La construction du Biodôme de Montréal; un défi architectural de taille !
Une collaboration spéciale de Virginie Langlois, stagiaire à la Section des archives.

C’est le 2 avril 2018 que le Biodôme de Montréal fermait ses portes afin de se refaire une beauté dans le cadre du projet «migration». L’institution a su marquer tous ses visiteurs depuis plus de 25 ans déjà.

Imaginé dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal, le concept d’aménagement par «écosystèmes» du Biodôme représente alors une première mondiale. En effet, on aborde l’idée d’un parc animalier d’une toute autre façon, alors que le bien-être des animaux devient l’une des priorités de l’institution. Ce changement de mentalité est important : l’avènement du Biodôme est précédé par celui du Jardin des Merveilles (1957-1988) et de l’Aquarium de Montréal (1966-1991), où la distraction populaire prime globalement sur le bien-être animalier. Cette évolution de mentalité cadre parfaitement avec la prise de conscience écologique et éthique exprimée par les mouvements anti-zoos dans les années 1960 et 1970 . Il nous est donc facile de voir cette évolution avec l’ouverture du Biodôme en 1992 puisque cette institution se dote de plusieurs mandats soit de sensibiliser, préserver et éduquer. Ainsi, le Biodôme de Montréal est bien plus qu’un lieu de distraction populaire.
Alors que la conception du Biodôme s’inspire d’une toute nouvelle conscientisation, sa construction représente par ailleurs un immense défi. La tâche est colossale : les architectes doivent composer avec les contraintes du vélodrome olympique existant. Le Biodôme étant divisé en cinq habitats distincts comprenant des températures, des animaux et des saisons différentes, il est extrêmement complexe de les réunir tous sous un même toit. En plus de concevoir des rochers, des arbres ainsi que des espaces animaliers sur mesure, les architectes doivent prendre en considération les caractéristiques de chaque habitat. Ainsi, ne serait-ce que pour l’élaboration des rochers, on retrouve une imitation de calcaire pour la forêt tropicale humide, de gneiss pour l’érablière des Laurentides, de granite pour le golfe du Saint-Laurent, de schiste pour les côtes du labrador ainsi que de basalte pour les îles subantarctiques.
Du point de vue horticole, c’est l’univers fascinant des plantes qui est étudié et conçu de façon à rester le plus naturel possible. Ainsi, bien que la majorité des plantes et des arbres soient réels, des éléments artificiels ont dû être conçus de façon à imiter parfaitement leurs congénères. C’est le cas du figuier étrangleur, qui a été reproduit sur deux des six gros arbres piliers de la forêt tropicale humide. Cette espèce se développe sur un arbre lui fournissant un support jusqu’à ce que ses racines aériennes parviennent à l’étouffer,
Du côté marin, il est également possible de dire que la conception du bassin du Golf du Saint-Laurent représente un travail impressionnant et colossal. La pose de la vitre d’aquarium du grand bassin suffit à elle seule à nous convaincre ! Les concepteurs ont également dû recréer artificiellement certains paysages marins. Ainsi, algues et invertébrés ont dû être fixés sur les parois rocheuses afin d’éviter d’être emportés par le puissant courant. Ce bassin contenant 2,5 millions de litres d’eau de mer et maintenue à une température de 10ºC accueille aujourd’hui plus de 20 espèces différentes!

Le Biodôme de Montréal rouvrira ses portes à la fin de l’été 2019 au terme du projet «migration». Plusieurs nouveautés sont prévues, dont une paroi «vivante», une mezzanine, un mur de glace ainsi qu’un renouvellement scénographique des habitats. Il va sans dire que le Biodôme de Montréal n’a pas fini de nous fasciner!

Naturellement, l’institution a dû fermer des portes pour la durée des travaux. Ses archives en lien avec sa conception et sa construction ont été versées à cette occasion aux Archives de la Ville de Montréal. Un travail d’inventaire, de classement, de préservation ainsi que de numérisation a pu être effectué sur ces documents. Plus de 300 épreuves photographiques sont d’ailleurs disponibles en ligne sur le site des archives de la Ville de Montréal.

Article complet : archivesdemontreal.com/?p=11225
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