Discussions (1,600)

Description des grands groupes de champignons

view profile

hdeschenes27 says:

J'éprouve de la misère à me retrouver dans cette liste qui est très grande. Pourrait-on inscrire les descriptions générales de chacun des groupes ou faire une classification (en arbre) pour determiner d'où vient chaque famille? Il est sûr que le but premier du site n'est pas la prise en charge de l'éducation des mycologues débutants comme moi mais ... j'ai de la misère à différencier par exemple un tricholomatal d'un bolbitiacé

Groupe:#1 Myxomycètes
Groupe:#2 Ascomycètes
Groupe:#3 Gastéromycetes
Groupe:#4 Bolets, Phylloporus et Rhizopogon
Groupe:#5 Porés s.l.
Groupe:#6 Corticiacés s.l.
Groupe:#7 Trémelles et analogues
Groupe:#8 Hydnes et analogues
Groupe:#9 Clavaires et analogues
Groupe:#10 Chanterelles et analogues
Groupe:#11 Agaricacées
Groupe:#12 Amanitacées
Groupe:#13 Bolbitiacées
Groupe:#14 Coprinoïdes / Psathyrellacées
Groupe:#15 Cortinariacées
Groupe:#16 Crépidotacées
Groupe:#17 Entolomatacées
Groupe:#18 Gomphidiacées
Groupe:#19 Hygrophoracées
Groupe:#20 Hygrophoropsidiacées
Groupe:#21 Inocybacées
Groupe:#22 Lentinacées
Groupe:#23 Lentinellacées
Groupe:#24 Marasmiacées
Groupe:#25 Paxillacées
Groupe:#26 Pleurotacées
Groupe:#27 Plutéacées
Groupe:#28 Russulacées
Groupe:#29 Strophariacées
Groupe:#30 Tricholomatacées

Excusez mon manque de connaissance, ce commentaire ne se veut pas une critique, mais plus une question pour eventuellement faciliter la conceptualisation du Mycogenre La liste est très longue et d'approche un peu hardue.
Originally posted at 10:59AM, 5 February 2009 PST (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:


Originally posted ages ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

hdeschenes27 says:

parfait ,merci beaucoup , quest-ce qu'on ferait sans toi? :o)
Originally posted ages ago. (permalink)
Roland* edited this topic ages ago.

view photostream

Jacques* is a group administrator Jacques* says:

Excellente idée Roland. Pour te motiver, (comme si tu avais besoin de motivation externe), je suis en train de réfléchir à comment placer les descriptions des 31 groupes sur Mycoquebec
ages ago (permalink)

view photostream

Jacques* is a group administrator Jacques* says:

WOW, Roland.. je vais faire une place à ces textes sur mycoquebec.org. Je cherche une façon de le faire de façon à ce que tu puisses éditer tes textes toi-même comme tu le fais pour les descriptions.
ages ago (permalink)

view photostream

Renée Lebeuf says:

Bonjour vous tous,

Un commentaire un peu différent ici. Peut-être serait il possible d'indiquer pour chacun des groupes les principaux genres, comme un arbre. Je crois que ce n'est pas vraiment utile pour les ascos, mais ce pourrait l'être avec d'autres groupes, comme les tricholomatales, les agaricales, etc.
ages ago (permalink)

view photostream

Jacques* is a group administrator Jacques* says:

Tu veux dire de faire la liste de tous les genres de chacun des groupes?
C'est assez facile de faire un programme qui générera cette liste automatiquement, mais je ne vois pas beaucoup de différence avec ce que nous avons maintenant i.e. la liste des espèces par groupe.
ages ago (permalink)

view photostream

Jacqueline+ says:

Très bien faites, ces descriptions. J.
ages ago (permalink)

view photostream

Marc-Olivier Labrecque says:

Très bien j'ai adoré. C'est très inspirant comme texte. Je ne connaissais pas les Rhizopogons. Ils sont bien singuliers.
120 months ago (permalink)

view photostream

hdeschenes27 says:

Merci grand maitre Roland de nous éclairer de votre sagesse :o) La générosité de votre expression dépasse mes attentes. À quand une publication signée Roland?
120 months ago (permalink)

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 7 : Trémelles et analogues

La chair de la majorité des espèces de ce groupe a une propriété que les autres champignons n’ont pas. Lorsqu’elle est imbue (gorgée d’eau), elle gonfle et le basidiome prend sa forme normale et est alors reconnaissable. À la dessiccation, la chair peut diminuer énormément de volume et le basidiome prend souvent la forme d’un mince film, au point qu’on se demande s’il s’agit bien d’un champignon. C’est que la chair est contenue dans une matrice gélatineuse ou caoutchoutée qui enfle ou se dégonfle selon l’hygrométrie. Le basidiome est donc habituellement gélatineux, rarement tenace. Le groupe est aussi appelé communément Champignons gélatineux ou ‘"Jelly fungi" par simplification et réunion de la majorité d’entre eux.

Ils ont des formes, des tailles et des couleurs diverses. Ils varient de la simple goutte de gelée amorphe presque invisible à celles étalées, pulvinées, cérébriformes, discoïdes, cupulées ou obconiques. Les formes les plus évoluées vont jusqu’à dressées, clavées, ramifiées, foliées, spatulées, infundibuliformes, auriculoïdes ou linguiformes, etc. On voit rarement un chapeau et moins souvent encore un pied ou un pseudopied. Leur dimension varie de 1mm jusqu’à 15-20 cm de diam. Certaines espèces ne forment pas de basidiomes car elles vivent à l’intérieur d’autres organismes, champignons ou plantes. La couleur jaune prime pour ce groupe, bien que plusieurs soient hyalines, blanches, roses, brunes ou noires. Des genres à basidiomes étalés comme Basidiodendron, Exidiopsis, Protodontia sont très souvent étudiés avec les Corticiacées s.l.

Deux grands caractères microscopiques réunissent en plus ce groupe. Le premier est partagé par presque l’ensemble des espèces, c’est le fait de produire des hétérobasides. Le deuxième est dispersé dans les espèces du groupe, mais fréquent, c’est la capacité des spores de germer en d’autres spores ou en conidies. Voyons-les séparément.

Les basides sont dites holobasidiales ou hétérobasidiales. Les holobasides (= homobasides) sont entières. Ce qui veut dire que cette cellule n’est aucunement divisée par des cloisons, qu’elle est unicellulaire et que les stérigmates qui produisent les spores arrivent toutes de cette même cellule. De plus, ces stérigmates surviennent seulement une fois la baside mature, ne provenant pas d’aucune cellule basale. De telles basides sont la norme chez les Basidiomycètes. Les hétérobasides (= phragmobasides), par contre, sont modifiées. Elles ont des cloisons (septa) horizontales ou verticales et sont ainsi pluricellulaires. Dans ce cas, des prolongations apicales jouant le rôle de stérigmates arrivent chacune d’une cellule différente. Les basides peuvent être aussi incomplètement ou non cloisonnées, étroites. Dans cet autre cas, les propagations apicales sont fourchues, en diapason. C’est ce trait de caractère microscopique unique partagé par ces espèces qui les distingue de tous les autres Basidio. Ce qui est plus frappant encore est que ces basides sont comme produites en deux temps. D’abord, une cellule arrondie à paroi épaisse se forme. Elle est appelée probaside. Elle se divise ou non en d’autres cellules selon l’orientation des septa. De la probaside germe la véritable baside d’où se développent des prolongations apicales appelées épibasides, jouant le rôle de stérigmates, soit à partir de chacune des cellules divisées ou de la probaside même. Donc, les véritables basides de la classe Phragmobasidiomycètes sont formées de probasides et d’épibasides, une cellule à la base et des épibasides au-dessus. Le nombre de cellules habituelles basidiales et de 4 et celui des épibasides aussi de 4.

Les ballistospores des Basidio ne peuvent normalement pas germer en d’autres propagules. Elles ne peuvent se répliquer. Par contre, chez la plupart des ordres de champignons gélatineux, ces spores germent par répétition. Elles forment des stérigmates secondaires desquelles de plus petites spores secondaires sont produites ou lorsque septées, elles germent par production de conidies ou de tubes de germination. En microscopie, on voit des spores germant directement d’une autre spore ou sur de courts stérigmates ou filaments formés sur cette spore, plusieurs parfois autour d’une même spore primitive. On dit alors qu’elles germent en spores ou conidies secondaires. Le but de ce processus est d’augmenter la quantité et le volume de ces propagules, parce que spores et conidies sont des propagules de reproduction. Une des raisons qui expliquerait cette propriété serait justement l’état gélatineux des basidiomes. Ceux-ci ont beau produire des ballistospores mais ces dernières ne réussissent pas ou très peu à échapper de leur état visqueux ou collant. Elles seraient comme emprisonnées sur ceux-ci et n’atteindraient que difficilement le milieu ambiant pour que le cycle continue. Les spores produisent donc des propagules en surplus afin d’arriver à germer dans le bon substrat.

Ces spores sont globuleuses, subglobuleuses, cylindriques, allantoïdes ou de forme particulière, lisses, hyalines ou rarement brunes, souvent à paroi mince. Les hyphes des basidiomes ont des parois gélatinisées d’épaisseur variable. Les boucles sont présentes chez la plupart des espèces. Certains hyméniums contiennent, en plus des basides, des éléments stériles comme les gloeocystides et les dicaryophyses clavées ou ramifiées. Des conidies, oïdies et arthroconidies surviennent chez certaines espèces.

Les champignons gélatineux sont saprophytes ou parasites, vivant sur le bois de feuillus ou de conifères de différents stades de décomposition. Plusieurs sont restreints à des hôtes spécifiques. D’autres parasitent d’autres champignons, des plantes à fleurs, des fougères ou des mousses. Quelques taxa surviennent sur le sol. Ils se rencontrent durant toute l’année, le plus souvent en fin d’été ou à l’automne, mais certains donnent leurs basidiomes au printemps seulement. Ils résistent à des conditions extrêmes comme la sécheresse et le gel et sont capables de poursuivre la production de basides et de spores même après de telles périodes. Le mycélium reste habituellement producteur de basidiomes pendant plusieurs années, mais les basidiomes eux-mêmes sont annuels. Par temps doux l’hiver, on peut très bien détecter des pousses de Dacrymyces et de Tremella sur les arbres.

Les Phragmobasidiomycètes sont représentés par des ordres ayant soit des basides septées ou des spores répétitives. La taxonomie fondamentale est souvent basée sur les caractères ultra-structuraux. Les Platygloeales incluent les taxa à basides septées transversalement, à basidiomes peu évidents et à mode de vie saprophytique ou parasitique. Les Atractiales ont aussi des basides septées transversalement, mais ils ont un développement gastéroïde, leur masse sporique sèche étant disséminée passivement. Les Syzygosporales, telle que S. mycetophila, ont des basides qui peuvent être septées longitudinalement et leurs spores germent par bourgeonnement en blastoconidies. Leurs basidiomes sont non définis et ils sont des parasites de champignons. Les Exobasidiales ont des holobasides, mais leurs caractères ultra-structuraux les placent dans ce groupe. Ce sont des parasites de plantes, telles que les Rhododendrons. Les Tremellales se caractérisent par la présence d’haustéries, sortes de pièges qui sont utilisés pour parasiter d’autres champignons Leurs basides sont globuleuses ou piriformes et habituellement septées longitudinalement en 4 cellules, rarement en 2. Les Auriculariales ont des basides septées transversalement ou longitudinalement. Les Dacrymycétales n’ont pas de basides véritablement septées, mais d’apparence furquée, de forme Y ou diapason. Finalement, les Ceratobasidiales appartiennent à ce groupe à cause des leurs spores répétitives, mais autrement, ils forment un lien avec le reste des Holobasidiomycètes. Les Tulasnellales ont des basides de forme spéciale, à stérigmates renflés et leurs spores sont répétitives, mais la taxonomie moderne les classe maintenant aussi avec les Holobasidiomycètes. Le plus souvent, ce sont 4 familles qui sont confrontées, les Auriculariacées, les Exidiacées, les Dacrymycetacées et les Tremellacées.

Quand on additionne la texture gélatineuse, les basides modifiées, les spores répétitives, la pousse fréquente sur autres champignons pour les espèces plus petites, on arrive à ce groupe de champignons. Bien qu’une grande majorité d’entre eux ont des formes minimes ou ressemblantes et loin d’être facilement identifiables à première vue, on est toujours étonné à chaque fois que l’on voit les spatules abricot orangé du Tremiscus helvelloides ou celles dont le revers est couvert d’aiguillons qui la feraient classer avec les Hydnes si ce n’était de sa chair gélatineuse tremblante et de ses basides septées longuement stipitées, le Pseudohydnum gelatinosum. Dire qu’une d’entre elles ressemble à une oreille humaine, Auricularia americana, que l’on peut consommer, relève plus d’un merveilleux mimétisme que d’un cas de cannibalisme. Que dire aussi de ces masses cérébriformes qui poussent sur les colonies de Gymnopus dryophilus et qui sont plutôt des galles genre tumeurs causées par Syzygospora mycetophila. Ce sont les tissus mêmes de l’hôte qui réagissent à cet agresseur et on se croirait ici en oncologie. La famille à laquelle appartient l'espèce a un nom d'ailleurs très révélateur, les Carcinomycetacées. On peut finir par les Sebacina qui se prennent pour des Tremella, les Tremella pour des Exidia ou des Dacrymyces ou vice versa, les Calocera ou les Tremellodendron pour des Clavaria, les Elmeria pour des polypores, ce n’est pas peu dire sur leurs déguisements. On se croirait plutôt dans un bal masqué ou dans un club de travestis. De plus, certaines espèces du groupe Ascomycètes, telles que celles des genres Ascocoryne, Ascotremella, Bulgaria, Leotia, Neobulgaria ou Sarcosoma, ont une texture gélatineuse équivalente. Ce qui peut créer encore plus de confusion si la présence ou non d’asques ou de basides n’est pas démontrée.

La comestibilité de ces espèces, quoiqu'inoffensives, ne vaut pas la peine, sinon qu'elle égale celle de la gélatine, du jello ou du caoutchouc. La grande oreille asiatique, A. polytricha, cultivée presque partout en Asie et vendue partout dans le monde, joue très bien son rôle dans le ''plus volume ajouté'' de tant de mets dits chinois. Celle américaine, A. americana, saute effectivement au plafond de la cuisine lorsque justement vous la faites sauter dans un poêlon à feu trop rouge.

Roland

Groupe 8 : Hydnes et analogues

Le terme analogues est important à préciser pour ce groupe, car les espèces qui le composent ne se ressemblent souvent pas. Ce sont les éléments de la face fertile uniquement qui les rapprochent et permettent de les ranger ensemble. Ces éléments sont constitués d’épines ou d’aiguillons dont le géotropisme est positif, c’est à dire qu’ils sont orientés vers le sol, peut importe que les espèces soient stipitées-piléées, étalées-réfléchies ou uniquement étalées. Elles n’ont rien d’autre en commun que ces aiguillons que l’on pourrait définir par des projections coniques à cylindriques, minuscules et densément compactes ou largement espacées, suspendues comme de petits glaçons, sur lesquelles se forment les basides et les spores, mais toujours en direction du sol. Les basidiomes du groupe des Clavaires et analogues poussent en direction opposée à celle des Hydnes et analogues, vers le ciel ou à géotropisme négatif. C’est une différence importante entre ces deux groupes, puisqu’ils sont souvent appelés champignons coraux ou Corals en anglais.

Le groupe est donc constitué d’un amalgame de formes qui vont de parasols, à chapeau et pied distincts, de consoles sessiles ou d’éventails, même en amas imbriqués, de coraux simples ou ramifiés, de coussins ou plaques couchées sur le support, toutes ayant le même type ou presque d’aiguillons. Il faut se rappeler aussi que les champignons hydnoïdes peuvent avoir une face fertile dentée qui provient d’une lacération profonde de la paroi des pores et passer pour des aiguillons. C’est le cas notamment du polypore Trichaptum fuscoviolaceum et de certaines espèces poroïdes du genre Sarcodontia. Pour faire puriste, ce groupe contient de fait plusieurs de ces espèces, mais simplement par commodité puisque leurs aiguillons sont assez distincts pour qu’elles puissent en faire partie. Il y a donc les vrais Hydnes et ceux que l’on y rattache.

Les vrais Hydnes appartiennent à trois familles, les Auriscalpiacées, les Bankeracées et les Hydnacées, mais à deux ordres différents, Hericiales pour les deux premières et Cantharellales pour la dernière. Ils ont des basidiomes à chapeau et à pied distincts, sauf le genre Gloiodon qui n’a pas de pied, et les aiguillons de leur face fertile sont situés au revers du chapeau, sauf le genre poroïde Boletopsis que l’on classe avec les polypores. Cela pour montrer que même parmi les vrais il y a des exceptions, plus encore en mycologie.

Les espèces des Auriscalpiacées hydnoïdes ont des spores échinulées ou verruqueuses amyloïdes et ce sont des saprophytes qui poussent sur le bois ou les cônes des conifères. Ils sont représentés par deux genres, Auriscalpium et Gloiodon. Les espèces des Bankeracées hydnoïdes ont des spores bosselées, verruqueuses ou échinulées inamyloïdes et ils poussent au sol en tant que mycorhiziques. Quatre genres les représentent, Bankera, Hydnellum, Phellodon et Sarcodon. Les espèces des Hydnacées ont des spores lisses inamyloïdes et ont un mode de vie mycorhizique au sol. Un seul genre est présent, Hydnum. Puisque ce sont des genres qui forment le coeur du groupe, voici quelques uns de leurs principaux caractères.

Les Gloiodon ont des basidiomes annuels, résupinés, étalé-réfléchis ou piléés, souvent en amas imbriqués. Le chapeau et la marge des spécimens résupinés sont laineux à tomenteux, formés de poils raides emmêlés, devenant agglutinés avec l’âge, et les aiguillons sont subulés, jusqu’à 1 cm de longueur. La chair est molle mais très tenace et compacte au frais dans le chapeau, dure au sec dans les cordons et les aiguillons. La sporée est blanche. Ce sont des saprophytes du bois de feuillus. Les Auriscalpium ont des basidiomes annuels, piléés et stipités. Le chapeau est semi-circulaire à réniforme, brun jaunâtre à brun foncé, villeux, souvent avec une frange poilue à la marge. Les aiguillons sont brun pâle, bruns à grisâtres avec l’âge et le pied est long, simple ou proliférant, latéral. La sporée est blanche. Ils poussent sur les cônes ± enfouis dans le sol.

Les Bankera ont des basidiomes annuels, piléés et stipités, simples ou concrescents, mous. Le chapeau est ± arrondi à lobé, plan-convexe au début souvent déprimé avec l’âge, blanchâtre, crème à brunâtre, tomenteux à feutré au début, vitre glabre et troué ou écailleux-apprimé. Les aiguillons sont typiquement gris à brun verdâtre, un peu décurrents. La chair est molle charnue ou un peu fibreuse au sommet, non zonée, et à odeur de curry ou de fenugrec, surtout au sec. Le pied est centré, rarement excentré, égal, atténué vers la base ou bulbeux, solide, velouté à tomenteux au début, glabre avec l’âge. La sporée est blanche. Ils sont terrestres en tant que mycorhiziques des conifères, typiquement les Pinaceae.

Les Hydnellum ont des basidiomes annuels, piléés et stipités, simples ou concrescents, parfois ramifiant d’une base commune, mous à tenaces. Le chapeau est ± rond convexe à déprimé, blanc, crème, jaunâtre, orangé, olivacé, rouge, brunâtre à bleuâtre, velouté à tomenteux au début, feutré, fibrilleux, glabrescent, souvent irrégulier, troué, scrobiculé à rarement écailleux avec l’âge. Les aiguillons sont typiquement bruns à pourprés avec l’âge, souvent décurrents. La chair est molle, fibreuse, subéreuse ou coriace, souvent avec strates hyphales et duplexe (= double), souvent avec zones plus foncées ou plaques pâles. Le pied est centré à excentré, égal, atténué vers la base ou bulbeux, parfois radicant, typiquement solide, concolore au chapeau ou blanchâtre, parfois différemment coloré à la base, glabre, velouté à tomenteux. La sporée est brune. Ils sont terrestres en tant que mycorhiziques autant des feuillus que des conifères, typiquement avec les Fagaceae et les Pinaceae.

Les Phellodon ont des basidiomes annuels, piléés et stipités, simples ou concrescents ou formant des chapeaux secondaires, ramifiant parfois d’une base commune, mous à tenaces. Le chapeau est ± rond, plan, déprimé ou ombiliqué, blanc, crème, jaunâtre, brunâtre, verdâtre, grisâtre, brun-noir à noir, parfois teinté de bleuâtre, velouté à tomenteux au début, feutré, fibrilleux, rugueux, troué à ridé avec l’âge, parfois zoné concentriquement, à marge longtemps blanche. Les aiguillons sont blancs à jaunâtres au début, typiquement gris à brun grisâtre avec l’âge, souvent décurrents. La chair est fibreuse, subéreuse ou coriace, duplexe ou non, souvent zonée et cyanescente, à odeur faible au frais, souvent de coumarine, de curry ou de fenugrec au sec. Le pied est centré à excentré, égal ou aplati, atténué vers la base ou bulbeux, solide, concolore au chapeau ou plus foncé, velouté à tomenteux épais au début, glabre avec l’âge, souvent tomenteux à feutré à la base. La sporée est blanche à crème. Ils sont terrestres en tant que mycorhiziques autant des feuillus que des conifères, typiquement avec les Fagaceae et les Pinaceae.

Les Sarcodon ont des basidiomes annuels, piléés et stipités, charnus ou cassants, simples ou concrescents, parfois ramifiant d’une base commune. Le chapeau est ± rond, convexe à déprimé ou en entonnoir, crème, jaunâtre, rosâtre, brunâtre, rougeâtre, violacé ou verdâtre, plus foncé au sec, velouté, feutré à écailleux au début, lisse, glabrescent, souvent aréolé ou craquant en écailles avec l’âge. Les aiguillons sont typiquement bruns à pourprés avec l’âge, souvent décurrents. La chair est épaisse, cassante, molle à ferme, typiquement non duplexe, non zonée, variablement colorée, blanchâtre, teintée de rose à pourpre, parfois verdâtre à bleuâtre à la base du pied et devenant plus foncée au KOH, sans odeur de curry ni de fenugrec au sec, à saveur souvent amère ou âcre. Le pied est centré ou excentré, égal, atténué vers la base ou bulbeux, parfois radicant, typiquement solide, concolore au chapeau ou blanchâtre, parfois différemment coloré à la base, tomenteux. La sporée est brune. Ils sont terrestres en tant que mycorhiziques autant des feuillus que des conifères, typiquement avec les Fagaceae et les Pinaceae. Quelques espèces sont l’objet de recherches ou de cultures commerciales, dont S. imbricatus et S. squamosus.

Les Hydnum ont des basidiomes annuels, piléés et stipités, simples ou concrescents. Le chapeau et le pied sont jaunâtres ou orangés, fonçant souvent au froissement, veloutés, glabrescents. Les aiguillons sont blanchâtres à rose jaunâtre. La chair est épaisse et fragile, tendre, surtout dans les aiguillons qui se détachent très facilement, et le pied est solide. La sporée est blanche à crème jaunâtre. Ils sont terrestres en tant que mycorhiziques autant des feuillus que des conifères. Les espèces de ce genre font l’objet d’une grande recherche car ce sont de très bons comestibles.

