Mauves, Expo Québec 2015
Après un premier album et un maxi encensés par la critique, le quatuor de Limoilou nous revient, sur Le faux du soir (2013), avec la même intelligence pop qui lui valut ces nombreuses accolades. Toutefois, ce souci mélodique est désormais empreint d'une plus grande liberté alors que le groupe s'aventure dans une écriture davantage exploratoire, voire progressive. Mauves multiplie ainsi les passages instrumentaux, ponctuant un parcours où il se fait à la fois plus chargé et plus fragile, plus nuancé quoique capable de démesure lorsque requis.

Après avoir vu le jour à Québec au tournant de l'année 2009, Mauves passa deux années à mijoter les chansons de son premier album, Cinéma Plymouth (2011). Cette galette permit à Jean-Christophe Bédard-Rubin (batterie, claviers), Julien Déry (guitares, percussions, voix), Alexandre Martel (guitares, claviers, voix) et Cédric Martel (basse, voix) de parcourir plusieurs fois la province et de bâtir leur public, un spectacle à la fois. Après avoir été remarqué aux Francouvertes (2012), où son « attitude rock brute et jouissive » convainquit notamment Bande à Part et Bang Bang, le quatuor prit une pause entre deux tournées pour enregistrer Rebrousser les Indes (2013), un maxi de quatre chansons qui lui donna l'opportunité de pousser plus loin ses considérations de textures et d'ambiances.

Sur scène, c'est dans un délicat lit de textures et d'ambiances que Mauves plante les assises d'une approche sensible, mais résolument rock. Avant de livrer le délire psychédélique final, où le rythme, tel un quai, arrime la nuée des cris des guitares, le groupe sert une escalade de chansons pop décloisonnées de ses sous-genres et formules. Suivant la mélodie comme un phare, Mauves décoche ses airs rassembleurs dans le plaisir et l'humour, découvrant avec le public ce qui se tapit derrière le mur de la rencontre.

Fullframe A99V
70-400mm SSM II G

1/500 sec
Iso Auto
F4.5
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