The illusory sense [Yasuzô Nojima ©

The illusory sense [Yasuzô Nojima ©

Les photographies de Yasuzô Nojima reflètent l’essence dans la profondeur, en quête d’une intégrité pure et d’une vérité fragile. Malgré l’apparence de leurs textures veloutées, la force de vue est à son comble. Dans chaque geste, chaque traversée du regard, dans chaque parcelle de peau, chaque nature morte de fruits se dégage quelque chose d’impénétrable qui rayonne dans l’ombre érodée par un souffle léthargique. Ainsi glisse les heures. Papier glacé, les regards buvards. Chaque image semble sommeiller dans une torpeur semblable aux eaux d’un lac, calme mais profonde, qui emporte au loin le débris de nos souvenirs. Combien de flux et de flots passent sur le rivage de ces portraits, combien de vie dans le courant d’une vérité qui se donne impassible.

Peut-on interrompre le sentiment illusoire de l’éternité ? Il n’y a point d’éclipse ici, la conscience semble enfuie et enfouie en chacun des portraits et des silhouettes. Il n’y a point d’éclaboussure. De l’atmosphère des forêts épaisses ou des murs gris et dépouillés, les choses sont ce qu’elles sont et ce qu’elles doivent être comme une dérive. Des impressions immuables traversent les rétines dédoublées, ouvertes sur le monde mais sans excès, comme des voiles dans le vent, comme des fils aussitôt emportés. Exilés. Et la masse des corps n’y peut étrangement rien.

Les personnages sont souvent figés dans une attente où règne une interrogation suprême, où les insinuations demeurent les seules forces à combler le vide (confronté à des problèmes de santé, Nojima portait une considération ambiguë sur le monde). Où des hommes et des femmes deviennent humains infiniment et perdront tous les pouvoirs, à la grâce seule d’un instant devant une caméra pour devenir, et deviner la trame d’une existence. Jeffrey Gilbert remarque à propos des œuvres du Y. Nojima qu’il était

« décrit à la fois comme un précurseur et comme un artiste à part. Son œuvre peut également être considérée comme la clé d’une porte ouvrant sur la vie culturelle et intellectuelle d’une société majeure du XXe siècle que nous ne connaissons encore qu’à peine ». Les images de Yasuzô Nojima nous servent de miroir qui nous aide à toiser nos dernières forces et faiblesses évanouies dans une forme de fatalité tangible. Quand une plume fait basculer un bloc de marbre…

« Quand les choses passent trop vite personne ne peut être sûr de rien, de rien du tout, même pas de soi-même » énonce Milan Kundera dans La Lenteur.

₣.w

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photO by Yasuzô Noshima ©

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Uploaded on Feb 15, 2012

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Sous les arbisseaux de Vénus

Sous les arbisseaux de Vénus

L’harmonie consumait. Pour tous les insomniaques, les lucides
Et les orphelins. Aucun chant de prend appui. Jusqu’où avons-nous
La possibilité de révéler ? Marcher sur l’eau et tandis que la glace gise
Au fond. Tu apparais comme un frisson. La sieste est une lente réflexion.

Des minutes sèchent sous les cils. Dans le sable de la voix, rien ne se dissipe. Tous les lacs contiennent la profonde blancheur de ton évanouissement.

Sous les acanthes et arbrisseaux de Vénus. L’impression d’être. Sans rien autour.

Sonate à sept cordes LXI

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Uploaded on Feb 15, 2012

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On s'en va

On s'en va

La mer. Et rien n’oser dire. Un pacte avec l’ivresse et l’eau
Qui allument des failles comme des chandelles, au son du crépuscule
Et de l’aurore. En otage. A travers les algues. Le vent vient déchirer.

On ne revient jamais, on s’en va seulement. Le sable au bout
Des pieds. Les paupières salées. Tout le destin s’en va. Souffle
Le sable. Une méduse échouée dans la fente d’un rocher.
D’avoir senti la mer un soir. Et un autre soir. Différemment.

Sonate à sept cordes LX

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Uploaded on Feb 14, 2012

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Immensity Intensity

Immensity Intensity

Entrent dans la légende, avant le rideau du solstice,
Un oiseau comme un coup de ciseau suggère l’irréel,
Mains qui s’enflamment dans la lenteur,

Témoins de l’intensité,
Témoins de l’immensité.

Le secret est le trésor qui nous nourrit,
Le sable est fluide,
L’œil est un grain ouvert qui s’enferme.

extrait Le grain de l’œil

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Uploaded on Feb 14, 2012

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[mirror of waterlilies

[mirror of waterlilies

Poussières d’or
Sur le soleil d’hiver
Creuse le miroir aux nymphéas.

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Uploaded on Feb 14, 2012  |  Map

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