Il est certain que Phidias a exercé une grande influence sur la manière dont son époque a représenté la déesse. Mais, sauf l'Aphrodite de la frise du Parthénon assise auprès d'Eros, la tête voilée, dans une pose calme et recueillie, nous connaissons fort peu les créations du grand maître du Ve siècle. De la célèbre statue chryséléphantine d'Elis nous savons seulement qu'elle avait le pied posé sur une tortue. Nous sommes mieux renseignés sur l'oeuvre d'un élève de Phidias, Alcamène ; on reconnaît généralement des répliques de son Aphrodite des Jardins dans les statues du type de la Venus Genetrix, dont la Vénus de Fréjus, au Louvre, est l'exemplaire le plus parfait. La déesse, qui tend une pomme, soulève de la main droite au-dessus de son épaule les plis du chitôn, qui laisse à nu la partie gauche du buste. Aphrodite, strictement voilée pendant toute la période archaïque, commence à se dévêtir, et il est certain que Phidias était allé déjà dans cette voie, quand il avait représenté, sur le trône du Zeus Olympien, la naissance de l'Anadyomène.