Glencore en République démocratique du Congo
Une diligence raisonnable incomplète

Eaux contaminées, routes barrées, manque à gagner fiscal : les deux filiales de Glencore en RDC avaient pourtant suscité de grandes espérances, mais il ne reste au final que frustration et désillusion.
Situé en République démocratique du Congo, le village de Luilu se niche le long du fleuve éponyme qui, depuis des années, est fortement pollué par les effluents de la mine avoisinante. La Kamoto Copper Company (KCC), filiale du géant des matières premières Glencore, en est en partie la cause. Malgré quelques améliorations et la construction de bassins de rétention qui ont suivi la publication des conclusions de Pain pour le prochain, les eaux fortement contaminées de la mine continuent de se déverser dans le fleuve. Quant à l’autre filiale de Glencore, Mutanda Mining, elle complique la vie des populations locales car elle a tout bonnement barré la route qui traverse sa concession, obligeant désormais les voisins de la mine à faire un détour de plus de 10 kilomètres à pied s’ils veulent vendre leurs légumes dans la grande ville d’à côté. Par ailleurs, la RDC profite peu de la présence de Glencore sur son territoire puisqu’en raison des pratiques fiscales agressives du groupe, l’Etat présente un manque à gagner de l’ordre de CHF 157 millions, des recettes dont l’un des pays les plus pauvres au monde aurait toutefois le plus grand besoin.

Renforcer la société civile

Le pays dispose certes d’une législation qui régit les mines et définit les obligations des grands groupes qui les exploitent, mais ces derniers parviennent souvent à la contourner et l’Etat ne vérifie pas sa mise en œuvre effective. Avec le soutien de Pain pour le prochain, la société civile locale essaie de s’opposer à ces abus en éclairant les communautés locales sur leurs droits et en leur expliquant comment les faire valoir. Elle aide aussi les chefs de village à mieux comprendre les contrats compliqués que les juristes des entreprises en question leur présentent pour signature. Enfin, Pain pour le prochain contribue à renforcer les capacités de la société civile, en proposant des formations sur les diverses méthodes de recherche ou sur la rédaction de rapports et de documents de plaidoyer, par exemple.
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