Bric Bouchet (2997 m)
29 Juillet 2021 - Traversée S-N

Dans la famille queyrassine des "Bric" je demande le Bouchet ! En effet je n'ai pas à mon actif cette jolie pointe située aux confins du massif. Dans le panorama alpin, ce n'est pas son altitude qui accroche le regard, c'est plutôt sa silhouette élancée et son apparence inabordable, comme une invitation envoyée à l'alpiniste que je suis. Sur le papier, celui des topos, cela devrait passer, même en solo... Allons donc voir cela de plus près !

Départ au pittoresque hameau d'estive de Valpréveyre. L'approche est très agréable au milieu des mélèzes puis dans les alpages de Malaure. Je gagne efficacement de l'altitude en me dirigeant vers l'arrogante pyramide finale, qui est visible depuis le début. Le sentier est excellent jusqu'au col de Bouchet. Depuis ce dernier je découvre, légèrement en contrebas sur le versant italien, le refuge Nino Sardi, petite bâtisse accrochée dans un décor sauvage.

J'attaque maintenant la face sud du bric. Sans être techniquement difficile, celle-ci demande un pied sûr et de l'expérience. Choses dont j'ai fini par disposer, à force de gravir des sommets ! Le tracé est balisé de ronds rouges, et il faut s'élever prudemment dans une alternance de pentes raides et de dalles équipées de chaînes. La corde pourra être utile pour les moins aguerris à ce type de terrain. Quant au casque, il est vivement conseillé, un caillou ne faisant aucune différence entre un alpiniste chevronné et un débutant !

Des dalles inclinées me conduisent jusqu'à la cime. La vue est superbe, en particulier sur l'altier Viso, écrasant la "concurrence", et toujours les pieds baignant dans la nebbia italienne.

Je redescends par le versant nord. Le niveau de difficulté est comparable, mais c'est plus court. Quelques pas de désescalade mènent à une grande vire encombrée de blocs qui forme, à flanc de paroi, une sorte d'éboulis suspendu. Le passage est très original et permet de rejoindre l'arête nord, sur laquelle je progresse facilement.

Parvenu à un col je ne peux m'empêcher d'aller gravir la Pointe Fournas (2939 m), si proche, mais finalement pas si facile. Je me demande parfois, toujours trop tard, si c'était bien la peine de prendre des risques pour aller "cocher" un sommet sans envergure...

En descendant l'évidente combe à l'ouest je rejoins le sentier du col de Valpréveyre. De là il est très simple de revenir vers les alpages de Malaure, et donc mon point de départ.

Voilà donc une belle traversée sur un sommet emblématique, dont la masse rocheuse fait forte impression depuis la vallée du Guil, comme depuis le Piémont.
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