La couleur de la sporée, l’odeur typique ou non de fenugrec, d’anis ou de curry de la chair, surtout au sec, sa duplexité, la présence ou non de zones colorées différemment à la coupe, les types de consistance du basidiome, la couleur des spores au microscope, hyalines ou brunes, la présence ou non d’une ornementation sporale et sa réactivité au Melzer sont les bases de séparation de ces 5 genres. Leur croissance peut être de courte ou de longue durée, déterminée ou indéterminée, et leurs partenaires mycorhiziques sont à connaître.

Un groupe d’Hydnes non stipités dont 2 espèces sont assez fréquentes au Québec fait partie du genre Hericium et de l’ordre des Hericiales. La morphologie des basidiomes est totalement différente des 5 genres précédents. Ils sont annuels et typiquement grands. Leurs formes vont de rondes, tuberculeuses, sessiles et non ramifiées, de structures très complexes fortement ramifiées ou de chapeaux concrescents en amas imbriqués. Ils sont charnus au frais. Leur couleur varie de blanche, crème, rosâtre ou ochracée. Les aiguillons sont aigus, stériles à l’apex, typiquement > 3 mm de longueur. Ils prennent naissance d’une masse globuleuse, au-revers d’un chapeau, en rangées ou aux bouts du revers des branches selon les espèces. La chair est blanchâtre, épaisse à cassante, molle ou un peu tenace au frais, azonée, amyloïde. Le pied est absent ou rudimentaire en forme de tronc commun. Les cordons hyphaux sont présents. La sporée est blanche. Les spores sont subglobuleuses à ellipsoïdes, à paroi épaisse, finement rugueuses, hyalines, amyloïdes. Ils poussent sur bois vivant ou pourrissant de feuillus et ce sont des agents de carie blanche. Ce sont des comestibles réputés.

Plusieurs autres champignons à aiguillons formant des consoles sessiles ou étalées-réfléchies sont présents sur les arbres. Le plus frappant est le Climacodon septentrionalis. Ce basidiome annuel forme une grosse masse commune jusqu’à 40 cm de hauteur, blanche, jaunâtre à ochracée au frais, plus foncée au sec, formée de nombreux chapeaux orbiculaires à suborbiculaires en amas imbriqués et concrescents, fibreux et tomenteux, jusqu’à 15 cm de largeur. Les aiguillons sont serrés, anguleux, flexibles, à bouts érodés, étroits, 0,5-2 cm de longueur. La chair est épaisse, fibreuse, tenace et élastique au frais, dure au sec, à odeur et saveur douces, parfois rancies ou de poisson avec l’âge. La sporée est blanche. Les spores sont ellipsoïdes, à paroi épaisse, lisses, hyalines, inamyloïdes, petites, 4-5,5 x 2,5-3 µm. C’est un parasite des troncs vivants de feuillus, agent de carie blanche spongieuse et souvent présent dans les parcs et le long des sentiers forestiers.

Plusieurs autres consoles hydnoïdes de même genre mais plus petites sont présentes au Québec. Elles sont souvent plus rares ou méconnues. En exemples, le rare Mycorrhaphium adustum dont la marge piléique devient cendrée au froissement et les aiguillons sont noirâtres aux bouts, l’occasionnel Steccherinum ochraceum et le rare S. bourdotii dont la couleur est ochracée à grisâtre pour le premier et plus orangée pour le second. La distinction entre ces deux espèces est délicate et réfère surtout à la forme et la taille des spores.

Quelques espèces classées dans le groupe des Porés s.l. ont des faces fertiles hydnoïdes précoces ou tardives. C’est le cas du très fréquent Irpex lacteus à multiples basidiomes étalés-réfléchis, coriaces, blancs et tomenteux à hirsutes au-dessus. Ses pores deviennent rapidement labyrinthiques à irpicoïdes et forment des dents aplaties. C’est un saprophyte du bois de feuillus, présent surtout en milieu ouvert. Trichaptum fuscoviolaceum est facilement confondu avec les deux autres espèces du genre qui poussent sur conifères, T. abietinum et T. laricinum. Contrairement à ces dernières, sa face poroïde devient odontoïde, présentant des dents serrées, parfois rayonnantes, décurrentes sur le support, violacées ou brun violacé puis brunâtres. Il pousse en amas imbriqués surtout sur bois mort de sapin comme agent de carie blanche alvéolée. Sarcodontia pachyodon, très rare parce que méconnu, donne des chapeaux semi-circulaires, simples ou en amas imbriqués, jusqu’à 5 cm en surplomb, blancs puis ochracés, avec de fines lignes radiales ou rides aigues et marge droite et aigüe. Sa face fertile est formée d’aiguillons distincts vers la base et de dents vers le pourtour. Sa chair duplexe est dense et friable dans la partie supérieure du chapeau, lâche et spongieuse dans sa partie inferieure. Il pousse sur bois vivant de feuillus et c’est un agent de carie blanche. Dans ce groupe des porés, il reste un mini polypore qui pousse au sol parmi la litière et dont le basidiome est souvent stipité, le chapeau irrégulier, spatulé à infundibuliforme, souvent confluent à d’autres, crème pâle, jaunâtre à chamois pâle, la face fertile peut être poroïde, sublamellée à hydnoïde et dont l’odeur est forte, pénétrante, semblable à de l’éther. C’est l’assez rare Sistrotrema confluens.

Il existe aussi des basidiomes étalés ou résupinés hydnoïdes. Ce sont des basidiomes saprophytes en petites plaques banales sur le bois, mais qui attirent l’attention par la présence d’aiguillons. En exemples, Sarcodontia crocea, jaune vif au début et qui pousse surtout sur bois de pommiers, Dentipellis fragilis, blanchâtre et poussant sur bois de feuillus sur sol calcaire, Kavinia himantia, formant un feutrage byssoïde stérile sur lequel arrivent les aguillons blanchâtres puis ochracés à brunâtres et poussant sur bois de feuillus et de conifères souvent en milieu herbeux riche, Resinicium bicolor, cireux, blanchâtre, crème, ochracé à carné au début, mais brunâtre et parfois verdâtre par les algues, poussant sur bois de conifères surtout. Beaucoup d’autres genres avec espèces étalées ou étalées-réfléchies ont ce type d’aiguillons sur leur face fertile. Ils sont classés avec les Corticiacées s.l. ou dans une structure hiérarchique taxonomique difficile.

Deux autres exemples curieux restent à donner. Les espèces du genre Mucronella ne forment que quelques ou plusieurs aiguillons pendants qui émergent directement du substrat, sans aucun subiculum entre eux ou presque. Ils sont simples ou rarement ramifiés, solitaires ou confluents à la base et formant de petits amas d’épines blanches ou jaunes de 1 à quelques mm de longueur. Ils poussent sur divers débris ligneux, les billes pourries, les mousses vivantes et même sur les vieux polypores. Dans l’ouest de l’Amérique du Nord, pousse sur bois vivant de conifères un basidiome piléé géant pérenne, qui a jusqu’à 40 cm en surplomb. C’est l’Echinodontium tinctorium à chapeau aplani à ongulé, hispide à feutré-hirsute, brun foncé terne, vite induré, crevassé, craquant en blocs rectangulaires radiaux et concentriques, sillonné, noirci. Ses aiguillons se forment avec l’âge et ils sont cylindriques à aplatis et ont jusqu’à 3 cm de longueur. Sa chair ligneuse et dure est rouge brique et sa sporée est blanche. En réalité, c’est un polypore dont la face fertile est devenue hydnoïde. On le nomme Polypore teinturier à cause de sa renommé à teindre vivement les tissus et les laines. Cette propriété est due à la coloration de sa chair.

En résumé, les vrais Hydnes se concentrent surtout autour des genres stipités-piléés et qui vivent au sol. Les Hericiales les regroupent souvent. Tous les autres ne sont qu’un assemblable artificiel très discutable. Leur classement est aléatoire dans ce groupe et ils ont chacun leur place réelle dans la taxonomie. Les consoles et les croûtes lignicoles qu’ils contiennent ont peut d’affinité entre elles sinon par les aiguillons de leur face fertile. À la rigueur, même le Pseudohydnum gelatinosum, une vraie trémelle, pourrait faire partie de ce groupe. Ce résumé de caractères permet quand même de les situer, les caractériser un peu et de comprendre leur interaction.

Dans ce groupe sont aussi placées artificiellement les espèces du genre Thelephora. Le seul lien qui existe entre elles et les Hydnes et analogues sont les caractéristiques des spores. Elles ont une morphologie presque équivalente à celle des Hydnes stipités terrestres sauf les Hydnum. Ces spores sont donc globuleuses à ellipsoïdes, de contour souvent inégal, ornementées, inamyloïdes. Par contre, les basidiomes ont des formes et des faces fertiles diamétralement différentes. Chez les Thelephora, ces basidiomes sont persistants, simples ou composés, solitaires ou en amas, stipités, attachés latéralement et en consoles, en éventails, en rameaux, en lanières ou résupinés, aplatis, ± apprimés au substrat ou incrustant, non brillamment pigmentés, brun foncé, brun pourpré, brun violacé à noirâtre, de taille moyenne à grande, 3-8 cm de largeur. Leur face fertile est située sur l’extérieur et elle est lisse, dentée, papillée, épineuse, rarement poroïde ou pseudo-lamellé. Ce sont des champignons difficiles à identifier et ils poussent sur le sol ou le bois mort, en forêts de feuillus, de conifères et mixtes, landes et milieux herbeux. Les basidiomes sont surtout humicoles, moins souvent lignicoles. Les espèces Thelephora anthracophila, T. caryophyllea, T. palmata et T. terrestris sont les plus courantes. Ce sont de mauvais mycorhiziques.

La comestibilité se limite à bien peu d’espèces puisque nous ne sommes pas faits pour digérer de la fibre, du liège, du cuir ou du bois comme l’est la texture de la chair de plusieurs de ces espèces. Par contre, les plus tendres sont parmi les meilleurs comestibles, dont les deux Hydnum, repandum et umbilicatum, et quelques Sarcodon. Aucun, par contre, n’est toxique. Sarcodon stereosarcinon, l’Hydne à pied court, a une chair ferme à fibreuse à odeur farineuse et saveur de noisette. Une fois séché, on peut en faire des croustilles ou le réduire en poudre et le mettre dans des confiseries. Ça remplace très bien les noix ou les raisins et confère à ces friandises une saveur particulière très agréable.

Roland

Groupe : Clavaires et analogues
Originally posted 120 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Le Cyclope says:

Demandez et vous recevrez!
Se repose-t-il de temps à autre ce Roland-là?
... c'est vrai, il «va aux champignons» comme détente, et l'hiver, c'est long, c'est long, c'est long...
PR
120 months ago (permalink)

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 9 : Clavaires et analogues

Les espèces de ce groupe ont une croissance à géotropisme positif. C’est à dire que leurs basidiomes poussent vers le ciel et donc opposé à la terre. En anglais, on les appelle "Branched and clustered Corals", des coraux en amas ou ramifiées. De fait, ce groupe inclut des espèces de deux différents types de basidiomes. Le premier type donne des formes dressées, fusoïdes ou vermiformes, non ou peu souvent ramifiées. Elles sont typiquement fusionnées à la base et ont un mode de croissance en amas. Elles sont très bien représentées par les genres Clavaria et Clavulinopsis. Le deuxième type produit des formes charnues, dressées ramifiées de façon répétitive et stipitées. Elles ont un mode de croissance coralloïde solitaire ou en groupes. Elles sont très bien représentées par les genres Ramaria et Ramariopsis.

Les uns sont donc en massues (clavules), étroites ou larges. Les autres sont arbustifs et toutes leurs ramifications sont dirigées vers le haut. Bien d’autres espèces ou genres de champignons ont aussi ce type de croissance, tels que Calocera, Tremellodendron, Geoglossum, certains Thelephora, Xylaria et Mitrula. Ils ne font pas partie de ce groupe car leurs caractères fondamentaux sont différents. Par contre, on les voit souvent dans des clés appelées par exemple "Clé des espèces clavarioïdes" et on y inclut là toutes celles ayant une morphologie de type clavaire et ramaire. Les termes clavarioïde ou ramarioïde leurs conviennent très bien. Pourquoi alors ne pas passer en revue les principaux genres dans chacun des types morphologiques, même si certains genres peuvent avoir des espèces des deux types, en y ajoutant aussi le type sparassisoïde.

Type clavarioïde :
Ce sont des clavules simples, rarement ramifiées, surtout vers l’apex, filiformes, cylindriques, clavées arrondies ou tronquée à l’apex, fragiles, fines ou charnues, de couleur plutôt uniforme.

- Clavaria :
basidiome formé d’une clavule, partie supérieure fertile, mate, blanc, jaune, lilas, rose, rouge, pourpre ou brune
pied rarement bien délimité, parfois cylindrique, souvent beaucoup plus court que la clavule
chair concolore ou plus pâle que la clavule, à odeur et saveur absentes ou faibles
sporée blanchâtre
système hyphal monomitique, avec hyphes renflées, non bouclées, hyalines
cystides rarement présentes
basides à 2-4 stérigmates, non ou distinctement bouclées
spores lisses, non guttulées ou avec une grosse guttule, hyalines, inamyloïdes
poussant sur sol, surtout en milieu humide riche en minéraux des forêts et prairies

- Clavulinopsis :
clavule fragile ou légèrement fibreuse, mate, dans les tons de jaune, orangé ou beige
pied rarement bien développé et court, concolore, parfois avec mycélium basal blanchâtre
chair concolore ou plus pâle que la clavule, à odeur et saveur insignifiantes
sporée blanchâtre
système hyphal monomitique, avec hyphes cylindriques ou renflées, bouclées, à paroi mince, hyalines
cystides absentes
basides à 2-4-6 stérigmates, bouclées à la base
spores lisses ou échinulées, souvent avec une grosse guttule
poussant sur sol des forêts et prairies, parfois lichénisé

- Clavariadelphus :
basidiome massif ou étroit, simple, rarement courtement latéralement ramifié, cylindrique, filiforme à clavé, aigu, obtus ou tronqué à l’apex, jaune, beige à brun
clavule difficilement différenciée du pied, lisse au début, puis souvent rugueux à plissé avec l’âge, devenant parfois verdâtre au FeSO4 et jaune ou rouge au KOH chez les grosses et massives espèces
pied plein ou creux
chair blanchâtre, à odeur absente et saveur douce à légèrement amère
sporée blanche à ochracée
spores ellipsoïdes à amygdaloïdes, lisses, hyalines
poussant sur sol, débris ou bois de feuillus et conifères, souvent en grands groupes

- Ceratellopsis :
basidiome minuscule, lancéolé-filiforme, simple ou avec petite branche latérale, tenace, blanchâtre
pied insignifiant
face fertile couvrant seulement la partie centrale au début, éventuellement l’apex
hyphes cylindriques ou légèrement renflées
boucles absentes
cystides absentes ou présentes
cristaux présents ou non dans l’hyménium et le pied
spores ellipsoïdes, lisses, hyalines, légèrement amyloïdes
poussant sur débris herbacés ou sur mousses vivantes

- Lentaria :
basidiome simple, peu ramifié ou ramarioïde, à ramifications atténuées, cylindriques ou dichomiquement à plusieurs fois ramifiées à l’apex, blanc, crème, ochracé, chamois, parfois teinté de rose ou vineux
pied présent ou non
chair assez tenace, à odeur absente et saveur douce ou amère
sporée blanche à ochracée
système hyphal monomitique, avec hyphes ± renflées, à paroi légèrement épaisse
boucles présentes ou non
spores ellipsoïdes, lisses, hyalines, amyloïdes ou non
poussant sur bois de feuillus ou de conifères, parfois moussu, solitaire ou en groupes, certaines espèces formant un subiculum mycélien stérile et d’autres lichénisées

- Pterula :
basidiome simple, filiforme et presque sessile ou très ramifiée à partir d’un pied, blanchâtre, à brun
ramifications minces, distinctement atténuées vers l’apex subulé
chair tenace
système hyphal dimitique, avec hyphes génératrices bouclées, à paroi mince, et hyphes squelettiques non bouclées, à paroi légèrement épaisse
cystides présentes ou non
basides clavées, à 2-4 stérigmates
spores ellipsoïdes, lisses, non guttulées, hyalines
poussant sur herbes pourrissantes et débris des forêts

- Typhula :
basidiome clavarioïde, élancé, souvent filiforme, fragile à un peu tenace, blanc, jaune, rose, brun pâle à brun rougeâtre
face fertile cylindrique à ovoïde, rarement subglobuleuse, lisse
pied présent, cylindrique, filiforme, plus court ou plus long que la clavule, lisse à pubescent, arrivant souvent d’un sclérote
sclérote globuleux à plat, blanc jaunâtre à presque noir, sec ou visqueux, blanc à l’intérieur, formé souvent l’hiver ou au printemps
boucles présentes ou non
spores ovoïdes à ellipsoïdes, parfois cordiformes, lisses, hyalines, amyloïdes ou non
poils caulinaires présents chez plusieurs espèces
poussant sur divers débris, surtout herbes et fougères, saprophyte, parfois parasite des herbes

- Physalacria :
basidiome formé d’un pied et d’un capitule, blanc à jaunâtre
capitule globuleux, en ballon dégonflé ou aplati
hyménophore couvrant la capitule, lisse, ondulé ou plissé
pied court, très fin
sporée blanche
boucles présentes
cystides distinctes
basides à 4 stérigmates
spores ellipsoïdes, cylindriques à subfusoïdes, hyalines, inamyloïdes
poussant bois pourrissant, branches ou aiguilles tombées ou plantes

Type ramarioïde :
Ce sont des formes en coraux ou arbustes à branches dressées et ramifiées arrivant d'un tronc ± charnu, de couleur très variées.

- Ramaria :
basidiome stipité, ramifié vers le haut d’une manière coralloïde en 4-7 fois, blanchâtre, crème, chamois, jaune, orangé, saumon, brun, vineux, violet ou vert, à rameaux basaux souvent tri ou polychotomiques, supérieurs dichotomiques, à parties intermédiaires relativement plus longues que les supérieures, avec apex aigus, subcrêtés ou arrondis
face fertile formée sur les parties supérieures ou rameaux, devenant verdâtre au FeSO4
pied large et robuste ou petit et mince ou basidiome ramifiant à partir du substrat, parfois avec rhizomorphes ou mycélium blanc à la base
chair blanche ou concolore aux rameaux, changeant parfois de couleur au froisse-ment, à odeur faible ou désagréable, épicées, et saveur douce à fortement amère
sporée ochracée
système hyphal monomitique ou dimitique
boucles présentes ou non
spores ellipsoïdes, guttiformes ou cylindriques, lisses, verruqueuses, échinulées ou striées hélicoïdalement, à ornementation ± cyanophiles
poussant au sol ou sur bois des forêts de feuillus et de conifères, parfois en rangées ou en arcs

- Ramariopsis :
basidiome ramifié, rarement simple, surtout blanc, jaune, ochracée ou lilas
pied distinct
rameaux souvent élancés, cylindriques
chair à odeur et saveur insignifiantes
sporée blanche
hyphes cylindriques ou renflées, bouclées, à paroi mince, parfois incrustées
basides à 2-4 stérigmates, parfois mélangées avec des sclérobasides à paroi épaisse
spores globuleuses, subglobuleuses à larmiformes, presque lisses, verruqueuses à échinulées, à paroi mince à légèrement épaisse, souvent < 5 µm de diam. et uniguttulées, à ornementation cyanophile, parfois dextrinoïde
poussant sur sol nu et bois pourrissant des forêts, parfois sur brin de scie ou dans les prairies

- Clavicorona :
basidiome simple et clavarioïde ou ramifié et ramarioïde, ramifié, avec apex tronqué ou avec des pointes en couronne, blanchâtre, brun pâle à vineux
hyphes oléifères présentes, sulfo-positif
boucles présentes
spores lisses à verruqueuses, hyalines, ± amyloïdes
poussant sur débris ou bois de feuillus et de conifères

Type sparassisoïde :
Ce sont de grandes formes en masse compacte arrondie, chou-fleur ou laitue ramifiée comme des rubans aplatis ondulés ou de feuillets lobés, tenaces, parfois à base racinaire.

- Sparassis :
basidiome globuleux à hémisphérique ou foliacé, charnu, formé de plusieurs branches plates, incurvées et ondulées
face fertile couvrant la partie inférieure des branches ou des feuillets aplatis
base parfois radicante
chair ferme, assez tenace ou élastique, à odeur aromatique et saveur douce, de noisette
sporée blanchâtre
système hyphal monomitique
boucles présentes
spores ovoïdes à ellipsoïdes, hyalines
poussant souvent sur racines ou sol à la base des arbres, conifères et chênes surtout, agent de carie brune

La chair des espèces du groupe Clavaires et analogues est souvent cassante et se brise facilement. Parfois, elle est fibreuse ou tenace et flexible. La face fertile est lisse ou légèrement plissée, amphigène, orientée dans toutes les directions, située le plus souvent sur la partie supérieure lisse ou plissée ou sur les rameaux.
Les deux principales familles du groupe se caractérisent ainsi :

Les Clavariacées ont des basidiomes simples ou composés, solitaires ou en amas, dressés-linéaires ou dressés-clavés, ramifiés ou non, souvent sans pied distinct, avec hyménophore lisse ou côtelé, brillamment pigmenté ou non, de taille petite, grande ou très grande, (2)4-15(20) cm de hauteur. Leur sporée est blanche, jaune, brune à olive. Leur système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées. Les ballistospores sont lisses, ornementées ou échinulées, typiquement uniguttulées. Ils poussent souvent sur sol ou bois mort des forêts de feuillus, de conifères et mixtes, landes et milieux herbeux, et sont parfois lichénisés. Les genres principaux sont Clavaria, Clavulinopsis, Macrotyphula, Multiclavula et Ramariopsis.

Les Ramariacées ont des basidiomes composés, dressés-ramifiés, ramarioïdes, solitaires ou en amas, avec hyménophore lisse ou sillonné, souvent brillamment pigmentés ou non, blancs, blanchâtres, crème, jaunâtres, jaunes, chamois, orange, brun pâle à tan, de taille moyenne à grande ou très grande, 3-15(25) cm de hauteur. Leur sporée est jaune-brun ou ochracée. Leur système hyphal monomitique ou dimitique, avec hyphes génératrices renflées, à septa dolipore. Les ballistospores sont lisses ou ornementées. Ils poussent sur sol ou bois mort des forêts de feuillus, de conifères et mixtes. Le genre principal est Ramaria qui demande une plus grande élaboration.

