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ABSENCE**

Sous La Neige

  

Elle est venue au soir. Brillante, elle était celle

Qui écrit dans le gel caressant les volets,

Emprunte à l’infini ce qui reste du ciel

Pour rendre l’innocence aux villes dépouillées.

 

L’oiseau de paradis s’est posé dans la neige.

Deux queues d’éternité ont tracé deux sillons.

« La glace a un secret en son sein », devinai-je,

Voyant plonger le bec au blanc de la passion.

 

« Dis-moi ce que tu veux », lui dis-je. « A l’évidence

Deux becs seront plus vifs à crever la blancheur. »

Mais il piquait la neige : « Apprécie la patience

De qui donne son temps pour retrouver ton cœur. »

 

Quand la nuit descendit, il redoubla d’efforts ;

Contre l’obscurité la couleur s’agitait ;

Contre l’immaculé se déroulait encore

La lutte qu’obsession livrait à pureté.

 

A l’œil clair du matin, le tort fut évident :

L’oiseau de paradis avait perdu ses queues,

Traînait l’aile et ses ors étaient devenus blancs ;

« La neige, dis-je enfin, ne brûle que tes yeux. »

 

« Ce n’est pas dans le froid que se cache mon cœur,

Je sais où est mon cœur, car il est en mon sein ;

Ce que tu as cherché au prix de tes couleurs

Est en réalité non mon cœur, mais le tien. »

Auteur:LOIC BERARD**

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Taken on December 27, 2010