuis la guerre civile, la communauté chiite libanaise a connu un impressionnant processus de consolidation et de montée en puissance. Sous l’influence de leaders locaux et de clercs comme Musa al-Sadr ou Mohammad Hussein Fadlallah, elle a acquis une visibilité croissante sur la scène politique libanaise, avant de connaître les faveurs des médias dans le sillage de la révolution iranienne et de l’émergence du Hezbollah.

 

Sur la base d’une enquête de terrain de trois ans, cet ouvrage analyse un domaine jusque-là peu étudié et pourtant central au sein du chiisme libanais contemporain : l’éducation, au croisement des stratégies religieuses, sociales et politiques des acteurs communautaires. Témoin et enjeu des luttes de pouvoir, elle s’insère dans un faisceau de mobilisations pour lesquelles elle représente un levier, dans un contexte d’extrême perméabilité des différents secteurs sociaux et de faiblesse de l’État.

 

Les écoles communautaires s’intègrent aussi bien dans des stratégies politiques personnelles que dans des projets de société globaux ; celui du Hezbollah, qui vise à former une « société de la résistance », en représente le modèle le plus abouti. Ce dernier exerce aujourd’hui une hégémonie culturelle réelle, bien que contestée, sur les chiites au Liban et a acquis un rôle central dans la prestation de services sociaux à la communauté.

 

Dans le cas de la mouvance du Hezbollah – et dans une moindre mesure dans celle du mouvement Amal – les écoles mises en place favorisent l’émergence d’une « deuxième génération » militante, après les combats révolutionnaires des parents. Socialisée dans un environnement islamisé et souvent militant, la nouvelle classe moyenne formée par ces institutions ne peut que remodeler à terme le soubassement communautaire, pour le renforcer ou le contester. À tous ces titres, les écoles chiites sont un révélateur des dynamiques sociopolitiques du Liban contemporain.

 

Catherine Le Thomas, agrégée d’histoire et docteur en science politique de l’IEP de Paris, est chercheuse associée au Centre d’études interdisciplinaires du fait religieux (EHESS) et chargée de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

  

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Taken on May 29, 2012