Le genre Ramaria a été divisé en 4 sous-genres :

a. Echinoramaria & Lentoramaria :
basidiome souvent petit, à rameaux simples et pied souvent simple et mince ou multiple et poussant dans l’humus
lignicole ou humicole, avec cordons mycéliens reliant la base du basidiome au substrat

- Echinoramaria : spores larmiformes, échinulées, humicole
- Lentoramaria : souvent dimitique, spores verruqueuses, mais certaines verrues pouvant passer pour de petites épines, lignicole ou humicole

b. Laeticolora & Ramaria :
basidiome gros, souvent jaune à orangé
souvent mycorhizique, non lignicole, sans ou rarement avec cordons mycéliens reliant la base du basidiome au substrat

- Leaticolora : seul sous-genre à basides bouclées ou non (divisé presque à moitié)
morphologie et couleur tendant à devenir très similaires sinon identiques
espèces séparées par la présence ou non de boucles, puis par l’unique taille des spores
sous-genre le plus grand

- Ramaria : spores striées
souvent à pied massif et à réaction amyloïde à la base

L' identification des Ramaria demeure difficile à cause des nombreux taxa, de la confusion existante entre les sous-genres et l’absence d’illustrations critiques. Certains caractères sont importants dans leur identification :

- couleur du basidiome
- taille et morphologie du pied
- texture de la chair du pied : charnue-fibreuse, gélatineuse ou cartilagineuse
- présence on non d’une bande d’hyphes brunes dans la chair du pied, visible à la coupe radiale
- présence ou non de boucles
- mesure des spores
- réaction amyloïde de la base du pied
- réactions chimiques : Melzer, FeSO4, KOH, Phénol et Aniline

Il est presque impossible d’identifier la plupart des espèces sans l’aide du microscope et du micromètre dans la recherche de boucles et la mesure des spores. En exemple, seul le sous-genre Leaticolora peut ne pas avoir de boucles, les autres espèces des 3 autres sous-genres ayant des boucles. La réaction amyloïde de la base du pied est aussi importante. Les couleurs jouent un rôle important dans l’identisation des groupes. Comme avec tous les champignons charnus, celles du basidiome peuvent pâlir ou les mineures devenir dominantes par le vieillissement du champignon. Presque toutes les Ramaria deviennent bruns à maturité. La plupart des clés des Ramaria, séparent, jusqu’à un certain point, les espèces en 3 groupes de couleurs : 1) blanc à crème, 2) jaune, 3) orangé ou rouge. Il est important de noter la couleur du basidiome au moment de la récolte. Il faut toujours noter celles du pied, des rameaux et des extrémités. Certaines espèces peuvent avoir une bande jaune qui est présente seulement chez les espèces non jaunes. D’autres peuvent aussi présenter différentes couleurs aux différents stades du cycle de vie. Certaines espèces à rameaux orangés à saumon et extrémités jaunes peuvent sembler jaunes lorsque immatures et dont les rameaux n’ont pas encore débuté leur allongement. De plus, certaines espèces à rameaux orangés à saumon qui ont une bande jaune peuvent souvent devenir jaunes avec l’âge. La taille et la morphologie du pied peuvent être aussi indicatifs de certains groupes. Est-ce que le pied est massif (comparé au basidiome) simple, composé ou fasciculé ? Est ce que sa chair est charnue-fibreuse, gélatineuse ou cartilagineuse ? Est-ce qu’elle contient une bande d’hyphes brunes visible à la coupe radiale ? Cette dernière est souvent arquée vers l’apex, peut varier en taille, être présente dans les 1-2 mm de la base ou s’étendre jusqu'à 1-2 cm vers le haut.

Certaines espèces du groupe Clavaires et analogues sont comestibles, les Sparassis étant les meilleures. D’autres sont toxiques ou encore de comestibilité inconnue. Aucune n’est fatale, mais plusieurs cas de troubles gastriques sont rapportés. Étant déjà difficiles à identifier, comme on ne connaît souvent pas ce que l’on peut consommer, il est mieux de toutes les éviter et plutôt de les observer pousser, car elles changent d’aspect dans le temps et pour s’en faire des concepts précis, elles demandent une observation sporadique et méthodique. Elles sont réellement faites pour aiguiser la patience et l’ardeur des mycologues.

Roland

Groupe 10 : Chanterelles et analogues

Les espèces de ce petit groupe produisent des basidiomes en forme de trompette, d’entonnoir, de vase ou d'éventail à maturité. Elles ressemblent à des champignons lamellés sauf que les spores ne sont pas formées sur de vraies lames. Leur face fertile se présente donc typiquement sous forme de rides ou de plis trapus, veinés ou lamelliformes, souvent fourchus ou réunis par des anastomoses (interveinés). Elle est parfois presque lisse. On appelle aussi ce groupe Champignons cantharelloïdes.
Deux grandes familles existent, l’une de l’ordre des Cantharellales et l’autre des Gomphales :

1. Cantharellacées :
basidiome éphémère, simple, solitaire ou en amas, différencié en un pied et un chapeau, charnu ou non, de taille petite à grande, (1)2-12 cm de largeur
chapeau profondément concave ou infundibuliforme à maturité, brillamment pigmenté ou non, jaune, abricot, brun foncé, gris, à violacé à noirâtre
hyménophore au revers du chapeau, lisse, irrégulièrement sillonné, ridé ou plissé, côtelé, fortement sillonné radialement et interveiné, décurrent
pied distinct ou non, plein ou creux
système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées
ballistospores globuleuses, ellipsoïdes à oblongues, lisses, hyalines, inamyloïdes
saprophytique ou mycorrhizique, poussant sur sol, humicole, en forêts de feuillus, de conifères et mixtes

a. Genre Cantharellus - 4 espèces connues au Québec

- basidiome à chapeau et à pied bien développés, clitocyboïde
- chapeau non troué au centre
- pied plein dès le début
- hyménophore lisse, ridé-réticulé ou à plis aigus, lamelliformes, ramifiées et anastomosés
- chair épaisse ou mince
- sporée blanche, crème ou teintée de chamois, de rosâtre, d’ochracé, d’orangé ou de saumoné
- poussant sur sol des forêts de feuillus et de conifères, parfois sur troncs moussus
- mycorhizique, parfois saprophytique

b. Genre Craterellus - 8 espèces connues au Québec

- basidiome en entonnoir ou en éventail
- chapeau creux dès le stade primordium
- pied absent ou base stipitiforme indistincte
- hyménophore lisse à sublisse
- chair mince
- sporée blanche ou teintée de chamois, d’ochracé ou d’orangé
- poussant sur sol des forêts de feuillus nobles, parfois de conifères
- mycorrhizique

2. Gomphacées :

Genre Gomphus - 2 espèces connues au Québec

- basidiome éphémère, simple ou composé, différencié en un pied et un chapeau, cantharelloïde, brillamment pigmenté, crème, jaunâtre, paille, jaune, brun jaunâtre à violacé , de grande taille, jusqu’à 10-15 cm de hauteur
- chapeau concave à infundibuliforme
- hyménophore au revers du chapeau, plissé, côtelé, non facilement séparable de la chair qui le supporte, décurrent
- sporée jaune-brun ou ochracée
- système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, avec septa dolipore
- ballistospores ellipsoïdes, ornementées, hyalines, inamyloïdes
- poussant sur sol des forêts de conifères, rarement de feuillus
- mycorhizique

Les genres Cantharellus, Craterellus et Gomphus font donc partie normalement du groupe des champignons cantharelloïdes au Québec. Parfois, on y joint aussi l’espèce Polyozellus multiplex, la Chanterelle bleue, qui appartient à la famille des Théléphoracées, mais qui a toutes les caractéristiques externes d’une chanterelle.

Les chanterelles ont un port qui ressemble à celui d’un clitocybe. Elles ont un chapeau convexe ou en forme de vase, à centre non perforé, des plis décurrents presque lamellés à la fin et un pied toujours distinct, plein puis creux, court ou long. Les basidiomes sont toujours charnus.

Les craterelles ont un chapeau en entonnoir typiquement profond ou tubuleux jusqu’à la base ou en éventail perforé au centre dès le début, un hyménophore lisse, sublisse, ridé-plissé, veiné, bolétinoïde superficiellement, décurrent, un pied absent, mal délimité ou distinct. La chair est mince à très mince, parfois modérément coriace et même membranaire.

Les gomphes ont un très gros port de chanterelle, vasiforme, turbiné ou obconique, un hyménophore semblable mais non lamelliforme, un pied trapu, à base souvent atténuée, blanche et parfois tomenteuse. Les basidiomes sont charnus. Les spores sont rugueuses ou verruqueuses.

Ce sont donc des champignons de taille faible à moyenne, les Gomphus étant les plus grands, peu charnus, sauf quelques uns, flabelliformes, vasiformes ou clitocyboïdes, à pied continu au chapeau, réunis par leur face fertile ne présentant pas les caractéristiques de véritables lames, mais bien plutôt une surface lisse, sublisse, ridée, plissée, lamelliforme trapue et épaisse, souvent anastomosée ou ramifiée, courtement à longuement décurrente, parfois jusqu’à la base, l’hyménium recouvrant les plis et les creux . La couleur du basidiome est pour la plupart jaune, orangée ou brune et pour quelques uns grise ou noir-violet au frais. Elle est stable pour certains et variable pour d’autres, l’hyménophore étant concolore au basidiome entier ou contrastant avec le chapeau et / ou le pied. On reconnaît facilement les grosses écailles orangées ou rougeâtres typiques du chapeau de Gomphus floccosus. Les formes albinos sont possibles. La marge piléique est d’abord incurvée puis droite, étalée, réfléchie, ± ondulée, lobée ou crénelée. Le basidiome varie selon le développement qui est lent, la taille maximale étant atteinte en 1-4 semaines selon les espèces. Il est donc difficile de savoir quand leur croissance est terminée.

Les Chanterelles et analogues forment donc un petit groupe d’espèces faciles à identifier, avec environ 20 taxa dans le Nord-est de l’Amérique du Nord et 14 au Québec.

Le Polyozellus multiplex pousse en éventail ou spatule souvent déprimé au centre, bleu foncé, pourpre terne ou gris pourpré, noircissant avec l’âge, à marge irrégulièrement ondulée et lobée. Son hyménophore décurrent est veiné, réticulé ou en partie poré, concolore au chapeau ou plus gris. Son pied court est composé ou fusionné irrégulièrement à d’autres, parfois tubuleux, cassant, noir pourpré. Sa chair est épaisse, molle, cassante, pourprée ou violet-grisâtre, devenant olive foncé au KOH, à odeur aromatique et saveur douce. Sa sporée est blanche. Ses spores sont globuleuses à largement ellipsoïdes, anguleuses et verruqueuses, hyalines. Elle pousse sur sol sous sapins et épinettes de façon cespiteuse et est très rare à l’automne. Cette polyozelle croit en troupes denses et masses compactes jusqu’à 1 mètre de diam. Elle se caractérise donc facilement par sa taille immense et sa coloration inhabituelle bleu pourpré. On la classe faussement dans ce groupe par son port et sa face fertile compatibles à celle des chanterelles, mais elle fait partie des Thelephoracées par ses spores typiques.

Les Chanterelles et analogues poussent surtout sur sol, rarement sur bois, Elles sont humicoles et sylvestres et surviennent sur sol bien ou mal drainé ou dans l’humus riche des forêts. Plusieurs mycorhizent divers arbres et sont associées ou non à un ensemble de partenaires. Elles peuvent pousser aussi en saprophytes sur troncs moussus de conifères. On les récolte de la mi-juin jusqu’au début-octobre, avec un pic en juillet-août dans l’Est. Plusieurs sont des composants typiques des forêts de conifères nordiques montagneuses, Craterellus tubaeformis, Gomphus clavatus et G. floccosus. Certaines favorisent les bois nobles de l’Est, Cantharellus ignicolor et Craterellus cinnabarinus surtout.

Les caractères utiles de terrain sont :

- mode de croissance : solitaire, grégaire, cespiteux ou amas densément fusionné
- chapeau : taille à maturité, coloration jeune et mature, lorsque imbu et sec, perforation
- hyménophore : coloration avant sporulation
- pied : présence ou non, coloration et épaisseur lorsque présent

Les caractères microscopiques utiles sont :

- basides : exceptionnellement longues et étroites, de 6 à 10 fois leur largueur
- spores : forme, ornementation, taille
- bouches : présentes ou non sur les hyphes
- cystides : souvent absentes sauf celles incluses dans la chair de P. multiplex

Trois groupes de champignons peuvent être confondus avec les Chanterelles et analogues :

1. Clavariadelphus : les spécimens les plus gros et âgés ont aussi un hyménophore lisse ou plissé longitudinalement, mais :

- ils forment des clavules simples, filiformes, cylindriques, renflées ou tronquées à maturité
- leur hyménophore est amphigène, orienté dans toutes les directions, tapissant presque tout le basidiome, contrairement à celui des chanterelles et analogues qui est situé au revers du chapeau

2. Thelephora : les basidiomes peuvent être aussi en entonnoir ou en coquille et leur hyménophore est infère et lisse, rugueux, papillé ou poroïde, mais

- leur sporée est brun rougeâtre à pourprée
- la chair est coriace ou fibreuse
- les spores sont noduleuses, souvent anguleuses ou lobées, ornées de verrues ou d’épines souvent bifides

3. Hygrophores : Hygrophorus et Hygrocybe souvent de port équivalent, mais

- leur hyménophore est formé de vraies lames espacées et cireuses
- la trame lamellaire est différenciée

De nombreuses espèces sont de très bons comestibles populaires, quoique certaines puissent provoquer des troubles gastriques. Aucune n’est toxique ni fatale. Elles forment donc un groupe sécuritaire sur le plan comestibilité. Certaines sont parmi les meilleurs champignons sauvages : Cantharellus cibarius et Craterellus cornucopioides (= fallax). Seuls Craterellus lutescens, C. tubaeformis et Gomphus floccosus sont connus comme cause de désordres gastriques, mais consommés par plusieurs sans inconvénient. Souvent, il suffit de couper longitudinalement en deux les basidiomes de G. floccosus et d’enlever les parties externes de la chair qui ont subit la détérioration par les organismes à cause de la forme de vase qui retient l’eau.

Cantharellus cibarius est le champignon le plus recherché au monde, mais il survient encore au Québec des cas d’intoxications à cause de sa grande confusion avec le toxique Omphalotus illudens. Il est possible que cette chanterelle soit nommée bientôt Cantharellus cibarius var. roseocanus ou directement Cantharellus roseocanus. Les basidiomes de Cantharellus cibarius et Craterellus cornucopioides sont souvent dépourvus de vermines. Ils se réfrigèrent bien et les grosses récoltes peuvent être préservées pour usage ultérieur. Les craterelles sont excellentes séchées, mais les chanterelles sèchent misérablement. Il est préférable de les mariner, les mettre en conserves ou de les faire sauter à la poêle et de les congeler.

Roland

Groupe 11 : Agaricacées
Originally posted 120 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 11 : Agaricacées

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Agaricales se formule ainsi sur 4 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie
- Basidiome éphémère, simple, presque toujours solitaire, différencié en un pied et un chapeau avec hyménophore au revers de ce dernier, de taille petite à très grande, (1)3-26 cm de largeur
- Chapeau en parasol, convexe, ± plan ou parfois légèrement déprimé à maturité, distinctement ornementé ou non, brillamment pigmenté ou non, blanc, blanchâtre, crème, chamois, paille, miel, jaunâtre, jaune, brun pâle à brun foncé, rarement vert
- Hyménophore formé sur des lames, libre, non séparable de la chair sous-jacente, déliquescent chez les trois espèces de Coprinus
- Pied avec anneau, parfois rudimentaire, sans volve
- Odeur sans autre particularité que celle d’être fongique, douce ou agréable, ou particulière, telles que anisée, phénolique ou d’oignon pourri
- Sporée de couleur variable, blanche, rosâtre, verdâtre, brune, rouge cendré, bistre, brun-noir, bleu-noir ou noire, jamais brun cannelle ni rouille

b. Microscopie
- Système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores ballistosporiques, lisses, avec ou sans pore germinatif, hyalines ou pigmentées, amyloïdes ou non, dextrinoïdes ou non
- Trame hyménophorale non bilatérale
- Boucles présentes ou absentes sur les hyphes

Réaction chimique :
- Réagissant rapidement en changeant remarquablement de coloration ou ne montrant pas de réaction distincte à la coupe ou au froissement, à chair jaunissant, brunissant ou rougissant lorsque changement de coloration.

Écologie :
Saprophytique, parfois mycorrhizique; poussant sur sol des forêts de feuillus, de conifères et mixtes, et des milieux herbeux ou rudéraux.

Caractères minimaux d’identification de la famille:

- chapeau glabre, poudreux, granuleux, fibrilleux, méchuleux ou écailleux, jamais visqueux
- lames libres, concolores à la sporée avec l’âge
- pied distinctement séparable du chapeau
- voile universel bien développé absent
- voile partiel présent, laissant un anneau simple ou double, parfois complexe, membraneux ou cortinoïde, persistant, fugace ou coulissant
- sporée blanche, crème, rose pâle, vert grisâtre, rouge cendré, brun foncé ou brun pourpré
- spores lisses
- trame lamellaire régulière ou irrégulière

Cette famille inclut les taxa de 3 familles, Agaricacées, Lepiotacées, Podaxaceae, et ceux de 1 genre, Coprinus. La systématique des genres lamellés élargie par la génétique couvre donc :

a. les deux genres de la famille Agaricacées :

- Agaricus : sporée brun foncé à brun pourpré
- Melanophyllum : sporée rouge cendré

b.les trois espèces de Coprinus ss. stricto : sporée noirâtre et lames déliquescentes
C. comatus, C. spadiceisporus et C. sterquilinus

c. les genres de la famille Lepiotacées connus au Québec sous :

- Lepiota ss. lato : sporée blanche, crème ou rose pâle
Englobant au moins 6 genres : Chlorophyllum, Cystolepiota, Echinoderma, Leucoagaricus, Leucocoprinus et Macrolepiota

Note : Les Agaricus, Coprinus et Lepiota ont déjà être séparés en trois familles distinctes, les Agaricacées, les Coprinacées et les Lépiotacées, différenciées surtout par la couleur de leur sporée et leurs lames déliquescentes ou non. Elles sont réunies dans une seule famille, les Agaricacées, dont les genres présentent des caractères morphologiques et écologiques semblables, tels :

- lames libres du pied
- voile partiel présent
- trame lamellaire régulière ou irrégulière, jamais bilatérale
- habitat de préférence en milieux ouverts
- mode de vie saprophytique

Même si le groupe des Lepiota est scindé en plusieurs genres, il est placé ici sous le titre " Lepiota ss. lato " ou Lépiotes au sens large.

A. genre Agaricus :

Caractères applicables au genre :

- basidiome surtout charnu
- chapeau lisse, fibrilleux ou écailleux, typiquement non brillamment coloré ni visqueux
- lames libres, serrées, brun froncé à maturité
- pied souvent robuste ou trapu, distinctement séparable du chapeau
- sporée brun chocolat foncé, brun pourpré à noirâtre
- spores lisses

Notes :
(1) Le terme Agaricus a déjà prêté à confusion par le passé puisqu’il a désigné la presque totalité des champignons à lames.
(2) Le genre Psalliota a été longtemps préféré à celui d’Agaricus tant en Europe qu’en Amérique pour désigner un groupe d’entités maintenant toutes rangées dans le genre Agaricus

Caractères généraux:

La sporée est foncée, non chocolat au lait. Le voile partiel est toujours présent, ± membraneux ou cotonneux. Il se présente sous plusieurs types et est souvent évanescent chez les petites espèces. Un voile universel bien développé est absent, mais le voile partiel forme parfois des structures assez complexes pouvant se rapprocher du voile universel. Elles sont visibles comme une couche inférieure de l’anneau double ou comme plaques distinctes à l’endo de la couche supérieure de l’anneau.

Le chapeau a une forme globuleuse, campanulée ou convexe à plane, mais jamais ombiliquée, à marge non striée, sauf exception. Il est souvent charnu, épais et habituellement non brillamment coloré, blanc, crème, ochracé ou brun clair. Ses ornements sont concolores au revêtement piléiques ou différemment colorés de la couche de fond. Ils sont brunâtres, grisâtres, rougeâtres ou pourprés. Sa cuticule varie de lisse, soyeuse, glabre, poudreuse, fibrilleuse, écailleuse ou avec des mèches apprimées ou dressées, sèche, non visqueuse sauf chez A. vaporarius fraîchement sorti de terre. Elle est immuable ou réagit en changeant de coloration au froissement. Les espèces sont ainsi classées en deux grandes sections :

- Flavescentes : celles qui tendent à devenir jaunes à jaune orangé
- Rubescentes : celles qui montrent ne décoloration rose, orangée, rougeâtre ou vineuse

Les lames sont libres ou presque à maturité. Elles sont serrées. Leur couleur du début aide beaucoup dans l’identification des espèces. Elles peuvent être blanches, pâles, rosâtres ou grisâtre pâle, mais deviennent toutes brun chocolat, brun pourpré ou noirâtres à la fin par la maturation des spores.

Le pied est centré, normalement charnu, robuste ou trapu, sauf pour les petits Agaricus qui ont un pied élancé, Celui de la sous-section Sanguinolenti est cylindrique ou élargi vers la base qui est parfois bulbeuse. Il est plein, farci ou creux, sec, fibrilleux et peut être aussi le site d’un changement de coloration de surface au froissement semblable à celui de la cuticule piléique

L’anneau est présent chez les gros Agaricus surtout car souvent fugace chez les petites espèces. Il est mince ou épais, entier ou frangé au pourtour, simple ou double, supère (inséré haut sur le pied) ou infère (assez bas sur le pied), concolore au pied ou rougeâtre. L’anneau double est formé de deux couches de tissus pas toujours visibles :

- couche supérieure du voile partiel
- couche inférieure du voile universel

Les plaques de tissus sur le revers de la couche supérieure peuvent être visibles sous la forme d’une roue dentée. Les types d’anneau laissés par le(s) voile(s) rupturé(s) sont très distinctifs.
Voir les schémas dans un autre sujet.

La volve typiquement en forme de sac à la base du pied est absente, bien que les espèces de la sous section Bitorques (A. bitorquis et espèces reliées) présentent un anneau doublé d’une gaine basale qui est parfois volviforme mais apprimée.

Les spores sont brun foncé, sépia à noirâtres en tas et brunes au microscope. Elles sont ellipsoïdes ou en forme d’amande, lisses, sans pore germinatif. Les réactions amyloïdes ou dextrinoïdes ne sont pas applicables. Elles sont d’assez petites tailles et A. macrosporus a les plus grandes spores. Leur taille sert à distinguer des espèces morphologiquement proches, A. arvensis, A. nivescens, A. macrosporus en particulier.

Les espèces du genre Agaricus sont terrestres, humicoles, praticoles, sylvestres ou fimicoles. A. bisporus (= A. brunnescens) est cultivé de façon commerciale dans les champignonnières et vendu dans presque tous les marchés du monde. On peut aussi le cultiver chez soi grâce à de l’équipement et des techniques faciles à se procurer. Les espèces reliées poussent de façon prolifique dans les pelouses, sous les haies et plantations d’arbustes, le long de routes et bords de trottoirs, jardins et composts. Plusieurs sont rudérales ou poussent dans les pâturages et champs ou sur le fumier. Un faible pourcentage favorise les forêts de feuillus, de conifères ou mixtes, denses ou clairsemés. Peu d’espèces sont mycorhiziques (États-Unis).

Le genre Agaricus forme un groupe naturel, commun, assez facile à reconnaître par le port robuste et trapu, les lames libres, brun foncé, le pied mini d’un anneau, sans volve, et la sporée dans les tons de brun foncé ou noirâtre. L'identification des espèces est plus facile à dire qu'à faire, étant des polymorphes perplexes dont tous les caractères sont aisément influencés ou altérés par l’environne-ment, variables en taille, forme, couleur et degré d'ornements. Il faut souvent considérer des traits ténus et peu visibles. Les espèces poussant en milieu ouvert peuvent être différemment colorées ou plus trapues ou plus écailleuses que les mêmes espèces poussant en milieu ombragé. Celles séchées ou vieillies montrent un changement de coloration et d'odeur beaucoup plus lentement ou subtilement que lorsque jeunes et fraîches. Ces deux caractères sont souvent absents chez les sujets imbus. Il faut donc tenir compte de l'habitat et des conditions environnantes en premier. Le genre est réunit avec les Lepiota ss. lato et les Coprinus ss. stricto dans une même famille, les Agaricacées, basée sur la corrélation des caractéristiques morphologiques, microscopiques, chimiques, écologiques et génétiques.

