53 huiles sur toile de C Monet sur les peupliers (Giverny et environs)
La série des Peupliers (W 1291 à W 1313) se situe entre celles des Meules et de la Cathédrale de Rouen. C Monet en expose une quinzaine de toiles dès 1892 chez Durand-Druel. Il réitère ainsi l'expérience entreprise avec les Meules, cette fois sur les rives de l'Epte, mais ce sont toujours les variations de l'éclairage qui intéressent C Monet. C'est la première série à être présentée comme un tout complet en soi (cf. S Patin)

En entreprenant ces séries, puis en les sacralisant en quelque sorte par le choix d'une cathédrale célèbre, Monet confère une dignité supérieure au principe impressionniste fondamental : l'analyse des variations de la lumière n'est pas seulement bonne pour représenter des promeneurs à la campagne ou des pêcheurs au bord de l'eau.

Par une démarche qui annonce celle des peintres philosophes comme Kandinsky ou Malévitch, une intention théorique, presque éthique, prend ici le pas sur l'exécution. Plus encore que celle des Meules, la série des Cathédrales, puis celle, en très grand format, des Nymphéas constituent un fait pictural nouveau : ce sont des œuvres où l'intention passe avant le souci de la représentation (cf. internet).

"Monet dresse ses architectures frémissantes dans la transparence de l'air. Il installe son chevalet depuis une barque à ras de l'eau, ce qui accroît l'élan des grands arbres filiformes, dont les rayons solaires grignotent les contours.

Jamais le peintre de l'informe n'ira plus loin dans la rigueur géométrique que dans cette toile carrée (W1309) où la répétition d'une même structure rectangulaire, à peine perturbée par la silhouette lointaine d'une rangée d'arbres jaunes, nous conduit aux bords de l'abstraction" (J Clay).
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