Dans les dernières photos que j'ai prises de toi, tu es retranchée derrière ta fenêtre ou ton journal.Tu as l'air autant choquée qu'amusée par le fait que je rompe ta quiétude.
Je me souviens des après-midis passés chez toi après le collège, tu devais m'apprivoiser pour que je reste concentrer à jouer au scrabble. Il y avait toujours plein de gens du village qui passaient pour prendre le café. Dans le salon, entre les vieilles histoires accrochées sur les murs et celles posées sur les meubles, j'écoutais et j'observais ces autres gens, d'un autre âge qui faisaient partie du paysage locale dans lequel tu étais solidement enracinée.
C'est avec toi que j'ai défini les premiers concepts de ce que peut signifier une "grande discussion" à l'âge de 12-13 ans. Je ne savais pas discuter sérieusement longtemps. Complice, tu rentrais toujours dans le jeu d'alimenter ma bêtise avec beaucoup de subtilité.
A toi, et à notre sérieux besoin de rire.