Un cottage au milieu de bungalows, rue Paul Sauvé, St-Léonard

Dans l’arrondissement montréalais de Saint-Léonard, la situation est aujourd’hui critique pour un quartier de bungalow aménagé entre 1956 et 1962. Ce quartier, le premier développement suburbain à voir le jour à St-Léonard, fut érigé en tant qu’ensemble coopératif par la Coopérative d’habitation de Montréal. Il était originellement composé de 654 résidences unifamiliales, de sept différents modèles, d’un à un étage et demi, recouvertes de briques rouges.

 

50 ans plus tard, l’homogénéité paysagère et volumétrique qui caractérisait autrefois l’ensemble n’est plus. Des 654 bungalows construits, seuls 278 d’entre eux subsistent encore sous leur première forme (en date d’une étude terrain effectuée en novembre 2011). 52 résidences ont subi une réfection partielle ou totale du revêtement extérieur, 83 ont été agrandies à l’aide d’une aile au rez-de-chaussée ou d’un second étage, un bungalow à été converti en lieu de culte et 21 autres ont été agrémenté d’un garage ou d’un abri d’auto. À ces différents types de modifications s’ajoute une menace de taille pour ce quartier : la démolition. En effet, depuis 1989, 121 bungalows ont été démolis. 120 ont été remplacés par de nouvelles constructions tandis que le terrain d’une de ces résidences a été vendu au voisin qui y a aménagé une piscine creusée. Alors qu’il n’y eut que 2 démolitions/reconstructions au cours des années 1980, il y en a eu 32 au cours des années 1990 et 60 au cours des années 2000. Ce nombre fut le plus élevé en 2011 avec un total de 23 démolitions/reconstruction.

 

Sur les édifices reconstruits, seuls 14 sont des bungalows. Les 106 autres sont des cottages, soit des édifices de deux étages offrant une aire habitable plus vaste. Si la transition entre les bungalows reconstruits et les édifices originels se fait en douceur, la situation est tout autre avec les cottages. En plus d’être d’un gabarit totalement différent, ce qui contribue à rompre l’homogénéité volumétrique, ces nouvelles constructions sont généralement d’un style architectural contrastant. Une forte proportion d’entre eux sont des néo-manoirs où tourelles, pignons et éléments décoratifs y sont utilisés en abondance. Leur coefficient d’emprise au sol est beaucoup plus élevé, les marges de recul latéral sont moins généreuses et dans certains cas, la superficie de la cour avant est entièrement pavée. D’allure beaucoup plus imposante, ces cottages contribuent à faire paraître vétuste les bungalows des années 1950 et 1960 qui les voisinent.

 

Si les principales caractéristiques de cet ensemble résidentiel ont été fortement altérées, elles n’ont pas pour autant été anéanties. Ainsi, la trame de rue est restée la même, la dimension des lots, la marge de recul face à la rue et la fonction résidentielle persistent, chaque résidence ne comporte toujours qu’un seul logement, les espaces verts situés dans les croissants sont toujours végétalisés et il existe par ailleurs des bungalows de chacun des sept modèles de propriété n’ayant pas été modifiés.

 

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© Tous droits réservés : Guillaume St-Jean

 

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Taken on August 18, 2011
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