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Eglise Saint-Jean-Baptiste de Grandson | by kristobalite
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Eglise Saint-Jean-Baptiste de Grandson

Eglise romane Saint-Jean-Baptiste ; commune de Grandson, canton de Vaud, Suisse

 

Monument d’importance nationale, l’église St-Jean-Baptiste de Grandson, dont la construction remonte au XIIe siècle, est un joyau de l’art roman. Entièrement restaurée après une campagne de travaux achevée en 2006, l'église Saint-Jean Baptiste est l'un des trésors du patrimoine vaudois en raison notamment des chapiteaux romans de la nef, datés du deuxième quart du XIIème siècle.

 

L’irrégularité du plan de l’église traduit les différentes phases de construction et de transformation qui se sont succédées au cours de neuf siècles d’histoire. Les fouilles entreprises pendant la récente restauration ont permis de retrouver le plan d'origine des parties orientales de l’église transformée à l’époque gothique. La nef actuelle, romane, a remplacé une première construction, sans doute du même volume, mais couverte d’une charpente apparente ou d’un plafond lambrissé. Elle comprend 2 rangées de rangées de colonnes sur lesquelles reposent les arcades en plein cintre qui soutiennent une voûte en berceau continu. Les colonnes ( en marbre, grès et granit), qui proviennent sans doute d’anciennes constructions romaines, sont surmontées de chapiteaux sculptés du XIIe siècle, aux corbeilles ornées de figures, d’animaux et d’éléments végétaux stylisés, qui font la renommée de l’église. La nef principale est contre-butée par d'étroits bas-côtés voûtés en quart de cercle. Les parois des bas-côtés sont rythmées d'arcatures aveugles soutenues par des colonnes et des chapiteaux engagés.

 

Les modifications ultérieures aux premières périodes romanes, vers la fin du XIIe siècle (Roman III) semblent avoir subi une influence auvergnate, notamment dans la mise en place de la coupole de la croisée du transept pour la première construction du clocher actuel. Cette construction semble contemporaine du voûtement de l'avant-choeur, puis de la nef et des bas-côtés. Cette transformation semble avoir entraîné d’importants réaménagements dans la nef. Les colonnes romaines en remploi et les chapiteaux, peut-être déjà présents à l’étape précédente, sont vraisemblablement déplacés d’une travée vers l’ouest afin de permettre la construction de piliers plus conséquents, destinés à soutenir le clocher. Le clocher sera reconstruit à l'époque gothique. Il recevra une horloge en 1805.

 

Les chapiteaux

L’église de Grandson est connue pour abriter une série de chapiteaux romans parmi les plus intéressants de Suisse. Les découvertes, en 2006, de fragments liés à l’ancien portail roman permet aussi de compléter l’iconographie mise en place par les tailleurs de pierre. L’étude approfondie des sculptures révèle, comme c’est le cas aussi pour les décors peints, l’importance de l’emplacement des images pour leur compréhension. La topographie des églises médiévales est complexe et à l’intérieur de ce qui nous paraît aujourd’hui comme une seule entité se trouvaient des lieux symboliques et dévotionnels particuliers. La perception de l’espace médiéval est rendue aujourd’hui très délicate par la disparition générale, particulièrement en terre réformée, du mobilier et des séparations qui pouvaient structurer les lieux (grilles de clôture, stalles, autels, chapelles). Dans le cas de Grandson, le portail, avec son tympan, et les chapiteaux sculptés répondent à une ordonnance marquée dans l’édifice par une progression vers le divin d’ouest en est qui donne le sens que l’on peut attribuer à ces oeuvres.

 

Une imposante série de colonnes surmontées de chapiteaux historiés supportent les grandes arcades de la nef principale. Ces chapiteaux sont placés sur des fûts monolithes identifiés comme éléments d'origine romaine, récupérés sans doute sur des sites voisins (Orbe, Avenches, Yverdon?), opération que la proximité du lac a sans doute favorisée pour leur transport. Les colonnes sont posées sur de grands socles calcaires, peut-être aussi d’origine antique, mais retaillés à l’époque romane. Ces grands chapiteaux du vaisseau central offrent une unité, à la fois dans leur dimension et dans leur forme : Les moulures des tailloirs sont souvent très proches. La manière de structurer les différentes faces des corbeilles: une division tripartite, le centre de la face étant occupé par une figure, par une fleur ou un élément végétal, ou marqué simplement par un dé sous le tailloir. De part et d’autre, les angles sont occupés régulièrement par des figures ou des motifs végétaux. Cette structuration de l’espace sculpté impose une certaine rigidité aux motifs qui se déploient strictement sur l'espace. Au bas de la corbeille, l’astragale forme une moulure en boudin.

 

Les parois des bas-côtés sont ornées d’arcatures aveugles retombant sur des colonnettes engagées. Elles sont surmontées de chapiteaux de diverses formes : certains sculptés de motifs à entrelacs, végétaux ou figurés, d'autres cubiques, montrant de simples surfaces planes, d’autres encore partiellement sculptés.

 

Le programme iconographique des dix chapiteaux historiés de la partie centrale de la nef se lit d'ouest en est : à la progression depuis l'entrée vers le choeur correspond une progression vers le divin, en lutte contre les forces du Mal. Les chapiteaux sont placés sur des colonnes d'origine romaine et ont probablement été réalisés aux environs de 1125, par au moins quatre sculpteurs différents, mais appartenant tous à un même atelier. Les chapiteaux représentant personnages et animaux alternent, tout au long de la nef, avec des chapiteaux végétaux décorés de fleurs et feuilles d'acanthe.

 

Le premier chapiteau côté sud représente des êtres souffrant de diverses afflictions. Le personnage au centre retire une épine de son pied. Le deuxième chapiteau, côté nord fait sans doute allusion aux supplices infernaux. Au centre des faces, un personnage tente d'ouvrir les gueules des monstres qui retiennent leurs prisonniers par les pieds. Le deuxième chapiteau, côté sud montre des anges qui luttent contre un dragon. Le personnage au bouclier représente sans doute saint Michel. Face ouest du même chapiteau: l'ange semble inviter les visiteurs à entrer dans l'église, une fois le combat terminé. Le troisième chapiteau, côté nord, celui de la Vierge à l'enfant, représente également deux ecclésiastiques et un ange à six ailes. La restauration a permis de retrouver les vestiges d'une riche polychromie médiévale. Face est du même chapiteau, avec l'inscription "Saint Hughes priez pour nous". Il s'agit probablement de Saint Hughes de Semur, abbé de Cluny, dont la Vita évoque une vision qui pourrait être à l'origine du programme iconographique de l'ensemble de l'église à l'époque romane. Le quatrième chapiteau côté sud figure quatre lions qui semblent veiller sur la porte conduisant au cloître, située à proximité. Le cinquième chapiteau côté nord représente une autre figure récurrente de la sculpture romane : des aigles symbolisant le Christ, situés à proximité du choeur.

 

L’ensemble des surfaces murales ainsi que les voûtes ont perdu leurs décorations picturales. Seul dans la nef des rinceaux de fleurs décorent encore les arcades des deux premières travées, elles datent du XVe siècle.

 

(extrait de, et pour plus de détails concernant l'iconographie des chapiteaux : www.patrimoine.vd.ch/monuments-et-sites/eglises/eglise-de...

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Taken on May 4, 2011