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Eglise Saint-Trojan de Rétaud | by kristobalite
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Eglise Saint-Trojan de Rétaud

Eglise romane Saint-Trojan ; commune de Rétaud, Charente-Maritime 17, Poitou-Charentes, France

 

Façade partagée en deux registres seulement : au rez-de-chaussée, que rythment quatre fortes colonnes engagées, assises sur une base lourde et puissante, un portail central en plein cintre s'ouvre entre deux arcatures aveugles en arc brisé. Au-dessus d'une corniche à modillons et métopes ornés, un large fronton triangulaire, manifestement refait, est percé dans sa partie haute d'une seule et étroite ouverture. Enchâssé dans cette partie, subsiste un maigre vestige de ce qui devait être le fronton primitif. Le portail central est à deux voussures finement décorées d'entrelacs et de palmettes, très abrasées, et reposant sur quatre petites colonnes radicalement refaites avec leurs chapiteaux. Le tympan a malheureusement été repris en appareil irrégulier qui ne laisse pas de choquer. Les deux arcatures ont leurs colonnes également refaites, celle de droite seule conservant les claveaux de l'arc et les chapi­teaux d'origine, d'ailleurs à peu près complètement mutilés.

La large corniche, rythmée par les chapiteaux des colonnes engagées, constitue à elle seule un élément décoratif exceptionnel. Les modillons à figures étranges, et les métopes à losanges, billettes et entrelacs ont été largement restaurés, l'une de ces métopes conservant un intéressant motif décoratif : la hache bipenne, emprunt manifeste au décor antique et qui pourrait bien être, en fait, le rabattement du cercle sur deux côtés, allégé en cintrant latéralement les côtés droits. L'ensemble apparaît très tardif, tendant déjà vers l'esprit gothique.

Les murs latéraux, à puissante base et à contreforts carrés, offrent chacun deux étroites ouvertures sous arcature festonnée, flanquées de colonnettes dont quelques-unes à fins chapiteaux d'entrelacs. Un massif clocher octogonal du xve siècle, aux lourds contreforts, a été ajouté sur la croisée du transept.

L'abside présente sept pans sur le plan suivant : deux latéraux courts de chaque côté, trois longs fermant l'abside, chaque angle étant flanqué d'une colonne s'amincissant vers le haut. Trois registres sur cette abside, simplifiés : la partie basse de chaque pan offre un appareil réticulé dont rien ne vient rompre l'uniformité. Une corniche à décor d'entrelacs la sépare du registre intermédiaire, dont les faces sont occupées par de larges arcades légèrement brisées, retom­bant sur des colonnes lisses. Les voussures, sous cordon à pointes de diamant, en sont diffé­remment ornées : entrelacs, losanges sur deux rangs... Alors que les côtés les plus proches du transept sont nus, les cinq autres sont percés de fenêtres dont l'ébrasement est flanqué de colonnettes lisses suppor­tant un petit arc en plein cintre assez bizarrement tangent aux arcades. Une indéfinissable impression d'imperfection s'en dégage. L'arcade fermant l'abside est un peu plus haute que les autres, atteignant presque l'étage supérieur. Celui-ci est réservé aux arcatures aveugles en plein cintre, au nombre de quatre pour les pans latéraux les plus proches du transept, de trois seulement pour les autres. Ces arcatures, aux voussures richement décorées de plusieurs cordons de pointes de diamant et de denticules, retombent tantôt sur des colonnettes simples, tantôt sur des colonnettes doubles aux tailloirs ouvragés. Toute cette partie supérieure offre d'ailleurs une décoration luxuriante et serrée : corniche du toit à motifs floraux, modillons dont la plupart à figures grotesques, métopes formant de larges panneaux ornés, prolongement cannelé de la partie amincie des colonnes d'angle.

L'intérieur est d'un médiocre intérêt, seules subsistent les colonnes engagées, à chapiteaux nus, qui supportaient les arcs de la voûte d'origine disparue. Sur les chapiteaux des colonnes de chaque côté de l'entrée de l'abside se mêlent d'étranges êtres fantastiques. L'abside semi-circulaire est voûtée en cul-de-four : cinq arcs en plein cintre à larges bandes ornées de motifs floraux et à cordons de rinceaux, retombant sur des colonnes dont quelques chapiteaux présentent des scènes indistinctes; fenêtres flanquées de colonnettes lisses à petits chapiteaux malheureusement empâtés sous le badigeon; cordon courant sous l'amorce du cul-de-four; bande de riches entrelacs sous l'ébrasement des fenêtres. Une litre seigneuriale très dégradée court sur les murs et les embrasures.

 

(extrait de : "Saintonge romane" ; François Eygun ; Coll. Nuit des Temps, Ed. du Zodiaque, pp. 335-337)

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Taken on June 5, 2010