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Pluteus atromarginatus (Konrad) Kühner (A) / Plutée à arêtes noires | by Schtroumpfus criticus / Yves Lamoureux
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Pluteus atromarginatus (Konrad) Kühner (A) / Plutée à arêtes noires

= Pluteus nigrofloccosus

 

Collection YL0747 (CMMF).

Lanoraie (Lanaudière-Sud), 8 septembre 1989.

Récolté par Carlo Farnesi, sur du bois pourri, dans une plantation de pins d’une cinquantaine d’années.

Un seul basidiome présent.

 

Les Plutées à lames lisérées de brun-noir ne sont pas aussi simples à nommer qu'il n'y paraît. Dès les années 90, on a remarqué que des basidiomes à cuticule piléique bouclée, inodores et venant sur conifères, avaient parfois des lames brun-noir à l'arête, mais seulement vers le pourtour du chapeau. Je ne savais pas trop comment nommer ces champignons. D'autant plus que chez les taxons du «complexe Lactarius lignyotus», cette variation de la couleur des arêtes lamellaires n'est point discriminante, mais plutôt intraspécifique, selon les dernières études génétiques.

 

C'est ici que Justo et al. (2014) entre en scène à nouveau, car chez les plutées, ce même caractère des arêtes lamellaires en partie colorées permettrait de distinguer une espèce présente au Québec, Pluteus eos. Je crois l'avoir trouvé deux ou trois fois. Ces récoltes sont en attente d'une vérification complète de leurs caractères microscopiques, afin de s'assurer de leur identité.

 

Ci-dessus, la photo illustre le premier basidiome avec des lames aux arêtes brun-noir que j'ai révisé avec l'étude de Justo et al. (op. cit.). Celui-ci s'est avéré être tout simplement le taxon le plus connu, Pluteus atromarginatus (syn. P. nigrofloccosus). Cette espèce possède des lames à arête très foncée sur la totalité de la longueur (ou presque). Personnellement, je ne la vois que rarement. Et comme je le trouve toujours dans les copeaux de bois, en milieu ouvert, il est souvent plus ou moins défraîchi par le soleil ou le vent.

 

Mais voilà qu’une autre espèce présenterait aussi le caractère des lames à arête entièrement colorée: P. atrofibrillosus. C'est la taille des pleurocystides que l’on considère comme le seul critère fiable pour différencier les deux entités. Le basidiome illustré ici possèdent de grandes pleurocystides, de 67-97 x 14-28 µm, ce qui le distingue à coup sûr de P. atrofibrillosus. Ce dernier serait plus rare en Amérique; nous pourrions toutefois le trouver au Québec. Ses pleurocystides mesurent 40-70 µm de longueur.

 

À l'oeil nu, il est possible que le revêtement piléique permettent de distinguer les deux espèces: le chapeau de P. atrofibrillosus serait nettement fibrilleux-méchuleux, alors que celui de P. atromarginatus s’ornerait tout au plus de fibrilles innées, du moins vers le pourtour.

 

Pour les mycologues-microscopistes non initiés au sujet, je recommande fortement la lecture de ce texte illustré, mis en ligne sur le blog de Mycoquébec:

blog.mycoquebec.org/blog/observation-crochets-lamprocysti...

 

«Observation des crochets des lamprocystides en microscopie optique.»

Par Guy Fortin, 20 février 2016,

avec la collaboration de Johanne Paquin.

 

RÉFÉRENCE

 

JUSTO, A., E. MALYSHEVA, T. BULYONKOVA, E. C. VELLINGA, G. COBIAN, N. NGUYEN, A. M. MINNIS & D. S. HIBBETT, 2014. «Molecular phylogeny and phylogeography of holarctic species of Pluteus section (Agaricales: Pluteaceae), with description of twelve new species.» Phytotaxa, 180 (1): 1–85.

dx.doi.org/10.11646/phytotaxa.180.1.1

 

YL

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Uploaded on April 24, 2016