Titan, un cousin extraterrestre
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La revue Planetary and Space Science vient de consacrer un numéro spécial à la lune la plus importante de Saturne : Titan (5 150 kilomètres de diamètre). Les articles, pour la plupart, résultent des données enregistrées par la sonde Cassini de la NASA, en orbite autour de Saturne depuis 2004.
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"Dans l'ensemble, ces nouveaux articles nous apportent de nouvelles pièces dans la compréhension du puzzle que représente Titan. Ils nous expliquent comment l'atmosphère et la surface de Titan se comportent à l'image de celles de la Terre, avec des nuages, des précipitations, des vallées fluviales et des lacs. Ils nous montrent que les saisons changent aussi sur Titan, bien que de manière inattendue", déclare Conor Nixon (GSFC, NASA, Cassini Team).
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Titan, pôle Nord , fausses couleurs ; crédit image : NASA, JPL-Caltech, Univ. of Arizona, CNRS, Univ. Nantes
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Un document signé par Stéphane Le Mouelic, associé à l'équipe Cassini, CNRS, Université de Nantes, met en évidence le type de changement saisonnier qui affecte Titan, en suivant particulièrement les modifications de physionomie de l'atmosphère au pôle Nord.
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Cette série de vues ci-dessus représente en fausses couleurs les données recueillies par le spectromètre visuel et infrarouge de Cassini sur le pôle Nord de Titan au fil du temps. Dès son arrivée autour de Saturne, Cassini avait repéré des nuages d'éthane, mais il a fallu attendre décembre 2006 pour qu'apparaisse à demi éclairé, le pôle nord, entièrement couvert à cette époque de nuages jusqu'à 55° latitude Nord. A partir de l'équinoxe de 2009, la couverture nuageuse se dissipe, devenant plus mince et inégale et révélant les lacs d'hydrocarbures qui se sont formés sur la surface, dont celui intitulé depuis sa découverte la "mer des kraken". Ils apparaissent en sombre sur les images ci-dessus. Le printemps s'installe sur l'hémisphère Nord de Titan.
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Non seulement les scientifiques voient les changements saisonniers sur Titan, mais pour la première fois rapporte Valeria Cottini (GSFC NASA, Cassini Team), ils ont réussi à enregistrer un changement de température en surface, habituellement de – 179° C. Comme sur Terre la température est plus chaude dans l'après-midi qu'à l'aube (une journée sur Titan dure presque 16 jours terrestres) encore que la différence soit très faible : quelques degrés seulement.
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Un troisième document écrit par Dominic Fortes (University College, Londres) aborde la structure interne de Titan. Il présente un nouveau modèle de l'intérieur de la Lune tenant compte des dernières acquisitions effectuées par le système radio de Cassini.
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Titan, coupe interne, vue d'artiste ; crédit image : A. D. Fortes, UCL, STFC
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Le noyau, bien différencié, est plus dense que les couches extérieures mais moins dense que prévu, formé probablement d'un mélange de roches et de glaces d'eau. Il est entouré d'une couche de glaces sous hautes pressions puis par un océan liquide recouvert d'une couche de glace externe. Le modèle met en avant la difficulté d'expliquer la grande présence de méthane et d'Argon 40, dans la dense atmosphère de Titan. (L'argon 40 est supposé par exemple provenir de cryovolcanisme, or celui-ci n'a pas encore été vraiment repéré sur la surface de Titan, note personnelle).
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Source principale : site Cassini Solstice Mission
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