Le genre Melanophyllum est bien caractérisé au Québec par la seule espèce M. haematospermum (= echinatum) à basidiome petit, à chapeau écailleux pointu au début, vite granuleux-poudreux, à marge frangée, à lames libres, brun cendré ou rouge vin à maturité, à sporée rouge cendré à rouge brunâtre, séchant brun pourpré, et à son habitat en milieu ouvert, sur la litière de feuilles, composts, dans les marécages et les serres. Elle a souvent été décrite comme un Agaricus, un Cystoderma ou un Lepiota.

A noter sur le frais:

- changement de coloration au froissement ou à la coupe : chapeau, pied et chair
- forme et taille du chapeau et du pied
- couleur des lames au début et à la fin
- type et structure de l'anneau
- odeur et saveur de la chair
- habitat
- forme et dimensions des spores (caractères fixes)

Caractères les plus utiles à vérifier pour les Agaricus :

a. changement de coloration au froissement ou à la coupe
- à vérifier sur les surfaces du chapeau, près de la marge, et du pied lorsque fraîches et dans la chair du chapeau et du pied, surtout l'extrême base

trois possibilités :
- aucune réaction
- réaction lutescente: teinte jaune à jaune orange au froissement ou à la coupe
- réaction rufescente: teinte rose, orange, rouge ou vineuse au froissement ou à la coupe

Une réaction lutescente tardive se produit à l'aide d'une goutte de KOH ou NaOH à 10% appliquée sur la surface du chapeau près de la marge. Elle accentue la teinte jaune de toutes les espèces naturellement lutescentes.

b. odeur
- mieux révélée en écrasant la chair du chapeau et de l'extrême base du pied
- pas toujours évidente et exige une certaine expérience
trois types prévalant d'odeur :

- douce : de champignon à faiblement fruitée
exemple : Agaricus brunnescens

- anisée: sucrée ou d'extrait d'amanade
exemple : Agaricus arvensis

- phénolique : semblable au phénol, à l'acide carbolique, au créosote, à l'encre, au goudron ou à l'eau de javel
exemple : Agaricus xanthodermus (Sud-ouest des E.U.)
Il y a souvent une corrélation entre le degré de lutescence et l'intensité de l'odeur: plus vite et plus brillamment un Agaricus se teint de jaune, plus son odeur est forte.

c. types de voile partiel
- la forme, la texture et le mode d'attachement sont à vérifier
- rgane simple ou double mais fugace
- la présence de lambeaux colorés sous le voile partiel indique que l'anneau est double mais l'absence de tels ornements n'indique pas nécessairement que l'anneau était simple à l'origine

d. dimensions des spores
- caractères microscopiques constants, peu influençables, très utiles dans la détermination des espèces
- les mesures doivent être prises sur des sporées ou sur le dépôt de spores sur l'anneau ou le pied

Comestibilité :

Les espèces du genre Agaricus sont caractérisées comme "sécuritaires" puisque presque toutes sont comestibles, ayant une saveur bonne à exquise. C’est un groupe de champignons important du point de vue économique et gastronomique a cause du renommé Agaricus bisporus et du grand nombre d’autres espèces délectables.
Elles ne présentent aucun danger. Aucune n’est toxique ni mortelle, même si certaines peuvent provoquer à l'occasion des troubles gastriques moyens à sévères. Il suffit de tester graduellement les espèces "sûres" et de déterminer son seuil de tolérance face à ces dernières, être aussi absolument certain de l'identification
Les espèces champêtres Agaricus arvensis, A. macrosporus et A. bernardii (rare) de même que A. augustus (Sud-ouest des Etats-Unis) sont des champignons de choix. A. campestris, A. vaporarius et A. bitorquis sont très populaires. A. bisporus (= Champignon de couche ou de Paris) est le plus commun et peut être le moins bon de ces derniers. Les Agaricus de la sous-section Xanthodermi sont toxiques pour la plupart des gens qui les consomment :

- A. xanthodermus (Sud-ouest des E.-U.) à chair devenant jaune vif à l'extrême base du pied à la coupe est toxique.
- A. placomyces à chapeau couvert de multiples écailles brun-gris foncé est moins toxique.

Le genre Agaricus est un grand genre saprophyte centré surtout sur les tropiques et subtropiques où les espèces poussent n'importe quand en conditions favorables, par temps chaud et humide. Un plus grand nombre d'entre elles existent dans le Sud que dans le Nord. Il y a environ 200 espèces connues en Amérique du Nord dont près d'une vingtaine au Québec. Aucune étude critique d'ensemble n’a été faite à ce jour au Québec. Certains rivalisent en majestuosité et élégance avec les Amanita alors que d'autres sont aussi trapus et charnus que les Bolets.
Approche pratique :

La majorité des espèces entre dans l'une des sept sous-sections en Amérique du Nord. Il y a avantage à connaître ces sous-sections en plus des deux grandes sections : Rubescentes et Flavescentes.

a. sous-section Agaricus :
- aucun changement de coloration
- anneau mince et petit ou même absent, habituellement de type intermédiaire lorsque présent
- réaction négative au KOH
- comestible

b. sous-section Hortenses :

- aucun changement de coloration ou réaction rufescente
- anneau pendant ou intermédiaire
- stature plutôt trapue
- réaction négative au KOH
- comestible

c. sous-section Bitorques :

- aucun changement de coloration ou réaction rufescente
- anneau péronnant
- chair dure; pied robuste
- réaction négative au KOH
- comestible ou parfois trop coriace

d. sous-section Sanguinolenti :

- réaction rufescente
- anneau pendant
- stature habituellement élancée
- réaction négative au KOH
- comestible

e. sous-section Xanthodermi :

- réaction lutescente tardive ou forte mais passagère: devenant jaune, puis éventuellement se décolorant brunâtre ou vineux
- anneau pendant ou intermédiaire
- odeur phénolique, parfois faible
- réaction positive au KOH
- toxique

f. sous-section Arvensis :

- réaction lutescente tardive ou forte mais persistante
- anneau pendant
- odeur habituellement anisée
- voile partiel typiquement de deux couches distinctes
- réaction positive au KOH
- comestible

g. sous-section Minores :
- très petite sous-section semblable à celle Arvensis, parfois groupée avec elle
- basidiome petit, habituellement élancé et fragile
- voile partiel souvent formé d'une couche distincte seulement et souvent évanescent

L'avantage pour les consommateurs d'Agaricus à les regrouper en sous-sections est en relation directe avec leur comestibilité.

Exemples :
a) sous-section Xanthodermi :

- toxique et dont l'odeur n'est pas toujours évidente sur le terrain mais devenant très prononcée sur champignons cuits
- saveur assez astringente ou métallique

b) l’allergie à un comestible d'une sous-section entraîne une allergie croisée aux autres membres de la même sous-section, mais pas nécessairement aux espèces des autres sous-sections

exemples :
- allergie à A. arvensis = allergie à A. augustus (Sud-ouest des E.-U.)
- A. bisporus consommé sans problème = autres espèces de la sous-section Hortenses consommées aussi sans problème

Différenciation :
Au moins trous groupes de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Agaricus :

1. Amanita : un peu semblable, mais

- sporée blanche
- lames pâles à maturité
- volve habituellement présente
- trame lamellaire divergente

2. Chlorophyllum, Lepiota ss. lato, Macrolepiota, Melanophyllum : très similaires, mais

- sporées gris verdâtre, blanche, teintée de jaunâtre ou de rosâtre ou rouge cendré respectivement

3. Stropharia : un peu similaire, mais

- chapeau habituellement visqueux à viscidule
- lames attachées au pied, jamais rosâtres

B. genre Coprinus ss. stricto

Caractères applicables au genre :

- chapeau à côtés cylindriques ou ellipsoïde puis relevé, lacéré et déliquescent, blanc ou blanchâtre, à disque tan, à écailles floconneuses souvent récurvées, fermement attachées à la chair à la base, comme des terminaisons fibreuses-feutrées de filaments tramaux
- lames blanches puis souvent rosâtres, noircies par les spores à la fin, à marge bifurquée et libre du pied avant déliquescence, à côtés subtilement subparallèles
- pied souvent bulbeux, à cordon central cotonneux extractible et attaché aux extrémités par son intérieur tubulé, virtuellement non attaché latéralement ou suspendu par des filaments arachnoïdes
- voile partiel présent, laissant un anneau distinct, épais et cotonneux, fugace ou souvent fixé à la base en pseudovolve
- sporée noirâtre ou noire
- pleurocystides absentes
- basides dimorphiques
- poussant en milieux herbeux ouvert, sur débris enfouis ou excréments

Les 3 anciennes espèces du sous-genre Coprinus et de la section Coprinus, C. comatus, C. spadiceisporus et C. sterquilinus, et les genres sécoticioïdes désertiques Montagnea et Xerocoprinus appartiennent à ce genre. Les spores du genre Montagnea ne sont pas balistiques, mais les espèces partagent plusieurs caractères des Coprinus et le genre lui serait synonyme. Celles du genre Xerocoprinus forment un anneau libre distinct et n’a pas de pleurocystides comme chez C. comatus. Elles ont par contre un pied solide contrairement à ce dernier. Les caractères des deux derniers genres ne sont pas développés plus loin.

Phylogénétiquement établi que 3 des espèces du genre Coprinus représentaient la famille Agaricacées et qu’elles partageaient en commun les caractères de ces membres, toutes les autres espèces de l’ancien genre Coprinus et celles des Psathyrella et Lacrymaria ont été placées dans une nouvelle famille, les Psathyrellacées. Les espèces résiduelles du genre Coprinus ont aussi été scindées en trois genres, Coprinellus, Coprinopsis et Parasola. Cette famille a reçu le nom temporaire de groupe Coprinoïde sur notre site, car plusieurs espèces de l’ancien genre Coprinus n’ont pu à ce jour être validement rangées dans l’un ou l’autre des nouveaux genres. Il existe donc encore en exemples des Coprinus cordisporus et Coprinus silvaticus qui n’ont pas encore leur place dans les trois nouveaux genres cités. Ce qui crée de la confusion.

Coprinus comatus a toujours représenté l’espèce type de la famille Coprinacées. La placer dans celle des Agaricacées a soulevé et soulève encore bien des controverses. En réalité, ce sont les autres espèces du genre qui auraient pu être placées ailleurs, mais puisqu’elle faisait partie génétiquement et définitivement des Agaricacées, il semble qu’une entente ait eu lieu sur le réarrangement des Coprinacées.

C. comatus et C. sterquilinus sont deux grandes espèces sosies difficiles à séparer morphologiquement. Leur distinction relève surtout de la taille des spores et de l’habitat. Le premier a des spores plus petites, 11-15 x 6,3-8,5 µm, et pousse en milieu ouvert tels que les pelouses, ainsi que sur débris ligneux enfouis sur sols durs et perturbés. Le deuxième a des spores plus grandes, 16-23 x 10-13,5 µm, et pousse sur les excréments, le fumier, la paille ou les sols mélangés de ces derniers. Sa taille est aussi plus petite, ses écailles piléiques moins évidentes et il pousse aussi tôt au printemps. C. spadiceisporus est rapporté de l’Ouest américain et pousse sur excréments de daim. Ses spores mesurent en moyenne 8-8,4 x 6-6,3 µm.

C. comatus est un comestible de choix lorsque jeune, encore blanc et non étalé, avant que la déliquescence ne soit trop entreprise. Il est un des champignons les mieux connus et sécuritaires et peut être récolté en grande quantité en zones urbaines et suburbaines, en autant que les pelouses n’aient pas été traitées par des pesticides, insecticides et fongicides chimiques de toutes sortes. Il faut se méfier des belles pelouses, celles qui ne contiennent aucun Pissenlit. Ce coprin ne contient pas de coprine. On peut donc le consommer avec le l’alcool. Il peut être parasité par Psathyrella epimyces. Les deux autres espèces reliées au C. comatus sont comestibles, mais n’ont aucunement la valeur gustative de ce dernier.

C. groupe Lepiota ss. lato :

Caractères applicables à ce groupe :

- chapeau sec, non visqueux, souvent écailleux ou granuleux, parfois lisse
- lames typiquement libres, serrées, blanches, pâles, jaunes, roses, gris sale, verdâtres
- pied habituellement écailleux sous le voile partiel, distinctement séparable du chapeau
- voile partiel présent, laissant habituellement un anneau ou une zone annuliforme sur le pied ou sinon
- voile universel bien développé absent, d’où volve absente
- sporée blanche, crème, teintée de jaunâtre à rosâtre ou vert terne
- spores lisses, habituellement dextrinoïdes
- trame lamellaire régulière ou emmêlée

7 genres principaux :

1. Chlorophyllum : sporée blanchâtre à vert grisâtre
regroupant au moins 5 espèces du complexe Macrolepiota rhacodes différenciées par la structure de l’anneau et du bulbe du pied, la taille et la forme des spores et des cheilocystides

2. Cystolepiota : sporée blanche
chapeau poudreux-granuleux

3. Echinoderma : sporée blanche
chapeau à écailles pyramidales détersiles, à cuticule formée d’élé-ments réunis en chaînes

4. Lepiota : sporée blanche à chamois pâle
chapeau méchuleux à écailleux à maturité

5. Leucoagaricus : sporée blanchâtre à crème
chapeau lisse à glabre, à cuticule ne se rompant pas

6. Leucocoprinus : sporée blanche
chapeau à marge striée ou sillonnée et éléments cystidioïdes lamellaires semblables à ceux des Coprinellus, Coprinopsis ou Parasola

7. Macrolepiota : sporée blanche ou teintée de rosâtre
regroupant au moins 2 grandes espèces semblables aux Chlorophyl-lum, à hyphes bouclées et avec pore germinatif sporal

Le groupe Lepiota ss. lato contient donc tous les anciens genres autrefois réunis uniquement sous le genre Lepiota, puis différenciés surtout par les caractères des spores et de la cuticule piléique. Ce groupe est traité en bloc ici, car il existe au Québec probablement d’autres genres non encore répertoriés.

Caractères généraux du groupe :

La sporée est donc pâle, blanche, blanchâtre, crème, chamois, teintée de jaunâtre ou de rosâtre. Elle est entièrement verdâtre pour l’espèce Macrolepiota molybdites. Les colorations des sporées sont directement reliées à celles des lames à maturité.

Le chapeau est souvent convexe à plan à maturité et surmonté d’un ombon au centre. Les petites lépiotes ont souvent un chapeau conique-campanulé au début. Celui des plus grandes débute en ovale, en sphère ou en baguette de tambour. C’est notamment le cas des Chlorophyllum et des Macrolepiota qui se différencient peu entre elles à ce stade de développement. La couleur du chapeau varie du jeune âge à la maturité. Chez les vraies Lepiota, une fois la cuticule piléique rompue en mèches ou écailles après expansion du chapeau, la coloration reste assez stable, le fond étant souvent plus pâle et ce dernier est à distinguer des ornements plus foncés. Le disque aussi est souvent plus foncé que le reste. Des formes blanchâtres, blanc rosé ou gris brunâtre existent chez Leucoagaricus leucothites. Le jaune vif du basidiome entier de Leucocoprinus birnbaumii est le type d’une série d’espèces thermophiles et exotiques.

Le revêtement piléique est soit glabre, fibrilleux, méchuleux, écailleux ou plus rarement poudreux. Il varie lors que développement et doit être observé sur des spécimens jeunes et vieux, le disque demeurant parfois différencié et lisse à maturité. Le type de revêtement est souvent compris dans les définitions des genres, sa structure microscopique de base servant de différentiation. Les ornements, lorsque présents, sont innés, étant des éléments de la cuticule elle-même. Ils présents sur toute la surface ou ± dispersées ou absentes vers la marge, et on les dit détersiles ou non. La cuticule est typiquement sèche ou rarement viscidule. Lorsque lisse ou glabre, elle sert de reconnaissance au genre Leucoagaricus, de même que celle à grosses écailles imbriquées comme des bardeaux à ceux des genres Chlorophyllum ou Macrolepiota. La marge piléique est normalement lisse, entière, droite ou relevée. Certaines espèces ont des restes de voile partiel appendiculé, frangés ou laineux à la marge et qui aident à les reconnaître, tels que chez Lepiota clypeolaria ou Chlorophyllum rhacodes. Seules les espèces du genre Leucocoprinus ont une marge distinctement striée ou sillonnée à la manière des coprins, L. cepistipes et L. birnbaumii par exemples.

Les lames sont typiquement libres, étroites ou larges et serrées à très serrées à maturité. Elles sont blanchâtres ou pâles au début, devenant crème ou rosées en particulier chez les Lepiota et avec des reflets verdâtres ou entièrement verdâtres chez le genre Chlorophyllum. Les autres caractères des lames sont peu utiles pour distinguer les espèces, sauf chez Lepiota aspera qui présente des lames fourchues.

Le pied est centré. Il est de diamètre égal ou souvent élargi vers la base. Les grands Chlorophyllum et Macrolepiota présentent souvent un gros bulbe sphérique avec un col, comme chez certaines amanites. Le pied peut être aussi élancé chez les Leucocoprinus, L. cepistipes et L. birnbaumii en particulier, et celui des plus grandes macrolépiotes peut atteindre jusqu’à 40 cm de hauteur. La largeur du pied à l’apex demeure le caractère le plus fiable et stable pour séparer certaines espèces. Ce pied est distinctement séparable du chapeau (chair hétérogène entre les deux). Sa coloration et surtout son changement de coloration au froissement ou à la coupe peut être utile dans la distinction des espèces rapprochées d’un genre. La chair blanche du pied de Chlorophyllum rhacodes devient orangée, vineuse puis brune au grattage ou à la coupe. Un groupe de Lepiota sans anneau ni zone annuliforme présente habituellement un pied écailleux sous le voile partiel laissé sous la forme d’une armille.

La chair est mince à épaisse, molle ou ferme. Elle a une valeur d’identification lorsqu’elle est colorée, que sa coloration change au froissement ou à la coupe et que son odeur et / ou sa saveur sont typiques. Leucoagaricus americanus, L. meleagris et Macrolepiota rhacodes ont une chair qui devient orangée, rougeâtre ou vineuse lorsque froissée ou coupée. Lepiota aspera a une odeur forte de Scleroderma ou de caoutchouc et celle de L. cristata est désagréable, fétide ou ± d’oignon pourri. La majorité des espèces du Québec ont une saveur indistincte, douce, faible ou simplement fongique.

Le voile partiel est toujours présent au début. Il est soit persistant ou évanescent, d’où l’importance d’observer de jeunes spécimens. Il est membraneux pour la plupart ou cortinoïde (filamenteux) pour certains. Il est aussi visible comme restes véliques à la marge piléique. L’anneau qu’il laisse sur le pied est petit ou ample, membraneux, floconneux-laineux ou fibrilleux simple ou à bord double. Lui aussi est soit persistant ou fugace selon la nature du voile partiel qui le forme et parfois une simple zone annuliforme existe. On le dit fixe ou mobile selon qu’il est détachable (avec ses doigts) et qu’on peut ou non le faire coulisser le long du pied.
Le voile général (universel) est habituellement absent. Chlorophyllum molybdites présente de minces couches chamois rosâtre de voile universel sur le chapeau qui se brisent en écailles lors de son expansion. Une véritable volve en forme de sac à la base du pied est elle aussi absente.

Les spores ont des formes et des tailles qui sont utiles pour distinguer des espèces semblables, surtout chez les petites Lepiota. Elles sont ovoïdes, ellipsoïdes, fusoïdes ou allongées, parfois tronquées à la base. La paroi est lisse, mince ou épaisse et double. Elles ont ou non un pore germinatif qui est parfois peu visible. Leur réaction au Melzer est non amyloïde, mais souvent dextrinoïde. Les grosses espèces des genres Chlorophyllum et Macrolepiota ont des spores dites métachromatiques dans le colorant Bleu de crésyl. C’est dire que leur paroi sporale interne se colore en pourpre rougeâtre contrairement à celle externe qui devient bleu foncé comme tout le reste de la préparation.
Il existe 3 sections chez le genre Lepiota basées sur la forme extérieure de spores :

- section Lepiota : spores fusiformes ou allongées
- section Stenosporae : spores éperonnées ou à apicule latérale
- section Ovisporae : spores ovoïdes ou ellipsoïdes

L’habitat des espèces du groupe Lepiota ss. lato est souvent terrestre, humicole ou fimicole, exceptionnellement lignicole. Les petites lépiotes poussent en forêts de feuillus, mixtes ou parfois de conifères, rarement dans les forêts denses ou dans les zones cultivées. La majorité des espèces, surtout les plus grandes d’entre elles, poussent en milieu ouvert sur sols rides, pelouses, jardins, pâturages, composts, détritus organiques, fumiers, le long des routes ou à l’orée des forêts. Les espèces d’origine tropicale ou subtropicale, comme Chlorophyllum molybdites et Leucocoprinus birnbaumii, habitent les serres, les pots de fleurs ou près des habitations. Elles y sont introduites par des plantes non indigènes ou des excréments d’animaux.

Ce groupe comprend donc des champignons lamellés charnus, de taille variable, petite, moyenne, grande à très grande. Il contient plusieurs de nos champignons urbains et suburbains qui sont caractérisés par des lames libres, un pied articulé, un voile partiel laissant un anneau simple ou à bord double, une volve véritable absente et une sporée pâle ou verdâtre. On les récolte surtout de la mi-août jusqu’à la mi-octobre. Rares par temps chaud, ils sont plus abondants les deux dernières semaines de septembre. Les quelques grandes espèces se reconnaissent par leurs traits généraux, mais les moyennes et petites espèces sont difficiles mais possibles à identifier. Plusieurs genres ont peu d’espèces connues encore au Québec, tels les Chlorophyllum, Cystolepiota, Leucoagaricus, Leucocoprinus et Macrolepiota. Le groupe Lepiota ss. lato concerne au moins 200 espèces en Amérique du Nord. Il n’a pas fini de faire l’objet de nouvelles découvertes.

Caractères à noter au frais :

- présence ou non d’écailles innées, méchuleuses, floconneuses ou poudreuses sur le chapeau et le pied
- coloration générale : ornements et fond
- changement de coloration au froissement, à la coupe ou avec l’âge
- odeur et saveur typique de la chair
- type d’anneau ou de zone annuliforme ou son absence
- habitat ouvert ou forestier

Les grandes lépiotes parasols à spores blanches sont parmi les plus délicieux des champignons. Macrolepiota prominens et M. procera en sont les meilleures. Chlorophyllum rhacodes est la meilleure dans l’Est de l’Amérique. Leucoagaricus leucothites est la meilleure du reste. On ne devrait jamais oublier qu’elle peut être très facilement confondue avec de fatales amanites blanches mortelles. La quinzaine de petites Lepiota sont à éviter. Non seulement sont-elles difficiles à différencier entre elles, mais plusieurs contiennent potentiellement des amatoxines fatales comme celles des Amanita, L. josserandii et L. cristata en particulier. Il y a aussi les L. castanea et L helveola du Sud des États-Unis et d’Europe et qui finiront par s’ajouter à L. josserandii récoltée voilà seulement quelques années au Québec. Les autres espèces ont soit une trop petite taille, une saveur désagréable ou leur nombre est trop restreint pour valoir la peine d’être consommées.

- Chlorophyllum molybdites ressemble à si méprendre à C. rhacodes puisque même cette dernière peut avoir des teintes vertes sur les lames ou entre ces dernières et le pied. Elle est donc la cause régulière de problèmes gastro-intestinaux dans le Sud et l’Ouest des États-Unis où elles sont prises l’une pour l’autre. C. venenata est aussi considérée toxique. Tous les taxa de ce genre semblent très similaires à l’œil nu et l’utilisation d'une clé discriminative entre eux est nécessaire.

