Conques
Abbatiale romane de Conques et vitraux de Pierre Soulages

L'abbaye
Créée en l’an 819, l’abbaye de Conques connut son début de célébrité au moment où elle eut les reliques de Sainte Foy, célébrité qui dura plusieurs siècles. C’était une jeune chrétienne de la cité d’Agen qui refusa de sacrifier aux dieux du paganisme et endura le martyr. En l’an mil, la cité est devenue une ville importante, assise au-dessus du monastère. Le pèlerinage apportait un fort courant commercial. De plus, le tombeau de l’apôtre Saint Jacques, à Compostelle attire une foule considérable et la notoriété de Conques et sa relique de Sainte Foy lui donnent le privilège d’être une ville étape de qualité. Le culte de Ste Foy s’en trouva amplifié et diffusé dans toute la chrétienté grâce à tous ces pèlerins. Dans la deuxième moitié du XIIe siècle, les grands chantiers de construction de l’abbatiale, du cloître et des bâtiments conventuels, ainsi que des remparts de la ville apportèrent une main d’œuvre considérable.

L’abbatiale Sainte-Foy est incontestablement un chef-d’œuvre de l’art roman et des moines bâtisseurs. Elle est le monument de référence des églises dites « des routes du pèlerinage. »

Au XVIe siècle, les Protestants incendient, détruisent le bourg, en même temps les épidémies comme la peste et aussi les famines ont raison de Conques. La tourmente révolutionnaire achève pour longtemps la vie de cette cité. L’abbatiale est sauvée en 1837, par l’inspecteur des Monuments Historique Prosper Mérimée. Les pères prémontrés s’installent en 1873 et un grand programme de restauration et de sauvegarde est entrepris. Aujourd’hui, la foule des touristes a remplacé les pèlerins sur le chemin de Compostelle et le travail accompli par Pierre Soulages donne à l’abbaye un lustre nouveau et une attirance nouvelle qui font son succès. Source "la boite à images"


Les vitraux de Pierre Soulages (source:la boite à images, Michel Ostertag)
L’abbatiale Sainte-Foy de Conques a inspiré cet homme. Le manque de lumière naturelle de l’église était une critique récurrente de la part de tous les pèlerins. En prenant conscience du travail énorme qui l’attendait -104 ouvertures à habiller - il sut, d’instinct, qu’il ne voulait pas des vitraux habituels, colorés, comme ceux de Chartres, par exemple mais, tout au contraire, un vitrail fait dans un verre incolore afin de respecter cette lumière naturelle qui faisait tant défaut à l’édifice. Le problème était que ce verre dont il rêvait n’existait ni en France ni à l’Étranger. Alors, il s’adressa au Centre de recherche de Saint-Gobain. Les verriers et lui-même se rendirent sur place, à Conques, à des horaires différents pour prendre une pleine connaissance de la lumière et travailler sur un nouveau matériau qui offrira une diffusion de la lumière transmise de la matière même. Pierre Soulages dit : Cette lumière « transmutée » a la qualité émotionnelle, l’intériorité que je cherchais, qualité métaphysique en accord avec le caractère sacré de cette architecture. » De 1987 à 1994, avec passion, Pierre Soulages se voue totalement à cette tâche inspirée.

Pour le dessin, il choisit la ligne à laquelle il donne une fluidité, un rythme qui joue de la continuité, de la rupture, il gomme les bordures habituelles aux vitraux afin d’élargir au maximum l’importance de la baie et donner un plein cadre au dessin.

À la fin, la réussite est totale. Quand on regarde le verre de l’intérieur de l’abbaye, la lumière naturelle acquiert des tons chauds, une limpidité extrême ; si nous sortons de l’édifice et allons admirer l’ensemble de l’architecture, les vitraux sont autres : la lumière émanant de l’intérieur prend un aspect quasi mystique avec des variations chromatiques du plus profond effet. On a dit de son travail graphique qu’il est un « chant grégorien visuel. » La particularité de ce verre est qu’il est translucide mais non transparent. Le secret : c’est un verre très blanc composé de grains de différentes grosseurs ce qui donne aux vitraux des zones plus ou moins denses de diffraction de la lumière

Pierre Soulages est né en 1919, à Rodez, Aveyron. Il expose depuis 1947. Pour lui, seul le noir donne intensité et violence, une manière de vivre et à partir duquel il peut obtenir une palette variée en jouant de la lumière et des traces de celle-ci sur la toile. Il dit : « Ce sont les différences de texture, lisses, captant ou non la lumière, qui font naître les noirs gris ou les noirs profonds. »

Son œuvre dont l’unité s’est imposée à tous connaît une reconnaissance internationale prouvée par des rétrospectives successives à travers le monde. Elle est particulièrement admirée au Japon par son intensité et son graphisme.

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