071215, Brussels (Belgium) : ne laissez pas bâillonner la liberté d’expression et la liberté d’association.
Critiquée pour les conditions de travail dans ses usines, Fibre and Fabrics International, une entreprise indienne fournissant des marques européennes, veut faire imposer le silence plutôt que de respecter les droits des travailleurs. Elle a déposé plainte contre des collaborateurs de la Campagne Vêtements Propres internationale. « Notre « crime » est d’avoir publié des témoignages de travailleurs sur notre site internet, rendant ainsi cette information publiquement accessible en Inde, et d’avoir diffuser cette information auprès des clients de l’usine et des médias, explique Ineke Zeldenrust, coaccusée avec six autres Néerlandais. » La cour de justice de Bangalore a ordonné le 1er décembre un mandat d’arrêt international à leur encontre. Outre le refus de l’entreprise de permettre la liberté d’association de ses travailleurs, les informations initiales diffusées par la Campagne Vêtements Propres internationale faisaient état de sévères maltraitances physiques et psychiques de la part des surveillants, de violations des consignes de sécurité, d’heures supplémentaires obligatoires et non rémunérées et d’absence de contrats de travail. Certaines des situations dénoncées ont été améliorées. Le second rapport diffusé en fait état, tout en pointant du doigt l’absence persistante de liberté d’association. Ces deux rapports ont été établis par des syndicats et d’autres organisations indiennes également poursuivis par FFI et qui, en attente du procès, ne peuvent plus s’exprimer sur l’affaire ni rencontrer les travailleurs de l’usine.
La Campagne Vêtements Propres et les organisations qui participent à cette action* dénoncent le recours à ces pratiques d’intimidation qui mettent en péril la liberté d’association et d’expression. Ensemble, ils appellent :
1° Fibre and Fabrics International : à retirer ses plaintes vis-à-vis des organisations locales et internationales ; et à s’engager dans un dialogue honnête avec l’ensemble des organisations locales concernées, en reconnaissant la liberté d’association des travailleurs et en ayant la volonté de résoudre les problèmes décelés.
2° G-Star, principal et dernier client de l’usine FFI ayant récemment annoncé son départ : à conditionner toute nouvelle commande auprès de FFI au respect de la liberté d’association et à l’ouverture d’un dialogue franc avec les organisations locales concernées ; à privilégier le choix de nouveaux fournisseurs en fonction de leur proximité, du respect de la liberté d’association en leur sein et au recrutement prioritaire des travailleurs de FFI qui se retrouveraient sans emploi.
3° Mandelson, Commissaire européen au Commerce : à faire du respect des droits fondamentaux des travailleurs et des droits de l’Homme, une composante centrale des accords commerciaux en cours de négociation avec l’Inde.
4° Le gouvernement belge : à déclarer qu’il ne donnera pas suite au mandat d’arrêt international à l’encontre des sept collaborateurs néerlandais.
Plus d’informations sur :
www.vetementspropres.be ou
www.cleanclothes.org
* CNCD-11.11.11, CNE, CSC-ACV, Etudiants FGTB, FGTB-ABVV, FIDH, FOS, Indymedia, Jeunes CSC, KWB, LBC, NCOS-11.11.11, Oxfam Magasins du monde, Oxfam Solidarité, Peuples Solidaires, SETCA-BBTK, Solidarité Mondiale-Wereldsolidariteit, Uilekot