- La forme grise de Leucoagaricus leucothites, à odeur et saveur souvent fétides ou médicamenteuses, est dite toxique, mais ce pourrait n'être que des spécimens ayant poussé dans des pelouses traitées.

- Leucocoprinus birnbaumii, espèce jaune poudreux et visible toute l’année dans les serres et pots à fleur, est toxique.

- Leucoagaricus americanus, équivalent de la toxique L. badahmii d’Europe, est un bon comestitible. Elle pousse dans les paillis, les champs, autour des souches et dans les serres. Sa chair blanche devient jaunâtre puis brun rougeâtre à la coupe, surtout au début et dans le pied, rougeâtre à vineux foncé avec l’âge et au séchage.

- Des réactions allergiques sont rapportées pour toutes les lépiotes virtuellement comestibles.

Différenciation :

Au moins quatre groupes de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Lepiota ss. lato :

1. Agaricus :

- sporée brun chocolat, brun pourpré ou noirâtre

2. Amanita :

- voile universel toujours présent, laissant des restes sur le chapeau et / ou une volve à la base du pied
- trame lamellaire bilatérale
- spores jamais dextrinoïdes, fréquemment amyloïdes

3. Cystoderma et Cystodermella :

- chapeau et pied poudreux-granuleux
- lames attachées au pied

4. Limacella :

- chapeau souvent couvert d'une couche de gluten
- pileipellis non différencié

Roland
Originally posted 120 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 12 : Amanitacées

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Agaricales se formule ainsi sur 2 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie

- Sporophore produisant des basides et des basidiospores, éphémère, plutôt solitaire, différentié en un pied et un chapeau avec hyménophore sous ce dernier, de taille petite à grande (2)4-12(16) cm de largeur
- Chapeau convexe, en parasol, ± plan à légèrement déprimé à maturité, distinctement orné de débris superficiaux ou non, brillamment pigmenté ou non, blanc, blanchâtre, crème, jaunâtre, chamois, paille, jaune, brun jaunâtre, brun pâle, brun foncé, orange, brun rougeâtre, rouge, olive à vert
- Pied avec anneau, avec ou sans volve ou
sans anneau, avec ou sans volve (parfois très réduite)
- Hyménophore formé sur des lames, libre ou presque, non séparable de la chair sous-jacente
- Sporée blanche à crème

b. Microscopie

- Système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores ballistosporiques, globuleuses à ellipsoïdes-allongées, hyalines, amyloïdes ou non
- Trame hyménophorale bilatérale, divergente, au moins au début

Écologie :

Mycorrhizique, poussant en forêts de feuillus, de conifères, mixtes, dans les landes et milieux rudéraux.

Les Amanitacées comprennent donc deux genres lamellés : Amanita et Limacella.

Amanita : voile universel membraneux ou friable ou combinaison des deux, persistant ou non en une volve à la base du pied et / ou en débris sur le chapeau et / ou sur les deux

Limacella : voile universel viscidule à visqueux, persistant en enduit de même nature sur le chapeau et parfois sur le pied, sans débris

Clé des genres de la famille des Amanitacées

1. Restes de voile universel présents comme une volve, un col libre
ou une séries d’écailles ou de bourrelets à la base du pied ..............
……………………………………….….....................……. genre Amanita

1. Restes de voile universel différents ……………………………….. 2

2. Restes de voile universel souvent comme enduit visqueux ou vis-
cidule sur le chapeau; pied parfois visqueux .........................................
…………………………………………….…...………... genre Limacella

2. Restes de voile universel comme débris non visqueux sur le cha-
peau et / ou sur le pied; pied jamais visqueux ........... genre Amanita

Différenciation :

Les Amanitacées sont le plus souvent confondus avec le groupe Lepiota ss. lato à sporée blanche. Ces derniers ont souvent un anneau double et mobile, mais jamais de volve ni de chapeau visqueux. Microscopiquement, les Amanitacées se distinguent par les spores amyloïdes ou non et la trame lamellaire bilatérale. Les Lepiota ss. lato ont des spores typiquement dextrinoïdes et une trame lamellaire emmêlée.

A. Genre Amanita :

Caractères applicables au genre :

- lames pâles, libres ou presque
- pied distinctement séparable du chapeau
- voile universel membraneux ou friable, enveloppant les basidiomes en développement, lais- sant ou non une volve à la base du pied, des débris sur le chapeau et / ou le pied
- voile partiel membraneux ou friable laissant ou non un anneau sur le pied
- sporée pâle, blanchâtre
- spores lisses
- trame lamellaire divergente, bilatérale
- terricole, mycorhizique

Caractères généraux :

1. Macroscopiques :

Le basidiome est charnu et agaricoïde. Son développement est bivélangiocarpique et piléocarpique. C’est dire qu’il se produit à l’aide de deux voiles et que le chapeau prend expansion avant le pied. Les pigments importants sont situés dans le tissu de la couche externe du chapeau appelé pileipellis et celui de la volve où il peut être distribué partout. Ces pigments sont presque toujours contenus dans les vacuoles des hyphes et des sphérocystes dans ces deux tissus. Il faut tenir compte de la variabilité occasionnelle de la coloration du chapeau dans l’identification. Le pileipellis est faiblement à très fortement différencié, sec à viscidule. Il y a souvent présence de restes détersiles de voile universel à l'humidité, ± adnés au sec.
La marge piléique est unie ou striée-sillonnée radialement. Deux caractères importants sont à considérer ici :

a. striation:
- lignes ou sillons radiaux allant du bord du chapeau jusque sur une certaine distance vers le disque
- produite par une chair mince à la marge qui révèle l'attachement des lames au-dessous et l'espacement entre elles
- la signification taxonomique de ce caractère est en corrélation avec celui de l'amyloïdité des spores

- les espèces striées à la marge ont des spores souvent non amyloïdes
- les espèces non striées à la marge ont des spores souvent amyloïdes
Celles du groupe Pseudovolvata font exception, ayant parfois une marge piléique striée et des spores amyloïdes.

b. appendiculation :
- vestiges de voile partiel qui adhèrent à la marge piléique
- caractère important de distinction des sections Amidella et Lepidella dont les espèces ont un voile partiel très délicat

Les lames sont libres ou presque, plus rarement adnées ou étroitement adnexées au début, mais libres avec l’âge. Elles peuvent être aussi uncinées, réunies au pied par un mince filet ou une dent qui se brise avec l’âge. Leur coloration est pâle, étant typiquement blanche, mais parfois jaune, rose orangé ou gris pâle. L’arête lamellaire est granuleuse ou floconneuse. Les lamellules sont rares ou très abondantes, de longueur variable, non ou rarement ramifiées ou anastomosées. Leur caractère tronqué ou atténué vers l’arrière est d’importance taxonomique.

Le pied est centré, cylindrique, atténué vers l’apex ou élargi vers la base, avec ou sans bulbe basal, petit à très gros. La base du pied peut être aussi égale, radicante par un pseudorhize et le bulbe arrondi, ovoïde ou napiforme. Le bulbe lui-même peut être marginé ou marginé-fendu. Le pied est plein au début, souvent farci ou creux avec l’âge. Il est facilement séparable du chapeau (chair hétéro- gène entre les deux). En surface, il peut y avoir des annexes sous forme de volve, d’anneau ou de débris véliques sur sa partie inférieure, autour du bulbe ou ascendants. Ces débris sont de formes très variées, plaques, flocons, grains, verrues. Ils sont normalement facilement détersiles. On dit souvent qu’une amanite récoltée sans le pied au complet est une amanite qui restera non identifiée.

La chair est molle à ferme, mince ou épaisse, souvent blanche ou blanchâtre. Sa coloration originale est immuable ou change parfois lentement lorsque la chair est exposée. Elle peut devenir rosâtre, rougeâtre, brunâtre, grisâtre, jaunâtre ou verdâtre au froissement ou à la coupe. C’est le cas notamment des espèces Amanita brunnescens, A. flavorubens et A. rubescens dont la chair vire au brun ou au rouge après exposition. Leur pied se tache aussi de la même façon et on perçoit facilement ces changements dans les meurtrissures ou les blessures d’insectes ou de larves. La chair est constituée d’un tissu de structure spéciale. Elle est très rarement lactescente et non amyloïde au Melzer. Son odeur est indistincte, faible, douce, mais peut être aussi typique, de chlore, d’ail, de viande, d’anis, de pomme de terre crue ou de radis, etc. Sa saveur est très souvent indistincte, mais parfois désagréable, rance, amère ou âcre. On reconnaît facilement l’odeur de patate crue des Amanita brunnescens, A. citrina, A, porphyria et A. lignophila, celle aussi de chlore des Amanita onusta et A. atkinsoniana. La saveur rance d’Amanita virosa âgée ne s’oublie pas. Evidemment, il faut recracher les morceaux mastiqués après 30 secondes. Il n’y a aucune crainte à gouter de cette façon.

L’étude des amanites est une étude d’histoire de deux voiles. Ce sont les éléments les plus fondamentaux du genre.

Le voile universel ou général est une membrane qui recouvre le basidiome en développement. Il est soit membraneux, délicat et friable ou une combinaison des deux. Lorsque membraneux, il est formé en majorité d’hyphes emmêlées avec peu ou pas de sphérocystes (cellules arrondies). Lorsque ce voile se rupture au sommet du primordium, il laisse une coupe ou un sac à la base du pied appelé volve et des débris ou non sur le chapeau. C’est la structure rigide hyphale du voile qui permet ces annexes visibles. Les exemples les plus marquants sont les superbes volves des Amanita jacksonii et A. virosa. Lorsque friable, ce voile se rupture dans son entier et laisse des débris sous formes de verrues, plaques ou croûtes sur le chapeau, le bulbe basal et parfois sur le pied inférieur. A. farinosa est un bel exemple d’un voile farineux et celui d’A. wellsii laisse des traces poudreuses partout y compris sur les lames. Ce type de voile est formé surtout de sphérocystes et de peu ou pas d’hyphes emmêlées. Le voile peut aussi être formé de deux couches, une externe membraneuse et une interne friable. On peut voir dans ce cas une volve à la base du pied et des débris sur le chapeau. C’est le cas d’Amanita volvata.

Le voile partiel est une membrane qui recouvre les lames en développement. Il se situe entre le pied et la marge piléique. Sa structure détermine s’il demeure ou non attaché sur le pied en forme d’anneau. Lorsque membraneux et formé surtout d’hyphes emmêlées, il laisse un anneau souvent persistant sur le pied, celui d’Amanita muscaria en exemple. Lorsque friable et formé surtout de sphérocystes, il laisse un anneau souvent évanescent, celui d’Amanita praecox en exemple. La présence ou non d’un voile partiel est un caractère d’identification assez fiable, mais par sa nature relativement délicate, sans égard à la composition, il peut ne pas être présent par cause d’intempéries, d’insectes ou d’annimaux, etc.

La présence d’une volve à la base du pied restera toujours un caractère fondamental. On la définit par une coupe ou un sac libre du pied et qui entoure sa base. Elle résulte d’un voile universel membraneux. Le col libre au sommet du bulbe du pied, les lambeaux à la base du pied ou les écailles ou bourrelets ascendants dans la partie inférieure du pied ne sont pas considérés comme volve, bien que ce soit tous des restes véliques.

L’anneau peut être présent ou absent, typiquement membraneux ou floconneux, persistant ou fugace, ou il peut y avoir seulement une zone annuliforme. Il résulte de la présence ou non d’un voile partiel. Sa localisation sur le pied est dite supère, subsupère, médiane ou infère. Les espèces du groupe vaginata n’ont pas d’anneau. On dit que leur voile partiel est absent ou qu’il disparaît aussitôt que le primordium s’étale.

La sporée est blanche ou crème, en relation avec la couleur des lames à maturité. Parfois, elle se teinte de grisâtre, de rosâtre ou de verdâtre.

La réaction au KOH (potasse) est très utile pour différencier les 2 groupes d’amanites blanches toxiques-mortelles. Une réaction rapide jaune vif sur le chapeau est dite positive.

- positive pour le complexe virosa dont A. bisporigera, A. decipiens et A. virosa
- négative pour le complexe verna dont A. magnivelaris

2. Microscopiques :

Les spores ont des formes globuleuses, subglobuleuses, ovoïdes, ellipsoïdes, cylindriques ou bacilliformes. Ces formes peuvent aider dans la différenciation des amanites blanches mortelles ou non. Leur taille varie de petite à très grande et elles sont typiquement > 7,5 µm de longueur. La paroi est mince à légèrement épaissie. Elles sont lisses ou très rarement finement verruqueuses, striolées ou ponctuées chez une ou deux espèces. Le pore germinatif est absent et elles sont binuclées. Leur réactivité à l’iode (IKI ou Melzer) confirme leur amyloïdité ou non. Au microscope, cette réaction est parfois difficile à évaluer. Elle s’observe mieux par une sporée faite sur lame de verre ou morceau de porcelaine. Très rarement, elles ont de petites verrues amyloïdes et rarement aussi un contenu ± dextrinoïde. Les spores ne sont pas cyanophiles ou presque dans le Bleu coton.

Les basides sont assez volumineuses, clavées et sans granulations carminophiles. Elles sont bouclées ou non à la base. Le nombre de stérigmates est souvent de 4, mais parfois aussi de 1, 2 ou 3. Amanite magnivelaris et A. virosa ont des basides à 4 spores. Amanita bisporigera et A. ristichii des basides à 2 spores. Le nombre de stérigmates aident donc encore beaucoup dans la différentiation des amanites blanches. L’espèce américaine Amanita rubescens a des basides non bouclées à la base et celle du même nom en Europe l’est. La question se pose à savoir si ce caractère est suffisant pour que notre espèce soit nommée différemment.

Les vraies cystides hyméniales sont absentes, telles que pleurocystides et cheilocystides. Il existe de rares pseudocystides lactifères sur l’arête lamellaire. Cette dernière peut être aussi couverte de cellules renflées ou de restes d’hyphes provenant d’un tissu qui se situe entre les lames et le voile partiel. Ce tissu est un peu comme un troisième voile. Il se déploie en chinures sur le pied lors de l’expansion de certaines espèces, A. jacksonii et A. rhacopus par exemples.

La trame lamellaire est bilatérale, divergente, surtout au début de la croissance, sinon elle devient difficile à interpréter. Les éléments qui la composent sont assez larges et ils ont ou non des cellules terminales renflées, larges et divergentes. Le sous-hyménium est bien développé. Il est rameux ou celluleux.

Le pileipellis est formé d’hyphes filamenteuses couchées, radiales ou emmêlées, souvent gélatinisées. La pigmentation, lorsque présente, est souvent vacuolaire ou intracellulaire.

La trame caulinaire (chair du pied) est formée d’hyphes filamenteuses longitudinales, ramifiées et à cellules terminales dispersées à abondantes, renflées, allongées-clavées ou en courtes chaines, de diamètre moyen à large.

La volve est formée d’hyphes filamenteuses périclinales ou antéclinales irrégulièrement arrangées et / ou de sphérocystes de formes variées, terminales ou caténulées.

Les boucles sont absentes, rares ou abondantes sur les hyphes.

3. Écologiques :

Les amanites sont terricoles. Elles poussent sur sol ou dans l’humus, près des arbres et des arbrisseaux, très rarement sur autres substrats. On les voit en forêts, rarement en milieu ouvert, près des arbres dans l’herbe ou dans les champs. Ce sont des ectomycorhiziques obligatoires, sauf certaines espèces de la section Lepidella. Elles s’associent à de nombreux hôtes ou à un seul et suivent ± le(s) partenaire(s) symbiotiques. Leur mode de vie est solitaire ou subgrégaire. On les récolte fréquemment isolément. Leur période de pousse va se la mi-juin à la mi-octobre, mais c’est surtout à l’automne que la diversité est grande. Les espèces peuvent se diviser ainsi :

- à très longue saison : mi-juin à mi-octobre
exemple : A. muscaria var. guessowii

- à longue saison : mi-juillet à fin-septembre
exemples : A. fulva, A. vaginata

- estivales : mi-juillet à fin-août
exemples : A. bisporigera, A. jacksonii

- automnales : mi-août à mi-octobre
exemples : A. citrina, A. porphyria, A. rubescens, A. virosa

Leur distribution est cosmopolite, mais certaines espèces occupent de plus petites aires définies. C’est un genre très diversifié de plusieurs centaines d’espèces en Amérique du Nord dont environ 50 au Québec, plusieurs de moins en moins inconnues et d’autres encore avec des noms provisoires.

Ce sont des champignons lamellés charnus, de taille souvent moyenne, parfois assez grande, rarement petite. Plusieurs espèces sont magnifiques par leur forme attrayante et leur couleur vive. Elles ont une "aura amanite". Leur stature élégante et gracieuse est sans équivoque, même pour les espèces qui n’ont pas de débris universels visibles sur le chapeau ou à la base du pied. Elles sont les fleurons de notre fonge québécoise.

Beaucoup plus réel et comme indiqué sur le site Family Amanitaceae du Dr. Rodham Tulloss, le genre Amanita se définie par la combinaison de trois caractères fondamentaux :

1. tissu caulinaire (du pied) longitudinalement acrophysalidique, avec présence de cellules terminales renflées, allongées-clavées ou en chaînes
2. trame lamellaire divergente
3. développement lamellaire schizohyménial (unique chez tous les champignons lamellés)

Essentiellement, le primordium des Amanita n’inclut aucun espace vide, le chapeau, le pied, les lames et le(s) voile(s) se développant en place et les tissus divisant ces parties devenant friables et / ou mourant afin de permettre l’expansion libre du champignon qui mature.

La comestibilité des amanites demande une précaution extrême. Elle est souvent indiquée dans les descriptions des espèces. Ce sont les plus toxiques de tous les champignons, possédant des amatoxines mortelles très bien représentées par le quatuor Amanita bisporigera, A. decipiens, A. magnivelaris et A. virosa. C’est n’est pas pour rien que l’on nomme Ange de la mort cette dernière. Seulement quelques espèces ont une saveur délicate et recherchée, comme les Amanita fulva, A. jacksonii et A. rubescens. La majorité sont des espèces suspectes, de comestibilité douteuse ou de saveur médiocre, telles que A. brunnescens, A. citrina et A. wellsii. Certaines aussi sont des hallucinogènes-toxiques connues, A. albocreata, A. multisquamosa, A. muscaria et A. velatipes. Il est donc mieux d’éviter ce groupe, surtout pour les débutants. Cette règle universelle s’appliquera toujours "être certain de l’identification avant de consommer des champignons sauvages".

Différenciation :

Au moins six groupes de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Amanita :

1. Agaricus :

- volve absente, parfois rudimentaire
- anneau présent, simple ou double
- lames brun foncé à brun pourpré à maturité
- sporée brun foncé, brun pourpré à noirâtre

2. Cortinarius et groupe Coprinoïde :

- certaines espèces parfois à volve rudimentaire
- anneau présent ou absent
- lames à maturité et sporées brun rouille ou noirâtres à noires respectivement

3. groupe Lepiota ss. lato :

- superficiellement semblable
- sporée blanche
- volve absence
- anneau présent, parfois double et mobile
- chapeau souvent à écailles innées ou absentes
- trame lamellaire emmêlée
- spores souvent dextrinoïdes

4. Limacella :

- chapeau souvent couvert d'une couche de gluten
- pileipellis non différencié

5. Pluteus :

- volve et anneau absents
- lames à maturité et sporée rosâtres à rose brunâtre terne
- trame lamellaire inversée, surtout au début
- surtout lignicole

6. Volvariella :

- volve constante
- anneau absent
- lames à maturité et sporée rosâtres
- trame lamellaire inversée, surtout au début

B. Genre Limacella :

Caractères applicables au genre :

- chapeau normalement couvert d’une épaisse couche de gluten, parfois viscidule ou sec
- pileipellis non différencié
- lames typiquement blanches
- pied distinctement séparable du chapeau
- voile partiel membraneux parfois présent
- sporée blanche
- spores lisses, surtout petites
- trame lamellaire divergente
- terricole, mycorhizique

C’est caractères sont à peu près ceux du genre Amanita sauf en ce qui concerne la viscosité du chapeau et parfois du pied, l'absence d’un pileipellis et le développement lamellaire.

Caractères généraux :

La sporée est définitivement blanche. Le chapeau est lisse, sans aucun ornement, couvent d’un épais gluten visqueux à glutineux, mais aussi viscidule ou sec. Les lames sont libres ou presque, mais aussi sinuées ou adnées, serrées ou subespacées, larges, blanches ou pâles. Le pied est typiquement centré, farci ou creux, enduit d'une visosité ou non, viscidule ou sec. Il est distinctement séparable du chapeau (chair hétérogène entre les deux).

Le voile partiel membraneux est présent chez certaines espèces. Une véritable volve est absente et l’anneau peut être glutineux, membraneux ou fibrilleux, parfois évanescent.

La trame lamellaire est divergente, bilatérale, au moins au début. Les spores sont globuleuses ou subglobuleuses, lisses, non amyloïdes, mais rarement dextrinoïdes, petites, < 6 µm de diam.

Les limacelles sont humicoles. Elles poussent souvent en forêts et ont des habitudes bizarres de croissance.

Ce sont des champignons lamellés charnus, de taille moyenne et à la stature amanitoïde. Ils sont assez rares, mais peuvent pousser en assez grande nombre dans certaines localités. Une douzaine d’espèces sont connues en Amérique du Nord dont environ 5 espèces et 2 variétés au Québec.

Comme expliqué sur le site Family Amanitaceae du Dr. Rodham Tulloss, deux différences fondamentales existent entre les genres Limacella et Amanita :

1. développement lamellaire non schizohyméniale
2. absence d’un pileipellis différencié

Les espèces du genre Limacella sont différentes de celles du genre Amanita par leur mode de développement lamellaire qui n’est pas schizohyméniale. Les lames poussent vers le bas dans un espace vide dans le chapeau en développement. Contrairement aux espèces Amanita, il résulte que les arêtes lamellaires des limacelles sont fertiles, qu’elles produisent des basides comme sur leurs faces. De plus, chez les limacelles, la structure analogue au voile universel des amanites est une matrice glutineuse supportée pas des hyphes qui n’arrivent pas d’un pileipellis (cuticule), mais bien d’une couche dense la plus externe de la chair du chapeau. De fait, il n’y a pas de pileipellis différencié chez les espèces du genre Limacella.

Leur comestibilité est peu connue et sans réputation. Leur intérêt réside beaucoup plus dans la découverte des espèces les plus rares du genre et de les reconnaître en tant que Limacella, telles que Limacella delicata, L. guttata et L. solidipes.

Différenciation :

Au moins deux groupes de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Limacella :

1. Amanita :

- chapeau sans gluten
- pileipellis très souvent différencié
- anneau présent ou absent
- voile universel membraneux ou friable présent
- volve présente ou absente

2. Groupe Lepiota ss. lato :

- trame lamellaire emmêlée
- spores typiquement dextrinoïdes

Roland

Groupe 13 : Bolbitiacées
Originally posted 120 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Claire+ says:

Je suis extrêmement fière de compter parmi mes connaissances un homme de votre calibre intellectuel Roland. Merci énormément de partager avec nous tous et toutes les connaissances que vous avez acquises avec les années. Je ne peux que vous féliciter pour l'extrême générosité dont vous faites preuve. Merci encore!
Claire
120 months ago (permalink)

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Ma générosité, chère Claire, découle de celle que j'ai reçue des autres.

