Oeuvres composées sur Pontoise et environs (Auvers-sur-Oise, Ennery, Marines, Montgeroult, Osny, Saint-Ouen-L'Aumône)
Parmi les peintres ayant composé dans le Vexin, notamment C Monet ou V van Gogh, se distingue particulièrement le groupe dit de Pontoise (P Cézanne, P Gauguin, A Guillaumin, C Pissarro et autres), qui développa un impressionnisme consacré essentiellement aux travaux des champs et à la vie traditionnelle des villages et des hameaux. Celui-ci se situe à l'opposé de la peinture du monde des loisirs élaborée par P Renoir, C Monet, G Caillebotte et, dans une moindre mesure, A Sisley.

Lors des premières expositions impressionnistes, les critiques reprochaient aux peintres de ce groupe autant la banalité des sujets (carrés de choux, chemins de campagne, cours de ferme...) que la grossièreté de leur technique. Pourtant ce courant naturaliste à thèmes champêtres contrastait avec le réalisme poétique de l'Ecole de Barbizon.

Depuis leur lieu d'habitation, tous ces peintres de campagne pouvaient atteindre en moins d'un quart d'heure les coteaux abrupts, les champs de blé, les collines, les jardins, les marchés, les basse-cours et les bois du Vexin, notamment français. Ils peignaient ainsi la vie rurale avec force et réalité sans beaucoup s'intéresser cependant à leurs habitants.

C Pissarro fut le grand maître de ce groupe à la vision rustique qui devait tant séduire ultérieurement les hommes d'affaires du capitalisme industriel, la bourgeoisie citadine anglaise et américaine plus encore que française, avec des tableaux mettant en scène des villageois dans leur environnement. Son rôle actif dans la formation de cet impressionnisme rural lui a ainsi valu d'être appelé "père de l'impressionnisme".

La part que C Pissarro y a prise rend apparemment plus solide et plus importante sa place dans l'histoire de l'art du XIXème que celle de C Monet. En effet, ce dernier occupe quant à lui une position plus éminente aujourd'hui qu'en son temps (cf. L'impressionnisme et le paysage français - Paris 1985 et R Bretell : Pissarro et Pontoise).

L'apport de V van Gogh à l'art contemporain pourrait se ramener à deux éléments. D'une part, la combinaison des systèmes de perspective, déjà entrevue par E Degas formé à l'ancienne école. D'autre part et surtout, V van Gogh étant d'abord l'élève des impressionnistes, la perception des valeurs représentées par la couleur pure dans la sensation immédiate de l'espace. Avec lui, pour résumer, on passe du stade de la combinaison à celui de la sensation. Il ne s'agit plus d'agencement mais de prise de vue directe.

L'originalité de son oeuvre repose ainsi sur la suggestion de l'espace uniquement par la hauteur, la qualité et les rapports de couleurs pures. Ce qui en fait l'un des initiateurs, des inspirateurs de la vision moderne de l'espace, poursuivie ensuite par P Gauguin demandant quant à lui à la sensation pure l'élargissement d'un espace imaginaire, spatialisant la sensation.

De cette double tentative est née toute la spéculation moderne sur les dimensions de l'espace, qui s'est lentement substituée à celle de la Renaissance, plus orientée vers l'exploitation de ses découvertes que vers la recherche de nouveaux horizons. Au fil du temps en effet, l'espace plastique n'a cessé de se transformer et les artistes, tels des magiciens, en sont souvent les principaux acteurs (cf. P Francastel).
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