Comme si elle enlevait doucement une à une de fines couches de peau autour d’un. cœur ©

Comme si elle enlevait doucement une à une de fines couches de peau autour d’un. cœur ©

Je fis donc une réponse identique à Shimamoto-san. Elle me regarda fixement. Son visage me captivait. Il y avait dans son expression _ je ne le découvris bien sûr que beaucoup plus tard, en y réfléchissant _ quelque chose de sensuel et d’attirant, comme si elle enlevait doucement une à une de fines couches de peau autour d’un cœur. Aujourd’hui encore, je me rappelle parfaitement la légère lumière perceptible au fond de ses prunelles et sur ses lèvres fines, accompagnant ses moindres changements de physionomie, comme la flamme d’une petite bougie vacillant à l’extrémité d’une salle obscure. P17

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photO by Katsuji Fukuda ©

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Uploaded on Feb 1, 2012

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With the fever called "Living" which burned in my. brain ©

With the fever called "Living" which burned in my. brain ©

Arthur Tress est un artiste photographe américain né en 1940 (ancien étudiant en art, histoire de l’art et philosophie) bien capable d’aborder plusieurs sujets thématiques, mais dont le sujet de prédilection, l’enfance rafistolée à une forme d’onirisme fantasque et fantastique combinée à une mise en scène singulière et surréelle demeure sans doute l’exposition visuelle la plus fascinante.

Stimulé par un attrait primaire pour le cirque, ses images conservent dans le fond et la forme une forme de théâtralisation qu’il mêle à un décor rendu étrange et atypique (bien que naturel) de par la prestation du personnage qui le hante, ainsi qu’un recours systématique au noir et blanc pour souligner l’aspect dramatique (à la limite du terrifique) de ses clichés. Chaque image semble provenir de la visualisation d’un résidu de rêve et les personnages ont l’air eux-mêmes totalement immobilisés, hypnotisés par le tissu d’un événement ou d’une expérience qui semble les prendre de cours (en même temps que nous même, le spectateur), individus sommeillant dans un monde parallèle qui vacille entre l’énigme et l’intrigue. Tout l’intérêt réside entre cette proportion ambivalente à ancrer les images dans des espaces qui pourraient nous paraître familiers (bien qu’insolites) et saisir le personnage dans une posture de transformation intérieure voire extrinsèque qui est perçue sous un jour nouveau en fonction d’une circonstance nébuleuse.

L’image de ce petit garçon qui possède des racines à la place des mains est impressionnante. Il gise à terre à même le sol, comme si son corps (bien que rendu totalement invisible à part le buste) peu à peu prenait le volume d’un tronc d’arbre et l’esprit (aidé du regard statufié) parait aussi sous l’emprise d’une masse ou d’une massue, pendant qu’un enfant à l’arrière plan, prend la fuite, accentuant la possibilité d'une réalité. Tout le panorama imagé et imaginaire de Tress est objet de sensations, de cette manière lorsque nous ressentons les choses, par cette impression où notre corps devient pétrifié, comme précisément il en existe dans les parages cauchemardesques, où notre condition d’être touche parfois les limites les plus extrêmes. Le malaise optique subsiste comme une essence et nous poursuit longtemps après dans un trouble tenace et inaccessible. Pour un photographe qui effleure si prodigieusement le fantastique, nous pourrions l’associer à cet auteur de génie qui a su traverser les siècles de puissantes manières :

« Le malaise –la nausée,- l’impitoyable douleur – ont cessé, avec la fièvre et sa démence au cerveau, - avec la fièvre appelée « Vivre » qui brûlait dans mon cerveau » (extrait de « Pour Annie » d’Edgar Allan Poe, in Poèmes, trad. Par Stéphane Mallarmé). Car il est entendu que la Vie, si près d’une renaissance et d’une mort symbolique peut à chaque instant nous encercler d’une manière fébrile, entre les flammes de la grâce et de l’enclume.

₣.w

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photO by Arthur Tress ©
Boy in Central Park (Rambles) NYC 1965

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Uploaded on Feb 1, 2012

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At these empty gestures the. insistence

At these empty gestures the. insistence

L’unité qui se dissout, à ces gestes vides, l’insistance
D’un soulagement, flottant dans les restes de l’esprit,
Les débris, les tissus d’illusions, les embranchements.

Face aux vœux et désaveux, ébauchent des lamelles
L’air innervé de l’ombre éblouit les mélodies par intermittence,
Mimant le pouvoir de l’invisibilité. L’extrémisation des astres
Musculaire pourrait nous donner une leçon. De l’humanisme.

Sonate à sept cordes XXXIII

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Uploaded on Jan 31, 2012

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[Cyanotic

[Cyanotic

Si une seule voix comble le silence
Le tissu cyanosé de la lumière
Nous soulève aussi.

If only one voice fills in the silence
The cyanotic tissue of light
Also raised us.

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Uploaded on Jan 31, 2012  |  Map

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Suddenly a crack opened at my feet ©

Suddenly a crack opened at my feet ©

Un peu avant sept heures, je dois t’éveiller. Un jour terrible commence. Tout de suite, tu retrouves ta vivacité et, assise encore sur ton lit, tu me racontes le rêve que tu as fait :

« J’allais faire baptiser un enfant. Il avait une belle robe blanche, et le soleil brillait. Pour se rendre à l’église, il fallait escalader une montagne, et le chemin était raide. Mais moi, je tenais l’enfant bien serré dans mes bras. Tout à coup, une crevasse s’ouvrit à mes pieds. J’eus le temps de poser l’enfant en sécurité sur l’autre versant, puis je tombai dans l’abîme. » p99

Inge Scholl. La Rose blanche 1953 (éd. Minuit 1955 / 2008)

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Sophie Scholl ©
art Walter de Maria. Espace de terre munichois 1968 Tourbe env50 m3
personal composition

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Uploaded on Jan 31, 2012

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