Les Beach Boys / JB and the Playboys à l'aréna Maurice-Richard. 19 février 1965.
1965. Les Montréalais découvrent au cinéma Goldfinger, le nouveau James Bond, ou les Parapluies de Cherbourg. Au canal 2, Jean-Pierre Ferland charme les spectateurs au sein de Jeunesse oblige alors que Jacques Normand et Roger Baulu mènent le bal aux Couche-tard. Mais surtout, la jeunesse s’enthousiasme pour une kyrielle de nouveaux groupes musicaux fraîchement débarqués d’Angleterre. Au cœur de cette invasion musicale britannique, les Beatles, dont la tournée américaine a fait sensation en 1964, puis les Rolling Stones, qui s’arrêtent notamment à Montréal, à l’aréna Maurice-Richard, le 23 avril 1965. Face à cette déferlante venue d’outre-mer, certains groupes américains résistent, parmi lesquels les très populaires Beach Boys.

Originaires de Californie, les Beach Boys sont initialement formés des frères Brian, Carl et Dennis Wilson, de leur cousin Mike Love et de leur ami Al Jardine. Au centre de la formation musicale, Brian Wilson, musicien surdoué et compositeur prolifique. Remarqués par la compagnie Capitol grâce à leur premier succès Surfin’, les Beach Boys obtiennent un contrat en bonne et due forme dès 1962 et enchaînent les succès radiophoniques à une cadence folle. Surfin’Safari, 409, Surfin’USA, Shut Down, Surfer Girl, Little Deuce Coupe, Fun, Fun, Fun ou I Get Around ne sont que quelques exemples de ces « hits » produits en série. Au cours de cette période, les Beach Boys lancent en moyenne trois albums par an tout en multipliant les concerts.

Épuisé par ce rythme infernal, Brian Wilson connait plusieurs problèmes de santé mentale et abandonne la tournée afin de se concentrer sur la composition. Les autres membres poursuivent les concerts, avec le musicien de session et chanteur Glen Campbell, en remplacement de Brian. Ce dernier officie sur scène jusqu’en avril 1965, sa propre carrière l’obligeant par la suite à quitter ce rôle.

Le vendredi 19 février 1965, les Beach Boys sont de passage à Montréal, à l’Aréna Maurice-Richard. La salle est bondée et la plupart des spectateurs présents peinent à entendre le groupe jouer, tant les cris des jeunes filles présentes sont assourdissants. Un cordon de sécurité doit être maintenu à l’avant afin de contenir les ardeurs de la foule enthousiaste. Si certaines photos du spectacle des Beach Boys à Toronto lors de cette même tournée sont aujourd’hui disponibles, les images de l’événement à Montréal demeurent très rares. Nous sommes donc très heureux de vous proposer aujourd’hui ces photos inédites, captées à l’apogée de la jeune carrière d’un groupe devenu culte.

En première partie… les Montréalais JB and the Playboys

Plusieurs d’entre vous ne connaissent probablement pas le groupe J.B. and the Playboys, qui a pourtant connu un certain succès au Québec et en Ontario au milieu des années 1960. Le groupe naît à Montréal au début de cette décennie. On y retrouve le chanteur Allan Nicholls, les guitaristes Bill Hill et Andy Kaye, le batteur Doug West et le bassiste Louis Atkins.

Dès l’enfance, Allan Nicholls ou Bill Hill se passionnent pour la musique populaire, s’appliquant à jouer des chansons de leurs artistes préférés, parmi lesquels les Everly Brothers. Originaire du secteur de Saint-Laurent, Hill achète sa première guitare chez Eaton au coût de 20$. Il participe dès cette époque à des concours amateurs de chanson organisés par la radio CKVL, à Verdun.

Comme la plupart de ses pairs, le groupe débute sa carrière dans les salles de danse des écoles secondaires ou dans les YMCA. Il se produit également dans les hôtels de musique « live », notamment au Rawdon Inn et au Rockliff Inn (Morin Heights), où ils enchaînent jusqu’aux petites heures du matin les chansons originales et les reprises des Beatles, du Dave Clark Five, des Byrds ou de Wilson Pickett. Les musiciens apprennent ainsi leur métier, donnant des prestations de plus en plus endiablées.

Pris en charge par l’étiquette de disque RCA Victor en 1965, le groupe lance en tout début d’année trois « singles », incluant My delight, qui occupera jusqu’à la 5e place sur les palmarès locaux. Ces extraits sont repris sur un album éponyme, paru un peu plus tard en 1965. C’est à cette époque, le 19 février 1965, que JB and the Playboys se produit en première partie des Beach Boys à l’aréna Maurice-Richard. Le groupe donne également plusieurs concerts en première partie des Rolling Stones.

JB and the Playboys s’installe par la suite à Toronto avant de changer de nom, devenant les Jaybees, puis le Carnival Connection en 1968 (nom sous lequel il publiera la pièce Poster Man). Le groupe se sépare un peu plus tard. Allan Nicholls part pour Broadway, où il intègre la distribution de Hair, de 1969 à 1972. Il sera plus tard scénariste et producteur, travaillant notamment avec Robert Altman sur les films A Wedding (1978) et A perfect couple (1979).
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