Merci beaucoup, Roland.
Originally posted 120 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Jacques* is a group administrator Jacques* says:

Ces descriptions seront sous peu sur Mycoquebec.org. Voir la première ici,
119 months ago (permalink)

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 13 : Bolbitiaceae

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Agaricales se formule ainsi sur 2 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie
- Sporophore éphémère, souvent en amas ou solitaire, différencié en un pied et un chapeau avec hyménophore au revers de ce dernier, de taille petite à grande, (1)2-7(12) cm de largeur
- Chapeau en parasol, souvent convexe, ± plan à légèrement déprimé, chamois, paille, miel, brun jaunâtre, brun pâle, brun foncé, brun rougeâtre, pourpré à noirâtre
- Pied avec anneau, sans volve ou sans anneau ni volve
- Hyménophore formé sur des lames, adné ou ± libre, non séparable de la chair sous-jacente
- Odeur sans autre particularité que celle d’être fongique ou particulière, telles que de cacao, de radis
- Sporée jaune-brun, brun noisette, brun riche, brun rouille, brun pourpré-vineux à noire

a. Microscopie
- Système hyphal monomitique, avec génératrices hyphes renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores ballistosporiques, lisses, souvent avec pore germinatif, d’aspect tronqué, pigmentées
- Trame hyménophorale non bilatérale
- Pileipellis formant un vrai hyménoderme ou un épithélium continu

Écologie :
Saprophytique, coprophile ou non, poussant sur le sol ou le bois mort, en forêts de feuillus, de conifères, mixtes, landes, milieux humides, herbeux et rudéraux.

Caractères minimaux d’identification de la famille:

- basidiome grêle, parfois charnu
- chapeau mat, lisse, ridé, craquelé, strié ou sillonné
- lames attachées au pied ou libres
- voile partiel et anneau présents ou absents
- sporée brune, cannelle, rouille, brun foncé, pourprée, vineuse ou noire
- spores presque toujours lisses, souvent avec pore germinatif distinct
- cystides hyméniales souvent présentes, surtout comme cheilocystides
- pileipellis très évolué, en hyménoderme ou cellulaire
- poussant sur sol des forêts ou milieux ouverts, dans l’humus, sur le bois ou les excréments

Étant donné que les caractères microscopiques sont importants pour cette famille, voici certains détails supplémentaires.

Les spores sont ovoïdes, ellipsoïdes ou citriformes, à paroi épaisse, complexe, lisses, rarement légèrement ornementées, avec apicule petit ou distinct, souvent sans dépression supra-apiculaire, et avec pore germinatif facilement visible, sans plage, pigmentées. Les basides ont une paroi mince et 1-2-3-4 stérigmates. Les granulations sidérophiles sont absentes. Elles sont petites, trapues et larges et souvent accompagnées de brachycystides. Les pleurocystides sont parfois présentes, mais les cheilocystides le sont toujours. Elles ont une paroi typiquement mince, rarement épaisse sauf à la base. La trame lamellaire est régulière bien que les unités latérales tendent souvent à réduire la médiostrate en un mince cordon floconneux d’hyphes filamenteuses. Le pileipellis est formé d’une palissade de cellules pédicellées globuleuses ou piriformes. Les piléocystides sont souvent distinctes. Une couche superficielle d’éléments filamenteux venant du voile est souvent visible à la marge. Les hyphes de la chair sont bouclées ou non, souvent très renflés, non amyloïdes et forme une trame homogène.

De façon traditionnelle, cette famille contient les genres lamellés Agrocybe, Bolbitius, Conocybe et Panaeolus. Ceux des Alnicola (= Naucoria) et des Hebeloma y sont parfois inclus ou sont placés avec les Cortinariacées ou les Strophariacées. Les Agrocybe sont aussi parfois compris dans cette dernière famille. Mais puisque le cœur des Bolbitiacées a longtemps inclut les 4 premiers genres, ils seront traités en priorité.

A. Genre Agrocybe :
Ce genre plutôt petit est en général assez facile à reconnaître, les espèces étant souvent les plus grosses et charnues de la famille.

Caractères applicables au genre :

- chapeau blanc, jaunâtre, brun ou presque brun noirâtre, sec ou viscidule, d’abord lisse puis souvent aréolé à maturité
- marge unie, ± striée, non sillonnée
- lames adnées, pâles puis brun tabac ou bistrées
- arêtes lamellaires lisérées, non concolores aux faces
- pied blanc ou brun pâle, souvent avec rhizomorphes blanchâtres
- anneau présent ou absent
- chair souvent épaisse, consistante
- sporée rouge brunâtre, brun tabac ou bistrée
- spores ovoïdes à courtement ellipsoïdes, lisses, avec pore germinatif distinct
- pleurocystides et / ou cheilocystides présentes, clavées, lagéniformes ou ventrues, subcapi- tées ou digitées
- pileipellis en hyménoderme, palissadique, ou cellulaire
- poussant sur sol des jardins, champs et forêts, dans l’herbe, parmi les mousses et les fougères, ou sur bois, enfoui, les copeaux et excréments

Il y a trois caractères majeurs de différenciation avec ceux des autres genres des Bolbitiacées :

- l’aspect
- la consistance de leur chair
- la couleur de leur sporée
- le type de leur pileipellis

B. Genre Bolbitius :

Les basidiomes de ce petit genre sont éphémères, fragiles, vite affaissés et semblables, un peu comme ceux des plus petits coprinoïdes, les lames tendant d’ailleurs à se liquéfier par temps chaud.

Caractères applicables au genre :

- chapeau blanc, jaune, rose, gris, violacé ou olivacé, visqueux ou lubrifié, lisse ou plissé
- marge piléique fortement striée, sillonnée ou lignée à maturité
- lames ± libres, blanchâtres au début, puis ochracé ferrugineux ou carnées et teintées de saumon
- arêtes lamellaires lisérées
- pied élancé, très fragile, blanc, finement floconneux
- anneau absent
- chair mince, fragile
- sporée rouge brunâtre à cannelle
- spores sont ovoïdes à courtement ellipsoïdes, lisses, avec pore germinatif
- cystides hyméniales comme brachybasidioles
- pleurocystides absentes ou rares
- cheilocystides présentes, clavées ou lagéniformes, non capitées
- pileipellis en hyménoderme ou cellulaire
- poussant sur excréments, fumier, sur sols fertilisés ou fumés, bois pourrissant ou dans l’herbe.

Il y a au moins cinq caractères majeurs de différenciation avec ceux du genre Agrocybe :

- le chapeau est visqueux ou lubrifié
- la marge piléique est striée ou sillonnée
- les lames sont plutôt libres
- l’anneau est absent
- la chair est non consistante

B. Genre Conocybe :

Les basidiomes de ce genre assez grand et complexe sont semblables, parfois difficiles à séparer, même au microscope, et de certains autres genres tels que Galerina.

Caractères applicables au genre :

- basidiome souvent petit, élancé, fragile, élégant, rarement grand et charnu
- chapeau souvent conique ou campanulé puis convexe, sec, pruineux
- marge piléique droite ou très légèrement enroulée au début
- lames adnées ou adnexées, parfois libres, brun cannelle ou rouille
- arêtes lamellaires fimbriées
- pied typiquement long, élancé, souvent mince
- anneau présent ou absent
- sporée brun orangé, brun rougeâtre à brun rouille
- spores ellipsoïdes ou amygdaliformes, lisses à verruculeuses, souvent avec pore germinatif proéminent
- cheilocystides présentes, typiquement lécythiformes (en quille)
- pileipellis en hyménoderme ou cellulaire
- poussant sur sol de forêts, humus, pelouses, herbes, bois pourrissant excréments ou mélange des deux

La chair fragile des Bolbitius et la marge piléique unie des Agrocybe servent de différenciation majeure avec les Conocybe.

C. Panaeolus :

Les espèces de ce petit genre ont des lames dites nuageuses, marbrées ou pommelées. Ce qui signifie que les basides des faces lamellaires ne murissent pas toutes au même moment. Elles se forment en des temps différents et comme ce sont elles qui produisent des spores foncées, des plages sombres puis claires apparaissent alors à la surface des lames indiquant leur présence ou non. Ces espèces sont aussi classées avec les Psathyrellacées. Certaines l’ont été dans les genres Anellaria, Copelandia ou Panaeolina basés surtout sur la couleur de la sporée, les spores lisses ou verruqueuses, la présence ou non de pleurocystides, de métuloïdes et le bleuissement de la chair.

Caractères applicables au genre :

- chapeau conique ou campanulé au début, puis hémisphérique, convexe ou ± étalé, blanchâtre, argile, grisâtre ou brunâtre, souvent teinté de vineux, lisse, plissé ou craqué, sec, graisseux ou visqueux à l’humidité, brillant au sec, hygrophane ou non, avec ou sans restes de voile
- lames très largement adnées, typiquement étroitement adnexées ou ascendantes, étroites à larges, marbrées sur les faces, brunes à noires,
- arêtes lamellaires blanches
- pied typiquement long, mince, lisse ou légèrement strié
- anneau présent ou absent
- sporée brun foncé, brun pourpré, brun vineux foncé à noire
- spores ellipsoïdes à citriformes, lisses, parfois légèrement rugueuses à verruqueuses, avec pore germinatif
- pleurocystides parfois présentes
- cheilocystides présentes, lagéniformes
- pileipellis en hyménoderme ou ± cellulaire
- poussant dans les champs herbeux, pelouses, pâturages, sur excréments, sols fumés ou fumiers, parmi les mousses

La structure du pileipellis des espèces de cette famille est typiquement hyménodermique ou cellulaire, c’est à dire que ces cellules sont en palissade et ressemblent à celles d’un hyménium de basides ou qu’elles sont arrondies comme les cellules d’un épithélium. Il n’y a que quelques groupes qui peuvent avoir ce type de structure, dont les coprinoïdes et Alnicola, et aucune transition n’existe vers les espèces des Strophariacées. Les caractères macroscopiques de base de la différenciation des genres des Bolbitiacées restera donc toujours l’aspect du chapeau, la marge piléique, l’insertion des lames, la présence d’un anneau, la couleur de la sporée, l’habitat ou le substrat. Ils se regroupent autour d’une stature grêle et fragile, rarement robuste, un chapeau conique, campanulé ou convexe, une sporée dans des tons particuliers, et une bonne diversification de biotopes. À cela, on peut ajouter un pore germinatif sporal souvent évident. Ce sont de petits champignons bruns (PCB) comme il en existe tant. Presque tous exigent une étude microscopique afin de les situer dans cette famille et de les séparer entre eux, ce qui ne représente pas nécessairement une mince tâche. On peut parfois se réchapper ou argumenter sur la taille plus grande, la stature parfois de type Agaricus et le chapeau craqué avec l’âge chez les Agrocybe, sur le basidiome éphémère, s’affaissant rapidement, et le chapeau visqueux des Bolbitius, sur le port mycénoïde et les lames marbrées des Panaeolus, mais lorsqu'on arrive aux Conocybe, alors là il faut sortir l’artillerie lourde et nos meilleurs documents.

On dit que les Bolbitiacées ont surtout des biotopes praticoles, mais ils sont aussi humicoles, lignicoles ou coprophiles. Ils poussent en forêts et en milieux ouverts sur des substrats ou dans des habitats très variés. Les Agrocybe et les Conocybe préfèrent plutôt les débris végétaux ou le bois et les Panaeolus les sols fumés, les excréments ou le mélange de débris et excréments. Ce sont des saprophytes ou éventuellement des parasites.

Les espèces ne sont pas recherchées pour leur comestibilité. Seuls les grands spécimens d’Agrocybe, tels que A. praecox ou A. dura, sont des comestibles passables, encore qu’il faut bien les reconnaître. Faisant partie du grand ensemble des PCB, on ne sait rien ou presque sur leur comestibilité, mais on connaît le cocktail de produits chimiques et de toxines qu’ils peuvent contenir. Qui voudrait servir de volontaire pour les tester ! Les petits Conocybe annelés forestiers peuvent être mortels, ceux qui gravitent en particulier autour de C. rugosa dans l’Est américain et autour de C. filaris dans l’Ouest. Plusieurs espèces de Panaeolus sont faiblement à fortement hallucinogènes au même titre que certains Psilocybe. La consommation du Panaeolus feonisecii par exemple, poussant sur des pelouses, par de très jeunes enfants a entraîné leur hospitalisation, tout comme celle d’ailleurs de leurs animaux domestiques préférés. À éviter absolument donc.

Quand aux Alnicola et Hebeloma, mycorhiziques, ils seront passés en revu avec les Cortinariacées.

Différenciation :
Au moins cinq groupes principaux de champignons lamellés peuvent être facilement confondus avec celui des Bolbitiacées. Ce sont évidemment tous des PCB :

1. Groupe coprinoïde :

- chapeau ovoïde ou ellipsoïde au début, puis relevé, lacéré ou déliquescent
- lames souvent déliquescentes à maturité
- sporée régulièrement bistrée ou noire
- pigment sporal soluble en H2SO4 concentré
- basides di-tri-tétramorphiques

2. Galerina :

- odeur et saveur souvent farineuses, sinon indistinctes ou âcres
- spores ellipsoïdes, amygdaloïdes à citriformes, lisses ou ornementées et souvent avec plage supra-apiculaire, parfois calyptrées
- cheilocystides nombreuses, capitées ou fusoïdes
- pileipellis en cutis ou ixocutis formé d’hyphes filamenteuses radiales

3. Inocybe :

- chapeau fibrilleux à écailleux
- voile partiel cortinoïde lorsque présent
- odeur souvent typique, chlorée, spermatique
- spores lisses, noduleuses, échinulées ou stellées, rarement avec pore germinatif
- cheilocystides métuloïdes incrustées souvent présentes
- pileipellis en cutis

4. Lacrymaria :

- chapeau écailleux, fibrilleux
- arête lamellaire exsudant des gouttelettes incolores
- pied fibrilleux à écailleux sous l’anneau
- sporée noir brunâtre
- spores typiquement verruqueuses, à pigment légèrement dissout en H2SO4 concentré
- pleurocystides fasciculées, en forme de poil

5. Psathyrella :

- chapeau souvent dans les tons de brun contrastant avec le pied blanc ou blanchâtre
- pleurocystides souvent présentes

Groupe 14 : Coprinoïdes / Psathyrellacées

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Agaricales se formule ainsi sur 2 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie
- Basidiome éphémère, mou, fragile, souvent en amas ou solitaire, parfois abondant, différentié en un pied et un chapeau avec hyménophore au revers de ce dernier, de taille petite à grande, 0,1-7(8) cm de largeur
- Chapeau en parasol campanulé, convexe ou ± plan à légèrement déprimé à maturité, distinctement ornementé ou non, blanc, blanchâtre, crème, jaunâtre, chamois, paille, miel, brun pâle à brun foncé, brun pourpré, gris, noirâtre à noir
- Hyménophore formé sur les lames, libre, adnexé à adné, non séparable de la chair sous-jacente, s’autodigérant ou non à maturité, avec liquéfaction et noircissement distincts, devenant communément, distinctement et typiquement en encre lorsque déliquescent
- Pied avec anneau, parfois vite fugace, sans volve ou sans anneau ni volve
- Sporée bistre, brun-noir, bleu-noir, brun pourpré à noire, rarement rougeâtre ou pastelle, rosâtre

b. Microscopie
- Système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores ballistosporiques, lisses ou verruqueuses, avec pore germinatif, d’aspect souvent tronqué, pigmentées
- Trame hyménophorale non bilatérale
- Pileipellis formant un épithélium continu
- Boucles présentes sur les hyphes

Écologie :
Saprophytique, rarement mycotrophe, coprophile ou non, poussant sur le sol ou le bois mort, en forêts de feuillus, de conifères, mixtes, landes, milieux herbeux et rudéraux.

Caractères minimaux d’identification de la famille:

- Basidiome souvent fragile, éphémère, déliquescent
- Lames libres ou adnées, ascendantes, sombres, noirâtres ou noires à maturité, déliquescentes ou non
- Voiles universel et partiel présents ou absents, avec ou sans anneau, persistant ou fugace
- Pied séparable ou non du chapeau
- Volve absente ou parfois rudimentaire
- Spores lisses ou verruqueuses, avec pore germinatif, souvent sombres, noirâtres
- Pileipellis cellulaire, parfois filamenteux

Ce groupe inclut 5 taxa. Leur systématique établie par la génétique couvre donc :

- les trois genres dérivés des Coprinus et représentant ce qu’on appelle les copronoïdes, Coprinellus, Coprinopsis, Parasola

- deux autres genres, Lacrymaria et Psathyrella

Tous ces genres ont fait partie de la famille des Coprinacées, maintenant devenue Psathyrellacées. Ils représentent une brisure avec les Coprinacées par évidence d’études moléculaires (Redhead et al. 2001). L’espèce type, Coprinus comatus, et celles reliées, C. spadiceisporus et C. sterquilinus, du sous-genre Coprinus, ont été transférées dans la famille des Agaricacées, avec la suspicion que le reste des autres espèces n’était pas monophylétique. Il existe encore plusieurs espèces résiduelles dans le genre Coprinus à défaut de publication officielle et de rangement soit dans les Coprinellus, Coprinopsis ou Parasola. Le genre Panaeolus a aussi fait partie des Coprinacées. Il a été défini avec les Bolbitiacées.

Dans le passé, plusieurs classifications des espèces Coprinus ont été établies, dont les célèbres 11 sous-sections du "Coprinus site" d’Uljé. Mais, pour bien saisir les relations entre les 5 genres actuels, voici ce que sont les Coprinoïdes et les caractères applicables à chaque genre qui compose le groupe :

Délimitation des espèces copronoïdes :

- lames déliquescentes, semi-déliquescentes durant la sporulation, ou basidiome entier déliquescent en post-sporulation
- lames à côtés parallèles à subparallèles, typiquement agéotropiques
- brachybasidioles (paraphyses) bien développées, en pierre de pavement
- spores à pigment foncé
- hyménium inéquihyménifère, à basides di, tri ou tétramorphiques

Caractères applicables aux genres :

1. Coprinellus :
- chapeau membraneux, charnu ou très fragile
- chapeau et lames entièrement, partiellement ou non déliquescents durant la sporulation, lorsque non déliquescents alors avec lames agéotropiques, parfois géotropiques
- ozonium présent ou absent
- voile présent, formé souvent de cellules globuleuses et / ou portant des sétules converties en piléocystides sécrétrices à bout arrondi
- basides di, tri ou tétramorphiques
- pleurocystides présentes ou absentes, parfois concentrées vers la marge
- poussant sur sol, bois ou excréments

2. Coprinopsis :
- chapeau devenant lacéré par la marge déchirée déliquescente, souvent relevé par les restes, surtout chez les plus petites espèces, ou pendant chez les espèces plus grandes
- lames déliquescentes durant la sporulation
- restes de voile présents, souvent floconneux, formés de cellules filamenteuses ou renflées, parfois globuleuses ou mixtes, laissant souvent des écailles méchuleuses ou de grandes plaques membraneuses sur le chapeau
- ozonium absent, mais pseudorhize présente chez plusieurs espèces coprophiles
- basides dimorphiques
- pileipellis en cutis formé surtout de cellules allongées arrangées radialement, souvent filamenteuses, courtes ou renflées, non en hyméniderme ni en cystoderme, sans piléocystides (sétules et soies)

3. Parasola :
- basidiome entier affaissé en post mortem
- chapeau demeurant membraneux, très plissé, diaphane et intact jusqu’à la post sporulation
- chapeau et lames non déliquescents durant la sporulation
- voile absent
- ozonium absent
- basides irrégulièrement di ou trimorphiques
- basides irrégulièrement di ou trimorphiques
- pleurocystides présentes
- pileipellis en hyménoderme lisse à couche membraneuse, sans sétules converties en piléocystides sécrétrices à bout arrondi, parfois avec soies brunes non sécrétrices et distinctement émergentes au disque
- poussant sur sol, souvent dans les pelouses, jardins et bord des sentiers forestiers

4. Lacrymaria :
- chapeau fortement fibrilleux ou tomenteux-écailleux
- lames marbrées de noirâtre à maturité, à arêtes exsudant des gouttelettes au frais
- pied souvent très fragile, typiquement fibrilleux / écailleux foncé sous la zone annuliforme
- spores typiquement verruculeuses ou verruqueuses, parfois lisses
- pleurocystides parfois présentes, fasciculées, en forme de poils
- pileipellis souvent en hyménoderme, à cellules renflées
- poussant sur sol, billes pourrissantes, dans l’humus, milieux vagues, herbeux, souvent près des souches pourrissant

5. Psathyrella :
- chapeau souvent dans les tons de brun, lisse ou fibrilleux inné et hygrophane
- lames non marbrées à maturité, à arêtes lamellaires n’exsudant pas de gouttelettes
- pied souvent fragile, lisse ou fibrilleux inné, à apex souvent pruineux, souvent blanc ou blanchâtre et contrastant avec la blancheur du chapeau, cartilagineux, élancé, cassant net
- voile partiel présent, visible au stade bouton car souvent très fugace et, parfois très développé, appendiculé à la marge ou laissant un anneau ou une zone annuliforme distincts
- spores largement ellipsoïdes, cylindriques ou phaséoliformes, lisses ou légèrement ornementées, avec pore germinatif normalement distinct
- pleurocystides et cheilocystides souvent présentes, semblables, polymorphes, non fasciculées
- poussant souvent sur sol ou bois, mais aussi sur excréments, brûlis, tiges mortes de plantes herbacées ou débris organiques

Caractères généraux :

Les Coprinoïdes ont une sporée difficile à obtenir à cause des basidiomes éphémères et de leur déliquescence. Elle est typiquement bistre ou noire, brun très foncé ou brun rougeâtre sombre chez quelques espèces. Les basidiomes sont petits à grands, éphémères. Le chapeau a 0,1-12 cm de hauteur, est habituellement ovoïde, conique, parabolique ou parfois cylindrique lorsque jeune, s'étalant surtout chez les petites espèces. Il est fragile, sec à humide, lisse, souvent avec restes véliques fugaces membraneux, micacés, farineux, sétuleux, fibrilleux, tomenteux, souvent translucide ou déliquescent, habituellement de coloration terne, blanchâtre, grisâtre, brunâtre, ochracé ou tan. La marge piléique et souvent le chapeau entier sont profondément plissés-sillonnés au moins à la fin et surtout chez les petites espèces. La marge piléique n’est jamais enroulée. Les lames sont libres, sublibres ou adnées, assez espacées, serrées ou très serrées. Généralement, plus les spécimens sont petits, plus les lames sont espacées, plus ils sont gros, plus elles sont serrées. Elles sont minces, habituellement lancéolées et rarement ventrues, toujours parallèles ou subparallèles sur les faces, blanches au début, puis rougeâtres, brunes, grises ou noires, à arêtes blanches, grisâtres, floconneuses, denticulées ou atomisées chez les jeunes spécimens, auto-déliquescentes par maturation pour la majorité des espèces, donnant un liquide noir d'encre ou pouvant se dessécher au lieu de se liquéfier chez les petites espèces. Le pied a jusqu’à 1,5 cm de largeur à l’apex. Il est centré, ± droit, souvent mince et fragile, creux, cartilagineux lorsque plus épais, habituellement blanc ou grisâtre, parfois hyalin et rarement coloré de l'intérieur, souvent nettement séparable du chapeau. La chair est facilement cassante avant déliquescence, habituellement blanche ou blanchâtre, concolore au chapeau ou légèrement plus pâle, charnue au centre du chapeau à presque absente et membranaire chez les espèces les plus minces. Le voile universel est présent ou absent, soit feutré-écailleux ou farineux ou luisant, fugace ou persistant. Il est apparent sous forme de verrues laineuses, flocons ou granules sur le chapeau. Le voile partiel est aussi présent ou absent. Lorsque présent, il est souvent indistinctement double et condensé en un anneau. L’anneau est persistant ou fugace. Il peut être situé sur la partie inférieure du pied et ressemblant alors à une volve. La volve est typiquement absente, parfois rudimentaire ou rare mais réelle chez certaines espèces, en forme de sac, bien développée. Les spores sont le plus souvent ellipsoïdes, parfois remarquables, à paroi lisse, complexe, plus rarement verruqueuses, ailées ou ridées, à pore germinatif et à contour régulier ou anguleux, toujours colorées, brunâtres, noirâtres ou bistre, opaques ou transparentes au microscope. Le pigment se dissout dans l'acide sulfurique concentré. La réaction à l'iode (Melzer) est inapplicable. Les basides sont relativement courtes, rarement clavées, habituellement cylindriques ou même arrondies au centre. Les pleurocystides et cheilocystides sont présentes ou absentes. Elles sont ± en forme de ballon. La trame lamellaire est régulière. Le pileipellis est soit cellulaire, formé de cellules globuleuses, ou filamenteux, formé de filaments cylindriques ou irrégulièrement ramifiés mais surchargés en surface d’éléments du voile universel. Les hyphes sont toujours bouclées chez les formes normales.

