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un berger des prés salés

  

Arrive un citadin, visiblement de la capitale, qui l'interpelle ainsi "Dites-moi l'ami, si je vous dis comme ça, en un instant, combien vous avez exactement de moutons à la pâture, m'en donnerez-vous un pour mon repas du week-end ?"

 

Le berger rajuste son béret (forcément, il a un béret : c'est un berger français...) et répond : "c'est d'accord. J'écoute".

 

Le citadin jette un regard circulaire sur les prés, marmonne quelques mots inintelligibles où il semble question de diviser l'étendue du champ visuel en degrés par le nombre d'oreilles aperçues au dessus de l'herbe, diminué de moitié, rapporté au quart du nombre de pattes posées au sol et rapproché du tonnage de viande ovine issue de prés-salés déclaré par l'union bouchère de Normandie sur les 6 derniers trimestres corrigés des variations saisonnières. Trois secondes après, il déclare : "vous avez 237 moutons".

 

Le berger ébahi répond :"c'est parfaitement exact. Vous avez bien gagné votre agneau, servez-vous dans le cheptel".

Le citadin s'exécute, quand le berger lui lance : "dites-moi, si j'arrive à deviner votre profession exacte, m'abandonnerez-vous votre gain ?"

 

Le parisien accepte et se tourne tout ouïe vers le matois berger.

 

Celui-ci lance "vous êtes un haut-fonctionnaire, un énarque".

 

Son interlocuteur accuse le coup et demande : "c'est bien cela, comment l'avez-vous déterminé ?"

 

"C'est simple, vous êtes très savant et tout, mais le mouton que vous avez pris, c'est mon chien".

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Taken on July 8, 2011