Un trésor en Dauphiné 1/5.

Saint-Antoine l'Abbaye, un trésor du patrimoine dauphinois dans l'Isère.

 

Un ermite égyptien du IIIème siècle, ses reliques rapportées de Constantinople par un chevalier au XIème siècle, un premier hospice, une dépendance des bénédictins, la fondation de l'ordre des antonins en 1297: il ne faut pas moins d'aléas de l'histoire pour installer, au coeur de ce qui va devenir le Dauphiné, une abbaye prestigieuses à la renommée internationale.

Elle est le cadre d'un grand pèlerinage du Moyen Age, un lieu célèbre pour ses miracles, où sont soignés - on ne sait si elles étaient guéries - les plus graves maladies du temps, dont le fameux "mal des ardents".

"En ce temps-là beaucoup sont frappés du feu sacré tandis qu'une désolante famine ravage le royaume de France". Apparu au milieu du Xème siècle, un mal inconnu jusqu'alors sévit dans toute l'Europe: "peste de feu", "ardeur mortelle", "feu infernal", puis "mal des ardents" ou encore "feu saint-Antoine" car la rumeur populaire attribue vite aux reliques d'Antoine le pouvoir de soulager le "feu sacré".

 

La magnifique église gothique ne se comprend que si l'on se remémore la ferveur religieuse du Moyen Age et la force d'attraction des reliques du saint. Bien d'autres bâtiments, dont ceux des XVIIe et XVIIIe siècles, composent pour leur part le cadre de vie d'un ordre riche et glorieux qui voulait affirmer sa puissance aux yeux du monde.

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Taken on November 1, 2010