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Anne-Marie Ouellet, Cellule domestique, 22 avril 2017 | by Retis
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Anne-Marie Ouellet, Cellule domestique, 22 avril 2017

Intervention performative

 

Quartier Laval, Laval

 

Cellule domestique d’Anne-Marie Ouellet est un projet qui prend pour objet l’espace résidentiel. Intéressée par le développement des nouveaux espaces résidentiels et les discours de vente promettant un avenir meilleur, miroitement d’une nouvelle manière d’habiter la ville appuyée par des banques d’images génériques donnant l’illusion d’une vie en harmonie avec la nature et la communauté, l’artiste a réfléchit à la standardisation, à la construction du discours et à l’usage de ces espaces en relation à l’environnement extérieur et plus précisément à l’espace public.

 

À la suite de recherches, d’observations et d’expérimentations, l’artiste a élaboré une œuvre présentée sur une place publique lavalloise située dans le secteur du futur centre-ville, en plein développement immobilier. Faisant écho à l’unité modèle, le projet de création et d’infiltration dans l’espace urbain a pris la forme d’une intervention performative participative. Au moyen de mises en scène de l’usage de l’espace résidentiel calqué sur la visite d’un condo modèle, l’action performative d’Anne-Marie Ouellet amenait l’espace domestique dans l’espace public tout en mettant en relation les rapports de forces qui s’opposent et se complètent.

 

Faisant des liens avec la métaphore de l’île, empruntant des références au théâtre grec et ayant comme sujet principal l’unité d’habitation, l’artiste nous présentait un projet mêlant conventions, discours promotionnels, rêve et dystopie.

 

Le public était convié le samedi 22 avril dès 15 h, à un point de rendez-vous situé à l’extérieur de la station Montmorency, à l’angle des rues Lucien-Paiement et Jacques-Tétreault, à Laval. L’intervention débutait sur place avec l’accueil d’Anne-Marie Ouellet présentant les transformations urbaines en cours et à venir dans ce secteur du futur centre-ville. Chacun était ensuite invité à se saisir d’un drapeau avant de marcher en groupe jusqu’au site de l’action participative, situé dans un quartier commercial à proximité.

 

Arrivé à destination, le public était une fois de plus pris en charge par une hôtesse qui agissait telle une agente immobilière. Circulaire, surélevée et pavée, la place publique avait été choisie par l’artiste pour sa situation particulière, soit celle d’un îlot flottant au milieu de stationnements. Les porteurs de drapeaux étaient invités à les planter au sol, tout autour de l’îlot formant la place public. À la manière d’un cadeau promotionnel, chacun s’est vu remettre un masque et a été invité à monter sur la place. Une famille modèle y était installée. Par la suite, un chœur composé de sept figurants s'est formé et un messager est arrivé. Tout au long de l'intervention performative, les visiteurs se sont fait présenter le projet par l’hôtesse, dans un discours qui oscillait entre la présentation d’un futur site à condo et l’utopie d’une île, promesse d’un avenir meilleur. Le chœur appuyait les propos de l’hôtesse, tout en affirmant à quel point ils étaient eux-mêmes de futurs résidents convaincus. Quant au messager, il venait dépeindre sa perception de l’extérieur, un espace standardisé et contrôlé, axé sur la surconsommation.

 

Le texte, écrit en collaboration avec Louis-Philippe Côté, était librement inspiré des discours promotionnels des sites de vente de condo et des écrists de Bruce Bégout, J. G. Ballard et Jean Baudrillard.

 

Avec la participation de Georges Audet, Jean Simon Bilodeau, Éliott Côté, Louis-Philippe Côté, Arnaud Doiron, Thomas Duret, Marc-André Fabi, Julie Fortin, Saskia Heckmann, Emma Jettée, Claudette Lemay, Eva Michel et Charles Roy.

 

L’artiste remercie le Conseil des arts du Canada de son soutien financier, Verticale, pour la diffusion, Louis-Philippe Côté pour l’assistance technique et l’écriture du texte, Pascale Tremblay pour le soutien à la mise en forme théâtrale, Hermine Ortega pour son œil extérieur et la révision de texte, Josée Arès de Airbulle pour le tissu des drapeaux gracieusement offert, ainsi que tous les participants.

 

 

Biographie : Anne-Marie Ouellet est née en 1982 à Rimouski. Elle vit et travaille à Montréal. Titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal (2011), Anne-Marie Ouellet a présenté ses travaux au Québec dans le cadre d’expositions individuelles et collectives en collaboration avec le centre d’artistes Optica (Montréal, 2015), la Maison des arts de Laval (2013), la Galerie de l’UQAM (Montréal, 2011), la Manif d’art 4 (Québec, 2008) et le Musée régional de Rimouski (2005) pour ne nommer que celles-ci. Elle a également participé à des événements et des résidences de création au Québec, en France et en Allemagne, notamment à PRAXIS (Ste-Thérèse, 2012), DARE-DARE (Montréal, 2012), au centre Oberwelt e. V. (Stuttgart, Allemagne 2006), ainsi qu’à Strasbourg (FRAC/Alsace,France, 2006) et au B_Tour Festival (Berlin. Allemagne, 2013). Récemment, elle à réalisé un projet de création en collaboration avec le centre d’artistes AXENÉO7 à Gatineau, où elle a présenté une exposition en août 2016, puis collaboré avec l’artiste Maryse Goudreau à un projet autour de l’apiculture.

 

Démarche artistique

 

Par ma pratique artistique multidisciplinaire, je tente d’approcher différentes stratégies afin d’interroger la place de l’individu à l’intérieur d’une réalité de plus en plus construite, programmée ou prescrite. Par une approche sociologique ou des actions performatives, je me penche sur des questions relatives aux normes qui régissent les usages et les comportements dans différents types d’espaces. C’est principalement par l’expérimentation et l’élaboration de divers comportements individuels et collectifs que je mets en place des structures organisationnelles ouvertes à la participation. Ces interventions, généralement soutenues par l’utilisation d’uniformes, symbole d’identification, de protection et de standardisation, évoquent l’individualisme collectif et la culture « régimentaire ». C’est en renvoyant au spectateur des images qui lui révèlent ses conditionnements que j’amplifie ces différents paramètres de la société de contrôle.

Par une approche conceptuelle et contextuelle, mon travail questionne la conduite, le déplacement et le modelage de comportements dans le tissu urbain et les espaces traditionnellement non dédiés à l’art.

 

Crédit photo : Alexis Bellavance

 

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www.anne-marieouellet.com/

 

 

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Uploaded on May 26, 2017