Dufourspitze (4634 m)
7-9 Juillet 2018 - Versant NO

Puissance et grandeur. Voilà ce qui caractérise le Mont-Rose, second plus haut massif des Alpes. L'ensemble culmine à la Dufourspitze, toit de la Suisse. Moins prise d’assaut que le Mont-Blanc, cette cime reste très convoitée, régnant sur un océan de glace et une pléiade de "4000".

Mon ami Mario m'accompagne dans la conquête de ce géant des Alpes. Nous prenons la route de Zermatt et montons dans le petit train touristique du Gornergrat. Depuis la station Rotenboden, un tracé à flanc permet de descendre vers l'immense Gornergletscher, sur lequel nous prenons pied grâce à une échelle. Nous remontons ensuite vers la confortable cabane Monte Rosa, le refuge le plus high-tech des Alpes. La soirée est douce, le repas succulent.

3h. Nous nous élançons dans l'obscurité en compagnie d'autres cordées, toutes bien décidées à atteindre le point culminant de la confédération. Après un court prélude rocheux nous entamons une longue pérégrination glaciaire. Les conditions sont optimales et nous progressons vite, gagnant de l'altitude à chaque ondulation de neige. Dans notre dos le soleil enflamme les géants du Valais, les uns après les autres. Le décor est somptueux.

Nous atteignons une selle sur l'arête occidentale. Nous suivons alors ce fil englacé puis franchissons quelques rochers polis par un siècle de crampons. Plus loin la progression devient délicate et exposée : une fissure mixte, un cheminement aérien, un ultime bastion à surmonter à la force des bras. Pour enfin se hisser sur la Dufourspitze (4634 m) !

Jamais les montagnes suisses ne m'ont semblé si petites, et pour cause, nous dominons tout. Le bonheur est immense pour Mario et moi. Nous savourons ensemble ce beau moment.

Redescendus à 4200 mètres je motive mon coéquipier pour prolonger notre effort vers la Nordend, le sommet voisin qu'il serait fâcheux, pour le collectionneur de "4000" que je suis, de laisser de côté. Nous remontons donc, et franchissons un réseau de grandes crevasses pour atteindre le Silbersattel. L'arête finale est peu commode. L'erreur n'est pas permise car versant italien le vide est hallucinant. Bien assurés, nous escaladons le dernier ressaut de la Nordend (4609 m), cette épaule un peu oubliée, pourtant quatrième plus haut sommet des Alpes.

La descente est très longue. Si longue que nous coupons l'effort en deux, en passant une autre nuit au refuge Monte Rosa. Le lendemain nous choisissons de descendre à pied jusqu'à Zermatt via les prairies de Riffelberg, profitant ainsi d'une vue de carte postale sur le Cervin. Ainsi s'achève cette mémorable épopée sur le faîte helvétique !
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