Les Coprinoïdes sont fimicoles, humicoles ou lignicoles, les types les plus petits prévalant sur les fientes et le fumier, les types les plus gros dans les jardins, les caveaux, le long des routes, sur les arbres vivants, sur ou autour des souches, le bois pourrissant, les sols perturbés, l’humus, les débris végétaux, les herbes et les composts. Les habitations, le charbon de bois, les tissus divers et le matériel de rebus ne sont pas épargnés. Quelques espèces poussent en forêt. Ce sont des champignons cosmopolites, saprophytes ou parasitiques de la base des arbres. Coprinopsis cinerea a été isolé comme pathogène chez l'homme.

Ce sont des champignons lamellés minuscules, petits à moyens, moins fréquemment grands, et éphémères. Pour les débutants, il n’y a pas de difficulté à les distinguer des autres à cause de la propriété de liquéfaction, lames et chapeaux, en gouttelettes noires. Ils sont appelés champignons encriers ou "Inky caps". Le processus d'autodigestion est un moyen unique de dispersion des spores. Il ne doit pas être confondu avec celui de décomposition présent chez la majorité des champignons. Les spores près de la marge mûrissent en premier et les enzymes libérées pour dissoudre le tissu environnant font que le bord du chapeau se défait et se replie, ce qui poussent les lames vers l'extérieur, permettant aux spores d'être relâchées dans l'air ambiant. Les lambeaux collés sur le haut du pied en sont les vestiges. Cette liquéfaction des lames est très évidente chez certains Coprinoïdes poussant dans des conditions optimales, ceux survenant sur les fientes étant peut être les plus rapides. Elle est non nécessaire chez les petites espèces, le peu de chair lamellaire les fait se dessécher au lieu de se liquéfier, leur chapeau pouvant être tellement mince qu'il devient translucide-strié, les lames devenant visibles au travers les lignes radiantes. Les espèces des genres sont très difficiles à déterminer, à part quelques unes bien connues, à cause de la fragilité des basidiomes et de l'importance des caractères microscopiques qui demande une longue expérience. C’est un très grand groupe et plus de 200 espèces sont rapportées. Difficiles d’approche car éphémères, elles vivent parfois seulement quelques heures et fructifient en des lieux peu fréquentés, les espèces nord américaines étant peu connues. Cosmopolites et ubiquistes, elles voisinent les habitats de l'homme et des animaux, poussant là où l'humidité et le climat tempéré sont suffisants. Ce sont des champignons urbains et suburbains les plus communs, la création de nouvelles "niches" et l'altération de l'environnement permettant l'adaptation de nouvelles espèces.

Les caractères importants à considérer sont :

- taille et forme du chapeau et du pied
- présence / absence de voiles et ses caractéristiques : anneau et volve, mèches, granules, flocons, coloration
- odeurs typiques
- habitat: forêt, pelouses, excréments, fumier, souches ou racines
- mode de croissance : solitaire, en troupes ou en touffes
- caractéristiques des spores et nombre de stérigmates sur les basides
- constitution des voiles

Certaines espèces sur fientes poussent d'un sclérote et nécessitent un examen minutieux. D'autres lignicoles poussent d'un tomentum mycélien épais, dense, en réseau, orange ou brun rougeâtre, appelé ozonium.

La plupart des Coprinoïdes sont trop minces et peu substantiels pour valoir un intérêt culinaire. Les espèces les plus grosses sont de bons comestibles: Coprinopsis atramentaria, Coprinellus micaceus et Coprinus variegatus. Comme les Coprins surviennent en grand nombre, pour les conserver longtemps, il est conseillé de les faire mariner, sécher, sauter et congeler. Quelques uns sont vénéneux ou occasionnent des troubles gastriques. Coprinopsis atramentaria contient une pro-toxine, la coprine, qui, une fois dégradée, interfère avec le métabolisme de l'alcool pour donner un ensemble particulier de symptômes. C’est le toxidrome coprinien.

Les Lacrymaria ont une sporée brun noirâtre à noirâtre. Ils ont déjà été considérés comme un sous-genre des Psathyrella. Les basidiomes sont petits à moyens, parfois grands. Le chapeau a 1-6(10) cm de diam. et est normalement très fibrilleux, tomenteux ou écailleux. Les lames sont souvent carnées, brunâtre carné, brun pourpré ou rougeâtres. Elles deviennent tachées ou marbrées de noirâtre avec l’âge et exsudent de petites gouttelettes au début et au frais. Le pied est souvent très fragile, typiquement fibrilleux ou écailleux foncé sous la zone annuliforme. Le voile partiel est abondant au moins au début, laissant une cortine sur le pied et une marge piléique appendiculée. Les spores sont ellipsoïdes, verruculeuses ou verruqueuses, parfois lisses, avec pore germinatif proéminent, très foncées au KOH. Les cystides sont capitées et les pleurocystides parfois présentes, souvent subfasciculées.

Ces espèces poussent sur sol, dans l’humus, souvent près des souches, sur les billes pourrissantes, dans les milieux vagues ou herbeux.

Lacrymaria lacrymabunda est un bon comestible. Elle pousse dans les pelouses, les milieux herbeux, le long des sentiers, sur sol graveleux et les débris organiques. Il faut la récolter sur sites non pollués ni traités et surtout ne pas la confondre avec les petits champignons bruns similaires (PCB), en particulier les Inocybe qui ont une sporée brun pâle ou brun rouille. La comestibilité des quelques autres espèces du genre est inconnue.

Les Psathyrella ont une sporée brun foncé, cacao foncé, brun pourpre, noirâtre ou noire, rarement rougeâtre terne (rouge brique), rousse, rosâtre ou gris rosâtre. Les espèces à sporée inhabituelle fait partie de section Homophron. La majorité des espèces ont une période majeure de sporulation, printemps ou fin-automne Les basidiomes ont surtout une stature mycénoïde, souvent petite à moyenne, parfois robuste, et une durée de vie très courte, allant de un à quelques jours, un peu plus longtemps pour les plus gros. Le chapeau varie de 2-7(10) cm de diam. en moyenne, avec des écarts de minuscule à jusqu’à 15 cm de diam. Il est conique, campanulé, convexe, hémisphérique ou plan, omboné ou non, typiquement mince et fragile, souvent fendu radialement, lisse, fibrilleux, écailleux ou cotonneux, strié ou non, rarement visqueux, souvent fortement hygrophane et luisant à l’humidité. Il est souvent dans les tons de brun, brun jaunâtre, argilacé pâle, tan pâle à brun foie foncé, parfois blanc, blanchâtre, jaunâtre, chamois, gris, bistre ou pourpre vineux ou couvent d’écailles ou de fibrilles brunâtres à bistre, translucide-strié à l’humidité, opaque et non strié au sec. La marge est droite, parfois appendiculée de fibrilles ou d’écailles véliques. Les lames sont typiquement attachées au pied, adnées ou adnexées, aussi libres, minces, étroites à ventrues, coniques en coupe transverse, typiquement brun foncé à noires à maturité, uniformément colorées, non marbrées ni déliquescentes, souvent pâles au début, vite brunes, grises, brun foncé ou noires, parfois teintées de lilas, à arêtes aiguës, concolores aux faces, blanches, brunes ou rouges. Le pied a 0,1-0,6 cm de largeur en moyenne. Il est centré, typiquement très élancé, cylindrique ou graduellement élargi vers la base, droit ou flexueux, radicant ou non, plein puis souvent tubuleux ou creux, fragile, cassant, facile à briser en deux, souvent pruineux à l’apex, fibrilleux au début ou lisse, souvent blanc ou pâle, plus rarement brun, parfois avec rhizomorphes blanches et courtes, non séparable du chapeau (chair homogène). La chair est remarquablement fragile, souvent très mince ou assez épaisse, blanche ou colorée, à odeur indistincte, parfois douce ou fétide, et saveur indistincte. Le voile universel peut être absent ou présenter une couche interne et externe dans des proportions significatives. Le voile partiel lorsque présent est très fugace et visible au début. Parfois il est bien développé, laissant une zone annuliforme distincte sur le pied ou visible comme vestiges sur la marge piléique ou appendiculé à celle-ci. Quelques grosses espèces ont un anneau distinct qui peut être membraneux, fibrilleux, lisse ou écailleux. La volve est absente. Les basides sporulantes émergent au-delà des basidioles. Ces dernières tendent à renfler chez certaines espèces pour former des brachybasidioles ou peuvent se différencier tôt à maturité. Les spores sont le plus souvent largement ellipsoïdes, ovoïdes, parfois cylindriques, citroniques, phaséoliformes, amygdaliformes ou un peu triangulaires, à paroi au moins un peu épaissie, complexe, lisses, très rarement finement ponctuées, typiquement avec pore germinatif visible au moins à l’huile à immersion, souvent tronquées à l’apex, sans teinte violette au microscope, mais souvent opaques, un peu de la couleur de la sporée, à pigment dissout dans l'acide sulfurique concentré, à réaction à l'iode (Melzer) non applicable, petites à grandes, rarement < 6 µm et > 20 µm. Les pleurocystides sont souvent présentes, polymorphes, nombreuses ou non, parfois muriquées ou avec excroissances apicales qui peuvent devenir verdâtres en NH4OH au frais ou sec pas trop vieux. Les cheilocystides sont souvent similaires, rares ou en amas compacts, à paroi mince, hyalines, souvent mélangées à des cellules clavées ou sphéropédonculées. La trame lamellaire est régulière, subrégulière avec l'âge, pigmentée ou hyaline. Le pileipellis est distinctement hyménodermique ou cellulaire, formé d’un palissade de courtes cellules renflées ou de cellules pédicellées ou d’un mélange des deux. Un vrai épithélium est rarement formé. Les hyphes sont souvent bouclées.

Les Psathyrelles sont surtout lignicoles, apparaissant souvent terrestres car se nourrissant du bois en décomposition avancée après que tous les autres champignons lignicoles aient pris leur comble. Ils poussent en forêt ou en milieux ouverts, parmi la litière de feuilles, les mousses, sur brûlis ou cendres, les excréments, la paille, le sable, les débris végétaux divers, les tiges mortes de grandes herbacées et même sur les plantes cultivées mais sans conséquence majeure. Elles sont presque cosmopolites. Psathyrella epimyces est mycotrophe. Elle parasite et déforme le Coprinus comatus.

Ce sont des champignons lamellés peu ou assez charnus, de taille petite, moyenne, rarement grande, ayant peu à offrir, constituant un immense groupe de chapeaux blanchâtres ternes, grisâtres ou brunâtres, à pied et chair fragiles et sporée bistre pourprée à noirâtre. À peu d'exception près, un examen microscopique et une longue expérience sont nécessaires pour assurer une bonne détermination.

Les caractères importants à considérer sont :

- chapeau, pied et lames: taille, forme, couleur
- chapeau : présence d'un voile, d’écailles, de stries, hygrophanéité
- habitat : forêt, milieu ouvert
- mode de croissance: solitaire, en troupes ou en touffes
- période de récolte
- couleur de la sporée
- spores et cystides

Les Psathyrella sont tellement non descriptives et modestes qu'il est beaucoup plus facile de les différencier par ce qu'ils ne sont pas, tout en considérant leur rôle comme indispensable et que certaines espèces sont très attrayantes. Elles ont été listées sous différents genres, comme Psathyra ou Hypholoma, et plus de 400 noms d’espèces ont été cités en Amérique du Nord, mais plusieurs synonymisés en une centaine depuis. Certaines, telle P. candolleana, sont ubiquistes, mais la plupart favorisent les lieux humides, sombres, surtout le long des sentiers ou les bords des ruisseaux.

La comestibilité de la majorité des espèces est inconnue. Même si elles ne présentent aucun danger d'intoxication, beaucoup d’entre elles ne sont pas assez charnues ni n’ont de saveur distinctive pour la table. Seules 2 ou 3 grandes espèces sont consommées, en particulier Psathyrella candolleana qui est un excellent comestible, mais peu consistant.

Différentiation :

Quatre autres groupes de champignons lamellés ont des sporées très foncées (mélanosporés) :

1. Agaricus :

- lames libres, non déliquescente
- anneau membraneux ou cotonneux
- sporée brun foncé, brun pourpré ou noirâtre
- pore germinatif sporal absent

2. Gomphidiacées :

- basidiomes peu fragiles, plutôt visqueux
- lames décurrentes, espacées, non déliquescentes
- sporée gris fumée ou noirâtre
- spores bolétoïdes
- pore germinatif sporal absent

3. Panaeolus :

- lames non déliquescentes
- faces lamellaires marbrées par la maturation inégales des spores

4. Certains petits Strophariacées : très près des Coprinoïdes, une vérification microscopique est alors nécessaire en cas de doute

- sporée noirâtre très souvent teintée de pourpré ou de violacé
- pileipellis filamenteux

Roland

Groupe 15 : Cortinariacées
Originally posted 119 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Voir suite de la proposition de Hugo Dechenes, Groupes 1, 2, 3 , 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 20 : Myxomycètes, Ascomycètes, Gastéromycètes, Bolets, Phylloporus et Rhizopogon, Porés s.l., Corticiacés s.l., Trémelles et analogues, Hydnes et analogues, Clavaires et analogues, Chanterelles et analogues, Agaricacées, Amanitacées, Bolbitiacées et Hygrophoropsidiacées.

Les numéros des familles ayant été modifiés, le No 20 a été fait avant d'autres. Je reprendrai à partir du No 14, les Coprinoïdes.

Roland
Originally posted 119 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Groupe 15 : Cortinariaceae

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Agaricales se formule ainsi sur 2 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie
- Basidiome éphémère, souvent solitaire ou assez peu souvent en amas, différentié en un pied et un chapeau avec hyménophore au revers de ce dernier, de taille petite à grande, (0,5)1-12 cm de largeur
- Chapeau en parasol, convexe ± plan à légèrement déprimé, distinctement ornementé ou non, brillamment pigmenté ou non, blanc, blanchâtre, chamois, paille, mile, jaune-brun, brun pâle, brun foncé, brun rougeâtre, olive, jaune, lilas, rouge, violet ou gris
- Pied avec cortine ou anneau, sans volve
- Hyménophore formé sur des lames lorsque agaricoïde (principalement), adné, émarginé, sinué, adnexé à sublibre, non séparable de la chair sous-jacente
- Odeur sans autre particularité que celle d’être fongique ou particulière, telles que terreuse, spermatique, de poire, de camphre, de bouc, de cacao
- Sporée café au lait, brune, brun rougeâtre à brun rouille

b. Microscopie
- Système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores principalement ballistosporiques ou statismosporiques lorsque gastéroïdes, souvent ornementées ou lisses, sans pore germinatif ni plage, pigmentées
- Trame hyménophorale non bilatérale
- Pileipellis non épithélial, sauf pour certains représentants du genre Alnicola

Écologie :
Mycorrhizique, poussant sur le sol des forêts de feuillus, de conifères et mixtes.

Très souvent, la famille des Cortinariacées englobe celle des Crépidotacées. Sur le site, cette dernière est considérée comme indépendante et traitée au groupe 16. Traditionnellement, l’habitat et le mode de vie les séparent :

Cortinariacées :

- poussant au sol
- mycorrhizique avec les arbres et arbustes

Crépidotacées :

- poussant sur bois en décomposition ou dans la sphaigne
- saprophyte

Quatre genres lamellés sont donc inclus ici, les Alnicola, Cortinarius, Hebeloma et Phaeocollybia. Les Alnicola (= Naucoria) et Hebeloma sont classées aussi avec les Strophariacées. Les Rozites ont été fusionnés avec les Cortinarius et on ajoute parfois dans cette famille les Dermocybe. Il sera toujours temps d’ajuster ces genres le temps venu.
Voyons les caractères applicables aux 4 genres principaux :

1. Alnicola (= Naucoria) :
- chapeau petit, dans les tons de brun, lisse, rarement fibrilleux, furfuracé ou squamuleux, hygrophane
- lames émarginées ou adnées, minces, brunes ou brunâtres
- pied souvent relativement long et élancé
- voile partiel fibrilleux, souvent fugace
- sporée brune
- spores amygdaloïdes ou citriformes, verruqueuses, ponctuées ou rarement lisses, sans pore germinatif
- cheilocystides typiques présentes, lagéniformes ou clavées à obtusément capitées, rendant l’arête lamellaire stérile
- pileipellis très variable, formé de cellules vésiculeuses ou isodiamétriques, souvent mélangées avec hyphes des filamenteuses, non gélitinisées
- poussant sur sol, strictement mycorhizique souvent avec les aulnes ou les saules, souvent en milieu humide des forets ou sous arbustes, ou sur les débris, rarement dans les brûlis

2. Cortinarius :
- basidiome petit à grand
- chapeau souvent convexe, lisse soyeux, fibrilleux, rarement écailleux, sec à glutineux, de couleurs très variées
- lames adnées à émarginées, jamais décurrentes, blanchâtres, brunâtre pâle, bleuâtres, verdâtres ou jaunâtres au début, vite brunes par les spores
- pied souvent clavé-bulbeux ou abruptement bulbeux
- voile partiel comme cortine qui lorsque mature demeure sous forme de filaments lâches sur le haut du pied et devenant brune par les spores
- voile universel parfois rudimentaire ou rendant le pied péronnant, guirlandé ou écailleux, souvent difficile à distinguer de la cortine ou de couleur distincte
- chair consistante
- sporée fauve, ambrée, brun rouille ou brun rougeâtre
- spores ellipsoïdes, globuleuses, amygdaloïdes, citriformes ou fusoïdes, verruqueuses, brunâtres au microscope, ocre pâle, fauve à rouille en KOH, sans pore germinatif
- pleurocystides souvent absentes
- cheilocystides rarement présentes, basidioïdes, rendant l’arête lamellaire souvent ± stérile
- pileipellis filamenteux, avec hyphes radiales, souvent couchées
- boucles souvent présentes
- pigments verdâtres, jaunâtres ou rougeâtres, surtout de type anthraquinone, avec microtopographie intracellulaire, épimembranaire ou intercellulaire
- poussant sur sol des forêts, mycorhizique

3. Hebeloma :
- basidiome petit à grand
- chapeau blanchâtre, alutacé, argillacé, cannelle argile, tan fauve, visqueux ou sec, lisse, rarement hygrophane
- marge piléique avec restes de voile partiel
- lames pâles, puis argilacées à brunâtre tan
- arête lamellaire blanche, parfois exsudant des gouttelettes
- pied lisse, fibrilleux ou finement écailleux, furfuracé, poudreux ou granuleux blanc à l’apex
- anneau typiquement absent, mais restes fibrilleux de voile possibles
- odeur souvent typique, de cacao ou raphanoïde
- sporée brun terne, brune ou brun pourpré
- spores ellipsoïdes, citriformes ou en amygdaliformes, lisses à verruqueuses ou rugueuses
- pleurocystides absentes
- cheilocystides présentes
- pileipellis filamenteux, gélatinisé
- poussant sur sol des forêts, mycorhizique

4. Phaeocollybia :
- basidiome charnu à subcartilagineux
- chapeau conique, souvent aigu-omboné, sec à glutineux, lisse, hygrophane ou non
- marge piléique incurvée
- lames étroitement adnexées à presque libres, ventrues, vieux brun rouille
- arête lamellaire marginée, serrulée ou érodée
- pied couvert d’un cortex cartilagineux, assez cassant, souvent effilé vers la base et avec longue pseudorhize
- anneau absent
- sporée brune, brun ochracé, brun rougeâtre ou rouille
- spores ellipsoïdes, amygdaloïdes, citriformes ou éperonnées (avec bec formé par l’apicule très long), verruqueuses, à très grandes verrues, plissées à presque lisses, plage absente ou présente
- pleuro., caulo. et piléocystides parfois présentes
- cheilocystides toujours présentes
- pileipellis filamenteux et gélatinisé
- boucles souvent présentes
- poussant souvent en forêt de conifères oligotrophiques, arrivant profondément dans le sol, mycorhizique

Cette famille contient probablement le plus grand nombre d’espèces lamellées. Les genres sont différenciés surtout par :

- aspect du chapeau
- types de voiles
- couleur de la sporée
- forme, taille et ornementation des spores
- présence et types de cystides
- type de pileipellis

Caractères généraux :

Les Alnicola ont une sporée brunâtre, brune, brun cannelle, brun rougeâtre ou brunâtre olivacé terne. Les basidiomes sont collybioïdes, souvent petits et peu typiques comme ceux de nombreux PCB. Le chapeau a jusqu’à 2,5(4) cm de diam. Il est conique-campanulé, campanulé, convexe ou plan, lisse, fibrilleux, pelliculeux-tomenteux, furfuracé ou souvent micacé à squamuleux, sec, souvent hygrophane, typiquement brun jaunâtre, brun rougeâtre, chamois ou brun ambre. Les lames sont adnées, sinuées, émarginées ou uncinées, minces, brunes, brunâtres, cannelle pâle à foncé ou argillacées, à arêtes frangées, blanchâtres. Le pied mesure jusqu’à 2,5 mm de largeur à l’apex. Il est égal, souvent relativement long et étroit, non fragile, typiquement cannelle brillant ou brun rougeâtre, chamois pâle à l’apex, devenant brun foncé ou presque noir vers la base. Le voile partiel laisse une zone cortinoïde pâle, souvent fugace. La chair a une odeur parfois particulière, farineuse, herbacée, florale. Les spores sont amygdaliformes, citroniques ou fusoïdes, verruqueuses, ponctuées, grenelées ou rarement lisses, à paroi épaissie, sans pore germinatif ni plage, et mesurent > 8 µm de longueur. Les basides ont 2-4 stérigmates. Les cheilocystides sont cylindriques, lagéniformes, clavées, obtusément capitées ou souvent renflées à la base et avec un long apex atténué. Le pileipellis est souvent cellulaire ou hyméniforme, formé de cellules vésiculeuses, isodiamétriques, mélangées avec des hyphes filamenteuses, ou en cutis formé d’hyphes couchées, emmêlées.

Les Alnicola poussent en groupes sur le sol, les débris, rarement sur sol brûlé, souvent en milieu humide et sous les arbrisseaux, parfois parmi les sphaignes. Ils sont souvent associés à Alnus ou à Salix et donc mycorhiziques. Ils poussent de l’été à l’automne.

Leur comestibilité est inconnue et équivaut à celle appliquée aux petits champignons bruns (PCB).

