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Eglise Notre-Dame de Petit-Palais-et-Cornemps | by kristobalite
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Eglise Notre-Dame de Petit-Palais-et-Cornemps

Eglise romane (ruine) Notre-Dame ; commune de Petit-Palais-et-Cornemps, département de la Gironde, Aquitaine, France

 

EXTÉRIEUR

Le chevet

A cet intérieur en hémicycle correspond, paradoxalement, un chevet à pans; à six pans, d'ailleurs, ce qui est peu fréquent et a conduit l'architecte, en l'occurrence, à établir sa fenêtre d'axe - sous linteau évidé d'un petit arc en plein cintre - dans un contrefort appareillé. Par une intéressante disposition, un angle sur deux seulement du polygone est scandé par un contrefort. Il y a là une alter­nance qui n'est pas sans mérite, et qui joue du contraste entre le bel appareil régulier, soigné, des angles et des contreforts, et le parement en moellons des parties mortes de l'architecture. Art savant, donc, qui use avec bonheur de la simplicité.

La corniche intacte est soutenue par des modillons qui accusent ce style schématique, cubiste, ... que le XIe siècle semble avoir particulièrement apprécié dans cette contrée; animaux, figures humaines, volumes géométriques y alternent avec une puissance d'expression toute primitive, ou du moins en jugeons-nous ainsi, à tort ou à raison. Entre ces consoles les métopes, selon l'espace qu'elles occupent, sont perforées tantôt d'un, tantôt de deux trous circulaires cerclés d'un mince cordon torique. On a déjà remarqué le remploi de semblables motifs à Saint-Georges, provenant sans doute d'une abside détruite, remplacée par celle que l'on voit actuellement. Nous avons donc à Cornemps une phase plus ancienne de l'évolution stylis­tique, ce que la plus grande rudesse des modil­lons ne dément pas.

La façade

L'extérieur des gouttereaux de la nef - ou ce qu'il en reste - ne présente rien de bien particulier, sauf les contreforts, qui épaulent latéralement la façade et qu'on voit aujourd'hui bien ruinés et engagés sous le lierre. Un avant-corps central sous un pignon isocèle percé d'une baie cruciforme abrite la porte en plein cintre. La présence de deux grosses demi-colonnes se faisant face à l'intérieur des pié­droits étonnait fort ... Il s'agit pourtant, ... d'une manifestation de l'art du XIe siècle assez fréquente dans le Nord du Bordelais.

NO T E

La présence de fenêtres ouvertes dans un contrefort correspondait à une nécessité tech­nique lorsque seuls les contreforts étaient appareillés dans un édifice en moellons. Très vite on en tira un parti esthétique. Ces fenêtres sont très abondantes dans les églises du XIe siècle, mais le phénomène a donné lieu à des survivances au XIIe.

 

(extrait de : Guyenne romane ; Pierre Dubourg-Noves, Ed. du Zodiaque, Coll. La Nuit des Temps, 1979, pp. 59-63)

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Taken on October 2, 2011