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Eglise Saint-Georges de Montagne | by kristobalite
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Eglise Saint-Georges de Montagne

Eglise romane Saint-Georges ; commune de Montagne, département de la Gironde, Aquitaine, France

 

EXTÉRIEUR

Les murs gouttereaux

Par contraste avec des édifices plus jeunes, le jeu des volumes est ici plus animé au dehors qu'au dedans. Les gouttereaux sont en moellons, les angles saillants et l'encadrement des ouvertures sont appareillés ainsi que les contreforts larges qui montent d'un jet, sans ressaut, jusqu'à la corniche, simple chanfrein nu qui peut fort bien n'être pas d'origine; par exception, le contrefort le plus oriental du mur Sud de la nef s'interrompt sous l'appui d'une fenêtre, un peu décalée vers la droite. Les fenêtres ont des claveaux minces et sont dépourvues d'archivolte comme de toute décoration. ...

Portail Sud

Sous un fronton isocèle en avant-corps le portail reproduit les dispositions générales de l'arc triomphal du chœur : une voussure externe archivoltée décorée d'un gros tore et de gorges séparées par des filets, et une vous­sure intérieure nue, reçues l'une et l'autre par deux paires de grosses colonnes orientées à la perpendiculaire, celles de l'extérieur appuyées contre un dosseret où se prolonge en imposte la tablette des tailloirs. Leurs chapiteaux assez usés et mutilés présentent vers la gauche des entrelacs et des palmettes, vers la droite une scène non identifiée dans un style picto­graphique. Les chapiteaux des colonnes internes ont perdu toute trace de décor; en arrière est un arc bombé sur piédroits soutenant une sorte de tympan appareillé, mais on ne saurait dire au juste la part des dispositions primitives car les remaniements y sont évidents.

La base du fronton est d'un haut intérêt malgré son usure. Entre les modillons cassés, mais dont l'emplacement est lisible, l'on voit des métopes oblongues taillées en réserve; l'une présente deux lutteurs, l'autre un person­nage tenant une canne à pommeau, ou un tau. Les réminiscences antiques, si défor­mées soient-elles, ne sont pas récusables dans cette intéressante composition.

Le mur Ouest

Deux contreforts d'angle coiffés d'un pyra-midion, un autre médian, dont le glacis sou­ligne un oculus appareillé serti d'une archivolte, un cordon à la base du pignon nu assez aigu, animent seuls cette grande surface dépouillée.

Croisillon Nord et clocher La base du clocher s'élève au niveau de la corniche de la nef; c'est un massif de moellons réguliers où les trous de boulins abondent. On a voulu y voir le remploi de matériaux antiques; les angles sont formés de pierres d'appareil soigneusement taillées et présentent une échancrure en angle rentrant sur les faces Nord-Est et Sud-Est. Cette base est en liaison avec le parement Nord de la nef. Sur la face Est, l'absidiole à toiture conique de lauzes fait corps avec les maçonneries de la tour (pl. couleurs, p. 50). Au-dessus l'on voit trois étages ; le premier porte une haute baie en plein cintre à deux rouleaux sur chaque face, le rouleau extérieur, archivolte, étant seul encadré de colonnettes. Cet étage est appareillé soigneusement et porte dans son parement des blocs percés d'un oculus qui sont des métopes perforées remployées. On retrouve à la cor­niche de ce même étage un rang de métopes semblables alternant avec des consoles étroites à triglyphes. L'échancrure de l'angle Sud-Est s'interrompt à ce niveau tandis que celle de l'angle Nord-Est monte jusqu'au milieu de l'étage suivant, produisant une curieuse sensation d'encor­bellement. Les deux derniers étages sont plus larges que les précédents et donnent à la tour une silhouette insolite. Le second porte une baie à deux rouleaux nus sur dosserets à chaque face, et le dernier une arcade très surhaussée sur colonnettes coiffant une petite baie géminée à chapiteau très barlong, en forme de marteau, tel qu'on en voit au clocher de Saint-Pierre de Cardenas (province de Burgos), dans plu­sieurs édifices castillans du xie siècle et au Musée des Augustins, à Toulouse, sans prove­nance définie. Une jolie pyramide de tuiles rousses coiffe avec l'élégance qu'il faut ce peu banal et élégant campanile.

Croisillon Sud

On a déjà signalé dans le mur méridional deux oculus monolithes; leur décor de filets concentriques et de perles usées est fruste; il peut s'agir de remplois. Les angles de la paroi portent une imposte en cavet, nettement en dessous de la naissance du pignon, [jadis] éclairé d'une meurtrière sous linteau évidé en plein cintre, ...

L'abside

Elle est fort simple, dessine un hémicycle à l'appareil soigné succédant sans transition à une courte travée droite et cantonnée de quatre contreforts sans ressauts, interrompus par la tablette de la corniche dont ils scandent la ligne de modillons vigoureusement traités dans un style « cubiste » expressif. L'entable­ment en chanfrein est décoré de trois rangées d'écaillés imbriquées. Au-dessus le pignon oriental de la nef, assez aigu, porte des oculi monolithes remployés. Seule la baie d'axe offre un double ressaut et une paire de colonnettes. Pas plus que ses voisines elle ne comporte d'archivolte.

 

(extrait de : Guyenne romane ; Pierre Dubourg-Noves, Ed. du Zodiaque, Coll. La Nuit des Temps, 1979, pp. 51-58)

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Taken on October 2, 2011