Les Cortinarius ont une sporée fauve, ambre, brun rouille, brun cannelle, fauve ochracé ou brun rougeâtre. Les basidiomes sont très variables, petits à grands et charnus. Le chapeau mesure typiquement 3-8 cm de diam., avec un écart de 1-20 cm de diam. Il est souvent convexe, campanulé, conique ou avec un ombon aigu, sec, visqueux ou glutineux, lisse, soyeux, fibrilleux, méchuleux, rarement écailleux, variablement coloré. Les lames sont adnées, sinuées, émarginées ou subdécurrentes, souvent et variablement brillamment colorées au début, blanchâtres, jaunâtres, brunâtre pâle, bleuâtres, verdâtres, brun grisâtre, ochracées, rougeâtres ou violacées. Elles deviennent toutes brunes, brun rouille ou brun cannelle par maturation des spores. L’arête lamellaire est souvent ni blanche ni finement frangée. Le pied a 0,2-4(5) cm de largeur en moyenne. Il est centré, égal, clavé, clavé-bulbeux ou abruptement bulbeux, mince à épais, typiquement charnu, sec ou visqueux, typiquement non poudreux ni furfuracé à l’apex. Le voile universel est toujours présent. Il est souvent difficile à distinguer de la cortine ou parfois rudimentaire, mais peut avoir une couleur distincte, être péronnant, en guirlandes ou écailleux. Le voile partiel est typiquement cortiné, filamenteux, au moins au début. Il est visible comme une fine zone annuliforme fibrilleuse qui devient brune par la sporée. L’anneau peut parfois aussi être membraneux comme celui de Cortinarius caperatus. La chair de certaines espèces est remarquable en ce qu’elle peut changer de coloration à l’exposition, être plutôt épaisse ou discrète, avoir une odeur frappante et même repoussante et une saveur passant par toutes les gammes d’intensité et de types. Elle est aussi importante à considérer que la taille, la forme et les annexes du basidiome. Les spores sont subglobuleuses, ellipsoïdes, amygdaliformes, citroniques ou fusoïdes, finement verruqueuses, rugueuses, épineuses à finement plissées, sans pore germinatif ni plage. Elles sont ocre pâle, fauve, rouille fauvâtre, brun rouille en H2O, KOH ou NH4OH. Les cystides sont presque toujours absentes et les cheilocystides souvent basidiformes. Le pileipellis est typiquement en cutis d’hyphes filamenteuses souvent couchées et radiales. Les pigments sont intracellulaires, épimembranaires, intercellulaires, souvent de type anthraquinone, verdâtres, jaunâtres ou rougeâtres. Les boucles sont souvent présentes.

Il y a eu déjà près de 2000 noms d’espèces publiés. Plusieurs étaient des espèces "fantômes" décrites à chaque fois comme nouvelles. Grâce à un travail de recherche acharné pendant des années, ce nombre a été réduit à 500 espèces environ. Il existe au moins 6 sous-genres chez les Cortinarius et qui sont divisés en nombreuses sections. Voici une brève revue des sous-genres :

A. sous-genre Myxacium :

- chapeau et pied visqueux
- chapeau non hygrophane, souvent blanc ou ochracé
- pied non bulbeux-marginé
- saveur douce ou amère

B. sous-genre Phlegmacium :

- chapeau visqueux ou collant, pied sec
- chapeau non hygrophane
- saveur douce ou pied pouvant être bulbeux ou bulbeux-marginé

C. sous-genre Cortinarius :

- basidiome sec, entièrement violet
- chapeau feutré ou tomenteux

D. sous-genre Telamonia :
- basidiome sec, souvent peu intensément coloré, dans les tons de brun
- chapeau souvent distinctement hygrophane
- pied étroit, souvent < 0,8 cm de largeur, ou plus large

E. sous genre Dermocybe :

- basidiome sec
- lames teintées d’olive, de jaune, d’orangé ou de rouge

F. sous-genre Sericeocybe ss. lato :

- basidiome sec
- lames teintées de gris, de brun ou de violet

Les Cortinarius poussent souvent sur sol des forêts, près des arbres, rarement sur le bois en décomposition. Ce sont majoritairement des mycorhiziques. On les voit en fin-été et à l’automne. De rares espèces seulement poussent au printemps.

Leur comestibilité n’est pas recommandée. Elle est inconnue pour la majorité des espèces. Même si certaines sont dites comestibles, telles que C. alboviolaceus ou C. violaceus, la prudence est de mise à cause de la difficulté d’indentification et des erreurs possibles. Les deux meilleures d’entre toutes sont C. praestans, très rare et connue seulement de quelques stations au Québec, et Cortinarius caperatus, fréquente. Plusieurs espèces sont suspectées comme toxiques. La présence probable de cortinarines A, B et C peut conduire à une hospitalisation et les pigments anthraquinones qui rendent les petits Telamonia si attrayants par leur coloration vive verte, brune, orangée ou rouge sont des causes de troubles gastro-intestinaux importants. Certaines espèces sont mortelles par la présence de la toxine orellanine qui a un effet à long terme sur le rein lorsque les consommations sont prolongées et consécutives. L’insuffisance rénale irréversible s’installe tranquillement et en sourdine. À terme, une dialyse pour la vie, une greffe rénale ou la mort s’ensuivent. C’est le lot des espèces surtout de la section Orellani ayant des représentants célèbres comme C. orellanus, C. rubellus et d’autres américaines ou européenes. La présence d’amatoxines de type Amanita est aussi connue chez quelques espèces.

Les Hebeloma ont une sporée brunâtre sale, ochracée, argilacée, brune, brun terne, brun rouille ou brun cannelle, rarement brun rougeâtre, brun pourpré ou teintée de rosâtre. Les basidiomes sont petits à grands et charnus comme les Cortinarius. Les plus grands ont une stature tricholomatoïde. Le chapeau mesure 2-5(10) cm de diam. en moyenne. Il est souvent glabre, parfois avec restes véliques variablement dispersés, souvent au moins avec zone de fibrilles marginales, sec, subvisqueux, visqueux à glutineux, rarement hygrophane, blanchâtre, chamois, noisette pâle, alutacé, argillacé, cannelle argilacé, fauve tan, brun pâle, brun cacao ou brun rougeâtre foncé. Les lames sont adnées ou sinuées, rarement décurrentes, étroites à larges, pâles au début, blanchâtres, brunâtres ou noisette rosâtre, vite argilacées, tan brunâtre, brun grisâtre, brun cacao ou brun rougeâtre foncé, à arêtes entières, finement frangées, crénelées ou dentées, souvent blanches, exsudant souvent des gouttelettes hyalines lorsque jeunes. Le pied mesure (0,15)0,25-1,5(3) cm de largeur en moyenne. Il est centré, égal ou bulbeux, de longueur variable, charnu, plein à creux, glabre, fibrilleux ou finement écailleux, souvent pruineux-écailleux ou furfuracé blanc à l’apex, sec. Le voile partiel est ± fibrilleux, laissant une zone annuliforme supère, souvent évanescente, ou rarement un anneau submenbraneux, avec restes véliques presque absents, copieux ou variablement dispersés sous cette zone. La chair piléique est hyaline à jaune en Melzer, parfois orangée à rouge brillant et alors pâlissant rapidement. Elle a une odeur et une saveur souvent typiques, telles que raphanoïde ou de cacao. Les basides sont clavées, typiquement à 4 stérigmates, rarement avec inclusions telles que globules hyalines. Les spores sont ovoïdes, ellipsoïdes, phaséoliformes, presque citroniques à inéquilatérales ou avec apex ± rostré vu de profil, lisses, verruqueuses, rugueuses ou réticulées en microscopie électronique, sans pore germinatif, typiquement pigmentées. Les pleurocystides sont souvent absentes et les cheilocystides typiquement abondantes, de formes variées, clavées, fusoïdes-ventrues, allongées-clavées, allongées-capitées, rarement filamenteuses et à paroi épaisse. Les caulocystides sont ± semblables aux cheilocystides ou plus longues. La trame lamellaire est formée d’hyphes parallèles, plus étroites près du subhyménium que du médiostrate. Le subhyménium est formé d’hyphes filamenteuses étroites, rarement avec cellules enflées. Le pileipellis est un ixocutis ou ixolattice simple, plus rarement un ixotrichoderme, formé d’hyphes filamenteuses couchées, emmêlées ou dressées, gélatinisées, typiquement 1,2-3 µm de diam. et souvent bouclées. L’hypoderme est absent ou bien formé, celluleux ou hyphoïde.

Les Hebeloma poussent sur sol des forêts de feuillus et de conifères, en tant que mycorhiziques, sur dunes de sable, sols perturbés ou sur rives ou zones inondées des cours d’eau, solitaires, grégaires à cespiteux, du printemps à l’automne.

La comestibilité de la majorité des espèces est inconnue, certaines étant toxiques, telle que H. crustuliniformis.

Les Phaeocollybia ont une sporée cannelle pâle, brun ochracé ou brun rouille. Ils forment un petit genre assez facile à reconnaître, mais dont les espèces sont parfois ressemblantes. Les basidiomes sont petits à moyens, charnus ou subcartilagineux. Le chapeau mesure 1-8 cm de diam. en moyenne. Il est souvent conique ou ± convexe et avec ombon aigu, lisse, brillant, sec, collant, visqueux ou glutineux, hygrophane ou non, de divers tons de bruns, brun rosâtre, brun rouille, brun foi, brun olivacé-verdâtre. La marge est enroulée ou fortement incurvée au début. Les lames sont étroitement adnexées, presque libres ou très émarginées, ventrues, étroites à très larges, pâles, lilas, violettes, brun rouille terne ou cannelle. Le pied est souvent atténué vers la base et présente une longue pseudorhize souvent enfouie dans l'humus. Il est recouvert d’un cortex cartilagineux. Les voiles sont absents. La chair est cassante. Les spores sont ellipsoïdes, amygdaliformes ou citroniques, presque lisses, verruqueuses, ruguleuses ou finement plissées, sans pore germinatif ni plage. Les pleurocystides, caulocystides et piléocystides sont parfois présentes. Les cheilocystides sont toujours présentes. Les boucles sont souvent absentes.

Les Phaeocollybia poussent en amas denses sur sol des forêts, souvent autour des souches ou dans humus, souvent sous conifères des forêts oligotrophes, de la fin-été à l’automne.

Leur comestibilité est très peu connue.

Ce groupe des Cortinariacées se reconnaît normalement par la présence d’une cortine visible au début, qui s’affaisse par expansion du champignon laissant une zone fibrilleuse sur le pied qui se teint de brun par le dépôt de spores. Les lames prennent la coloration des spores à maturité qui sont brunes ou rouille pour la majorité. Le pileipellis est formé d’hyphes parallèles, radiales ou emmêlées. Il est rarement cellulaire. Ce sont des champignons terrestres et mycorhiziques dont la taille va de très petite à très grande et charnue. La macroscopie et l’écologie des espèces du genre Cortinarius sont très importantes dans leur identification. Avoir de très jeunes spécimens afin de vérifier la couleur des lames, la présence ou non de cortine, la viscosité du chapeau et aussi du pied, l’hygrophanéité ainsi que les menus détails morphologiques et sensoriels à ce stade est capital. Plus âgés, ils risquent de tous se ressembler. Leur microscopie aide peu, sauf pour la forme, la taille, le degré et la densité de l’ornementation de leurs spores. Un volume aussi important d’espèces de toute taille dans un genre exige une mise à jour constante à cause de leur organisation très poussée en multiples sections. La vingtaine d’espèces de Rozites s’est avérée phylogénétiquement inclue dans le genre Cortinarius. Le genre Rozites fut couramment circonscrit par la présence d’un voile universel, visible surtout sous l’aspect farineux, squamuleux ou écailleux en surface du chapeau ou la base du pied, et d’un voile partiel membraneux laissant un anneau persistant sur le pied. Plusieurs Cortinarius ayant aussi ces types de morphologie vélique, cette différenciation entre les deux genres ne tient plus. Le nombre d’espèces du genre Hebeloma a beaucoup évolué depuis les monographies publiées. C’est un genre difficile à circonscrire. Leur identification est presque impossible sans microscopie. Des caractères traditionnaux tels que coloration terne, odeur typique, lames exsudant des gouttelettes, apex du pied floconneux et sporée plutôt café au lait ou grisâtre suffisent à peine pour séparer les complexes d’espèces. Elles sont frustrantes et peu engageantes à prime abord. Les Alnicola passent souvent pour de simples et d’autres PCB si on ne s’intéresse pas à leur hiérarchie taxonomique, aux spores et aux cystides particulières qu’ils présentent. Les Phaeocollybia sont les plus simples à saisir par leur longue racine et leur cortex caulinaire cartilagineux. Au Québec, par contre, on ne connaît très bien que deux espèces, P. jennyae et P. rufipes. Il reste tout à découvrir en ce domaine. Le genre sosie Caulorhiza a une sporée blanche. Il ne faut pas oublier que des genres gastéroïdes ou sécotioïdes sont reliés aux genres lamellés de cette famille, tels Cribbea, Secotium et Thaxterogaster.

Voici trois références importantes :

Le genre Alnicola (Cortinariaceae, Hebelomeae). De la classification traditionnelle à la systématique moléculaire (avec clé expérimentale des Alnicola européens), 2007. Moreau, Pierre-Arthur.

Cortinarius flora photographica, tomes I-II-III-IV, 1989, 92, 94 et 98. Brandrud, T.E. et al.

The genus Hebeloma, 2005. Vesterholt, Jan.

Groupe 16 : Crépidotacées

Groupe 20 : Hygrophoropsidaceae

La définition technique de cette famille de champignons lamellés de l’ordre des Boletales se formule ainsi sur 2 plans :

Morphologie :

a. Macroscopie
- Sporophore éphémère, solitaire ou en amas, différencié en un pied et un chapeau ou attaché latéralement et en console, avec hyménophore au revers de ce dernier, de taille petite, moyenne à grande, 3-10 (15) cm de largeur
- Chapeau ± plan, légèrement déprimé à concave à maturité, brillamment pigmenté ou non, jaune, orange, rose, saumon, rouge orangé, rougeâtre, beige, brunâtre ou brun olive
- Hyménophore formé sur des lames, souvent fourchu, adné, rayonnant ou décurrent, facilement séparable de la chair sous-jacente
- Pied sans anneau ni volve lorsque présent
- Sporée blanchâtre, crème, jaunâtre, chamois à brun jaunâtre

a. Microscopie
- Système hyphal monomitique, avec hyphes génératrices renflées, sans sphérocystes parmi les hyphes du contexte
- Basides non modifiées, holobasidiales
- Basidiospores ballistosporiques, surtout subglobuleuses, ovoïdes à ellipsoïdes, lisses, hyalines ou pigmentées, inamyloïdes, dextrinoïdes ou non
- Trame hyménophorale bilatérale
- Boucles présentes sur les hyphes

Écologie :
Saprophytique, poussant sur le sol ou le bois mort, en forêts de feuillus, de conifères, mixtes, landes et milieux rudéraux.

Il y eu déjà trois modes de classement des genres lamellés Hygrophoropsis et Tapinella de l’ordre des Boletales :

- Coniophoracées incluant le genre lamellé Hygrophoropsis et autres genres non lamellés que le site classe dans le groupe Corticiacées s.l., tels Coniophora - Meiorganum et Serpula
- Hygrophoropsidacées regroupant les genres lamellés Austropaxillus, Hygrophoropsis et Tapinella
- Tapinellacées comprenant uniquement le genre lamellé Tapinella

Caractères minimaux d’identification de la famille:

- stature souvent omphaloïde, cantharelloïde à clitocyboïde ou pleurotoïde
- lames décurrentes, adnées ou radiantes d’un point d’attache, minces, souvent fourchues, anastomosées ou non, facilement séparables de la chair sous-jacente
- pied présent ou absent, non séparable du chapeau (chair hétérogène entre le deux)
- voiles absents
- sporée pâle ou dans les tons de brunâtre
- spores subglobuleuses, ovoïdes à ellipsoides, lisses, souvent dextrinoïdes, petites
- cystides absentes
- hyphes bouclées
- poussant sur sol ou le bois pourrissant

Les Hygrophoropsidacées concernent deux genres au Québec :
Hygrophoropsis :
- lames fourchues, parfois anastomosées, crème à rosâtres ou orange brillant foncé à rouge orangé
- pied souvent présent, centré ou excentré
- sporée blanchâtre à jaunâtre
- spores subglobuleuses à ellipsoïdes

Tapinella :
- lames fourchues mais pas toutes, anastomosées, jaunes, jaune olive ou cannelle
- pied absent ou rudimentaire, latéral ou excentré
- sporée jaunâtre à brun clair
- spores ovoïdes à ellipsoïdes

Ces deux petits genres rappellent ceux des bolets d’abord par le détachement facile des lames de la chair du chapeau. Elles sont parfois veinées-porées près du pied chez le genre Tapinella. Hygrophoropsis est aussi lié chimiquement aux Boletaceae. Ce dernier genre a longtemps contenu qu’une seule espèce, H. aurantiaca. Elle est maintenant divisée en quelques variétés ou formes. De nouvelles espèces se sont greffées au genre dont la minuscule et rare H. rufescens à odeur aromatique de bonbons anglais. Le genre Tapinella a longtemps fait partie des Paxillus. Il ne contient que deux espèces au Québec. Les espèces de cette famille sont largement répandues, surtout en régions tempérées.

Les Hygrophoropsis ont des basidiomes omphaloïdes, cantharelloïdes, clitocyboïdes à pleurotoïdes, petits à moyens. Le chapeau a 0,5-8(10) cm de diam., est largement convexe, largement déprimé, souvent infundibuliforme avec l’âge, mou, lisse, tomenteux, feutré ou squamuleux, non visqueux, blanc, jaunâtre, jaune orangé, brunâtre, orangé, rose ochracé à rougeâtre, à marge enroulée au début. Les lames sont décurrentes, arquées, étroites, serrées, souvent très ramifiées à la manière des chanterelles, parfois anastomosées, un peu obtuses à l’arête, détachables, crème, jaune ochracé pâle à rose ocre ou jaunâtres à orange brillant. Le pied est absent ou présent, centré ou excentré, charnu. La chair est molle, à odeur et saveur douces, dont celle fortement de cannelle de H. rufescens. La sporée est blanche, blanc jaunâtre à crème pâle. Les spores sont surtout subglobuleuses à ovoïdes ou courtement ellipsoïdes à ellipsoïdes, mais aussi ellipsoïdes-oblongues ou cylindriques, à paroi mince, lisses, subhyalines à jaunâtres, non amyloïdes, dextrinoïdes, cyanophiles, petites. Les cystides sont absentes. La trame lamellaire est vaguement bilatérale au début, vite subrégulière.

Les Tapinella ont des basidiomes pleurotoïdes, charnus. Le chapeau est convexe puis plan à déprimé au centre ou pétaloïde ou en forme de conque ou d’éventail, à marge incurvée ou enroulée au début, sec, duveteux à lisse, jaune olive, jaune-brun, brun tabac ou sépia au début. Les lames sont souvent décurrentes, adnées ou rayonnantes depuis la base, étroites, souvent ramifiées, mais pas toutes, veinées ou veinées-porées, détachables, serrées à très serrées, jaune pâle, ochracées, chamois rosâtre à tan. Le pied est absent, excentré à plus rarement latéral, distinct ou comme une petite base atténuée, couvert d’un épais velours noir ou non. La chair est molle, spongieuse, à odeur et saveur faibles sauf pour Tapinella atrotomentosa qui est amère. La sporée est chamois jaunâtre, ochracé pâle, brune ou brun sienne. Les spores sont ovoïdes ou ellipsoïdes, lisses, brunâtres, dextrinoïdes, petites, < 6,5 µm de longueur, les pleurocystides et caulocystides sont absentes. .

Les espèces du genre Hygrophoropsis poussent sur bois pourrissant, les débris ligneux, les aiguilles, l’humus, le sol, parmi les mousses profondes ou sur le brin de scie, en solitaires, dispersées ou en groupes, alors que celles des Tapinella poussent sur souches, troncs et billes pourris, en solitaires, groupes ou amas imbriqués. Ce sont des saprophytes, Tapinella panuoides poussant aussi sur bois d’œuvre et étant un pathogène à carie brune.

Leur comestibilité n’en vaut pas la peine. Elle est inconnue pour la plupart des espèces. On croyait qu’Hygrophoropsis aurantiaca possédait une toxine cumulative, qu’elle était la cause de symptômes alarmants et même hallucinogène dans certains cas. Il n’en n’est rien. C’est un comestible passable. Sa confusion avec Cantharellus cibarius ne porte pas à conséquence contrairement à celle avec Omphalotus illudens.

Différenciation :

Au moins un groupe de champignons cantharelloïdes et deux groupes de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Hygrophoropsis :

1. Cantharellus :

- face fertile formé de plis lamelliformes non détachables
- mycorhizique au sol
- Cantharellus cibarius a des basidiomes entièrement jaune d’oeuf

2. Hygrophorus et Hygrocybe :

- chapeau et lames d’aspect cireux
- vraies lames non détachables

3. Omphalotus illudens :

- basidiome entier orangé rouille avec l’âge
- pied long
- poussant sur bois pourri de feuillus nobles, surtout de chênes, et sur racines enfouies, en touffes denses, souvent volumineuses

Au moins quatre groupes de champignons bolétoïdes et un groupe de champignons lamellés peuvent être confondus avec celui des Tapinella :

1. Boletinellus :

- face fertile entièrement tubulée-porée
- pores anguleux, très grands et interveinés
- poussant sous frênes

2. Chroogomphus et Gomphidius :

- chapeau plutôt visqueux, viscidule ou collant
- lames noircissant avec l’âge
- voile partiel présent ou absent
- sporée gris fumée ou noire
- spores bolétoïdes, allongées-fusiformes
- mycorhizique au sol avec les Pinaceae

3. Paxillus :

- lames ramifiées de façon répétitive, fonçant intensément au froissement
- spores bolétoïdes, allongées-fusiformes, relativement grandes,
7-9 µm de longueur
- pleurocystides et caulocystides présentes
- mycorhizique facultatif au sol avec les bouleaux, les conifères ou les peupliers

4. Phylloporus :

- chapeau dans les tons de brun rougeâtre, olive, marron, ocre brun ou tan, souvent velouté
- lames jaunâtres à jaune or au début
- sporée teintée d’olive
- spore bolétoïdes, étroitement ellipsoïdes à fusiformes, plus longues
- mycorhizique au sol

5. Phyllotopsis nidulans : stature pleurotoïde comme Tapinella panuoides

- basidiome entier jaune orangé à orange brunâtre
- chapeau densément hirsute-strigueux
- lames jaune safran à orangées
- chair jaunâtre
- odeur forte, nauséabonde, de gaz de charbon
- sporée rosâtre ou saumonée au frais, blanchâtre en herbier
- spores cylindriques à allantoïdes

Roland
Originally posted 119 months ago. (permalink)
Roland* edited this topic 119 months ago.

view photostream

Roland* is a group moderator Roland* says:

Voir suite de la proposition de Hugo Dechenes, Groupes 1, 2, 3 , 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 16 et 20 : Myxomycètes, Ascomycètes, Gastéromycètes, Bolets, Phylloporus et Rhizopogon, Porés s.l., Corticiacés s.l., Trémelles et analogues, Hydnes et analogues, Clavaires et analogues, Chanterelles et analogues, Agaricacées, Amanitacées, Bolbitiacées, Hygrophoropsidiacées, Coprinoïdes / Psathyrellacées et Cortinariacées.

Roland
119 months ago (permalink)

Would you like to comment?

Sign up for a free account, or sign in (if you're already a member).