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Le chateau d'Ormesson sur Marne | by Ackteon
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Le chateau d'Ormesson sur Marne

Aux limites du Val de Marne et de la Seine et Marne, le château d'Ormesson profite d'un environnement des plus agréables à seulement 13 km de Paris. Le château fut construit en 1580 sur les terres du village d'Amboile, du nom de la famille qui en était propriétaire jusqu'au XIVème siècle.

 

L'immense parc traversé par le ru du Morbras est remarquablement agencé entre bassins et grandes étendues de pelouses, accueille aujourd'hui le seul golf 18 trous du Val de Marne.

 

XVIe siècle Le château est probablement inspiré d'un ouvrage d'architecture de Jacques Androuet du Cerceau (1515-1585). On attribue même sa construction à son fils Jean-Baptiste Androuet du Cerceau (1560-1602), successeur de Pierre Lescot pour les travaux du Louvre, architecte de grande renommée qui aurait dessiné des plans pour le château de Grosbois. L'élégante architecture du château d'Amboile est représentative de l'art de cette fin du XVIe siècle, tant par son plan flanqué de pavillons carrés qui sont une survivance des tours défensives médiévales, que par son élévation rehaussée par la polychromie des matériaux. En 1619, le conseiller du roi Nicolas Le Prévost de Malassis achète château et seigneurie d'Amboile aux Picot de Santeny. La propriété passe en 1632 à leur gendre André Le Fèvre d'Ormesson (1577-1665) : le château ne quittera désormais plus la famille d'Ormesson.

 

XVIe siècle - XVIIIe siècle En 1758, le fils d'Henri d'Ormesson, Marie François de Paule Le Fèvre d'Ormesson (1710-1775), membre du conseil royal des finances, est fait marquis par Louis XV, Amboile devenant alors Ormesson. Le marquisat comprend, outre les seigneuries et terres de l'ancien Amboile, celles de Noiseau, de Chennevières et des Bordes, et d'une partie de La Queue-en-Brie. Le nouveau marquis fait appel à l'architecte Antoine Matthieu Le Carpentier (1709-1773) pour apporter modifications et embellissements à la familiale demeure. L'architecte – qui est aussi celui de la nouvelle église d'Ormesson – transforme les toitures des tourelles d'angle, alors pointues, en y perçant des fenêtres mansardées. De même, il refait l'encadrement de la porte centrale sur la façade principale du château. Cruel, Diderot dira : “ Ce château, avec les eaux qui l'entourent et les coteaux qui le dominent, a l'air d'un flacon dans un seau de glace ”.

 

À la mort d'Olivier, le château d'Amboile appartient à son fils André Le Fèvre d'Ormesson (1644-1684) qui mourra jeune intendant de Lyon. Château et seigneurie passent alors à son fils Henri d'Ormesson (1681-1756) qui sera maitre des requêtes, conseiller des finances et – sous la régence – plénipotentiaire royal envoyé en 1716 pour fixer les limites de la Lorraine. Il fait agrandir le château familial, substituant à l'ancienne tour carrée donnant sur le parc un nouveau corps de bâtiment en pierre blanche, de style classique. On ignore le nom de l'architecte chargé de ces travaux, de même qu'il est difficile d'en préciser la date. Celle de 1755 est parfois évoquée, mais il semblerait que l'adjonction soit légèrement antérieure, vers 1710. En effet, à cette date, le curé d'Amboile bénit dans le château une chapelle qu'on suppose être celle existant toujours dans la partie XVIIIe siècle, derrière le fronton triangulaire. Martelé à la Révolution, celui-ci était alors orné des armes familiales, composées de trois lys de jardin. Selon l'expression de Wladimir d'Ormesson : “ Si les siècles et leurs soleils n'avaient fondu ces deux parties du bâtiment, l'on pourrait dire qu'Ormesson est fait de deux maisons qui se tournent le dos ”.

 

XIXe siècle Pendant la Révolution, le château appartient à Henri François de Paule d'Ormesson (1751-1806), intendant des finances, chef de la garde nationale en 1789, serviteur de l'État qui apprécie peu la personnalité de Louis XVI, lequel le lui rend bien, si l'on en croit ses précieux Mémoires. Arrêté fin 1793, Henri d'Ormesson sera relâché en octobre 1794, après la chute de Robespierre. Son cousin Anne Louis d'Ormesson (1753-1794), seigneur de Noiseau et de Thiais, et président du parlement n'aura pas cette chance : il meurt sur l'échafaud le 20 avril 1794.

Le fils d'Henri, Marie Henri d'Ormesson (1785-1858), gendre du maréchal de Grouchy, est le maire royaliste du village pendant les Cent jours. Malgré les pressions, il se refuse à reconnaitre Napoléon Ier, et ne le fera ' contraint et forcé ' que le 19 juin 1815, dans l'ignorance de la défaite de Waterloo survenue la veille ' bataille à laquelle le nom de son beau-père restera malheureusement lié. Le château est occupé en 1871 par les Allemands. Emmanuel d'Ormesson, blessé à Sedan, participera dans l'armée versaillaise à la reprise du fort d'Ivry, tenu par la Commune de Paris en mai 1871. En 1920, le château est acheté par le neveu du général marquis Emmanuel d'Ormesson, Wladimir d'Ormesson qui est maire de la commune entre 1919 et 1925, académicien français, éditorialiste au Figaro, ambassadeur de France en Argentine et près du Saint-Siège. Le château d'Ormesson n'a jamais quitté depuis plus de trois siècles et demi l'illustre famille qui l'a baptisé.

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Taken on April 15, 2009